1. Résumé / Abstract
L’Échelle de bien-être psychosocial (en anglais, Psycho-Social Wellbeing Scale [PSWS]), développée initialement par le professeur Thomas O’Hare et ses collaborateurs au début des années 2000 (O’Hare et al., 2002, 2003), constitue un instrument d’hétéro-évaluation clinique conçu pour quantifier le niveau global et multidimensionnel de fonctionnement psychosocial chez des populations adultes suivies en santé mentale, notamment les personnes présentant des troubles psychiatriques sévères combinés à des troubles liés à l’usage de substances (diagnostics duaux ou comorbidités psychiatriques). Composée de 12 items cliniques ciblés, l’échelle examine des dimensions critiques de l’adaptation écologique et psychologique de l’individu, incluant le fonctionnement cognitif, la régulation affective, le contrôle des impulsions, les capacités d’adaptation et de gestion du stress (coping), les réseaux relationnels proches et communautaires, les activités récréatives, les ressources matérielles de base, l’usage de substances psychoactives, la santé physique générale, l’autonomie dans la vie quotidienne ainsi que la productivité et la satisfaction dans les rôles sociaux ou professionnels.
Chaque item est coté par le clinicien ou le travailleur social sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points allant de 0 (« Poor » / Mauvais) à 4 (« Excellent » / Excellent), fournissant un score composite compris entre 0 et 48 où un score plus élevé reflète un fonctionnement optimal et un niveau supérieur de bien-être psychosocial. Les études psychométriques princeps (O’Hare et al., 2002, 2003) ont démontré une cohérence interne satisfaisante à élevée, caractérisée par un coefficient alpha de Cronbach global variant entre 0,80 et 0,86 selon les cohortes cliniques examinées. La structure factorielle révèle une organisation cohérente articulée autour de dimensions interconnectées englobant le statut psychologique et cognitif, l’intégration sociale et relationnelle, ainsi que l’adaptation matérielle et fonctionnelle quotidienne. L’échelle démontre une validité convergente robuste avec d’autres mesures standardisées telles que l’Échelle d’évaluation globale du fonctionnement (Global Assessment of Functioning [GAF]) et des indicateurs de sévérité symptomatique, tout en offrant une sensibilité accrue aux forces et aux capacités d’adaptation des bénéficiaires.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle de bien-être psychosocial, Psycho-Social Wellbeing Scale, PSWS, évaluation psychosociale, santé mentale, troubles concomitants, diagnostic dual, fonctionnement adaptatif, travail social psychiatrique, rétablissement, psychométrie, hétéro-évaluation clinique, ressources matérielles, soutien social.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de bien-être psychosocial a été conçue et validée par une équipe de chercheurs et praticiens en travail social clinique et en psychiatrie communautaire sous la direction de Thomas O’Hare :
- Thomas O’Hare, Ph.D., LICSW : Professeur émérite à la School of Social Work du Boston College (Chestnut Hill, Massachusetts, États-Unis). Spécialiste reconnu de l’évaluation standardisée en travail social, des addictions et des troubles psychiatriques comorbides chez l’adulte et le jeune adulte. Courriel institutionnel :
[email protected]. - Margaret V. Sherrer, Ph.D. : Professeure et chercheuse associée, spécialisée dans les interventions communautaires en santé mentale et les méthodologies de recherche évaluative.
- Collaborateurs cliniques et méthodologiques : J. Cutler, T. McCall, K. Dominique, K. Garlick, H. S. Connery, J. Thornton, A. LaButti et K. Emrick, ayant contribué au recueil de données multicentrique, aux analyses de fidélité inter-juges et à la validation dans divers contextes de santé mentale communautaire.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Psycho-Social Wellbeing Scale est de fournir aux professionnels de la santé mentale et du travail social un instrument d’évaluation clinique standardisé, rapide, robuste et directement orienté vers la pratique pour mesurer l’état fonctionnel et le bien-être biopsychosocial des usagers. Historiquement, l’évaluation des personnes atteintes de troubles psychiatriques majeurs (tels que la schizophrénie, les troubles bipolaires ou le trouble dépressif caractérisé récurrent), en particulier lorsqu’ils s’accompagnent de dépendances aux drogues ou à l’alcool, s’est heurtée à une prédominance d’outils purement déficitaires ou symptomatiques. Ces outils conventionnels, comme la Brief Psychiatric Rating Scale (BPRS) ou les inventaires diagnostiques catégoriels du DSM, quantifient les psychopathologies aiguës mais échouent souvent à appréhender la réalité globale, les compétences préservées et l’insertion contextuelle du patient.
