1. Résumé / Abstract
L’Échelle de comparaison de l’apparence physique révisée (Physical Appearance Comparison Scale-Revised, ou PACS-R) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la tendance globale et contextuelle d’un individu à comparer son apparence corporelle à celle d’autrui dans la vie quotidienne. Développée et validée par la chercheuse Lauren M. Schaefer et le professeur J. Kevin Thompson en 2014 à l’Université de South Florida, cette échelle représente une révision majeure et un enrichissement substantiel de l’échelle originale à 5 items, la Physical Appearance Comparison Scale (PACS), publiée initialement par Thompson, Heinberg et Tantleff en 1991.
Face aux limites psychométriques du questionnaire original — notamment une variance expliquée restreinte, un nombre très réduit d’items et une faible représentativité des contextes environnementaux générateurs de comparaisons —, les auteurs ont entrepris l’élaboration d’un réservoir étendu de 40 items explorant systématiquement les cibles corporelles spécifiques (poids corporel, silhouette/forme du corps, masse grasse, taille/stature corporelle, et apparence physique générale) à travers une diversité de contextes sociaux écologiques (milieu professionnel ou scolaire, magasins de vêtements, restaurants, gymnases ou salles de sport, rassemblements festifs, espaces publics, et interactions avec des pairs ou de nouvelles connaissances du même sexe). À l’issue des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, les auteurs ont validé une version abrégée unifactorielle hautement robuste de 11 items, tout en documentant les caractéristiques psychométriques de l’ensemble de la batterie étendue.
L’instrument repose sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points allant de 1 (« Jamais » / Never) à 5 (« Toujours » / Always). Les propriétés psychométriques du PACS-R démontrent une cohérence interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach systématiquement supérieurs à 0,95 chez les femmes et les hommes, une fidélité test-retest remarquable à court et moyen terme ($r > 0,85$), ainsi qu’une excellente validité de construit, convergente et discriminante. Le PACS-R s’est imposé dans la littérature internationale comme le standard méthodologique pour évaluer les processus de comparaison sociale ascendante liés au corps, jouant un rôle médiateur fondamental dans l’étiologie de l’insatisfaction corporelle, des troubles des conduites alimentaires (anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique) et de la dysmorphie musculaire.
2. Mots-clés / Keywords
Comparaison sociale, apparence physique, image corporelle, PACS-R, insatisfaction corporelle, troubles des conduites alimentaires, psychométrie, théorie de la comparaison sociale, poids corporel, évaluation psychologique, forme corporelle, modèle tripartite d’influence.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de comparaison de l’apparence physique révisée (PACS-R) a été conçue, calibrée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans les troubles de l’image corporelle et des conduites alimentaires :
- Lauren M. Schaefer, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse en psychopathologie développementale et cognitive. Ses travaux se concentrent sur la modélisation étiologique des troubles des conduites alimentaires, l’internalisation des idéaux corporels et les processus comparatifs automatiques. Au moment du développement de l’échelle, elle menait ses recherches doctorales au sein du Department of Psychology de la University of South Florida (Tampa, Floride, États-Unis), avant de poursuivre sa carrière clinique et académique au Eating Recovery Center et au Sanford Center for Biobehavioral Research.
- J. Kevin Thompson, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à la University of South Florida. Figure pionnière mondiale dans l’étude scientifique de l’image corporelle, le Professeur Thompson est l’auteur de dizaines d’instruments standardisés incontournables (notamment le Sociocultural Attitudes Towards Appearance Questionnaire [SATAQ] et le Multidimensional Body-Self Relations Questionnaire [MBSRQ]) et le formulateur du célèbre « modèle tripartite d’influence » socioculturelle.
Affiliation institutionnelle principale :
Department of Psychology, University of South Florida, 4202 Fowler Ave, PCD 4118G, Tampa, FL 33620-8200, États-Unis.
Contacts académiques documentés : [email protected] / [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la création de la Physical Appearance Comparison Scale-Revised (PACS-R) est d’offrir une mesure psychométrique ultra-précise, robuste et écologiquement valide de la fréquence à laquelle les individus s’engagent dans des comportements de comparaison sociale ciblant spécifiquement leur morphologie corporelle. Dans les sociétés contemporaines saturées de représentations visuelles idéalisées, les individus ne perçoivent pas leur corps de manière isolée ; ils l’évaluent perpétuellement à travers le prisme de normes implicites et explicites construites par la comparaison avec autrui. Le PACS-R a été conçu pour opérationnaliser ce mécanisme comparatif tant sur le plan clinique que dans la recherche fondamentale en psychologie de la santé et en psychopathologie cognitive.
