Échelle de bien-être psychologique (SPWB)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle de bien-être psychologique (SPWB) de Carol Ryff : modèle eudémonique à 6 dimensions, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de bien-être psychologique (Scales of Psychological Well-Being ou SPWB), développée par la psychologue américaine Carol D. Ryff en 1989, constitue l’un des instruments d’évaluation les plus reconnus et empiriquement validés dans le champ de la psychologie positive et du développement adulte. Conçue en rupture avec les approches purement hédoniques du bien-être subjectif (centrées exclusivement sur le bonheur ressenti et la satisfaction de vie), la SPWB opérationnalise le concept philosophique et psychologique d’eudémonisme, qui définit le bien-être comme l’actualisation du potentiel humain, le fonctionnement psychologique optimal et la réalisation de soi.

L’instrument repose sur une architecture multidimensionnelle rigoureuse articulée autour de six dimensions distinctes mais interdépendantes : l’autonomie (Autonomy), la maîtrise de l’environnement (Environmental Mastery), la croissance personnelle (Personal Growth), les relations positives avec autrui (Positive Relations with Others), le sens à la vie (Purpose in Life) et l’acceptation de soi (Self-Acceptance). L’échelle a été déclinée en plusieurs formats psychométriques standardisés, allant de la version initiale longue à 120 items (20 items par dimension) à des versions intermédiaires de 84 items (14 items par dimension), 54 items (9 items par dimension), 42 items (7 items par dimension) et une version abrégée de 18 items (3 items par dimension). Les participants répondent au moyen d’une échelle de type Likert graduée en 6 points, allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 6 (« fortement d’accord »).

Sur le plan métrologique, les versions longues et intermédiaires présentent d’excellentes qualités de consistance interne (coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,83 et 0,93 pour les échelles parentes) et une remarquable stabilité temporelle test-retest (coefficients de corrélation variant de 0,81 à 0,88 sur une période de six semaines). La structure factorielle à six dimensions a fait l’objet d’intenses débats méthodologiques, mais demeure le standard théorique pour l’évaluation du fonctionnement eudémonique tant en recherche clinique, en épidémiologie sociale qu’en gérontologie.

2. Mots-clés / Keywords

bien-être psychologique, bien-être eudémonique, Carol Ryff, SPWB, autonomie, acceptation de soi, croissance personnelle, maîtrise de l’environnement, sens de la vie, relations positives, psychométrie, fonctionnement optimal, échelle de Likert, actualisation de soi

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et développée par la professeure Carol D. Ryff, Ph.D. Ryff est titulaire de la chaire Hilldale et professeure émérite de psychologie à l’Université du Wisconsin à Madison (États-Unis), où elle a également dirigé durant de nombreuses années l’Institute on Aging (Institut du vieillissement). Elle est notamment l’investigatrice principale de la vaste étude longitudinale nationale américaine MIDUS (Midlife in the United States), qui explore les déterminants biopsychosociaux de la santé et du vieillissement.

Plusieurs collaborateurs éminents ont participé au raffinement théorique, à la validation factorielle et aux études neurobiologiques associées à la SPWB, parmi lesquels Corey Lee M. Keyes (Université Emory) pour la clarification de la structure factorielle et la modélisation de la santé mentale complète, et Burton H. Singer (Université de Princeton / Université de Floride) pour les travaux intégrant le bien-être psychologique aux biomarqueurs neuroendocriniens, cardiovasculaires et immunitaires.

4. Objectif / Purpose

La création de la Psychological Well-Being Scale répondait à une lacune épistémologique et méthodologique majeure constatée par Carol Ryff à la fin des années 1980 dans la littérature psychologique. Jusqu’alors, les recherches sur le bien-être s’étaient presque exclusivement focalisées sur le bien-être subjectif (Subjective Well-Being – SWB), théorisé notamment par Ed Diener, combinant une composante cognitive (la satisfaction de vie globale) et une composante affective (la balance entre affects positifs et affects négatifs). Ryff a soutenu que cette conception, d’essence hédonique, réduisait le bien-être à la recherche du plaisir immédiat et à l’absence de déplaisir, en omettant les aspects fondamentaux du fonctionnement positif, de l’épanouissement moral et de la réalisation existentielle.

