Échelle d’hyperphagie boulimique (BES)

Découvrez l’Échelle d’hyperphagie boulimique (Binge Eating Scale – BES) : structure psychométrique, cotation, seuils cliniques et validation scientifique complète.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle d’hyperphagie boulimique (Binge Eating Scale, ou BES), élaborée initialement par Gormally et collaborateurs en 1982, constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus reconnus et appliqués à l’échelle internationale pour mesurer la sévérité des épisodes d’accès hyperphagiques. Conçue à l’origine pour évaluer à la fois les manifestations comportementales et les processus affectifs et cognitifs associés aux compulsions alimentaires chez les personnes souffrant d’obésité, la BES s’est progressivement imposée tant dans les contextes de recherche clinique et épidémiologique que dans l’évaluation diagnostique de dépistage du trouble d’accès hyperphagique (Binge Eating Disorder, BED) et en chirurgie bariatrique.

L’instrument comprend 16 items sous forme de choix multiples ordonnés, comprenant chacun 3 à 4 énoncés pondérés reflétant une gravité clinique croissante, pour un score total variant de 0 à 46 points. Selon les seuils établis par Marcus, Wing et Lamparski (1985), les scores sont traditionnellement classifiés en trois strates d’intensité : absence ou niveau minimal d’hyperphagie (score inférieur ou égal à 17), hyperphagie boulimique modérée (18 à 26) et hyperphagie boulimique sévère (score supérieur ou égal à 27).

Sur le plan métrologique, la BES démontre des qualités psychométriques remarquables et reproductibles à travers de nombreuses adaptations linguistiques et transculturelles. Les travaux indiquent une excellente cohérence interne, matérialisée par un coefficient alpha de Cronbach s’échelonnant généralement entre 0,85 et 0,90 (0,88 dans l’adaptation portugaise de référence, avec une fiabilité composite de 0,96 et une variance moyenne extraite de 0,61). Sa stabilité temporelle test-retest s’avère solide (r = 0,84). Sa validité concomitante et diagnostique, comparée aux entretiens semi-structurés de référence tels que l’Eating Disorder Examination (EDE), confirme une sensibilité clinique élevée (81,8 %) et une spécificité excellente (97,8 %), avec une aire sous la courbe ROC (AUC) de 0,90, validant sa valeur prédictive pour discriminer les perturbations du comportement alimentaire significatives.

2. Mots-clés

Échelle d’hyperphagie boulimique, Binge Eating Scale, BES, trouble d’accès hyperphagique, psychométrie, obésité, chirurgie bariatrique, compulsions alimentaires, évaluation psychologique, auto-évaluation, validation clinique, troubles du comportement alimentaire.

3. Auteurs

L’échelle originale a été conçue et standardisée en 1982 par une équipe de chercheurs et psychologues cliniciens du Département de Psychologie et de Psychiatrie de l’Université du Maryland et de centres affiliés de recherche sur les troubles de l’alimentation :

  • Jim Gormally, Ph.D. — Département de Psychologie, Université du Maryland, College Park, États-Unis. Auteur principal, pionnier des thérapies comportementales appliquées à l’obésité.
  • Sharon Black, M.S. — Chercheuse clinicienne, Université du Maryland, College Park, États-Unis.
  • Sushma Daston, Ph.D. — Psychologue clinicienne et chercheuse associée, Maryland, États-Unis.
  • David Rardin, Ph.D. — Psychologue clinicien, University of Maryland, États-Unis.

Parmi les auteurs de validations transculturelles et cliniques majeures fréquemment citées figurent Marsha D. Marcus, Ph.D., Rena R. Wing, Ph.D. (Université de Pittsburgh), ainsi que Cláudia Ferreira, Ph.D., et José Pinto-Gouveia, M.D., Ph.D. (Université de Coimbra, Portugal).

