Échelle d’aliénation pour étudiants avec déficience visuelle (AL-VI)

L’Échelle d’aliénation pour étudiants avec déficience visuelle (AL-VI), développée par Punia et Berwal en 2017, évalue l’aliénation psychosociale à travers 45 items répartis en six dimensions fondamentales.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’aliénation pour étudiants avec déficience visuelle (Alienation Scale for Visually Impaired Students, AL-VI), élaborée et standardisée par Poonam Punia et Sandeep Berwal en 2017, constitue un instrument psychométrique spécialement conçu pour mesurer l’expérience multidimensionnelle de l’aliénation chez les adolescents et jeunes adultes scolarisés présentant une déficience visuelle, qu’ils évoluent en milieu scolaire spécialisé ou en contexte d’éducation inclusive. Reposant sur l’opérationnalisation classique du concept d’aliénation sociopsychologique initiée par Melvin Seeman, l’échelle comprend 45 items répartis en six dimensions théoriques et empiriques distinctes : le sentiment d’impuissance (Powerlessness, 7 items), la perte de sens ou l’absurdité (Meaninglessness, 8 items), l’anomie ou la perte de repères normatifs (Normlessness, 6 items), l’isolement social (Social Isolation, 11 items), l’aliénation de soi ou le sentiment d’étrangeté personnelle (Self-Estrangement, 8 items) et l’étrangeté culturelle (Cultural Estrangement, 5 items).

Les items sont évalués sur une échelle de type Likert en cinq points, variant de 1 (« Tout à fait d’accord ») à 5 (« Pas du tout d’accord »), comprenant 23 items inversés permettant de neutraliser les biais d’acquiescement. Les analyses psychométriques démontrent une excellente cohérence interne, avec un coefficient alpha de Cronbach global de 0,89 et des valeurs variant entre 0,71 et 0,84 pour les différentes sous-échelles. La fidélité test-retest à un intervalle de quatre semaines s’établit à 0,84, confirmant la stabilité temporelle de la mesure. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires appuient la validité de construit de la structure hexafactorielle. Cet outil offre aux chercheurs, psychologues scolaires et conseillers en éducation adaptée une méthodologie rigoureuse pour dépister la détresse psychosociale, évaluer les dispositifs d’inclusion et orienter les interventions socio-émotionnelles chez les élèves ayant des limitations visuelles.

2. Mots-clés / Keywords

Aliénation, déficience visuelle, cécité, psychométrie, inclusion scolaire, isolement social, sentiment d’impuissance, anomie, validation d’échelle, éducation spéciale.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, développée et validée par :

  • Dr. Poonam Punia : Chercheuse et formatrice en sciences de l’éducation, affiliée au Département de l’Éducation de l’Université Chaudhary Devi Lal (Sirsa, Haryana, Inde) et à la Bhagat Phool Singh Mahila Vishwavidyalaya (Khanpur Kalan, Sonipat, Inde). Adresse électronique : [email protected].
  • Dr. Sandeep Berwal : Professeur au Département de l’Éducation de la BPS Mahila Vishwavidyalaya (Khanpur Kalan, Sonipat, Haryana, Inde). Spécialiste de l’éducation inclusive, des besoins éducatifs particuliers et de l’évaluation psychométrique. Adresse électronique : [email protected].

4. Objectif / Purpose

La déficience visuelle chez les adolescents engendre des répercussions complexes qui transcendent les simples limites sensorielles et biomécaniques. Sur le plan psychosocial, les jeunes confrontés à une basse vision ou à une cécité complète rencontrent des obstacles environnementaux, communicationnels et attitudinaux susceptibles de fragiliser leur insertion au sein de la communauté des pairs voyants, de restreindre leur autonomie et de favoriser l’émergence d’un sentiment diffus de mise à l’écart. L’objectif principal de l’AL-VI est d’offrir une évaluation standardisée, valide et fidèle de l’aliénation psychosociale chez les élèves et étudiants ayant une déficience visuelle, en tenant compte de leurs réalités écologiques quotidiennes.

