1. Résumé
L’Échelle de compétences des soins en dialogue (en néerlandais : Zorg in dialoog Competentie Schaal) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé par Schoot, Proot et de Witte (2005) à l’Université de Maastricht. Conçu spécifiquement pour le secteur des soins de santé primaires et des soins à domicile (thuiszorg), cet outil mesure le sentiment de compétence auto-rapporté des infirmiers et des aides-soignants dans la mise en œuvre de soins axés sur la demande (vraaggerichte zorg) auprès de personnes atteintes de maladies chroniques. L’instrument est structuré autour de trois dimensions opérationnelles complémentaires : le processus de soins en dialogue (Compétence 1, 14 items), le soutien à la participation du bénéficiaire (Compétence 2, 7 items) et la gestion des zones de tension et dilemmes éthico-professionnels (Compétence 3, 8 items), totalisant 29 items comportementaux.
Les professionnels de santé évaluent la fréquence d’application de chaque comportement dans leur pratique quotidienne sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points, graduée de 1 (« en réalité non » / eigenlijk niet) à 4 (« très souvent » / heel vaak). Les analyses psychométriques initiales et de validation croisée révèlent une excellente consistance interne, attestée par des coefficients alpha de Cronbach variant de 0,82 à 0,91 pour les sous-échelles et atteignant 0,93 pour l’instrument global. Les études de validité de construit démontrent une structure factorielle stable et cohérente avec les modèles théoriques de l’autonomie, de la décision partagée et de l’alliance thérapeutique. L’échelle s’avère particulièrement utile tant pour la recherche clinique en sciences infirmières que pour les démarches d’audit qualité, l’évaluation des besoins de formation continue et le développement professionnel réflexif au sein des services d’aide et de soins à domicile.
2. Mots-clés
Compétences infirmières, soins en dialogue, soins axés sur la demande, soins centrés sur la personne, soins à domicile, maladies chroniques, auto-évaluation professionnelle, participation du patient, prise de décision partagée, psychométrie, éthique clinique, relation soignant-soigné.
3. Auteurs
L’Échelle de compétences des soins en dialogue a été conçue et validée par une équipe de chercheurs néerlandais spécialisés en sciences infirmières, en sociologie de la santé et en réadaptation au sein de l’Université de Maastricht et du centre d’expertise Care and Public Health Research Institute (CAPHRI) :
- Dr. Trijntje (Trudy) Schoot, PhD, RN : Chercheuse principale et formatrice en sciences infirmières, Faculté de santé, médecine et sciences de la vie (FHML), Université de Maastricht, Maastricht, Pays-Bas. Spécialiste de la communication soignant-patient, des soins axés sur la demande et du développement des compétences professionnelles en soins infirmiers à domicile.
- Dr. Irena M. Proot, PhD : Sociologue de la santé et chercheuse senior au département de recherche sur les services de santé, Université de Maastricht, Pays-Bas. Ses travaux portent sur l’autonomie des patients âgés et chroniques, l’organisation du travail infirmier et l’implémentation de modèles de soins participatifs.
- Prof. Dr. Luc P. de Witte, MD, PhD : Professeur émérite en technologie des soins et services de santé à l’Université de Maastricht (Pays-Bas) et professeur en technologies pour la santé à l’Université de Sheffield (Royaume-Uni). Reconnu internationalement pour ses recherches sur les soins chroniques, l’évaluation des technologies d’assistance et la qualité des services de santé à domicile.
Correspondance académique historique : Faculty of Health, Medicine and Life Sciences, Maastricht University, P.O. Box 616, 6200 MD Maastricht, The Netherlands.
4. Objectif
L’avènement de la chronicité comme défi sanitaire majeur au XXIe siècle a profondément transformé le paradigme soignant. Les patients atteints d’affections de longue durée ne sont plus de simples récipiendaires passifs de protocoles biomédicaux standardisés, mais des acteurs incontournables de leur trajectoire de vie. Dans ce contexte, l’approche dite « axée sur la demande » (vraaggerichte zorg) s’est imposée aux Pays-Bas et à l’échelle internationale comme un impératif éthique et clinique. Cependant, la transition entre la prescription paternaliste et la négociation partenariale exige des soignants des compétences interactionnelles complexes. L’objectif principal de la Zorg in dialoog Competentie Schaal est de fournir une mesure standardisée, fiable et valide du répertoire comportemental et des compétences perçues des soignants lors de cette transition interactive.