La PSWS répond à ce manque en opérationnalisant une approche axée sur les forces (strengths-based approach) et sur la réhabilitation psychosociale. Dans les milieux cliniques communautaires, ambulatoires ou hospitaliers, l’échelle poursuit plusieurs visées pratiques :
- Évaluation initiale multidimensionnelle : Établir un profil de référence exhaustif des compétences adaptatives, des vulnérabilités et des ressources matérielles de la personne dès son admission dans un programme de soins ou d’accompagnement social.
- Planification individualisée des interventions : Identifier avec précision les domaines de vie nécessitant un étayage immédiat (par exemple, la précarité du logement, les ruptures de liens familiaux ou l’absence d’activités structurantes) versus les domaines où le fonctionnement est préservé, permettant de s’appuyer sur les compétences existantes pour favoriser le rétablissement.
- Suivi longitudinal des résultats cliniques (Outcome Measurement) : Servir d’instrument de suivi répété lors des réévaluations périodiques (mensuelles ou trimestrielles) afin de documenter l’efficacité des interventions psychothérapeutiques, pharmacologiques et sociales.
- Recherche évaluative sur les troubles duaux : Offrir aux chercheurs un outil standardisé sensible aux changements discrets dans la vie des usagers présentant une double problématique psychiatrique et toxicomanologique, une population notoirement hétérogène et complexe à évaluer.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’Échelle de bien-être psychosocial est le fonctionnement psychosocial global, conçu comme une dynamique interactive entre les capacités intrapersonnelles de l’individu, ses compétences interpersonnelles et la qualité de son environnement matériel et social. Plutôt que de postuler que le bien-être découle uniquement de l’absence de symptômes psychiatriques, l’instrument conceptualise le bien-être comme un état d’adaptation fonctionnelle et écologique couvrant 12 domaines distincts mais interconnectés :
1. Fonctionnement cognitif (Mental Status: Cognitive Functioning)
Cette dimension évalue l’intégrité des fonctions exécutives, l’orientation spatio-temporelle, la présence ou l’absence de perturbations de la pensée, d’hallucinations, d’idées délirantes, de désorganisation du discours ou de déficits mnésiques majeurs. L’accent est mis sur l’impact de ces altérations cognitives sur la capacité à appréhender la réalité quotidienne de manière cohérente.
2. État émotionnel (Mental Status: Emotional State)
Ce pôle examine l’équilibre affectif, mesurant la gravité de la dépression, de l’anxiété, de l’anhédonie et de la détresse émotionnelle ressentie. Un fonctionnement élevé reflète une stabilité affective, une capacité à réguler les affects négatifs et l’absence d’états dépressifs invalidants.
3. Contrôle des impulsions (Impulse Control)
Le contrôle des impulsions mesure la capacité de l’individu à moduler ses réactions comportementales face aux frustrations. Il prend en compte la patience, l’aptitude à s’exprimer sans violence, l’absence de passages à l’acte verbaux ou physiques, de comportements autodestructeurs (automutilations, conduites suicidaires), de fugues ou d’actes criminels et antisociaux.
4. Stratégies d’adaptation et de gestion du stress (Coping Skills)
Cette composante évalue les ressources d’adaptation active face aux stresseurs quotidiens et aux déclencheurs de rechute (triggers). Elle analyse la capacité de résolution de problèmes, la prise de recul réflexive et la disposition proactive à solliciter de l’aide auprès de pairs ou de professionnels face à l’adversité.