L’objectif premier de la SPWB est donc d’opérationnaliser une mesure standardisée, robuste et multidimensionnelle du bien-être eudémonique. L’échelle vise à quantifier la manière dont un individu relève les défis existentiels de la vie : se fixer des buts signifiants, entretenir des liens interpersonnels authentiques et profonds, maintenir son autonomie face à la conformité sociale, développer ses capacités tout au long de la vie, accepter ses forces et ses vulnérabilités, et interagir efficacement avec les exigences de son environnement.

Dans le domaine de la recherche fondamentale et épidémiologique, l’instrument permet d’étudier les trajectoires du bien-être à travers le cycle de vie, les différences interindividuelles et de genre, ainsi que l’impact des transitions majeures (retraite, deuil, parentalité, maladies chroniques). Il a été intégré dans de vastes cohortes internationales pour explorer les liens étroits unissant le bien-être psychologique à la longévité, à la résilience biologique et à la régulation allostatique. En psychologie clinique et en psychothérapie, la SPWB sert d’outil d’évaluation diagnostique et d’évolution thérapeutique : elle permet d’identifier les domaines spécifiques de vulnérabilité existentielle chez les patients (par exemple, un déficit sévère de sens à la vie ou un sentiment d’incompétence environnementale) et guide des interventions ciblées comme la Well-Being Therapy (WBT) développée par Giovanni Fava.

5. Construit psychologique / Construct

Le modèle de Ryff postule que le bien-être psychologique n’est pas une entité monolithique, mais une constellation de six composantes distinctes. Chaque dimension représente un pôle d’accomplissement développemental et psychologique :

1. Autonomie (Autonomy)

Cette dimension mesure l’indépendance de pensée et d’action, la force du lieu de contrôle interne et la capacité de résistance face aux pressions normatives du groupe social. Un individu présentant un niveau élevé d’autonomie s’auto-détermine, évalue ses choix de vie selon ses propres valeurs intérieures, fait preuve d’affirmation de soi et ne recherche pas compulsivement l’approbation d’autrui. À l’inverse, un score faible reflète une hypersensibilité au jugement d’autrui, une dépendance excessive à l’opinion publique pour la prise de décision et une tendance marquée à la conformité sociale.

2. Maîtrise de l’environnement (Environmental Mastery)

La maîtrise de l’environnement évalue la compétence perçue de l’individu à créer, modeler, choisir ou adapter les contextes externes afin qu’ils correspondent à ses besoins psychologiques, ses capacités et ses valeurs personnelles. Elle englobe la gestion efficace des multiples responsabilités de la vie quotidienne, la manipulation des opportunités contextuelles et le sentiment de contrôle sur les événements environnants. Les personnes ayant un score bas éprouvent des difficultés à gérer les affaires courantes, se sentent submergées par leurs responsabilités quotidiennes et se perçoivent comme impuissantes face aux contingences extérieures.

3. Croissance personnelle (Personal Growth)

Considérée comme la composante la plus dynamique du modèle, la croissance personnelle reflète le sentiment continu de développement, d’apprentissage et d’expansion de son propre potentiel au fil du temps. Elle implique une curiosité intellectuelle, une ouverture aux expériences stimulantes, la volonté d’élargir ses horizons et la reconnaissance d’un progrès continu de sa personnalité. Un déficit dans cette dimension se caractérise par un sentiment de stagnation psychologique, un désintérêt pour les nouveaux apprentissages et la croyance résignée qu’il est impossible d’évoluer ou d’acquérir de nouvelles compétences à un âge avancé.

4. Relations positives avec autrui (Positive Relations with Others)

Cette dimension évalue l’aptitude à établir et maintenir des relations interpersonnelles chaleureuses, satisfaisantes, fondées sur la confiance réciproque, l’empathie et une véritable intimité affective. L’individu à score élevé fait preuve d’affection, se montre capable de donner et de recevoir un soutien émotionnel franc, et comprend les dynamiques de compromis inhérentes aux liens durables. Les scores faibles témoignent d’un isolement social perçu, d’une difficulté persistante à s’ouvrir émotionnellement à autrui, d’une méfiance envers les proches et d’une frustration récurrente dans les contacts humains.

5. Sens à la vie (Purpose in Life)

Le sens à la vie évalue la présence d’objectifs orientés vers l’avenir, de convictions profondes et d’une direction claire conférant une signification existentielle au vécu quotidien. Il ne s’agit pas simplement de former des projets instrumentaux, mais de ressentir que son existence s’inscrit dans une trajectoire signifiante. Les individus manifestant de faibles scores dans ce domaine rapportent un sentiment de vide intérieur, perçoivent leurs activités quotidiennes comme dénuées de pertinence, vivent au jour le jour sans vision d’avenir et déplorent une absence générale de buts existentiels.

