Échelle d’éthique relationnelle (RES)

Guide psychométrique complet sur l’Échelle d’éthique relationnelle (Relational Ethics Scale – RES) développée par Hargrave, Jennings et Anderson : théorie contextuelle de Böszörményi-Nagy, validation factorielle, cotation et items complets.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’éthique relationnelle (Relational Ethics Scale, RES), développée à l’origine par Terry D. Hargrave, Glen Jennings et William T. Anderson en 1991, constitue le premier instrument psychométrique standardisé conçu pour opérationnaliser et évaluer empiriquement les concepts fondamentaux de la thérapie contextuelle élaborée par Iván Böszörményi-Nagy. Cet outil d’auto-évaluation à 24 items explore la perception individuelle de la justice relationnelle, de l’équité, de la loyauté et du mérite à travers deux axes relationnels déterminants : la dimension verticale (famille d’origine et relations intergénérationnelles, items 1 à 12) et la dimension horizontale (relation de couple actuelle ou relation la plus significative entre pairs, items 13 à 24).

L’échelle est structurée autour de six sous-échelles factorielles distinctes réparties équitablement entre les deux axes : la confiance et justice verticale (Vertical Trust and Justice), la loyauté verticale (Vertical Loyalty), la légitimité ou droit vertical (Vertical Entitlement), la confiance horizontale (Horizontal Trust), la loyauté horizontale (Horizontal Loyalty) et la légitimité ou droit horizontal (Horizontal Entitlement). Les répondants expriment leur degré d’accord sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree).

Sur le plan psychométrique, la RES démontre une cohérence interne satisfaisante à excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,90 selon les sous-échelles lors des études initiales et des réplications indépendantes (notamment Hargrave & Bomba, 1993). La validité de construit et la validité convergente sont soutenues par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures établies du fonctionnement conjugal, de la différenciation du soi, de l’autorité personnelle au sein du système familial et du bien-être psychologique individuel. L’instrument s’avère particulièrement précieux pour identifier les transmissions intergénérationnelles de traumatismes relationnels, la légitimité destructrice, ainsi que les loyautés invisibles qui entravent la mutualité et la confiance au sein du couple contemporain.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’éthique relationnelle, Thérapie contextuelle, Iván Böszörményi-Nagy, Justice relationnelle, Loyauté invisible, Légitimité destructrice, Thérapie familiale, Relations intergénérationnelles, Psychométrie, Fonctionnement conjugal, Confiance relationnelle, Évaluation de la famille.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’éthique relationnelle a été élaborée et validée par une équipe de chercheurs et cliniciens spécialisés dans le domaine de la thérapie conjugale et familiale :

  • Terry D. Hargrave, Ph.D. : Professeur émérite de thérapie conjugale et familiale au Fuller Theological Seminary (School of Psychology & Marriage and Family Therapy, Pasadena, Californie, États-Unis). Auteur prolifique et théoricien pionnier, il a notamment développé la Restoration Therapy en prolongeant les principes de l’éthique relationnelle et de la régulation émotionnelle. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Glen Jennings, Ed.D. : Professeur émérite au département de thérapie familiale de la Texas Woman’s University (Denton, Texas, États-Unis), spécialiste de l’évaluation systémique et des processus relationnels au sein des couples.
  • William T. Anderson, Ph.D. : Chercheur et thérapeute conjugal et familial, affilié aux recherches initiales sur l’éthique contextuelle à la Texas Woman’s University.
  • Anne K. Bomba, Ph.D. : Co-auteure des études de validation complémentaire (1993), professeure associée en développement humain et études familiales à l’University of Mississippi (Oxford, Mississippi, États-Unis).

4. Objectif / Purpose

Le principal objectif de l’Échelle d’éthique relationnelle est d’opérationnaliser et de quantifier les constructions théoriques de la thérapie contextuelle, un modèle systémique qui postulait jusqu’alors des concepts cliniques profonds mais difficilement mesurables de manière standardisée. Avant l’avènement de la RES, les cliniciens et chercheurs s’appuyaient presque exclusivement sur des inférences qualitatives tirées de génogrammes ou d’entretiens cliniques approfondis pour évaluer les dettes, mérites et loyautés intergénérationnelles.

