Échelle de bonheur subjectif (SHS)

L’Échelle de bonheur subjectif (Subjective Happiness Scale, SHS) de Sonja Lyubomirsky et Heidi S. Lepper (1999) est un outil psychométrique validé mesurant le niveau global de bonheur perçu à travers 4 items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de bonheur subjectif (Subjective Happiness Scale, ou SHS), développée à la fin des années 1990 par les psychologues Sonja Lyubomirsky et Heidi S. Lepper (1999), constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et largement exploités dans le champ de la psychologie positive et des sciences du bien-être. Conçue pour combler un vide méthodologique majeur, la SHS évalue le bonheur global perçu selon une perspective molaire, phénoménologique et autoréférentielle, plutôt que d’agréger arbitrairement des facettes affectives et cognitives distinctes telles que la satisfaction de vie ou la balance des affects positifs et négatifs.

L’instrument se distingue par sa brièveté remarquable et son économie cognitive, étant composé de seulement quatre items cotés sur une échelle de type Likert en 7 points. Deux items mesurent l’évaluation que l’individu fait de son propre bonheur de manière absolue et en comparaison relative avec ses pairs, tandis que les deux autres items présentent de brèves vignettes décrivant des archétypes d’individus heureux ou malheureux, demandant au répondant dans quelle mesure ces portraits le caractérisent. Le quatrième item est formulé de manière inversée afin de limiter les biais d’acquiescement.

Les propriétés psychométriques de la SHS ont été établies sur des échantillons cumulés de plus de 2 700 participants dans l’article princeps de 1999, puis répliquées internationalement auprès de dizaines de milliers d’individus issus de cultures variées. L’échelle démontre une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,79 et 0,94. La stabilité temporelle test-retest s’avère particulièrement robuste sur des intervalles allant de trois semaines à un an (coefficients variant de 0,55 à 0,90). Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent de manière consistante une structure unidimensionnelle stricte. Sur le plan de la validité de construit, la SHS présente de fortes corrélations convergentes avec d’autres échelles de bien-être subjectif (notamment la Satisfaction with Life Scale d’Ed Diener), d’estime de soi et d’optimisme, tout en manifestant une validité discriminante nette vis-à-vis des mesures de dépression clinique, d’anxiété et des cinq grands traits de la personnalité (Big Five).

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de bonheur subjectif, Subjective Happiness Scale, Sonja Lyubomirsky, bien-être subjectif, psychologie positive, évaluation psychométrique, satisfaction globale, validité de construit, affectivité, structure unidimensionnelle

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de bonheur subjectif a été conçue et validée par :

  • Sonja Lyubomirsky, Ph.D. : Professeure distinguée de psychologie à l’Université de Californie à Riverside (Department of Psychology, University of California, Riverside, CA 92521, États-Unis). Chercheuse de renommée internationale, pionnière dans l’étude expérimentale des déterminants du bonheur humain et des interventions de psychologie positive. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Heidi S. Lepper, Ph.D. : Chercheuse en psychologie sociale et du développement, ayant mené ses travaux doctoraux et postdoctoraux à l’Université Stanford (Stanford University, Department of Psychology, Stanford, CA 94305, États-Unis). Ses recherches se sont concentrées sur les processus motivationnels, les émotions et le développement psychosocial de l’adulte.

4. Objectif / Purpose

Fondements et vocation générale de l’instrument

L’objectif fondamental de la Subjective Happiness Scale (SHS) est de fournir une évaluation directe, globale et molaire du niveau de bonheur qu’un individu s’attribue lui-même. Avant la publication de cet outil par Lyubomirsky et Lepper en 1999, la majorité des instruments disponibles dans la littérature scientifique appréhendaient le bien-être subjectif (Subjective Well-Being, SWB) à travers deux composantes distinctes postulées par le modèle triadique d’Ed Diener : d’une part, une composante cognitive évaluative (mesurée typiquement par la Satisfaction With Life Scale [SWLS] de Diener, Emmons, Larsen et Griffin, 1985) ; d’autre part, une composante affective (mesurée par la fréquence et l’intensité des affects positifs et négatifs, souvent opérationnalisée par la Positive and Negative Affect Schedule [PANAS] de Watson, Clark et Tellegen, 1988).

