Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète

Découvrez l’Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète (CIDS / VDZ) : mesure validée de l’auto-efficacité dans le diabète de type 1, propriétés psychométriques, cotation et items complets.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète (connue à l’échelle internationale sous l’appellation Confidence in Diabetes Self-Care Scale ou CIDS, et en néerlandais sous le nom de Vertrouwen in diabetes zelfzorg ou VDZ) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour quantifier l’auto-efficacité spécifique au diabète (diabetes-specific self-efficacy) chez les patients atteints de diabète de type 1. Développé initialement par van der Ven, Weinger, Yi, Pouwer, Adèr, van der Ploeg et Snoek en 2003, cet instrument comble une lacune méthodologique majeure dans l’évaluation des déterminants cognitifs et comportementaux des soins personnels liés au diabète.

L’échelle se compose de 20 items évaluant le degré de certitude qu’un individu possède quant à sa capacité perçue à exécuter diverses tâches essentielles d’autogestion, indépendamment de son comportement effectif. Ces activités recouvrent la surveillance glycémique, l’ajustement des doses d’insuline, l’adaptation nutritionnelle et le calcul des glucides, l’exercice physique, la gestion des épisodes d’hypoglycémie et d’hyperglycémie, les soins des pieds, ainsi que le maintien de l’équilibre glycémique en situation de stress psychologique ou de maladie intercurrente. Les réponses sont recueillies sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points allant de 1 (« Non, je suis sûr(e) que je ne peux pas ») à 5 (« Oui, je suis sûr(e) que je peux »).

Sur le plan psychométrique, la CIDS présente des propriétés remarquables. La consistance interne est exceptionnellement élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,86 et 0,90 selon les cohortes de validation néerlandaises et américaines. La fidélité test-retest à court et moyen terme démontre une excellente stabilité temporelle (r = 0,85 à 0,89). L’analyse factorielle soutient principalement une structure unidimensionnelle dominante représentant le sentiment global d’auto-efficacité dans l’autogestion, bien que plusieurs composantes fonctionnelles puissent être distinguées sur le plan clinique. La validité de construit, convergente et discriminante, est solidement établie par des corrélations statistiquement significatives avec l’hémoglobine glyquée (HbA1c), la détresse psychologique liée au diabète mesurée par la Problem Areas in Diabetes Scale (PAID) et les scores de dépression générale.

2. Mots-clés

Auto-efficacité, autogestion du diabète, diabète de type 1, psychométrie, échelle CIDS, van der Ven, régulation glycémique, fidélité test-retest, validité de construit, éducation thérapeutique.

3. Auteurs

L’instrument a été conceptualisé et validé par une équipe multidisciplinaire de psychologues médicaux, d’endocrinologues et de méthodologistes rattachés à des institutions académiques de premier plan aux Pays-Bas et aux États-Unis :

  • Niels C. van der Ven : Département de psychologie médicale, Vrije Universiteit Medical Center (Amsterdam UMC), Amsterdam, Pays-Bas.
  • Katie Weinger : Joslin Diabetes Center, Harvard Medical School, Boston, Massachusetts, États-Unis.
  • J. Yi : Joslin Diabetes Center, Harvard Medical School, Boston, Massachusetts, États-Unis.
  • François Pouwer : Département de psychologie médicale, Vrije Universiteit Medical Center, Amsterdam, Pays-Bas ; actuellement professeur au Département de psychologie, Université du Danemark du Sud (Syddansk Universitet), Odense, Danemark.
  • Herman Adèr : Département d’épidémiologie et de biostatistique, Vrije Universiteit Medical Center, Amsterdam, Pays-Bas.
  • Henk M. van der Ploeg : Département de psychologie médicale, Vrije Universiteit Medical Center, Amsterdam, Pays-Bas.
  • Frank J. Snoek : Professeur émérite de psychologie médicale, Département de psychologie médicale, Amsterdam UMC, Vrije Universiteit Amsterdam, Amsterdam, Pays-Bas. Auteur référent dans le domaine de la diabétologie comportementale (behavioral diabetes).