Sur le plan clinique, la RES répond au besoin crucial d’identifier comment les blessures éthiques subies au sein de la famille d’origine — telles que la parentification abusive, la partialité parentale, l’injustice distributive ou la trahison de la confiance fondamentale — se répercutent sur la capacité du sujet à établir une intimité saine, équitable et digne de confiance dans sa relation amoureuse ou maritale actuelle. En distinguant rigoureusement les dynamiques verticales (intergénérationnelles) des dynamiques horizontales (entre pairs/partenaires), l’outil permet au thérapeute d’objectiver les mécanismes de « légitimité destructrice » (destructive entitlement), où un individu réclame inconsciemment à son partenaire contemporain la réparation des injustices subies jadis de la part de ses parents.

En contexte de recherche, la RES fournit aux chercheurs en sciences sociales, en psychologie clinique et en études familiales une mesure robuste pour explorer les liens empiriques unissant l’éthique relationnelle à des variables telles que :

  • La satisfaction et la stabilité conjugale ;
  • La présence de symptômes dépressifs, anxieux ou psychosomatiques ;
  • Les styles d’attachement adulte et les schémas cognitifs interpersonnels ;
  • La résolution des conflits et la propension au pardon intergénérationnel et conjugal.

L’évaluation simultanée des axes vertical et horizontal permet d’étudier directement les modèles de médiation et de modération expliquant comment l’injustice historique familiale se transforme en dysfonctionnement conjugal présent, offrant ainsi une assise empirique solide à la pratique thérapeutique fondée sur les preuves.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la RES repose sur la théorie de la justice relationnelle, définie comme l’équilibre dynamique entre ce qu’un individu donne et ce qu’il reçoit au sein de ses liens significatifs (le « grand livre » des comptes relationnels ou relational ledger). Ce construit global s’articule autour de deux axes relationnels (vertical et horizontal), chacun subdivisé en trois dimensions fondamentales :

Axe vertical : Relations avec la famille d’origine

Cet axe explore la perception rétrospective et actuelle de l’équité vécue par le sujet durant son éducation et dans ses liens continus avec ses figures parentales.

  • Confiance et justice verticale (Vertical Trust and Justice) : Évalue si la famille d’origine offrait un cadre protecteur, prévisible et bienveillant où les besoins de l’enfant étaient pris en compte avec équité. Une note élevée indique un sentiment d’avoir été traité avec justice, d’avoir reçu une affection équitable sans bouc émissaire, et la conviction que la famille recherchait le bien-être de ses membres (ex. : item 1 : « I could trust my family to seek my best interests » ; item 7 : « Love and warmth were given equally to all family members »). À l’inverse, un faible score dénote des sentiments d’abandon, de blâme injustifié ou d’exploitation (ex. : item 8 : « At times, I was used by my family unfairly »).
  • Loyauté verticale (Vertical Loyalty) : Mesure le sentiment d’engagement, de solidarité et d’obligation morale envers la famille d’origine. Elle capture à la fois la solidarité saine (item 5 : « No matter what happened, I always stood by my family ») et les conflits de loyauté ou loyautés clivées (item 3 : « Pleasing one of my parents often meant displeasing the other »), ainsi que le désir continu de proximité (item 11).
  • Légitimité / Droit vertical (Vertical Entitlement) : Évalue l’équilibre entre la reconnaissance méritée et le sentiment de privation affective ou de domination parentale. Un droit bien acquis découle de la réception d’un amour mérité (item 4 : « I received the love and affection from my family I deserved »), tandis qu’un sentiment de rejet ou de domination (item 6 : « At times, it seemed one or both of my parents disliked me » ; item 9 : « I felt my life was dominated by my parents’ desires ») favorise une légitimité destructrice.

