1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’autonomisation (connue dans la littérature scientifique anglophone sous le nom de Empowerment Scale [ES] ou sous le titre de projet « Making Decisions ») est un instrument psychométrique pionnier conçu initialement par E. Sally Rogers, Judi Chamberlin, Marsha Langer Ellison et Terry Crean en 1997, puis revalidé et affiné par Rogers, Ralph et Salzer en 2010. Développée dans le cadre de la recherche collaborative axée sur les usagers et survivants de la psychiatrie au sein du Center for Psychiatric Rehabilitation de l’Université de Boston, cette échelle a été créée pour évaluer le sentiment d’autonomisation psychologique et communautaire chez les personnes vivant avec des troubles psychiques participant à des programmes de santé mentale et de rétablissement.
L’instrument repose sur 28 items originaux (dont certaines versions abrégées ou raffinées recommandent l’exclusion de trois items problématiques) administrés selon une échelle de réponse ordinale de type Likert à 4 points, allant de 1 (« Fortement d’accord » / Strongly Agree) à 4 (« Fortement en désaccord » / Strongly Disagree). L’analyse factorielle a mis en évidence une structure multidimensionnelle composée de cinq sous-échelles distinctes : l’estime de soi et auto-efficacité (Self-esteem and efficacy), le pouvoir et sentiment d’impuissance (Power and powerlessness), l’activisme communautaire et autonomie (Community activism and autonomy), l’optimisme et contrôle sur l’avenir (Optimism and control over the future), et la colère juste ou légitime (Righteous anger).
D’un point de vue psychométrique, l’instrument démontre une cohérence interne globale satisfaisante (alpha de Cronbach total typiquement supérieur à .85), bien que les coefficients varient considérablement d’une dimension à l’autre dans l’étude princeps : α = .82 pour l’estime de soi, α = .64 pour la colère juste, α = .59 pour le pouvoir/impuissance, α = .59 pour l’activisme communautaire, et α = .45 pour l’optimisme. Malgré ces disparités dimensionnelles, l’Échelle d’autonomisation demeure une mesure standard incontournable, reconnue internationalement pour son ancrage empirique novateur issu directement de la perspective des usagers du système de soins.
2. Mots-clés / Keywords
Autonomisation, empowerment, santé mentale, rétablissement, réhabilitation psychiatrique, mesure psychométrique, estime de soi, auto-efficacité, activisme communautaire, pouvoir d’agir, Judi Chamberlin, E. Sally Rogers.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle d’autonomisation est le fruit des travaux de chercheurs et de militants reconnus internationalement dans le champ de la psychiatrie communautaire et du mouvement des usagers de la santé mentale :
- E. Sally Rogers, Sc.D. : Directrice exécutive et professeure de recherche au Center for Psychiatric Rehabilitation du Sargent College of Health and Rehabilitation Sciences à l’Université de Boston (États-Unis). Experte en méthodologie quantitative et évaluation de programmes de réhabilitation psychosociale. Courriel académique de contact :
[email protected]. - Judi Chamberlin (1944–2010) : Écrivaine, activiste historique du mouvement des survivants de la psychiatrie (psychiatric survivor movement), chercheuse communautaire associée à l’Université de Boston et pionnière de l’approche par les pairs et des droits civiques des usagers de la psychiatrie.
- Marsha Langer Ellison, Ph.D. : Chercheuse principale et directrice de recherche en réhabilitation psychiatrique, affiliée au Center for Health Policy and Health Services Research de l’école de médecine de l’Université du Massachusetts (UMass Chan Medical School).
- Terry Crean, M.S. : Statisticien et méthodologiste, ayant collaboré aux analyses de modélisation psychométrique à l’Université de Boston.
- Mark S. Salzer, Ph.D. : Professeur et directeur du Temple University Collaborative on Community Inclusion of Individuals with Psychiatric Disabilities, co-auteur des études ultérieures de revalidation de l’échelle (Rogers, Ralph, & Salzer, 2010).
- Ruth O. Ralph, Ph.D. : Chercheuse spécialisée dans l’évaluation des services communautaires gérés par les usagers (consumer-operated services).
4. Objectif / Purpose
L’Échelle d’autonomisation a été développée afin de combler un vide méthodologique et conceptuel majeur dans la recherche sur la santé mentale des années 1990. Historiquement, l’évaluation des interventions en santé mentale reposait presque exclusivement sur des indicateurs médico-centrés, tels que la réduction des symptômes cliniques, la durée de réhospitalisation psychiatrique ou l’observance thérapeutique. Ces mesures conventionnelles omettaient fondamentalement la perspective subjective des personnes vivant avec un diagnostic psychiatrique, en particulier leur sentiment de compétence personnelle, leur droit à l’autodétermination et leur capacité à agir collectivement pour modifier leur environnement social.
