1. Résumé
L’Échelle d’opinionisme (en anglais, Opinionation Scale), développée initialement par le psychologue social Milton Rokeach au milieu des années 1950 (Rokeach, 1956, 1960), constitue un instrument psychométrique fondamental conçu pour quantifier l’intolérance générale envers les individus et les groupes professant des croyances divergentes, indépendamment du contenu idéologique spécifique défendu par le sujet. Contrairement aux échelles d’autoritarisme classiques de l’époque — notamment l’Échelle F (Adorno et al., 1950) qui mesurait principalement l’autoritarisme de droite —, l’échelle d’opinionisme a été élaborée pour évaluer les structures cognitives fermées et dogmatiques tant à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite de l’échiquier politique.
La forme C (Form C), déclinée en versions américaine et britannique (Form Ce), comporte 40 items méticuleusement équilibrés selon une structure factorielle croisée 2 × 2 : le rejet d’opinion (Opinionated Rejection) versus l’acceptation d’opinion (Opinionated Acceptance), et le positionnement idéologique de gauche (Left) versus de droite (Right). Chaque item formule une opinion politique contemporaine de la guerre froide couplée à une qualification péjorative ou flatteuse ciblant ceux qui partagent ou rejettent cette opinion (par exemple, qualifier d’« imbécile » ou d’« inconscient » quiconque soutient la position adverse). Les répondants expriment leur niveau d’accord sur une échelle d’évaluation de type Likert en 7 points (allant de 1 = fortement en désaccord à 7 = fortement d’accord).
Sur le plan métrologique, l’échelle d’opinionisme totale présente une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach et de bissection (split-half) oscillant généralement entre 0,71 et 0,86 selon les échantillons (étudiants, populations adultes, vétérans). Elle a fait l’objet de nombreuses validations empiriques (Hood, 1968 ; Robinson & Shaver, 1969), démontrant sa capacité à distinguer le dogmatisme structurel de l’idéologie substantielle et servant de pilier à la théorie des systèmes de croyance ouverts et fermés.
2. Mots-clés
Échelle d’opinionisme, Milton Rokeach, dogmatisme, système de croyances ouvert et fermé, intolérance socio-politique, psychométrie politique, autoritarisme, polarisation idéologique, échelle de Likert, psychologie sociale cognitive.
3. Auteurs
L’instrument a été conçu par le professeur Milton Rokeach (1918–1988), alors professeur de psychologie au département de psychologie de l’Université d’État du Michigan (East Lansing, Michigan, États-Unis), puis ultérieurement professeur émérite à la Washington State University et à l’Université de Californie du Sud.
Rokeach a collaboré avec plusieurs chercheurs internationaux pour les adaptations transculturelles, notamment pour la version britannique (Form Ce) administrée à des cohortes au Royaume-Uni lors de ses travaux comparatifs au cours des années 1950. Parmi les contributeurs et évaluateurs psychométriques indépendants de premier plan figurent Ralph W. Hood Jr. (University of Tennessee at Chattanooga) ainsi que John P. Robinson et Phillip R. Shaver de l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan (Ann Arbor).
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle d’opinionisme est d’opérationnaliser et de quantifier l’opinionisme (opinionation), défini par Rokeach comme la disposition d’un individu à rejeter autrui en raison de ses croyances ou à n’accepter autrui que s’il partage ses propres convictions. Cet instrument répondait à une lacune épistémologique et méthodologique majeure qui caractérisait la psychologie sociale de l’après-Seconde Guerre mondiale.
À la suite de la publication séminale de l’ouvrage The Authoritarian Personality par Theodor Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel Levinson et Nevitt Sanford en 1950, la majorité des recherches sur le fanatisme et la rigidité mentale reposaient sur l’Échelle F (fascisme) et l’Échelle E (ethnocentrisme). Cependant, ces outils présentaient un biais théorique manifeste : ils assimilaient l’intolérance et l’autoritarisme exclusivement à des idéologies d’extrême droite, conservatrices ou antisémites. Rokeach a fait valoir que le fonctionnement cognitif rigide, l’esprit de chapelle, le fanatisme et le rejet dogmatique d’autrui pouvaient se manifester avec une acuité identique chez des militants d’extrême gauche, des communistes, des libéraux radicaux ou des adeptes de divers mouvements religieux.
