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Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh

L’Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh (WEMWBS) est un instrument psychométrique de référence composé de 14 items mesurant le bien-être psychologique positif, le fonctionnement eudémonique et l’affect hédonique.

PUBLIÉ

1. Résumé

L’Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh (Warwick-Edinburgh Mental Well-being Scale, WEMWBS) constitue une avancée majeure dans l’évaluation psychométrique en santé publique et en psychologie positive. Historiquement, l’évaluation psychologique s’est principalement focalisée sur les modèles déficitaires, mesurant la psychopathologie, la détresse psychologique, la dépression ou l’anxiété. Développée par les universités de Warwick et d’Édimbourg en collaboration avec NHS Health Scotland, la WEMWBS a été conçue pour capturer une vision holistique et exclusivement positive de la santé mentale, englobant tant les dimensions hédoniques (affects positifs, satisfaction de vie) que les dimensions eudémoniques (fonctionnement psychologique optimal, relations interpersonnelles positives, sentiment d’autonomie et de compétence).

L’instrument se compose de 14 items formulés de manière strictement positive. Les répondants évaluent leur expérience au cours des deux dernières semaines sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Jamais / Pas du tout ») à 5 (« Tout le temps »). Le score global s’obtient par la somme directe des items, générant une note totale comprise entre 14 et 70, où un score plus élevé reflète un niveau supérieur de bien-être mental. Aucune inversion de cotation n’est requise puisque tous les énoncés ciblent des manifestations positives.

Sur le plan psychométrique, la WEMWBS fait preuve d’une robustesse exceptionnelle validée à travers de vastes cohortes populationnelles et cliniques. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) soutiennent rigoureusement une structure unidimensionnelle. L’instrument démontre une consistance interne élevée, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,89 et 0,91 dans la population générale, ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest (r = 0,83 à une semaine). Les investigations avancées fondées sur la théorie de réponse aux items non paramétrique (Mokken scaling) confirment une hiérarchie modérément forte des items (coefficient H de Loevinger de 0,48). La WEMWBS est aujourd’hui reconnue internationalement comme un instrument de référence pour la recherche épidémiologique, l’évaluation de programmes d’intervention et le suivi clinique.

2. Mots-clés

Bien-être mental, santé mentale positive, psychométrie, WEMWBS, fonctionnement psychologique, bien-être eudémonique, bien-être hédonique, échelle de Mokken, théorie de réponse aux items, analyse factorielle confirmatoire, santé publique, résilience.

3. Auteurs

L’Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh a été développée et validée par une équipe pluridisciplinaire d’experts en santé publique, psychiatrie et psychométrie de l’Université de Warwick et de l’Université d’Édimbourg, en partenariat avec NHS Health Scotland. Des contributions psychométriques avancées sur la structure de l’échelle et l’influence des capacités cognitives ont été menées par d’éminents chercheurs du Centre for Cognitive Ageing and Cognitive Epidemiology d’Édimbourg.

  • Ruth Tennant – University of Warwick, Warwick Medical School, Coventry, Royaume-Uni.
  • Professeure Sarah Stewart-Brown – University of Warwick, Division of Health Sciences, Warwick Medical School, Coventry, Royaume-Uni. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Professeur Stephen Platt – University of Edinburgh, Centre for Population Health Sciences, Édimbourg, Royaume-Uni.
  • Professeur Ian J. Deary – University of Edinburgh, Department of Psychology, Centre for Cognitive Ageing and Cognitive Epidemiology, Édimbourg, Royaume-Uni. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Professeur Roger Watson – University of Hull, Faculty of Health Sciences, Kingston upon Hull, Royaume-Uni.
  • Dr Tom Booth – University of Edinburgh, Department of Psychology, Édimbourg, Royaume-Uni.
  • Professeure Catharine R. Gale – University of Southampton & University of Edinburgh, MRC Lifecourse Epidemiology Unit, Royaume-Uni.