Sur le plan clinique et diagnostique, l’instrument permet aux psychologues scolaires et aux équipes d’orientation d’identifier précocement les élèves présentant un risque accru de détresse psychologique, de désengagement académique ou de repli relationnel. L’aliénation chez les adolescents handicapés de la vue se manifeste souvent de manière insidieuse, masquée par des comportements d’apparence adaptative ou, à l’inverse, par de l’apathie et une baisse de motivation. L’utilisation de l’AL-VI fournit un profil différencié des dimensions de l’aliénation, permettant d’orienter les thérapies de soutien, le travail d’affirmation de soi (assertiveness training) et les thérapies cognitives et comportementales ciblant le sentiment de résignation acquise.

Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée en éducation, l’échelle permet de répondre à des questions critiques concernant l’impact comparatif des environnements scolaires. Les travaux de Punia et Berwal (2017) ont spécifiquement cherché à examiner si le placement en milieu scolaire spécialisé (écoles pour aveugles) protège ou renforce l’aliénation par rapport au placement en milieu scolaire ordinaire (inclusion scolaire). Grâce à sa sensibilité différentielle, l’outil permet d’évaluer l’efficacité des programmes d’adaptation curriculaire, l’introduction de technologies d’assistance (lecteurs d’écran, matériel braille), et l’instauration d’ateliers de sensibilisation par les pairs visant la réduction des stéréotypes et de la discrimination perçue.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’AL-VI est l’aliénation psychosociale, envisagée comme un état multidimensionnel de déconnexion psychologique, affective et comportementale de l’individu vis-à-vis de lui-même, de ses pairs, de ses institutions et de sa culture d’appartenance. Dans le prolongement du modèle classique de Melvin Seeman (1959), adapté aux spécificités vécues par les jeunes ayant une déficience visuelle, l’échelle comprend six sous-construits :

Sentiment d’impuissance (Powerlessness)

Cette dimension renvoie à l’attente ou à la croyance selon laquelle l’individu ne possède aucun contrôle déterminant sur les événements de son existence. Chez l’étudiant avec déficience visuelle, cette dimension saisit le sentiment de dépendance fonctionnelle vis-à-vis des tiers, l’incapacité perçue à agir sur sa trajectoire scolaire ou future et les restrictions de mobilité autonome. Des items comme l’incapacité à exploiter l’ensemble des ressources disponibles ou la sensation de soumission à la volonté d’autrui illustrent ce sentiment d’inefficacité personnelle et d’extrinsécité du lieu de contrôle (locus of control).

Perte de sens et absurdité (Meaninglessness)

La perte de sens traduit un état cognitif où l’étudiant ne parvient plus à conférer une valeur intelligible ou une direction à son existence, éprouvant un sentiment d’inutilité globale. Dans le cadre de l’AL-VI, cette dimension explore la perception que la vie est dépourvue d’importance, le sentiment que le monde est égoïste ou chaotique, et l’impression pénible de ne rien apporter au progrès collectif. Elle s’exprime également par un déficit d’opportunités perçues d’expression créative et de satisfaction émotionnelle.

Anomie ou absence de repères normatifs (Normlessness)

Dérivée du concept durkheimien et formalisée par Seeman, l’anomie décrit une situation où l’individu estime que les règles et normes sociales établies ne sont plus fonctionnelles ou équitables pour parvenir aux objectifs désirés. Pour les jeunes déficients visuels, cette dimension mesure la désadhésion aux codes sociaux, la conviction qu’il est légitime d’enfreindre les règles pourvu qu’on évite les ennuis, ainsi qu’une méfiance généralisée envers la sincérité d’autrui et la légitimité des attentes sociétales.

Isolement social (Social Isolation)

L’isolement social concerne le sentiment de mise à l’écart, d’exclusion affective et d’absence de réseau de soutien bienveillant. Cette sous-échelle évalue la qualité des interactions entretenues avec la famille, le voisinage et les camarades de classe. Elle quantifie le sentiment de solitude, le malaise lors de rassemblements sociaux et le degré de réceptivité ou d’hostilité perçu dans l’attitude de l’entourage face au handicap sensoriel.

