Échelle de concept de soi (SCS-Singelis)

L’Échelle de concept de soi (Self-Construal Scale, SCS-Singelis, 1994) évalue l’indépendance et l’interdépendance du soi à travers 24 items sur une échelle de Likert en 7 points. Analyse psychométrique, cadre théorique et instrument complet.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de concept de soi (en anglais, Self-Construal Scale ou SCS), développée par Theodore M. Singelis en 1994, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents en psychologie interculturelle, en psychologie sociale et en comportement du consommateur. Fondée sur le cadre paradigmatique proposé par Hazel Rose Markus et Shinobu Kitayama (1991), cette échelle a été conçue pour opérationnaliser et quantifier la façon dont les individus perçoivent, structurent et définissent leur identité par rapport à leur environnement social et interpersonnel.

L’instrument repose sur une conceptualisation bidimensionnelle orthogonale comprenant deux sous-échelles distinctes : le concept de soi indépendant (independent self-construal) et le concept de soi interdépendant (interdependent self-construal). L’échelle se compose de 24 items auto-rapportés, évalués à l’aide d’une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree), chaque dimension étant indexée par 12 items sans codage inversé.

Sur le plan des qualités métrologiques, l’échelle originale de Singelis (1994) a démontré une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach d’environ 0,69 à 0,74 pour la dimension indépendante et de 0,73 à 0,74 pour la dimension interdépendante au sein d’échantillons universitaires multiethniques. Les analyses factorielles confirmatoires ont validé sa structure à deux facteurs indépendants, démontrant que l’indépendance et l’interdépendance ne constituent pas les pôles opposés d’un continuum unique, mais plutôt deux systèmes d’orientation du soi distincts pouvant coexister au sein d’un même individu. L’échelle présente une validité de construit, convergente et discriminante robuste, confirmée par des centaines d’études internationales examinant la cognition sociale, les émotions morales, la motivation, la prise de décision et la réceptivité aux messages persuasifs.

2. Mots-clés / Keywords

Concept de soi, psychologie interculturelle, indépendance, interdépendance, Theodore Singelis, Markus et Kitayama, individualisme, collectivisme, cognition sociale, psychométrie, échelle de Likert, orientation du soi.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par Theodore M. Singelis, professeur émérite de psychologie à l’Université d’État de New York à Geneseo (State University of New York at Geneseo, Département de Psychologie, Geneseo, NY, États-Unis ; contact institutionnel : [email protected]). Les travaux du Pr Singelis s’articulent autour des mécanismes socioculturels influençant la structure du soi, la communication interculturelle, l’auto-évaluation et l’expression émotionnelle.

Le développement de l’échelle s’appuie directement sur les formulations théoriques initiales élaborées par la professeure Hazel Rose Markus (Université Stanford) et le professeur Shinobu Kitayama (Université du Michigan), dont la publication séminale de 1991 dans la Psychological Review a profondément redéfini l’étude du soi en introduisant les notions de self-construals.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Self-Construal Scale (SCS) est de mesurer le degré auquel un individu se conçoit comme une entité autonome, autosuffisante et séparée du tissu relationnel (soi indépendant), comparativement au degré auquel il se définit comme une entité intrinsèquement liée, interconnectée et incorporée au sein de son groupe social et de ses relations interpersonnelles (soi interdépendant).

Nécessité théorique et dépassement des mesures nationales

Avant l’introduction de la SCS en 1994, la recherche interculturelle mesurait quasi exclusivement l’individualisme et le collectivisme au niveau sociétal ou macro-culturel, s’appuyant principalement sur les dimensions écologiques de Geert Hofstede ou de Harry Triandis. Cependant, ces approches présentaient une limite méthodologique majeure : l’erreur écologique (ou sophisme écologique), consistant à imputer à un individu isolé les attributs moyens de sa nation d’origine. Les chercheurs constataient une hétérogénéité psychologique considérable à l’intérieur d’un même pays. L’échelle de Singelis a donc été élaborée pour mesurer les orientations culturelles au niveau individuel, permettant ainsi de capturer la variabilité intra-culturelle que les indicateurs géographiques ou ethniques occultaient.