L’objectif fondamental de cet instrument est d’opérationnaliser le concept d’autonomisation (empowerment) tel qu’il est défini par les usagers eux-mêmes (approche consumer-constructed). L’échelle a été conçue pour capturer la transition d’un statut de patient passif et marginalisé à celui de citoyen actif et décisionnaire. Contrairement à de nombreuses échelles psychologiques développées de manière descendante (top-down) par des cliniciens universitaires, l’Échelle d’autonomisation a émergé d’un processus participatif ascendant (bottom-up), ancré dans les revendications et les vécus expérientiels d’individus ayant une expérience directe de l’institution psychiatrique.
Dans la pratique clinique et la recherche évaluative contemporaine, l’instrument remplit plusieurs fonctions stratégiques :
- Évaluation des programmes de soutien par les pairs : Mesurer l’efficacité transformative des services gérés par les pairs (peer-run services) par comparaison avec les services psychiatriques traditionnels.
- Suivi longitudinal du rétablissement : Offrir aux cliniciens et aux accompagnateurs un outil métrique sensible au changement pour documenter l’évolution de la confiance en soi, de la capacité de prise de décision autonome et de la résilience face à l’adversité.
- Plaidoyer institutionnel et réforme des politiques publiques : Fournir des données quantitatives robustes permettant de démontrer que le renforcement du pouvoir d’agir des usagers est associé à une amélioration durable de la qualité de vie, de l’intégration communautaire et de la participation citoyenne.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’Échelle d’autonomisation s’articule autour d’une conceptualisation multidimensionnelle de l’empowerment psychologique et communautaire. L’instrument appréhende ce phénomène non comme un simple trait de personnalité statique, mais comme un processus dynamique comportant des dimensions intrapsychiques, interpersonnelles et socio-politiques. Cinq dimensions distinctes composent ce modèle :
1. Estime de soi et auto-efficacité (Self-esteem and efficacy)
Cette sous-échelle évalue la valeur globale que la personne s’attribue à elle-même ainsi que sa perception de ses compétences et de sa capacité à surmonter les obstacles de la vie quotidienne. Ancrée dans les travaux d’Albert Bandura sur l’auto-efficacité, cette dimension reflète la certitude interne qu’a l’individu de pouvoir exécuter avec succès les comportements nécessaires pour atteindre des objectifs définis. Des énoncés tels que « I see myself as a capable person » (item 9) ou « I am often able to overcome barriers » (item 12) incarnent cette composante de résilience personnelle.
2. Pouvoir et sentiment d’impuissance (Power and powerlessness)
Cette composante sonde le degré auquel l’individu se perçoit comme ayant le contrôle sur sa propre existence, ou au contraire comme étant soumis à des forces externes incontrôlables, à l’arbitraire médical ou à la fatalité. Elle opérationnalise les notions de lieu de contrôle (locus of control) de Julian Rotter et d’impuissance acquise (learned helplessness). Les items explorent la dépendance envers autrui et le sentiment de dépossession, illustrés par « I feel powerless most of the time » (item 22) ou « When I am unsure about something, I usually go along with the rest of the group » (item 23).
3. Activisme communautaire et autonomie (Community activism and autonomy)
L’autonomisation dépasse la sphère purement individuelle pour englober la conscience politique et l’action collective. Cette dimension mesure la croyance selon laquelle l’union des citoyens permet de transformer les réalités sociales locales et de défendre les droits individuels. Elle saisit le passage de l’isolement individuel à la solidarité de groupe. Les énoncés comme « People have more power if they join together as a group » (item 2) et « Working with others in my community can help to change things for the better » (item 28) représentent cette composante socio-politique.
4. Optimisme et contrôle sur l’avenir (Optimism and control over the future)
Cette sous-échelle examine la projection prospective de l’individu, sa capacité à formuler des projets et à anticiper l’avenir avec confiance. Elle évalue l’antithèse du désespoir clinique en mesurant la croyance en un destin autodéterminé. L’item 1 (« I can pretty much determine what will happen in my life ») et l’item 14 (« When I make plans, I am almost certain to make them work ») capturent cette vision proactive de la trajectoire de vie.
