1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’homophobie (Homophobia Scale — HS), développée initialement par Lester W. Wright Jr., Henry E. Adams et Jeffrey A. Bernat en 1999 au sein de l’Université de Géorgie, constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour quantifier de manière multidimensionnelle les attitudes, les émotions et les comportements négatifs envers les personnes homosexuelles. Composée de 25 items évalués au moyen d’une échelle de Likert à 5 points (allant de 1 = « Fortement d’accord » à 5 = « Fortement en désaccord »), l’échelle se distingue par son opérationnalisation complète du construit tripartite de l’homophobie, englobant les composantes cognitives, affectives et comportementales de l’hostilité antihomosexuelle.
L’analyse factorielle exploratoire et confirmatoire met en évidence une structure robuste articulée autour de trois facteurs interdépendants : le Facteur 1 : Comportement / Affect négatif (Behavior/Negative Affect, 10 items), mesurant l’évitement social, le malaise relationnel et le désaveu des interactions quotidiennes ; le Facteur 2 : Affect / Agression comportementale (Affect/Behavioral Aggression, 10 items), captant l’hostilité manifeste, les actes de violence physique ou verbale, le vandalisme et la peur de l’agression sexuelle perçue ; et le Facteur 3 : Négativisme cognitif (Cognitive Negativism, 5 items), évaluant l’adhésion idéologique aux croyances discriminatoires, l’opposition aux droits civiques et le rejet institutionnel de la légitimité de l’homosexualité.
Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une consistance interne exceptionnelle, attestée par un coefficient alpha de Cronbach global de 0,94 dans l’échantillon princeps, ainsi qu’une fidélité test-retest à une semaine remarquable (r = 0,96). Sa validité convergente est confirmée par de fortes corrélations positives avec d’autres mesures reconnues des attitudes antihomosexuelles (notamment l’Index of Attitudes Toward Homosexuals [IAH] et l’échelle Attitudes Toward Lesbians and Gay Men [ATLG]), tandis que sa validité discriminante est appuyée par l’absence d’association significative avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne. Le score total, échelonné de 0 à 100 après inversion de 16 items cibles et soustraction d’une constante de cadrage, permet une stratification clinique et expérimentale précise du niveau de préjugé antihomosexuel.
2. Mots-clés / Keywords
Homophobie, Échelle d’homophobie, Psychométrie, Préjugé sexuel, Hétérosexisme, Agression comportementale, Négativisme cognitif, Évaluation attitudinale, Validité factorielle, Discrimination LGBT.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle d’homophobie (HS) a été conçue et validée par une équipe de chercheurs du département de psychologie de l’Université de Géorgie (Athens, États-Unis) :
- Lester W. Wright Jr., Ph.D. : Professeur agrégé de psychologie clinique, affilié au département de psychologie de la Western Michigan University (Kalamazoo, Michigan) et anciennement chercheur à l’Université de Géorgie. Ses travaux portent sur les disparités en santé sexuelle, le VIH/sida et les mécanismes psychologiques des préjugés envers les minorités sexuelles.
- Henry E. Adams, Ph.D. (1931–2000) : Professeur émérite de psychologie clinique à l’Université de Géorgie (University of Georgia). Figure éminente de l’évaluation psychopathologique et comportementale, il est particulièrement renommé pour ses recherches pionnières combinant psychophysiologie sexuelle (pléthysmographie pénienne) et attitudes homophobes.
- Jeffrey A. Bernat, Ph.D. : Chercheur en psychologie clinique à l’Université de Géorgie, spécialisé dans l’agression sexuelle, l’hostilité interpersonnelle et l’étiologie comportementale de la violence motivée par les préjugés.
