Échelle de bien-être général (GWB)

L’Échelle de bien-être général (General Well-Being Schedule, GWB), conçue par Harold J. Dupuy pour le NCHS (NHANES), est un instrument psychométrique de référence évaluant le bien-être subjectif et la détresse psychologique à travers 18 items fondamentaux et 6 dimensions cliniques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de bien-être général (en anglais, General Well-Being Schedule ou GWB), conçue à l’origine par le psychométricien Harold J. Dupuy dans les années 1970 pour le compte du National Center for Health Statistics (NCHS) aux États-Unis, constitue l’un des instruments d’auto-évaluation les plus robustes et les plus largement validés pour appréhender le bien-être psychologique subjectif et la détresse psychologique au sein de la population générale et clinique. Développée dans le cadre de la grande enquête épidémiologique nationale National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES I), cette échelle a été pensée pour transcender la simple catégorisation nosographique psychiatrique en fournissant un spectre continu allant d’une détresse psychologique sévère à un état de vitalité et d’épanouissement optimal.

Le cœur psychométrique du GWB repose sur 18 items évaluant le vécu subjectif au cours du dernier mois écoulé, complétés dans sa version intégrale par une série d’indicateurs comportementaux et situationnels (items 19 à 25) explorant le recours aux soins de santé mentale, les antécédents d’épisodes de crise psychologique et le soutien social perçu. La structure factorielle classique du tronc commun des 18 items se déploie en six sous-échelles fondamentales : l’anxiété (Anxiety), la dépression (Depression), le bien-être positif (Positive Well-Being), la maîtrise de soi (Self-Control), la vitalité (Vitality) et la santé générale (General Health). Les formats de réponse combinent des échelles polytomiques de fréquence et d’intensité graduées en 6 points (items 1 à 14) et des échelles analogiques ou numériques graduées de 0 à 10 (items 15 à 18).

Sur le plan métrologique, l’échelle affiche une cohérence interne globale exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant régulièrement entre 0,90 et 0,95 selon les cohortes étudiées, ainsi qu’une fidélité test-retest comprise entre 0,68 et 0,85 sur des intervalles de plusieurs semaines. La validité de construit, explorée via des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, confirme la pertinence d’un modèle hiérarchique où un facteur de bien-être psychologique général de second ordre sous-tend les dimensions spécifiques. De surcroît, la validité concourante et discriminante de l’instrument a été solidement établie par de fortes corrélations négatives avec des outils de dépistage dépressif et anxieux (tels que le BDI, la CES-D ou la SCL-90-R) et des associations positives avec les échelles de qualité de vie liée à la santé (notamment le SF-36). Le GWB demeure un étalon de référence pour la recherche épidémiologique, les essais cliniques et l’évaluation médico-psychologique.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de bien-être général, General Well-Being Schedule, GWB, Harold J. Dupuy, bien-être psychologique subjectif, détresse psychologique, santé mentale, psychométrie, NHANES, épidémiologie psychiatrique, qualité de vie, vitalité, dépression, anxiété.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de bien-être général (General Well-Being Schedule) a été conçue et standardisée sous la direction du psychologue et statisticien américain :

  • Harold J. Dupuy, Ph.D. : Psychologue chercheur principal auprès du National Center for Health Statistics (NCHS), rattaché au Department of Health, Education, and Welfare (DHEW, devenu aujourd’hui le Department of Health and Human Services des États-Unis), Hyattsville, Maryland, États-Unis. Il a ultérieurement collaboré avec divers instituts académiques et pharmaceutiques pour adapter cet instrument sous la forme de l’indice Psychological General Well-Being (PGWB).
  • Anthony F. Fazio, Ph.D. : Chercheur collaborateur ayant mené l’étude princeps de validation concourante pour le compte du NCHS en 1977, affilié au Department of Psychology, University of Wisconsin-Milwaukee, Milwaukee, Wisconsin, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier présidant à la création du General Well-Being Schedule était de combler une lacune méthodologique majeure identifiée dans les années 1970 au sein de l’épidémiologie nord-américaine. Jusqu’alors, la majorité des instruments psychométriques utilisés dans les grandes enquêtes de santé publique (comme l’ancêtre du Minnesota Multiphasic Personality Inventory ou les échelles de troubles psychosomatiques) étaient strictement centrés sur la psychopathologie avérée, les déficits fonctionnels ou la symptomatologie psychiatrique clinique. Le GWB a été délibérément conçu par Harold J. Dupuy pour capturer le continuum complet de l’état psychologique humain, intégrant à la fois des états affectifs dysphoriques négatifs et des sentiments positifs d’accomplissement, d’énergie, d’optimisme et d’équilibre personnel.