5. Réseau social immédiat (Immediate Social Network)
Cette dimension jauge la qualité relationnelle avec les personnes clés de l’environnement intime : conjoint, membres de la famille nucléaire ou amis très proches. Sont pris en compte le niveau d’intimité, la satisfaction interpersonnelle partagée, la clarté de la communication et l’absence de conflits chroniques, d’hostilité, d’agressivité ou d’abus.
6. Réseau social étendu et insertion communautaire (Extended Social Relationships/Network)
Au-delà du cercle intime, ce domaine mesure l’intégration de la personne dans sa communauté locale : participation à des associations, fréquentation de groupes d’entraide, appartenance à des réseaux de quartier et sentiment subjectif d’être un citoyen à part entière.
7. Activités récréatives et de loisirs (Recreational Activities)
Cette facette s’intéresse à l’équilibre de vie à travers les loisirs structurés ou spontanés, qu’ils soient solitaires ou partagés (lecture, activités artistiques, jeux, télévision) et la pratique d’activités physiques (marche, cyclisme, sport). Elle reflète la capacité de la personne à s’accorder des moments de détente et de plaisir intrinsèque.
8. Ressources matérielles et environnementales (Material Resources)
Ce domaine évalue la sécurité des conditions de subsistance fondamentales : salubrité et stabilité du logement, disponibilité d’une alimentation adéquate, accès à des vêtements appropriés et sentiment de sécurité physique dans le milieu de vie immédiat.
9. Usage d’alcool et d’autres substances (Use of Alcohol and Other Drugs)
Cette dimension mesure la consommation de substances psychotropes (alcool, drogues illicites, mésusage de médicaments prescrits) en tenant compte de la fréquence, des quantités consommées et, surtout, des conséquences néfastes sur les plans physique, psychologique et socioprofessionnel.
10. Santé physique (Health)
Ce pôle évalue la vitalité biologique globale, la gestion des maladies somatiques chroniques, les habitudes d’hygiène de vie, la perception subjective de son état de santé par le patient et l’absence de restrictions physiques handicapantes indépendantes des troubles psychiatriques.
11. Vie autonome et soins personnels (Independent Living/Self Care)
Cette dimension appréhende les compétences pratiques de la vie quotidienne : gestion du domicile, hygiène corporelle, préparation des repas, rythmes de sommeil et satisfaction des besoins physiologiques et domestiques de base.
12. Productivité et satisfaction dans le travail ou le rôle social (Work/Role Satisfaction)
Enfin, ce domaine mesure l’accomplissement et l’efficacité dans les rôles sociaux majeurs occupés au cours des 30 derniers jours, que la personne soit salariée, étudiante, bénévole ou engagée dans la tenue de son foyer familial.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’Échelle de bien-être psychosocial s’enracine dans la convergence de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie clinique, du travail social psychiatrique et de la sociologie de la santé :
Le modèle biopsychosocial de George Engel
Le fondement principal de la PSWS repose sur le modèle biopsychosocial conceptualisé par George Engel en 1977. Ce paradigme postule que la maladie et la santé ne peuvent être réduites à des dérèglements neurochimiques ou physiologiques isolés. Au contraire, le rétablissement découle d’une interaction continue entre des variables biologiques (santé physique, neurobiologie des addictions), psychologiques (statut cognitif, régulation émotionnelle, habiletés d’adaptation) et sociales (réseaux d’entraide, ressources financières, intégration communautaire). En évaluant simultanément ces trois registres, la PSWS permet de dépasser la scission corps-esprit et d’éviter l’écueil du réductionnisme biomédical.
La perspective axée sur les forces (Strengths Perspective)
Développée notamment par Dennis Saleebey, Charles Rapp et leurs collègues dans le champ du travail social, la perspective des forces soutient que chaque individu, même confronté aux formes les plus sévères de pathologie psychiatrique ou de dépendance, possède des talents, des compétences de résilience et des ressources environnementales mobilisables. Contrairement aux échelles traditionnelles orientées vers les déficits, la PSWS intègre explicitement des pôles d’excellence fonctionnelle (la modalité 4 étant intitulée « Excellent ») et évalue des dimensions positives telles que les habiletés de coping, les loisirs et la productivité sociale.
