Échelle d’impact de l’événement – Révisée

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle d’impact de l’événement – Révisée (IES-R) de Weiss et Marmar : propriétés de mesure, validité, consistance interne, structure factorielle et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle d’impact de l’événement – Révisée (Impact of Event Scale – Revised, ou IES-R) constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus validés et mondialement employés dans l’investigation clinique et épidémiologique de la détresse psychologique consécutive à l’exposition à un événement traumatique. Conçue initialement par Daniel S. Weiss et Charles R. Marmar en 1997 afin d’actualiser l’instrument original pionnier de Mardi Horowitz élaboré en 1979 (l’Impact of Event Scale, IES), l’IES-R incorpore formellement l’évaluation de l’hyperactivation neurovégétative (hyperarousal). Cette révision majeure a permis d’aligner directement la structure de l’outil sur les critères diagnostiques B (intrusions), C (évitement et émoussement affectif) et D (hyperactivation) du trouble de stress post-traumatique (TSPT / PTSD) définis par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) de l’American Psychological Association.

L’instrument se compose de 22 items auto-administrés, cotés au moyen d’une échelle de type Likert en 5 points allant de 0 (« Not at all » / Pas du tout) à 4 (« Extremely » / Extrêmement). Le participant est invité à évaluer l’intensité de sa détresse ressentie au cours des sept derniers jours par rapport à un événement de vie hautement stressant ou traumatique clairement spécifié. L’échelle génère un score total de détresse subjective globale (allant de 0 à 88) ainsi que trois scores dimensionnels distincts correspondant à ses sous-échelles : l’Intrusion (8 items), l’Évitement (8 items) et l’Hyperactivation (6 items). Les propriétés psychométriques de l’IES-R sont remarquablement solides à travers une multitude de contextes cliniques, transculturels et populationnels (survivants de catastrophes naturelles, victimes de violences interpersonnelles, vétérans de guerre, patients hospitalisés en soins intensifs ou personnel de santé exposé à des pandémies). La consistance interne est généralement excellente, affichant des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,87 et 0,94 pour l’échelle globale et dépassant couramment 0,80 pour chacune des dimensions. Des seuils cliniques empiriques (notamment un score seuil de 33) permettent d’identifier avec une haute sensibilité et spécificité les individus présentant un risque élevé de diagnostic de TSPT avéré.

2. Mots-clés

Trouble de stress post-traumatique, TSPT, psychométrie, évaluation du traumatisme, intrusion, évitement cognitif, hyperactivation neurovégétative, détresse psychologique, validité transculturelle, IES-R, réactivité émotionnelle, victimologie, anxiété post-traumatique, reviviscence.

3. Auteurs

L’Échelle d’impact de l’événement – Révisée a été développée par :

  • Daniel S. Weiss, Ph.D. : Professeur émérite au Département de Psychiatrie de l’Université de Californie à San Francisco (University of California, San Francisco – UCSF), San Francisco, Californie, États-Unis. Spécialiste reconnu internationalement des méthodes d’évaluation psychométrique et des troubles liés aux traumatismes psychologiques chez les vétérans et les civils.
  • Charles R. Marmar, M.D. : Professeur et titulaire de la chaire Lucius N. Littauer au Département de Psychiatrie du NYU Langone Medical Center (New York University School of Medicine), New York, États-Unis. Ancien vice-président et professeur à l’UCSF, il dirige d’importants programmes de recherche neurobiologique et clinique sur le TSPT.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’IES-R est de fournir une mesure standardisée, quantitative et cliniquement rigoureuse de la détresse psychologique subjective actuelle générée par un événement traumatisant spécifique. Alors que de nombreux inventaires diagnostiques visent l’établissement binaire d’une nosographie psychiatrique, l’IES-R a été conceptualisée comme une échelle dimensionnelle permettant de capturer le gradient de sévérité symptomatique et les fluctuations dynamiques des réactions d’adaptation face au traumatisme.