Dans sa finalité épidémiologique, l’échelle visait à fournir une mesure standardisée, brève et auto-administrable pour estimer la prévalence de la détresse psychologique au sein de la population civile non institutionnalisée des États-Unis dans le cadre du premier cycle de l’enquête NHANES (1971-1975). En santé publique, le GWB permet d’opérer une stratification précise des individus en trois zones diagnostiques fonctionnelles fondées sur le score total des 18 items (plage théorique de 0 à 110 points) :

  • Détresse psychologique sévère (scores de 0 à 60) : Indique un état d’épuisement émotionnel, d’anxiété invalidante ou de dysphorie profonde justifiant généralement une évaluation clinique approfondie et une intervention thérapeutique.
  • Détresse psychologique modérée (scores de 61 à 72) : Traduit la présence de tensions émotionnelles substantielles, d’inquiétudes excessives ou d’un fléchissement de la vitalité, souvent lié à des stresseurs environnementaux ou psychosociaux.
  • Bien-être psychologique positif (scores de 73 à 110) : Dénote une stabilité affective satisfaisante, un sentiment adéquat de contrôle personnel et un niveau d’énergie physique et mentale optimal.

En recherche clinique et en médecine comportementale, le GWB a été largement adopté pour évaluer l’impact des thérapeutiques pharmacologiques (notamment les traitements antihypertenseurs, cardiovasculaires ou hormonaux) et psychothérapeutiques sur la qualité de vie subjective. Contrairement à une échelle diagnostique pure comme le PHQ-9 ou le GAD-7, le GWB ne cherche pas à poser un diagnostic catégoriel selon le DSM ou la CIM, mais fournit une évaluation dimensionnelle de l’état affectif et fonctionnel global d’un individu au cours d’une période temporelle standardisée (le mois écoulé).

Enfin, l’inclusion des items situationnels complémentaires (items 19 à 25) répond à un objectif épidémiologique d’analyse des comportements de recours aux soins (help-seeking behavior) et de l’accès aux réseaux de soutien informels ou professionnels face aux crises de santé mentale, apportant ainsi des données précieuses sur l’utilisation des services de santé.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par le General Well-Being Schedule est le bien-être psychologique subjectif, conceptualisé non pas comme l’absence passive de maladie mentale, mais comme un état dynamique d’harmonie interne, d’énergie fonctionnelle et de résistance émotionnelle. Ce macro-construit intègre six sous-dimensions interconnectées qui reflètent les composantes affectives, cognitives et somatopsychiques de l’expérience humaine :

1. L’Anxiété (Anxiety)

Cette dimension évalue l’intensité des tensions neurovégétatives, des appréhensions diffuses et du sentiment de nervosité ressentis par le participant. Elle est opérationnalisée à travers les items 2 (nervosité et tension nerveuse), 5 (sensation de contrainte, stress ou pression), 8 (anxiété, tracas, bouleversement émotionnel) et 16 (niveau de tension vs relaxation corporelle et mentale). L’anxiété dans le GWB reflète l’état de qui-vive psychique et le sentiment de surcharge émotionnelle face aux exigences du quotidien.

2. La Dépression (Depression)

La sous-échelle de dépression capture l’affect dépressif, le découragement profond, l’anhédonie et la perte d’espoir. Elle s’articule autour des items 4 (sentiment de tristesse, découragement, impression que rien ne vaut la peine), 12 (sentiment d’abattement et mélancolie, downhearted and blue) et 18 (spectre continu allant d’un état très dépressif à un état enjoué). Cette facette mesure la valence négative de l’humeur et la diminution du sens accordé à l’existence.

3. Le Bien-être positif (Positive Well-Being)

Cette composante explore les affects positifs, l’évaluation cognitive globale de la vie et le niveau d’engagement hédonique dans les activités journalières. Elle comprend les items 1 (évaluation globale de l’état d’esprit et du moral), 6 (satisfaction et bonheur ressentis dans la vie personnelle) et 11 (présence d’activités stimulantes et intéressantes dans le quotidien). Elle permet de discriminer les personnes qui ne sont pas simplement « non dépressives », mais qui manifestent un véritable épanouissement psychologique.