Applications en psychologie fondamentale et clinique

Dans les champs de la psychologie sociale, de la personnalité et de la psychologie clinique, l’échelle permet d’éclairer la dynamique des processus affectifs et psychopathologiques. La structure du soi module profondément l’expérience du bien-être subjectif, les manifestations de l’anxiété sociale, les styles d’attachement et les modes de gestion des conflits :

  • Régulation émotionnelle et détresse psychologique : Les individus à forte interdépendance sont plus vulnérables au stress induit par la rupture de l’harmonie interpersonnelle ou la honte sociale (notion de perte de face), tandis que les individus à forte indépendance ressentent davantage de détresse lors d’échecs perçus comme personnels ou entravant l’accomplissement individuel.
  • Communication interpersonnelle : La SCS prédit le recours à des styles de communication directe versus indirecte, la réticence à contredire un supérieur hiérarchique, et la tendance à la conformité sociale.

Applications en marketing et comportement du consommateur

La SCS est devenue un instrument de référence en comportement du consommateur et en communication persuasive. Elle permet d’expliquer pourquoi les messages publicitaires mettant l’accent sur la liberté, l’originalité et le statut individuel sont plus efficaces chez les consommateurs à soi indépendant, tandis que les messages axés sur la conformité familiale, le bien commun, le partage et l’harmonie de groupe résonnent préférentiellement auprès des individus à soi interdépendant. Elle est également employée pour modéliser la sensibilité à l’influence sociale normative, la perception du risque social lors de l’achat d’innovations et la diffusion du bouche-à-oreille.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de self-construal (souvent traduit par « définition de soi », « construction du soi » ou « concept de soi ») fait référence à une constellation de pensées, de sentiments et d’actions relatifs à la relation que l’individu entretient avec autrui et à la séparation entre le soi et l’environnement social. Singelis (1994) formalise ce construit en deux dimensions distinctes et orthogonales.

Le concept de soi indépendant (Independent Self-Construal)

Le soi indépendant repose sur une conception occidentale, cartésienne et post-Lumières de l’individu en tant qu’entité discrète, autonome et unifiée. Dans cette configuration, le noyau de l’identité est constitué d’attributs internes stables, tels que des traits de personnalité, des talents, des droits inaliénables, des opinions personnelles et des aspirations individuelles. Les principales caractéristiques opérationnalisées par l’échelle sont :

  • Unicité et différenciation : Le besoin d’exprimer son individualité et de se distinguer d’autrui (« My personal identity independent of others is very important to me »).
  • Expression directe et affirmation de soi : La valorisation d’une communication claire, transparente et décontextualisée, où dire « non » sans détour est privilégié par rapport au risque de malentendu (« I’d rather say ‘No’ directly, than risk being misunderstood »).
  • Autonomie et autosuffisance : L’accent mis sur la capacité à subvenir à ses propres besoins et à orienter sa vie sans dépendance externe (« Being able to take care of myself is a primary concern for me »).
  • Stabilité trans-situationnelle : La croyance que le soi demeure identique indépendamment des contextes relationnels ou des interlocuteurs (« I act the same way no matter who I am with »).

Le concept de soi interdépendant (Interdependent Self-Construal)

Le soi interdépendant repose sur une conception holistique et contextualisée de l’être humain, prévalente notamment dans les philosophies confucéennes, bouddhistes et dans de nombreuses sociétés traditionnelles d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Ici, le soi n’est pas séparable du réseau relationnel dans lequel il s’insère ; il est intrinsèquement défini par ses rôles sociaux, ses obligations mutuelles et ses affiliations de groupe. Ses composantes fondamentales comprennent :