Aliénation de soi (Self-Estrangement)

L’aliénation de soi survient lorsque l’individu se sent étranger à ses propres désirs réels, vit une rupture dans la continuité de son identité ou est contraint d’adopter des comportements inauthentiques pour satisfaire le regard des pairs. Dans l’AL-VI, cette composante capte le doute profond quant à ses objectifs de vie, l’anxiété identitaire, l’insatisfaction de ses performances scolaires et la souffrance psychique générée par la stigmatisation et la discrimination quotidiennes.

Étrangeté culturelle (Cultural Estrangement)

Cette dimension mesure le rejet ou le détachement affectif vis-à-vis des coutumes, croyances, rituels et célébrations de la communauté dominante. Chez les étudiants ayant des limitations visuelles, l’inaccessibilité matérielle ou sociale de nombreux événements culturels et fêtes populaires peut susciter un sentiment de décalage culturel profond, menant à percevoir ces rituels comme futiles ou excluant structurellement les personnes non-voyantes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le soubassement conceptuel de l’AL-VI puise ses racines dans la sociologie critique de Karl Marx (aliénation du sujet face à son activité et à la structure sociale) et dans l’analyse de l’anomie formalisée par Émile Durkheim. Toutefois, l’opérationnalisation psychométrique de l’échelle dérive directement du modèle paradigmatique de Melvin Seeman (1959), exposé dans son article fondamental On the Meaning of Alienation.

Seeman a décomposé l’aliénation, historiquement floue, en cinq dimensions sociopsychologiques distinctes formulées en termes d’attentes cognitives de l’acteur :

  • Powerlessness : La probabilité anticipée par l’individu que son propre comportement ne puisse déterminer l’avènement des résultats ou des renforcements qu’il recherche (concept étroitement corrélé au lieu de contrôle de Julian Rotter).
  • Meaninglessness : Le sentiment d’incertitude quant à ce qu’il convient de croire ou à la direction à donner aux actions futures, découlant de la complexité ou de l’incohérence perçue des systèmes sociaux.
  • Normlessness : L’attente selon laquelle des comportements non approuvés socialement sont indispensables pour atteindre les buts valorisés.
  • Isolation : L’attribution d’une faible valeur aux buts ou aux croyances qui sont au contraire hautement valorisés par la société globale.
  • Self-estrangement : L’incapacité à trouver des gratifications intrinsèques dans les activités menées, le comportement n’étant dicté que par des anticipations de récompenses externes.

Punia et Berwal ont enrichi ce modèle en y articulant les apports du modèle social du handicap (Social Model of Disability) théorisé par des auteurs tels que Michael Oliver. Selon cette perspective, le handicap n’est pas une tragédie biomédicale individuelle, mais le résultat de barrières architecturales, institutionnelles et attitudinales érigées par une société validiste. L’aliénation de l’étudiant déficient visuel ne découle donc pas de sa cécité intrinsèque, mais de l’inadéquation entre ses besoins et les réponses de l’environnement éducatif et social.

De surcroît, la dimension d’étrangeté culturelle (Cultural Estrangement) a été introduite pour saisir la réalité des sociétés traditionnelles et communautaires (telle que celle de l’Inde du Nord où l’échelle a été validée), où les rituels collectifs, les célébrations de quartier et les fêtes communautaires représentent les vecteurs majeurs de socialisation. Lorsque ces manifestations ne sont pas adaptées tactilement ou auditivement, elles deviennent des espaces d’exclusion qui accentuent le sentiment de marginalisation.

7. Validité / Validity

Le processus de validation psychométrique de l’AL-VI a suivi les standards méthodologiques les plus rigoureux établis par l’American Psychological Association (APA).

Validité de contenu (Content Validity)

Initialement, un ensemble préliminaire de 62 items a été rédigé à partir d’entretiens qualitatifs menés auprès d’adolescents déficients visuels, d’éducateurs spécialisés et d’une revue systématique de la littérature. Ce pool a été soumis à un panel d’experts comprenant six professeurs en éducation spécialisée, trois psychologues du développement et deux linguistes. Chaque item a été évalué selon sa pertinence, sa clarté syntaxique, son accessibilité conceptuelle pour les non-voyants et sa conformité aux six dimensions théoriques. L’indice de validité de contenu (CVI) et les ratios d’adéquation ont conduit à l’élimination de 12 items ambigus ou redondants, portant la version pilote à 50 items.

