Évaluation psychologiquePsychologie positivePsychométrieSanté publique

Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh

Découvrez l’Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh (WEMWBS) : fondements théoriques, propriétés psychométriques (alpha de Cronbach = 0,89-0,91, fidélité test-retest r = 0,83), analyse factorielle, barèmes de cotation et items originaux.

PUBLIÉ

1. Résumé / Abstract

L’Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh (Warwick-Edinburgh Mental Well-being Scale, WEMWBS) constitue une avancée méthodologique et conceptuelle majeure dans le champ de l’évaluation psychométrique de la santé mentale positive et du fonctionnement psychologique optimal. Conçue et validée au Royaume-Uni par une équipe multidisciplinaire de chercheurs des universités de Warwick et d’Édimbourg (Tennant et al., 2007), cette échelle auto-rapportée de 14 items a été spécifiquement élaborée pour pallier les limites historiques des instruments de mesure traditionnels, lesquels confondaient fréquemment l’absence de troubles psychiatriques avec la présence d’une santé mentale florissante.

Tous les items de la WEMWBS sont formulés de manière exclusivement positive et évaluent l’état psychologique de l’individu au cours des deux dernières semaines. L’instrument intègre de manière synergique les deux grandes traditions philosophiques et psychologiques du bien-être : la composante hédonique (affect positif, satisfaction subjective, optimisme, sensation de relaxation) et la composante eudémonique (fonctionnement psychologique optimal, relations interpersonnelles satisfaisantes, autonomie, sentiment de compétence et sentiment d’utilité sociale). Les participants répondent sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Jamais / À aucun moment ») à 5 (« Tout le temps »), générant un score global continu compris entre 14 et 70 points, où un score plus élevé reflète un niveau supérieur d’épanouissement psychologique.

Sur le plan métrologique, l’échelle démontre des qualités psychométriques exceptionnelles au sein d’échantillons variés de la population générale et étudiante. La cohérence interne est particulièrement robuste, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant entre 0,89 (cohorte étudiante) et 0,91 (échantillon représentatif de la population écossaise). La stabilité temporelle test-retest à une semaine présente un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) de 0,83. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) soutiennent sans ambiguïté une structure unidimensionnelle rigoureuse (RMSEA < 0,06 ; GFI > 0,90), confirmant la pertinence d’un score unique pour caractériser le bien-être mental global. Dénuée d’effets de plafond notables dans la population générale, la WEMWBS s’est imposée à l’échelle internationale comme l’étalon-or pour le suivi épidémiologique en santé publique, l’évaluation des politiques sanitaires et la mesure de l’efficacité des interventions en psychologie positive.

2. Mots-clés / Keywords

santé mentale positive, bien-être mental, psychométrie, bien-être hédonique, bien-être eudémonique, santé publique, WEMWBS, fonctionnement psychologique, épanouissement, auto-évaluation, validité de construit, fidélité test-retest

3. Auteurs / Authors

L’échelle WEMWBS est le fruit d’un consortium de recherche britannique associant l’Université de Warwick, l’Université d’Édimbourg et l’organisme national NHS Health Scotland. Les auteurs principaux ayant développé et validé l’instrument sont :

  • Ruth Tennant — Health Sciences Research Institute, Warwick Medical School, University of Warwick, Coventry, Royaume-Uni (Email : [email protected])
  • Louise Hiller — Warwick Clinical Trials Unit, Warwick Medical School, University of Warwick, Coventry, Royaume-Uni (Email : [email protected])
  • Ruth Fishwick — Department of Public Health and Epidemiology, University of Birmingham, Birmingham, Royaume-Uni (Email : [email protected])
  • Stephen Platt — Centre for International Public Health Policy, School of Health in Social Science, University of Edinburgh, Édimbourg, Royaume-Uni (Email : [email protected])
  • Stephen Joseph — School of Sociology and Social Policy, University of Nottingham, Nottingham, Royaume-Uni (Email : [email protected])
  • Scott Weich — Health Sciences Research Institute, Warwick Medical School, University of Warwick, Coventry, Royaume-Uni (Email : [email protected])
  • Jane Parkinson — NHS Health Scotland, Clifton House, Glasgow, Royaume-Uni (Email : [email protected])
  • Jenny Secker — Faculty of Health and Social Care, Anglia Ruskin University, Cambridge, Royaume-Uni (Email : [email protected])
  • Sarah Stewart-Brown — Health Sciences Research Institute, Warwick Medical School, University of Warwick, Coventry, Royaume-Uni (Email : [email protected])