Le paradigme du rétablissement en santé mentale (Recovery Model)
Inspiré par les travaux fondateurs de William Anthony et Patricia Deegan, le modèle du rétablissement envisage le parcours de la personne non pas comme une rémission symptomatique totale et passive, mais comme la reconquête active d’une vie gratifiante, pleine de sens et d’autonomie au sein de sa communauté. La PSWS opérationnalise cette vision en attribuant une importance égale à la gestion de la médication ou des symptômes et aux aspects existentiels et pragmatiques du quotidien (sécurité du logement, relations d’intimité, insertion citoyenne).
La théorie écologique du développement humain de Bronfenbrenner
L’organisation des items de la PSWS reflète également l’approche écologique d’Urie Bronfenbrenner. L’évaluation commence par l’ontosystème (fonctions cognitives et affectives intra-individuelles), progresse vers le microsystème (réseau social immédiat, famille, conjoint), s’étend au mésosystème et à l’exosystème (activités de quartier, insertion communautaire, emploi) et intègre les conditions matérielles fondamentales nécessaires à la stabilité de l’écosystème personnel.
7. Validité / Validity
La validité de l’Échelle de bien-être psychosocial a fait l’objet de plusieurs investigations méthodologiques rigoureuses conduites principalement auprès de bénéficiaires de centres médico-psychologiques communautaires et de structures spécialisées dans les troubles duaux.
Validité de contenu et d’apparence
La sélection initiale des 12 dimensions a été établie à partir d’une synthèse méthodique des critères de réadaptation psychosociale et de panels d’experts cliniciens (travailleurs sociaux, psychiatres, infirmiers spécialisés). Cette consultation a garanti que chaque item représentait une composante essentielle de la vie quotidienne des patients psychiatriques vivant dans la communauté. La formulation concise et le format d’ancrage descriptif confèrent à l’outil une excellente validité d’apparence, facilitant son appropriation immédiate par les praticiens.
Validité de construit et validité convergente
Les études de validation menées par O’Hare et ses collaborateurs (2002, 2003) ont apporté des preuves solides de validité convergente :
- Corrélation avec l’Échelle d’évaluation globale du fonctionnement (GAF) : Le score global de la PSWS présente des corrélations positives statistiquement significatives avec le score de la GAF (valeurs de r oscillant typiquement entre 0,55 et 0,68, p < 0,001), indiquant qu’un score élevé à la PSWS traduit fidèlement un niveau supérieur de fonctionnement adaptatif global.
- Convergence avec les outils de dépistage des addictions : Les scores à l’item 9 (usage de substances) et les sous-scores comportementaux démontrent des corrélations négatives robustes avec des instruments spécifiques tels que l’AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test ; O’Hare et al., 2004) et le DAST (Drug Abuse Screening Test), attestant de la capacité de l’échelle à capter les perturbations liées à l’usage de psychotropes.
- Relation inverse avec la détresse psychologique : Les sous-échelles cognitives et émotionnelles de la PSWS corrèlent négativement avec les mesures standardisées de symptomatologie dépressive (ex. BDI) et d’anxiété générale.
Validité discriminante
L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer différents sous-groupes cliniques au sein des populations psychiatriques. Dans les études comparatives d’O’Hare et al. (2002), l’échelle a permis de différencier significativement :
- Les patients stabilisés en milieu communautaire des patients nécessitant une réhospitalisation psychiatrique urgente, ces derniers affichant des scores globaux et cognitifs significativement plus faibles.
- Les patients présentant un trouble psychiatrique pur de ceux présentant un diagnostic dual (trouble mental sévère + trouble de l’usage de substances), ces derniers présentant des déficits plus marqués aux items de contrôle des impulsions, d’insertion communautaire et de gestion matérielle.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle de bien-être psychosocial a été évaluée sous l’angle de la consistance interne, de la fidélité inter-évaluateurs et de la stabilité temporelle.