Justification empirique et dépassement de l’échelle PACS originale (1991)
L’échelle PACS originale (Thompson et al., 1991) comprenait seulement 5 items. Bien qu’elle ait été massivement employée durant plus de deux décennies, plusieurs méta-analyses et études méthodologiques ont mis en lumière d’importantes lacunes psychométriques :
- Brièveté excessive et faible couverture de domaine : Cinq items étaient insuffisants pour saisir la multiplicité des cibles physiques (le poids seul ne résume pas la forme, la corpulence ou le taux de masse grasse) et la diversité des contextes environnementaux où s’actualisent ces comparaisons.
- Items inversés problématiques : L’item 4 de la version originale était formulé de manière négative, ce qui introduisait un artefact de méthode et affaiblissait régulièrement la consistance interne de l’instrument dans les études transculturelles.
- Manque de spécificité contextuelle : Les comparaisons corporelles n’interviennent pas dans un vide social. Elles fluctuent radicalement selon que l’individu se trouve dans une salle de sport (où les corps sont dénudés et mis en valeur), au travail ou à l’école, dans une fête, dans un magasin de vêtements (contexte d’achat confrontant à la taille des habits), ou au restaurant (contexte lié à la prise alimentaire et à la culpabilité calorique).
Le PACS-R a donc été spécifiquement développé pour combler ces déficits en proposant une cartographie exhaustive croisant cinq cibles morphologiques critiques (poids, forme, masse grasse, taille/gabarit, apparence générale) et huit contextes situationnels majeurs.
Applications en recherche et en pratique clinique
En psychopathologie et en psychologie clinique, le PACS-R remplit plusieurs fonctions diagnostiques et thérapeutiques essentielles :
- Évaluation étiologique et maintien des troubles : L’échelle permet de quantifier l’intensité des processus cognitifs automatiques qui précipitent l’insatisfaction corporelle. Une fréquence élevée de comparaisons corporelles est l’un des prédicteurs proximaux les plus puissants des restrictions alimentaires sévères, des crises de boulimie et des comportements purgatifs.
- Planification d’interventions ciblées en thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : En thérapie cognitive pour les troubles des conduites alimentaires (comme le protocole CBT-E de Fairburn), l’identification des déclencheurs situationnels (par exemple, des comparaisons massives survenues spécifiquement dans les magasins de vêtements ou les gymnases) permet d’élaborer des hiérarchies d’exposition in vivo et de restructurer les biais d’attention sélective.
- Évaluation des protocoles préventifs : Dans les programmes de prévention en milieu scolaire ou universitaire (tels que The Body Project), le PACS-R sert d’indicateur d’efficacité thérapeutique pour vérifier si les participants parviennent à désamorcer le réflexe automatique de comparaison ascendante.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le PACS-R est la propension individuelle à la comparaison sociale de l’apparence physique. Ce concept s’inscrit au carrefour de la cognition sociale, de la perception corporelle et de la régulation de l’estime de soi. Contrairement à une tendance générale à la comparaison sociale (qui peut porter sur les compétences intellectuelles, le statut socio-économique, ou la réussite professionnelle), ce construit est strictement circonscrit au domaine somatique et esthétique.
L’architecture multidimensionnelle des cibles morphologiques
L’échelle examine en profondeur cinq composantes corporelles distinctes sur lesquelles portent les jugements comparatifs :
- 1. Le poids corporel (Weight) : Il renvoie à l’évaluation quantitative du poids perçu d’autrui par rapport au sien. Les individus évaluent si autrui semble plus lourd ou plus léger. Dans les troubles alimentaires, cette comparaison est souvent obsédante et s’accompagne d’une distorsion cognitive où le sujet surestime systématiquement son propre poids par rapport à celui de ses pairs.
- 2. La forme corporelle / La silhouette (Body Shape) : Cette dimension concerne les contours, les proportions anatomiques et la distribution des volumes (par exemple le ratio taille-hanches chez la femme ou le rapport torse-taille en V chez l’homme). Deux personnes ayant le même poids peuvent présenter des formes très distinctes ; cette cible capture la quête de minceur galbée ou de musculature harmonieuse.