4. Objectif

Le développement de la WEMWBS répond à un besoin fondamental et historique au sein des sciences comportementales et de la médecine préventive : disposer d’un outil psychométrique standardisé, robuste et non stigmatisant, capable d’évaluer la santé mentale positive plutôt que l’absence de troubles psychiatriques. Pendant des décennies, la recherche en santé publique s’est appuyée sur des inventaires symptomatiques tels que le General Health Questionnaire (GHQ-12), l’inventaire de dépression de Beck (BDI) ou l’échelle d’anxiété de Hamilton. Bien que cruciaux pour le dépistage clinique, ces instruments reposent sur une hypothèse implicite discutable : la santé mentale ne serait que le revers négatif de la pathologie.

Conformément à la définition canonique formulée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la santé mentale est un « état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté ». La WEMWBS a donc été expressément conçue pour mesurer cette conceptualisation élargie et positive. L’échelle a pour objectif d’évaluer le bien-être psychologique global au sein de populations diversifiées, qu’il s’agisse d’échantillons communautaires généraux, de cohortes épidémiologiques longitudinales ou de groupes cliniques bénéficiant de programmes de promotion de la santé.

Les objectifs applicatifs et scientifiques de l’échelle se structurent autour de plusieurs axes majeurs :

  • Surveillance épidémiologique et suivi populationnel : La WEMWBS permet aux gouvernements, aux observatoires de santé et aux municipalités d’établir des profils de santé mentale positive à l’échelle d’un territoire, d’identifier les inégalités sociales de bien-être et de suivre l’évolution temporelle des populations.
  • Évaluation de programmes d’intervention et de politiques publiques : L’instrument est particulièrement sensible aux variations induites par les interventions psychosociales, les programmes de pleine conscience (mindfulness), les thérapies comportementales et cognitives axées sur les forces, ainsi que les initiatives de réinsertion socioprofessionnelle.
  • Recherche clinique et psychologie positive : En recherche fondamentale et appliquée, elle offre un critère de jugement robuste pour explorer les déterminants psychosociaux, biologiques et cognitifs de l’épanouissement humain (flourishing) et de la résilience.
  • Exploration psychométrique fine des interactions cognitives : Des travaux menés notamment par Deary et al. (2013) ont employé la WEMWBS pour analyser la façon dont les capacités cognitives générales (intelligence générale, facteur g) influencent la compréhension sémantique, la structure hiérarchique des items et la précision des réponses auto-rapportées.

5. Construit psychologique

Le construit théorique sous-jacent à la WEMWBS est le bien-être mental positif global (positive mental well-being). Contrairement aux échelles purement affectives (qui ne mesurent que l’humeur positive instantanée) ou purement cognitives (qui n’évaluent que la satisfaction globale de vie), la WEMWBS intègre deux grands piliers conceptuels de la psychologie contemporaine : la perspective hédonique et la perspective eudémonique.

1. La composante hédonique (Bien-être subjectif / Affectif)

Cette dimension renvoie à l’expérience émotionnelle subjective de plaisir, d’affects positifs et de sérénité. Elle se traduit par la présence d’états psychologiques plaisants et l’absence de tension interne. Dans la WEMWBS, cette composante est opérationnalisée par des items ciblant l’optimisme, la détente, l’énergie vitale et la gaieté :

  • Optimisme face à l’avenir : Disposition à anticiper des issues favorables et à maintenir une projection temporelle positive (Item 1 : « I’ve been feeling optimistic about the future »).
  • Relaxation et sérénité : Sensation de calme physique et mental, régulation du stress (Item 3 : « I’ve been feeling relaxed »).
  • Vitalité et énergie : Disponibilité de ressources énergétiques suffisantes pour agir (Item 5 : « I’ve had energy to spare »).
  • Bonne humeur et allégresse : Tonalité affective fondamentale joyeuse et enjouée (Item 14 : « I’ve been feeling cheerful »).