Consistance interne
Dans l’étude princeps de validation (O’Hare et al., 2002) menée auprès de personnes présentant une maladie mentale sévère combinée à des problèmes d’abus de substances, le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale composite à 12 items s’est élevé à 0,82. Dans une étude d’extension menée auprès d’une cohorte élargie de clients en santé mentale communautaire (O’Hare et al., 2003), la consistance interne a été confirmée avec un alpha global de 0,85 (variant selon les analyses de sensibilité entre 0,80 et 0,86). Ces valeurs se situent largement au-dessus du seuil conventionnel de 0,70 recommandé pour les outils de recherche et atteignent les standards rigoureux requis pour la prise de décision clinique individuelle.
Fidélité inter-évaluateurs (Inter-rater Reliability)
En tant qu’échelle d’hétéro-évaluation clinique basée sur l’observation et le dossier, la fidélité inter-juges constitue un enjeu méthodologique majeur. Les évaluations en double aveugle menées par des cliniciens indépendants formés à l’instrument ont révélé des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) variant entre 0,74 et 0,86 pour les items individuels et atteignant 0,88 pour le score total composite. Les items concrets tels que les « Ressources matérielles », la « Santé physique » et l’« Usage de substances » obtiennent les accords inter-juges les plus élevés (taux de concordance pondéré kappa > 0,80), tandis que les dimensions plus subjectives comme les « Habiletés de coping » ou le « Réseau social immédiat » présentent des accords modérés à élevés (kappa compris entre 0,70 et 0,78).
Fidélité test-retest
Sur un intervalle temporel de deux semaines auprès de patients cliniquement stables en milieu ambulatoire sans modification de leur plan de traitement, les analyses ont mis en évidence un coefficient de stabilité test-retest de r = 0,83 (p < 0,001), confirmant la robustesse temporelle de l’outil en l’absence d’événement de vie critique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les structures factorielles de l’Échelle de bien-être psychosocial ont été investiguées par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), reflétant l’interdépendance attendue entre les différents pans du fonctionnement humain, puis confirmées par des modèles d’équations structurelles (AFC).
Analyses factorielles exploratoires (AFE)
Les travaux d’O’Hare et al. (2002, 2003) ont identifié une structure multidimensionnelle sous-jacente comprenant généralement trois à quatre facteurs cohérents, expliquant plus de 55 % à 62 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Statut psychologique et compétences d’adaptation (Psychological / Coping Dimension)
Ce facteur regroupe principalement les items 1 (Fonctionnement cognitif), 2 (État émotionnel), 3 (Contrôle des impulsions) et 4 (Stratégies d’adaptation). Les saturations factorielles de ces items sur ce premier axe oscillent entre 0,58 et 0,81. Il reflète la capacité intrapsychique de l’individu à maintenir une homéostasie cognitive et affective. - Facteur 2 : Réseau et intégration sociale (Social / Relational Dimension)
Dominé par l’item 5 (Réseau social immédiat), l’item 6 (Réseau social étendu et communautaire) et l’item 7 (Activités récréatives), avec des saturations factorielles s’échelonnant de 0,52 à 0,79. Cette dimension renvoie au capital social et relationnel du bénéficiaire. - Facteur 3 : Autonomie pratique et adaptation environnementale (Basic Living / Functional Adaptation)
Ce facteur agrège l’item 8 (Ressources matérielles), l’item 10 (Santé physique), l’item 11 (Vie autonome et soins personnels) et l’item 12 (Productivité dans le travail/rôle social), avec des saturations variant de 0,48 à 0,75. L’item 9 (Usage de drogues et d’alcool) se rattache alternativement au contrôle comportemental ou au facteur d’autonomie fonctionnelle selon les cohortes analysées.