Bien que cette distinction conceptuelle soit analytiquement fructueuse, Lyubomirsky et Lepper ont soutenu qu’elle ne correspondait pas nécessairement à la manière dont les êtres humains expérimentent et synthétisent spontanément leur propre bonheur. La plupart des personnes possèdent une intuition immédiate, globale et continue de leur niveau de bonheur. Un individu peut parfaitement reconnaître des conditions objectives de vie insatisfaisantes ou traverser des périodes de stress sans pour autant s’identifier fondamentalement comme une personne malheureuse ; inversement, une personne disposant d’un statut social enviable et d’une balance affective positive momentanée peut se percevoir comme chroniquement insatisfaite et morose. La SHS a été construite dans le but explicite de capturer ce jugement subjectif global et intégratif, laissant au répondant la liberté d’attribuer ses propres poids pondérateurs aux différentes sphères de son existence.

Applications dans la recherche fondamentale et translationnelle

Dans le domaine de la recherche empirique, la SHS est employée comme mesure de référence dans une multitude de paradigmes scientifiques :

  • Études corrélationnelles et épidémiologiques : Exploration des corrélats dispositionnels, génétiques, sociodémographiques et environnementaux du bonheur (par exemple, relations entre le bonheur subjectif, les pratiques religieuses, les revenus économiques, les réseaux de soutien social et la santé physique).
  • Recherche expérimentale et quasi-expérimentale : Analyse des différences cognitives, motivationnelles et comportementales entre individus chroniquement heureux et chroniquement malheureux face à des tâches de comparaison sociale, de prise de décision, de traitement de rétroactions d’échec ou de succès, et de régulation émotionnelle.
  • Évaluation des interventions psychologiques (Positive Psychology Interventions – PPI) : Mesure des changements pré- et post-intervention lors d’essais contrôlés randomisés évaluant des pratiques délibérées telles que l’expression de la gratitude, la réalisation d’actes de gentillesse, la visualisation du « meilleur soi possible » ou l’exercice de pleine conscience.

Applications cliniques, organisationnelles et de santé publique

Sur le plan appliqué, bien que la SHS ne constitue pas un outil diagnostique conçu pour repérer des troubles psychiatriques nosographiquement définis (tels que l’épisode dépressif majeur selon le DSM-5), elle rend d’éminents services en pratique clinique et préventive. Elle permet aux psychothérapeutes de cartographier les ressources psychologiques positives du patient, de suivre la trajectoire de rétablissement au-delà de la simple rémission symptomatique, et de promouvoir l’épanouissement personnel (flourishing). Dans les milieux organisationnels, la SHS est fréquemment intégrée dans des baromètres de qualité de vie au travail (QVT), servant d’indicateur sentinelle de l’engagement professionnel, de l’épuisement professionnel (burnout) et du climat social.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la SHS est le bonheur subjectif global (global subjective happiness). Ce concept phénoménologique repose sur le postulat fondamental selon lequel le bonheur est une expérience subjective intrinsèque qui ne peut être définie ou mesurée que du point de vue exclusif de l’acteur. Lyubomirsky et Lepper définissent ce construit comme une évaluation globale, intégrative et durable de l’individu quant à son statut de personne heureuse ou malheureuse.

La nature globale et auto-déterminée du bonheur

Contrairement aux modèles atomistes qui décomposent le bien-être en multiples sous-construits (tels que la vitalité, l’accomplissement, les relations positives, ou l’autonomie), l’approche adoptée par la SHS considère le bonheur comme un phénomène unitaire et synthétique. Les auteurs posent l’hypothèse que chaque individu opère un travail d’intégration cognitive inconscient et complexe : il pèse la fréquence de ses joies, la gravité de ses épreuves, la qualité de ses relations et l’adéquation entre ses aspirations et ses réalisations selon un algorithme mental qui lui est strictement personnel. L’imposition de critères normatifs externes ou de sous-composantes prédéfinies risque d’introduire des biais de variance non pertinente pour le construit. La SHS permet ainsi d’accéder au produit final de cette synthèse interne.

Analyse détaillée des quatre dimensions opérationnelles de l’échelle

Bien que la SHS soit rigoureusement unidimensionnelle sur le plan factoriel, ses quatre items opérationnalisent le construit à travers des prismes perceptifs et métacognitifs complémentaires :

