Échelle de bien-être mental, physique et spirituel

L’Échelle de bien-être mental, physique et spirituel (MPSWS) développée par Dianne A. Vella-Brodrick et Felicity C. Allen est un instrument psychométrique de 30 items évaluant le bien-être holistique à travers trois dimensions interdépendantes. Découvrez ses propriétés psychométriques, son cadre théorique et ses items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de bien-être mental, physique et spirituel (en anglais, Mental, Physical, and Spiritual Well-Being Scale ou MPSWS) est un instrument psychométrique multidimensionnel pionnier, conçu initialement par Dianne A. Vella-Brodrick et Felicity C. Allen au milieu des années 1990. Cet outil d’évaluation holistique a été développé pour combler une lacune épistémologique et méthodologique majeure dans l’évaluation psychologique de la santé, laquelle privilégiait historiquement une vision dualiste ou exclusivement biomédicale du fonctionnement humain. La MPSWS conceptualise le bien-être non pas comme une simple absence de pathologie ou d’affliction somatique, mais comme un état dynamique et intégratif composé de trois dimensions fondamentales et interdépendantes : le bien-être mental (ou psychologique et cognitif), le bien-être physique (somatique et comportemental) et le bien-être spirituel (recherche de sens, transcendance et paix intérieure).

L’échelle se compose de 30 items formulés de manière ciblée, mesurant des comportements, des états internes, des symptômes fonctionnels et des pratiques quotidiennes. Les participants répondent généralement à l’aide d’une échelle graduée de type Likert en 5 points, ancrée par les extrémités (1) « Souvent » (Often) à (5) « Jamais » (Never), certains items bénéficiant de formulations spécifiques adaptées à la temporalité ou à la fréquence des pratiques (comme l’item 18 relatif à la durée d’engagement dans des activités de pacification intérieure). Plusieurs items sont inversés afin de contrôler les biais de complaisance ou d’acquiescement. Les analyses psychométriques initiales et ultérieures confirment une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,86 pour les sous-échelles respectives et l’indice global. La structure factorielle de l’instrument a fait l’objet de validations croisées, révélant une organisation tripartite robuste tout en stimulant des débats théoriques féconds sur la nature intrinsèque des indicateurs cognitifs et somatiques. L’échelle démontre une excellente validité convergente et discriminante, corrélant significativement avec des mesures de dépression, d’anxiété, d’affects positifs et négatifs, ainsi que de satisfaction de vie.

2. Mots-clés / Keywords

Bien-être holistique, santé mentale, santé physique, bien-être spirituel, psychométrie, évaluation psychologique, MPSWS, échelle de Vella-Brodrick, spiritualité et santé, qualité de vie, psychosomatique, analyse factorielle, validité de construit.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par des chercheuses de premier plan dans le champ de la psychologie de la santé, du bien-être et de la psychologie positive :

  • Dianne A. Vella-Brodrick, Ph.D. : Professeure titulaire et directrice adjointe du Centre for Wellbeing Science à la Melbourne Graduate School of Education, Université de Melbourne (Australie). Elle a initié le développement de l’échelle dans le cadre de ses travaux doctoraux et de maîtrise à la Monash University (Caulfield, Australie). Ses recherches portent sur la promotion du bien-être, la santé intégrative, les interventions en psychologie positive et la psychométrie appliquée. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Felicity C. Allen, Ph.D. : Chercheuse et maître de conférences au Département de psychologie de la Monash University (Melbourne, Australie). Spécialiste reconnue de la psychologie de la santé, des processus d’adaptation au stress et des interactions psychosomatiques.
  • Collaborateurs ultérieurs : Des chercheurs comme V. White (1997) ont contribué à l’analyse des biais de désirabilité sociale associés à l’outil, et D. L. Green (2006) a investigué la réplicabilité de sa structure factorielle auprès de diverses populations cliniques et d’étudiants en travail social.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Mental, Physical, and Spiritual Well-Being Scale est de fournir une évaluation psychométrique opérationnelle et holistique de la santé positive, alignée sur la définition fondatrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) établie en 1948, qui caractérise la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Bien que cette définition fasse autorité sur le plan théorique depuis des décennies, la majorité des instruments psychométriques développés au XXe siècle sont demeurés tributaires d’approches dichotomiques ou unidimensionnelles, se concentrant de manière prédominante sur la détresse somatique, les troubles psychopathologiques ou, plus récemment, le fonctionnement subjectif et émotionnel.

