Échelle de Braden

L’Échelle de Braden est un instrument clinique et psychométrique de référence conçu pour évaluer et prédire le risque d’escarres de décubitus chez l’adulte et la personne âgée à travers six sous-échelles cliniques standardisées.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de Braden (Braden Scale for Predicting Pressure Sore Risk) constitue l’un des instruments d’évaluation clinique et psychométrique les plus largement adoptés au monde pour le dépistage et la stratification du risque de développement des escarres de décubitus. Développée en 1987 par Barbara J. Braden et Nancy Bergstrom, cette échelle a été conçue pour répondre à la nécessité d’un outil standardisé, fiable et valide, capable de surmonter la variabilité subjective du jugement clinique non structuré dans les environnements de soins aigus, de soins de longue durée et de gériatrie. L’outil repose sur une modélisation conceptuelle rigoureuse décomposant l’étiopathogénie des lésions tissulaires sous pression en deux axes étiologiques majeurs : les forces mécaniques externes déterminant l’intensité et la durée de la pression, et la tolérance intrinsèque et extrinsèque des tissus cutanés et sous-cutanés.

Sur le plan structurel, l’Échelle de Braden se compose de six sous-échelles distinctes : la perception sensorielle, l’humidité, l’activité, la mobilité, la nutrition, ainsi que le frottement et cisaillement. Les cinq premiers items sont cotés sur une échelle ordinale allant de 1 (déficit sévère) à 4 (aucun déficit ou état optimal), tandis que le sixième item est coté de 1 à 3. Le score composite total oscille ainsi de 6 à 23 points. Conformément à une logique de cotation inversée par rapport à la gravité du risque, un score bas traduit une altération majeure des capacités fonctionnelles et un risque très élevé d’altération de l’intégrité cutanée, alors qu’un score élevé indique une préservation physiologique et fonctionnelle. Les seuils cliniques conventionnels établissent un risque très élevé pour les scores inférieurs ou égaux à 9, un risque élevé entre 10 et 12, un risque modéré entre 13 et 14, un risque faible entre 15 et 18, et l’absence générale de risque entre 19 et 23.

Les propriétés métrologiques de l’Échelle de Braden ont fait l’objet d’innombrables validations empiriques internationales. Les méta-analyses rapportent une sensibilité diagnostique globale oscillant entre 70 % et 89 % et une spécificité comprise entre 65 % et 83 %, selon les contextes de soins et les seuils d’intervention retenus (fréquemment fixé à ≤ 18 en milieu hospitalier général). La fidélité inter-évaluateurs est robuste, avec des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et des valeurs de kappa de Cohen dépassant régulièrement 0,80 lorsque l’évaluation est réalisée par un personnel soignant convenablement formé. Par son équilibre entre rigueur psychométrique, parcimonie et applicabilité au chevet du patient, l’instrument s’impose comme une référence incontournable de la recherche infirmière et de la pratique préventive contemporaine.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de Braden, escarre de décubitus, évaluation du risque, intégrité cutanée, psychométrie clinique, sensibilité et spécificité, fidélité inter-juges, perception sensorielle, mobilité, soins infirmiers.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de Braden a été conçue et validée par deux chercheuses émérites en sciences infirmières et en physiopathologie tissulaire :

  • Barbara J. Braden, PhD, RN, FAAN : Professeure et doyenne émérite à l’École des sciences infirmières de l’Université Creighton (Creighton University School of Nursing, Omaha, Nebraska, États-Unis). Ses travaux de recherche translationnelle se sont concentrés sur la modélisation prédictive du risque cutané et l’impact de l’état nutritionnel et sensoriel chez les personnes âgées institutionnalisées.
  • Nancy Bergstrom, PhD, RN, FAAN : Ancienne professeure et doyenne associée pour la recherche au Centre des sciences de la santé de l’Université du Texas à Houston (University of Texas Health Science Center at Houston School of Nursing, Houston, Texas, États-Unis). Pionnière de la recherche interventionnelle sur la cicatrisation tissulaire et les biomarqueurs de pression, elle a coprésidé le panel d’experts de l’Agency for Health Care Policy and Research (AHCPR) sur la prévention des escarres.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de Braden est d’offrir une évaluation prospective, standardisée et reproductible du risque individuel de développer des escarres chez l’adulte et la personne âgée hospitalisés ou institutionnalisés. Dans la pratique clinique quotidienne, l’évaluation intuitive ou purement empirique par le personnel soignant est sujette à d’importants biais d’observation, de variabilité inter-individuelle et de sous-estimation du risque chez les patients présentant des altérations subcliniques ou combinées. L’outil a été spécifiquement élaboré pour transformer l’observation clinique en un score ordinal composite permettant d’identifier précocement les individus vulnérables avant l’apparition de lésions macroscopiques irréversibles de stade 1 ou supérieur (érythème persistant, phlyctènes, nécrose sous-cutanée).