4. Objectif

Le traitement du diabète de type 1 constitue l’un des régimes thérapeutiques ambulatoires les plus complexes et astreignants de la médecine contemporaine. Les patients doivent quotidiennement évaluer leur glycémie capillaire ou interstitielle, estimer précisément la teneur en glucides de leurs repas, calculer et injecter des doses adaptées d’insuline rapide et basale, anticiper les effets métaboliques de l’exercice physique, identifier et corriger les épisodes hypoglycémiques ou hyperglycémiques, inspecter leurs extrémités podologiques, et moduler leur prise en charge lors d’affections intercurrentes ou de situations de stress aigu. La réussite de ce traitement repose presque exclusivement sur les comportements d’autogestion déployés par le patient lui-même en dehors du milieu clinique.

Mesure de la compétence perçue versus comportement effectif

L’objectif fondamental de la Confidence in Diabetes Self-Care Scale (CIDS / VDZ) est de mesurer le sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) propre aux comportements d’autogestion du diabète. Une distinction conceptuelle cruciale, soulignée dès l’origine par van der Ven et al. (2003), sépare l’évaluation de la performance comportementale effective (ce que le patient fait réellement au quotidien) de l’évaluation de la croyance en son aptitude à agir (la conviction intime du patient qu’il possède les ressources cognitives, instrumentales et émotionnelles nécessaires pour exécuter ces actions, y compris sous la contrainte d’obstacles situationnels). La CIDS cible expressément cette seconde dimension, postulant qu’une auto-efficacité robuste est un prérequis cognitif indispensable à l’initiation et au maintien pérenne de comportements de santé adaptés.

Applications en pratique clinique et éducation thérapeutique

Dans le contexte clinique, l’échelle remplit plusieurs fonctions stratégiques :

  • Évaluation diagnostique initiale : La CIDS permet d’identifier avec précision les domaines spécifiques du schéma thérapeutique dans lesquels le patient éprouve un déficit de confiance (par exemple, la gestion des repas au restaurant, le calcul des glucides ou la modulation des doses lors de l’effort physique), guidant ainsi les priorités d’intervention lors des séances d’éducation thérapeutique du patient (ETP).
  • Détection des vulnérabilités psychologiques : Un score global effondré reflète fréquemment un phénomène d’impuissance apprise ou un épuisement lié au fardeau du diabète (diabetes distress), nécessitant une prise en charge conjointe par un psychologue spécialisé.
  • Monitoring longitudinal et évaluation des interventions : Utilisée avant et après des programmes éducatifs structurés (comme DAFNE ou des ateliers de formation à l’insulinothérapie fonctionnelle), la CIDS fournit un indicateur sensible et quantitatif des gains cognitifs et motivationnels induits par l’intervention.

Applications en recherche épidémiologique et interventionnelle

En recherche translationnelle et en psychologie de la santé, la CIDS sert d’instrument étalon pour tester des modèles théoriques prédictifs de l’équilibre métabolique. Elle intervient régulièrement comme variable médiatrice ou modératrice entre le soutien social, les traits de personnalité, les technologies d’administration de l’insuline (pompes sous-cutanées, capteurs de glucose en continu, systèmes de boucle fermée hybride) et les critères cliniques stricts tels que le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c), la variabilité glycémique ou la fréquence des comas hypoglycémiques et des acidocétoses.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique opérationnalisé par la CIDS est l’auto-efficacité spécifique au diabète. Ce construit est multidimensionnel par nature, bien qu’il s’articule autour d’un socle général de compétence perçue face aux exigences complexes de la maladie. Contrairement aux mesures d’auto-efficacité globale, qui appréhendent la tendance générale d’un individu à faire face aux aléas de la vie, la mesure spécifique au diabète capte les micro-croyances opératoires indispensables à l’exécution de compétences techniques et décisionnelles hautement spécialisées.

Domaines opérationnels couverts par les 20 items

L’analyse des 20 items constitutifs de la CIDS permet de structurer le construit autour de plusieurs pôles d’activités cliniques essentielles :