La MPSWS a été spécifiquement conceptualisée pour satisfaire un triple impératif :

  • Intégration du domaine spirituel : Longtemps reléguée aux marges de la recherche empirique en raison de soupçons de subjectivisme ou de confusion théologique, la spiritualité est ici réhabilitée en tant que déterminant psychologique légitime de la santé. L’instrument permet d’évaluer la manière dont les pratiques contemplatives, la croyance en une transcendance, l’orientation éthique et la quête de sens contribuent à l’homéostasie globale de la personne.
  • Évaluation conjointe des manifestations somatiques et cognitives : Plutôt que de dissocier le corps et l’esprit, la MPSWS capte simultanément des indicateurs de fonctionnement cognitif et de vitalité intellectuelle (engagement dans des discussions éthiques, lecture, jeux de stimulation mentale, réflexion critique) et des symptômes physiologiques fonctionnels ou habitudes somatiques (troubles digestifs, nausées, céphalées, température périphérique, léthargie).
  • Utilisation clinique et préventive : En pratique clinique, l’échelle sert de cartographie multidimensionnelle (strengths-based assessment). Elle permet aux cliniciens, aux psychologues de la santé et aux travailleurs sociaux d’identifier les ressources protectrices du patient (par exemple, un recours élevé à des pratiques de paix intérieure) et ses vulnérabilités fonctionnelles (par exemple, une somatisation gastro-intestinale chronique ou un désengagement intellectuel). Dans les programmes d’intervention en promotion de la santé, elle constitue un indicateur pré- et post-test hautement sensible pour évaluer l’impact des approches corps-esprit (mind-body interventions), de la méditation de pleine conscience, des modifications du mode de vie et des thérapies intégratives.

Sur le plan de la recherche fondamentale, la MPSWS permet d’analyser les relations d’interdépendance structurelle entre l’équilibre psychologique, l’état physique perçu et la transcendance spirituelle, facilitant ainsi la modélisation en équations structurelles des trajectoires de résilience face au stress aigu et chronique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la MPSWS repose sur une vision tripartite et unifiée de l’architecture du bien-être. Chacune des trois dimensions est opérationnalisée à travers des comportements observables, des cognitions et des ressentis corporels bien précis :

5.1. La dimension mentale (Mental Well-Being)

Dans la perspective de Vella-Brodrick et Allen, le bien-être mental transcende l’absence de symptômes psychiatriques tels que l’anxiété ou l’humeur dépressive. Il renvoie activement à la curiosité intellectuelle, à la stimulation cognitive, à l’analyse réflexive, à la créativité et à l’ouverture esthétique. Cette dimension évalue la capacité et la motivation de l’individu à nourrir son fonctionnement intellectuel et à donner du sens à son environnement socioculturel. Les items mesurent concrètement :

  • La consommation culturelle et artistique (visiter des musées, théâtres, galeries d’art ; item 13).
  • L’engagement dans des activités intellectuellement stimulantes (jeux d’échecs, mots croisés, bridge ; item 9 ; émissions télévisées d’érudition/quiz ; item 2).
  • La lecture diversifiée (romans ; item 3) et l’écriture créative ou expressive (lettres, histoires, poèmes ; item 17).
  • L’effort d’information et d’esprit critique (collecter le maximum d’informations avant de juger ; item 7 ; regarder des documentaires ; item 27 ; s’informer de l’actualité ; item 26).
  • L’action réfléchie (penser avant d’agir ; item 23) et l’aménagement esthétique de son espace de vie personnel ou professionnel (item 19).

5.2. La dimension physique (Physical Well-Being)

Le bien-être physique est opérationnalisé comme l’absence de perturbations somatiques fonctionnelles et la présence d’une vitalité corporelle optimale. Plutôt que de mesurer des diagnostics médicaux stricts, la sous-échelle capture la conscience corporelle et les manifestations physiologiques fréquemment associées à la charge allostatique et au stress psychosomatique. Les composantes explorées incluent :

  • Les symptômes gastro-intestinaux et dyspepsiques : nausées et vomissements (item 8), douleurs gastriques ou indigestions (item 10), constipation (item 15), diarrhée fréquente (item 28).
  • Les douleurs somatiques et tensions neurologiques : céphalées chroniques (item 12), maux et courbatures corporelles (item 29).
  • La vitalité et l’énergie perçue : sensations de fatigue et de léthargie au cours des derniers mois (item 5), niveau de restauration énergétique au réveil matinal (item 21).
  • La régulation vasomotrice périphérique : température corporelle perçue aux extrémités (mains et pieds suffisamment chauds ; item 25).
  • Les comportements de gestion pondérale : engagement dans un régime pour réguler son poids (item 20).