L’Échelle d’opinionisme a donc été construite dans un double but :
- Mesure de l’intolérance généralisée indépendamment du contenu politique : En sommant les scores des sous-échelles de gauche et de droite, l’expérimentateur obtient un score global d’« opinionisme total » (Total Opinionation), qui reflète la propension générale du sujet à émettre des jugements dogmatiques et condescendants envers autrui, que ce soit au nom de valeurs de progrès social ou au nom de valeurs d’ordre traditionnel.
- Différenciation simultanée de l’orientation idéologique : En soustrayant le score d’opinionisme de gauche du score d’opinionisme de droite, le test fournit une mesure orthogonale du contenu idéologique préférentiel du sujet (orientation politique gauche-droite).
Dans la recherche contemporaine et fondamentale, cet outil trouve ses applications en psychologie politique, en sociologie des conflits idéologiques et dans l’étude des processus de radicalisation et de polarisation affective. Il permet d’étudier comment le style d’expression verbale — en particulier l’usage d’adjectifs discréditants pour qualifier les opposants — reflète la structure sous-jacente du système cognitif plutôt que le simple attachement doctrinal.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique d’opinionisme repose sur l’articulation entre deux composantes comportementales : la façon dont un énoncé valide ou rejette une proposition factuelle/politique, et la façon dont il qualifie la personne adhérant à cette proposition ou s’y opposant. Un item opinioné ne se contente pas de dire « Le gouvernement devrait garantir le plein emploi » ; il ajoute une qualification disqualifiante ou flatteuse : « N’importe qui doué d’un cerveau sait que… » ou « Il n’y a que les personnes égoïstes ou stupides qui… ».
La structure conceptuelle de l’échelle d’opinionisme (Form C / Form Ce) est subdivisée en quatre dimensions coordonnées :
1. Rejet d’opinion – Gauche (Opinionated Rejection – Left)
Cette sous-échelle (items 1 à 10) mesure la tendance à rejeter violemment des opinions de droite ou perçues comme conservatrices, en utilisant un langage insultant ou dégradant envers les personnes qui les soutiennent. L’individu à score élevé caractérise ceux qui ont des doutes sur le communisme, qui soutiennent le gouvernement conservateur ou qui doutent de l’égalité raciale comme étant des « imbéciles » (stupid), des « personnes à courte vue » (shortsighted), des « naïfs » (gullible) ou des « fous simples d’esprit » (simple-minded fool).
2. Acceptation d’opinion – Gauche (Opinionated Acceptance – Left)
Cette dimension (items 11 à 20) évalue l’adhésion dogmatique et inconditionnelle à des thèses politiques de gauche, combinée à une affirmation présomptueuse selon laquelle « toute personne intelligente » ou « toute personne décente » partage nécessairement ce point de vue. Les énoncés valorisent les positions socialistes, travaillistes, pacifistes ou redistributives en affirmant que « l’histoire montre clairement » la justesse de cette position et que quiconque en doute manque de discernement moral ou intellectuel.
3. Rejet d’opinion – Droite (Opinionated Rejection – Right)
Cette sous-échelle (items 21 à 30) quantifie la propension à rejeter agressivement des opinions progressistes, socialistes ou favorables aux mouvements de décolonisation et aux syndicats. Les opposants politiques y sont qualifiés d’« agitateurs » (agitators), de « fauteurs de troubles » (trouble-makers), de « radicaux bruyants » (noisy radicals), de « compagnons de route » des communistes (fellow travellers) ou d’« idéalistes égarés » (misguided idealists).
4. Acceptation d’opinion – Droite (Opinionated Acceptance – Right)
Cette dimension (items 31 à 40) mesure l’adhésion autoritaire et tranchée à des politiques conservatrices, militaristes ou impérialistes (par exemple, le réarmement, le soutien à la politique étrangère américaine, l’opposition à la nationalisation). La structure rhétorique affirme que le « bon sens élémentaire » (plain common sense) ou que « toute personne intelligente » reconnaît sans équivoque la véracité de ces principes et considère les voix dissidentes comme déraisonnables ou antipatriotiques.
6. Cadre théorique
L’Échelle d’opinionisme est ancrée dans la théorie des systèmes de croyance ouverts et fermés (Open and Closed Systems of Belief) formulée par Milton Rokeach dans son ouvrage magistral The Open and Closed Mind (1960). Rokeach s’inscrit dans le courant de la psychologie cognitive et de la psychologie sociale structurale, influencé par Kurt Lewin et les théoriciens de la Gestalt.