Axe horizontal : Relation actuelle entre pairs (conjoint ou partenaire intime)

Cet axe mesure la réalité éthique opérationnelle dans la relation adulte actuelle la plus significative du répondant (partenaire conjugal, concubin ou relation de référence).

  • Confiance horizontale (Horizontal Trust) : Évalue le degré de réciprocité, d’équité perçue et de sécurité mutuelle au sein du couple contemporain. Elle mesure la conviction que le partenaire se soucie des intérêts du répondant, valorise sa parole et participe à une contribution égale aux efforts relationnels (ex. : item 16 : « This person stands beside me in times of trouble or joy » ; item 20 : « We are equal partners in this relationship » ; item 24 : « This person listens to me and values my thoughts »). Les items inversés ciblent la méfiance et le sentiment d’être exploité (ex. : item 14, item 23).
  • Loyauté horizontale (Horizontal Loyalty) : Mesure le dévouement actif, la considération réciproque et la consultation mutuelle dans les décisions majeures de la vie d’adulte (ex. : item 13 : « I try to meet the emotional needs of this person » ; item 17 : « Before I make important decisions, I ask for the opinions of this person » ; item 21 : « We give of ourselves to benefit one another »).
  • Légitimité / Droit horizontal (Horizontal Entitlement) : Capture l’expression de comportements relationnels destructeurs ou au contraire respectueux envers le partenaire lorsque le sujet éprouve de la détresse émotionnelle ou de la colère. Des scores pathologiques révèlent l’extériorisation de l’amertume et l’exploitation de l’autre (ex. : item 15 : « When I feel hurt, I say or do hurtful things to this person » ; item 19 : « When I feel angry, I tend to take it out on this person » ; item 22 : « I take advantage of this individual »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle d’éthique relationnelle s’ancre directement dans la thérapie contextuelle, une approche intégrative de la thérapie familiale fondée par le psychiatre et psychanalyste hongro-américain Iván Böszörményi-Nagy (Böszörményi-Nagy & Spark, 1973 ; Böszörményi-Nagy & Krasner, 1986). Ce modèle postule que les relations humaines s’organisent selon quatre dimensions interactives de la réalité relationnelle :

  1. Les faits : Les données objectives, génétiques, physiques, historiques et contextuelles (maladies, pertes, statut socio-économique).
  2. La psychologie individuelle : Les dynamiques intrapsychiques, cognitives et motivationnelles de chaque individu (héritage psychanalytique freudien et théories du développement).
  3. Les interactions systémiques : Les séquences comportementales, la communication, la hiérarchie et les boucles de rétroaction (héritage de l’école systémique de Palo Alto et de la thérapie structurelle de Salvador Minuchin).
  4. L’éthique relationnelle : La dimension fondamentale et suprême du modèle de Nagy, qui traite de l’équité, de la responsabilité mutuelle, des dettes et mérites existentiels, ainsi que de la balance de justice intergénérationnelle.

Au cœur de l’éthique relationnelle se trouve le principe selon lequel toute relation intime repose sur un registre de justice invisible (le ledger). Les parents ont l’obligation asymétrique d’offrir des soins, de la sécurité et de la sollicitude à leurs enfants sans exiger d’eux une réciprocité directe précoce. Lorsque les parents s’acquittent convenablement de ce devoir nourricier, l’enfant accumule une légitimité constructive (un droit mérité à la vie et à l’amour), développant une confiance fondamentale qu’il pourra réinvestir ultérieurement dans ses relations horizontales avec ses pairs et ses propres enfants.

En revanche, lorsque les figures parentales négligent, abusent, parentifient ou exploitent l’enfant, un déséquilibre éthique massif se crée. Privé de son dû légitime, l’individu intériorise une injustice fondamentale qui peut générer ce que Nagy nomme la légitimité destructrice (destructive entitlement). Convaincu que le monde ou autrui lui doit une compensation existentielle pour ses souffrances passées, l’adulte s’autorise inconsciemment à trahir, dominer, maltraiter ou abandonner son conjoint ou ses enfants, perpétuant ainsi une chaîne de transmissions traumatiques intergénérationnelles.