5.3. La dimension spirituelle (Spiritual Well-Being)

L’originalité fondamentale de la MPSWS réside dans son traitement de la dimension spirituelle, définie indépendamment de tout dogme institutionnel strict, bien qu’elle inclue les pratiques confessionnelles traditionnelles. La spiritualité est appréhendée comme un continuum englobant la quête de transcendance, la recherche de paix intérieure, la posture morale et le recours à des forces supérieures face à l’adversité. Cette sous-échelle intègre :

  • Le recours au soutien spirituel lors d’épreuves de vie : recherche d’aide auprès de Dieu, d’une entité supérieure, d’un lieu de culte, par la prière ou auprès d’un guide religieux (item 1).
  • L’engagement réflexif et discursif : participation à des débats sur les enjeux éthiques ou moraux (item 4), étude ou lecture consacrée à la religion et à la spiritualité (item 6), discussion ouverte autour du sens de la vie, de la mort et de la paix intérieure (item 22).
  • L’auto-analyse morale : examen critique de sa propre conduite dans le but d’élever son comportement éthique (item 11).
  • Le partage des enseignements existentiels : transmission aux proches des leçons de vie acquises (item 14).
  • Les croyances ontologiques et métaphysiques : croyance en une vie après la mort (item 16).
  • Les pratiques contemplatives et d’intériorité : durée d’engagement dans des disciplines orientées vers la paix intérieure comme le yoga, la méditation ou la prière (item 18), efforts récents d’élévation personnelle/spirituelle (item 24) et utilisation actuelle de la prière ou méditation pour cultiver la sérénité (item 30).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement conceptuel de la MPSWS s’enracine dans la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie contemporaine et de la médecine psychosomatique :

6.1. Le modèle biopsychosocial d’Engel

Formulé par George L. Engel à la fin des années 1970, le modèle biopsychosocial a contesté le réductionnisme biomédical en affirmant que la santé et la maladie résultent d’une interaction dynamique et complexe entre facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Vella-Brodrick et Allen ont étendu cette perspective pour formuler ce que certains nomment le modèle biopsychospirituel. En reconnaissant que l’expérience de la subjectivité et la régulation neurovégétative sont intrinsèquement liées à la façon dont l’individu conceptualise son existence dans l’univers, la MPSWS postule que le bien-être ne peut être appréhendé de façon exhaustive si l’une des composantes de cette triade est oblitérée.

6.2. La psychologie humaniste et existentielle

L’instrument s’inspire directement des travaux de théoriciens humanistes et existentiels tels qu’Abraham Maslow (particulièrement sa hiérarchie des besoins et le concept d’auto-actualisation, incluant les « expériences paroxystiques » ou peak experiences) et Viktor Frankl (fondateur de la logothérapie, centré sur la volonté de sens). Selon Frankl, la recherche de sens est la force motivationnelle première de l’être humain. Lorsqu’elle est frustrée, il en résulte une « névrose noogène » ou un vide existentiel qui peut se répercuter directement sur la santé mentale et somatique. La MPSWS traduit ces concepts en indicateurs mesurables de questionnement éthique, de transcendance et d’harmonisation de soi.

6.3. La salutogenèse d’Antonovsky

Le cadre théorique de la salutogenèse développé par Aaron Antonovsky constitue un autre pilier essentiel. Contrairement à la pathogenèse qui s’intéresse à l’étiologie des maladies, la salutogenèse examine les origines de la santé et les mécanismes par lesquels les individus maintiennent leur homéostasie en dépit des stresseurs ubiquitaires de la vie. Le « sens de la cohérence » (Sense of Coherence – SOC) formulé par Antonovsky repose sur la compréhensibilité, la gérabilité et la significativité. Dans la MPSWS, la stimulation intellectuelle (dimension mentale), le contrôle physiologique perçu (dimension physique) et l’ancrage spirituel fournissent précisément les ressources de résistance généralisées permettant d’alimenter ce sens de la cohérence.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la MPSWS a fait l’objet de plusieurs investigations empiriques rigoureuses, tant lors de sa construction initiale que dans des études de réplication ultérieures :

7.1. Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été initialement établie par Vella-Brodrick (1994) à l’aide d’un panel d’experts en psychologie, en médecine comportementale et en théologie/philosophie. Les items initiaux ont été systématiquement passés au crible pour garantir qu’ils couvraient adéquatement l’ensemble des facettes du construit sans introduire d’ambiguïté linguistique ni de biais théocentrique exclusif, permettant ainsi à des individus agnostiques ou engagés dans des spiritualités non théistes d’y répondre de manière congruente.