4. La Maîtrise de soi (Self-Control)

La maîtrise de soi, ou sentiment de contrôle émotionnel et cognitif, représente la confiance de l’individu dans sa capacité à gouverner ses pensées, ses émotions et ses comportements. Elle repose sur les items 3 (ferme maîtrise de son comportement, de ses pensées et de ses sentiments), 7 (peur de perdre la raison ou de perdre le contrôle de ses actes, de sa parole ou de sa mémoire) et 13 (sentiment de stabilité émotionnelle et d’assurance personnelle). Cette dimension est un marqueur critique de l’intégrité du Moi et de la régulation de l’affect.

5. La Vitalité (Vitality)

La vitalité renvoie à la vigueur physique et mentale, à l’énergie disponible et à la résistance à l’épuisement. Elle est quantifiée par les items 9 (se réveiller frais et reposé le matin), 14 (sentiment de fatigue, d’usure ou d’épuisement) et 17 (niveau subjectif d’énergie, de tonus et de dynamisme). Cette sous-échelle fait le pont entre le statut psychologique et les rythmes biologiques (sommeil, récupération, tonus moteur).

6. La Santé générale (General Health)

Cette dimension appréhende la perception subjective de la santé somatique et l’anxiété hypocondriaque ou les craintes relatives à la maladie. Elle est mesurée par les items 10 (gêne occasionnée par des douleurs, troubles corporels ou craintes pour sa santé) et 15 (degré d’inquiétude ou de préoccupation focalisé sur la santé physique). Elle permet de situer dans quelle mesure les plaintes corporelles interfèrent avec le bien-être psychologique global.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du General Well-Being Schedule s’inscrit à la croisée de plusieurs courants majeurs de la psychologie et de la santé publique du XXe siècle : la définition holistique de la santé formulée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1948, le modèle de la santé mentale positive de Marie Jahoda (1958), et les premières conceptualisations du bien-être subjectif développées par Bradburn (1969) et ultérieurement par Ed Diener.

Dans sa monographie fondatrice de 1958 intitulée Current Concepts of Positive Mental Health, la psychologue Marie Jahoda a postulé que la santé mentale ne saurait être définie de manière purement résiduelle par l’absence d’affection psychiatrique objectivable. Elle a identifié six critères constitutifs du fonctionnement optimal : l’attitude positive envers soi-même, l’actualisation de son potentiel, l’intégration de la personnalité (résistance au stress), l’autonomie, une perception réaliste du monde et la maîtrise de l’environnement. Harold J. Dupuy a directement puisé dans cette perspective pour élaborer le GWB, insérant des items évaluant explicitement l’assurance, le contrôle cognitif et la satisfaction existentielle.

Sur le plan de la structure des affects, le GWB anticipe les travaux de Norman Bradburn sur la balance affective (The Structure of Psychological Well-Being, 1969), qui a démontré que les affects positifs et les affects négatifs ne sont pas de simples inverses polaires sur un axe unidimensionnel, mais constituent deux dimensions relativement indépendantes. Dupuy a formalisé cette bipartition au sein d’un instrument unique, en intégrant des polarités de détresse (anxiété, dépression) et des polarités d’épanouissement (vitalité, bien-être positif). Cette orientation préfigure également le modèle tripartite du bien-être subjectif et les théorisations contemporaines de Corey Keyes sur le flourishing (épanouissement) versus le languishing (dépérissement).

Enfin, le cadre théorique du GWB est profondément ancré dans le paradigme épidémiologique nord-américain de l’après-guerre, marqué par les études de la commission Joint Commission on Mental Illness and Health (Gurin, Veroff, & Feld, 1960). Ce courant cherchait à comprendre comment les citoyens ordinaires évaluent subjectivement leurs difficultés d’adaptation, perçoivent le stress quotidien et mobilisent des stratégies d’adaptation formelles ou informelles pour préserver leur équilibre homéostatique psychologique.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de l’Échelle de bien-être général ont fait l’objet d’investigations approfondies depuis sa publication initiale par le NCHS, tant sur des échantillons représentatifs de la population américaine générale que dans des contextes cliniques hospitaliers et ambulatoires.