Sur le plan de l’application clinique, l’échelle remplit une fonction décisionnelle directe : elle guide le déploiement ciblé d’interventions préventives fondées sur des données probantes (evidence-based practice). En fonction du score global et de la configuration des profils sous-jacents, les équipes multidisciplinaires peuvent moduler la mise en place de surfaces d’appui thérapeutiques (matelas à air alterné ou viscoélastiques), protocoliser les plans de mobilisation et de retournement postural cadencé (par exemple, toutes les deux heures), adapter les apports protéino-énergétiques en collaboration avec des diététiciens, instaurer des barrières cutanées protectrices contre l’humidité urinaire ou fécale, et utiliser des techniques de glissement à faible friction lors des transferts. L’échelle agit ainsi comme un algorithme de triage préventif et d’allocation optimale des ressources matérielles et soignantes.

Dans le domaine de la recherche biomédicale et infirmière, l’Échelle de Braden sert de variable de contrôle essentielle ou de critère d’inclusion dans les essais cliniques randomisés évaluant l’efficacité de dispositifs médicaux anti-escarres, de pansements prophylactiques hydrocellulaires, ou de suppléments nutritionnels enrichis en acides aminés spécifiques (arginine, glutamine). Elle permet également d’homogénéiser les cohortes de patients dans les études épidémiologiques prospectives portant sur la qualité des soins et la sécurité des patients au sein des structures hospitalières et des établissements médico-sociaux.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et clinique évalué par l’Échelle de Braden est le « risque multifactoriel d’ulcération de pression ». Ce phénomène n’est pas appréhendé comme une simple conséquence d’un alitement passif, mais comme une rupture complexe de l’homéostasie tissulaire résultant de l’interaction synergique entre des déficits fonctionnels, des contraintes mécaniques environnementales et des altérations de la viabilité biologique des tissus. L’instrument opérationnalise ce construit à travers six dimensions clinico-fonctionnelles distinctes :

1. Perception sensorielle (Sensory Perception)

Cette dimension évalue la capacité d’un patient à percevoir un inconfort physique lié à une pression prolongée sur les proéminences osseuses (sacrum, trochanters, talons) et à y répondre de manière significative en sollicitant de l’aide ou en amorçant un réalignement postural. Les stimuli nociceptifs cutanés constituent le mécanisme physiologique d’alarme déclenchant des micro-mouvements de décharge chez le sujet sain. Une altération de cette sous-échelle reflète soit un coma, une sédation profonde, une encéphalopathie métabolique, soit des atteintes neurologiques périphériques (neuropathie diabétique avancée) ou centrales (paraplégie, accident vasculaire cérébral), neutralisant la boucle sensorimotrice protectrice.

2. Humidité (Moisture)

Ce sous-construit mesure le degré et la fréquence d’exposition de la surface cutanée à des fluides biologiques, notamment la transpiration profuse, l’urine, les fèces liquides ou les exsudats de plaies. L’humidité constante induit une macération de la couche cornée (stratum corneum), altérant l’effet barrière des lipides épidermiques et augmentant la perméabilité cutanée. De surcroît, les enzymes protéolytiques contenues dans les selles associées à l’ammoniaque urinaire élèvent le pH cutané, rendant la peau extrêmement fragile et vulnérable au cisaillement et à la colonisation bactérienne.