7.2. Validité convergente et discriminante

Dans l’étude princeps de Vella-Brodrick et Allen (1995), les différentes sous-échelles de la MPSWS ont été corrélées avec des batteries d’instruments standardisés :

  • Bien-être physique : La sous-échelle physique a démontré des corrélations négatives robustes et significatives avec des inventaires de somatisation, de détresse corporelle perçue et le nombre de consultations médicales déclarées, ainsi qu’une corrélation négative avec l’échelle d’affect négatif du PANAS (Positive and Negative Affect Schedule).
  • Bien-être mental : Cette dimension présente des corrélations positives statistiquement significatives avec des mesures de créativité, d’engagement cognitif (Need for Cognition) et d’affect positif, tout en montrant une corrélation modérée et attendue avec l’estime de soi.
  • Bien-être spirituel : La dimension spirituelle corrèle fortement avec des instruments établis comme la Spiritual Well-Being Scale (SWBS de Paloutzian & Ellison), la Purpose in Life Test (Crumbaugh & Maholick) et des mesures d’orientation religieuse intrinsèque, confirmant sa validité convergente. Simultanément, sa corrélation modérée avec la désirabilité sociale atteste d’une validité discriminante satisfaisante.

7.3. Contrôle de la désirabilité sociale

Une préoccupation majeure dans la mesure de comportements vertueux, intellectuels ou spirituels est la distorsion des réponses par souci de valorisation personnelle. Vella-Brodrick et White (1997) ont spécifiquement examiné la vulnérabilité de la MPSWS au biais de désirabilité sociale en administrant conjointement l’échelle de Marlowe-Crowne (MC-SDS). Leurs conclusions ont démontré que bien qu’une corrélation faible à modérée existe pour certains items spirituels et moraux, la variance attribuable à la désirabilité sociale n’invalide nullement la structure tripartite ni le pouvoir prédictif de l’instrument sur la santé perçue.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de la MPSWS ont été documentées à travers des indices d’homogénéité interne et de stabilité temporelle :

8.1. Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon de validation original de Vella-Brodrick et Allen (1995), les coefficients alpha de Cronbach (α) rapportés pour les différentes sous-échelles témoignent d’une consistance interne très satisfaisante :

  • Sous-échelle spirituelle : α compris entre 0,82 et 0,86, indiquant une homogénéité remarquable des items relatifs aux croyances et aux pratiques de transcendance.
  • Sous-échelle physique : α oscillant entre 0,74 et 0,80, ce qui est particulièrement élevé pour une échelle évaluant une variété de symptômes somatiques physiologiquement distincts (troubles digestifs, thermorégulation, céphalées).
  • Sous-échelle mentale : α se situant généralement entre 0,70 et 0,77, reflétant la diversité intrinsèque des activités cognitives et culturelles échantillonnées.
  • Échelle totale : L’indice global de bien-être composite affiche fréquemment un alpha global supérieur à 0,83.

Les travaux ultérieurs de Green (2006) ont répliqué ces niveaux de consistance interne au sein d’un échantillon indépendant d’étudiants et de professionnels, obtenant des coefficients alpha de 0,84 pour la dimension spirituelle, 0,76 pour la dimension physique et 0,72 pour la dimension mentale.

8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)

Les évaluations de la fidélité test-retest conduites sur des intervalles de quatre à six semaines révèlent des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et de Pearson élevés :

  • Sous-échelle spirituelle : r = 0,85 à 0,89 (démontrant une très forte stabilité des croyances et pratiques existentielles).
  • Sous-échelle mentale : r = 0,76 à 0,81 (stabilité marquée des habitudes intellectuelles et de loisirs cognitifs).
  • Sous-échelle physique : r = 0,69 à 0,75 (stabilité modérée à forte, fluctuant légèrement en fonction d’épisodes somatiques aigus transitoires).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de la MPSWS a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies :

9.1. Analyses factorielles exploratoires initiales

Lors de la phase de développement, Vella-Brodrick et Allen (1995) ont appliqué une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation oblique (Oblimin), en partant de l’hypothèse théorique que les trois dimensions du bien-être sont corrélées plutôt qu’indépendantes. Les critères de sédimentation de Cattell et les valeurs propres supérieures à 1 ont corroboré l’existence de trois facteurs prédominants expliquant une proportion substantielle de la variance totale :

  • Facteur 1 (Spiritualité / Transcendance) : Regroupe fortement les items 1, 6, 11, 14, 16, 18, 22, 24 et 30, avec des saturations factorielles saturant typiquement entre 0,48 et 0,82.
  • Facteur 2 (Symptomatologie et vitalité physique) : Sature principalement les items somatiques 5, 8, 10, 12, 15, 21, 25, 28 et 29, avec des saturations oscillant entre 0,42 et 0,76.
  • Facteur 3 (Engagement mental et stimulation cognitive) : Englobe les items 2, 3, 4, 7, 9, 13, 17, 19, 23, 26 et 27.