6. Acceptation de soi (Self-Acceptance)

L’acceptation de soi est l’un des critères centraux de la santé mentale positive. Elle se définit par une attitude positive et bienveillante envers toutes les facettes de sa personnalité, incluant la reconnaissance lucide de ses qualités et de ses limites, ainsi qu’une évaluation positive de son parcours de vie passé. Contrairement à une simple estime de soi évaluative (qui peut être fragile et défensive), l’acceptation de soi implique la réconciliation avec ses échecs passés. Un score faible traduit une insatisfaction profonde envers ce que l’on est, le regret persistant des choix passés et le souhait récurrent d’être quelqu’un d’autre.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique élaboré par Carol Ryff tire sa force d’une synthèse intégrative de plusieurs décennies de recherche théorique en philosophie, en psychologie clinique, en psychologie humaniste et en psychologie du développement de l’adulte. Ryff a constaté que bien que de nombreux penseurs majeurs aient proposé des descriptions du fonctionnement humain accompli, aucun consensus opérationnel n’avait été formalisé pour guider l’évaluation quantitative.

Les fondements théoriques de l’échelle s’articulent autour de quatre grands courants doctrinaux :

  • La philosophie eudémonique classique : Initiée par Aristote dans l’Éthique à Nicomaque, la notion d’eudaimonia postule que le bien suprême réside dans l’actualisation de la vertu et la réalisation de son daimon (le potentiel intérieur le plus élevé), par opposition à l’hédonisme aristippéen centré sur la somme arithmétique des plaisirs sensoriels.
  • La psychologie humaniste et existentielle : Ryff puise directement dans les théories de l’auto-actualisation d’Abraham Maslow, le concept de personne pleinement fonctionnelle (fully functioning person) de Carl Rogers, ainsi que la recherche du sens développée par Viktor Frankl dans sa logothérapie. Ces auteurs ont mis l’accent sur la croissance continue, le refus de la stagnation et l’affirmation d’une direction existentielle.
  • La psychologie du développement psychosocial et du cycle de vie : Le modèle intègre les stades psychosociaux d’Erik Erikson (notamment l’intégrité du moi opposée au désespoir, la générativité et l’intimité), les tendances directionnelles de base de Charlotte Bühler, le concept de maturité psychologique de Gordon Allport, ainsi que les descriptions du développement de la personnalité à la maturité de Bernice Neugarten. L’accent est mis sur la capacité d’adaptation et de complexification de la personne tout au long de sa trajectoire de vie.
  • La psychologie clinique et analytique : L’influence des processus d’individuation théorisés par Carl Gustav Jung, l’affirmation de la volonté créatrice selon Marie Jahoda dans ses travaux pionniers sur la santé mentale positive (1958), ont permis à Ryff de formuler des critères qui ne se réduisent pas à la simple absence de pathologie psychiatrique répertoriée dans le DSM.

En croisant systématiquement les points de convergence théorique entre ces divers courants, Ryff a identifié les six domaines récurrents qui sont devenus les six sous-échelles de la SPWB. Cette démarche déductive rigoureuse garantit une remarquable validité de contenu dès la conception initiale de l’instrument.

7. Validité / Validity

La validité de la SPWB a été documentée à travers des centaines d’études empiriques internationales couvrant des échantillons cliniques, communautaires et de population générale.

Validité de construit et convergente

Dans l’étude princeps de Ryff (1989), menée auprès de 321 adultes jeunes, d’âge moyen et âgés, les dimensions de la SPWB ont montré des corrélations fortes et cohérentes avec des instruments établis mesurant le fonctionnement positif et la santé mentale. L’acceptation de soi et la maîtrise de l’environnement ont montré des corrélations positives élevées avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (respectivement r = 0,73 et r = 0,62) et avec la satisfaction de vie mesurée par la Life Satisfaction Index de Neugarten (r = 0,73 et r = 0,68). La dimension relations positives avec autrui corrélait significativement avec l’indice de bien-être affectif et le sentiment d’affiliation sociale.