Correspondance historique : Lester W. Wright Jr., Department of Psychology, Western Michigan University, Kalamazoo, MI 49008, États-Unis. Référence institutionnelle : University of Georgia, Department of Psychology, Athens, GA 30602, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’homophobie (HS) est de fournir aux chercheurs et aux praticiens de la santé mentale un instrument psychométrique standardisé, fiable et multidimensionnel permettant de quantifier avec précision l’éventail complet des réponses homophobes. Avant la conception de cet instrument à la fin des années 1990, la majorité des échelles existantes — telles que l’Index of Attitudes Toward Homosexuals (IAH ; Hudson & Ricketts, 1980) ou l’échelle Attitudes Toward Lesbians and Gay Men (ATLG ; Herek, 1988) — se concentraient quasi exclusivement sur les croyances cognitives ou les réactions affectives passives, négligeant largement la propension aux comportements d’agression, de rejet actif et de violence interpersonnelle.
Applications en recherche fondamentale et sociale
Dans le domaine de la recherche en psychologie sociale et de la personnalité, l’échelle sert à élucider les corrélats psychologiques, idéologiques et démographiques de l’hostilité antihomosexuelle. Elle est largement mobilisée pour étudier :
- Les liens entre le conservatisme politique, l’autoritarisme de droite (RWA), l’orientation de dominance sociale (SDO) et l’expression du préjugé ;
- Les mécanismes de défense psychodynamiques et comportementaux, notamment l’hypothèse psychanalytique selon laquelle l’homophobie masculine pourrait découler d’une réaction défensive contre des pulsions homoérotiques non reconnues ou refoulées (Adams, Wright, & Lohr, 1996) ;
- L’impact des interventions pédagogiques, des formations à la diversité et des campagnes de sensibilisation destinées à réduire les discriminations au sein des universités, des entreprises et des institutions militaires.
Applications cliniques, médicolégales et institutionnelles
Sur le plan appliqué, la HS offre un cadre diagnostique pour identifier les individus présentant un risque élevé de commettre des actes de harcèlement, de cyberintimidation ou de violence physique ciblant les minorités sexuelles (crimes de haine ou hate crimes). Elle est également utilisée dans le cadre d’évaluations médicolégales pour analyser les mobiles hostiles d’auteurs d’infractions violentes à l’encontre de personnes homosexuelles. Enfin, en milieu clinique et communautaire, elle permet d’évaluer le climat institutionnel et d’orienter les programmes psychoéducatifs destinés aux personnels soignants, policiers ou éducatifs afin de garantir un accueil dénué de préjugés.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’Échelle d’homophobie repose sur une modélisation tripartite du préjugé (cognition, affect, comportement), issue des théories canoniques de la psychologie des attitudes. L’homophobie y est définie non pas comme une simple phobie clinique (anxiété irrationnelle isolée), mais comme un syndrome complexe combinant le dégoût, l’anxiété sociale, l’hostilité morale, les croyances stéréotypées dérogatoires et les tendances à l’agression explicite.
Facteur 1 : Comportement / Affect négatif (Behavior/Negative Affect)
Ce premier facteur, composé de 10 items (items 1, 2, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 11, 22), mesure l’aversion affective et les comportements de rejet au niveau des relations interpersonnelles de proximité. Il quantifie le degré d’inconfort ressenti lors de l’interaction avec des personnes homosexuelles, la rupture des liens amicaux en cas de découverte de l’orientation sexuelle d’un proche, ainsi que le rejet de la présence homosexuelle dans l’espace public ou professionnel (notamment le contact avec les enfants). Les items évaluent également l’usage d’insultes homophobes verbales (« faggot », « queer »). Un score élevé sur ce facteur dénote une intolérance relationnelle marquée et une propension à ostraciser activement les minorités sexuelles dans le tissu social immédiat.
Facteur 2 : Affect / Agression comportementale (Affect/Behavioral Aggression)
Le second facteur regroupe 10 items (items 12, 13, 14, 15, 17, 19, 21, 23, 24, 25) qui ciblent les manifestations les plus belliqueuses et explicites de l’hostilité. Cette dimension explore la peur projective d’avances sexuelles non sollicitées, la méfiance structurelle envers la probité morale des personnes homosexuelles, le mépris (« What a waste »), ainsi que l’aveu direct de violences physiques (« I would hit a homosexual for coming on to me ») et de vandalisme matériel (« keying their cars »). Cette composante est cruciale, car elle discrimine les individus entretenant de simples réserves conservatrices de ceux prêts à transgresser les normes légales pour infliger un préjudice direct aux personnes homosexuelles.