9.2. Analyses confirmatoires et controverses structurelles

L’étude menée par Green (2006) a investigué la structure factorielle de l’instrument au moyen de la modélisation d’équations structurelles (AFC). Les résultats ont mis en évidence que si le modèle à trois facteurs corrélés présente des indices d’ajustement acceptables (ex. CFI > 0,90, RMSEA < 0,06), certains items présentent des saturations croisées intéressantes. Notamment, l’item 4 (« Engager des discussions réfléchies sur des enjeux éthiques ou moraux ») et l’item 11 (« Auto-analyse sérieuse de son comportement pour s’améliorer moralement ») se situent à l’interface précise entre les capacités cognitives d’ordre supérieur (mental) et le développement éthico-existentiel (spirituel). De même, certains items physiques liés au stress (ex. fatigue, léthargie, céphalées) partagent une variance commune avec le fonctionnement mental, corroborant la réalité clinique de l’interdépendance psychosomatique.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se caractérise par les modalités techniques et de passation suivantes :

  • Type d’évaluation : Questionnaire auto-rapporté (auto-évaluation psychométrique).
  • Population cible : Adolescents âgés de plus de 16 ans et adultes de tous âges. Applicable en population générale comme en contextes cliniques non aigus.
  • Nombre total d’items : 30 items brefs et univoques.
  • Temps de passation : Approximativement 7 à 12 minutes.
  • Format des réponses : Échelle ordinale de fréquence en 5 points allant de (1) « Souvent » (Often) à (5) « Jamais » (Never). L’item 18 dispose d’ancrages temporels spécifiques adaptés à son libellé : 1 = « Je ne l’ai pas fait » (I have not), 3 = « < 5 ans » (<5yrs), 5 = « > 10 ans » (>10yrs).
  • Cotation et inversion : Douze items sont inversés (marqués d’un astérisque * : items 3, 7, 8, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 21, 22, 23, 25, 27, 28). L’inversion s’effectue selon la formule standard : Score_inversé = 6 - Score_brut pour une échelle en 5 points, afin qu’un score plus élevé reflète systématiquement un niveau supérieur de bien-être et de fonctionnement.
  • Calcul des scores :
    • Score de bien-être mental : Somme ou moyenne des items cognitifs et culturels.
    • Score de bien-être physique : Somme ou moyenne des items somatiques (après inversion des items de détresse somatique).
    • Score de bien-être spirituel : Somme ou moyenne des items éthiques, transcendants et contemplatifs.
    • Score total de bien-être holistique : Somme globale des 30 items, offrant un indice synthétique de vitalité intégrative.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1994 (thèse de maîtrise de D. A. Vella-Brodrick) ; première publication scientifique de référence en 1995.
  • Statut des droits et accessibilité : L’instrument a été mis à la disposition de la communauté scientifique et des professionnels de santé à des fins de recherche fondamentale et d’évaluation clinique non lucrative. Il est accessible dans le domaine public académique via les publications princeps de 1995 et l’ouvrage clinique de Simmons & Lehmann (2013).
  • Tarification : L’utilisation de l’échelle est gratuite pour les chercheurs, universitaires, étudiants et praticiens du secteur non lucratif. Aucune redevance commerciale n’est requise pour une passation standard dans le cadre d’études universitaires.
  • Modalités d’autorisation : Bien que le questionnaire soit reproduit dans la littérature scientifique, il est d’usage académique de citer les articles fondateurs de Vella-Brodrick & Allen (1995). Pour toute intégration dans des dispositifs commerciaux, des plateformes logicielles payantes ou des programmes institutionnels à grande échelle, une prise de contact préalable avec l’auteure principale, Dre Dianne A. Vella-Brodrick, est recommandée.