Validité discriminante

La validité discriminante a été démontrée par des corrélations négatives robustes avec des mesures d’affects dysphoriques et de détresse psychologique. Les sous-échelles d’acceptation de soi et de maîtrise de l’environnement présentent des corrélations négatives marquées avec l’échelle de dépression de Zung (r = -0,59 et r = -0,60) et avec l’indice d’anxiété de Speilberger. Par ailleurs, les analyses ont mis en évidence que si l’acceptation de soi partage une part de variance avec le bien-être hédonique, des dimensions telles que l’autonomie, la croissance personnelle et le sens à la vie s’en détachent nettement, démontrant que la SPWB capture des facettes du fonctionnement psychologique inaccessibles aux échelles traditionnelles de satisfaction de vie.

Validité de critère et associations biologiques

Les données issues de l’étude MIDUS et des recherches subséquentes de Ryff et Singer (1998, 2006) ont apporté une validation biologique de premier ordre au construit : des scores élevés aux échelles de sens à la vie et de relations positives sont prédictifs de profils physiologiques optimaux, notamment des niveaux plasmatiques réduits d’interleukine-6 (IL-6), un taux d’hémoglobine glyquée abaissé, une meilleure architecture du sommeil paradoxal et un rapport taille-hanches plus favorable. De plus, de hauts scores de bien-être eudémonique confèrent un effet protecteur documenté contre le déclin cognitif lié à l’âge et la maladie d’Alzheimer.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de la SPWB varient en fonction de la longueur de la version employée, illustrant le compromis psychométrique classique entre brièveté de passation et consistance interne.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Pour la version parente longue originelle comprenant 20 items par sous-échelle (120 items au total), les coefficients alpha de Cronbach rapportés par Ryff (1989) témoignent d’une consistance interne remarquable :

  • Acceptation de soi : α = 0,93
  • Relations positives avec autrui : α = 0,91
  • Autonomie : α = 0,86
  • Maîtrise de l’environnement : α = 0,90
  • Sens à la vie : α = 0,90
  • Croissance personnelle : α = 0,87

Dans la version intermédiaire standard à 14 items par dimension (84 items au total), la consistance interne demeure robuste, les alphas s’échelonnant généralement entre 0,83 et 0,91 selon les échantillons. Les corrélations entre la version à 14 items et la version parente à 20 items sont quasi parfaites, s’étendant de 0,97 à 0,99 à travers les six domaines.

En revanche, la prudence s’impose pour la version ultra-courte à 3 items par dimension (18 items au total, souvent utilisée dans les grandes enquêtes épidémiologiques en raison de contraintes de temps). Comme documenté empiriquement par Ryff et Keyes (1995) ainsi que par Springer et Hauser (2006), les coefficients alpha de cette version abrégée tombent à des niveaux modestes : 0,52 pour l’acceptation de soi, 0,56 pour les relations positives, 0,37 pour l’autonomie, 0,49 pour la maîtrise de l’environnement, 0,33 pour le sens à la vie et 0,40 pour la croissance personnelle. Ces valeurs modestes s’expliquent par le fait que 3 items ne peuvent couvrir l’étendue conceptuelle des construits sans sacrifier la redondance nécessaire à un alpha élevé.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Sur un sous-échantillon testé à un intervalle de six semaines avec la version à 20 items par échelle, les coefficients de corrélation test-retest se sont révélés particulièrement stables : 0,85 pour l’acceptation de soi, 0,83 pour les relations positives, 0,88 pour l’autonomie, 0,81 pour la maîtrise de l’environnement, 0,82 pour le sens à la vie et 0,81 pour la croissance personnelle. Ces indices confirment que l’échelle évalue des dispositions psychologiques relativement stables chez l’adulte, tout en demeurant sensible aux transformations développementales et aux interventions thérapeutiques de moyenne durée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la SPWB est au centre de l’un des débats les plus stimulants de la psychométrie contemporaine. Dès sa conception, l’échelle a été construite selon un modèle théorique à six facteurs orthogonaux ou corrélés.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et modèle originel

Dans l’étude séminale de Ryff et Keyes (1995), basée sur un échantillon représentatif américain issu de l’enquête MIDUS (N = 1 108), les auteurs ont comparé plusieurs modèles concurrents au moyen d’analyses factorielles confirmatoires :

  • Un modèle à facteur unique général (bien-être indifférencié) ;
  • Un modèle à deux facteurs (séparant les affects/cognitions positifs et négatifs) ;
  • Le modèle théorique à six facteurs corrélés de premier ordre ;
  • Un modèle hiérarchique de second ordre, où un facteur général de bien-être eudémonique sous-tend les six dimensions primaires.