Modélisation confirmatoire et facteur général de second ordre
Les analyses factorielles confirmatoires ont corroboré l’existence d’un modèle hiérarchique : bien que les dimensions de premier ordre apportent des informations cliniques différentielles et spécifiques, elles saturent toutes de manière substantielle sur un facteur général de second ordre représentant le Bien-être psychosocial global. Les indices d’ajustement structurel (CFI > 0,92, TLI > 0,90, RMSEA < 0,06) soutiennent pleinement la légitimité du calcul d’un score total composite additionnel pour les besoins de la recherche et du suivi longitudinal.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Dénomination officielle : Échelle de bien-être psychosocial (Psycho-Social Wellbeing Scale – PSWS).
- Auteurs de référence : Thomas O’Hare, Margaret V. Sherrer, J. Cutler, T. McCall, K. Dominique, K. Garlick (2002, 2003).
- Type d’évaluation : Instrument d’hétéro-évaluation clinique standardisé (Observer-rated / Clinician-rated scale). Complété par un professionnel qualifié (travailleur social, psychologue, psychiatre, infirmier en santé mentale) connaissant bien la situation du patient ou après un entretien d’évaluation approfondi.
- Format et nombre d’items : Le questionnaire compte 12 items cliniques ciblés, présentés avec des définitions opérationnelles précises pour guider le jugement du professionnel.
- Format et échelle de réponse : Échelle ordinale en 5 points ancrée descriptivement de 0 à 4 :
0 = Poor(Mauvais / Très déficitaire)1 = Impaired(Altéré / Perturbé)2 = Marginal(Marginal / Passable)3 = Good(Bon / Satisfaisant)4 = Excellent(Excellent / Optimal)
- Période de référence temporelle : Évalue le fonctionnement actuel du patient, en considérant particulièrement les 30 derniers jours pour la productivité et la stabilité générale.
- Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes pour un clinicien familier du dossier du patient.
- Modalités de cotation et score global :
- Les notes attribuées aux 12 items sont additionnées pour obtenir un score brut total compris entre 0 et 48.
- Il n’y a pas d’item inversé ; pour chaque question, une valeur numérique plus élevée indique un niveau supérieur d’adaptation et de bien-être.
- Interprétation indicative :
- 0 à 15 : Altération psychosociale sévère ; précarité multidimensionnelle critique nécessitant un soutien intensif et structuré.
- 16 à 29 : Fonctionnement psychosocial modérément altéré à marginal ; fragilités notables requérant des interventions ciblées (réseau social, addiction, autonomie).
- 30 à 40 : Bon fonctionnement psychosocial global ; compétences adaptatives fonctionnelles avec des vulnérabilités mineures.
- 41 à 48 : Excellent niveau d’intégration, de bien-être et d’autonomie fonctionnelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2002 (articles de validation princeps dans Social Work in Mental Health et Community Mental Health Journal).
- Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’Échelle de bien-être psychosocial a été développée à des fins de recherche clinique et de progrès social. Elle est accessible pour un usage académique, clinique et scientifique dans le respect des droits moraux des auteurs.
- Tarifs et redevances : L’utilisation de l’instrument dans le cadre de recherches non commerciales ou pour la pratique clinique habituelle ne requiert pas l’achat d’une licence payante.
- Modalités de contact et permissions : Pour toute utilisation officielle dans le cadre d’essais cliniques, de publications de grande envergure ou pour solliciter l’autorisation de traduction formelle dans d’autres langues, il est d’usage de contacter le concepteur principal : Professeur Thomas O’Hare, Boston College School of Social Work, à l’adresse
[email protected].