Validité de construit (Construct Validity)

La validité de construit a été examinée au travers de l’analyse factorielle et de la corrélation item-total. Cinq items présentant une corrélation item-total corrigée inférieure au seuil critique de 0,30 ont été éliminés, aboutissant à la structure définitive en 45 items. Les corrélations entre les six sous-échelles se sont révélées modérées (variant de r = 0,34 à r = 0,61), ce qui confirme que chaque dimension capture une facette singulière du méta-construit d’aliénation tout en partageant une variance commune substantielle.

Validité discriminante et différentielle (Criterion & Known-Groups Validity)

Dans l’étude empirique fondatrice menée dans l’État d’Haryana (Punia & Berwal, 2017), la validité de groupes connus a été attestée en comparant des cohortes d’élèves scolarisés en établissements spécialisés à ceux inscrits en milieu scolaire inclusif. Les résultats ont révélé des différences statistiquement significatives : les élèves des écoles spécialisées rapportaient des scores d’isolement social plus faibles au sein de l’école (bénéficiant d’une communauté de pairs partageant la même condition), mais des scores d’étrangeté culturelle et d’anomie plus élevés vis-à-vis de la société globale. À l’inverse, les élèves en milieu inclusif manifestaient des niveaux d’aliénation de soi et de sentiment d’impuissance plus marqués en l’absence de soutien pédagogique adapté. Cette capacité de l’AL-VI à discriminer avec précision les sous-profils selon le type d’intégration atteste de sa validité empirique.

8. Fidélité / Reliability

La fiabilité de l’instrument a été évaluée au moyen de deux approches complémentaires : la consistance interne et la stabilité temporelle par test-retest.

Consistance interne

Sur l’échantillon normatif composé de 300 étudiants déficients visuels (âgés de 14 à 22 ans), le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 45 items a atteint 0,89, dénotant une consistance interne exemplaire. Les coefficients de cohérence interne calculés pour les six sous-échelles individuelles se présentent comme suit :

  • Sentiment d’impuissance (Powerlessness) : α = 0,79
  • Perte de sens (Meaninglessness) : α = 0,82
  • Anomie (Normlessness) : α = 0,74
  • Isolement social (Social Isolation) : α = 0,84
  • Aliénation de soi (Self-Estrangement) : α = 0,78
  • Étrangeté culturelle (Cultural Estrangement) : α = 0,71

La méthode de bissection (split-half reliability), corrigée à l’aide de la formule de Spearman-Brown, a produit un coefficient de 0,86 pour l’ensemble du questionnaire, confirmant l’homogénéité du test indépendamment du découpage des items.

Stabilité test-retest

Pour mesurer la stabilité temporelle des scores, l’échelle a été administrée une seconde fois à un sous-échantillon de 60 étudiants après un intervalle temporel de 28 jours (quatre semaines). Le coefficient de corrélation de Pearson test-retest s’est élevé à r = 0,84 (p < 0,001) pour le score total, avec des corrélations variant entre 0,72 et 0,81 pour les sous-échelles. Ces indices statistiques démontrent que l’AL-VI capte un trait psychosocial relativement stable plutôt qu’un état d’humeur purement transitoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture multidimensionnelle de l’AL-VI a été validée au moyen d’une analyse factorielle exploratoire (AFE) menée selon la méthode d’extraction des composantes principales, suivie d’une rotation orthogonale Varimax avec normalisation de Kaiser.

Adéquation des données

L’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) a donné une valeur remarquable de 0,854, attestant d’une excellente adéquation de l’échantillonnage pour la factorisation. Le test de sphéricité de Bartlett a rejeté sans ambiguïté l’hypothèse d’une matrice d’identité (χ² = 4128,45 ; ddl = 990 ; p < 0,0001), autorisant pleinement l’extraction factorielle.