  • Surveillance et réaction glycémiques (Items 1, 2, 11, 14) : Ces items appréhendent l’aptitude perçue à vérifier régulièrement sa glycémie selon les recommandations médicales, à effectuer des tests ciblés lors de sensations d’hypo- ou d’hyperglycémie, à réagir promptement face aux anomalies glycémiques et à maintenir les valeurs dans la plage cible durant la majeure partie de la journée.
  • Titration et ajustement de l’insulinothérapie (Item 3) : Cet aspect évalue la confiance du patient dans sa capacité d’ajustement algorithmique des unités d’insuline rapide en fonction des résultats de la glycémie capillaire ou interstitielle, ce qui implique des compétences logico-mathématiques et une compréhension approfondie de la pharmacocinétique de l’insuline.
  • Gestion nutritionnelle et diététique (Items 4, 5, 6) : Ce pôle explore la capacité à estimer correctement la quantité de glucides absorbée, à respecter les horaires des repas et collations, et à maintenir son plan alimentaire y compris dans des contextes perturbateurs tels que les sorties au restaurant ou les fêtes familiales, où les pressions normatives sociales peuvent contrarier l’autogestion.
  • Activité physique et adaptation métabolique (Items 7, 8) : L’exercice musculaire accroît drastiquement la sensibilité à l’insuline et expose à un risque majeur d’hypoglycémie retardée. Ces items mesurent l’auto-efficacité relative à la pratique régulière d’une activité physique et à la modulation conjointe des apports caloriques et des doses d’insuline associées.
  • Prévention et gestion des urgences métaboliques (Items 9, 10, 12, 13) : Ce domaine explore la discrimination intéroceptive précoce des symptômes neuroglycopéniques et adrénergiques de l’hypoglycémie, des manifestations insidieuses de l’hyperglycémie, le traitement correct de l’hypoglycémie (resucrage per os adapté sans rebond) et le port systématique de sucres d’action rapide en déplacement.
  • Adaptation aux stresseurs et circonstances exceptionnelles (Items 15, 16, 17, 20) : L’un des apports majeurs de la CIDS est d’évaluer la résilience perçue lorsque le contexte devient défavorable : surcharge de travail, fatigue intense, stress émotionnel aigu, épisodes infectieux fébriles ou interférences directes avec les activités quotidiennes. Ces situations requièrent une auto-efficacité de niveau supérieur, dite de « régulation des barrières ».
  • Communication collaborative et prévention des complications (Items 18, 19) : Ces dimensions intègrent la compétence relationnelle à échanger en toute franchise avec l’équipe soignante au sujet des difficultés rencontrées, ainsi que l’examen préventif régulier des pieds pour détecter précocement plaies, cloques ou ulcérations.

6. Cadre théorique

Le soubassement conceptuel de l’Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète découle directement de la théorie sociocognitive (Social Cognitive Theory) formulée par le psychologue canadien-américain Albert Bandura (1977, 1986, 1997). Selon ce paradigme fondamental de la psychologie contemporaine, le comportement humain est régi par un modèle de causalité triadique réciproque, où interagissent continuellement les facteurs cognitifs et biologiques individuels, les influences environnementales et les conduites effectives.

Le concept d’auto-efficacité de Bandura

Au cœur de la théorie sociocognitive se trouve le concept de self-efficacy (sentiment d’auto-efficacité), défini comme la croyance d’un individu en sa capacité à organiser et exécuter la série d’actions requises pour produire des résultats donnés. Bandura a rigoureusement démontré que le sentiment d’efficacité personnelle ne constitue pas un trait de personnalité global ou immuable, mais un système dynamique de croyances spécifiques à des domaines de fonctionnement particuliers. L’auto-efficacité détermine :

  • Le choix des objectifs et des activités entreprises ;
  • La quantité d’effort consentie dans une tâche ;
  • La persévérance face aux obstacles, aux rechutes et à la fatigue cognitive ;
  • Les schémas de pensée (pensées aidantes ou ruminations autodestructrices) et les réactions émotionnelles de stress ou de découragement.

Articulation avec le modèle d’autorégulation de Leventhal

Dans l’application spécifique aux maladies chroniques, le cadre de Bandura s’articule de manière synergique avec le Common Sense Model of Self-Regulation développé par Howard Leventhal. Selon ce modèle, les représentations cognitives et émotionnelles de la menace posée par la maladie guident le choix des stratégies de « coping ». La CIDS mesure précisément les croyances d’évaluation secondaire : une fois la menace perçue (par exemple une glycémie instable), le patient estime s’il dispose des compétences suffisantes pour juguler cette menace.