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Binge Eating Scale (BES) est de quantifier avec précision et parcimonie la sévérité globale des accès boulimiques en combinant la composante phénoménologique externe (les actes comportementaux) et la composante intériorisée (les tourments cognitifs et affectifs). Avant l’avènement des critères formels du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (notamment le DSM-5) qui a officialisé le trouble d’accès hyperphagique en tant qu’entité diagnostique autonome, la littérature clinique observait qu’une proportion substantielle de personnes obèses souffraient d’épisodes de suralimentation incontrôlée sans pour autant recourir aux comportements compensatoires purgatifs caractéristiques de la boulimie nerveuse (vomissements provoqués, abus de laxatifs, jeûne extrême). La BES a été créée pour combler un vide méthodologique criant : offrir un outil standardisé capable de discriminer la simple suralimentation hédonique ou passive de l’authentique frénésie alimentaire pathologique accompagnée de perte de contrôle.

En pratique clinique, l’échelle remplit plusieurs fonctions stratégiques :

  • Dépistage et évaluation initiale : Dans les centres de prise en charge du surpoids, de l’obésité et d’endocrinologie, la BES permet d’identifier rapidement les patients présentant une composante boulimique sous-jacente, souvent masquée par la honte ou la minimisation lors d’une anamnèse conventionnelle non ciblée.
  • Évaluation pré-chirurgicale en bariatrie : L’outil est devenu un standard d’évaluation dans les bilans psychologiques pré-opératoires de chirurgie de l’obésité (bypass gastrique, sleeve gastrectomie). La présence d’accès hyperphagiques non traités constitue un facteur de risque majeur de complications, de reprise pondérale post-opératoire et de détresse psychologique.
  • Mesure de l’efficacité thérapeutique : Grâce à son caractère continu et dimensionnel (score de 0 à 46), la BES est largement employée pour mesurer les réponses aux interventions psychothérapeutiques (thérapie cognitivo-comportementale [TCC], thérapie comportementale dialectique [TCD], thérapies basées sur la pleine conscience ou l’auto-compassion) et aux approches pharmacologiques.
  • Recherche épidémiologique et fondamentale : Elle offre aux chercheurs une métrique robuste pour explorer les corrélats neurobiologiques, affectifs et sociaux de l’hyperphagie, ainsi que les trajectoires développementales du trouble dans les populations cliniques et générales.

5. Construit psychologique

La BES appréhende le construit de l’accès hyperphagique non pas comme un simple excès calorique ponctuel, mais comme un syndrome multidimensionnel complexe articulé autour de deux axes fondamentaux : les manifestations comportementales et les processus cognitivo-affectifs.

Dimension 1 : Les manifestations comportementales

Cette dimension évalue les comportements objectifs observables caractérisant l’épisode boulimique et les patrons alimentaires désorganisés qui l’entourent :

  • Vitesse d’ingestion (Item 2) : La rapidité anormale d’ingurgitation de la nourriture, les patients avalant fréquemment de grandes quantités sans mastication adéquate.
  • Ingestion de volumes massifs (Items 5 et 8) : La consommation de quantités de nourriture objectivement importantes, souvent bien au-delà de la satiété physique, menant à une distension abdominale douloureuse et à des nausées.
  • Alimentation en réponse à des stimuli non homéostatiques (Item 4) : La tendance à manger en l’absence de signaux de faim physiologique, par exemple en réaction à l’ennui, à la fatigue ou à la disponibilité d’aliments appétissants.
  • Dissimulation et clandestinité (Item 12) : La tendance à manger en secret ou à restreindre artificiellement ses prises alimentaires en public tout en se livrant à des orgies alimentaires solitaires, sous l’effet d’une honte intime dévastatrice.
  • Chaos des rythmes alimentaires et alternance jeûne/compulsion (Items 9 et 13) : L’irrégularité des repas, le grignotage perpétuel et les cycles chroniques alternant restrictions diététiques draconiennes et décompensations boulimiques majeures.

Dimension 2 : Les manifestations cognitives et affectives

Cette composante explore l’état subjectif interne de l’individu avant, pendant et après l’épisode, qui constitue le cœur de la détresse clinique :

  • Perte de contrôle perçue (Items 3 et 10) : Le sentiment terrifiant et central d’être incapable de résister à l’impulsion de manger ou de s’arrêter une fois l’acte enclenché.
  • Culpabilité et autodépréciation post-crise (Item 6) : L’émergence d’émotions négatives intenses, incluant des remords profonds, un sentiment d’échec moral et du dégoût de soi à la suite d’un épisode de suralimentation.
  • Préoccupation obsessionnelle pour l’alimentation (Items 14 et 15) : L’occupation constante de l’espace mental par des pensées intrusives liées à la nourriture, à la faim et à la lutte permanente pour ne pas manger.
  • Insatisfaction corporelle et honte liée au poids (Item 1) : L’influence excessive du poids et de la silhouette corporelle sur l’estime de soi globale, générant une anxiété sociale et une détresse identitaire.
  • Dérégulation de la perception intéroceptive (Item 16) : L’incapacité progressive à distinguer les signaux de faim biologique des besoins émotionnels et l’impossibilité d’évaluer cognitivement une portion alimentaire adéquate.