3. Activité (Activity)

L’activité reflète le niveau global de comportement moteur ambulatoire du sujet au cours de la journée. Elle différencie la dépendance absolue au lit (confinement strict au lit), l’état dépendant d’un fauteuil roulant, de la marche occasionnelle ou fréquente. Une restriction drastique de l’activité diminue drastiquement les phases naturelles de décharge pondérale, imposant une pression hydrostatique continue sur les tissus comprimés entre le squelette osseux et le plan de couchage.

4. Mobilité (Mobility)

Distincte de l’activité globale, la mobilité mesure la capacité intrinsèque du patient à initier, contrôler et modifier la position de son corps de manière autonome lorsqu’il est allongé ou assis. Alors qu’un patient peut être confiné au lit (faible activité), il peut posséder une mobilité conservée lui permettant de soulager régulièrement ses appuis. Inversement, les patients totalement immobiles subissent une ischémie capillaire prolongée, conduisant à une privation d’oxygène, une accumulation de métabolites toxiques et, ultimement, à une nécrose cellulaire programmée.

5. Nutrition (Nutrition)

La sous-échelle nutritionnelle quantifie le profil d’apport alimentaire habituel, en tenant compte de la proportion de repas consommés, de la dépendance à une nutrition entérale ou parentérale, et des apports hydriques et protéiques. Une sous-nutrition protéino-calorique entraîne une hypoalbuminémie, une diminution de la pression oncotique interstitielle, une fonte de la masse musculaire et du tissu adipeux sous-cutané qui jouent normalement le rôle de coussins amortisseurs mécaniques. Le déficit nutritionnel compromet également la synthèse du collagène et entrave la prolifération fibroblastique nécessaire au maintien de la solidité tissulaire.

6. Frottement et cisaillement (Friction and Shear)

Cette dernière composante évalue la présence de forces tangentielles et abrasives subies par le patient lors des mobilisations, des transferts ou en raison du glissement progressif dans le lit (notamment lors de l’élévation de la tête de lit à plus de 30 degrés). Le cisaillement étire et déforme les artérioles et les veinules profondes alimentant la peau, provoquant une thrombose microvasculaire et une ischémie en profondeur, tandis que le frottement superficiel détache les couches épidermiques par arrachement mécanique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle de Braden s’enracine dans le modèle conceptuel de l’étiologie des escarres élaboré par Barbara Braden et Nancy Bergstrom au milieu des années 1980 (Braden & Bergstrom Conceptual Schema). Ce cadre intégratif s’est distingué des approches intuitives antérieures en proposant une synthèse rigoureuse issue de la biophysique, de la physiopathologie tissulaire et de la science infirmière systémique. Le modèle postule que la formation d’une escarre est le produit d’une chaîne causale où l’élément primaire et déclencheur est la pression mécanique excessive exercée sur les tissus mous.

Selon ce schéma, la pression n’agit pas de manière isolée mais à travers deux paramètres cardinaux : son intensité et sa durée. Si la pression interstitielle dépasse la pression de fermeture des capillaires sanguins (historiquement estimée autour de 32 mm Hg au niveau artériolaire), une ischémie focale s’installe. Si cette compression perdure sans interruption, l’hypoxie tissulaire conduit à l’acidose métabolique, à l’œdème inflammatoire et à la mort cellulaire. Les déterminants majeurs de l’intensité et de la durée de cette pression sont précisément la mobilité, l’activité et la perception sensorielle : l’incapacité à ressentir la douleur ou à mobiliser son corps prolonge indéfiniment la durée de la compression.

En miroir de ces forces mécaniques, le cadre théorique formalise le concept de tolérance tissulaire (tissue tolerance), c’est-à-dire la capacité intrinsèque et extrinsèque des tissus à supporter des charges compressives et cisaillantes sans subir de désorganisation structurelle. Cette tolérance est scindée en deux composantes interactives :

  • Tolérance de la peau et des structures sous-jacentes aux forces extrinsèques : modulée directement par l’humidité ambiante, qui dégrade les propriétés biomécaniques de l’épiderme, et par les forces cinétiques de frottement et de cisaillement qui distordent les plans sous-aponévrotiques.
  • Tolérance intrinsèque du tissu aux contraintes ischémiques : conditionnée par des facteurs systémiques internes, principalement la nutrition, l’oxygénation périphérique, l’âge biologique, la perfusion hémodynamique et la thermorégulation. L’état nutritionnel suboptimal prive la machinerie cellulaire des substrats nécessaires à la réparation tissulaire face à l’insulte ischémique répétée.