Les sources de l’auto-efficacité appliquées au diabète

La théorie bandurienne identifie quatre sources fondamentales dont se nourrit le sentiment d’auto-efficacité, toutes pertinentes pour l’interprétation des scores de la CIDS :

  1. Les expériences de maîtrise active (mastery experiences) : Le fait de réussir à corriger une hypoglycémie nocturne ou à stabiliser ses glycémies lors d’un voyage constitue la source la plus puissante d’élévation du score CIDS.
  2. L’apprentissage par observation ou vicariant (vicarious experiences) : Observer des pairs diabétiques qui réussissent à concilier carrière professionnelle exigeante et équilibre métabolique renforce les croyances d’auto-efficacité.
  3. La persuasion verbale et le soutien social (verbal persuasion) : Les encouragements empathiques de l’équipe médicale et des proches confortent le patient dans ses aptitudes.
  4. Les états physiologiques et émotionnels : L’anxiété intense, la panique face aux hypoglycémies ou la dépression sont souvent interprétées par le patient comme le signe d’une incompétence personnelle, abaissant drastiquement l’auto-efficacité mesurée par l’instrument.

7. Validité

Les propriétés métrologiques de validité de l’Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète ont été documentées de façon approfondie lors des études princeps menées auprès de deux cohortes indépendantes de patients adultes atteints de diabète de type 1 : une cohorte néerlandaise (n = 239) et une cohorte américaine recrutée au prestigieux Joslin Diabetes Center de Boston (n = 125) (van der Ven et al., 2003).

Validité de contenu

La validité de contenu a été garantie par une démarche de conception rigoureuse en plusieurs étapes : revue exhaustive de la littérature sur les directives de soins du diabète de type 1 (notamment celles de l’American Diabetes Association), consultation d’experts cliniciens (diabétologues, infirmiers d’éducation thérapeutique, psychologues de la santé) et entretiens cognitifs approfondis auprès de patients experts. Cette approche a permis de s’assurer que l’ensemble des exigences du régime insulinique basal-bolus contemporain était représenté de manière exhaustive et fidèle aux réalités vécues par les participants.

Validité convergente et corrélats cliniques

La validité convergente a été démontrée par des corrélations modérées à fortes, orientées dans le sens théoriquement prédit, avec des mesures connexes de santé comportementale et psychologique :

  • Contrôle glycémique (HbA1c) : Une corrélation négative statistiquement significative a été systématiquement observée entre le score global de la CIDS et le taux d’HbA1c (r = -0,26 à r = -0,38, p < 0,001). Les patients démontrant une auto-efficacité plus élevée maintiennent des glycémies plus stables et plus proches des cibles thérapeutiques recommandées.
  • Détresse spécifique liée au diabète : Des corrélations négatives substantielles ont été établies avec la Problem Areas in Diabetes Scale (PAID), oscillant entre r = -0,44 et r = -0,52 (p < 0,001). Les individus manifestant un fort sentiment d’auto-efficacité éprouvent significativement moins de frustration, de peur et de sentiment de submersion face aux contraintes de la maladie.
  • Dépression générale : Des associations inverses modérées ont été rapportées avec des outils génériques tels que l’inventaire de dépression de Beck (BDI) et l’échelle CES-D (r = -0,28 à r = -0,35, p < 0,01), confirmant qu’une auto-efficacité préservée protège contre l’humeur dépressive.

Validité discriminante

La validité discriminante a été confirmée en démontrant que la CIDS mesure une entité distincte des traits généraux de personnalité (tels que le névrosisme ou l’extraversion de l’inventaire NEO-PI-R) et qu’elle n’est que faiblement corrélée aux échelles d’auto-efficacité générale non spécifique (r ≈ 0,25 à 0,30), confirmant la spécificité de domaine postulée par Bandura.

8. Fidélité

La fidélité de la CIDS a fait l’objet d’évaluations rigoureuses tant sur le plan de l’homogénéité interne que de la stabilité temporelle.