4. Objectif / Purpose

Contexte historique et biais pathologique

Historiquement, l’évaluation de la santé mentale au sein des sciences biomédicales et comportementales s’est construite autour d’un paradigme déficitaire et nosographique. Sous l’influence des manuels diagnostiques tels que le DSM ou la CIM, la recherche clinique et épidémiologique a longtemps postulé, de manière implicite ou explicite, que la santé mentale se définissait purement et simplement par l’absence de symptômes psychiatriques, d’anxiété ou de dépression. Des instruments largement répandus tels que le General Health Questionnaire (GHQ-12 ; Goldberg et al., 1997) ont ainsi été employés pour monitorer des populations générales, bien qu’ils mesurent fondamentalement la détresse psychologique et la morbidité psychiatrique mineure.

Cette approche négative pose deux problèmes méthodologiques et éthiques majeurs :

  1. L’effet de plafond dans les populations non cliniques : Dans une cohorte saine issue de la communauté, la majorité des individus obtiennent un score nul ou quasi nul sur les échelles de détresse (GHQ, BDI, HADS). Ces outils s’avèrent donc incapables de discriminer les degrés variés de vitalité, de résilience et d’épanouissement psychologique au sein de la population générale.
  2. La stigmatisation et l’inadéquation conceptuelle : L’administration de questionnaires axés sur la symptomatologie dans le cadre de programmes de promotion de la santé ou en milieu professionnel peut induire un sentiment de stigmatisation chez les répondants et ne permet pas d’évaluer les bénéfices spécifiques des interventions positives (développement de l’autonomie, sentiment d’utilité, relations enrichissantes).

Mission et finalité de la WEMWBS

L’objectif primordial ayant présidé à la conception de la WEMWBS était d’offrir aux chercheurs, cliniciens et décideurs de santé publique un instrument psychométrique robuste, standardisé et universel, dédié exclusivement à la mesure de la santé mentale positive. En s’alignant sur la définition holistique de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS, 2001, 2004) — stipulant que la santé est « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » —, la WEMWBS opérationnalise le concept d’épanouissement (flourishing).

L’échelle a été conçue pour répondre à trois applications cardinales :

  • Surveillance épidémiologique et suivi populationnel : Établir des profils démographiques de bien-être mental, identifier les disparités territoriales ou socio-économiques et modéliser l’impact des déterminants sociaux de la santé sur la qualité de vie psychique.
  • Évaluation des interventions de promotion de la santé : Mesurer avec une haute sensibilité au changement les gains en bien-être générés par des programmes communautaires, des thérapies basées sur la pleine conscience, des démarches de psychologie positive ou des réformes organisationnelles en milieu de travail.
  • Recherche translationnelle et clinique : Étudier les corrélats neurobiologiques, comportementaux et relationnels du fonctionnement psychologique optimal, ainsi que son rôle protecteur face au stress chronique et aux maladies somatiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la WEMWBS est une conceptualisation unifiée de la santé mentale positive (Positive Mental Health). Loin de constituer une juxtaposition arbitraire de variables positives, ce construit représente une synthèse théorique intégrative articulant deux courants fondamentaux de la psychologie contemporaine : la perspective hédonique et la perspective eudémonique (Ryan & Deci, 2001 ; Keyes et al., 2002).

Dimension Conceptuelle Définition & Composantes Clés Items Représentatifs (WEMWBS)
Bien-être Hédonique (Affects subjectifs & Satisfaction) Expérience émotionnelle subjective d’états affectifs agréables, d’enthousiasme, de sérénité et d’optimisme général quant à l’existence. Item 1 (Optimisme pour l’avenir), Item 3 (Sentiment de détente), Item 5 (Énergie à revendre), Item 14 (Bonne humeur).
Bien-être Eudémonique (Fonctionnement psychologique) Actualisation du potentiel individuel, clarté cognitive, auto-détermination, sentiment de compétence, maîtrise de l’environnement et auto-efficacité. Item 2 (Sentiment d’utilité), Item 6 (Gestion efficace des problèmes), Item 7 (Pensée claire), Item 10 (Confiance en soi), Item 11 (Capacité de décision).
Fonctionnement Social & Relationnel Capacité d’affiliation, sentiment de connexion interpersonnelle, sentiment d’être aimé et intégration harmonieuse au sein de son réseau social. Item 4 (Intérêt pour autrui), Item 9 (Sentiment de proximité avec autrui), Item 12 (Sentiment d’être aimé), Item 13 (Curiosité pour les nouveautés).