6. Cadre théorique

Le développement de la Binge Eating Scale s’enracine dans la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie clinique, de la théorie comportementale et du modèle cognitif des troubles du comportement alimentaire formulé initialement par des théoriciens tels que Peter J. Cooper, Christopher G. Fairburn et Albert Stunkard.

Historiquement, Stunkard avait identifié dès 1959 le « syndrome d’alimentation nocturne » et les patterns d’orgies alimentaires chez une sous-population d’individus obèses. Au tournant des années 1980, Gormally et ses collaborateurs se sont appuyés sur le modèle d’apprentissage comportemental et de renforcement pour conceptualiser la frénésie alimentaire. Selon ce modèle, l’ingestion massive d’aliments riches en lipides et en sucres agit comme un puissant renforçateur négatif à court terme, permettant à l’individu d’anesthésier temporairement des états affectifs aversifs (stress, colère, dysphorie, tristesse). Cependant, ce soulagement immédiat est suivi d’un renforcement aversif secondaire (honte, culpabilité, peur de grossir), qui intensifie la détresse émotionnelle et prédispose à de nouvelles crises, instaurant un cercle vicieux addictif et compulsif.

Parallèlement, la BES intègre la théorie de la restriction cognitive (Restraint Theory) développée par Herman et Polivy. Selon cette approche, l’imposition de règles diététiques rigides (« aliments interdits », comptage obsessionnel des calories) fragilise le contrôle inhibiteur. Dès lors qu’une entorse mineure à la diète survient, un mécanisme cognitif dichotomique de « tout ou rien » (le fameux effet « fichu pour fichu » ou what-the-hell effect) désamorce l’inhibition volontaire et précipite l’accès boulimique complet. L’item 7 de la BES illustre précisément ce mécanisme cognitif.

Enfin, la BES préfigure les modèles modernes de la dérégulation émotionnelle (Affect Regulation Model). Dans cette perspective, l’hyperphagie boulimique représente une stratégie d’adaptation dysfonctionnelle visant à moduler, fuir ou réduire des affects négatifs intolérables chez des personnes présentant un déficit de compétences de tolérance à la détresse. L’accent mis par l’échelle sur la lutte désespérée contre les pulsions alimentaires et les sentiments d’impuissance capture avec pertinence ce combat cognitif permanent.

7. Validité

La validité psychométrique de la Binge Eating Scale a fait l’objet d’investigations approfondies à travers le monde, confirmant sa robustesse auprès d’échantillons cliniques (patients obèses candidats à la bariatrie, patients psychiatriques) et communautaires (étudiants, population générale féminine et masculine).

Validité de construit et convergente

La validité convergente de la BES a été étayée par des corrélations hautement significatives avec les instruments de référence évaluant la psychopathologie alimentaire et la souffrance émotionnelle :

  • Des corrélations positives élevées sont systématiquement rapportées avec l’Eating Disorder Examination Questionnaire (EDE-Q, r = 0,65 à 0,78), notamment sur les sous-échelles de préoccupation pour l’alimentation, le poids et la silhouette.
  • Une corrélation robuste est observée avec l’Emotional Eating Scale (EES, r = 0,60 à 0,72), attestant que les scores élevés à la BES reflètent une propension marquée à surconsommer en réponse à la colère, à l’anxiété et à la dépression.
  • Des associations significatives et modérées sont observées avec les échelles de détresse psychologique générale, telles que la Depression Anxiety and Stress Scales (DASS-21, r = 0,40 à 0,55 pour la dépression et l’anxiété), confirmant le fardeau psychopathologique associé aux compulsions alimentaires.
  • Au niveau structurel, la variance moyenne extraite (AVE) a été démontrée à un niveau robuste de 0,61, dépassant le seuil classique de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker, ce qui confirme que la variance expliquée par le construit latent est très supérieure à la variance d’erreur de mesure.