  • Maintien de l’harmonie relationnelle : L’évitement délibéré du conflit ouvert et la régulation des désaccords au nom de la cohésion du groupe (« Even when I strongly disagree with group members, I avoid an argument » ; « It is important for me to maintain harmony within my group »).
  • Subordination des intérêts personnels au collectif : La disposition à faire prévaloir les objectifs de l’endogroupe sur ses propres désirs égoïstes (« I usually sacrifice my self-interest for the benefit of my group »).
  • Destin lié et interconnexion émotionnelle : La conviction profonde que le bien-être personnel dépend intimement de celui d’autrui et que le statut de l’un retentit sur l’autre (« My happiness depends on the happiness of those around me » ; « If my brother or sister fails, I feel responsible »).
  • Conformité normative et respect de la hiérarchie : La déférence accordée aux figures d’autorité et aux conseils parentaux dans les choix de vie (« I have respect for the authority figures with whom I interact » ; « I should take into consideration my parents’ advice when making education/career plans »).

Orthogonalité des construits

Contrairement aux modèles bipolaires simplificateurs qui opposent indépendance et interdépendance, l’approche psychométrique de Singelis postule que ces deux schémas de soi coexistent chez chaque être humain. Un individu peut présenter simultanément des niveaux élevés d’indépendance et d’interdépendance (profil biculturel ou intégré), des niveaux faibles sur les deux dimensions (profil marginalisé), ou une prédominance marquée pour l’une ou l’autre dimension selon son histoire développementale et son exposition socioculturelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de la SCS repose sur la théorie de la cognition sociale et de la culture formalisée par Hazel Rose Markus et Shinobu Kitayama dans leur article princeps de 1991 : « Culture and the self: Implications for cognition, emotion, and motivation ».

Le soi comme schéma cognitif et structure de connaissances

Markus et Kitayama se sont inspirés de la notion de schéma de soi (Markus, 1977), définissant le soi comme une structure cognitive organisée qui filtre, sélectionne, encode et interprète l’information issue du monde social. Selon cette perspective, les pratiques culturelles quotidiennes fournissent des représentations implicites de ce que signifie être une « bonne » personne ou un agent social compétent.

Dans les contextes individualistes nord-américains et ouest-européens, la socialisation encourage l’individu à découvrir et affirmer ses attributs uniques, à faire des choix libres et à influencer activement son environnement. En revanche, dans les contextes collectivistes est-asiatiques ou sud-américains, les pratiques socialisatrices incitent l’individu à s’ajuster aux attentes des autres, à remplir ses devoirs filiaux ou communautaires, et à faire preuve d’autocritique pour préserver l’harmonie du groupe.

Implications cognitives, émotionnelles et motivationnelles

Le cadre théorique postule que la nature du concept de soi détermine trois grands registres du fonctionnement psychologique :

  • Cognition : Le soi indépendant favorise une pensée analytique, décontextualisée, focalisée sur l’objet central et attribuant les comportements à des causes dispositionnelles internes. Le soi interdépendant favorise une pensée holistique, contextuelle, attentive aux relations entre les éléments de l’environnement social et sensible aux contraintes situationnelles.
  • Émotion : Markus et Kitayama distinguent les émotions « désengagées socialement » (ego-focused emotions comme la fierté, la colère ou la frustration, prédominantes chez le soi indépendant) des émotions « engagées socialement » (other-focused emotions comme l’empathie, la honte, la culpabilité ou la gratitude, centrales chez le soi interdépendant).
  • Motivation : L’orientation indépendante est guidée par le motif d’auto-amélioration (self-enhancement), l’affirmation de la compétence personnelle et la quête de réussite individuelle. L’orientation interdépendante est stimulée par le motif de perfectionnement de soi (self-improvement), l’auto-régulation préventive et le désir de ne pas faillir à ses responsabilités sociales.

L’apport spécifique de Theodore Singelis a été de traduire ces propositions théoriques abstraites en un instrument psychométrique standardisé, accessible et quantitatif, permettant de tester empiriquement les hypothèses de causalité ou de médiation formulées par Markus et Kitayama.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la SCS a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques depuis sa parution initiale en 1994.