Les résultats de Ryff et Keyes ont conclu à la supériorité statistique du modèle à six facteurs corrélés, soutenu par un facteur général de second ordre, sur les modèles alternatifs plus parcimonieux. Les indices d’ajustement soutenaient la structure à six dimensions par rapport à l’option unifactorielle.

La controverse méthodologique de Springer et Hauser (2006)

Cette structure a été remise en question par Springer, Hauser et Freese (2006). En appliquant des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses sur de vastes échantillons (MIDUS, Wisconsin Longitudinal Study), ces sociologues et psychométriciens ont mis en évidence des inter-corrélations extrêmement élevées entre certaines sous-échelles dans les versions courtes (notamment entre l’acceptation de soi et la maîtrise de l’environnement, où r approchait ou dépassait 0,90 après correction de l’atténuation due à l’erreur de mesure). Ils ont argué que l’échelle ne mesurait en réalité que deux, voire trois dimensions distinctes empiriquement.

En réponse, Ryff et Singer (2006) ont démontré que cette multicolinéarité apparente était un artefact statistique propre aux versions très abrégées (3 items par échelle), où le nombre insuffisant d’indicateurs dégrade la séparation factorielle. Dans les versions comprenant 9, 14 ou 20 items par échelle, les six facteurs demeurent distincts sur le plan conceptuel et empirique, présentant des profils différentiels selon l’âge et le genre qui justifient pleinement le maintien du modèle hexafactoriel originel.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Scales of Psychological Well-Being (SPWB) / Échelle de bien-être psychologique.
  • Auteure : Carol D. Ryff (1989).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Formats disponibles :
    • Version originale : 120 items (20 items par dimension).
    • Version intermédiaire longue : 84 items (14 items par dimension).
    • Version intermédiaire standard : 54 items (9 items par dimension).
    • Version intermédiaire courte : 42 items (7 items par dimension).
    • Version abrégée épidémiologique : 18 items (3 items par dimension).
  • Format de réponse : Échelle de Likert à 6 points d’ancrage sans point neutre :
    • 1 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
    • 2 = Moderately disagree (Modérément en désaccord)
    • 3 = Slightly disagree (Légèrement en désaccord)
    • 4 = Slightly agree (Légèrement d’accord)
    • 5 = Moderately agree (Modérément d’accord)
    • 6 = Strongly agree (Fortement d’accord)
  • Dimensions mesurées :
    1. Autonomie (Autonomy)
    2. Maîtrise de l’environnement (Environmental Mastery)
    3. Croissance personnelle (Personal Growth)
    4. Relations positives avec autrui (Positive Relations with Others)
    5. Sens à la vie (Purpose in Life)
    6. Acceptation de soi (Self-Acceptance)
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Les items formulés de manière négative font l’objet d’un recodage inversé préalable (1 devient 6, 2 devient 5, 3 devient 4, 4 devient 3, 5 devient 2, 6 devient 1).
    • Un score total par dimension est obtenu en sommant (ou en faisant la moyenne) des items composant la sous-échelle correspondante.
    • Des scores élevés indiquent un fonctionnement eudémonique optimal dans la dimension considérée. Il est généralement déconseillé d’agréger l’ensemble des six dimensions en un score global unique sans rapporter préalablement les scores différentiels sous-jacents.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de première publication : 1989.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’échelle et son modèle conceptuel sont la propriété intellectuelle du Dr Carol D. Ryff.
  • Politique d’utilisation et tarifs : L’échelle de bien-être psychologique de Ryff est mise gratuitement à la disposition de la communauté scientifique internationale pour la recherche académique non commerciale, l’enseignement supérieur et les thèses universitaires. Aucuns frais de licence ne sont exigés pour ces usages de recherche.
  • Conditions d’accès : Les chercheurs souhaitant utiliser l’instrument dans ses différentes versions officielles sont invités à consulter les ressources mises en ligne par l’Institute on Aging de l’Université du Wisconsin à Madison ou à contacter directement l’équipe MIDUS. Toute utilisation commerciale, d’entreprise ou d’édition logicielle payante requiert une autorisation écrite formelle.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études méthodologiques clés relatives à la SPWB sont répertoriées ci-dessous au format APA (7e édition) avec liens d’accès :