Validité de construit

La validité de construit du GWB a été démontrée par sa capacité à discriminer systématiquement les groupes d’individus présentant différents niveaux d’adaptation psychosociale. Dans l’étude de validation princeps menée par Anthony F. Fazio (1977) auprès d’étudiants et de patients psychiatriques ambulatoires, les scores moyens au GWB se sont révélés significativement inférieurs chez les individus consultant pour des troubles émotionnels comparativement aux groupes témoins sains ($p < 0{,}001$). De plus, les analyses factorielles de second ordre soutiennent fermement l’existence d’un méta-facteur général de « bien-être psychologique global » qui explique entre 45 % et 60 % de la variance totale des scores, justifiant l’utilisation du score total agrégé.

Validité convergente et concourante

La validité convergente a été établie par la corrélation des scores du GWB avec de multiples instruments psychométriques de référence évaluant l’affect et la psychopathologie :

  • Échelles de dépression : Corrélations négatives élevées comprises entre $-0{,}65$ et $-0{,}80$ avec l’Inventaire de dépression de Beck (BDI), l’échelle de dépression du Center for Epidemiologic Studies (CES-D) et l’échelle d’évaluation de la dépression de Hamilton (HAM-D).
  • Échelles d’anxiété : Corrélations négatives oscillant entre $-0{,}60$ et $-0{,}75$ avec le State-Trait Anxiety Inventory (STAI de Spielberger) et l’échelle d’anxiété de Taylor (MAS).
  • Inventaires multidimensionnels : Dans les travaux de Fazio (1977), de fortes corrélations négatives ont été rapportées avec les sous-échelles d’anxiété, de dépression et d’inconfort interpersonnel de la Symptom Checklist-90 (SCL-90), atteignant $-0{,}78$ pour la dimension globale de détresse (GSI).
  • Évaluations cliniques externes : Fazio a mis en évidence une corrélation de $0{,}69$ entre les scores d’auto-évaluation au GWB et les évaluations indépendantes du bien-être psychologique réalisées par des cliniciens après entretien structuré.

Validité discriminante

La validité discriminante est illustrée par le fait que les dimensions affectives du GWB (dépression, anxiété) partagent des corrélations faibles à modérées (généralement comprises entre $0{,}15$ et $0{,}30$) avec des mesures purement sociodémographiques (revenu, niveau d’éducation) ou des indices de santé purement biomédicaux (pression artérielle, cholestérolémie), comme l’a documenté Monk (1981) dans les analyses de la cohorte NHANES. De plus, la sous-échelle de santé générale se distingue nettement des sous-échelles purement affectives en corrélant préférentiellement avec les limitations physiques objectives et les consultations médicales pour troubles somatiques.

Sensibilité au changement

Dans les essais cliniques pharmacologiques et psychothérapeutiques (notamment les études cardiologiques et hypertensives passées en revue par Dupuy en 1984), le GWB a démontré une sensibilité élevée aux variations thérapeutiques (taille d’effet $d$ de Cohen souvent supérieure à $0{,}50$), capturant aussi bien la diminution des symptômes iatrogènes ou anxieux que la restauration d’une vitalité positive consécutive au rétablissement du patient.

8. Fidélité / Reliability

La fiabilité métrologique du General Well-Being Schedule a été vérifiée à travers de nombreuses études psychométriques nord-américaines et internationales, confirmant à la fois son homogénéité interne et sa stabilité temporelle.

Cohérence interne

Pour l’ensemble de l’instrument composé des 18 items fondamentaux, le coefficient alpha de Cronbach rapporté dans la littérature se situe de manière très reproductible au-delà du seuil conventionnel d’excellence de $0{,}90$ :

  • Dans l’échantillon national normatif de NHANES I ($N > 6,900$ adultes américains), Dupuy (1978) a rapporté un coefficient alpha global de $0{,}93$ pour le score total.
  • Fazio (1977) a constaté un coefficient de cohérence interne de $0{,}91$ dans un groupe universitaire et de $0{,}95$ dans un groupe clinique de patients psychiatriques externes.
  • Pour les six sous-échelles individuelles, les coefficients alpha sont généralement compris entre $0{,}72$ et $0{,}88$ : l’anxiété ($lpha \approx 0{,}81$ à $0{,}85$), la dépression ($lpha \approx 0{,}80$ à $0{,}86$), la vitalité ($lpha \approx 0{,}78$ à $0{,}82$), la maîtrise de soi ($lpha \approx 0{,}70$ à $0{,}76$), le bien-être positif ($lpha \approx 0{,}74$ à $0{,}80$) et la santé générale ($lpha \approx 0{,}68$ à $0{,}74$, cette sous-échelle ne comportant que 2 items).