Validité de construit et validité transculturelle

Dans l’étude princeps de Singelis (1994), menée auprès d’étudiants de l’Université d’Hawaï issus de diverses origines ethniques (Euro-Américains, Asio-Américains, etc.), les résultats ont confirmé les différences attendues entre les groupes culturels :

  • Les participants d’origine caucasienne ont obtenu des scores significativement plus élevés sur l’échelle de soi indépendant que les participants d’origine asiatique.
  • À l’inverse, les participants asio-américains ont présenté des scores significativement plus élevés sur la dimension interdépendante.
  • Ces contrastes ont corroboré l’hypothèse de Markus et Kitayama concernant la distribution différentielle des schémas de soi en fonction de l’héritage socioculturel, apportant une première démonstration de la validité de construit de l’instrument.

Validité convergente

La SCS montre des corrélations congruentes avec d’autres échelles psychométriques mesurant des concepts apparentés :

  • La sous-échelle de soi indépendant corrèle positivement avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg Self-Esteem Scale) (r ≈ 0,35 à 0,45), avec les mesures d’auto-efficacité générale et avec les dimensions d’individualisme idiocentrique (Triandis).
  • La sous-échelle de soi interdépendant corrèle positivement avec les mesures d’empathie relationnelle, le collectivisme allocentrique, la conformité sociale et les échelles de monitorage de soi adaptatif (self-monitoring).

Validité discriminante

Un enjeu psychométrique crucial était de démontrer que les deux sous-échelles mesuraient des dimensions indépendantes et non redondantes. Singelis (1994) a rapporté une corrélation quasi nulle entre le score de soi indépendant et le score de soi interdépendant (r = -0,04, non significatif), confirmant leur stricte orthogonalité. D’autres études ont montré que la SCS se distingue nettement des dimensions générales de la personnalité du Big Five (par exemple, l’extraversion ou l’agréabilité), démontrant qu’elle capture des schémas sociocognitifs spécifiques plutôt que des traits tempéramentaux généraux.

Validité prédictive

La validité prédictive de la SCS est abondamment documentée dans la littérature :

  • Communication et négociation : Singelis et Brown (1995) ont démontré que les scores à la SCS prédisent de manière robuste l’utilisation de stratégies de communication à haut ou bas contexte et l’anxiété interactionnelle lors de rencontres avec des inconnus.
  • Comportement du consommateur : Escalas et Bettman (2005) ont établi que les individus à soi interdépendant créent des liens marque-soi plus étroits avec des marques symbolisant leur groupe d’appartenance, tandis que les individus indépendants valorisent les marques renforçant leur différenciation individuelle.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de la SCS repose sur l’examen de sa cohérence interne et de sa stabilité temporelle à travers une variété d’échantillons culturels et linguistiques.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’article original de Singelis (1994) :

  • La sous-échelle de concept de soi indépendant présentait un coefficient alpha de Cronbach de α = 0,69 dans le premier échantillon (N = 364) et de α = 0,74 dans le second échantillon (N = 312).
  • La sous-échelle de concept de soi interdépendant affichait un coefficient alpha de α = 0,73 (échantillon 1) et de α = 0,74 (échantillon 2).

Bien que ces valeurs se situent dans une zone modérée mais acceptable pour des échelles explorant des construits psychologiques complexes et multidimensionnels, les méta-analyses et études ultérieures ont confirmé une stabilité générale de ces coefficients. Par exemple, Oetzel (1998) rapporte des alphas compris entre 0,70 et 0,78 pour les deux dimensions. Néanmoins, certains chercheurs (ex. Levine et al., 2003) ont relevé que selon les sous-groupes culturels ou les traductions linguistiques, la cohérence interne peut parfois fluctuer entre 0,60 et 0,75, incitant certains auteurs à employer des versions épurées ou adaptées.