La dimension hédonique : Le bien-être subjectif

La dimension hédonique puise ses racines dans l’étude des affects positifs et de la satisfaction de vivre (Diener et al., 1985 ; Watson et al., 1988). Dans la WEMWBS, elle se traduit par la présence régulière d’états d’âme réjouissants (item 14 : « I’ve been feeling cheerful »), un sentiment d’apaisement intérieur et de relaxation corporelle (item 3 : « I’ve been feeling relaxed »), ainsi qu’une vitalité somatopsychique caractérisée par une réserve d’énergie disponible (item 5 : « I’ve had energy to spare »). L’optimisme dispositionnel (item 1 : « I’ve been feeling optimistic about the future ») complète ce volet en ancrant la perspective hédonique dans une temporalité positive tournée vers l’avenir.

La dimension eudémonique : Le fonctionnement psychologique optimal

Dépassant la simple quête du plaisir instantané, la dimension eudémonique se focalise sur la réalisation de soi, la résilience opérationnelle et l’agentivité (Ryff & Keyes, 1995 ; Waterman, 1993). Au sein de l’instrument, cette sphère examine l’efficacité cognitive et l’acuité réflexive (item 7 : « I’ve been thinking clearly »), l’auto-efficacité adaptative face aux stresseurs du quotidien (item 6 : « I’ve been dealing with problems well »), l’autonomie décisionnelle (item 11 : « I’ve been able to make up my own mind about things »), et l’utilité sociale perçue (item 2 : « I’ve been feeling useful »).

L’intégration relationnelle et l’ouverture au monde

Conscients que l’être humain est intrinsèquement relationnel, les concepteurs de la WEMWBS ont accordé une place centrale aux relations positives avec autrui. Ce sous-construit évalue la réciprocité affective (item 12 : « I’ve been feeling loved »), le sentiment d’intimité sociale et d’appartenance (item 9 : « I’ve been feeling close to other people »), l’altruisme et la sociabilité bienveillante (item 4 : « I’ve been feeling interested in other people »), ainsi que la curiosité intellectuelle et l’exploration de l’environnement (item 13 : « I’ve been interested in new things »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de la WEMWBS repose sur un ancrage épistémologique sophistiqué, combinant plusieurs théories majeures de la psychologie humaniste, de la psychologie de la santé et du développement de l’adulte.

1. Les racines aristotéliciennes et la distinction Hédonisme / Eudémonisme

La théorie du bien-être s’est historiquement polarisée entre deux traditions philosophiques :

  • La tradition hédonique (Aristippe, Bentham, Kahneman) : Définit le bien-être par la maximisation du plaisir, l’évitement de la douleur et l’obtention d’un bilan affectif positif.
  • La tradition eudémonique (Aristote, Éthique à Nicomaque) : Conçoit le souverain bien non comme un simple état émotionnel fugace, mais comme l’actualisation vertueuse du potentiel humain (daimon), orientée vers le sens, la maîtrise et l’excellence morale.

La WEMWBS adopte le postulat que ces deux dimensions ne sont pas mutuellement exclusives mais intrinsèquement complémentaires et hautement corrélées au sein de l’expérience humaine intégrée (Compton et al., 1996 ; Ryan & Deci, 2001).

2. Le modèle de la santé mentale positive de Marie Jahoda (1958)

Dans son ouvrage séminal, Marie Jahoda a formalisé les critères constitutifs d’une santé mentale positive indépendante de la maladie : attitudes positives envers soi-même, croissance et auto-actualisation, intégration de la personnalité, autonomie, perception réaliste de la réalité et maîtrise de l’environnement. La WEMWBS opérationnalise directement ces composantes jahodiennes à travers ses 14 énoncés.

3. Le modèle multidimensionnel de Carol Ryff (1989, 1995)

Le modèle de bien-être psychologique (PWB) de Carol Ryff (1995) articule six piliers du fonctionnement optimal : l’auto-acceptation, les relations positives avec autrui, l’autonomie, la maîtrise de l’environnement, le but dans la vie et la croissance personnelle. La structure des items de la WEMWBS reflète fidèlement chacun de ces domaines théoriques tout en les condensant pour une applicabilité épidémiologique maximale.

4. La théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 2000)

Selon la théorie de l’autodétermination (SDT), l’épanouissement psychologique nécessite la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux : l’autonomie (agir en accord avec ses valeurs), la compétence (se sentir efficace dans son environnement) et l’appartenance sociale (se sentir connecté et aimé). Les items de la WEMWBS captent précisément le sentiment de satisfaction de ces trois nutriments psychologiques universels.