  • Item 1 : L’auto-évaluation globale absolue. Cet item (« In general, I consider myself: not a very happy person … a very happy person ») invite le répondant à formuler une auto-attribution générale décontextualisée. Il sollicite l’identité profonde de l’individu et son sentiment global d’être. L’individu s’interroge sur sa posture fondamentale dans le monde, indépendamment des événements récents ou des fluctuations d’humeur passagères.
  • Item 2 : L’évaluation par comparaison sociale relative. Cet item (« Compared to most of my peers, I consider myself: less happy … more happy ») ancre l’auto-évaluation dans la théorie de la comparaison sociale formulée par Leon Festinger (1954). Dans la vie quotidienne, les individus construisent largement leur identité et l’évaluation de leur statut par rapport à un groupe de référence pertinent (leurs pairs, collègues, amis ou personnes du même âge). Cet item mesure si le sujet s’estime plus ou moins favorisé que son entourage dans sa capacité à faire l’expérience du bonheur.
  • Item 3 : L’identification à l’archétype du bonheur inconditionnel. Cet item (« Some people are generally very happy. They enjoy life regardless of what is going on, getting the most out of everything. To what extent does this characterization describe you? ») présente une vignette descriptive représentant une personne résiliente, hédoniquement autonome, capable de savourer l’existence quelles que soient les circonstances adverses. Il capte la capacité d’adaptation hédonique positive, l’appréciation existentielle et la propension à maintenir une humeur élevée en dépit des contingences de l’environnement.
  • Item 4 : L’identification à l’archétype du malheur modéré ou de la dysphorie non clinique (Item inversé). Cet item (« Some people are generally not very happy. Although they are not depressed, they never seem as happy as they might be. To what extent does this characterization describe you? ») décrit un individu qui, sans présenter la symptomatologie clinique d’une dépression caractérisée, se trouve incapable d’accéder à un état de contentement plein et entier. L’inversion de cet item permet de capter la présence d’une insatisfaction chronique subtile, tout en contrôlant les tendances systématiques à la complaisance ou à l’acquiescement sur l’échelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’héritage de la psychologie positive et de l’approche phénoménologique

L’Échelle de bonheur subjectif s’enracine au confluent de la psychologie phénoménologique et de l’essor contemporain de la psychologie positive impulsé par Martin Seligman, Mihaly Csikszentmihalyi et Ed Diener. Dans l’approche humaniste de Carl Rogers et d’Abraham Maslow, l’expérience vécue subjective de l’individu est considérée comme la réalité suprême régissant le comportement humain. Lyubomirsky a adapté cette perspective philosophique aux canons rigoureux de la psychologie expérimentale et sociale.

Le modèle cognitivo-motivationnel du bonheur de Sonja Lyubomirsky

Le cadre théorique spécifique ayant guidé l’élaboration de la SHS est le modèle cognitivo-motivationnel du bien-être explicité par Lyubomirsky dans ses travaux séminaux (Lyubomirsky, 2001). Selon cette théorie, la différence entre les personnes chroniquement heureuses et malheureuses ne réside pas principalement dans les événements de vie objectifs qu’elles traversent (revenus, diplômes, santé physique, statut matrimonial ne rendant compte que de 10 % à 15 % de la variance du bonheur), mais plutôt dans la façon dont elles perçoivent, interprètent et intègrent cognitivement les expériences quotidiennes.

Les recherches empiriques conduites par Lyubomirsky et ses collaborateurs ont mis en évidence des patterns de traitement de l’information radicalement distincts selon le score obtenu à la SHS :

  • Sensibilité à la comparaison sociale : Les individus obtenant des scores élevés à la SHS sont remarquablement peu affectés par les performances supérieures de leurs pairs. Confrontés à une tâche de laboratoire où un comparse réussit mieux qu’eux, les individus très heureux continuent de se sentir compétents et satisfaits d’eux-mêmes. En revanche, les individus obtenant de faibles scores à la SHS éprouvent une chute dramatique de leur estime d’eux-mêmes et de leur humeur lorsqu’un pair les surpasse, démontrant une hyper-vulnérabilité aux indices comparatifs défavorables.
  • Post-rationalisation et dissonance cognitive : Les individus heureux ont tendance à apprécier davantage les options qu’ils ont choisies et à dévaloriser spontanément les alternatives rejetées sans exprimer de regret excessif, tandis que les individus malheureux ressassent les opportunités perdues et manifestent des niveaux élevés de rumination mentale.
  • Interprétation des rétroactions et événements : Les sujets ayant un score élevé sur la SHS interprètent les situations ambiguës de manière optimiste, attribuent leurs réussites à des facteurs stables et réagissent aux échecs par des stratégies de résolution de problèmes orientées vers l’avenir, limitant l’impact affectif délétère des revers de l’existence.