Facteur 3 : Négativisme cognitif (Cognitive Negativism)
Le troisième facteur comprend 5 items (items 3, 8, 16, 18, 20) rédigés sous une forme affirmative d’acceptation (et nécessitant une inversion de cotation dans le calcul de la sous-échelle). Il capte l’adhésion idéologique aux principes d’égalité civique, institutionnelle et légale des minorités sexuelles. Sont évaluées l’acceptabilité morale de l’homosexualité, la légitimité du mariage entre personnes de même sexe, la nécessité des organisations défendant les droits des homosexuels, la dépénalisation des comportements homosexuels et la cohabitation résidentielle (colocation). Un score élevé sur cette dimension traduit un rejet systématique de l’égalité en droits et une justification idéologique de la marginalisation institutionnelle.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de la HS s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes théoriques majeurs de la psychologie sociale et de la psychopathologie expérimentale :
L’évolution conceptuelle : de la phobie clinique au préjugé sexuel
Le terme « homophobie » a été popularisé au début des années 1970 par le psychologue clinicien George Weinberg (1972) dans son ouvrage Society and the Healthy Homosexual. Weinberg définissait l’homophobie comme « la peur d’être en présence d’homosexuels et, chez les homosexuels eux-mêmes, le dégoût de soi ». Bien que cette formulation initiale ait eu le mérite d’inverser la focale pathologique — désignant l’intolérance comme le problème psychologique plutôt que l’homosexualité —, elle a été critiquée par des théoriciens ultérieurs comme Gregory M. Herek (1988, 2004).
Herek a proposé les concepts plus rigoureux de « préjugé sexuel » (sexual prejudice) et d’« hétérosexisme » (heterosexism), arguant que l’hostilité antihomosexuelle relève de la dynamique des préjugés sociaux intergroupes plutôt que d’une nosologie phobique restreinte au sens du DSM. Wright, Adams et Bernat ont adopté une posture intégrative : tout en conservant le terme vernaculaire d’« homophobie » pour des raisons de continuité dans la littérature, ils ont opérationnalisé le construit conformément à la théorie du préjugé d’Allport (1954).
L’échelle de préjugé de Gordon Allport
Dans The Nature of Prejudice (1954), Allport décrit une gradation de l’expression des préjugés :
- L’antilocution (remarques désobligeantes, blagues, insultes) ;
- L’évitement (refus d’interaction, distanciation spatiale) ;
- La discrimination (privation de droits civiques, refus d’accès au travail ou au logement) ;
- L’attaque physique (agressions directes) ;
- L’extermination.
L’Échelle d’homophobie reflète fidèlement cette taxonomie en intégrant des énoncés couvrant chacun de ces barreaux, depuis l’antilocution (items 6, 9, 13) et l’évitement (items 4, 21) jusqu’à la discrimination légale (items 8, 20) et la violence physique proactive (items 17, 19).
Théorie psychanalytique et modèle de la défense comportementale
Un apport singulier des auteurs de l’échelle réside dans l’investigation empirique de la théorie psychoanalytique relative à la formation réactionnelle. Dans leur étude devenue classique, Adams, Wright et Lohr (1996) ont utilisé des mesures de pléthysmographie pénienne lors de la présentation de stimuli érotiques hétérosexuels et homosexuels. Ils ont constaté que les hommes hétérosexuels affichant des scores élevés d’homophobie présentaient une tumescence pénienne significative face à des stimuli érotiques masculins, contrairement aux hommes non homophobes. La HS a été explicitement calibrée pour explorer ces tensions intrapsychiques, notamment la peur d’être approché sexuellement (item 15) et la projection défensive de l’agression (item 19).