2. La composante eudémonique (Fonctionnement psychologique optimal)

Inspirée des modèles aristotéliciens de l’épanouissement humain et du concept de réalisation de soi, la composante eudémonique renvoie au déploiement des potentialités individuelles, à l’autonomie, à la clarté cognitive, au sentiment d’utilité et à la maîtrise de l’environnement. Dans l’échelle, elle comprend :

  • Sentiment d’utilité et contribution sociale : Perception d’apporter une valeur ajoutée à son entourage ou à la société (Item 2 : « I’ve been feeling useful »).
  • Clarté cognitive et résolution de problèmes : Lucidité intellectuelle, flexibilité mentale et capacité à faire face aux stresseurs de manière constructive (Item 6 : « I’ve been dealing with problems well » ; Item 7 : « I’ve been thinking clearly »).
  • Estime de soi et confiance en soi : Auto-évaluation bienveillante, sentiment d’auto-efficacité personnelle (Item 8 : « I’ve been feeling good about myself » ; Item 10 : « I’ve been feeling confident »).
  • Autonomie décisionnelle : Sentiment d’agentivité et capacité à formuler ses propres choix sans dépendance indue (Item 11 : « I’ve been able to make up my own mind about things »).
  • Curiosité intellectuelle et ouverture : Engagement actif envers la nouveauté et l’apprentissage (Item 13 : « I’ve been interested in new things »).

3. La composante relationnelle et interpersonnelle

Le bien-être mental ne peut être disjoint du tissu social dans lequel l’individu évolue. La WEMWBS accorde une place centrale au fonctionnement relationnel, à la connectivité sociale et au sentiment d’appartenance :

  • Intérêt pour autrui et sociabilité : Curiosité prosociale et empathie envers les autres (Item 4 : « I’ve been interested in other people »).
  • Proximité relationnelle et intimité : Sentiment d’être connecté émotionnellement à ses proches (Item 9 : « I’ve been feeling close to other people »).
  • Sentiment d’être aimé et valorisé : Perception du soutien social inconditionnel et de l’affection reçue (Item 12 : « I’ve been feeling loved »).

Bien que ces multiples facettes sémantiques soient distinctes sur le plan théorique, la modélisation psychométrique démontre qu’elles convergent vers un facteur général unique de bien-être mental positif, justifiant pleinement l’usage d’un score composite global unidimensionnel.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique de la WEMWBS s’enracine dans la convergence historique entre la psychologie positive, les modèles humanistes du fonctionnement optimal et les théories socio-épidémiologiques de la santé publique.

1. Le modèle de la santé mentale positive de Marie Jahoda (1958)

La première grande fondation théorique provient des travaux pionniers de Marie Jahoda (Current Concepts of Positive Mental Health). Jahoda a postulé six critères fondamentaux définissant la santé mentale positive : une attitude positive envers soi-même, la croissance personnelle et l’auto-actualisation, l’intégration de la personnalité (résistance au stress), l’autonomie, une perception réaliste du monde et la maîtrise de l’environnement. La WEMWBS opérationnalise directement ces composantes à travers ses items d’estime de soi, de résolution de problèmes et de clarté de pensée.

2. Le modèle multidimensionnel du bien-être psychologique de Carol Ryff (1989)

La théorie du bien-être psychologique (Psychological Well-Being, PWB) développée par Carol Ryff structure le fonctionnement optimal autour de six axes : l’autonomie, la maîtrise de l’environnement, la croissance personnelle, les relations positives avec autrui, le but dans la vie et l’acceptation de soi. Les concepteurs de la WEMWBS ont puisé dans ce modèle pour s’assurer que l’instrument ne se limite pas à l’évaluation du plaisir immédiat, mais intègre la plénitude du fonctionnement psychologique.

3. La théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan (2000)

La théorie de l’autodétermination (Self-Determination Theory, SDT) postule que le bien-être et l’épanouissement psychologique dépendent de la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux : l’autonomie (se sentir à l’origine de ses choix), la compétence (se sentir efficace dans ses actions) et l’appartenance sociale (se sentir connecté et aimé). Les items 2, 6, 9, 11 et 12 de la WEMWBS capturent directement ces dimensions de compétence, d’autonomie et d’affiliation.

4. Le modèle du continuum de santé mentale de Corey Keyes (2002)

Corey Keyes a formalisé la théorie des « deux continua », selon laquelle la santé mentale et la maladie mentale ne sont pas les pôles opposés d’un axe unique, mais deux dimensions distinctes et corrélées. Une personne peut présenter une absence de trouble psychiatrique caractérisé sans pour autant être en état d’épanouissement (état de langueur ou languishing), ou présenter un trouble tout en maintenant certains aspects de fonctionnement positif (flourishing). La WEMWBS s’inscrit précisément dans la mesure de ce continuum de santé positive.