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle du GWB a été évaluée sur divers intervalles :

  • Sur un intervalle court de 1 à 2 semaines auprès de populations non cliniques stables, les coefficients de corrélation test-retest de Pearson s’échelonnent entre $0{,}80$ et $0{,}88$.
  • Dans l’étude de Fazio (1977), sur un intervalle de 3 mois sans intervention majeure, le coefficient de fidélité test-retest s’est maintenu à $r = 0{,}68$, ce qui traduit à la fois la stabilité d’un trait sous-jacent de bien-être et la sensibilité normale de l’échelle aux fluctuations environnementales et affectives vécues au fil des mois.

Fidélité de forme parallèle et cohérence inter-items

Les corrélations item-total corrigées pour les 18 items sont toutes supérieures à $0{,}45$, la grande majorité se situant entre $0{,}55$ et $0{,}75$. Ces indices attestent que chaque item contribue de façon significative et non redondante à l’estimation du bien-être psychologique global.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du General Well-Being Schedule a fait l’objet d’intenses débats psychométriques, conduisant à la validation de modèles factoriels orthogonaux, obliques et hiérarchiques.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires initiales conduites par Harold J. Dupuy (1977, 1978) sur les données de la cohorte NHANES I par la méthode des composantes principales avec rotation Varimax ont systématiquement extrait six facteurs primaires ayant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant collectivement plus de 65 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Anxiété — dominé par les saturations élevées des items 2 ($0{,}74$), 5 ($0{,}68$), 8 ($0{,}79$) et 16 ($0{,}71$).
  • Facteur 2 : Dépression — saturé principalement par l’item 4 ($0{,}76$), l’item 12 ($0{,}78$) et l’item 18 ($0{,}72$).
  • Facteur 3 : Bien-être positif — saturé par l’item 1 ($0{,}69$), l’item 6 ($0{,}75$) et l’item 11 ($0{,}64$).
  • Facteur 4 : Maîtrise de soi — caractérisé par l’item 3 ($0{,}71$), l’item 7 ($0{,}63$) et l’item 13 ($0{,}67$).
  • Facteur 5 : Vitalité — regroupant l’item 9 ($0{,}68$), l’item 14 ($0{,}74$) et l’item 17 ($0{,}75$).
  • Facteur 6 : Santé générale — isolé par l’item 10 ($0{,}77$) et l’item 15 ($0{,}79$).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Des travaux ultérieurs conduits à la fin des années 1980 et durant les années 1990 (notamment lors de l’adaptation européenne de l’instrument sous la désignation PGWB) ont soumis cette structure à des analyses confirmatoires rigoureuses. Les résultats d’AFC ont comparé trois modèles concurrents :