Selon Rokeach, tout individu possède un système cognitif composé de deux sous-systèmes interdépendants :
- Le système de croyances (Belief system) : L’ensemble des propositions, jugements et vérités subjectives qu’une personne accepte comme vrais.
- Le système d’incroyances (Disbelief system) : L’ensemble des idéologies, théologies ou perspectives qu’une personne rejette.
La distinction théorique fondamentale opérée par Rokeach réside dans la séparation rigoureuse entre le contenu (ce que l’individu croit) et la structure ou organisation de la pensée (la façon dont l’individu croit). Un système de croyances fermé (ou dogmatique) se caractérise par trois propriétés structurales majeures :
- Une isolation élevée entre les croyances et les incroyances : Les croyances rejetées sont perçues comme un bloc indifférencié et hostile ; le sujet refuse d’examiner les nuances au sein des groupes opposés.
- Une dépendance absolue envers l’autorité : Les croyances sont validées non pas sur la base de preuves intrinsèques ou logiques, mais en vertu de l’autorité qui les promulgue.
- Une intolérance envers les personnes partageant des croyances différentes : L’acceptation ou le rejet d’autrui est conditionné de manière rigide par l’accord d’opinion.
Dans ce cadre conceptuel, l’opinionisme représente la manifestation stylistique et communicationnelle du dogmatisme. Rokeach a postulé que l’individu à l’esprit fermé ne peut pas formuler une opinion sans simultanément glorifier ceux qui la partagent ou fustiger moralement et intellectuellement ceux qui la rejettent. L’Échelle d’opinionisme sert donc de contrepartie empirique à l’Échelle de dogmatisme (Dogmatism Scale, Form E) : alors que l’Échelle de dogmatisme mesure la fermeture cognitive générale sans référence à des questions d’actualité politique, l’Échelle d’opinionisme confronte le sujet à des enjeux politiques explicites pour vérifier si sa structure intolérante s’active indifféremment sous des bannières idéologiques de gauche ou de droite.
7. Validité
La validité psychométrique de l’Échelle d’opinionisme a fait l’objet d’investigations approfondies depuis sa publication originale (Rokeach, 1956 ; Hood, 1968 ; Robinson & Shaver, 1969).
Validité de construit
La validité de construit a été établie par la vérification de l’hypothèse de Rokeach selon laquelle les individus à haut niveau de dogmatisme obtiendraient des scores élevés d’opinionisme total, quelle que soit leur affiliation politique. Les corrélations observées entre le score total d’opinionisme et l’Échelle de dogmatisme (Form E) se situent de façon constante entre r = 0,55 et r = 0,67 dans les populations universitaires américaines et britanniques, confirmant que l’opinionisme est bien une expression directe de la fermeture cognitive dogmatique.
Validité discriminante
L’instrument a démontré une validité discriminante remarquable par rapport à l’Échelle F d’Adorno. Alors que l’Échelle F présentait des corrélations asymétriques fortes avec le conservatisme politique et des corrélations négatives ou nulles avec les orientations de gauche, le score d’opinionisme total de Rokeach n’a montré aucune corrélation linéaire significative avec l’orientation idéologique brute (r variant entre -0,08 et +0,12). Cela confirme que l’échelle mesure bel et bien un style cognitif d’intolérance transcendant le clivage gauche-droite.
Validité prédictive et expérimentale
Dans des études de validation expérimentale (Rokeach, 1960 ; Hood, 1968), l’échelle d’opinionisme s’est révélée prédictive des comportements d’évaluation interpersonnelle. Les participants présentant des scores élevés d’opinionisme ont rejeté significativement plus de candidats fictifs à un emploi ou de colocataires potentiels sur le seul fondement de divergences politiques mineures, par comparaison avec les participants à faible score, et ce même lorsque les compétences objectives étaient strictement équivalentes.
8. Fidélité
Les propriétés de cohérence interne et de stabilité temporelle de l’Échelle d’opinionisme (Form C et Form Ce) ont été documentées au travers de multiples cohortes empiriques.
- Cohérence interne : Les coefficients de fidélité par la méthode de bissection corrigée par la formule de Spearman-Brown (split-half reliability) rapportés par Rokeach (1956, 1960) s’échelonnent entre 0,71 et 0,86 pour le score total d’opinionisme sur des échantillons d’étudiants d’universités du Midwest américain (N = 250 à 400). Pour les sous-échelles individuelles (chacune composée de 10 items), les coefficients alpha de Cronbach varient typiquement entre 0,65 et 0,78, reflétant une homogénéité satisfaisante pour des dimensions mesurant des attitudes socio-politiques spécifiques.