Validité concomitante et diagnostique (Précision ROC)

L’une des plus grandes forces de la BES réside dans son aptitude à reproduire fidèlement les diagnostics posés par l’entretien clinique standardisé Eating Disorder Examination (EDE 16.0D), considéré comme le gold standard international. Dans des études de validation rigoureuses :

  • L’application du seuil de coupure standard de 17/18 a permis de classer correctement 96,7 % des participants évalués par entretien diagnostique.
  • La sensibilité clinique de l’échelle a été mesurée à 81,8 % et sa spécificité à 97,8 % pour la détection des cas d’accès hyperphagiques cliniquement significatifs (répondant aux critères diagnostiques du BED ou de la boulimie nerveuse).
  • L’analyse de la courbe caractéristique d’efficacité du récepteur (courbe ROC) a mis en évidence une aire sous la courbe (AUC) de 0,90 (IC à 95 % [0,76 ; 1,00], p < 0,001), ce qui témoigne d’une précision diagnostique discriminante qualifiée d’excellente selon les critères de Hosmer et Lemeshow.

8. Fidélité

La fidélité de la Binge Eating Scale a été abondamment documentée et démontre une stabilité et une cohérence métrique d’un niveau très élevé :

Cohérence interne

L’analyse de consistance interne rapporte de manière constante un coefficient alpha de Cronbach global compris entre 0,85 et 0,91 à travers diverses cultures et populations :

  • Dans l’étude originale de Gormally et al. (1982), l’alpha oscillait autour de 0,85.
  • Dans les études de standardisation chez des patients obèses et en population générale (par exemple, Dezhkam et al., 2009 ; Hood et al., 2013 ; Ferreira et al., 2010), l’alpha atteint couramment 0,88 à 0,90.
  • Les corrélations item-total corrigées s’avèrent modérées à fortes, se situant presque toutes au-delà de r = 0,42, à l’exception de l’item 13 (rythme et régularité des repas) dont la corrélation tourne parfois autour de 0,27 à 0,35 en raison de la variabilité des habitudes socioculturelles d’alimentation. L’analyse itérative indique toutefois que la suppression d’aucun item n’accroît la consistance globale de l’échelle.
  • Le calcul de la fiabilité composite (CR) de Raykov/Jöreskog aboutit à un score impressionnant de 0,96, confirmant l’homogénéité presque parfaite des indicateurs retenus.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

La stabilité temporelle des scores de la BES sur des intervalles de 2 à 4 semaines sans intervention thérapeutique est particulièrement solide :

  • Le coefficient de corrélation test-retest de Pearson atteint r = 0,84 (p < 0,001).
  • Les tests t pour échantillons appariés ne révèlent aucune divergence statistiquement significative entre les moyennes du premier temps d’évaluation (M = 6,43 ; ÉT = 6,54) et du second (M = 6,47 ; ÉT = 6,88 ; t(29) = 0,05, p = 0,962), attestant de la reproductibilité clinique parfaite des observations en l’absence de changement d’état.

9. Analyse factorielle

La dimensionnalité factorielle de la BES a suscité d’importants débats méthodologiques au sein de la communauté psychométrique, opposant les partisans d’une structure unidimensionnelle globale à ceux défendant une architecture bifactorielle corrélée.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les premières analyses factorielles exploratoires menées par Gormally et al. ainsi que par des réplicateurs indépendants (comme Timmerman en 1999) ont mis en lumière une solution dominante à deux facteurs corrélés expliquant plus de 45 à 52 % de la variance totale :

  1. Facteur I — Manifestations comportementales : Regroupant principalement les items 2, 4, 5, 8, 9, 12 et 13, avec des saturations factorielles s’étalant de 0,45 à 0,78. Ce facteur capture la mécanique tangible des crises (vitesse, gloutonnerie, dissimulation).
  2. Facteur II — Manifestations cognitives et affectives : Regroupant les items 1, 3, 6, 7, 10, 11, 14, 15 et 16, avec des saturations factorielles très élevées (0,52 à 0,84), rendant compte de la perte de contrôle, du désespoir, de la culpabilité et de l’obsessionnalité mentale.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Dans des études plus récentes appliquant la modélisation en équations structurelles (SEM) et des analyses confirmatoires rigoureuses sur de larges cohortes (e.g., Hood et al., 2013) :