  1. Un modèle unidimensionnel strict (où l’ensemble des 18 items charge sur un facteur unique de bien-être). Ce modèle présente généralement des indices d’ajustement insuffisants (RMSEA > 0,10, CFI < 0,80).
  2. Un modèle corrélé à 6 facteurs indépendants. Ce modèle démontre de très bons indices d’ajustement (CFI > 0,93, TLI > 0,92, RMSEA $\approx 0{,}055$). Toutefois, les corrélations inter-facteurs très élevées (souvent comprises entre $0{,}50$ et $0{,}80$, particulièrement entre anxiété et dépression, ou entre vitalité et bien-être positif) suggèrent une forte colinéarité.
  3. Le modèle hiérarchique de second ordre (modèle optimal retenu) : Dans ce modèle, les six facteurs de premier ordre sont tous sous-tendus par un facteur général de second ordre de « Bien-Être Psychologique Général ». Ce modèle offre un ajustement empirique excellent ($ ext{CFI} ge 0{,}94$,$ ext{TLI} ge 0{,}93$,$ ext{SRMR} le 0{,}048$,$ ext{RMSEA} le 0{,}052$). Toutes les saturations de second ordre s’avèrent hautement significatives ($p < 0{,}001$), ce qui valide formellement la pratique consistant à calculer à la fois les 6 scores de sous-échelles et un score total composite.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Échelle d’auto-évaluation psychologique multidimensionnelle (questionnaire auto-administré ou administrable par entretien structuré).
  • Population cible : Adultes et adolescents à partir de 14-16 ans, issus de la population générale, en santé publique, en milieu professionnel ou en contextes cliniques (médecine générale, psychiatrie, réadaptation cardiovasculaire, oncologie).
  • Période de référence : Les quatre dernières semaines écoulées (During the past month / au cours du dernier mois) pour les items d’évaluation d’état (items 1 à 18) ; l’année écoulée (The past year) ou l’ensemble de la vie pour les items situationnels (items 19 à 25).
  • Nombre d’items :
    • Items 1 à 18 : Tronc commun psychométrique standard servant au calcul du score total de bien-être psychologique (0 à 110 points) et des 6 sous-échelles.
    • Items 19 à 25 : Indicateurs situationnels et comportementaux complémentaires explorant les antécédents de crise nerveuse, la consultation de professionnels de santé ou de soutien juridique/social, et le support émotionnel familial.
  • Format des réponses :
    • Items 1 à 14 : Échelles de fréquence ou d’intensité verbale en 6 points (sauf item 6 comportant 5 à 6 catégories d’intensité).
    • Items 15 à 18 : Échelles analogiques/numériques horizontales graduées de 0 à 10 munies d’ancres sémantiques bipolaires opposées à chaque extrémité.
    • Items 19 à 23 : Choix multiples catégoriels à 3 ou 5 modalités.
    • Item 24 (a à i) : Format dichotomique Oui (1) / Non (2).
    • Item 25 : Choix multiple à 7 modalités ordinales évaluant le support social.
  • Cotation et inversion des items :
    • L’instrument est conçu de sorte qu’un score élevé reflète un meilleur bien-être psychologique.
    • Pour uniformiser le sens de cotation des 18 premiers items, les items libellés de façon positive ou dont la numérotation originale associe une valeur basse à un état favorable doivent être inversés. Conformément au protocole standard du NCHS : les items 1, 3, 6, 7, 9, 11, 15 et 16 font l’objet d’une inversion de cotation (ou re-cotation de 0 à 5 ou 0 à 10 selon le sens de l’ancrage).
    • Après inversion, chaque item des questions 1 à 14 est noté sur une plage de 0 à 5 (ou 1 à 6 selon la convention de centrage), et les échelles 15 à 18 sont intégrées de façon à ce que 0 représente la détresse maximale et 10 le bien-être maximal.
  • Scores des sous-échelles :
    • Anxiété : Items 2, 5, 8, 16.
    • Dépression : Items 4, 12, 18.
    • Bien-être positif : Items 1, 6, 11.
    • Maîtrise de soi : Items 3, 7, 13.
    • Vitalité : Items 9, 14, 17.
    • Santé générale : Items 10, 15.
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes pour l’ensemble du protocole des 25 questions ; 5 à 8 minutes pour le tronc restreint des 18 items.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication princeps : Conçu au début des années 1970 (1970-1972) par Harold J. Dupuy ; publié officiellement dans les rapports gouvernementaux du NCHS en 1977 (Fazio) et 1978 (Dupuy) ; documenté de manière étendue dans le cycle de publication NHANES I en 1979.
  • Statut juridique et droits d’auteur : En tant qu’instrument développé par un employé du gouvernement fédéral des États-Unis (NCHS / DHEW) dans l’exercice de ses fonctions publiques, la version originale du General Well-Being Schedule fait partie du domaine public (Public Domain aux États-Unis). À ce titre, elle n’est soumise à aucun copyright restrictif et peut être reproduite, traduite et utilisée librement pour des travaux de recherche universitaire, d’évaluation clinique et d’épidémiologie sans paiement de redevance (royalty-free).
  • Tarifs : Gratuit pour une utilisation non commerciale et académique.
  • Remarque sur les dérivés commerciaux : Il convient de distinguer la version historique publique GWB (NCHS) de ses déclinaisons commerciales ou adaptées ultérieurement, telles que le Psychological General Well-Being Index (PGWB, Dupuy 1984) et le PGWB-S (version courte), dont certaines adaptations linguistiques spécifiques et manuels d’utilisation propriétaires ont été déposés par des instituts de recherche contractuelle (comme l’Institut Mapi / icon plc) nécessitant parfois des accords de licence pour les essais thérapeutiques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives au General Well-Being Schedule sont les suivantes :