Fidélité test-retest

Les données relatives à la stabilité temporelle indiquent des corrélations test-retest satisfaisantes sur des intervalles de deux à six semaines, généralement comprises entre r = 0,72 et r = 0,81. Cette stabilité temporelle confirme que la SCS mesure des orientations durables de la personnalité et de la cognition sociale, tout en demeurant sensible aux amorçages contextuels (cultural priming) lorsqu’elle est soumise à des protocoles expérimentaux délibérés.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture psychométrique de la SCS a été établie par une combinaison d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

Structure originale et extraction initiale (Singelis, 1994)

Theodore Singelis a initialement généré un ensemble de 45 items reflétant les aspects conceptuels développés par Markus et Kitayama. À la suite d’une analyse factorielle exploratoire avec rotation orthogonale (Varimax), les items présentant des saturations croisées élevées ou des saturations primaires inférieures à 0,35 ont été éliminés. Cette sélection a abouti à une structure finale claire en deux facteurs orthogonaux comprenant chacun 12 items (24 items au total) :

  • Facteur 1 (Interdépendance) : Expliquant une part substantielle de la variance, ce facteur regroupe les items relatifs à l’importance de l’harmonie collective (ex. item 2, saturation de 0,55), au respect de l’autorité (item 1) et au sacrifice des intérêts personnels (items 9 et 13).
  • Facteur 2 (Indépendance) : Ce facteur agrège les items relatifs à l’autonomie personnelle (item 23, saturation de 0,58), à la franchise communicationnelle (items 10 et 12) et à la singularité individuelle (item 4).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et débats métrologiques

De nombreuses études de validation ont par la suite soumis l’échelle à des analyses factorielles confirmatoires :

  • Les indices d’ajustement globaux obtenus dans la littérature (CFI, TLI, RMSEA) soutiennent de manière cohérente la supériorité du modèle à deux facteurs non corrélés (ou faiblement corrélés) par rapport à un modèle unidimensionnel bipolaire. Les indices types rapportés indiquent généralement un RMSEA avoisinant 0,05 à 0,07 et un CFI compris entre 0,88 et 0,93, ce qui correspond aux standards d’adéquation pour des construits hétérogènes de cognition sociale.
  • Certains travaux méthodologiques (notamment ceux de Gudykunst et al., 1996 ; Hardin et al., 2004) ont suggéré que l’indépendance et l’interdépendance pourraient elles-mêmes comporter des facettes sous-jacentes de second ordre (par exemple : autonomie vs affirmation de soi pour l’indépendance ; déférence relationnelle vs cohésion de groupe pour l’interdépendance). Cependant, le modèle bifactoriel standard à 24 items de Singelis demeure la structure la plus largement adoptée et répliquée dans la recherche internationale.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé court, facile d’administration individuelle ou collective, sur support papier ou numérique.

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory).
  • Nombre total d’items : 24 items rédigés sous forme d’énoncés affirmatifs.
  • Format des réponses : Échelle de Likert en 7 points :
    1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
    2 = En désaccord (Disagree)
    3 = Plutôt en désaccord (Somewhat disagree)
    4 = Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
    5 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
    6 = D’accord (Agree)
    7 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Sous-échelles et cotation :
    • Concept de soi interdépendant (Interdependent Self-Construal) : Calculé en effectuant la somme ou la moyenne des items suivants : 1, 2, 4, 5, 8, 10, 14, 15, 18, 20, 22, 24.
    • Concept de soi indépendant (Independent Self-Construal) : Calculé en effectuant la somme ou la moyenne des items suivants : 3, 6, 7, 9, 11, 12, 13, 16, 17, 19, 21, 23.
    • Règle de codage inversé : Aucun item n’est codé de manière inversée (no reverse scoring).
  • Interprétation des scores : Chaque sous-échelle génère un score composite variant de 1 à 7 (si calculé par moyenne) ou de 12 à 84 (si calculé par somme). Les scores reflètent l’intensité relative de chaque orientation chez le participant.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1994, dans la revue académique Personality and Social Psychology Bulletin.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’article original est sous le copyright de la Society for Personality and Social Psychology (SPSP) et publié par SAGE Publications. Toutefois, l’instrument lui-même a été mis à la disposition de la communauté scientifique par son auteur, le professeur Theodore M. Singelis, pour un usage de recherche universitaire et non commercial sans frais (libre d’accès académique).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour l’enseignement et la recherche académique non lucrative. Pour toute utilisation commerciale, d’entreprise ou d’édition dans des manuels lucratifs, une autorisation doit être sollicitée auprès de l’auteur ou de l’éditeur des droits.