La théorie du bonheur durable (The Architecture of Sustainable Happiness)

Ultérieurement, Lyubomirsky, Sheldon et Schkade (2005) ont formalisé la célèbre équation du bonheur durable, stipulant que la variance du bien-être chronique est déterminée par :

  1. Une valeur de consigne génétique (set point), représentant environ 50 % de la variance ;
  2. Les circonstances de vie objectives, ne représentant qu’environ 10 % de la variance globale en raison de l’adaptation hédonique rapide ;
  3. Les activités intentionnelles et délibérées, représentant jusqu’à 40 % de la variance du bonheur.

La SHS a été conçue pour constituer le thermomètre psychologique de référence capable de mesurer les fluctuations et la consolidation de ce niveau chronique de bonheur résultant des efforts d’engagement intentionnel de l’individu.

7. Validité / Validity

L’article original de Lyubomirsky et Lepper (1999) rapporte une série d’études rigoureuses menées sur 14 échantillons indépendants totalisant 2 732 répondants (incluant des étudiants de premier cycle universitaire, des membres de la communauté générale, des retraités et des populations de diverses origines ethniques et culturelles), établissant des preuves solides de validité psychométrique.

Validité convergente

La validité convergente de la SHS a été confirmée par l’observation de corrélations positives statistiquement significatives et de magnitude modérée à élevée avec les principaux instruments évaluant le bien-être subjectif et ses construits affiliés :

  • Satisfaction de vie : Des corrélations de Pearson variant de r = 0,61 à r = 0,72 ont été systématiquement relevées avec la Satisfaction With Life Scale (SWLS ; Diener et al., 1985). Bien que ces corrélations soient élevées, elles indiquent que les deux échelles ne partagent qu’environ 40 % à 50 % de variance commune, confirmant que le jugement global sur son propre bonheur est conceptuellement distinct de l’évaluation rationnelle de ses conditions de vie.
  • Affectivité positive : La corrélation avec l’échelle d’affect positif de la PANAS (Watson et al., 1988) se situe entre r = 0,35 et r = 0,55, montrant que les individus s’auto-évaluant comme heureux éprouvent plus fréquemment des émotions positives de haute énergie (enthousiasme, fierté, détermination).
  • Estime de soi : La SHS corrèle de manière robuste avec la Rosenberg Self-Esteem Scale (RSES ; Rosenberg, 1965), les coefficients s’étalant de r = 0,53 à r = 0,62, témoignant du lien fondamental unissant l’amour-propre, le respect de soi et la perception du bonheur.
  • Optimisme dispositionnel : Des associations positives substantielles ont été mesurées avec le Life Orientation Test (LOT / LOT-R ; Scheier & Carver, 1985), avec des valeurs de r comprises entre 0,47 et 0,60.

Validité discriminante

La validité discriminante garantit que l’instrument ne mesure pas simplement l’absence de pathologie ou des traits de personnalité confondants :

  • Dépression : Les corrélations inverses entre la SHS et le Beck Depression Inventory (BDI ; Beck et al., 1961) oscillent entre r = -0,49 et r = -0,55. Bien que l’absence de bonheur soit corrélée à la présence de détresse psychologique, l’intensité de cette corrélation démontre que la SHS n’est pas le simple miroir inversé de la dépression. Un individu non déprimé n’est pas nécessairement une personne heureuse, confirmant l’indépendance partielle du bien-être et de la psychopathologie (modèle des deux continua de Keyes).
  • Affectivité négative : Les corrélations avec la sous-échelle d’affect négatif de la PANAS sont faibles à modérées, variant de r = -0,26 à r = -0,39.
  • Traits de personnalité (Big Five) : Bien que la SHS soit corrélée positivement à l’extraversion (r ≈ 0,36 à 0,44) et négativement au névrosisme (r ≈ -0,32 à -0,50), les analyses de régression multiple montrent que la SHS conserve une part prépondérante de variance unique non expliquée par les traits de personnalité fondamentaux.

Validité par évaluation de pairs (Informant Ratings)

Pour contrer le risque d’artefact lié à la méthode d’auto-évaluation exclusive (common method variance), Lyubomirsky et Lepper (1999) ont collecté les évaluations du bonheur des participants auprès de leurs conjoints, amis proches et membres de leur famille. Les corrélations entre le score auto-rapporté à la SHS et les jugements émis par des tiers indépendants s’élèvent entre r = 0,41 et r = 0,66, fournissant une démonstration irréfutable de la réalité objective et comportementale des auto-évaluations rapportées par l’échelle.

8. Fidélité / Reliability

L’Échelle de bonheur subjectif présente des indices de fidélité et de précision métrologique particulièrement stables à travers une grande variété de cohortes démographiques et cliniques.