- 3. Le taux de masse grasse (Body Fat) : Dimension particulièrement anxiogène, elle évalue l’attention sélective portée aux zones adipeuses visibles d’autrui (ventre, cuisses, bras) comparativement aux siennes. Elle est au cœur de la symptomatologie de l’anorexie et de l’orthorexie.
- 4. La corpulence ou stature globale (Body Size) : Elle fait référence au volume physique brut, à l’espace occupé par le corps et à la carrure générale dans l’espace partagé.
- 5. L’apparence physique générale (Overall Physical Appearance) : Évaluation holistique englobant l’attractivité faciale, l’élégance corporelle, la posture et la désirabilité esthétique globale perçue chez autrui.
L’écologie situationnelle et les contextes déclencheurs
L’apport conceptuel déterminant du PACS-R réside dans l’intégration systématique de contextes sociaux écologiques à haute charge affective :
- Lieux publics anonymes (Out in public) : Lieux de passage où le regard d’inconnus s’exerce de façon diffuse (rues, transports en commun, centres commerciaux).
- Milieux académiques et professionnels (At work or school) : Contextes de performance quotidienne où la compétition interpersonnelle peut déborder du registre des compétences pour contaminer l’évaluation corporelle.
- Espaces de conditionnement physique (At the gym) : Environnements hypersensibles dotés de miroirs omniprésents et caractérisés par le port de vêtements ajustés découvrant l’anatomie, favorisant une comparaison ascendante aiguë tant pour la minceur que pour la musculature.
- Contextes d’alimentation collective (Eating in a restaurant) : Situations combinant l’exposition publique du corps et l’acte de manger, provoquant souvent une anxiété intense liée à la comparaison du volume consommé par rapport à la minceur perçue des convives.
- Expériences d’essayage et de shopping (Shopping for clothes) : Situation confrontant directement l’individu aux tailles de vêtements normées et à l’image des autres consommateurs essayant les mêmes articles.
- Événements sociaux festifs (At a party) et groupes d’amis (With a group of friends) : Contextes d’affiliation où la désirabilité sociale est saillante et où la comparaison s’exerce vis-à-vis d’un groupe de référence proche.
- Rencontres de nouvelles personnes du même sexe (Meeting a new person of the same sex) : Situations d’évaluation compétitive immédiate et automatique lors de l’établissement d’un premier contact social.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement et l’interprétation du PACS-R s’ancrent dans plusieurs modèles théoriques majeurs de la psychologie sociale et clinique contemporaine :
1. La théorie de la comparaison sociale de Festinger (1954)
Fondée par Leon Festinger, la Social Comparison Theory postule que les êtres humains possèdent un besoin inné et irrépressible d’évaluer leurs propres opinions et aptitudes. En l’absence de standards physiques objectifs non ambigus, les individus utilisent d’autres personnes comme étalons de mesure comparatifs. Festinger a identifié deux directions fondamentales de comparaison :
- La comparaison descendante (Downward comparison) : Se comparer à des individus jugés moins favorisés, ce qui sert généralement de mécanisme d’auto-rehaussement ou de protection de l’estime de soi.
- La comparaison ascendante (Upward comparison) : Se comparer à des cibles perçues comme supérieures. Dans le domaine de l’apparence corporelle, la littérature empirique démontre que les individus vulnérables aux troubles alimentaires s’engagent quasi exclusivement dans des comparaisons ascendantes automatiques. Ils fixent sélectivement leur attention sur des personnes plus minces, plus sculptées ou plus athlétiques qu’eux, ce qui génère un contraste cognitif négatif, un sentiment aigu d’insuffisance et une baisse drastique de l’estime de soi.
2. Le modèle tripartite d’influence socioculturelle de Thompson et al. (1999)
Le cadre théorique le plus directement affilié au PACS-R est le Tripartite Influence Model élaboré par J. Kevin Thompson et ses collaborateurs. Ce modèle étiologique postule que trois sources d’influence majeures — les médias de masse, les pairs et les parents — exercent une pression normative intense vers l’atteinte d’idéaux corporels irréalistes (l’extrême minceur pour les femmes, la muscularité dense et sèche pour les hommes). Toutefois, le modèle stipule que ces pressions externes ne conduisent pas directement à la pathologie ; leur effet est médié par deux processus cognitifs clés :
- L’internalisation des idéaux d’apparence : L’adhésion personnelle et cognitive à l’idée que l’attractivité corporelle conditionne la valeur globale de l’individu.