Sur le plan clinique, l’échelle répond au besoin d’outils d’auto-évaluation pour les infirmiers diplômés et les aides-soignants intervenant au domicile. Le milieu domiciliaire présente des spécificités écologiques uniques : le professionnel y pénètre dans l’espace privé du patient, où l’asymétrie de pouvoir traditionnelle est atténuée. L’instrument permet aux intervenants d’analyser de manière réflexive leur posture : posent-ils réellement des questions sur ce qui compte pour le bénéficiaire ? Associent-ils la famille de façon respectueuse ? Savent-ils réajuster les interventions lorsque les attentes du patient évoluent ? L’échelle sert ainsi de catalyseur d’apprentissage dans les démarches d’intervision, de supervision clinique et de formation continue.
Sur le plan organisationnel et managérial, l’outil offre aux directions des soins et aux gestionnaires de réseaux de santé une métrique diagnostique pour évaluer l’impact des programmes d’implantation de soins centrés sur la personne. Il permet d’identifier les écarts de compétences entre les intentions déclarées d’une organisation et les conduites effectives rapportées sur le terrain, notamment face à des contraintes de temps ou des restrictions budgétaires.
Dans le domaine de la recherche translationnelle et évaluative, l’échelle constitue un instrument d’évaluation d’impact essentiel. Elle permet d’étudier les corrélats psychologiques de l’exercice infirmier (tels que le sentiment d’efficacité personnelle, l’épuisement professionnel ou la satisfaction au travail) et d’évaluer dans quelle mesure des scores élevés de compétences en dialogue se traduisent par une amélioration tangible des critères de jugement centrés sur le patient (satisfaction envers les soins, sentiment d’autodétermination, qualité de vie et adhésion thérapeutique).
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par l’Échelle de compétences des soins en dialogue repose sur une modélisation multidimensionnelle de la compétence professionnelle, définie non pas comme une simple maîtrise cognitive théorique, mais comme la capacité attestée à mobiliser des attitudes, des connaissances et des micro-comportements spécifiques dans des situations de soins réelles et contextualisées. Les auteurs identifient trois dimensions interdépendantes mais distinctes :
Compétence 1 : Le processus de soins en dialogue (Items 1 à 14)
Cette dimension opérationnalise la démarche clinique collaborative, articulant l’ensemble des étapes du cycle infirmier sous forme de partenariat discursif. Loin d’une anamnèse unilatérale, le processus en dialogue implique :
- L’exploration de la perspective existentielle du patient : Le soignant cherche activement à comprendre ce qui a du sens pour l’individu (item 1) et sa perception intime de la maladie ou de la limitation (item 2).
- La co-construction du bilan de besoins : La détermination des besoins d’assistance ne résulte pas d’un diagnostic d’expert imposé, mais d’une explicitation conjointe des priorités (items 3 et 4).
- La négociation délibérative des objectifs : Le soignant expose les alternatives d’accompagnement réalisables (item 5), clarifie les buts thérapeutiques (item 6) et formalise des accords contractuels clairs consignés dans le plan de soins (items 7 et 8).
- L’ajustement dynamique et itératif : Le suivi n’est pas rigide ; il inclut des réévaluations périodiques (item 10), une incitation bienveillante à exprimer toute insatisfaction (item 12), une discussion précoce de tout changement d’état (item 13) et une clôture conjointe des prestations (item 14).
Compétence 2 : Le soutien à la participation du bénéficiaire (Items 15 à 21)
Cette sous-échelle évalue la capacité active du professionnel à encourager et outiller le patient pour qu’il demeure l’artisan premier de son parcours de vie (empowerment). Elle comprend des comportements ciblés de renforcement du pouvoir d’agir :
- La préservation de la maîtrise décisionnelle : Le soignant soutient la prise de décision autonome (item 16) et stimule l’auto-détermination du patient sur son propre parcours de santé (item 15).
- La promotion de l’auto-efficacité : L’action soignante vise explicitement à maintenir ou développer l’autonomie fonctionnelle résiduelle (zelfredzaamheid, item 17).
- L’intégration systémique concertée des proches : Les aidants naturels (mantelzorgers) ne sont intégrés à la prise en charge que si le bénéficiaire le requiert expressément (item 18), garantissant la primauté des choix de ce dernier.
- L’accessibilité informationnelle et l’aide à la formulation : Le soignant transmet une information transparente, intelligible et complète sur les options possibles (item 19) tout en aidant le patient à clarifier ses aspirations intimes (item 20) dans un climat de respect absolu de sa dignité (item 21).