Cohérence interne (Internal Consistency)

Dans l’étude princeps de Lyubomirsky et Lepper (1999), le coefficient alpha de Cronbach a été calculé sur 14 échantillons différents :

  • Auprès d’étudiants universitaires de Stanford et de l’Université de Virginie : α = 0,86 (échantillon 1, N = 100), α = 0,87 (échantillon 2, N = 124), α = 0,85 (échantillon 3, N = 143), α = 0,88 (échantillon 5, N = 413).
  • Auprès d’adultes de la population générale (recrutés dans des centres communautaires et des entreprises) : α = 0,86 (N = 197).
  • Auprès d’adultes âgés et de retraités (âge moyen > 70 ans) : α = 0,82 (N = 181).
  • Auprès d’étudiants russes (validation transculturelle à Moscou) : α = 0,79 (N = 142).

À travers l’ensemble des études répertoriées dans la littérature internationale, les valeurs de l’alpha de Cronbach s’établissent invariablement entre 0,79 et 0,94, ce qui dépasse largement le seuil standard de 0,70 requis en psychométrie fondamentale et atteste d’une remarquable homogénéité interne pour un instrument ne comportant que quatre items.

Stabilité temporelle (Test-Retest Reliability)

La fidélité temporelle a été documentée sur divers intervalles temporels pour évaluer si la SHS mesure un état transitoire ou une disposition stable :

  • Intervalle de 3 semaines à 1 mois : Les coefficients de corrélation intra-classe ou de Pearson oscillent entre r = 0,85 et r = 0,90, indiquant une stabilité à court terme quasi-parfaite.
  • Intervalle de 3 mois : Stabilité mesurée à r = 0,72.
  • Intervalle de 6 mois à 1 an : Les coefficients se maintiennent entre r = 0,55 et r = 0,70.

Ces données confirment que la SHS capte une caractéristique psychologique qui présente une forte composante de trait (stabilité dans le temps), tout en demeurant suffisamment sensible pour détecter les variations significatives induites par des événements majeurs de la vie ou par des interventions thérapeutiques ciblées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors du développement initial, Lyubomirsky et Lepper (1999) ont soumis la matrice de corrélation des quatre items à des analyses en composantes principales (ACP) et à des analyses factorielles exploratoires en facteurs communs avec rotation orthogonale et oblique dans chacun des 14 échantillons étudiés. Dans tous les cas, le critère de Kaiser (valeur propre > 1,0) et l’examen visuel du diagramme d’éboulis de Cattell (scree plot) ont convergé de manière univoque vers l’extraction d’un seul facteur général.

Ce facteur unique explique généralement entre 52 % et 72 % de la variance totale des scores, un pourcentage exceptionnellement élevé pour une échelle psychologique. Les saturations factorielles (factor loadings) des quatre items sur ce facteur sous-jacent sont toutes très élevées et homogènes :

  • Item 1 (Auto-évaluation générale) : saturations typiquement comprises entre 0,75 et 0,88.
  • Item 2 (Comparaison avec les pairs) : saturations oscillant entre 0,72 et 0,86.
  • Item 3 (Archétype positif) : saturations comprises entre 0,68 et 0,82.
  • Item 4 (Archétype négatif inversé) : saturations comprises entre 0,55 et 0,75. La saturation légèrement inférieure de l’item 4 est un phénomène classique en psychométrie lié à la formulation inversée des énoncés, mais demeure très au-delà du seuil minimal d’acceptabilité de 0,40.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et Invariance de Mesure

Les investigations psychométriques contemporaines ont soumis la SHS à des analyses factorielles confirmatoires (AFC) pour tester formellement l’adéquation du modèle unidimensionnel. Les études publiées dans des revues internationales de premier rang (par exemple, Extremera & Fernández-Berrocal, 2003 pour la version espagnole ; Spagnoli et al., 2012 pour la version italienne ; Mattei & Schaefer, 2020) rapportent des indices d’ajustement excellents :

  • Indice de comparabilité de Bentler (Comparative Fit Index, CFI) > 0,98
  • Indice de Tucker-Lewis (Tucker-Lewis Index, TLI) > 0,96
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) < 0,05 (avec intervalle de confiance à 90 % incluant 0,00)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (Standardized Root Mean Square Residual, SRMR) < 0,03