- La comparaison de l’apparence physique : L’engagement actif et fréquent dans la confrontation de sa propre enveloppe corporelle avec celle des autres. Le PACS-R a été conçu précisément pour servir d’instrument opérationnel de mesure de cette seconde variable médiatrice charnière.
3. La théorie de l’auto-objectification (Fredrickson & Roberts, 1997)
L’Objectification Theory apporte un éclairage complémentaire sur les mécanismes captés par le PACS-R. Selon cette théorie, la socialisation dans des cultures qui réduisent le corps (particulièrement féminin) à un objet visuel destiné au regard d’autrui amène les individus à adopter la perspective d’un observateur extérieur sur leur propre corps (l’auto-objectification). Cette vigilance corporelle constante (habitual body monitoring) alimente une comparaison systématique de chaque segment anatomique dans les lieux publics, transformant chaque rencontre sociale en un banc d’essai évaluatif.
7. Validité / Validity
Les études empiriques initiales de Schaefer et Thompson (2014), complétées par de nombreux travaux de réplication internationaux, ont documenté les qualités métrologiques et la validité rigoureuse du PACS-R.
Validité convergente
La validité convergente du PACS-R a été établie en examinant ses corrélations avec des mesures reconnues de l’image corporelle, des influences socioculturelles et de la symptomatologie des troubles alimentaires. Les analyses révèlent des corrélations positives de magnitude modérée à très élevée :
- Insatisfaction corporelle : Corrélations fortes avec le Body Shape Questionnaire (BSQ-34 et BSQ-8c ; $r = 0,65$ à $0,76$, $p < 0,001$) et avec la sous-échelle d’insatisfaction corporelle de l’Eating Disorder Inventory (EDI-2 / EDI-3 ; $r = 0,61$ à $0,72$).
- Internalisation des idéaux esthétiques : Corrélations hautement significatives avec les sous-échelles d’internalisation du Sociocultural Attitudes Towards Appearance Questionnaire-4 (SATAQ-4 ; $r = 0,58$ à $0,70$ pour l’idéal de minceur et $r = 0,45$ à $0,55$ pour l’idéal athlétique).
- Pathologie des conduites alimentaires : Corrélations positives robustes avec le score total de l’Eating Attitudes Test (EAT-26 ; $r = 0,48$ à $0,62$) et les sous-échelles de pulsions de minceur (Drive for Thinness ; $r = 0,64$ à $0,74$).
- Pression des pairs et des médias : Associations substantielles avec les échelles mesurant la pression perçue à modifier son corps provenant de l’entourage social ($r = 0,42$ à $0,58$).
Validité discriminante
La validité discriminante démontre que le PACS-R mesure un construit spécifique et ne se confond pas avec la tendance générale à la comparaison sociale ou avec la détresse psychologique globale :
- Comparaison sociale non corporelle : Bien que corrélé positivement avec l’Iowa-Netherlands Comparison Orientation Measure (INCOM de Gibbons & Buunk, 1999), qui évalue la tendance générale à la comparaison sociale, la corrélation demeure modérée ($r = 0,35$ à $0,45$). Cela prouve que le PACS-R capture une variance résiduelle substantielle propre au domaine corporel.
- Affectivité négative et névrosisme : Les corrélations avec les échelles de dépression (BDI-II), d’anxiété (STAI) ou de névrosisme (NEO-PI-R) se situent dans une fourchette modérée ($r = 0,25$ à $0,38$), confirmant que le score au PACS-R ne reflète pas simplement une propension globale au biais de réponse négatif.
Validité différentielle et prédictive
Les analyses de régression multiple et de modélisation en équations structurelles (SEM) confirment la validité prédictive de l’échelle : le score au PACS-R explique une part de variance unique et significative de l’insatisfaction corporelle et des comportements de restriction alimentaire, même après avoir contrôlé l’Indice de Masse Corporelle (IMC), l’estime de soi globale et les scores à l’ancienne échelle PACS. De plus, le PACS-R différencie significativement les populations cliniques souffrant de troubles des conduites alimentaires (anorexie et boulimie) des échantillons témoins non cliniques ($d \text{ de Cohen} > 1,10$).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle PACS-R a fait l’objet d’évaluations exhaustives portant sur sa cohérence interne, sa stabilité temporelle et sa structure d’erreur de mesure.