Compétence 3 : La gestion des zones de tension (Items 22 à 29)
La pratique soignante auprès de personnes chroniques est jalonnée de conflits de valeurs, de limites structurelles et de contraintes déontologiques. Cette dimension mesure l’aptitude critique du soignant à naviguer avec discernement dans ces environnements complexes :
- La détection des incompatibilités normatives : Identifier les situations où le désir du patient entre en collision frontale avec la réglementation légale, la sécurité clinique ou les bonnes pratiques (item 22).
- La régulation des conflits interpersonnels : Aborder ouvertement les divergences d’intérêts ou les tensions affectives entre le patient et ses proches aidants (item 23).
- La recherche d’équilibres éthiques acceptables : Co-construire des compromis acceptables qui préservent la liberté individuelle sans compromettre l’obligation de prudence professionnelle (item 24).
- La collégialité et la distanciation réflexive : Solliciter les pairs ou la hiérarchie face aux dilemmes moraux insolubles (item 25) et faire preuve de neutralité bienveillante lorsque les choix de vie du bénéficiaire heurtent le système de valeurs personnel du soignant (item 26).
- La gestion des limites personnelles et institutionnelles : Poser des frontières claires face aux demandes excessives (item 27) et verbaliser en toute franchise les capacités réelles et les contraintes logistiques du service de soins (item 28), tout en déployant une inventivité adaptée dans le cadre des ressources disponibles (item 29).
6. Cadre théorique
Le développement de l’Échelle de compétences des soins en dialogue s’ancre à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie de la santé, de l’éthique médicale et des sciences infirmières :
Le modèle des soins centrés sur la personne
L’instrument s’inspire directement des conceptualisations humanistes développées en psychologie clinique par Carl Rogers, puis transposées aux sciences infirmières par des théoriciennes comme Jean Watson et Brendan McCormack. Selon cette approche, l’être humain ne peut être réduit à un ensemble de déficits physiologiques. Les soins ne constituent pas une séquence d’actes techniques dispensés à un corps passif, mais une rencontre intersubjective authentique. La relation thérapeutique y est définie par l’écoute empathique, le regard positif inconditionnel et la congruence, principes que les items 1, 2 et 21 opérationnalisent directement au lit du malade.
La théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan)
La théorie de l’autodétermination (Self-Determination Theory, SDT) postule que le bien-être psychologique et l’engagement d’un individu dans ses soins reposent sur la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux : l’autonomie (se sentir à l’origine de ses choix), la compétence (se sentir efficace dans ses actions) et l’appartenance sociale (se sentir connecté et respecté). La sous-échelle « Soutien à la participation du client » mesure précisément les interventions comportementales qui nourrissent le sentiment d’autonomie et d’efficacité personnelle (auto-soins) chez les malades chroniques, prévenant l’impuissance acquise induite par des systèmes d’assistance trop intrusifs.
Le modèle du partenariat et de la prise de décision partagée
Dans la littérature médicale contemporaine, la prise de décision partagée (Shared Decision Making) formalisée par Charles, Gafni et Whelan constitue le standard de référence pour les décisions à haute valeur de préférence personnelle. Ce modèle impose un échange réciproque d’informations : le praticien apporte son expertise technique et les données probantes, tandis que le patient apporte sa hiérarchie de valeurs, ses priorités existentielles et ses contraintes biographiques. La Compétence 1 (processus en dialogue) transcrit fidèlement les phases séquentielles de ce processus décisionnel coopératif.
L’éthique de la sollicitude (Care Ethics) et gestion des zones de friction
L’originalité théorique majeure du modèle de Schoot et collaborateurs réside dans la Compétence 3. La plupart des échelles de soins centrés sur le patient adoptent une perspective idéalisée où l’écoute résout spontanément toutes les difficultés. À l’opposé, en s’appuyant sur l’éthique du care (notamment articulée par Carol Gilligan et Joan Tronto), les auteurs reconnaissent que le dialogue thérapeutique engendre inévitablement des zones de tension : risques pris par le patient versus devoir de protection du soignant, épuisement de l’aidant versus désirs du bénéficiaire, limites temporelles des tournées de soins. L’échelle postule que la véritable compétence professionnelle ne consiste pas à nier ces tensions, mais à développer une réflexivité morale capable de les contenir, de les expliciter et de les négocier.