La théorie décrit également le phénomène des loyautés invisibles, par lesquelles un individu reste inconsciemment fidèle aux attentes, aux mythes ou aux impératifs non résolus de sa famille d’origine, souvent au détriment direct de son couple moderne. Terry Hargrave et ses collaborateurs ont conçu la RES précisément pour donner aux chercheurs et aux praticiens les moyens de quantifier ces forces éthiques invisibles, permettant d’évaluer la transition nécessaire entre les loyautés verticales et horizontales pour fonder un partenariat conjugal véritablement mature et réciproque.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la Relational Ethics Scale a fait l’objet de plusieurs investigations approfondies dès sa conception (Hargrave, Jennings, & Anderson, 1991) puis lors de travaux ultérieurs de confirmation (Hargrave & Bomba, 1993) :

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit a été initialement démontrée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires qui ont attesté de la distinction nette entre la sphère relationnelle verticale (famille d’origine) et la sphère horizontale (couple contemporain). Les saturations factorielles ont confirmé l’existence des six facteurs théoriques postulés par la théorie contextuelle, corroborant l’hypothèse que la confiance, la loyauté et la légitimité opèrent de façon analogue mais phénoménologiquement distincte selon le niveau relationnel évalué.

Validité convergente

La validité convergente de la RES a été établie en corrélant ses sous-échelles avec plusieurs échelles de référence reconnues en psychologie familiale :

  • Dyadic Adjustment Scale (DAS) : Les sous-échelles horizontales de la RES (notamment la confiance horizontale et la réciprocité de la loyauté horizontale) présentent des corrélations positives fortes et statistiquement significatives avec le score global d’ajustement dyadique de Spanier (coefficients r compris généralement entre 0,55 et 0,72, p < 0,001). Inversement, la légitimité destructrice horizontale (comportements blessants, exploitation) présente une corrélation négative marquée avec la satisfaction conjugale.
  • Personal Authority in the Family System Questionnaire (PAFS-Q) : Des corrélations significatives ont été observées entre la confiance verticale de la RES et les dimensions d’intimité intergénérationnelle du PAFS-Q, démontrant que des scores élevés de justice familiale s’associent à une plus grande différenciation du soi et à une absence de fusion/triangulation anxiogène.
  • Family Adaptability and Cohesion Evaluation Scales (FACES III) : Les dimensions verticales de la RES sont positivement associées à la cohésion équilibrée du système familial, attestant que l’équité relationnelle est un terreau fondamental pour le développement de liens affectifs sécurisants.

Validité discriminante et prédictive

L’instrument démontre une excellente validité discriminante : les scores de la RES permettent de différencier statistiquement de manière très nette les couples cliniques consultant en thérapie pour détresse maritale sévère des couples non cliniques asymptomatiques. De plus, les analyses de régression multiple ont révélé que les dimensions d’éthique verticale prédisent de manière significative les scores d’éthique horizontale, confirmant empiriquement la thèse de Nagy selon laquelle l’expérience de justice intergénérationnelle façonne directement la compétence éthique et la sécurité dans le lien conjugal adulte.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle d’éthique relationnelle a été rigoureusement examinée sous l’angle de la cohérence interne (homogénéité des items) et de la stabilité temporelle (test-retest) :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude princeps de Hargrave, Jennings et Anderson (1991), menée auprès d’un échantillon diversifié d’adultes, les coefficients alpha de Cronbach obtenus pour les différentes sous-échelles ont démontré une consistance interne satisfaisante à excellente :

  • Confiance et justice verticale (6 items) : α = 0,88 à 0,91 ;
  • Loyauté verticale (3 items) : α = 0,68 à 0,74 ;
  • Légitimité / Droit vertical (3 items) : α = 0,70 à 0,78 ;
  • Confiance horizontale (6 items) : α = 0,84 à 0,89 ;
  • Loyauté horizontale (3 items) : α = 0,69 à 0,75 ;
  • Légitimité / Droit horizontal (3 items) : α = 0,71 à 0,80.