  • Le modèle unidimensionnel à un seul facteur latent présente des indices d’adéquation acceptables à bons (CFI > 0,92, TLI > 0,90, RMSEA ≈ 0,06), ce qui justifie l’utilisation courante d’un score total unique dans la pratique diagnostique et décisionnelle.
  • Le modèle bifactoriel (ou modèle hiérarchique avec deux sous-dimensions de premier ordre et un facteur général de second ordre de sévérité de l’hyperphagie) démontre une supériorité statistique avec des indices d’ajustement excellents : Comparative Fit Index (CFI) > 0,95, Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,94, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,05 (avec un intervalle de confiance étroit).
  • L’ensemble des items sature significativement (p < 0,001) sur leurs dimensions théoriques respectives, confirmant l’ancrage empirique de la structure de l’instrument.

10. Instrument de mesure

La Binge Eating Scale se présente comme un questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou informatique, particulièrement concis et aisé à compléter.

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation dimensionnelle et outil de dépistage clinique.
  • Format d’administration : Individuel ou collectif ; auto-passation guidée par le patient. Le temps de complétion habituel oscille entre 5 et 10 minutes.
  • Nombre d’items : 16 items.
  • Format de réponse : Choix forcé parmi 3 ou 4 propositions textuelles ordonnées pour chaque item. Chaque proposition est associée à une valeur de pondération croissante (généralement codée de 0 à 3 points pour les items à 4 modalités, ou de 0 à 2/3 points selon les formulations pour les items à 3 modalités). Le patient doit cocher la seule affirmation qui résume le plus fidèlement son comportement ou son ressenti récent.
  • Calcul du score : On effectue la somme brute arithmétique des valeurs numériques associées aux 16 propositions sélectionnées par le participant. Le score total possible varie d’un minimum de 0 à un maximum de 46 points.
  • Seuils de coupure et interprétation clinique (Marcus et al., 1985) :
    • Score ≤ 17 : Absence d’hyperphagie ou hyperphagie minimale (Non-bingeing). Le comportement alimentaire n’est pas caractérisé par des accès compulsifs significatifs.
    • Score de 18 à 26 : Hyperphagie boulimique modérée (Moderate bingeing). Présence nette d’épisodes de suralimentation incontrôlée et de détresse affective associée, nécessitant une investigation clinique approfondie.
    • Score ≥ 27 : Hyperphagie boulimique sévère (Severe bingeing). Forte probabilité de trouble d’accès hyperphagique (BED) au sens du DSM-5 ou de boulimie clinique majeure, justifiant une prise en charge spécialisée immédiate.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’article princeps détaillant la Binge Eating Scale a été publié en 1982 par Gormally, Black, Daston et Rardin dans la revue académique Addictive Behaviors (Elsevier).

  • Statut des droits et accès recherche : Dans le cadre d’un usage académique, scientifique ou clinique individuel à but non lucratif, la BES est très largement considérée comme un instrument relevant du domaine public scientifique (open-access research tool). Les auteurs originaux ont encouragé sa diffusion libre pour soutenir la recherche sur les thérapies de l’obésité.
  • Tarification : L’utilisation clinique et de recherche ne requiert aucun paiement de royalties ni achat de formulaires commerciaux brevetés.
  • Bonnes pratiques : Les praticiens et chercheurs sont tenus de citer rigoureusement l’article princeps de 1982 (ainsi que les validations de référence dans leur langue d’usage) dans leurs travaux et publications. Pour toute intégration commerciale à grande échelle dans des applications logicielles payantes ou des dispositifs médicaux numériques propriétaires, il est recommandé de se référer aux règles usuelles de copyright éditorial de la revue source.