De plus, des tests rigoureux d’invariance de mesure multi-groupes ont démontré une invariance stricte (configurale, métrique, scalaire et résiduelle) selon le genre (hommes vs femmes) et selon les tranches d’âge (adolescents, jeunes adultes, seniors), garantissant que les comparaisons de moyennes entre ces sous-groupes de population sont légitimes et dépourvues de biais de mesure.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Dénomination officielle de l’outil : Échelle de bonheur subjectif (Subjective Happiness Scale – SHS).
  • Typologie de l’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation (auto-rapport) psychométrique psychologique.
  • Nombre d’items : 4 items rédigés sous forme d’affirmations et de questions directes complétées par des ancres spécifiques.
  • Format de réponse : Échelle de type Likert graduée en 7 points (de 1 à 7), avec des descripteurs textuels bipolaires positionnés aux extrémités de chaque item :
    • Item 1 : 1 = « not a very happy person » à 7 = « a very happy person » ;
    • Item 2 : 1 = « less happy » à 7 = « more happy » ;
    • Item 3 : 1 = « not at all » à 7 = « a great deal » ;
    • Item 4 : 1 = « not at all » à 7 = « a great deal ».
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Inversion de l’item 4 : L’item 4 est un énoncé formulé de façon inversée. Avant tout calcul, sa cotation doit être recalculée selon la formule mathématique : Item 4 inversé = 8 - Réponse brute (un score brut de 1 devient 7, 2 devient 6, 3 devient 5, 4 reste 4, 5 devient 3, 6 devient 2, et 7 devient 1).
    • Calcul du score global : Additionner les scores des items 1, 2, 3 et de l’item 4 inversé, puis diviser la somme obtenue par 4 afin d’obtenir un score moyen continu compris entre 1,00 et 7,00 :
      Score composite SHS = (Item 1 + Item 2 + Item 3 + [8 - Item 4]) / 4
  • Interprétation normative des scores :
    • Dans la plupart des populations adultes occidentales colligées par Lyubomirsky et collaborateurs, le score moyen se situe généralement entre 4,50 et 5,50 (écart-type ≈ 1,20).
    • Un score moyen inférieur à 4,00 indique un niveau de bonheur perçu substantiellement bas par rapport aux normes de la population générale.
    • Un score moyen compris entre 4,00 et 5,50 reflète un niveau de bonheur modéré à satisfaisant, représentatif de la population médiane.
    • Un score moyen supérieur à 5,60 signale un niveau de bonheur subjectif très élevé, caractéristique des individus hautement épanouis.
  • Temps d’administration : Environ 1 à 2 minutes (extrême rapidité de passation et grande acceptabilité auprès des participants).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1999 (revue scientifique Social Indicators Research).
  • Statut des droits d’auteur et licence d’utilisation : L’Échelle de bonheur subjectif (SHS) est un instrument protégé par le droit d’auteur académique appartenant à Sonja Lyubomirsky et Heidi S. Lepper. Toutefois, les auteures accordent l’accès libre et gratuit pour toute utilisation non commerciale dans le cadre de la recherche scientifique universitaire, de l’enseignement académique et des évaluations individuelles sans but lucratif.
  • Tarification : Entièrement gratuite ($0.00 / 0,00 €) pour les étudiants, chercheurs et universitaires.
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans des logiciels payants, des applications mobiles commerciales, des programmes de coaching d’entreprise à but lucratif ou des plateformes d’évaluation tarifées requiert une autorisation écrite préalable formelle auprès du détenteur des droits (Pre Sonja Lyubomirsky, Département de Psychologie, Université de Californie à Riverside).
  • Accès officiel à l’instrument : La version originale de l’instrument et les informations associées sont librement téléchargeables sur le portail académique officiel de Sonja Lyubomirsky : http://sonjalyubomirsky.com.

12. Références / References

Les publications scientifiques de référence relatives à l’échelle et à son cadre théorique sont présentées ci-dessous en conformité avec les normes APA (7e édition) :

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

In general‚ I consider myself:
2

Compared to most of my peers‚ I consider myself:
3

Some people are generally very happy. They enjoy life regardless of what is going on‚ getting the most out of everything. To what extent does this ch‎aracterization describe you?
4

Some people are generally not very happy. Although they are not depressed‚ they never seem as happy as they might be. To what extent does this ch‎aracterization describe you?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle de bonheur subjectif (SHS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bonheur-subjectif-shs-3/
Looti, Mohammed. “Échelle de bonheur subjectif (SHS).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bonheur-subjectif-shs-3/.
Looti, Mohammed. “Échelle de bonheur subjectif (SHS).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bonheur-subjectif-shs-3/.