Structure et variance expliquée

L’analyse selon le critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) combinée à l’examen visuel du diagramme des valeurs propres (scree plot de Cattell) a isolé six facteurs majeurs expliquant cumulativement 54,32 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 : Isolement social (Valeur propre = 8,42 ; 18,71 % de la variance expliquée). Les items (ex. items 4, 5, 20, 22, 35, 36) saturent fortement sur ce facteur avec des coefficients de saturation compris entre 0,48 et 0,76.
  • Facteur 2 : Perte de sens (Valeur propre = 4,85 ; 10,77 % de la variance). Les saturations oscillent de 0,44 à 0,72 (ex. items 14, 28, 41, 42, 45).
  • Facteur 3 : Sentiment d’impuissance (Valeur propre = 3,67 ; 8,15 % de la variance). Les items relatifs au contrôle et à la dépendance (ex. items 1, 2, 15, 16, 43) présentent des saturations comprises entre 0,46 et 0,69.
  • Facteur 4 : Aliénation de soi (Valeur propre = 2,98 ; 6,62 % de la variance). Saturations variant de 0,42 à 0,68 pour les énoncés portant sur l’identité, l’anxiété et le regard d’autrui (ex. items 6, 10, 32, 33).
  • Facteur 5 : Anomie (Valeur propre = 2,41 ; 5,35 % de la variance). Saturations comprises entre 0,45 et 0,64 pour les items traitant de la transgressabilité des règles sociales (ex. items 13, 24, 25, 26).
  • Facteur 6 : Étrangeté culturelle (Valeur propre = 2,12 ; 4,72 % de la variance). Saturations allant de 0,49 à 0,71 pour les items touchant aux fêtes, rituels et coutumes (ex. items 8, 9, 17, 30, 31).

Tous les items conservés présentent une saturation supérieure au seuil d’acceptabilité de 0,40 sur leur facteur cible, sans saturation croisée majeure excédant 0,35 sur les facteurs secondaires, validant la netteté de la structure factorielle orthogonale.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire auto-administré ou complété par hétéro-passation adaptée (lecture orale neutre par un examinateur ou support braille/technologie d’accessibilité numérique).

  • Nom complet : Alienation Scale for Visually Impaired Students (AL-VI).
  • Format d’administration : Questionnaire individuel sur support papier adapté (gros caractères, braille) ou informatique accessible.
  • Population cible : Élèves, adolescents et étudiants scolarisés présentant une déficience visuelle modérée, sévère ou totale (cécité légale), de la classe de 4e/3e jusqu’aux premières années d’université (environ 13-22 ans).
  • Nombre total d’items : 45 items formulés sous la forme d’affirmations affirmatives ou déclaratives directes.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points paramétrée de la façon suivante :
    • 5 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
    • 4 = Disagree (Pas d’accord)
    • 3 = Undecided (Indécis / Neutre)
    • 2 = Agree (D’accord)
    • 1 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)
  • Système de cotation (Scoring) :
    • Pour les items formulés dans le sens d’un fonctionnement adaptatif positif et d’une intégration harmonieuse, les points correspondent à l’ancrage direct (5 = Pas du tout d’accord → indique une aliénation maximale ; 1 = Tout à fait d’accord → indique une absence d’aliénation).
    • Les 23 items marqués d’un astérisque (*) sont des items inversés, mesurant directement le sentiment négatif d’aliénation ou de détresse (ex. : item 3, 7, 10, 12, etc.). Pour ces items, la cotation est inversée : 1 = Strongly disagree (Non aliéné), 2 = Disagree, 3 = Undecided, 4 = Agree, 5 = Strongly agree (Aliénation maximale).
    • Le score global s’obtient en sommant l’ensemble des 45 items, variant théoriquement de 45 à 225 points. Un score élevé reflète un degré élevé d’aliénation globale.
  • Répartition des sous-échelles :
    • Sentiment d’impuissance (Powerlessness) : 7 items (1, 2, 15*, 16*, 29, 43*, 44)
    • Perte de sens (Meaninglessness) : 8 items (14*, 27, 28, 39*, 40, 41*, 42*, 45*)
    • Anomie (Normlessness) : 6 items (13*, 24*, 25*, 26*, 37*, 38*)
    • Isolement social (Social Isolation) : 11 items (3*, 4, 5, 12*, 20, 21, 22, 23, 34, 35, 36)
    • Aliénation de soi (Self-Estrangement) : 8 items (6, 7*, 10*, 11*, 18, 19, 32*, 33*)
    • Étrangeté culturelle (Cultural Estrangement) : 5 items (8, 9, 17, 30*, 31*)
  • Temps de passation moyen : Environ 25 à 35 minutes selon le mode de lecture et les aides techniques mobilisées.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Année de publication : 2017.
Statut des droits et conditions d’accès : L’échelle AL-VI a été publiée à des fins de recherche académique dans des revues évaluées par des pairs. Le texte complet et les paramètres de standardisation sont mis à disposition de la communauté scientifique sans frais d’acquisition commerciaux (open access à vocation de recherche non commerciale).
Autorisation d’utilisation : Les chercheurs, praticiens et étudiants universitaires souhaitant employer l’instrument dans le cadre d’études cliniques ou d’enquêtes psychosociales sont encouragés à contacter les auteurs principaux (Dr. Poonam Punia ou Dr. Sandeep Berwal) pour déclarer leur protocole d’utilisation et solliciter les éventuelles versions adaptées ou traductions officielles. La citation rigoureuse des travaux sources (2017) est obligatoire lors de toute communication scientifique ou publication faisant usage de l’AL-VI.