Consistance interne

L’estimation de la cohérence interne via le coefficient alpha de Cronbach a produit des valeurs remarquablement élevées et homogènes à travers les différentes études de validation transculturelle :

  • Dans l’échantillon néerlandais d’origine (van der Ven et al., 2003), l’alpha de Cronbach s’élevait à α = 0,90.
  • Dans l’échantillon américain parallèle, le coefficient atteignait α = 0,86.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent majoritairement entre 0,35 et 0,68, témoignant d’une forte contribution de chaque item au score global sans redondance excessive. L’exclusion d’aucun des 20 items n’entraîne d’élévation substantielle du coefficient alpha global.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été documentée sur un sous-échantillon de patients réévalués à un intervalle de 2 à 4 semaines, en l’absence de modification thérapeutique ou éducative majeure. Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) et le r de Pearson pour la fidélité test-retest ont montré des niveaux d’agrément élevés, compris entre r = 0,85 et 0,89, attestant d’une excellente reproductibilité des scores chez les patients stables.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’échelle a été examinée à l’origine par une combinaison d’analyse factorielle exploratoire (AFE) par extraction en composantes principales avec rotation oblique (Oblimin), complétée ultérieurement par des démarches d’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Structure unidimensionnelle dominante

L’inspection du graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) révèle une rupture majeure après le premier facteur, dont la valeur propre est nettement supérieure à celles des composantes suivantes, expliquant à lui seul plus de 35 % de la variance totale des scores. L’ensemble des 20 items présente des saturations factorielles positives notables sur ce facteur principal (saturations comprises entre 0,40 et 0,74), ce qui justifie pleinement l’utilisation d’un score total unique sommant l’ensemble des items dans la recherche et la pratique clinique courante.

Modèles multidimensionnels secondaires

Bien que l’unidimensionnalité globale soit robuste, des analyses factorielles exploratoires plus poussées font émerger plusieurs sous-dimensions interconnectées qui enrichissent la lecture clinique du profil d’auto-efficacité :

  • Facteur 1 : Gestion glycémique et traitement (items 1, 2, 3, 9, 10, 11, 14) : Centré sur les compétences instrumentales directes de mesure, d’injection et de correction d’urgence.
  • Facteur 2 : Régulation nutritionnelle et corporelle (items 4, 5, 6, 8, 19) : Regroupant la diététique, l’activité physique et l’inspection cutanée.
  • Facteur 3 : Gestion sous contrainte situationnelle et stress (items 15, 16, 17, 20) : Captant l’auto-efficacité d’adaptation face aux interférences environnementales et biologiques.
  • Facteur 4 : Communication et vigilance (items 12, 13, 18) : Portant sur la discrimination intéroceptive des signaux corporels et l’alliance thérapeutique.

Ces facteurs secondaires sont modérément à fortement intercorrélés (r inter-facteurs compris entre 0,45 et 0,65), confirmant l’existence d’un facteur d’ordre supérieur commun.

10. Instrument de mesure

  • Nom officiel de l’instrument : Confidence in Diabetes Self-Care Scale (CIDS) / Vertrouwen in diabetes zelfzorg (VDZ).
  • Nom français : Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète.
  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report questionnaire).
  • Population cible : Adultes et personnes âgées atteints de diabète de type 1 (adaptable en pratique clinique aux patients atteints de diabète de type 2 sous insulinothérapie intensive).
  • Nombre d’items : 20 items formulés sous la forme d’activités précises d’autogestion.
  • Format de réponse authentique : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
    • 1 = No, I am sure I cannot (Non, je suis sûr(e) que je ne peux pas)
    • 2 = Usually not (Généralement pas)
    • 3 = Maybe / Maybe not (Peut-être / Peut-être pas)
    • 4 = Usually yes (Généralement oui)
    • 5 = Yes, I am sure I can (Oui, je suis sûr(e) que je peux)
  • Temps de passation estimé : 5 à 10 minutes.
  • Modalités de cotation et calcul du score :
    • Tous les items sont formulés dans le sens direct ; aucun item ne requiert d’inversion préalable de cotation.
    • Le score brut total s’obtient en additionnant les réponses aux 20 items, générant une valeur comprise entre 20 et 100 points.
    • Transformation standardisée (0–100) : Il est recommandé d’appliquer la formule de conversion standard suivante :
      Score standardisé = [(Somme des 20 items - 20) / 80] × 100
    • Interprétation : Un score standardisé plus élevé reflète une plus grande confiance dans les soins personnels du diabète (auto-efficacité spécifique au diabète plus forte). Des scores inférieurs à 60 ou 70 indiquent des zones potentielles de fragilité nécessitant un renforcement motivationnel ou éducatif.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète a été publiée initialement en 2003 par l’équipe dirigée par Niels C. van der Ven et Frank J. Snoek dans la revue scientifique à comité de lecture Diabetes Care, éditée par l’American Diabetes Association.