  • Dupuy, H. J. (1977). The General Well-Being Schedule. In I. McDowell & C. Newell (Eds.), Measuring Health: A Guide to Rating Scales and Questionnaires. Hyattsville, MD: National Center for Health Statistics.
  • Dupuy, H. J. (1978). Self-representations of general psychological well-being of American adults [Paper presentation]. American Public Health Association Meeting, Los Angeles, CA, United States.
  • Dupuy, H. J. (1984). The Psychological General Well-Being (PGWB) Index. In N. K. Wenger, M. E. Mattson, C. D. Furberg, & J. Elinson (Eds.), Assessment of Quality of Life in Clinical Trials of Cardiovascular Therapies (pp. 170–183). Le Jacq Publishing.
  • Fazio, A. F. (1977). A concurrent validational study of the NCHS General Well-Being Schedule (DHEW Publication No. HRA 78-1347; Vital and Health Statistics, Series 2, No. 73). U.S. Government Printing Office. https://www.cdc.gov/nchs/data/series/sr_02/sr02_073.pdf
  • McDowell, I. (2006). Measuring Health: A Guide to Rating Scales and Questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
  • Monk, M. (1981). Blood pressure awareness and psychological well-being in the Health and Nutrition Examination Survey. Clinical and Investigative Medicine, 4(3-4), 183–189.
  • National Center for Health Statistics. (1979). Plan and operation of the HANES I Augmentation Survey of adults 25-74 years, United States, 1974-1975 (DHEW Publication No. PHS 78-1314; Vital and Health Statistics, Series 1, No. 14). U.S. Government Printing Office.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response Scale: S
1

How have you been feeling in general?
2

Have you been bothered by nervousness or your “nerves”?
3

Have you been in firm control of your behavior‚ thoughts‚ emotions‚ OR feelings?
4

Have you felt so sad‚ discouraged‚ hopeless‚ or had so many problems that you wondered if anything was worthwhile?
5

Have you been under or felt you were under any strain‚ stress‚ or pressure?
6

How happy‚ satisfied‚ or pleased have you been with your personal life?
7

Have you had any reason to wonder if you were losing your mind‚ or losing control over the way you act‚ talk‚ think‚ feel‚ or of your memory?
8

Have you been anxious‚ worried‚ or upset?
9

Have you been waking up fresh and rested?
10

Have you been bothered by any illness‚ bodily disorder‚ pains‚ or fears about your health?
11

Has your daily life been full of things that were interesting to you?
12

Have you felt down-hearted and blue?
13

Have you been feeling emotionally stable and sure of yourself?
14

Have you felt tired‚ worn out‚ used-up‚ or exhausted?
15

How concerned or worried about your HEALTH have you been?
16

How RELAXED or TENSE have you been?
17

How much ENERGY‚ PEP‚ VITALITY have you felt?
18

How DEPRESSED or CHEERFUL have you been?
19

Have you had severe enough personal‚ emotional‚ behavior‚ or mental problems that you felt you needed help? THE PAST YEAR?
20

Have you ever felt that you were going to have‚ or were close to ha‎ving‚ a nervous breakdowns?
21

Have you ever had a nervous breakdown?
22

Have you ever been a patient (or outpatient) at a mental hospital‚ a mental health ward of a hospital‚ or o mental health clinic‚ for any personal‚ emotional‚ behavior‚ or mental problem?
23

Have you ever seen a psychiatrist‚ psychologist or psychoanalyst about any personal‚ emotional‚ behavior‚ or mental problem concerning yourself?
24

Have you talked with or had any connection with any of the following about some personal‚ emotional‚ behavior‚ mental problem‚ worries‚ or “nerves” CONCERNING YOURSELF DURING THE PAST YEAR?
25

Do you discuss your problems with any members of your family or friends?
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Looti, M. (2026, octobre 4). Échelle de bien-être général (GWB). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-general-gwb/
Looti, Mohammed. “Échelle de bien-être général (GWB).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-general-gwb/.
Looti, Mohammed. “Échelle de bien-être général (GWB).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-bien-etre-general-gwb/.