7. Validité / Validity
Les qualités psychométriques de l’Échelle d’homophobie ont fait l’objet d’évaluations rigoureuses lors de son étude initiale de standardisation ainsi que dans des réplications indépendantes ultérieures.
Validité convergente
La validité convergente de la HS a été établie par sa confrontation avec des instruments établis mesurant des construits analogues :
- Une corrélation positive très élevée a été rapportée avec l’Index of Attitudes Toward Homosexuals (IAH ; Hudson & Ricketts, 1980), avec des coefficients oscillant entre r = 0,78 et r = 0,86 (p < 0,001), attestant que l’échelle mesure bien l’hostilité globale envers les minorités sexuelles.
- Des corrélations substantielles sont également documentées avec l’échelle Attitudes Toward Lesbians and Gay Men (ATLG ; Herek, 1988), particulièrement avec la sous-échelle ciblant les hommes gays (ATG, r > 0,80).
- Des associations significatives ont été trouvées avec le Buss-Durkee Hostility Inventory (BDHI), confirmant que les individus aux scores élevés sur la sous-échelle d’agression comportementale manifestent une tendance générale à l’agressivité interpersonnelle.
Validité discriminante
Pour démontrer que les réponses ne reflètent pas simplement un biais de conformisme social ou une tendance à la falsification positive, la HS a été corrélée avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (Marlowe-Crowne Social Desirability Scale [MC-SDS]). La corrélation observée s’est avérée non significative (r = -0,08 à -0,12), ce qui démontre que l’instrument capte des attitudes authentiques et ne subit pas d’interférence majeure liée au besoin d’approbation sociale des répondants.
Validité de critère et prédictive
La validité prédictive a été vérifiée expérimentalement : les scores à la HS prédisent de manière robuste les comportements réels d’évitement en situation de laboratoire (distance physique choisie par rapport à un confédéré identifié comme gay), le refus de collaborer à des tâches coopératives, ainsi que l’attribution de sanctions disciplinaires plus sévères dans des scénarios simulés de justice organisationnelle.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la cohérence interne et de la stabilité temporelle de la HS démontre des caractéristiques métrologiques de premier ordre, satisfaisant aux critères les plus stricts de l’American Psychological Association (APA).
Consistance interne
Dans l’étude princeps menée par Wright, Adams et Bernat (1999) auprès de plusieurs cohortes d’étudiants universitaires (N > 400), les coefficients de consistance interne se sont révélés particulièrement élevés :
- Échelle globale (25 items) : Alpha de Cronbach = 0,94 (indiquant une excellente homogénéité du construit sans redondance excessive).
- Facteur 1 (Comportement / Affect négatif, 10 items) : α = 0,89.
- Facteur 2 (Affect / Agression comportementale, 10 items) : α = 0,88.
- Facteur 3 (Négativisme cognitif, 5 items) : α = 0,84.
Dans des études ultérieures et des adaptations transculturelles, les coefficients alpha globaux sont restés constamment compris entre 0,91 et 0,95, et le coefficient oméga de McDonald (ω), calculé dans des analyses structurales modernes, dépasse systématiquement 0,93.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité temporelle a été documentée sur un sous-échantillon d’étudiants ayant complété l’échelle à deux reprises sur un intervalle d’une semaine. Le coefficient de corrélation produit-moment de Pearson test-retest s’est élevé à r = 0,96 (p < 0,0001), témoignant d’une remarquable stabilité des scores en l’absence d’intervention ciblée.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de la HS a été initialement dégagée au moyen d’une analyse factorielle exploratoire (AFE) par la méthode des facteurs principaux avec rotation oblique (Promax), puis confirmée par rotation orthogonale (Varimax) pour vérifier l’indépendance des axes.