7. Validité

La validité psychométrique de la WEMWBS a été établie au moyen de méthodes d’analyse rigoureuses combinant la théorie classique des tests (TCT) et la théorie de réponse aux items (TRI).

1. Validité de construit et structurelle

Dans l’étude de validation princeps menée par Tennant et al. (2007) auprès d’échantillons représentatifs au Royaume-Uni (échantillon étudiant n = 348 et échantillon général écossais n = 1 749), l’analyse factorielle confirmatoire a validé le modèle unidimensionnel avec d’excellents indices d’ajustement (CFI = 0,98 ; TLI = 0,97 ; RMSEA = 0,055). De plus, l’analyse par le modèle de Rasch a mis en évidence l’absence de biais systématique majeur et un bon ordonnancement des seuils de réponse pour l’ensemble des 14 items.

2. Validité convergente et discriminante

La WEMWBS présente de fortes corrélations positives avec d’autres échelles de bien-être et de santé reconnues, attestant de sa validité convergente :

  • Satisfaction with Life Scale (SWLS) : r = 0,72 à 0,77 (corrélation élevée avec l’évaluation cognitive de la vie).
  • Positive and Negative Affect Schedule (PANAS – Affects Positifs) : r = 0,71 à 0,75.
  • Short Form-36 Health Survey (SF-36 Mental Health Component) : r = 0,65 à 0,80.
  • Scales of Psychological Well-Being de Ryff : r = 0,68 à 0,76.

Sur le plan de la validité discriminante et divergente, la WEMWBS montre des corrélations négatives substantielles avec les outils mesurant la détresse, la dépression et l’anxiété :

  • General Health Questionnaire (GHQ-12) : r = -0,53 à -0,61.
  • Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D) : r = -0,65 à -0,74.
  • Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) : r = -0,60 pour l’anxiété et r = -0,68 pour la dépression.

3. Validité non paramétrique (Mokken Scaling) et influence cognitive

Dans une étude épidémiologique majeure portant sur 8 643 participants issus de la cohorte britannique National Child Development Survey (NCDS 1958) évalués à l’âge de 50 ans, Deary, Watson, Booth et Gale (2013) ont appliqué le modèle de Mokken (Mokken scaling). L’échelle totale a démontré une forte cohérence d’ensemble avec un coefficient H de Loevinger global de 0,48 (les coefficients H des items individuels variant entre 0,43 et 0,53), confirmant une échelle cumulative modérément forte.

Cependant, l’étude a mis en lumière une nuance de validité fondamentale : l’ordonnancement invariant des items (Invariant Item Ordering, IIO, mesuré par le coefficient HT) atteint des niveaux acceptables (> 0,30) chez les individus présentant des capacités cognitives moyennes à élevées (mesurées dans l’enfance à l’âge de 11 ans), mais diminue chez les individus aux capacités cognitives plus faibles. Cette découverte pionnière souligne que la validité de construit d’un auto-questionnaire dépend en partie de la capacité du répondant à traiter les subtilités sémantiques et hiérarchiques des items.

8. Fidélité

La fidélité de l’Échelle de Warwick-Edinburgh a été abondamment documentée à travers de multiples contextes géographiques et linguistiques, démontrant des propriétés métrologiques de premier ordre.

1. Consistance interne

La cohérence interne globale mesurée par l’alpha de Cronbach est systématiquement élevée :

  • Dans l’échantillon de standardisation britannique original (Tennant et al., 2007), le coefficient alpha s’élève à 0,89 dans l’échantillon étudiant et à 0,91 dans l’échantillon en population générale écossaise.
  • Dans la cohorte NCDS analysée par Deary et al. (2013), l’alpha de Cronbach est de 0,92, et le coefficient oméga de McDonald (ω) atteint 0,93, confirmant que la variance des scores est quasi-intégralement attribuable au facteur latent commun.
  • Les corrélations inter-items moyennes oscillent entre 0,40 et 0,55, ce qui correspond à la zone optimale recommandée (évitant tant la redondance excessive des items que le manque de cohésion interne).

2. Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité temporelle des scores a été évaluée au sein de cohortes d’adultes à différents intervalles de temps sans intervention intermédiaire :

  • À 1 semaine d’intervalle, le coefficient de corrélation intra-classe (CCI) ou r de Pearson est de 0,83 (Tennant et al., 2007).
  • À un intervalle de 2 à 4 semaines, la fidélité test-retest se maintient au-dessus de 0,78.
  • Cette stabilité démontre que la WEMWBS mesure un état d’équilibre psychologique relativement stable dans le temps tout en conservant la sensibilité requise pour enregistrer des changements significatifs suite à des interventions ciblées.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle de la WEMWBS a fait l’objet d’examens statistiques approfondis, passant des analyses factorielles exploratoires (AFE) aux analyses confirmatoires multi-groupes (AFC) et aux modélisations non paramétriques.

1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de conception (à partir d’un ensemble de 40 items réduits progressivement à 14), l’analyse en composantes principales et l’AFE avec extraction en facteurs communs ont révélé un premier facteur dominant expliquant plus de 50 % de la variance totale des réponses. Le ratio entre la première et la deuxième valeur propre (valeur propre 1 > 7,0 contre valeur propre 2 < 0,9) a immédiatement apporté une preuve éclatante d’unidimensionnalité selon le critère de Kaiser et le test d’éboulis de Cattell.

2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations par équations structurelles menées dans divers pays (Royaume-Uni, France, Italie, Espagne, Chine) confirment que le modèle à facteur unique s’ajuste remarquablement aux données. Dans l’étude de référence de Tennant et al. (2007) :

  • Indices d’ajustement : χ²/df = 2,85, CFI (Comparative Fit Index) = 0,98, TLI (Tucker-Lewis Index) = 0,97, RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = 0,052 (IC 90 % [0,045 ; 0,059]), SRMR = 0,032.
  • Saturations factorielles (λ) : Toutes les saturations factorielles standardisées des items sur le facteur latent de bien-être mental sont particulièrement élevées, s’échelonnant entre 0,55 et 0,82. Les items 8 (« feeling good about myself »), 10 (« feeling confident ») et 1 (« feeling optimistic ») présentent généralement les saturations les plus fortes (λ > 0,75).

3. Analyse hiérarchique de Mokken

L’application de la théorie non paramétrique de réponse aux items par Deary et al. (2013) a permis de dépasser les postulats de linéarité de l’AFC :

  • Le test d’homogénéité de Loevinger pour chaque item individuel ($H_i$) s’établit entre 0,43 et 0,53.
  • Le coefficient global d’homogénéité de l’échelle ($H$) s’élève à 0,48, ce qui classe la WEMWBS comme une échelle de Mokken forte et cohérente (le seuil conventionnel pour une échelle forte étant $H ge 0,50$, et pour une échelle modérée $H ge 0,40$).
  • L’analyse confirme que la probabilité d’adhérer à un item requérant un niveau supérieur de bien-être (comme le sentiment d’avoir de l’énergie à revendre ou de se sentir toujours joyeux) implique quasi-systématiquement l’adhésion aux items plus accessibles (comme penser clairement ou être capable de prendre des décisions).

10. Instrument de mesure

L’inventaire WEMWBS se caractérise par des modalités d’administration simples, standardisées et rapides :