12. Références

Les références ci-dessous représentent les publications fondamentales ayant établi les propriétés psychométriques, la validité diagnostique et les normes d’application clinique de la BES :

  • American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). American Psychiatric Publishing. https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425596
  • Anton, S. D., Perri, M. G., & Riley, J. R. (2000). Disordered eating behaviors among college students: Evaluation of the Binge Eating Scale. Eating Behaviors, 1(1), 39–47. https://doi.org/10.1016/S1471-0153(00)00008-8
  • Arnow, B., Kenardy, J., & Agras, W. S. (1995). The Emotional Eating Scale: The development of a measure to assess coping with negative affect by eating. International Journal of Eating Disorders, 18(1), 79–90. https://doi.org/10.1002/1098-108X(199507)18:1<79::AID-EAT2260180109>3.0.CO;2-V
  • Celio, A. A., Wilfley, D. E., Crow, S. J., Mitchell, J., & Walsh, B. T. (2004). A comparison of the Binge Eating Scale, Questionnaire on Eating and Weight Patterns-Revised, and Eating Disorder Examination, to assess binge eating in the obese. International Journal of Eating Disorders, 36(4), 434–440. https://doi.org/10.1002/eat.20054
  • Dezhkam, M., Moloodi, R., Mootabi, F., & Omidvar, N. (2009). Standardization of the Binge Eating Scale among Iranian obese population. Iranian Journal of Psychiatry, 4(4), 143–146.
  • Fairburn, C. G., & Beglin, S. J. (1994). Assessment of eating disorders: Interview or self-report questionnaire? International Journal of Eating Disorders, 16(4), 363–370. https://doi.org/10.1002/1098-108X(199412)16:4<363::AID-EAT2260160405>3.0.CO;2-#
  • Ferreira, C., Pinto-Gouveia, J., & Duarte, C. (2010). Avaliação dos comportamentos de compulsão alimentar: Validação da Binge Eating Scale para a população portuguesa. Psychologica, 52(2), 261–284.
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Freitas, S., Lopes, C. S., Appolinario, J. C., & Coutinho, W. (2006). The assessment of binge eating disorder in obese women: A comparison of different instruments. International Journal of Obesity, 30(7), 1145–1149. https://doi.org/10.1038/sj.ijo.0803244
  • Gormally, J., Black, S., Daston, S., & Rardin, D. (1982). The assessment of binge eating severity among obese persons. Addictive Behaviors, 7(1), 47–55. https://doi.org/10.1016/0306-4603(82)90024-7
  • Greeno, C. G., Marcus, M. D., & Wing, R. R. (1995). Diagnosis of binge eating disorder: Discrepancies between a questionnaire and clinical interview. International Journal of Eating Disorders, 17(2), 153–160. https://doi.org/10.1002/1098-108X(199503)17:2<153::AID-EAT2260170208>3.0.CO;2-J
  • Grupski, A. E., Hood, M. M., Hall, B. J., Azarbad, L., Fitzpatrick, S. L., & Corsica, J. A. (2013). Examining the Binge Eating Scale in bariatric surgery candidates. Obesity Surgery, 23(1), 43–48. https://doi.org/10.1007/s11695-012-0734-5
  • Hood, M. M., Grupski, A. E., Hall, B. J., Ivan, I., & Corsica, J. A. (2013). Factor structure and psychometric properties of the Binge Eating Scale in bariatric surgery candidates. Surgical Obesity and Related Diseases, 9(6), 1007–1012. https://doi.org/10.1016/j.soard.2013.04.004
  • Hosmer, D. W., & Lemeshow, S. (2000). Applied logistic regression (2nd ed.). John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1002/0471722146
  • Marcus, M. D., Wing, R. R., & Lamparski, D. M. (1985). Binge eating and employee weight loss programs. Addictive Behaviors, 10(3), 245–252. https://doi.org/10.1016/0306-4603(85)90008-5
  • Timmerman, G. M. (1999). Binge Eating Scale: Further assessment of validity and reliability. Journal of Applied Biobehavioral Research, 4(1), 1–12. https://doi.org/10.1111/j.1751-9861.1999.tb00051.x

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

 
2

 
3

 
4

 
5

 
6

After eating too much:
7

 
8

 
9

 
10

 
11

 
12

 
13

 
14

 
15

 
16

 
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle d’hyperphagie boulimique (BES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-hyperphagie-boulimique-bes/
Looti, Mohammed. “Échelle d’hyperphagie boulimique (BES).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-hyperphagie-boulimique-bes/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’hyperphagie boulimique (BES).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-hyperphagie-boulimique-bes/.