Les échelles composites regroupant l’ensemble de la dimension verticale (12 items) et l’ensemble de la dimension horizontale (12 items) affichent des coefficients globaux de cohérence interne très élevés, se situant régulièrement au-delà de 0,88 et 0,90 respectivement.

Stabilité temporelle (Fidélité Test-Retest)

L’évaluation de la stabilité temporelle sur un intervalle de quatre semaines (Hargrave & Bomba, 1993) a révélé des coefficients de corrélation test-retest oscillant entre 0,75 et 0,89 pour l’ensemble des sous-échelles, témoignant d’une excellente stabilité des représentations éthiques tant envers la famille d’origine qu’envers le conjoint en l’absence d’intervention thérapeutique ciblée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement psychométrique de la RES a reposé sur une démarche factorielle rigoureuse visant à valider la structure bidimensionnelle (verticale / horizontale) et les sous-composantes éthiques théoriques sous-jacentes :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase de création de l’outil, un ensemble plus vaste de propositions reflétant les concepts de Nagy a été soumis à une analyse en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale (Varimax) et d’une rotation oblique (Promax). Les résultats ont clairement mis en évidence une bipartition structurelle fondamentale : les items relatifs à la famille d’origine saturaient massivement sur un ensemble de facteurs distincts de ceux relatifs au partenaire actuel, validant empiriquement l’indépendance dimensionnelle des relations verticales et horizontales.

Au sein de chaque domaine (vertical et horizontal), l’analyse factorielle a révélé trois facteurs dominants expliquant plus de 55 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Confiance et justice : Ce facteur regroupe les items décrivant la justice distributive, l’absence de favoritisme et le sentiment fondamental de sécurité d’attachement. Les saturations factorielles des 6 items de confiance verticale (items 1, 2, 7, 8, 10, 12) et des 6 items de confiance horizontale (items 14, 16, 18, 20, 23, 24) s’échelonnent entre 0,54 et 0,82, sans saturation croisée majeure sur les autres facteurs.
  • Facteur 2 : Loyauté relationnelle : Ce facteur réunit les items ciblant la solidarité, l’engagement et l’alliance morale (items 3, 5, 11 pour le vertical ; items 13, 17, 21 pour l’horizontal), avec des saturations factorielles stables comprises entre 0,51 et 0,76.
  • Facteur 3 : Légitimité et comportements de représailles : Ce facteur rassemble les items capturant le sentiment de privation et les tendances à l’extériorisation punitive ou manipulatrice (items 4, 6, 9 pour le vertical ; items 15, 19, 22 pour l’horizontal), affichant des saturations situées entre 0,52 et 0,79.

Analyses confirmatoires ultérieures (AFC)