5. Le continuum de santé mentale de Corey Keyes (2002)

Corey Keyes a démontré que la santé mentale et la maladie mentale constituent deux continuums distincts et unifactoriels mais corrélés. Un individu peut être exempt de psychopathologie tout en étant en état de « dépérissement » (languishing). À l’inverse, l’état de « florissant » (flourishing) requiert des niveaux élevés de bien-être émotionnel, psychologique et social. La WEMWBS a été expressément construite pour cartographier avec précision la portion supérieure de ce continuum de santé mentale.

7. Validité / Validity

Le programme de validation de la WEMWBS documenté par Tennant et al. (2007) s’est appuyé sur une méthodologie rigoureuse combinant des approches qualitatives et des analyses quantitatives multicentriques.

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été établie par une démarche itérative en plusieurs étapes :

  • Groupes de discussion (Focus Groups) : Conduits auprès de panels diversifiés comprenant des membres du grand public, des professionnels de santé et des usagers des services de psychiatrie en Écosse et en Angleterre, afin de vérifier l’intelligibilité, la pertinence culturelle et l’acceptabilité des formulations.
  • Comité d’experts multidisciplinaire : Examen critique des items par des psychomètres, psychiatres, épidémiologistes et sociologues pour éliminer les ambiguïtés sémantiques et garantir une couverture exhaustive des domaines hédoniques et eudémoniques.

Validité convergente (Convergent Validity)

La validité convergente a été démontrée par l’analyse des corrélations bivariées de Pearson entre la WEMWBS et une batterie d’échelles de référence validées mesurant des construits analogues :

Échelle de Référence Construit Mesuré Coefficient de Corrélation ($r$) Interprétation Psychométrique
PANAS Positive Affect (Watson et al., 1988) Affects positifs hédoniques $r = 0,72$ à $0,77$ Convergence très élevée avec la composante affective positive.
Satisfaction With Life Scale (SWLS) (Diener et al., 1985) Jugement cognitif global sur sa vie $r = 0,72$ à $0,73$ Convergence forte avec la satisfaction existentielle globale.
Scale of Psychological Well-Being (SPWB) (Ryff & Keyes, 1995) Bien-être eudémonique multidimensionnel $r = 0,74$ à $0,78$ Confirmation de l’ancrage dans le fonctionnement eudémonique.
Short Depression-Happiness Scale (SDHS) (Joseph et al., 2004) Continuum dépression-bonheur $r = 0,76$ Convergence robuste avec le bonheur global.
WHO-5 Well-being Index (Bech, 2004) Indice de bien-être psychologique général $r = 0,77$ Excellente concordance avec l’outil de l’OMS.
Emotional Intelligence Scale (Schutte et al., 1998) Intelligence émotionnelle perçue $r = 0,53$ à $0,61$ Corrélation modérée à forte attendue théoriquement.

Validité discriminante et divergence (Discriminant Validity)

La validité discriminante a été confirmée par des corrélations significativement plus faibles avec des mesures évaluant la santé physique pure ou l’incapacité somatique générale (telles que le score physique de l’EQ-5D, $r = 0,20$ à $0,35$ ; Brooks et al., 2003). De plus, l’échelle présente une corrélation inverse substantielle avec les outils d’évaluation de la détresse psychologique tels que le GHQ-12 ($r = -0,53$ à $-0,60$), confirmant que bien-être et détresse sont négativement associés tout en ne constituant pas de simples miroirs symétriques (Hu et al., 2007).

Contrôle du biais de désirabilité sociale

L’évaluation de la vulnérabilité au biais de désirabilité sociale, mesurée via le Balanced Inventory of Desirable Responding (BIDR ; Paulhus & Reid, 1991), a révélé des corrélations faibles à modérées ($r < 0,30$), garantissant que les réponses reflètent fidèlement l’état psychologique perçu des individus plutôt qu’une tendance systématique à la présentation valorisante de soi.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de la WEMWBS a été examinée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle auprès de cohortes étudiantes et d’échantillons épidémiologiques représentatifs.