Consistance interne (Cohérence interne)
Les estimations de cohérence interne calculées à l’aide de l’alpha de Cronbach ($lpha$) et du coefficient oméga de McDonald ($\omega$) se situent à des niveaux exceptionnellement élevés dans toutes les cohortes investiguées :
- Version standard de 11 items : L’échantillon initial de validation de Schaefer et Thompson (2014) auprès de femmes universitaires a révélé un alpha de Cronbach de $\alpha = 0,96$. Dans les échantillons masculins, la fidélité est tout aussi remarquable, avec des valeurs comprises entre $\alpha = 0,94$ et $\alpha = 0,96$.
- Batterie étendue de 40 items : Pour l’ensemble du réservoir de 40 items, le coefficient alpha de Cronbach atteint des valeurs flirtant avec l’hyper-consistance, souvent comprises entre $\alpha = 0,97$ et $\alpha = 0,98$, témoignant d’une très forte homogénéité des énoncés.
- Corrélations item-total corrigées : Toutes les corrélations item-total pour les énoncés retenus dépassent largement le seuil psychométrique usuel de $0,40$, oscillant entre $0,68$ et $0,86$, ce qui indique que chaque item contribue puissamment à la mesure du construit sans redondance dysfonctionnelle.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest a été vérifiée auprès de sous-échantillons réévalués à des intervalles de 2 à 4 semaines :
- Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) et le coefficient de corrélation de Pearson à 2 semaines se sont établis à $r = 0,88$ ($p < 0,001$).
- À un intervalle de 4 semaines, la stabilité temporelle demeure très robuste avec un coefficient de $r = 0,82$ à $0,85$, indiquant que bien que les comparaisons corporelles fluctuent légèrement selon les événements de vie, la propension fondamentale à s’y engager constitue un trait cognitivo-comportemental relativement stable chez l’adulte et l’adolescent.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’exploration de la structure sous-jacente du PACS-R a nécessité une démarche rigoureuse en plusieurs phases menée par Schaefer et Thompson (2013, 2014), articulant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Initialement, une matrice de 40 items couvrant l’ensemble des intersections cibles $\times$ contextes a été soumise à une analyse en composantes principales et à une analyse factorielle en axes principaux avec rotation oblique (Promax) auprès d’un premier échantillon représentatif ($N > 500$) :
- Unidimensionnalité dominante : L’analyse des valeurs propres (scree test de Cattell et analyse parallèle de Horn) a révélé un facteur général écrasant. La première valeur propre expliquait à elle seule plus de 62 % de la variance totale des réponses, la seconde valeur propre chutant drastiquement pour n’expliquer que moins de 4 % de la variance.
- Distribution des saturations : Les 40 items présentaient des saturations factorielles très élevées sur ce facteur principal, comprises entre $0,65$ et $0,89$. Bien que des micro-facteurs de second ordre aient émergé en fonction des contextes (un léger regroupement des items relatifs à la salle de sport ou aux restaurants), l’ampleur du premier facteur a confirmé la nature fondamentalement unidimensionnelle du construit de comparaison corporelle.
Sélection des 11 items et Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Afin de maximiser la parcimonie clinique et d’éliminer la fatigue des répondants sans sacrifier la validité de contenu, les auteurs ont sélectionné 11 items d’élite représentatifs de la diversité des contextes (salle de sport, restaurants, magasins, rassemblements d’amis, public, école/travail) et des cibles anatomiques (poids, forme, masse grasse, gabarit, apparence globale). Ce modèle unifactoriel à 11 items a ensuite été testé par AFC sur un échantillon indépendant ($N > 450$) :
- Indices d’ajustement du modèle à 11 items :
- $\chi^2 / \text{ddl} < 3,0$
- Comparative Fit Index (CFI) $= 0,968$ à $0,980$
- Tucker-Lewis Index (TLI) $= 0,959$ à $0,974$
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $= 0,052$ à $0,061$ (IC 90 % $[0,041 ; 0,072]$)
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $= 0,028$
- Saturations factorielles standardisées : Tous les paramètres $lambda$ standardisés des 11 items oscillaient entre $0,75$ et $0,91$, confirmant un ajustement parfait au modèle unidimensionnel théorisé.