Les modélisations par équations structurelles menées dans des études ultérieures (notamment Hargrave & Bomba, 1993) ont testé l’adéquation d’un modèle hiérarchique à six facteurs corrélés de premier ordre regroupés sous deux facteurs d’ordre supérieur (Éthique Verticale et Éthique Horizontale). Les indices d’ajustement obtenus (CFI > 0,92 ; TLI > 0,90 ; RMSEA < 0,06) ont confirmé la robustesse et la pertinence théorique de cette architecture factorielle, justifiant pleinement l’utilisation clinique des scores par sous-échelles distinctes.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Relational Ethics Scale (RES) / Échelle d’éthique relationnelle.
  • Auteurs : Terry D. Hargrave, Glen Jennings et William T. Anderson (1991).
  • Type de passation : Auto-questionnaire individuel (papier-crayon ou informatisé).
  • Population cible : Adultes (à partir de 18 ans), applicables aux personnes mariées, en couple, divorcées, veuves ou célibataires (avec adaptation de la cible horizontale pour les célibataires).
  • Durée moyenne de passation : Environ 8 à 12 minutes.
  • Nombre total d’items : 24 items répartis en deux sections distinctes :
    • Partie I (Items 1 à 12) : Évaluation de la famille d’origine (dimension verticale).
    • Partie II (Items 13 à 24) : Évaluation de la relation de couple actuelle ou du lien adulte le plus proche (dimension horizontale).
  • Échelle de réponse (Format Likert en 5 points) :
    • 5 = STRONGLY AGREE with the statement (Tout à fait d’accord)
    • 4 = AGREE WITH THE STATEMENT (D’accord)
    • 3 = NEITHER AGREE NOR DISAGREE with the statement (Ni en désaccord ni d’accord)
    • 2 = DISAGREE with the statement (Pas d’accord)
    • 1 = STRONGLY DISAGREE with the statement (Pas du tout d’accord)
  • Calcul des scores et cotation :
    • Confiance et justice verticale : Items 1, 2*, 7, 8*, 10, 12* (les items négatifs/inversés tels que 2, 8, 12 sont inversés lors de la cotation : 5=1, 4=2, 3=3, 2=4, 1=5 pour refléter une plus grande confiance/justice).
    • Loyauté verticale : Items 3, 5, 11 (selon le protocole de cotation spécifique de l’étude princeps).
    • Légitimité / Droit vertical : Items 4, 6*, 9*.
    • Confiance horizontale : Items 14*, 16, 18*, 20, 23*, 24.
    • Loyauté horizontale : Items 13, 17, 21.
    • Légitimité / Droit horizontal : Items 15*, 19*, 22*.
    • Note d’interprétation : Des scores élevés aux dimensions de confiance et de loyauté indiquent un fonctionnement éthique sain et équilibré, tandis que des scores élevés aux échelles de légitimité destructrice (items 15, 19, 22 non inversés) signalent des comportements d’agression réactive et d’exploitation relationnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1991 (étude de validation complémentaire en 1993).
  • Statut du droit d’auteur : L’Échelle d’éthique relationnelle est protégée par les droits d’auteur de l’American Association for Marriage and Family Therapy (AAMFT) et de ses auteurs (Terry D. Hargrave et al.).
  • Politique d’utilisation et tarifs : L’instrument est généralement mis à disposition sans frais d’utilisation commerciale pour la recherche académique, les thèses doctorales et l’évaluation clinique non lucrative, à condition de citer formellement les publications originales de référence.
  • Accès au protocole : Le questionnaire complet et sa structure factorielle sont consultables dans l’article séminal publié dans le Journal of Marital and Family Therapy ou via les dépôts scientifiques institutionnels (ResearchGate). Pour toute utilisation commerciale ou intégration dans des plateformes logicielles propriétaires, l’autorisation explicite du Dr Terry D. Hargrave ou de l’éditeur est requise.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This scale is designed to measure some of the emotions that:
1

I could trust my family to seek my best interests.
2

Individuals in my family were blamed for problems that were not their fault.
3

Pleasing one of my parents often meant displeasing the other.
4

I received the love and affection from my family I deserved.
5

No matter what happened‚ I always stood by my family.
6

At times‚ it seemed one or both of my parents disliked me.
7

Love and warmth were given equally to all family members.
8

At times‚ I was used by my family unfairly.
9

I felt my life was dominated by my parents’ desires.
10

Individuals in my family were willing to give of themselves to benefit the family.
11

I continue to seek closer relationships with my family.
12

I often felt deserted by my family.
13

I try to meet the emotional needs of this person.
14

I do not trust this individual to look out for my best interests.
15

When I feel hurt‚ I say or do hurtful things to this person.
16

This person stands beside me in times of trouble or joy.
17

Before I make important decisions‚ I ask for the opinions of this person.
18

There is unequal contribution to the relationship between me and this individual.
19

When I feel angry‚ I tend to take it out on this person.
20

We are equal partners in this relationship.
21

We give of ourselves to benefit one another.
22

I take advantage of this individual.
23

I am taken for granted or used unfairly in this relationship.
24

This person listens to me and values my thoughts.
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Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle d’éthique relationnelle (RES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-ethique-relationnelle-res/
Looti, Mohammed. “Échelle d’éthique relationnelle (RES).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-ethique-relationnelle-res/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’éthique relationnelle (RES).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-ethique-relationnelle-res/.