Ce modèle théorique élégant a permis de dépasser les index purement empiriques (tels que l’échelle de Norton ou de Waterlow) en ancrant chaque item dans un mécanisme physiopathologique distinct et vérifiable expérimentalement, fournissant ainsi une base solide pour la validité de contenu de l’instrument.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle de Braden a fait l’objet de centaines de publications empiriques à travers le monde, confirmant la robustesse de son architecture métrologique dans des populations hospitalières très diverses.

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été formellement établie dès la conception de l’outil à travers une revue systématique exhaustive de la littérature biologique et biomécanique, suivie d’un processus de consensus par panel d’experts en dermatologie, gériatrie et soins infirmiers intensifs. L’indice de validité de contenu (CVI) rapporté dans les réévaluations méthodologiques dépasse 0,90, attestant que les six items capturent de façon exhaustive et non redondante les déterminants physiopathologiques cardinaux du risque d’ulcère de pression.

Validité prédictive (Predictive Validity)

La validité prédictive constitue le critère psychométrique le plus crucial pour une échelle de risque clinique. Elle est évaluée par l’analyse des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) et l’estimation de l’aire sous la courbe (AUC). Dans les études fondatrices de Bergstrom et al. (1987, 1998), l’AUC oscillait entre 0,83 et 0,89, témoignant d’une excellente capacité discriminante globale. Une méta-analyse majeure menée par Pancorbo-Hidalgo et al. (2006) portant sur 33 études et plus de 9 000 patients a révélé que l’Échelle de Braden présentait une validité prédictive supérieure à l’échelle de Norton et au jugement clinique intuitif, avec un odds ratio diagnostique (DOR) combiné de 4,08 (IC à 95 % : 2,56–6,48).

Le seuil décisionnel optimal varie légèrement selon l’écologie du service de soins : un score seuil de 18 est généralement préconisé en médecine interne et chirurgie générale (sensibilité pooled ~74 %, spécificité ~68 %), tandis qu’un seuil plus bas (15 ou 16) est souvent nécessaire dans les unités de soins intensifs pour éviter une surgénération de faux positifs liée à la lourdeur globale des défaillances d’organes.

Validité convergente et discriminante (Convergent & Discriminant Validity)

La validité convergente de l’Échelle de Braden est démontrée par des corrélations modérées à fortes et statistiquement significatives avec d’autres échelles de dépendance fonctionnelle et de fragilité, telles que l’Indice de Barthel (r = 0,65 à 0,78) et l’échelle d’autonomie fonctionnelle de Katz (r = 0,60 à 0,72). Sur le plan biologique, des corrélations négatives significatives ont été observées entre les scores de l’item nutrition et des biomarqueurs sériques comme l’albumine (r = 0,38, p < 0,001) et la préalbumine. La validité discriminante est appuyée par la capacité de l’outil à différencier clairement les patients développant des escarres de stade 2 à 4 de ceux qui conservent une peau intacte, indépendamment de l’âge chronologique isolé.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de l’Échelle de Braden a porté principalement sur la cohérence interne et la concordance inter-évaluateurs, cette dernière étant particulièrement cruciale pour un instrument reposant sur le jugement observationnel soignant.

Cohérence interne (Internal Consistency)

Dans les cohortes de validation initiale, l’alpha de Cronbach global de l’Échelle de Braden se situait entre 0,71 et 0,83, ce qui est considéré comme optimal pour une échelle multidimensionnelle courte. Les coefficients alpha calculés dans des contextes de soins de longue durée rapportent généralement des valeurs stables oscillant autour de 0,76 à 0,80. Ces valeurs confirment que, bien que chaque sous-échelle explore un mécanisme distinct (de la biomécanique à la nutrition), l’ensemble converge harmonieusement vers la mesure du risque systémique d’effondrement tissulaire.