5. Colère juste ou légitime (Righteous anger)
Cette dimension constitue l’une des innovations conceptuelles les plus remarquables de l’échelle de Rogers et ses collaborateurs. Dans les modèles cliniques conventionnels, la colère est fréquemment pathologisée et catégorisée comme un symptôme d’irritabilité ou d’instabilité émotionnelle. À l’opposé, dans la philosophie de l’autonomisation portée par Judi Chamberlin, la « colère juste » est comprise comme une réaction psychologiquement saine face à l’injustice, à l’oppression institutionnelle et à la stigmatisation. Elle agit comme un catalyseur énergétique fondamental déclenchant la prise de conscience et la mobilisation vers le changement social. L’item 15 (« Getting angry about something is often the first step toward changing it ») illustre directement cette réhabilitation positive de la colère constructive.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’Échelle d’autonomisation s’inscrit au confluent de deux grands courants théoriques : la théorie de l’empowerment en psychologie communautaire et le mouvement pour les droits civiques des usagers de la psychiatrie (Psychiatric Survivor Movement).
La psychologie communautaire et le paradigme de l’empowerment
Le cadre théorique principal provient des travaux fondateurs de Julian Rappaport (1981, 1987) et de Marc A. Zimmerman (1995, 2000). Rappaport a postulé que l’empowerment est un mécanisme par lequel les personnes, les organisations et les communautés acquièrent la maîtrise de leurs propres affaires. Zimmerman a ensuite développé le modèle de l’autonomisation psychologique (Psychological Empowerment [PE]), articulé en trois composantes synergiques :
- La composante intrapersonnelle : Ce que les gens pensent d’eux-mêmes (auto-efficacité, motivation au contrôle, conscience critique).
- La composante interactionnelle : La compréhension critique que les individus développent de leur environnement sociopolitique, des ressources disponibles et des mécanismes d’influence.
- La composante comportementale : Les actions concrètes entreprises pour exercer un impact sur l’environnement (participation civique, adhésion à des collectifs).
L’Échelle d’autonomisation de Rogers et al. traduit précisément cette triade zimmermanienne : les dimensions d’estime de soi, d’optimisme et de contrôle incarnent la facette intrapersonnelle ; la colère légitime et la critique de l’autorité médicale (« Experts are in the best position to decide… ») reflètent la facette interactionnelle ; l’activisme communautaire représente la facette comportementale.
Le mouvement des usagers-survivants de la psychiatrie et Judi Chamberlin
Le deuxième pilier théorique est directement issu de l’ouvrage classique de Judi Chamberlin, On Our Own: Patient-Controlled Alternatives to the Mental Health System (1978). Chamberlin a conceptualisé l’autonomisation comme le recouvrement de l’autorité sur sa propre vie après avoir subi la coercition, la perte de statut juridique et l’infantilisation institutionnelle inhérentes aux hospitalisations psychiatriques traditionnelles. Dans ce cadre de référence, l’empowerment exige la liberté de faire des choix, y compris le « droit à l’erreur » (exprimé à l’item 25 : « People have the right to make their own decisions, even if they are bad ones »), l’accès à l’information et le rejet du paternalisme médical.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques de validité de l’Échelle d’autonomisation ont été explorées de manière exhaustive à travers plusieurs études d’envergure, notamment dans l’étude inaugurale de Rogers, Chamberlin, Ellison et Crean (1997) portant sur 271 usagers de services de santé mentale autogérés à travers six États américains, ainsi que dans l’étude de réplication multicentrique de Rogers, Ralph et Salzer (2010).
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec plusieurs instruments validés mesurant des construits théoriquement proches :
- Estime de soi : Des corrélations positives élevées (r variant de .50 à .68, p < .001) ont été systématiquement établies avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg Self-Esteem Scale [RSES]).
- Maîtrise personnelle : Les scores de l’échelle d’autonomisation présentent une corrélation robuste (r ≈ .55) avec l’échelle de maîtrise de Pearlin et Schooler (Pearlin Mastery Scale).
- Qualité de vie et rétablissement : Des corrélations positives modérées à fortes ont été observées avec l’échelle d’évaluation de la qualité de vie de Lehman (QOLI) ainsi qu’avec des instruments d’évaluation du rétablissement tels que le Recovery Assessment Scale (RAS).
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée par des corrélations négatives significatives avec les mesures de symptomatologie psychiatrique sévère (évaluées via la Brief Psychiatric Rating Scale [BPRS]), le sentiment de désespoir (Beck Hopelessness Scale, r = -.45 à -.58) et les mesures d’anxiété et de dépression clinique. Les individus rapportant un score global élevé d’autonomisation présentent une détresse psychologique significativement moindre et un niveau d’isolement social considérablement réduit.