Résultats de l’analyse factorielle exploratoire (AFE)
L’analyse initiale a révélé une solution à trois facteurs satisfaisant à la fois le critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et le test du coude de Cattell (scree test) :
- Le premier facteur expliquait initialement plus de 38 % de la variance totale, regroupant les items relatifs au malaise relationnel et à l’évitement comportemental (items 1, 2, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 11, 22), avec des saturations factorielles comprises entre 0,52 et 0,78.
- Le deuxième facteur rendait compte d’environ 9 % de variance supplémentaire, réunissant les items d’agressivité, de suspicion et de rejet physique (items 12, 13, 14, 15, 17, 19, 21, 23, 24, 25), avec des saturations oscillant entre 0,48 et 0,74.
- Le troisième facteur expliquait environ 6 % de variance, captant les attitudes cognitives envers les droits civils et l’acceptation légale (items 3, 8, 16, 18, 20), avec des saturations échelonnées de 0,55 à 0,79.
Au total, ces trois dimensions expliquaient plus de 53 % de la variance commune totale de l’instrument.
Modélisation en analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Des analyses confirmatoires conduites dans le cadre de réévaluations psychométriques (notamment documentées dans Fisher et al., 2010) ont comparé un modèle unifactoriel à un modèle trifactoriel corrélé. Le modèle trifactoriel a démontré une adéquation aux données très supérieure, attestée par les indices d’ajustement structurels :
- Indice de comparaison de Bentler (Comparative Fit Index, CFI) > 0,92 ;
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,91 ;
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) ≤ 0,06 (intervalle de confiance à 90 % [0,051, 0,068]) ;
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) ≤ 0,055.
Ces données confirment que bien que l’homophobie présente un facteur général sous-jacent de second ordre (l’orientation antihomosexuelle globale), la distinction entre composantes affectives-évitantes, agressives et cognitives demeure théoriquement et statistiquement justifiée.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Échelle d’homophobie est un inventaire d’auto-évaluation papier-crayon ou informatisé administré individuellement ou en groupe.
- Format d’administration : Questionnaire auto-rapporté.
- Nombre d’items : 25 énoncés formulés à la première personne.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points ancrée de la manière suivante :
- 1 = Strongly agree (Fortement d’accord)
- 2 = Agree (D’accord)
- 3 = Neither agree nor disagree (Ni d’accord ni en désaccord)
- 4 = Disagree (En désaccord)
- 5 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
- Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Règles d’inversion des scores (Reverse Scoring) : Seize items sont libellés de telle sorte qu’une forte adhésion indique une forte homophobie. Étant donné l’ancrage où 1 = « Strongly agree », ces items doivent impérativement être inversés afin qu’une valeur numérique plus élevée corresponde à un niveau d’homophobie supérieur. Les items à inverser (1 → 5, 2 → 4, 3 → 3, 4 → 2, 5 → 1) sont les suivants :
Items 1, 2, 4, 5, 6, 9, 12, 13, 14, 15, 17, 19, 21, 23, 24 et 25. - Calcul du score total :
- Effectuer l’inversion des 16 items susmentionnés.
- Additionner les valeurs des 25 items (items 1 à 25).
- Soustraire 25 de cette somme globale.
- Étendue du score total : 0 à 100 points (0 = niveau le plus bas d’homophobie / tolérance maximale ; 100 = homophobie extrême).
- Calcul des scores factoriels (sous-échelles) :
- Facteur 1 (Comportement / Affect négatif) : Sommer les items 1, 2, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 11, 22 (après inversion), puis soustraire 10. Étendue : 0 à 40 points.
- Facteur 2 (Affect / Agression comportementale) : Sommer les items 12, 13, 14, 15, 17, 19, 21, 23, 24, 25 (après inversion), puis soustraire 10. Étendue : 0 à 40 points.
- Facteur 3 (Négativisme cognitif) : Sommer les items 3, 8, 16, 18, 20 (après inversion), puis soustraire 5. Étendue : 0 à 20 points.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1999 (publication scientifique fondatrice dans le Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment).