Cohérence interne (Internal Consistency)

La consistance interne des 14 items a été quantifiée à l’aide de l’alpha de Cronbach ($lpha$) dans différents contextes de passation :

  • Échantillon d’étudiants universitaires ($N = 348$) : $lpha = 0,89$
  • Échantillon représentatif de la population écossaise (HEPS Survey, $N = 859$) : $lpha = 0,91$
  • Enquête nationale sur les attitudes envers la santé mentale (Well? What do you think?, $N = 1,216$) : $lpha = 0,91$

Ces coefficients dépassent largement le seuil standard de $0,70$ préconisé par Nunnally (1978) pour la recherche fondamentale et se situent dans la zone optimale ($0,85 le lpha le 0,92$) garantissant une homogénéité remarquable sans redondance excessive des énoncés.

Stabilité temporelle test-retest (Test-Retest Reliability)

La fidélité test-retest a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’étudiants ayant complété l’échelle à deux reprises à un intervalle d’une semaine ($N = 124$). L’analyse a produit un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) de $0,83$ ($IC_{95%} [0,77 ; 0,88]$), démontrant une excellente stabilité temporelle à court terme. Ce résultat confirme que la WEMWBS évalue un état psychologique stabilisé (état-trait) plutôt qu’une fluctuation d’humeur ultra-transitoire, ce qui la rend parfaitement adaptée au suivi longitudinal.

Erreur standard de mesure et sensibilité au changement

L’erreur standard de mesure ($SEM = SD imes \sqrt{1 – lpha}$) de la WEMWBS se situe aux alentours de $2,5$ à $2,8$ points. La différence minimale importante (Minimal Clinically Important Difference, MCID) a été établie empiriquement dans la littérature internationale entre $3,0$ et $4,5$ points, fournissant un repère clair pour déterminer si un gain de score post-intervention reflète un changement authentique et significatif chez un individu ou un groupe.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Pour explorer et confirmer la structure latente de la WEMWBS, les chercheurs ont mis en œuvre des protocoles rigoureux d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) en utilisant la méthode d’estimation des moindres carrés pondérés (Weighted Least Squares, WLS), particulièrement appropriée pour les variables ordinales de type Likert (Bentler, 1990 ; Hu & Bentler, 1999).

Adéquation du modèle unidimensionnel

L’hypothèse centrale formulée par les auteurs était que, bien que captant des éléments hédoniques, eudémoniques et interpersonnels distincts, les 14 items convergent pour former un construit latent unique de « bien-être mental positif ». L’AFC appliquée à l’échantillon de population représentatif a confirmé cette structure unifactorielle avec des indices d’ajustement conformes aux critères méthodologiques les plus rigoureux :

  • Indice de bonté d’ajustement (GFI – Goodness of Fit Index) : $0,93$ (valeur supérieure au seuil canonique de $0,90$)
  • Indice ajusté de bonté d’ajustement (AGFI – Adjusted Goodness of Fit Index) : $0,86$ (valeur conforme aux standards pour les modèles unifactoriels à 14 indicateurs)
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA – Root Mean Square Error of Approximation) : $0,053$ ($IC_{90%} [0,047 ; 0,059]$, strictement inférieure au seuil strict de $0,06$)
  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) : $> 0,95$
  • Statistique du Chi-deux ($\chi^2$) : Bien que statistiquement significative ($\chi^2 = 254,3$, $p < 0,001$), cette sensibilité est un artefact universellement documenté en modélisation par équations structurelles dès lors que la taille de l’échantillon excède plusieurs centaines de participants (Cole, 1987).

Saturations factorielles des items ($lambda$)

Les saturations factorielles standardisées de l’ensemble des 14 items sur le facteur unique de bien-être mental oscillent entre $0,60$ et $0,84$, attestant que chaque énoncé contribue de manière substantielle et statistiquement significative ($p < 0,001$) à la variance du construit latent :

  • Les items relatifs à l’auto-efficacité cognitive et la confiance (ex. item 8 « feeling good about myself », item 10 « feeling confident ») affichent les saturations les plus élevées ($lambda > 0,78$).
  • Les items interpersonnels et hédoniques (ex. item 4 « interested in other people », item 5 « energy to spare ») présentent des saturations comprises entre $lambda = 0,60$ et $lambda = 0,68$, apportant une contribution unique sans affaiblir l’unidimensionnalité globale.