  • Droits d’utilisation et accès pour la recherche : L’instrument est généralement mis à disposition sans frais de licence pour les travaux de recherche académique non commerciale, la pratique clinique individuelle et les thèses universitaires. Les chercheurs et cliniciens sont toutefois invités à citer rigoureusement l’article princeps de 2003 lors de toute communication scientifique.
  • Utilisation commerciale et essais industriels : Toute utilisation dans le cadre d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou technologique, ou intégration dans des applications commerciales d’e-santé, peut nécessiter une autorisation formelle auprès des auteurs référents ou des détenteurs des droits de reproduction de la revue d’origine.
  • Contact et correspondances académiques : Les demandes relatives aux versions linguistiques et autorisations peuvent être adressées au Département de psychologie médicale d’Amsterdam UMC (Prof. Dr. Frank J. Snoek, Vrije Universiteit Amsterdam).

12. Références

  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Bandura, A. (1986). Social Foundations of Thought and Action: A Social Cognitive Theory. Prentice-Hall.
  • Bandura, A. (1997). Self-Efficacy: The Exercise of Control. W. H. Freeman and Company.
  • Leventhal, H., Phillips, L. A., & Burns, E. (2016). The Common-Sense Model of Self-Regulation (CSM): A dynamic framework for understanding illness self-management. Journal of Behavioral Medicine, 39(6), 935–946. https://doi.org/10.1007/s10865-016-9782-2
  • Polonsky, W. H., Anderson, B. J., Lohrer, P. A., Welch, G., Jacobson, A. M., Aponte, J. E., & Schwartz, C. E. (1995). Assessment of diabetes-related distress: The Problem Areas in Diabetes (PAID) scale. Diabetes Care, 18(6), 754–760. https://doi.org/10.2337/diacare.18.6.754
  • Snoek, F. J., Pouwer, F., Welch, G. W., & Polonsky, W. H. (2000). Diabetes-related emotional distress in Dutch and U.S. diabetic patients: Cross-cultural validity of the Problem Areas in Diabetes Survey. Diabetes Care, 23(9), 1305–1309. https://doi.org/10.2337/diacare.23.9.1305
  • van der Ven, N. C., Weinger, K., Yi, J., Pouwer, F., Adèr, H., van der Ploeg, H. M., & Snoek, F. J. (2003). The Confidence in Diabetes Self-Care Scale: A new measure of diabetes-specific self-efficacy in patients with type 1 diabetes. Diabetes Care, 26(3), 713–718. https://doi.org/10.2337/diacare.26.3.713

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 5-point Likert scale (1 = No, I am sure I cannot, 2 = Usually not, 3 = Maybe / Maybe not, 4 = Usually yes, 5 = Yes, I am sure I can)

  1. Test your blood sugar level as often as recommended by your healthcare team
  2. Test your blood sugar when you feel high or low
  3. Adjust your insulin dose according to your blood sugar results
  4. Follow your meal plan even when you are dining out or at a party
  5. Estimate carbohydrate content of your meals correctly
  6. Eat regular meals and snacks on time
  7. Adjust food intake or insulin dose when you exercise
  8. Exercise regularly as recommended
  9. Treat low blood sugar (hypoglycemia) properly
  10. Carry fast-acting sugar with you wherever you go
  11. Keep your blood sugar within your target range most of the day
  12. Recognize the early warning signs of low blood sugar
  13. Recognize the early warning signs of high blood sugar
  14. Take appropriate action when your blood sugar is too high
  15. Manage your diabetes effectively when you are under stress
  16. Manage your diabetes effectively when you are ill (e.g., flu or infection)
  17. Keep up your diabetes care even when you are busy or tired
  18. Discuss your diabetes problems openly with your healthcare team
  19. Inspect your feet regularly for cuts, blisters, or sores
  20. Follow your diabetes regimen even when it interferes with your daily activities
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-confiance-dans-l-autogestion-du-diabete/
Looti, Mohammed. “Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-confiance-dans-l-autogestion-du-diabete/.
Looti, Mohammed. “Échelle de confiance dans l’autogestion du diabète.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-confiance-dans-l-autogestion-du-diabete/.