Applications cliniques

En pratique clinique, l’IES-R répond à plusieurs impératifs majeurs :

  • Dépistage précoce et triage : Grâce à sa brièveté de passation (environ 5 à 10 minutes), l’échelle permet de dépister rapidement les individus présentant une souffrance aiguë ou chronique dans les services d’urgence, les unités de psychiatrie de liaison, les centres médico-psychologiques ou lors de missions humanitaires d’urgence.
  • Surveillance thérapeutique longitudinale : L’IES-R est largement employée pour mesurer l’efficacité des protocoles psychothérapeutiques ciblés sur le traumatisme, tels que la thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le trauma (TCC-CT), l’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) ou les pharmacothérapies. Sa fenêtre temporelle rétrospective de sept jours en fait un outil idéal pour apprécier les réductions symptomatiques semaine après semaine.
  • Cartographie du profil clinique individuel : L’évaluation conjointe des trois sous-échelles fournit au clinicien des indications précieuses quant au mécanisme prédominant de la décompensation : dominance des phénomènes de reviviscence invasive nécessitant des techniques de stabilisation émotionnelle, prédominance d’un évitement phobique massif bloquant l’intégration cognitive, ou hypervigilance invalidante altérant le sommeil et la régulation physiologique.

Applications en recherche et justification théorique

Sur le plan de la recherche scientifique, l’IES-R standardise la mesure de la morbidité post-traumatique à travers des cohortes hétérogènes. Elle permet de quantifier l’impact d’événements de vie extrêmes (accidents industriels, attentats terroristes, agressions sexuelles, pertes traumatiques) mais également de stresseurs médicaux sévères, tels que l’annonce d’un diagnostic d’affection maligne, un séjour en réanimation ou les fausses couches. Théoriquement, l’outil repose sur la prémisse que le traumatisme submerge les schémas cognitifs préexistants de l’individu, générant une oscillation caractéristique entre des tentatives désespérées pour exclure l’information traumatique du champ de conscience (évitement) et la réémergence incontrôlable de cette information sous forme de souvenirs intrusifs, le tout entretenu par une hyperexcitabilité neurophysiologique persistante.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique mesuré par l’IES-R reflète la constellation symptomatique de la réaction au stress traumatique, décomposée en trois dimensions psychopathologiques interdépendantes mais structuralement distinctes :

1. L’Intrusion (8 items)

La dimension d’intrusion correspond à l’irruption involontaire, soudaine et pénible de matériel mnésique ou sensoriel lié à l’événement dans le flux de la conscience. Ce phénomène traduit l’échec des mécanismes d’intégration narrative de la mémoire traumatique. Les manifestations englobent :

  • Les pensées intrusives non désirées : L’individu rapporte que des souvenirs de l’événement s’imposent à lui sans qu’il l’ait souhaité (ex. : Item 6 : « I thought about it when I didn’t mean to »).
  • Les images mentales vives et flash-backs : Des images précises de la scène traumatique surgissent spontanément (ex. : Item 9 : « Pictures about it popped into my mind ») ou l’individu a le sentiment de revivre physiquement l’événement (Item 14).
  • Les cauchemars répétitifs et perturbations du sommeil : Les reviviscences nocturnes sous forme de rêves angoissants (Item 20) et les réveils fréquents avec incapacité de se rendormir (Item 2).
  • La réactivité émotionnelle déclenchée par des indices de rappel : Toute évocation externe ou environnementale réactive immédiatement des vagues de détresse affective intense (Item 1, Item 3, Item 16).

2. L’Évitement (8 items)

La dimension d’évitement regroupe l’ensemble des stratégies défensives, comportementales et cognitives, mises en œuvre par le sujet pour échapper aux stimuli associés à l’événement traumatisant, ainsi que les phénomènes de restriction affective. Elle comprend :

  • L’évitement comportemental : Le refus actif de se confronter aux lieux, personnes, conversations ou situations qui rappellent l’événement (Item 8 : « I stayed away from reminders of it » ; Item 22 : « I tried not to talk about it »).
  • L’évitement cognitivo-émotionnel : L’effort délibéré pour expulser les pensées traumatiques de l’esprit, refouler la mémoire de l’événement ou bloquer la prise de conscience des sentiments perturbateurs (Item 5, Item 11, Item 12, Item 17).
  • L’émoussement affectif et la déréalisation : Des manifestations dissociatives ou d’anesthésie émotionnelle où l’individu a le sentiment que ses affects sont éteints (Item 13 : « My feelings about it were kind of numb ») ou que l’événement relève de l’irréel ou n’a jamais existé (Item 7 : « I felt as if it hadn’t happened or wasn’t real »).