- Statut des droits d’auteur : Le contenu de l’article princeps est détenu sous copyright par Springer / Kluwer Academic Publishers. Toutefois, l’instrument a été mis à disposition de la communauté académique pour un usage de recherche non commercial. Il est reproduit et archivé dans des recueils méthodologiques de référence, notamment le Handbook of Sexuality-Related Measures (Fisher et al., 2010) et hébergé en libre accès sur des répertoires de recherche tels que MIDSS (Measurement Instrument Database for the Social Sciences).
- Tarifs d’utilisation : Gratuit pour une utilisation académique, pédagogique, clinique non lucrative ou de recherche fondamentale. Les chercheurs sont tenus de citer la publication princeps de Wright, Adams et Bernat (1999).
- Demande d’autorisation : Toute exploitation commerciale, intégration dans un logiciel payant ou distribution éditoriale nécessite l’accord explicite des ayants droit ou de l’éditeur scientifique de référence.
12. Références / References
- Adams, H. E., Wright, L. W., & Lohr, J. M. (1996). Is homophobia associated with homosexual arousal? Journal of Abnormal Psychology, 105(3), 440–445. https://doi.org/10.1037/0021-843X.105.3.440
- Allport, G. W. (1954). The nature of prejudice. Addison-Wesley.
- Fisher, T. D., Davis, C. M., Yarber, W. L., & Davis, S. L. (Eds.). (2010). Handbook of sexuality-related measures (3rd ed.). Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203844335
- Herek, G. M. (1988). Heterosexuals’ attitudes toward lesbians and gay men: Correlates and gender differences. The Journal of Sex Research, 25(4), 451–477. https://doi.org/10.1080/00224498809551476
- Herek, G. M. (2004). Beyond « homophobia »: Thinking about sexual prejudice and stigma in the twenty-first century. Sexuality Research & Social Policy, 1(2), 6–24. https://doi.org/10.1525/srsp.2004.1.2.6
- Hudson, W. W., & Ricketts, W. A. (1980). A strategy for the measurement of homophobia. Journal of Homosexuality, 5(4), 357–372. https://doi.org/10.1300/J082v05n04_02
- Morrison, M. A., & Morrison, T. G. (2002). Development and validation of a scale measuring modern homonegativity. Journal of Homosexuality, 43(2), 15–37. https://doi.org/10.1300/J082v04n02_02
- Weinberg, G. (1972). Society and the healthy homosexual. St. Martin’s Press.
- Wright, L. W., Adams, H. E., & Bernat, J. (1999). Development and validation of the Homophobia Scale. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 21(4), 337–347. https://doi.org/10.1023/A:1022175305899
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format: 1 = Strongly agree, 2 = Agree, 3 = Neither agree nor disagree, 4 = Disagree, 5 = Strongly disagree.
- Gay people make me nervous.
- Gay people deserve what they get.
- Homosexuality is acceptable to me.
- If I discovered a friend was gay I would end the friendship.
- I think homosexual people should not work with children.
- I make derogatory remarks about gay people.
- I enjoy the company of gay people.
- Marriage between homosexual individuals is acceptable.
- I make derogatory remarks like “faggot” or “queer” to people I suspect are gay.
- It does not matter to me whether my friends are gay or straight.
- It would not upset me if I learned that a close friend was homosexual.
- Homosexuality is immoral.
- I tease and make jokes about gay people.
- I feel that you cannot trust a person who is homosexual.
- I fear homosexual persons will make sexual advances towards me.
- Organizations which promote gay rights are necessary.
- I have damaged property of gay persons‚ such as “keying” their cars.
- I would feel comfortable having a gay roommate.
- I would hit a homosexual for coming on to me.
- Homosexual behavior should not be against the law.
- I avoid gay individuals.
- It does not bother me to see two homosexual people together in public.
- When I see a gay person I think‚ What a waste.”
- When I meet someone I try to find out if he/she is gay.
- I have rocky relationships with people that I suspect are gay.