  • Fisher, L. D. (2012). Antecedents and outcomes of sexual orientation disclosure in the workplace among lesbians (Publication No. 152578) [Doctoral dissertation, Columbia University]. Columbia Academic Commons. https://academiccommons.columbia.edu/doi/10.7916/D8668B7G
  • Hauser, R. M., Springer, K. W., & Pudrovska, T. (2005, November). Temporal structures of psychological well-being: Continuity or change. Communication présentée à la 58e réunion scientifique annuelle de la Gerontological Society of America, Orlando, FL.
  • Lease, S. H., Horne, S. G., & Noffsinger-Frazier, N. (2005). Affirming faith experiences and psychological health for Caucasian lesbian, gay, and bisexual individuals. Journal of Counseling Psychology, 52(3), 378–388. https://doi.org/10.1037/0022-0167.52.3.378
  • Ryff, C. D. (1989). Happiness is everything, or is it? Explorations on the meaning of psychological well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 57(6), 1069–1081. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.6.1069
  • Ryff, C. D. (1995). Psychological well-being in adult life. Current Directions in Psychological Science, 4(4), 99–104. https://doi.org/10.1111/1467-8721.ep10772395
  • Ryff, C. D., & Keyes, C. L. M. (1995). The structure of psychological well-being revisited. Journal of Personality and Social Psychology, 69(4), 719–727. https://doi.org/10.1037/0022-3514.69.4.719
  • Ryff, C. D., & Singer, B. (1998). The contours of positive human health. Psychological Inquiry, 9(1), 1–28. https://doi.org/10.1207/s15327965pli0901_1
  • Ryff, C. D., & Singer, B. H. (2006). Best news yet on the six-factor model of well-being. Social Science Research, 35(4), 1103–1119. https://doi.org/10.1016/j.ssresearch.2006.01.002
  • Seifert, T. (2005). Assessment of the Ryff Scales of Psychological Well-Being. Center of Inquiry in the Liberal Arts at Wabash College. http://www.wabashnationalstudy.org/wns/ryff.html
  • Springer, K. W., & Hauser, R. M. (2006). An assessment of the construct validity of Ryff’s Scales of Psychological Well-Being: Method, mode and measurement effects. Social Science Research, 35(4), 1080–1102. https://doi.org/10.1016/j.ssresearch.2005.07.004
  • Springer, K. W., Hauser, R. M., & Freese, J. (2006). Bad news indeed for the Ryff’s six-factor model of well-being. Social Science Research, 35(4), 1120–1131. https://doi.org/10.1016/j.ssresearch.2006.01.003