Fidélité inter-évaluateurs (Inter-rater Reliability)

La fidélité inter-juges a été largement documentée dans la littérature psychométrique. Bergstrom et al. (1987) ont mis en évidence un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) de 0,99 chez des infirmières formées à l’utilisation du manuel standardisé. Dans des conditions cliniques écologiques sans formation intensive préalable, les études indépendantes rapportent des CCI allant de 0,83 à 0,94 pour le score total. Le coefficient Kappa de Cohen pondéré pour les sous-échelles individuelles varie généralement de 0,60 (accord modéré pour les items « nutrition » et « frottement ») à 0,88 (excellent accord pour les items « activité » et « mobilité »). La diffusion de guides d’opérationnalisation clairs s’avère déterminante pour maintenir une fidélité inter-évaluateurs élevée au sein des équipes soignantes pluridisciplinaires.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que l’Échelle de Braden ait été conçue à partir d’une déduction théorique plutôt que d’une dérivation empirique par réduction factorielle, de nombreuses études psychométriques ont exploré sa structure sous-jacente par analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Les études factorielles exploratoires (notamment menées par Halfens et al., 2000 ; et Kwong et al., 2005) ont quasi systématiquement extrait une solution bidimensionnelle sous-tendant les six items, expliquant entre 58 % et 68 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Déterminants mécaniques / Fonctionnels. Ce premier facteur regroupe les items Activité (saturations > 0,80), Mobilité (saturations > 0,82) et Perception sensorielle (saturations oscillant entre 0,65 et 0,75). Ce facteur capture l’incapacité physique du patient à décharger les pressions mécaniques de façon autonome.
  • Facteur 2 : Tolérance tissulaire / Environnement cutané. Ce second facteur rassemble les items Humidité (saturations > 0,60), Nutrition (saturations > 0,65) et Frottement et cisaillement (saturations > 0,55). Ce facteur quantifie la fragilité intrinsèque et extrinsèque des tissus cutanés face à l’exposition physique continue.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les modélisations confirmatoires par équations structurelles ont validé ce modèle théorique à deux facteurs corrélés face à un modèle unifactoriel strict. Les indices d’ajustement rapportés dans les études hospitalières montrent une adéquation satisfaisante du modèle bifactoriel : le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) dépassent régulièrement 0,95, tandis que le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) demeure inférieur au seuil acceptable de 0,06 (IC à 90 % : 0,03–0,08). Ces résultats factoriels confirment l’alignement remarquable entre l’architecture psychométrique mesurée et le schéma conceptuel initial de Braden et Bergstrom.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Échelle d’observation et de jugement clinique hétéro-rapportée, complétée par un professionnel de santé (infirmier, médecin, kinésithérapeute).
  • Format d’administration : Papier-crayon conventionnel ou intégration dans le dossier de soins informatisé (DPI) hospitalier.
  • Nombre d’items : 6 sous-échelles d’observation clinique standardisées.
  • Échelle de réponse : Subscales 1-5 are rated on a 4-point scale (1 to 4); Subscale 6 (Friction and Shear) is rated on a 3-point scale (1 to 3). Total score ranges from 6 to 23.
  • Règle de cotation et d’inversion : Sum the ratings across all 6 subscales. Total scores range from 6 to 23. Lower scores indicate higher risk of pressure ulcer development (Scores ≤ 9: very high risk; 10-12: high risk; 13-14: moderate risk; 15-18: mild risk; 19-23: generally not at risk).
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes par patient une fois l’évaluation physique complétée.
  • Fréquence préconisée : À l’admission, puis quotidiennement ou lors de toute modification substantielle de l’état clinique en soins aigus ; hebdomadaire à mensuelle en soins de longue durée et en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle de Braden a été publiée initialement en 1987 par les chercheuses Barbara J. Braden et Nancy Bergstrom dans la revue spécialisée Nursing Research. L’instrument est protégé par le droit d’auteur (Copyright © 1988, Barbara J. Braden et Nancy Bergstrom). Toutefois, les auteures ont expressément autorisé l’utilisation clinique et académique libre de droits (sans redevance financière ni frais de licence) pour les établissements de santé, les unités de recherche universitaire et les soignants au chevet du patient, sous réserve de respecter l’intégrité intégrale de l’échelle, sans modification de ses descripteurs ni de sa numérotation, et en mentionnant explicitement la notice de copyright originale. Toute intégration logicielle commerciale ou réédition au sein de solutions logicielles propriétaires à but lucratif requiert l’accord préalable écrit des détentrices des droits.