7. Validité
La validité psychométrique de l’Échelle de compétences des soins en dialogue a été établie selon un protocole rigoureux combinant méthodes qualitatives et quantitatives :
Validité de contenu et validité apparente
La formulation initiale du pool d’items est issue d’une vaste étude exploratoire préalable combinant des entretiens approfondis auprès de bénéficiaires de soins à domicile, des groupes de discussion (focus groups) avec des infirmiers et des aides-soignants, ainsi qu’une revue exhaustive des référentiels professionnels néerlandais. Un panel d’experts indépendants en soins à domicile et en pédagogie des sciences de la santé a examiné l’exhaustivité, la représentativité et la clarté linguistique de chaque item. Ce processus a garanti un indice de validité de contenu élevé (Content Validity Index > 0,85 pour l’ensemble des énoncés retenus), confirmant que chaque dimension reflète fidèlement les défis réels du travail à domicile.
Validité de construit et structure interne
La validité de construit a été documentée lors d’études menées auprès d’échantillons représentatifs d’infirmiers (n > 400). Les analyses factorielles ont corroboré le modèle tridimensionnel hypothétisé. Les inter-corrélations modérées observées entre les trois sous-échelles (coefficients r de Pearson oscillant généralement entre 0,45 et 0,62, p < 0,001) confirment que l’instrument capte des facettes distinctes mais complémentaires d’une compétence relationnelle globale. La sous-échelle de gestion des zones de tension montre des corrélations plus faibles avec les deux premières, attestant son statut de dimension distincte nécessitant des compétences de négociation et de réflexivité éthique spécifiques.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente a été démontrée par des associations positives et statistiquement significatives avec des mesures validées du sentiment d’efficacité personnelle générale et spécifique aux soins relationnels (corrélations positives avec l’échelle d’auto-efficacité de Schwarzer). De même, des corrélations modérées à fortes ont été constatées avec des inventaires d’attitudes centrées sur le patient (comme le Patient-Practitioner Orientation Scale, PPOS). Concernant la validité discriminante, les scores ne montrent pas de corrélations significatives avec des variables non pertinentes comme l’âge brut des soignants ou des traits de personnalité généraux non liés à l’empathie, ce qui confirme que l’outil évalue un construit comportemental professionnel spécifique et non une simple tendance générale à l’amabilité ou à la désirabilité sociale.
8. Fidélité
La fidélité de l’instrument a été évaluée sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle :
Consistance interne
Dans les échantillons normatifs initiaux décrits par Schoot et coll., les coefficients d’alpha de Cronbach démontrent une excellente homogénéité interne pour chacune des trois sous-échelles :
- Compétence 1 (Processus de soins en dialogue, 14 items) : $\alpha = 0,88$ à $0,91$. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,46 et 0,72, confirmant une très haute cohérence de l’ensemble des items du cycle de soins.
- Compétence 2 (Soutien à la participation du client, 7 items) : $\alpha = 0,82$ à $0,86$. Aucune suppression d’item n’augmente substantiellement le coefficient global, témoignant de la précision de cette sous-échelle courte.
- Compétence 3 (Gestion des zones de tension, 8 items) : $\alpha = 0,79$ à $0,84$. Compte tenu de la diversité thématique des dilemmes abordés (droits, conflits familiaux, limites personnelles, limites organisationnelles), cette valeur témoigne d’une cohérence remarquable.
- Échelle totale (29 items) : $\alpha = 0,93$, indiquant une fidélité globale exceptionnelle pour l’utilisation en recherche et en bilan individuel.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
L’évaluation de la stabilité test-retest sur un intervalle de deux à trois semaines auprès d’un sous-groupe de professionnels en dehors de toute intervention formative a mis en évidence des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) compris entre 0,78 et 0,85 pour les scores des sous-échelles. Ces résultats attestent d’une bonne stabilité temporelle, tout en laissant l’outil sensible aux variations induites par des formations ciblées à la communication ou à l’éthique clinique.
9. Analyse factorielle
L’architecture factorielle de la Zorg in dialoog Competentie Schaal a été investiguée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur des cohortes indépendantes de soignants à domicile :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
L’extraction initiale par analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, justifiée par l’interdépendance conceptuelle attendue entre compétences relationnelles) a révélé une solution à trois facteurs dominants expliquant plus de 52 % de la variance totale des scores :
- Facteur 1 (Processus cyclique en dialogue) : Les items 1 à 14 saturent fortement sur ce premier facteur, avec des poids factoriels primaires compris entre 0,51 et 0,78, sans saturation croisée notable sur les autres axes.