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response Scale:
1 = Strongly disagree
2 = Moderately disagree
3 = Slightly disagree
4 = Slightly agree
5 = Moderately agree
6 = Strongly agree
  1. * I tend to be influenced by people with strong opinions.
  2. In general‚ I feel I am in charge of the situation in which I live.
  3. I think it is important to have new experiences that challenge how you think about yourself and the world.
  4. * Maintaining close relationships has been difficult and frustrating for me.
  5. * I live life one day at a time and don’t really think about the future.
  6. When I look at the story of my life‚ I am pleased with how things have turned out.
  7. I have confidence in my opinions‚ even if they are contrary to the general consensus.
  8. * The demands of everyday life often get me down.
  9. † For me‚ life has been a continuous process of learning‚ changing and growth.
  10. People would describe me as a giving person‚ willing to share my time with others.
  11. † Some people wander aimlessly through life‚ but I am not one of them.
  12. I like most aspects of my personality.
  13. † I judge myself by what I think is important‚ not by the values of what others think is important.
  14. † I am quite good at managing the many responsibilities of my daily life.
  15. * I gave up trying to make a big improvements or changes in my life a long time ago.
  16. *† I have not experienced many warm and trusting relationships with others.
  17. * I sometimes feel as if I’ve done all there is to do in life.
  18. *† In many ways‚ I feel disappointed about my achievements in life.
  19. I tend to be influenced by people with strong opinions.
  20. I am quite good at managing the many responsibilities of my daily life.
  21. I have the sense that I have developed a lot as a person over time.
  22. I enjoy personal and mutual conversations with family members or friends.
  23. I don’t have a good sense of what it is I’m trying to accomplish in life.
  24. I like most aspects of my personality.
  25. I have confidence in my opinions‚ even if they are contrary to the general consensus.
  26. I often feel overwhelmed by my responsibilities
  27. I do not enjoy being in new situations that require me to change my old familiar ways of doing things.
  28. People would describe me as a giving person‚ willing to share my time with others.
  29. I enjoy making plans for the future and working to make them a reality.
  30. In many ways‚ I feel disappointed about my achievements in life.
  31. It’s difficult for me to voice my own opinions on controversial matters.
  32. I have difficulty arranging my life in a way that is satisfying to me.
  33. For me‚ life has been a continuous process of learning‚ changing‚ and growth.
  34. I have not experienced many warm and trusting relationships with others.
  35. Some people wander aimlessly through life‚ but I am not one of them
  36. My attitude about myself is probably not as positive as most people feel about themselves.
  37. I judge myself by what I think is important‚ not by the values of what others think is important.
  38. I have been able to build a home and a lifestyle for myself that is much to my liking.
  39. I gave up trying to make big improvements or changes in my life a long time ago.
  40. I know that I can trust my friends‚ and they know they can trust me.
  41. I sometimes feel as if I’ve done all there is to do in life.
  42. When I compare myself to friends and acquaintances‚ it makes me feel good about who I am.
  43. I have not experienced many warm and trusting relationships with others.
  44. I often change my mind about decisions if my friends or family disagree.
  45. I have difficulty arranging my life in a way that is satisfying to me.
  46. I gave up trying to make big improvements or change in my life a long time ago.
  47. Some people wander aimlessly through life‚ but I am not one of them.
  48. The past has its ups and downs‚ but in general‚ I wouldn’t want to change it.
  49. I know that I can trust my friends‚ and they know they can trust me.
  50. I judge myself by what I think is important‚ not by the values of what others think is important.
  51. I have been able to build a home and a lifestyle for myself that is much to my liking.
  52. There is truth to the saying that you can’t teach an old dog new tricks.
  53. I sometimes feel as if I’ve done all there is to do in life.
  54. When I compare myself to friends and acquaintances‚ it makes me feel good about who I am.
  55. I have not experienced many warm and trusting relationships with others.
  56. It’s difficult for me to voice my own opinions on controversial matters.
  57. My daily life is busy‚ but I derive a sense of satisfaction from keeping up with everything.
  58. I do not enjoy being in new situations that require me to change my old familiar ways of doing things.
  59. Some people wander aimlessly through life‚ but I am not one of them.
  60. My attitude about myself is probably not as positive as most people feel about themselves.
  61. I often feel as if I’m on the outside looking in when it comes to friendships.
  62. I often change my mind about decisions if my friends or family disagree.
  63. I get frustrated when trying to plan my daily activities because I never accomplish the things I set out to do.
  64. For me‚ life has been a continuous process of learning‚ changing‚ and growth.
  65. I sometimes feel as if I’ve done all there is to do in life.
  66. Many days I wake up feeling discouraged about how I have lived my life.
  67. I know that I can trust my friends‚ and they know they can trust me.
  68. I am not the kind of person who gives in to social pressures to think or act in certain ways.
  69. My efforts to find the kinds of activities and relationships that I need have been quite successful.
  70. I enjoy seeing how my views have changed and matured over the years.
  71. My aims in life have been more a source of satisfaction than frustration to me.
  72. The past had its ups and downs‚ but in general‚ I wouldn’t want to change it.
  73. I find it difficult to really open up when I talk with others.
  74. I am concerned about how other people evaluate the choices I have made in my life.
  75. I have difficulty arranging my life in a way that is satisfying to me.
  76. I gave up trying to make big improvements or changes in my life a long time ago.
  77. I find it satisfying to think about what I have accomplished in life.
  78. When I compare myself to friends and acquaintances‚ it makes me feel good about who I am.
  79. My friends and I sympathize with each other’s problems.
  80. I judge myself by what I think is important‚ not by the values of what others think is important.
  81. I have been able to build a home and a lifestyle for myself that is much to my liking.
  82. There is truth to the saying that you can’t teach an old dog new tricks.
  83. In the final analysis‚ I’m not so sure that my life adds up to much.
  84. Everyone has their weaknesses‚ but I seem to have more than my share.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle de bien-être psychologique (SPWB). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-psychologique-spwb/
Looti, Mohammed. “Échelle de bien-être psychologique (SPWB).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-psychologique-spwb/.
Looti, Mohammed. “Échelle de bien-être psychologique (SPWB).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-psychologique-spwb/.