3. L’Hyperactivation (6 items)

L’hyperactivation neurovégétative (hyperarousal) constitue l’apport structurel spécifique de Weiss et Marmar par rapport à l’IES classique. Elle évalue l’état permanent d’alerte, la dysrégulation du système nerveux autonome sympathique et l’incapacité physiologique à revenir à un état de repos. Les items explorent :

  • L’irritabilité et les accès de colère : Un seuil de tolérance à la frustration fortement abaissé (Item 4 : « I felt irritable and angry »).
  • Les réactions de sursaut exagérées : Une sensibilité accrue aux bruits soudains ou aux mouvements imprévus (Item 10 : « I was jumpy and easily startled »).
  • L’insomnie d’endormissement : L’incapacité à détendre l’activité psychomotrice au moment du coucher (Item 15 : « I had trouble falling asleep »).
  • Les déficits attentionnels : Une dispersion constante des ressources cognitives altérant la concentration quotidienne (Item 18 : « I had trouble concentrating »).
  • La réactivité somatologique aux rappels : Des décharges neurovégétatives périphériques (palpitations, sueurs, nausées, dyspnée) déclenchées par les éléments évocateurs (Item 19).
  • L’hypervigilance : Un sentiment constant d’insécurité conduisant le sujet à scruter continuellement l’environnement à l’affût d’une menace potentielle (Item 21 : « I felt watchful and on-guard »).

6. Cadre théorique

L’architecture conceptuelle de l’IES-R s’ancre dans les théories du traitement cognitif de l’information traumatique, en particulier le modèle élaboré par Mardi J. Horowitz (1976, 1979), enrichi par les modèles contemporains de la psychopathologie cognitive (notamment ceux d’Edna Foa et de Rachel Ehlers & David M. Clark).

Le modèle du traitement de l’information d’Horowitz

Selon Horowitz, l’exposition à un choc traumatique surcharge brutalement les capacités de traitement de l’appareil psychique. Les informations traumatiques génèrent une « surcharge cognitive » parce qu’elles entrent en contradiction violente avec les schémas fondamentaux de l’individu relatifs à sa propre sécurité, à la prévisibilité du monde et au sens de son existence. Afin d’éviter une désorganisation psychotique ou un effondrement affectif sous l’effet d’une angoisse cataclysmique, le psychisme enclenche des mécanismes de défense primaires fondés sur le déni, la mise à distance et l’engourdissement émotionnel : c’est la phase d’évitement.

Cependant, en vertu du « principe de complétion » (completion principle) théorisé par Horowitz, l’esprit humain possède une tendance intrinsèque à intégrer toute nouvelle information au sein de ses structures cognitives permanentes. Par conséquent, les représentations mnésiques traumatiques non intégrées restent stockées dans une mémoire active à court terme hautement volatile. Elles font régulièrement irruption dans la conscience sous forme d’images, de cauchemars et de réminiscences incoercibles : c’est la phase d’intrusion. L’adaptation normale au stress se caractérise par des oscillations progressives entre ces deux phases, permettant une désensibilisation et une assimilation par paliers de l’événement.

Intégration de l’axe neurobiologique et du DSM-IV

Bien que l’IES d’Horowitz (1979) ait capturé avec une remarquable précision cette dialectique entre intrusion et évitement, elle ignorait le substrat neurobiologique sous-jacent. Les travaux de recherche translationnelle des années 1980 et 1990 (notamment conduits par Dennis Charney, John Krystal et Bessel van der Kolk) ont démontré que le traumatisme grave entraîne une sensibilisation durable de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et une hyperréactivité des récepteurs adrénergiques du locus coeruleus et de l’amygdale. Cette hyperexcitabilité autonome constitue le moteur physiologique qui pérennise le sentiment de menace imminente.

En élaborant l’IES-R, Daniel S. Weiss et Charles R. Marmar ont fait le lien direct entre les postulats cognitifs d’Horowitz et la sémiologie neurobiologique formalisée dans les critères diagnostiques du DSM-IV. L’adjonction des items d’hyperactivation a permis de transformer un outil d’investigation des mécanismes de défense en un instrument exhaustif d’évaluation de la symptomatologie clinique du TSPT.

7. Validité

La validité de l’IES-R a fait l’objet d’un nombre considérable de validations empiriques à travers le monde, démontrant des qualités métrologiques remarquables dans des échantillons cliniques et non cliniques.

Validité de construit

La validité de construit est confirmée par la capacité de l’IES-R à discriminer significativement les individus exposés à un événement traumatique répondant aux critères diagnostiques formels du TSPT de ceux présentant des réactions adaptatives subcliniques ou non pathologiques. Les analyses en composantes principales et modélisations en équations structurelles démontrent que l’organisation tri-factorielle correspond de manière congruente à la dynamique phénoménologique des survivants de traumatismes.

