1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’autoritarisme-rébellion (en anglais, Authoritarianism-Rebellion Scale ou A-R Scale) est un instrument psychométrique développé en 1972 par le psychologue canadien Paul M. Kohn. Conçue initialement pour surmonter les limites méthodologiques majeures de la célèbre Échelle F (pour Fascisme) issue des travaux pionniers de Theodor W. Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel Levinson et R. Nevitt Sanford (1950), l’échelle A-R propose une mesure bidirectionnelle et équilibrée de l’orientation envers l’autorité institutionnelle et conventionnelle. La problématique centrale adressée par Kohn résidait dans le fait que les instruments classiques mesurant l’autoritarisme souffraient d’un biais massif d’acquiescement, tous les énoncés originaux étant formulés de façon unilatérale dans le sens pro-autoritaire.
L’échelle A-R est constituée de 30 items formulés de manière symétrique : 15 items évaluent l’adhésion à l’autoritarisme conventionnel de droite (soumission inconditionnelle à l’autorité, punitivité, conventionnalisme, rigidité cognitive), tandis que 15 items constituent des inversions substantielles formulées dans un sens de rébellion ou de contestation idéologique de gauche (anticonformisme radical, rejet absolu du système punitif étatique, primauté de la conscience individuelle sur la loi civile, contestation de l’ordre moral bourgeois). Les répondants expriment leur degré d’accord ou de désaccord sur une échelle graduée. Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une excellente consistance interne (alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,86 selon les échantillons universitaires et généraux) ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle. L’analyse factorielle met en évidence une dimension générale bipolaire allant de la déférence autoritaire à la rébellion contestataire, tout en contrôlant rigoureusement la variance d’acquiescement sans détruire le construit psychologique sous-jacent.
2. Mots-clés / Keywords
Autoritarisme, rébellion, échelle F, biais d’acquiescement, psychologie politique, Paul M. Kohn, attitudes sociales, déférence à l’autorité, idéologie, psychométrie, personnalité autoritaire, contestation radicale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle d’autoritarisme-rébellion a été conceptualisée et validée empiriquement par le chercheur :
- Paul M. Kohn, Ph.D. — Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université York (York University), Toronto, Ontario, Canada. Ses travaux de recherche se sont principalement articulés autour de la psychologie de la personnalité, de la mesure des attitudes sociopolitiques, des biais de réponse psychométriques et de l’évaluation du stress psychosocial et des tracas quotidiens (daily hassles). Contact académique historique : Département de psychologie, Université York, 4700 Keele Street, Toronto, ON M3J 1P3, Canada.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’autoritarisme-rébellion est d’offrir une évaluation psychométrique robuste, exempte de biais de réponse stylistique, du spectre continu reliant la soumission autoritaire à l’opposition rébellieuse envers les figures, règles et institutions d’autorité. Dès les années 1950 et 1960, la communauté des psychomètres (notamment Christie & Jahoda, 1954 ; Couch & Keniston, 1960 ; Rorer, 1965) a pointé du doigt une vulnérabilité critique de l’échelle F d’Adorno et al. : l’absence totale d’items inversés. Cette lacune structurelle créait une confusion systématique entre l’adhésion idéologique sincère à des postulats autoritaires et le biais d’acquiescement (la propension générale d’un participant à répondre affirmativement indépendamment du contenu de l’item). Par conséquent, les scores élevés pouvaient simplement refléter une docilité cognitive ou une tendance au « oui » systématique.
Pour résoudre cette impasse méthodologique, de nombreux chercheurs avaient préalablement tenté de créer des versions inversées de l’échelle F en inversant mécaniquement la formulation grammaticale des énoncés (en ajoutant de simples négations du type « Il n’est pas vrai que… »). Ces tentatives pionnières (par exemple celles de Christie, Havel et Seidenberg, 1958) s’étaient soldées par des échecs relatifs, produisant des corrélations faibles ou nulles entre les sous-échelles directes et inversées, car les inversions purement formelles engendraient souvent des phrases syntaxiquement alambiquées ou psychologiquement incongrues. L’objectif spécifique de Kohn (1972) était donc de formuler des inversions conceptuelles de gauche (left-wing reversals), c’est-à-dire des items traduisant une idéologie active de défi, de rejet militant des normes établies et de refus de la hiérarchie traditionnelle.