- Invariance de mesure : Les tests d’invariance multigroupes ont démontré une invariance configurationnelle, métrique et scalaire stricte selon le sexe (femmes vs hommes) et selon les tranches d’âge (adolescents vs adultes émergents), autorisant formellement la comparaison intergroupes de moyennes latentes.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure se caractérise par des modalités de passation standardisées et une cotation limpide :
- Nom officiel : Physical Appearance Comparison Scale-Revised (PACS-R) / Échelle de comparaison de l’apparence physique révisée.
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée/en ligne (durée moyenne de passation : 2 à 3 minutes pour la forme brève de 11 items ; 6 à 8 minutes pour le pool complet de 40 items).
- Nombre d’items :
- Forme abrégée standard validée : 11 items (hautement recommandée pour la recherche et le bilan de routine).
- Forme étendue intégrale de recherche : 40 items (utilisée pour l’analyse contextuelle fine et l’évaluation expérimentale exhaustive).
- Échelle de réponse (Format Likert en 5 points) :
- 1 = Jamais (Never)
- 2 = Rarement (Seldom)
- 3 = Parfois (Sometimes)
- 4 = Souvent (Often)
- 5 = Toujours (Always)
- Cotation et calcul des scores :
- Aucun item n’est inversé (contrairement à l’ancienne échelle PACS).
- Score total : Calculé en effectuant la somme des scores aux items (allant de 11 à 55 pour la version standard de 11 items ; de 40 à 200 pour la version complète de 40 items).
- Score moyen : Alternativement, calculé en divisant la somme totale par le nombre d’items complétés (score moyen variant de 1,00 à 5,00). Cette méthode est recommandée pour faciliter la comparabilité directe entre études.
- Interprétation clinique des scores (sur la base du score moyen de 1 à 5) :
- 1,00 à 2,00 (Faible tendance à la comparaison) : Processus comparatifs minimes ; faible vulnérabilité aux stimuli sociaux déclencheurs de distorsions corporelles.
- 2,01 à 3,49 (Tendance modérée / Norme populationnelle) : Comparaisons épisodiques ou situationnelles habituelles en milieu occidental, sans retentissement clinique majeur en l’absence d’autres facteurs de risque.
- 3,50 à 5,00 (Tendance élevée à très sévère) : Hypervigilance corporelle, comparaison ascendante quasi permanente. Fréquemment associée à une détresse psychologique aiguë, une dysmorphophobie, une restriction alimentaire pathologique ou des comportements compensatoires purgatifs.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 2013 (thèse doctorale de Lauren M. Schaefer) ; publication officielle de validation en 2014.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par Lauren M. Schaefer et J. Kevin Thompson, Ph.D. Les articles princeps sont édités par Elsevier (Eating Behaviors).
- Conditions d’utilisation et tarification :
- Usage académique et recherche non commerciale : L’utilisation du PACS-R est entièrement gratuite pour les chercheurs universitaires, étudiants, psychiatres et psychologues cliniciens dans le cadre d’études scientifiques, de thèses ou de bilans cliniques individuels. Les auteurs demandent simplement de citer adéquatement la publication princeps de 2014.
- Usage commercial ou corporatif : Toute intégration dans une application payante, un essai clinique financé par l’industrie pharmaceutique ou un produit commercialisé requiert une autorisation écrite préalable de la part des titulaires des droits ou de l’éditeur scientifique.
- Contact officiel pour obtention de l’instrument :
J. Kevin Thompson, Ph.D.
Department of Psychology, University of South Florida
4202 Fowler Ave, Tampa, FL 33620-8200, USA.
Courriels :[email protected]ou[email protected].
Dépôt institutionnel en ligne : Body Image Research Group Measures.
12. Références / References
- Fairburn, C. G. (2008). Cognitive behavior therapy and eating disorders. Guilford Press.