12. Références / References

Les sources scientifiques fondant l’AL-VI et son ancrage théorique incluent :

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I take my decisions independently.
2

I can move freely to the places I like to visit.
3

Most of the time‚ I feel unhappy without any reason. *
4

People give importance to me.
5

My family is very cooperative.
6

I have my own identity.
7

Sometimes‚ I get upset about the surrounding environment. *
8

Every ritual and festival has got some importance associated with it.
9

I enjoy cultural programs even though I have visual problems.
10

Many people discriminate against me because of my visual impairment.
11

I am satisfied with my performance at school. *
12

I usually feel anxious. *
13

It is all right to do anything you want as long as you stay out of trouble. *
14

This world is selfish. *
15

Visual impairment has increased my dependency on others. *
16

I cannot utilize all the resources available to me because of my visual limitations. *
17

I participate actively in the rituals and festivals celebrated at home.
18

I feel comfortable in social gatherings.
19

Everybody’s life has its own importance.
20

I feel connected with this world.
21

The attitude of my neighbors is very loving towards me.
22

My friends are good.
23

I do not feel good when I am alone.
24

I do not care about the rules and regulations framed by society. *
25

It is very difficult to trust anybody in the present time. *
26

To please others‚ I sometimes do things that are against the norms of society. *
27

I participate in decisions taken at home.
28

My contribution in the development of society is significant.
29

Success and failure are under our control.
30

I consider it a waste of time to go to fairs because I am deprived of vision. *
31

I do not agree with the present norms of society. *
32

I am not confident about my future. *
33

I am confused about the goal of my life. *
34

My family members take care of me.
35

I have many friends.
36

I like meeting with people.
37

My values are different from societal values. *
38

This world is directionless. *
39

I do not have much opportunity to be creative. *
40

My feelings are well taken care of by my family.
41

My life is full of sadness. *
42

I feel like a stranger among the people with whom I live. *
43

I sometimes feel helpless due to visual impairment. *
44

Whatever is going to happen in the future‚ it can be controlled by us.
45

My life has no importance. *
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle d’aliénation pour étudiants avec déficience visuelle (AL-VI). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dalienation-pour-etudiants-avec-deficience-visuelle-al-vi/
Looti, Mohammed. “Échelle d’aliénation pour étudiants avec déficience visuelle (AL-VI).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dalienation-pour-etudiants-avec-deficience-visuelle-al-vi/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’aliénation pour étudiants avec déficience visuelle (AL-VI).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-dalienation-pour-etudiants-avec-deficience-visuelle-al-vi/.