Validité convergente

L’IES-R présente des corrélations positives élevées et statistiquement significatives avec les instruments de référence administrés par des cliniciens ou par auto-questionnaire :

  • Corrélations fortes avec la Clinician-Administered PTSD Scale (CAPS), considérée comme le standard de référence international (valeurs de r comprises typiquement entre 0,72 et 0,84 selon les études).
  • Corrélations hautement significatives avec la PTSD Checklist (PCL-C, PCL-S, PCL-5), avec des coefficients oscillant régulièrement entre r = 0,75 et r = 0,88.
  • Corrélations modérées à fortes avec des mesures de dépression et d’anxiété générale, telles que le Beck Depression Inventory (BDI-II, r ≈ 0,55 à 0,65) et le State-Trait Anxiety Inventory (STAI, r ≈ 0,58 à 0,70), reflétant la comorbidité fréquente entre détresse post-traumatique, trouble dépressif caractérisé et angoisse généralisée.

Validité discriminante

La validité discriminante est établie par des corrélations nettement plus faibles entre l’IES-R et des échelles de traits de personnalité généraux non liés à l’anxiété, ainsi que par sa capacité à distinguer le TSPT d’autres troubles psychiatriques primaires comme les phobies spécifiques non traumatiques ou les troubles de l’usage de substances sans antécédents traumatiques.

Validité prédictive et seuils cliniques (Cut-off scores)

Dans une étude empirique pivot menée par Creamer, Bell et Failla (2003) auprès de 120 vétérans et individus exposés à divers traumatismes civils, l’IES-R a démontré une excellente précision diagnostique :

  • Un score seuil global de 33 sur 88 a été identifié comme optimal pour diagnostiquer un TSPT probable, offrant une sensibilité diagnostique de 0,91 et une spécificité de 0,82.
  • D’autres études épidémiologiques suggèrent qu’un score de 24 ou plus représente un seuil d’alerte clinique pour une détresse post-traumatique cliniquement significative justifiant un suivi, tandis qu’un score supérieur à 37 dénote une symptomatologie sévère avec un risque substantiel de dysfonctionnement immunologique et d’altération socio-professionnelle majeure.

8. Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’IES-R atteste d’une précision de mesure extrêmement rigoureuse, tant sur le plan de la cohérence interne que de la stabilité temporelle.

Consistance interne

Dans l’étude originale de Weiss et Marmar (1997), ainsi que dans les réplications ultérieures conduites sur des échantillons de grande envergure (Beck et al., 2008 ; Creamer et al., 2003) :

  • Le coefficient alpha de Cronbach pour le score total de l’IES-R se situe de manière consistante entre 0,92 et 0,96, témoignant d’une excellente consistance interne.
  • Pour la sous-échelle Intrusion, les valeurs d’alpha s’étendent de 0,87 à 0,94.
  • Pour la sous-échelle Évitement, les valeurs d’alpha varient de 0,84 à 0,89.
  • Pour la sous-échelle Hyperactivation, les valeurs d’alpha sont comprises entre 0,79 et 0,91.

Ces indices démontrent que les items composant chaque dimension mesurent de manière homogène le même construit théorique sous-jacent sans redondance excessive.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle des scores de l’IES-R a été documentée auprès de populations stables non soumises à une intervention thérapeutique immédiate. Weiss et Marmar (1997) ont rapporté des coefficients de corrélation test-retest allant de 0,51 à 0,94 selon les sous-échelles et les intervalles de temps considérés. Dans des protocoles de retest standardisés à 1 ou 2 semaines d’intervalle chez des patients en phase de stress post-traumatique chronique, les corrélations intraclasses (ICC) pour le score total dépassent généralement 0,85, confirmant que l’outil capte un état psychologique stable dans le temps en l’absence de modifications environnementales ou cliniques notables.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’IES-R a suscité de riches débats psychométriques au cours des deux dernières décennies, mobilisant à la fois des analyses factorielles exploratoires (AFE) et des analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Structure originale à trois facteurs de Weiss et Marmar

Les analyses factorielles exploratoires initiales conduites par Weiss et Marmar (1997) à l’aide de rotations obliques ont isolé trois facteurs principaux correspondant aux dimensions attendues :

  1. Facteur 1 (Intrusion) : Les items 1, 2, 3, 6, 9, 14, 16 et 20 présentent de fortes saturations factorielles (couramment supérieures à 0,55) sur ce facteur. Il convient de souligner que l’item 14 (« I found myself acting or feeling like I was back at that time »), bien qu’initialement dérivé pour le domaine de l’hyperactivité ou de la dissociation, sature systématiquement de façon prédominante sur le facteur d’intrusion sous forme d’état de reviviscence / flash-back.
  2. Facteur 2 (Évitement) : Les items 5, 7, 8, 11, 12, 13, 17 et 22 saturent nettement sur cette composante, capturant à la fois l’évitement comportemental et l’émoussement affectif.
  3. Facteur 3 (Hyperactivation) : Les items 4, 10, 15, 18, 19 et 21 regroupent l’agitation, les réactions physiologiques et les troubles de la vigilance.