Validité de groupe connu (Known-groups validity)
L’instrument différencie de manière concluante les usagers participant activement à des programmes d’entraide par les pairs des usagers recevant exclusivement des soins ambulatoires traditionnels sans implication communautaire, ces premiers obtenant des scores d’autonomisation globale et d’activisme communautaire significativement plus élevés (Rogers et al., 1997).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle d’autonomisation a été documentée sur le plan de la cohérence interne et de la stabilité temporelle.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon princeps de Rogers et al. (1997, N = 271), la cohérence interne de l’échelle globale s’est avérée très satisfaisante avec un coefficient alpha de Cronbach global de .86. En revanche, les analyses au niveau des sous-échelles ont révélé une forte hétérogénéité :
- Estime de soi et auto-efficacité (9 items) : α = .82 (excellente homogénéité).
- Colère juste (4 items originaux) : α = .64 (cohérence interne modérée mais acceptable pour une échelle courte).
- Pouvoir et sentiment d’impuissance (6 items) : α = .59 (cohérence interne marginale).
- Activisme communautaire et autonomie (5 items) : α = .59 (cohérence interne marginale).
- Optimisme et contrôle sur l’avenir (4 items) : α = .45 (faible cohérence interne, reflétant une variance d’erreur substantielle ou un nombre trop restreint d’items).
Dans la réévaluation psychométrique menée par Rogers, Ralph et Salzer (2010) sur un échantillon multicentrique indépendant (N = 1 827 participants dans le cadre de la Consumer-Operated Services Program [COSP] Multisite Research Initiative), l’alpha global s’est maintenu à .85. Les auteurs ont noté que la fidélité des sous-échelles s’améliorait lorsque certains items à faible corrélation item-total étaient retirés de l’analyse opérationnelle.
Stabilité temporelle (Test-retest)
Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de fidélité test-retest à un intervalle de 2 à 4 semaines oscillent entre .75 et .84 pour le score total, ce qui indique que l’instrument capture une orientation stable tout en demeurant perméable aux transformations thérapeutiques ou psychosociales réelles.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de l’Échelle d’autonomisation a fait l’objet de modélisations poussées dès sa création.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Dans l’étude originale de Rogers et al. (1997), un pool initial de plus de 80 énoncés a été réduit à 28 items après application d’une analyse factorielle exploratoire en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, en raison de l’interdépendance théorique attendue entre les dimensions de l’empowerment). Cinq facteurs principaux ont été extraits sur la base du critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1.0) et de l’examen du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell), expliquant collectivement plus de 44 % de la variance totale :
- Facteur 1 (Estime de soi et efficacité) : Regroupe les items 5, 9, 12, 14, 18, 19, 24, 26, avec des saturations factorielles (factor loadings) très nettes variant de .48 à .74.
- Facteur 2 (Pouvoir / Impuissance) : Saturé principalement par les items négativement formulés 8, 16, 22, 23 (saturations entre .41 et .63).
- Facteur 3 (Activisme communautaire) : Porté par les items 2, 11, 20, 27, 28 (saturations comprises entre .45 et .67).
- Facteur 4 (Colère juste) : Composé des items 3, 7, 10, 15 (saturations entre .38 et .62).
- Facteur 5 (Optimisme et contrôle) : Regroupant les items 1, 6, 13 (saturations entre .35 et .55).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC) et items problématiques
Lors des études de réplication et notamment lors du projet COSP (Rogers, Ralph, & Salzer, 2010), des analyses factorielles confirmatoires ont examiné l’adéquation du modèle à cinq facteurs. Les indices d’ajustement initiaux indiquaient certaines tensions statistiques, conduisant les chercheurs à isoler trois items problématiques (notés d’un astérisque dans les protocoles de recherche : items 4/répété, 15 et 21). L’item 21 (« You can’t fight city hall »), une expression idiomatique américaine signifiant qu’il est vain de lutter contre l’administration publique, s’est avéré mal compris ou non congruent factoriellement dans plusieurs sous-groupes démographiques. Le retrait de ces items optimisait les indices de validité d’ajustement (RMSEA < .06, CFI > .90, TLI > .90), confirmant la viabilité de la structure à 5 facteurs en tant que modèle de second ordre.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nature de l’outil : Échelle d’auto-évaluation psychologique et d’autonomisation citoyenne (questionnaire auto-administré ou assisté par un pair/enquêteur).
- Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée sur tablette ou administration en ligne.