- Fidélité test-retest : Les études de stabilité temporelle à court et moyen terme (intervalles de 4 à 8 semaines) ont produit des coefficients de corrélation test-retest oscillant entre r = 0,74 et r = 0,82, démontrant que la propension stylistique à l’opinionisme constitue un trait attitudinal relativement stable dans le temps plutôt qu’un état passager.
9. Analyse factorielle
Les premières études factorielles menées sur l’Échelle d’opinionisme ont cherché à confirmer la structure bidimensionnelle théorique (forme du discours : acceptation/rejet vs contenu : gauche/droite).
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par Rokeach et ultérieurement synthétisées par Robinson et Shaver (1969) ont mis en évidence l’émergence constante de deux facteurs généraux orthogonaux prédominants :
- Facteur I (Orientation idéologique gauche-droite) : Ce facteur rend compte de la variance liée au contenu politique explicite des items. Les 20 items de gauche (Acceptance Left et Rejection Left) présentent des saturations positives substantielles (généralement comprises entre 0,40 et 0,72), tandis que les 20 items de droite (Acceptance Right et Rejection Right) présentent des saturations négatives symétriques (entre -0,38 et -0,68).
- Facteur II (Style d’opinionisme / Intolérance stylistique) : Ce second facteur orthogonal absorbe la variance relative à l’absolutisme verbal et à l’intolérance envers autrui. Les items comportant des termes fortement accusateurs (par exemple : « pure bêtise », « il n’y a que les fauteurs de troubles », « n’importe quel esprit intelligent voit que ») saturent positivement sur ce facteur, attestant de l’existence d’une dimension stylistique commune indépendante de l’affiliation partisane.
Dans des modélisations confirmatoires plus récentes (AFC) appliquées aux données historiques, un modèle factoriel hiérarchique à quatre facteurs de premier ordre (correspondant aux quatre sous-échelles) subordonnés à un facteur d’ordre supérieur d’« Opinionisme général » et un facteur bipolaire de « Préférence politique » démontre des indices d’ajustement satisfaisants (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,90), confirmant la pertinence de la matrice conceptuelle initiale 2 × 2.
10. Instrument de mesure
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (inventaire d’attitudes socio-politiques).
- Nombre total d’items : 40 items (Form C / Form Ce).
- Sous-échelles :
- Rejet d’opinion – Gauche (Opinionated Rejection – Left) : Items 1 à 10.
- Acceptation d’opinion – Gauche (Opinionated Acceptance – Left) : Items 11 à 20.
- Rejet d’opinion – Droite (Opinionated Rejection – Right) : Items 21 à 30.
- Acceptation d’opinion – Droite (Opinionated Acceptance – Right) : Items 31 à 40.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points (1 à 7) :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
- 2 = Modérément en désaccord (Moderately disagree)
- 3 = Légèrement en désaccord (Slightly disagree)
- 4 = Neutre / Indécis (Neither agree nor disagree)
- 5 = Légèrement d’accord (Slightly agree)
- 6 = Modérément d’accord (Moderately agree)
- 7 = Fortement d’accord (Strongly agree)
- Calcul des scores et cotation :
- Score d’Opinionisme Total (Total Opinionation) : Somme simple des scores des 40 items. Un score élevé reflète une tendance marquée à l’intolérance et au dogmatisme communicationnel, sans égard au contenu idéologique.
- Score d’Opinionisme de Gauche : Somme des items 1 à 20.
- Score d’Opinionisme de Droite : Somme des items 21 à 40.
- Score Différentiel d’Orientation Politique (Net Ideology) : Calculé par la différence (Score Droite − Score Gauche). Un score positif net indique une inclinaison conservatrice dogmatique, tandis qu’un score négatif net indique une inclinaison progressiste/socialiste dogmatique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de création originale : 1956 (publication dans Psychological Monographs) ; Forme C finalisée et documentée dans l’ouvrage de 1960.
- Droits d’auteur et statut de publication : L’Échelle d’opinionisme de Milton Rokeach a été publiée dans le domaine universitaire public à des fins de recherche fondamentale. Elle est reproduite dans son intégralité dans les monographies de Rokeach (1956, 1960) ainsi que dans le recueil de l’Institute for Social Research (ISR) de l’Université du Michigan (Robinson & Shaver, 1969).