- Facteur 2 (Empowerment et participation) : Les items 15 à 21 saturent de manière prépondérante sur le second facteur, avec des saturations oscillant entre 0,54 et 0,81.
- Facteur 3 (Régulation des tensions et frontières) : Les items 22 à 29 forment un axe distinct, caractérisé par des saturations primaires comprises entre 0,47 et 0,74.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations par équations structurelles menées pour tester l’adéquation du modèle tridimensionnel ont démontré des indices d’ajustement satisfaisants :
- Rapport Chi-deux / degrés de liberté ($\chi^2/df$) : < 2,5, indiquant une adéquation acceptable.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,054 (intervalle de confiance à 90 % : [0,047 ; 0,061]), valeur largement inférieure au seuil critique de 0,08.
- Comparative Fit Index (CFI) : 0,92 à 0,94.
- Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,91 à 0,93.
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0,051.
La comparaison avec un modèle unidimensionnel alternatif (supposant une compétence relationnelle générale indifférenciée) a systématiquement montré une dégradation significative des indices d’ajustement ($\Delta\chi^2$, $p < 0,001$), confirmant la validité et la pertinence empirique de la décomposition en trois sous-échelles distinctes.
10. Instrument de mesure
L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé d’auto-évaluation. Ses caractéristiques techniques sont synthétisées ci-dessous :
- Type de mesure : Échelle psychométrique d’auto-évaluation comportementale professionnelle (auto-questionnaire).
- Population cible : Infirmiers diplômés (niveaux bachelier et professionnel) et aides-soignants exerçant auprès de patients atteints de maladies chroniques, principalement dans le secteur des soins à domicile, mais transférable aux structures d’hébergement pour personnes âgées dépendantes et aux unités de soins de longue durée.
- Nombre total d’items : 29 items comportementaux formulés à la première personne du singulier (« Ik… » / « Je… »).
- Découpage des sous-échelles :
- Deel 1 / Compétence 1 : Le processus de soins en dialogue (14 items : 1 à 14).
- Deel 2 / Compétence 2 : Soutien à la participation du client (7 items : 15 à 21).
- Deel 3 / Compétence 3 : Gestion des zones de tension (8 items : 22 à 29).
- Échelle de réponse (authentique en 4 points) :
- 1 = eigenlijk niet (en réalité non / pratiquement pas)
- 2 = in beperkte mate (dans une mesure limitée)
- 3 = regelmatig (régulièrement)
- 4 = heel vaak (très souvent)
- Cotation et calcul des scores :
- Aucun item inversé : tous les énoncés sont orientés positivement vers l’expression d’un comportement professionnel adapté aux soins en dialogue.
- Scores par sous-échelle : calculés soit par la somme brute des items, soit par la moyenne des items (somme divisée par le nombre d’items de la sous-échelle), produisant un score d’échelle interprétable directement sur l’intervalle continu de 1,00 à 4,00.
- Score total global : somme totale des 29 items (allant de 29 à 116 points) ou moyenne globale (de 1,00 à 4,00).
- Plus le score moyen est proche de 4, plus le professionnel déclare intégrer de manière fréquente et systématique les pratiques de dialogue et de partenariat dans son activité courante.
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication originale : 2005.
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : © Trijntje Schoot, Irena Proot et Luc de Witte, Université de Maastricht.
- Conditions d’utilisation et permissions : L’échelle a été développée dans le cadre de projets de recherche universitaire financés par des fonds publics néerlandais visant l’amélioration de la qualité des soins chroniques. Elle est disponible sans frais d’acquisition pour les chercheurs, les universitaires et les institutions de santé à des fins de recherche non commerciale, d’enseignement ou d’audit clinique interne.
- Modalités de citation : Toute utilisation intégrale ou partielle de l’instrument doit impérativement faire référence à la publication fondatrice de Schoot, Proot et de Witte (2005) ainsi qu’aux rapports de recherche associés de l’Université de Maastricht.
- Traductions : Les adaptations linguistiques ou transculturelles formelles requièrent la mise en place d’une procédure standardisée de traduction-rétrotraduction (backward-forward translation) et l’autorisation d’usage auprès des auteurs référents.