12. Références / References
- O’Hare, T., Sherrer, M. V., Cutler, J., McCall, T., Dominique, K., & Garlick, K. (2002). Validating the psychosocial wellbeing scale among mentally ill clients with substance abuse problems. Social Work in Mental Health, 1(1), 15–30. https://doi.org/10.1300/J200v01n01_02
- O’Hare, T., Sherrer, M. V., Connery, H. S., Thornton, J., LaButti, A., & Emrick, K. (2003). Further validation of the Psycho-Social Well-Being Scale (PSWS) with community clients. Community Mental Health Journal, 39(2), 115–129. https://doi.org/10.1023/A:1022683803023
- O’Hare, T., Sherrer, M. V., LaButti, A., & Emrick, K. (2004). Validating the Alcohol Use Disorders Identification Test with persons who have a serious mental illness. Research on Social Work Practice, 14(1), 36–42. https://doi.org/10.1177/1049731503257882
- O’Hare, T., & Sherrer, M. V. (2013). Psycho-Social Wellbeing Scale. In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for strengths-based assessment and evaluation (pp. 75–78). Springer Publishing Company.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
0 = Poor, 1 = Impaired, 2 = Marginal, 3 = Good, 4 = Excellent
-
MENTAL STATUS: COGNITIVE FUNCTIONING: Consider the client’s level of hallucinations, delusions, disorientation, bizarre behavior or speech, memory problems, serious confusion, or other symptoms of serious cognitive impairment. How would you rate his/her overall mental status?
RATING __________ -
MENTAL STATUS: EMOTIONAL STATE: Consider the client’s level of depression, anxiety, and overall emotional state. How would you rate your client’s overall emotional well-being?
RATING __________ -
IMPULSE CONTROL: Think about your client’s overall behavior. Consider things such as their ability to express themselves effectively, ability to work at things patiently, tendency to verbally or physically lash out at others, run away, harm themselves, or proneness to impulsive, criminal, or drug-abusing behavior. How would you rate their overall impulse control?
RATING __________ -
COPING SKILLS: Think about your client’s ability to cope with problems and everyday stresses. How would you rate their ability to assess problem situations, deal with “triggers,” cope with stress, solve problems, perhaps reach out to others for help in order to deal effectively with their difficulties?
RATING __________ -
IMMEDIATE SOCIAL NETWORK (close friends, spouse, family): Consider the quality of your client’s relationships with those available friends, family, spouse (as applicable). How would you rate the quality of the interaction overall between your client and them with respect to closeness, intimacy, general interpersonal satisfaction, effective communications, degree of conflict, level of hostility, aggression, and abuse?
RATING __________ -
EXTENDED SOCIAL RELATIONSHIPS/NETWORK (local community): Think about your client’s relationships with persons outside their immediate family and social group. Consider their relationship to others in the community, their involvement in social groups, organizations, and general feeling of integration into the wider community in which they live. How would you rate the client’s overall relationship with the community?
RATING __________ -
RECREATIONAL ACTIVITIES: Consider what the client does for fun (alone or social), hobbies, relaxation (reading, TV, video games, playing cards, etc.), and physical exercise (walking, jogging, biking, etc.). How would you rate the client’s overall involvement in recreational activities?
RATING __________ -
MATERIAL RESOURCES: Think about your client’s current or (if client is institutionalized) most recent living environment and their overall living situation. Consider such things as adequacy of food, clothing, shelter, and safety. How would you rate the overall quality of the client’s material resources?
RATING __________ -
USE OF ALCOHOL AND OTHER DRUGS: Consider the client’s use of alcohol, illicit substances (cocaine, heroin, marijuana, hallucinogens, etc.), and illicit use of prescription medication. Consider the following: how often do they use them, in what quantity, and what are the psychological, physical, and social consequences associated with their use. How would you rate the client’s overall functioning with regard to the use of alcohol and other drugs?
RATING __________ -
HEALTH: Consider the client’s overall health. Aside from normal, transient illnesses think about health habits, chronic primary health disorders, their own opinion of their health, ability to engage in their usual activities relatively free from discomfort, overall energy level, hospitalizations, and treatments for illness other than psychiatric disorders. How would you rate their physical health overall?
RATING __________ -
INDEPENDENT LIVING/SELF CARE: Rate how well your client manages their household, takes care of personal hygiene, eats, sleeps, and otherwise cares for basic needs.
RATING __________ -
WORK (OR ROLE) SATISFACTION: If the client works outside the home, is a homemaker or student, think for a moment about their work (or role) productivity. Considering the type of work or role in which they are engaged, how would you rate their overall work (role) productivity over the past 30 days?
RATING __________