Modèles alternatifs en AFC

Bien que le modèle théorique tridimensionnel offre un ajustement statistique satisfaisant (indices RMSEA < 0,08 ; CFI > 0,90) dans la plupart des cohortes cliniques, plusieurs chercheurs ont examiné la concordance de l’IES-R avec les modèles à quatre facteurs du TSPT développés pour le DSM-IV et le DSM-5 :

  • Le modèle à quatre facteurs de King et al. (1998) : Ce modèle subdivise l’évitement en deux composantes distinctes : l’Évitement d’effort (efforts conscients pour fuir les rappels) et l’Émoussement émotionnel (sentiment de détachement et anesthésie affective), parallèlement aux facteurs d’Intrusion et d’Hyperactivation. Plusieurs études confirmatoires (p. ex., Creamer et al., 2003) ont relevé que ce modèle à 4 facteurs fournit parfois un ajustement empirique marginalement supérieur au modèle original à 3 facteurs.
  • Le modèle de dysphorie de Simms et al. (2002) : Ce modèle regroupe les symptômes généraux de mal-être, d’irritabilité et de perturbation du sommeil au sein d’une dimension globale de « dysphorie », séparant l’hypervigilance somato-sensorielle pure de l’affect négatif diffus.

Malgré ces raffinements modélisateurs, le modèle à trois facteurs de Weiss et Marmar demeure le standard universellement adopté pour la cotation clinique et le calcul des sous-échelles de l’IES-R, en raison de son adéquation clinique directe et de sa robustesse transculturelle démontrée à travers de multiples langues et contextes socioculturels.

10. Instrument de mesure

L’organisation technique et clinique de l’Échelle d’impact de l’événement – Révisée se décline selon les caractéristiques suivantes :

  • Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (évaluation par auto-évaluation de la détresse subjective post-traumatique).
  • Format : Formulaire papier-crayon ou administration numérique informatisée.
  • Nombre d’items : 22 items brefs rédigés à la première personne du singulier.
  • Fenêtre temporelle d’évaluation : Les 7 derniers jours (« during the past seven days »).
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points :
    • 0 = Not at all (Pas du tout)
    • 1 = A little bit (Un peu)
    • 2 = Moderately (Modérément)
    • 3 = Quite a bit (Assez / Beaucoup)
    • 4 = Extremely (Extrêmement)
  • Modalités de calcul des scores :
    • Score total de l’IES-R : Somme arithmétique directe des 22 items, s’échelonnant de 0 à 88 (un score plus élevé reflète une détresse post-traumatique plus sévère).
    • Sous-échelle Intrusion (8 items) : Somme (0 à 32) ou moyenne (0 à 4) des items 1, 2, 3, 6, 9, 14, 16 et 20.
    • Sous-échelle Évitement (8 items) : Somme (0 à 32) ou moyenne (0 à 4) des items 5, 7, 8, 11, 12, 13, 17 et 22.
    • Sous-échelle Hyperactivation (6 items) : Somme (0 à 24) ou moyenne (0 à 4) des items 4, 10, 15, 18, 19 et 21.
    • Note méthodologique : Aucun item n’est inversé (aucun score inversé). Pour une comparaison directe avec l’échelle originale IES d’Horowitz (1979), seuls les items des sous-échelles Intrusion et Évitement doivent être sommés.
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Public cible : Adolescents et adultes exposés à un événement traumatique identifié.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : L’IES-R a été formulée en 1995 et publiée officiellement dans l’ouvrage clinique de référence de J. P. Wilson & T. M. Keane en 1997.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Les auteurs ont placé l’IES-R dans le domaine public à des fins de recherche académique, scientifique et clinique non commerciale. L’échelle peut être utilisée sans frais ni paiement de redevances. L’utilisation dans le cadre d’essais cliniques parrainés par l’industrie pharmaceutique ou dans des contextes commerciaux peut nécessiter une autorisation auprès des détenteurs des droits ou des éditeurs.
  • Conditions d’utilisation : Les utilisateurs sont tenus de citer rigoureusement les publications originales de Weiss et Marmar lors de toute diffusion de données issues de l’instrument.