- Nombre d’items : 28 items dans la version intégrale standard (version de travail abrégée/revisée à 25 items après exclusion des trois items instables).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 4 points obligatoires (sans point neutre médian afin d’éviter le biais de tendance centrale) :
1= Fortement d’accord (Strongly Agree)2= D’accord (Agree)3= En désaccord (Disagree)4= Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
- Modalités de cotation et inversion :
- Pour calculer les scores dans le sens de l’autonomisation (où un score élevé reflète un plus grand empowerment), la cotation de la majorité des items formulés positivement doit être inversée (c’est-à-dire : 1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, 4 devient 1).
- Les items formulés dans le sens de l’impuissance, de la résignation ou du rejet de la colère (ex. items 3, 7, 8, 10, 16, 17, 22, 23) conservent leur cotation directe ou sont inversés selon la direction métrique retenue par l’analyste (se référer impérativement au manuel de cotation COSP).
- Les scores peuvent être rapportés sous la forme d’un score moyen global (allant de 1 à 4) ou de scores moyens par dimension pour dresser un profil d’autonomisation individualisé.
- Temps de complétion moyen : Entre 10 et 15 minutes.
- Population cible : Adultes (≥ 18 ans) usagers de services de santé mentale, participants à des groupes d’entraide mutuelle ou personnes engagées dans un parcours de réhabilitation psychosociale.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 1997 (publication princeps dans Psychiatric Services).
- Année de validation multicentrique : 2010.
- Statut des droits et conditions d’accès : L’Échelle d’autonomisation a été développée avec le soutien de financements fédéraux américains (notamment le Substance Abuse and Mental Health Services Administration [SAMHSA] et le National Institute on Disability and Rehabilitation Research [NIDRR]). Elle relève du domaine public pour les utilisations cliniques et la recherche académique non commerciale.
- Tarification : Accès libre et gratuit (Free / Open Access). Aucune redevance financière ni redevance par répondant n’est exigée pour l’administration de l’échelle dans le cadre de recherches ou d’évaluations de services.
- Contact institutionnel : Center for Psychiatric Rehabilitation, Boston University, 940 Commonwealth Avenue West, Boston, MA 02215, États-Unis.
12. Références / References
Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à l’instrument sont les suivantes :
- Chamberlin, J. (1978). On our own: Patient-controlled alternatives to the mental health system. Hawthorn Books.
- Rappaport, J. (1987). Terms of empowerment/exemplars of prevention: Toward a theory for community psychology. American Journal of Community Psychology, 15(2), 121–148. https://doi.org/10.1007/BF00919275
- Rogers, E. S., Chamberlin, J., Ellison, M. L., & Crean, T. (1997). A consumer-constructed scale to measure empowerment among users of mental health services. Psychiatric Services, 48(8), 1042–1047. https://doi.org/10.1176/ps.48.8.1042
- Rogers, E. S., Ralph, R. O., & Salzer, M. S. (2010). Validating the Empowerment Scale with a multisite sample of consumers of mental health services. Psychiatric Services, 61(9), 933–936. https://doi.org/10.1176/ps.2010.61.9.933
- Rogers, E. S., Ralph, R. O., & Salzer, M. S. (2013). The Empowerment Scale. In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for strengths-based assessment and evaluation (pp. 360–363). Springer Publishing Company.
- Zimmerman, M. A. (1995). Psychological empowerment: Issues and illustrations. American Journal of Community Psychology, 23(5), 581–599. https://doi.org/10.1007/BF02506983
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1 = Strongly Agree
2 = Agree
3 = Disagree
4 = Strongly Disagree
- I can pretty much determine what will happen in my life.
- People have more power if they join together as a group.
- Getting angry about something never helps.
- Getting angry about something never helps. *
- I have a positive attitude toward myself.
- I am usually confident about the decisions I make.
- People have no right to get angry just because they don’t like something.
- Most of the misfortunes in my life were due to bad luck.
- I see myself as a capable person.
- Making waves never gets you anywhere.
- People working together can have an effect on their community.
- I am often able to overcome barriers.
- I am generally optimistic about the future.
- When I make plans‚ I am almost certain to make them work.
- Getting angry about something is often the first step toward changing it.*
- Usually I feel alone.
- Experts are in the best position to decide what people should do or learn.
- I am able to do things as well as most other people.
- I generally accomplish what I set out to do.
- People should try to live their lives the way they want to.
- You can’t fight city hall.*
- I feel powerless most of the time.
- When I am unsure about something‚ I usually go along with the rest of the group.
- I feel I am a person of worth‚ at least on an equal basis with others.
- People have the right to make their own decisions‚ even if they are bad ones.
- I feel I have a number of good qualities.
- Very often a problem can be solved by taking action.
- Working with others in my community can help to change things for the better.