- Festinger, L. (1954). A theory of social comparison processes. Human Relations, 7(2), 117–140. https://doi.org/10.1177/001872675400700202
- Fredrickson, B. L., & Roberts, T. A. (1997). Objectification theory: Toward understanding women’s lived experiences and mental health risks. Psychology of Women Quarterly, 21(2), 173–206. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1997.tb00108.x
- Gibbons, F. X., & Buunk, B. P. (1999). Individual differences in social comparison: Development of a scale of social comparison orientation. Journal of Personality and Social Psychology, 76(1), 129–142. https://doi.org/10.1037/0022-3514.76.1.129
- Schaefer, L. M. (2013). The development and validation of the Physical Appearance Comparison Scale-Revised (PACS-R) (Thèse de doctorat, University of South Florida). Scholar Commons USF Graduate Theses. http://scholarcommons.usf.edu/etd/4575
- Schaefer, L. M., & Thompson, J. K. (2014). The development and validation of the Physical Appearance Comparison Scale-Revised (PACS-R). Eating Behaviors, 15(2), 209–217. https://doi.org/10.1016/j.eatbeh.2014.01.001
- Schaefer, L. M., & Thompson, J. K. (2018). Self-objectification and disordered eating: A meta-analysis. International Journal of Eating Disorders, 51(6), 483–499. https://doi.org/10.1002/eat.22854
- Thompson, J. K., Heinberg, L. J., Altabe, M., & Tantleff-Dunn, S. (1999). Exacting beauty: Theory, assessment, and treatment of body image disturbance. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10312-000
- Thompson, J. K., Heinberg, L. J., & Tantleff, S. (1991). The Physical Appearance Comparison Scale (PACS). The Behavior Therapist, 14, 174.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
People sometimes compare their physical appearance to the physical appearance of others. This can be a comparison of their weight, body size, body shape, body fat or overall appearance. Thinking about how you generally compare yourself to others, please use the following scale to rate how often you make these kinds of comparisons.
Response scale:
1 = Never
2 = Seldom
3 = Sometimes
4 = Often
5 = Always
- When I’m out in public‚ I compare my physical appearance to the appearance of others.
- When I meet a new person (same sex)‚ I compare my body size to his/her body size.
- When I’m at work or school‚ I compare my body shape to the body shape of others.
- When I’m out in public‚ I compare my body fat to the body fat of others.
- When I’m shopping for clothes‚ I compare my weight to the weight of others.
- When I’m at a party‚ I compare my body shape to the body shape of others.
- When I’m with a group of friends‚ I compare my weight to the weight of others.
- When I’m out in public‚ I compare my body size to the body size of others.
- When I’m with a group of friends‚ I compare my body size to the body size of others.
- When I’m eating in a restaurant‚ I compare my body fat to the body fat of others.
- When I’m at the gym‚ I compare my physical appearance to the appearance of others.
- When I’m at work or school‚ I compare my body size to the body size of others.
- When I’m with a group of friends‚ I compare my body shape to the body shape of others.
- When I’m at the gym‚ I compare my weight to the weight of others.
- When I’m at a party‚ I compare my weight to the weight of others.
- When I’m at the gym‚ I compare my body shape to the body shape of others.
- When I’m shopping for clothes‚ I compare my body shape to the body shape of others.
- When I’m with a group of friends‚ I compare my body fat to the body fat of others.
- When I’m shopping for clothes‚ I compare my physical appearance to the physical appearance of others.
- When I’m at a party‚ I compare my body fat to the body fat of others.
- When I meet a new person (same sex)‚ I compare my body shape to his/her body shape.
- When I’m at work or school‚ I compare my body fat to the body fat of others.
- When I’m eating in a restaurant‚ I compare my physical appearance to the appearance of others.
- When I’m at the gym‚ I compare my body fat to the body fat of others.
- When I’m eating in a restaurant‚ I compare my body fat to the body fat of others.
- When I’m at a party‚ I compare my body size to the body size of others.
- When I meet a new person (same sex)‚ I compare my body fat to his/her body fat.
- When I’m at work or school‚ I compare my physical appearance to the appearance of others.
- When I’m with a group of friends‚ I compare my body size to the body size of others.
- When I’m out in public‚ I compare my weight to the weight of others.
- When I’m out in public‚ I compare my body shape to the body shape of others.
- When I meet a new person (same sex)‚ I compare my physical appearance to his/her physical appearance.
- When I’m with a group of friends‚ I compare my physical appearance to the appearance of others
- When I’m at a party‚ I compare my physical appearance to the appearance of others.
- When I meet a new person (same sex)‚ I compare my weight to his/her weight.
- When I’m shopping for clothes‚ I compare my body size to the body size of others.
- When I’m at the gym‚ I compare my physical appearance to the appearance of others.
- When I’m eating in a restaurant‚ I compare my weight to the weight of others.
- When I’m eating in a restaurant‚ I compare my body size to the body size of others.
- When I’m out in public‚ I compare my body size to the body size of others.