12. Références / References

Bergstrom, N., Braden, B. J., Laguzza, A., & Holman, V. (1987). The Braden Scale for Predicting Pressure Sore Risk. Nursing Research, 36(4), 205–210. https://doi.org/10.1097/00006199-198707000-00002

Bergstrom, N., & Braden, B. (1992). A prospective study of pressure sore risk among institutionalized elderly. Journal of the American Geriatrics Society, 40(8), 747–758. https://doi.org/10.1111/j.1532-5415.1992.tb01845.x

Bergstrom, N., Braden, B., Kemp, M., Champagne, M., & Ruby, E. (1998). Predicting pressure ulcer risk: A multisite study of the predictive validity of the Braden Scale. Journal of the American Geriatrics Society, 46(6), 761–769. https://doi.org/10.1111/j.1532-5415.1998.tb06064.x

Halfens, R. J., Van Achterberg, T., & Bal, R. M. (2000). Validity and reliability of the Braden scale and the influence of subscales on the predictive value. International Journal of Nursing Studies, 37(3), 209–216. https://doi.org/10.1016/s0020-7489(99)00062-8

Kwong, E., Pang, S., Wong, T., Ho, J., Shao, X., & Koo, F. (2005). Predicting pressure ulcer risk with the modified Braden scale: A prospective study of Chinese elderly patients. Research in Nursing & Health, 28(4), 282–294. https://doi.org/10.1002/nur.20087

Pancorbo-Hidalgo, P. L., Garcia-Fernandez, F. P., Lopez-Medina, I. M., & Alvarez-Nieto, C. (2006). Risk assessment scales for pressure ulcer prevention: A systematic review. Journal of Advanced Nursing, 54(1), 94–110. https://doi.org/10.1111/j.1365-2648.2006.03794.x

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Evaluate the patient on each of the six subscales according to their current condition and definitions provided.
Response Scale: Subscales 1-5 are rated on a 4-point scale (1 to 4); Subscale 6 (Friction and Shear) is rated on a 3-point scale (1 to 3). Total score ranges from 6 to 23.
Scoring / Reverse Items: Sum the ratings across all 6 subscales. Total scores range from 6 to 23. Lower scores indicate higher risk of pressure ulcer development (Scores ≤ 9: very high risk; 10-12: high risk; 13-14: moderate risk; 15-18: mild risk; 19-23: generally not at risk).
1

Sensory Perception: Ability to respond meaningfully to pressure-related discomfort (1 = Completely Limited, 2 = Very Limited, 3 = Slightly Limited, 4 = No Impairment)
2

Moisture: Degree to which skin is exposed to moisture (1 = Constantly Moist, 2 = Very Moist, 3 = Occasionally Moist, 4 = Rarely Moist)
3

Activity: Degree of physical activity (1 = Bedfast, 2 = Chairfast, 3 = Walks Occasionally, 4 = Walks Frequently)
4

Mobility: Ability to change and control body position (1 = Completely Immobile, 2 = Very Limited, 3 = Slightly Limited, 4 = No Limitations)
5

Nutrition: Usual food intake pattern (1 = Very Poor, 2 = Probably Inadequate, 3 = Adequate, 4 = Excellent)
6

Friction and Shear: Occurrence of sliding against bedsheets or surfaces (1 = Problem, 2 = Potential Problem, 3 = No Apparent Problem)
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Looti, M. (2026, septembre 24). Échelle de Braden. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-braden/
Looti, Mohammed. “Échelle de Braden.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-braden/.
Looti, Mohammed. “Échelle de Braden.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-braden/.