Ces éléments psychométriques justifient pleinement l’agrégation de tous les items en un score total sommatif unique sans pondération différentielle.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (Self-report questionnaire).
  • Format d’administration : Auto-administration sur support papier-crayon, passation informatisée en ligne ou administration assistée par intervieweur (CAPI/CATI).
  • Nombre d’items : 14 items, tous formulés de façon strictement positive.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 1 = None of the time (Jamais / À aucun moment)
    • 2 = Rarely (Rarement)
    • 3 = Some of the time (De temps en temps)
    • 4 = Often (Souvent)
    • 5 = All of the time (Tout le temps)
  • Fenêtre temporelle d’évaluation : Les deux dernières semaines (« over the last 2 weeks »).
  • Règle de cotation et calcul du score :
    • Chaque item est coté de 1 à 5.
    • Aucun item inversé : En raison de la formulation uniformément positive des énoncés, aucun recodage n’est requis.
    • Score total : Somme arithmétique directe des 14 items : $Score_{\text{total}} = \sum_{i=1}^{14} Item_i$.
    • Étendue du score : Le score total varie de 14 à 70 points.
  • Interprétation des scores :
    • Un score plus élevé traduit un niveau supérieur de santé mentale positive et de fonctionnement psychologique optimal.
    • Moyenne normative en population générale adulte britannique : environ $50,7$ ($SD \approx 8,8$).
    • Scores $le 40$ : Indiquent un niveau de bien-être mental faible, souvent corrélé à un risque accru de détresse psychologique ou de dépression.
    • Scores de $41$ à $59$ : Représentent un niveau de bien-être mental moyen / modéré.
    • Scores $ge 60$ : Reflètent un niveau de bien-être mental élevé correspondant à un état d’épanouissement psychologique (flourishing).
  • Gestion des données manquantes : Si 1 à 3 items sont non renseignés, les recommandations officielles préconisent d’imputer la moyenne des items complétés pour ces valeurs. Si plus de 3 items sont manquants, le questionnaire doit être considéré comme invalide.
  • Version abrégée : Il existe une version courte validée à 7 items (Short WEMWBS ou SWEMWBS), optimisée par analyse de Rasch pour les enquêtes épidémiologiques massives nécessitant un temps de passation minimal.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2007 (Tennant et al., Health and Quality of Life Outcomes).
  • Détenteurs des droits d’auteur (Copyright) : Le copyright de la WEMWBS est conjointement détenu par le NHS Health Scotland, l’Université de Warwick et l’Université d’Édimbourg (2006, tous droits réservés).
  • Politique de licence et tarification :
    • Utilisation académique, clinique et non commerciale : L’utilisation de l’échelle est gratuite pour la recherche académique, l’évaluation de programmes de santé publique à but non lucratif et la pratique clinique individuelle. Cependant, une demande de licence d’utilisation formelle (enregistrement de projet) doit obligatoirement être soumise en ligne auprès de l’Université de Warwick avant tout déploiement de l’instrument.
    • Utilisation commerciale : Pour les entreprises privées, cabinets de conseil en ressources humaines, applications mobiles payantes ou études sponsorisées par l’industrie pharmaceutique, l’utilisation est soumise à des frais de licence commerciale négociés auprès du service de valorisation de l’Université de Warwick.
  • Conditions d’intégrité de l’instrument : Aucune modification du texte des items, de l’ordre des énoncés ou de l’échelle de réponse n’est autorisée sans l’accord écrit exprès des auteurs, afin de préserver les propriétés psychométriques et la comparabilité internationale des données.

12. Références / References

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13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Below are some statements about feelings and thoughts. Please tick the box that best describes your experience of each over the last 2 weeks.
Response Scale: 14 items, 5-point Likert scale
Scoring / Reverse Items: All 14 items are positively worded and scored from 1 to 5. The total score is calculated by summing the scores for each of the 14 items. The overall score ranges from 14 to 70, with higher scores representing higher levels of mental well-being. There are no reverse-scored items.
Scoring Formula: ScoringSum of all 14 items, no reverse scoring, total score ranges from 14 to 70
1

I've been feeling optimistic about the future
2

I've been feeling useful
3

I've been feeling relaxed
4

I've been feeling interested in other people
5

I've had energy to spare
6

I've been dealing with problems well
7

I've been thinking clearly
8

I've been feeling good about myself
9

I've been feeling close to other people
10

I've been feeling confident
11

I've been able to make up my own mind about things
12

I've been feeling loved
13

I've been interested in new things
14

I've been feeling cheerful

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 4). Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-de-warwick-edinburgh-wemwbs-2/
memjavad. “Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh.” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-de-warwick-edinburgh-wemwbs-2/.
memjavad. “Échelle de bien-être mental de Warwick-Edinburgh.” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-mental-de-warwick-edinburgh-wemwbs-2/.