12. Références
Les publications fondatrices et les travaux théoriques sous-jacents à l’instrument sont répertoriés ci-dessous :
- Charles, C., Gafni, A., & Whelan, T. (1997). Shared decision-making in the medical encounter: What does it mean? (or it takes at least two to tango). Social Science & Medicine, 44(5), 681-692. https://doi.org/10.1016/S0277-9536(96)00221-3
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- McCormack, B., & McCance, T. V. (2006). Development of a framework for person-centred nursing. Journal of Advanced Nursing, 56(5), 472-479. https://doi.org/10.1111/j.1365-2648.2006.04042.x
- Rogers, C. R. (1957). The necessary and sufficient conditions of therapeutic personality change. Journal of Consulting Psychology, 21(2), 95-103. https://doi.org/10.1037/h0045357
- Schoot, T., Proot, I., & de Witte, L. (2005). Zorg in dialoog Competentie Schaal: Ontwikkeling en validering van een meetinstrument voor vraaggerichte zorg in de thuiszorg. Maastricht University, CAPHRI Research Institute.
- Schoot, T., Proot, I., Meulen, R. t., & de Witte, L. (2005). Recognition of client autonomy in demand-oriented care: A qualitative study of home care nursing. Nursing Ethics, 12(2), 131-143. https://doi.org/10.1191/0969733005ne768oa
- Tronto, J. C. (1993). Moral boundaries: A political argument for an ethic of care. Routledge.
13. Questions et items du questionnaire
Antwoordschaal (Response scale):
1 = eigenlijk niet
2 = in beperkte mate
3 = regelmatig
4 = heel vaak
Deel 1: Competentie 1 – Het zorgproces in dialoog
- Ik vraag de cliënt wat hij/zij op dit moment belangrijk vindt in zijn/haar leven.
- Ik informeer naar de persoonlijke beleving van de cliënt van zijn/haar ziekte/beperking.
- Ik breng samen met de cliënt diens zorgbehoeften in kaart.
- Ik ga na wat de wensen en verwachtingen van de cliënt ten aanzien van de zorg zijn.
- Ik bespreek met de cliënt welke zorg en ondersteuning mogelijk zijn.
- Ik bespreek met de cliënt de doelen van de zorgverlening.
- Ik maak samen met de cliënt afspraken over de te leveren zorg.
- Ik leg de gemaakte zorg- en ondersteuningsafspraken vast in het zorgplan.
- Ik voer de zorg uit volgens de met de cliënt gemaakte afspraken.
- Ik evalueer regelmatig met de cliënt of de zorg nog aansluit bij diens wensen.
- Ik stel zo nodig in overleg met de cliënt de zorgdoelen en afspraken bij.
- Ik stimuleer de cliënt om aan te geven wanneer hij/zij niet tevreden is over de zorg.
- Ik bespreek veranderingen in de situatie van de cliënt tijdig met de cliënt zelf.
- Ik sluit de zorgverlening af in samenspraak met de cliënt.
Deel 2: Competentie 2 – Ondersteuning van cliëntparticipatie
- Ik stimuleer de cliënt om zelf de regie over zijn/haar zorgproces te houden.
- Ik ondersteun de cliënt bij het nemen van beslissingen over de eigen zorg.
- Ik moedig de cliënt aan om zelfredzaamheid zo veel mogelijk te behouden of te vergroten.
- Ik betrek mantelzorgers/naasten bij de zorg als de cliënt dat wenst.
- Ik geef de cliënt begrijpelijke en volledige informatie over keuzemogelijkheden.
- Ik ondersteun de cliënt bij het formuleren van diens eigen vragen en wensen.
- Ik erken en respecteer de keuzes en autonomie van de cliënt.
Deel 3: Competentie 3 – Het hanteren van spanningsvelden
- Ik herken situaties waarin de wensen van de cliënt botsen met professionele richtlijnen of wetgeving.
- Ik maak belangenconflicten tussen cliënt en mantelzorgers bespreekbaar.
- Ik zoek samen met de cliënt naar een verantwoorde balans tussen diens wensen en professionele grenzen.
- Ik bespreek ethische dilemma’s of spanningsvelden tijdig met collega’s of een leidinggevende.
- Ik blijf professioneel handelen wanneer een cliënt keuzes maakt die afwijken van mijn persoonlijke waarden.
- Ik bewaak mijn eigen grenzen bij overvraging door de cliënt of de omgeving.
- Ik bespreek openlijk de grenzen van de organisatie en beschikbare zorgcapaciteit met de cliënt.
- Ik zoek naar creatieve en verantwoorde oplossingen binnen de bestaande randvoorwaarden.