12. Références / References

  • Escalas, J. E., & Bettman, J. R. (2005). Self-construal, reference groups, and brand evaluations. Journal of Consumer Research, 32(3), 378–389. https://doi.org/10.1086/497549
  • Gudykunst, W. B., Matsumoto, Y., Ting-Toomey, S., Nishida, T., Kim, K., & Heyman, S. (1996). The influence of cultural individualism-collectivism, self-construals, and individual values on communication styles across cultures. Human Communication Research, 22(4), 510–543. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1996.tb00377.x
  • Hardin, E. E., Leong, F. T., & Bhagwat, A. A. (2004). Factor structure of the Self-Construal Scale: An investigation of dimensionality. Journal of Cross-Cultural Psychology, 35(3), 327–345. https://doi.org/10.1177/0022022104264124
  • Levine, T. R., Bresnahan, M. J., Park, H. S., Lapinski, M. K., Wittenbaum, G. M., Shearman, S. M., Lee, P. E., Chung, D., & Ohashi, R. (2003). Self-construal scales lack validity. Human Communication Research, 29(2), 210–252. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.2003.tb00837.x
  • Markus, H. R. (1977). Self-schemata and processing information about the self. Journal of Personality and Social Psychology, 35(2), 63–78. https://doi.org/10.1037/0022-3514.35.2.63
  • Markus, H. R., & Kitayama, S. (1991). Culture and the self: Implications for cognition, emotion, and motivation. Psychological Review, 98(2), 224–253. https://doi.org/10.1037/0033-295X.98.2.224
  • Oetzel, J. G. (1998). Culturally heterogeneous interaction: The impact of cultural values and self-construal on group interaction processes. Communication Monographs, 65(4), 281–304. https://doi.org/10.1080/03637759809376454
  • Singelis, T. M. (1994). The measurement of independent and interdependent self-construals. Personality and Social Psychology Bulletin, 20(5), 580–591. https://doi.org/10.1177/0146167294205014
  • Singelis, T. M., & Brown, W. J. (1995). Culture, self, and collectivist communication: Linking culture to individual behavior. Human Communication Research, 21(3), 354–389. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1995.tb00351.x

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat disagree, 4 = Neither agree nor disagree, 5 = Somewhat agree, 6 = Agree, 7 = Strongly agree)

  1. I have respect for the authority figures with whom I interact.
  2. It is important for me to maintain harmony within my group.
  3. My happiness depends on the happiness of those around me.
  4. My personal identity independent of others is very important to me.
  5. I am comfortable with being singled out for praise or rewards.
  6. Speaking up during a class is not a problem for me.
  7. Having a lively imagination is important to me.
  8. Even when I strongly disagree with group members, I avoid an argument.
  9. I will sacrifice my self-interest for the benefit of the group I am in.
  10. I’d rather say « No » directly, than risk being misunderstood.
  11. I feel comfortable using someone’s first name soon after I meet them, even when they are much older than I am.
  12. I prefer to be direct and forthright in dealing with people I’ve just met.
  13. I usually sacrifice my self-interest for the benefit of my group.
  14. I should take into consideration my parents’ advice when making education/career plans.
  15. I act the same way no matter who I am with.
  16. It is important to me to respect decisions made by the group.
  17. I’m afraid that I will say or do the wrong things when I meet someone new.
  18. I will stay in a group if they need me, even when I’m not happy with the group.
  19. If my brother or sister fails, I feel responsible.
  20. Even if I don’t feel like it, I will help my group when asked to do so.
  21. I feel my fate is intertwined with the fate of those around me.
  22. I try to do what is best for the group, regardless of how that might affect me.
  23. Being able to take care of myself is a primary concern for me.
  24. I respect people who are modest about themselves.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle de concept de soi (SCS-Singelis). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-concept-de-soi-scs-singelis/
Looti, Mohammed. “Échelle de concept de soi (SCS-Singelis).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-concept-de-soi-scs-singelis/.
Looti, Mohammed. “Échelle de concept de soi (SCS-Singelis).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-concept-de-soi-scs-singelis/.