12. Références / References

Les références bibliographiques suivantes constituent le socle scientifique régissant l’utilisation, la validation et l’analyse de la MPSWS :

  • Antonovsky, A. (1987). Unraveling the mystery of health: How people manage stress and stay well. Jossey-Bass.
  • Engel, G. L. (1977). The need for a new medical model: A challenge for biomedicine. Science, 196(4286), 129–136. https://doi.org/10.1126/science.847460
  • Frankl, V. E. (1985). Man’s search for meaning. Pocket Books.
  • Green, D. L. (2006). Investigation of the factor structure of the mental, physical Well-Being Scale. Advances in Social Work, 7(2), 34–43. https://doi.org/10.18060/171
  • Maslow, A. H. (1971). The farther reaches of human nature. Viking Press.
  • Paloutzian, R. F., & Ellison, C. W. (1982). Loneliness, spiritual well-being and the quality of life. In L. A. Peplau & D. Perlman (Eds.), Loneliness: A sourcebook of current theory, research and therapy (pp. 224–237). John Wiley & Sons.
  • Vella-Brodrick, D. A. (1994). The development of the MPS Well-being Scale (Thèse de maîtrise inédite). Monash University, Caulfield, Australie.
  • Vella-Brodrick, D. A., & Allen, F. C. (1995). Development and psychometric validation of the Mental, Physical, and Spiritual Well-Being Scale. Psychological Reports, 77(2), 659–674. https://doi.org/10.2466/pr0.1995.77.2.659
  • Vella-Brodrick, D. A., & Allen, F. C. (2013). Mental, Physical, and Spiritual Well-Being Scale. In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for strengths-based assessment and evaluation (pp. 62–65). Springer Publishing Company.
  • Vella-Brodrick, D. A., & White, V. (1997). Response set of social desirability in relation to the Mental, Physical and Spiritual Well-Being Scale. Psychological Reports, 81(1), 127–130. https://doi.org/10.2466/pr0.1997.81.1.127
  • World Health Organization. (1948). Constitution of the World Health Organization. World Health Organization.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: (1) Often, (5) Never
* Reverse Scored

  1. During difficult times do you reach out for spiritual help (e.g., God or a higher being, church or place of worship, prayer, priest, etc.)?
  2. Do you watch quiz programs?
  3. Do you read novels?*
  4. Do you engage in thoughtful discussions about ethical or moral issues?
  5. Over recent months have you been lethargic or tired?
  6. Do you read or study about religion or spiritual issues?
  7. Do you collect as much information as possible on a subject before making judgments on it?*
  8. In the past year, have you suffered nausea and/or vomiting?*
  9. Do you engage in games that are designed for mental stimulation (e.g., bridge, crosswords, chess, etc.)?
  10. In the past year, have you had stomachaches and/or indigestion?
  11. Do you engage in serious self-analysis of your behavior for the purpose of improving your moral behavior?*
  12. Over the past year, have you suffered headaches?*
  13. Do you visit places of culture, art, or creativity (e.g., museum, art gallery, theatre, etc.)?
  14. When you gain insights into life from which others could learn, how often do you share them with people close to you?*
  15. Over the past year, have you been constipated?*
  16. Do you believe in life after death?*
  17. Over the past year, have you written for pleasure (e.g., letters, stories, poems, etc.)?*
  18. How long have you been making use of an activity for obtaining inner peace (e.g., meditation, yoga, prayer, etc.)? 1 “I have not”, 3 “<5yrs”, 5 “>10yrs”
  19. Over the past year, have you taken steps to improve your environment (e.g., made your home or office pleasing, provided yourself with more objects of beauty, etc.)?
  20. Over the past year, have you gone on a diet to lose or gain weight?
  21. In recent months, do you wake up fresh and rested most mornings?*
  22. Do you discuss matters of the spirit (e.g., purpose in life, religion, inner peace, death, etc.)?*
  23. Do you think before you act?*
  24. Over the past year, have you tried to enhance your personal or spiritual development (e.g., meditation, yoga, praying, etc.)?
  25. Are your hands and feet warm enough, generally?*
  26. Do you watch, read, or listen to the news?
  27. Do you watch documentaries?*
  28. Do you suffer diarrhea at least once a month?*
  29. Over the past year, have you experienced aches and pains?
  30. Do you make use of meditation and/or prayer for the purpose of gaining inner peace?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle de bien-être mental, physique et spirituel. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-physique-et-spirituel/
Looti, Mohammed. “Échelle de bien-être mental, physique et spirituel.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-physique-et-spirituel/.
Looti, Mohammed. “Échelle de bien-être mental, physique et spirituel.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-physique-et-spirituel/.