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory).
  • Format : 14 items rédigés sous forme d’affirmations positives portant sur l’état d’esprit au cours des deux dernières semaines.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
    • 1 = None of the time (Jamais / Pas du tout)
    • 2 = Rarely (Rarement)
    • 3 = Some of the time (Parfois)
    • 4 = Often (Souvent)
    • 5 = All of the time (Tout le temps)
  • Modalités de cotation :
    • Tous les items sont cotés positivement (de 1 à 5).
    • Il n’y a aucun item inversé (no reverse-scored items).
    • Le score total est calculé par la somme arithmétique directe des 14 items : $\text{Score Total} = \sum_{i=1}^{14} \text{Item}_i$.
    • L’étendue du score total varie de 14 à 70 points.
    • Un score plus élevé indique un niveau plus élevé de bien-être mental positif.
  • Durée de passation : Environ 2 à 3 minutes.
  • Population cible : Adultes et adolescents (dès 13-15 ans) en population générale, contextes communautaires, milieux professionnels ou cliniques.
  • Mode d’administration : Auto-administré (sur support papier, interface numérique, application mobile ou via entretien dirigé).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 2007 (développement initial par Tennant et al., validation approfondie par Deary et al. en 2013).
  • Détenteurs des droits d’auteur (Copyright) : Le copyright de la WEMWBS est conjointement détenu par NHS Health Scotland (désormais Public Health Scotland), l’Université de Warwick et l’Université d’Édimbourg.
  • Conditions d’accès et Tarifs :
    • Recherche académique, secteur public et pratique clinique non commerciale : L’utilisation de la WEMWBS est gratuite. Les chercheurs et cliniciens doivent s’enregistrer auprès de l’équipe de l’Université de Warwick (via le portail officiel de la WEMWBS) pour obtenir une licence d’utilisation formelle et un guide de l’utilisateur.
    • Utilisation commerciale : Pour toute utilisation dans un cadre commercial, lucratif ou de conseil en entreprise privée, des frais de licence s’appliquent et une autorisation préalable doit être négociée auprès de l’Université de Warwick (Warwick Ventures Ltd).
  • Règles de modification : Aucune modification de l’ordre des items, de la formulation des énoncés ou de l’échelle de réponse n’est autorisée sans l’accord explicite des détenteurs des droits, afin de préserver l’invariance de mesure et les propriétés métrologiques de l’échelle.

12. Références

Les publications de référence ci-dessous détaillent le développement original, la validation empirique et l’analyse psychométrique avancée de la WEMWBS en conformité avec les normes APA 7e édition :

  • Deary, I. J., Watson, R., Booth, T., & Gale, C. R. (2013). Does cognitive ability influence responses to the Warwick-Edinburgh Mental Well-Being Scale? Psychological Assessment, 25(2), 313–318. https://doi.org/10.1037/a0030834
  • Jahoda, M. (1958). Current concepts of positive mental health. Basic Books. https://doi.org/10.1037/11258-000
  • Keyes, C. L. (2002). The mental health continuum: From languishing to flourishing in life. Journal of Health and Social Behavior, 43(2), 207–222. https://doi.org/10.2307/3090197
  • Ryff, C. D. (1989). Happiness is everything, or is it? Explorations on the meaning of psychological well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 57(6), 1069–1081. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.6.1069
  • Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. American Psychologist, 55(1), 68–78. https://doi.org/10.1037/0003-066X.55.1.68
  • Stewart-Brown, S., Platt, S., Tennant, A., Maheswaran, H., Parkinson, J., Weich, S., Tennant, R., Taggart, F., & Clarke, A. (2011). The Warwick-Edinburgh Mental Well-being Scale (WEMWBS): Performance in different cultural and geographical groups. Health and Quality of Life Outcomes, 9, Article 43. https://doi.org/10.1186/1477-7525-9-43
  • Tennant, R., Hiller, L., Fishwick, R., Platt, S., Joseph, S., Weich, S., Parkinson, J., Secker, J., & Stewart-Brown, S. (2007). The Warwick-Edinburgh Mental Well-being Scale (WEMWBS): Development and UK validation. Health and Quality of Life Outcomes, 5(1), Article 63. https://doi.org/10.1186/1477-7525-5-63

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

The Warwick-Edinburgh Mental Well-being Scale (WEMWBS)

Instructions: Below are some statements about feelings and thoughts. Please tick the box that best describes your experience of each over the last 2 weeks.

Response Scale (5-point Likert scale):
1 = None of the time | 2 = Rarely | 3 = Some of the time | 4 = Often | 5 = All of the time

  1. I’ve been feeling optimistic about the future
  2. I’ve been feeling useful
  3. I’ve been feeling relaxed
  4. I’ve been feeling interested in other people
  5. I’ve had energy to spare
  6. I’ve been dealing with problems well
  7. I’ve been thinking clearly
  8. I’ve been feeling good about myself
  9. I’ve been feeling close to other people
  10. I’ve been feeling confident
  11. I’ve been able to make up my own mind about things
  12. I’ve been feeling loved
  13. I’ve been interested in new things
  14. I’ve been feeling cheerful

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-de-warwick-edinburgh/
memjavad. “Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh.” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-de-warwick-edinburgh/.
memjavad. “Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh.” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-de-warwick-edinburgh/.