- Tarification : L’instrument est libre de droits d’accès à des fins éducatives et de recherche scientifique non commerciale (domaine public académique). Aucune redevance n’est exigée pour son utilisation dans des contextes universitaires.
12. Références
Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The authoritarian personality. Harper & Row.
Hood, R. W. (1968). An empirical test of the validity of Rokeach’s Opinionation Scale. The Journal of Psychology, 69(1), 47–52. https://doi.org/10.1080/00223980.1968.10543444
Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of political attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. Lien ISR University of Michigan
Rokeach, M. (1956). Political and religious dogmatism: An alternative to the authoritarian personality. Psychological Monographs: General and Applied, 70(18), 1–43. https://doi.org/10.1037/h0093727
Rokeach, M. (1960). The open and closed mind: Investigations into the nature of belief systems and personality systems. Basic Books.
13. Questions et items du questionnaire
Response scale: 1 to 7 agree-disagree
Opinionated Rejection – Left
- It is quite stupid to say that the Bevanites follow the Communist line.
- A person must be pretty stupid if he still believes in differences between races.
- There are two kinds of people who opposed the Labour Government post-war programme: the selfish and the stupid.
- A person must be pretty shortsighted if he thinks that the Conservatives represent the best interest of the British people.
- It is the people who believe everything they read i n the papers who are convinced that Russia is pursuing a ruthless policy of imperialist aggression.
- It is mainly those who support the viewpoint put out by the landlord who believe that rents should be increased.
- A person must be pretty gullible if he really believes that the Communists have actually infiltrated into the teaching profession.
- It’s mostly those who want a third World War who want to rearm Western Germany.
- It is very foolish to advocate government support of religious education.
- Only a simple-minded fool would think that the present Colonial Secretary is interested in Freedom.
Opinionated Acceptance – Left
- It’s perfectly clear to any thinking person that the execution of the Rosenbergs has done the United States more harm than good.
- Any person with even a brain in his head knows that it would be dangerous to let our country be run by men like Lord Beaverbrook.
- The truth of the matter is this: It is big business which wants to continue the cold war.
- Make no mistake about it; The best way to achieve security is for the government to guarantee full employment.
- It’s perfectly clear to all decent people that all this fuss about communism does more harm than good.
- Thoughtful persons know that the Tories are not really interested in democracy.
- It’s perfectly clear to any thinking person that the way to solve our financial problems is by soak-the-rich taxation.
- It’s all too true that the rich are getting richer and the poor are getting poorer.
- History clearly shows that It is the private enterprise system which is at the root of depression and wars.
- Anyone who truly understands America will tell you that the sooner we stop following in their footsteps the better off we will be.
Opinionated Rejection – Right
- It is simply incredible that anyone should believe that Dr. Jagan had the interest of the people of British Guiana at heart.
- A person must be very ignorant if he thinks that Churchill is going to let big business run this country.
- It’s the Communists and fellow travellers who are always bringing up the issue of freedom for the Colonies.
- It’s the fellow travellers or Communists who are always going on about the right to strike.
- It is foolish to think that the Labour party is really the party of the common man.
- You just can’t help but feel sorry for the person who believes that the world could exist without a Creator.
- It’s usually the trouble-makers who talk about state ownership.
- Only a misguided idealist would believe that the Soviet union is for peace.
- It’s mostly the noisy radicals who try to tell us that we will be better off under socialism.
- It’s the agitators and Left – wingers who want to get Red China into the United Nations right away.
Opinionated Acceptance – Right
- Any intelligent person can plainly see that the real reason Britain is spending so much for defense is to stop aggression.
- Plain common sense tell s you that nationalization of industry has gone far enough.
- Anyone who is really for democracy knows very well that the only way for Britain to avoid revolution and civil war is to support American foreign policy.
- History will clearly show that Churchill’s victory over the Labour Party in 1951 was a step forward for the British people.
- The American re-armament program is clear and positive proof that they are willing to make sacrifices to preserve their freedom.
- This much is certain: The only way is to wipe out the Mau Mau terrorists.
- It’s already crystal clear that the United Nations is a failure.
- A study of British history clearly shows that it is the British merchant who has contributed most to our society.
- Even a person of average intelligence knows that to defend ourselves against aggression we should welcome any kind of help including Franco’s.
- Anyone who knows what’s going on will tell you that the Foreign office diplomats who disappeared in 1952 were traitors to their country.