12. Références

Les sources académiques clés attestant de la validité et des propriétés métrologiques de l’instrument incluent :

  • Asukai, N., Kato, H., Kawamura, N., Kim, Y., Yamamoto, K., Kishimoto, J., Miyake, Y., & Nishizono-Maher, A. (2002). Reliability and validity of the Japanese twin version of the Impact of Event Scale-Revised. The Journal of Nervous and Mental Disease, 190(3), 175–182. https://doi.org/10.1097/00005053-200203000-00006
  • Beck, J. G., Grant, D. M., Read, J. P., Clapp, J. D., Coffey, S. F., Miller, L. M., & Palyo, S. A. (2008). The Clean Impact of Event Scale-Revised: A confirmatory factor analytic study in a trauma-exposed college sample. Journal of Anxiety Disorders, 22(4), 686–698. https://doi.org/10.1016/j.janxdis.2007.07.001
  • Creamer, M., Bell, R., & Failla, S. (2003). Psychometric properties of the Impact of Event Scale – Revised. Behaviour Research and Therapy, 41(12), 1489–1496. https://doi.org/10.1016/j.brat.2003.07.010
  • Horowitz, M., Wilner, N., & Alvarez, W. (1979). Impact of Event Scale: A measure of subjective stress. Psychosomatic Medicine, 41(3), 209–218. https://doi.org/10.1097/00006842-197905000-00004
  • King, D. W., Leskin, G. A., King, L. A., & Weathers, F. W. (1998). Confirmatory factor analysis of the Clinician-Administered PTSD Scale: Evidence for the dimensionality of posttraumatic stress disorder. Psychological Assessment, 10(2), 90–96. https://doi.org/10.1037/1040-3590.10.2.90
  • Rash, C. J., Coffey, S. F., Baschnagel, J. S., Drobes, D. J., & Saladin, M. E. (2008). Psychometric properties of the IES-R in traumatized substance dependent individuals. Addictive Behaviors, 33(8), 1039–1047. https://doi.org/10.1016/j.addbeh.2008.03.012
  • Simms, L. J., Watson, D., & Doebbeling, B. N. (2002). Confirmatory factor analyses of posttraumatic stress symptoms in deployed and nondeployed veterans of the Gulf War. Journal of Abnormal Psychology, 111(4), 637–647. https://doi.org/10.1037/0021-843X.111.4.637
  • Weiss, D. S., & Marmar, C. R. (1997). The Impact of Event Scale – Revised. In J. P. Wilson & T. M. Keane (Eds.), Assessing psychological trauma and PTSD: A practitioner’s handbook (pp. 399–411). Guilford Press.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

INSTRUCTIONS: Below is a list of difficulties people sometimes have after stressful life events. Please read each item, and then indicate how distressing each difficulty has been for you DURING THE PAST SEVEN DAYS with respect to ____________________________, how much were you distressed or bothered by these difficulties?

Response scale:
0 = Not at all
1 = A little bit
2 = Moderately
3 = Quite a bit
4 = Extremely

  1. Any reminder brought back feelings about it.
  2. I had trouble staying asleep.
  3. Other things kept making me think about it.
  4. I felt irritable and angry.
  5. I avoided letting myself get upset when I thought about it or was reminded of it.
  6. I thought about it when I didn’t mean to.
  7. I felt as if it hadn’t happened or wasn’t real.
  8. I stayed away from reminders of it.
  9. Pictures about it popped into my mind.
  10. I was jumpy and easily startled.
  11. I tried not to think about it.
  12. I was aware that I still had a lot of feelings about it, but I didn’t deal with them.
  13. My feelings about it were kind of numb.
  14. I found myself acting or feeling like I was back at that time.
  15. I had trouble falling asleep.
  16. I had waves of strong feelings about it.
  17. I tried to remove it from my memory.
  18. I had trouble concentrating.
  19. Reminders of it caused me to have physical reactions, such as sweating, trouble breathing, nausea, or a pounding heart.
  20. I had dreams about it.
  21. I felt watchful and on-guard.
  22. I tried not to talk about it.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle d’impact de l’événement – Révisée. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-impact-de-l-evenement-revisee/
Looti, Mohammed. “Échelle d’impact de l’événement – Révisée.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-impact-de-l-evenement-revisee/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’impact de l’événement – Révisée.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-impact-de-l-evenement-revisee/.