Sur le plan des applications empiriques et clinico-sociales, l’échelle A-R permet :
- D’évaluer avec précision l’orientation idéologique sans contamination par le style de réponse acquiescent dans le cadre de recherches en psychologie politique et en sociologie électorale ;
- D’étudier les déterminants dispositionnels des comportements de conformisme ou de désobéissance civile lors de mouvements sociaux, de grèves ou de protestations publiques ;
- D’analyser les corrélats de la tolérance à la déviance, des préjugés xénophobes, de l’intolérance à l’ambiguïté et du dogmatisme idéologique ;
- De servir d’outil de calibrage comparatif lors de la validation d’autres batteries psychométriques ciblant l’autoritarisme de droite (Right-Wing Authoritarianism – RWA) ou l’orientation à la dominance sociale (Social Dominance Orientation – SDO).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle A-R est conçu comme une dimension bipolaire de personnalité sociale et idéologique, s’étendant d’un pôle d’autoritarisme conventionnel à un pôle de rébellion anti-autoritaire. Loin d’être une simple juxtaposition mécanique de déclarations pro et anti-système, le construit synthétise plusieurs composantes psychologiques et comportementales majeures identifiées à l’origine par Adorno et collaborateurs, mais réinterprétées de manière bilatérale par Kohn :
1. Soumission à l’autorité versus Primauté de l’autonomie et de la conscience
Au pôle autoritaire, le sujet manifeste la croyance fondamentale que l’obéissance aux autorités légitimes constitue la vertu cardinale de l’existence humaine et de la socialisation enfantine (par exemple : « Obedience and respect for authority are the most important virtues children should learn »). Au pôle rébellieux, la soumission est perçue comme un instrument dégradant d’asservissement moral et social, l’individu devant impérativement guider sa conduite selon sa conscience subjective, quitte à enfreindre délibérément la loi instituée (par exemple : « Obedience is the mother of enslavement » ; « To be a decent human being, follow your conscience regardless of the law »).
2. Punitivité institutionnelle versus Réformisme sociétal radical
L’attitude autoritaire classique réclame un châtiment féroce, expiatoire et corporel à l’égard de ceux qui transgressent les normes morales et légales, particulièrement dans la sphère sexuelle ou corporelle (par exemple, la préconisation de flagellations publiques pour les criminels sexuels). À l’opposé, la dimension rébellieuse analyse la transgression criminelle non comme une tare morale individuelle appelant la vengeance d’État, mais comme le symptôme direct d’une pathologie sociale structurelle nécessitant une refonte révolutionnaire de l’organisation collective (par exemple : « Sex crimes like rape and child molesting reflect a sick society and we must change society rather than punish individual offenders »).
3. Nationalisme mystique et conservation de l’ordre versus Critique systémique et internationalisme
Le pôle autoritaire valorise une conception providentialiste et hégémonique de la nation, postulant que la nation possède une destinée morale ou spirituelle supérieure (par exemple l’affirmation que le Canada est prédestiné à diriger le monde), tout en justifiant le recours à la force brutale pour préserver le mode de vie traditionnel menacé. En contraste, la perspective rébellieuse dénonce le matérialisme corrompu de l’État, promeut le métissage transnational et interculturel comme source universelle d’enrichissement, et affirme la nécessité d’une transformation révolutionnaire pour éradiquer les oppressions systémiques (par exemple : « The Canadian way of life is so resistant to progress that a revolution is necessary to end its injustices and oppressions »).
4. Vision hiérarchique et essentialiste versus Égalitarisme structurel
L’esprit autoritaire compartimente l’humanité de manière rigide et manichéenne entre « forts » et « faibles », valorisant la dureté et la puissance face à la vulnérabilité perçue comme suspecte. Le contre-discours rébellieux récuse catégoriquement cette dichotomie essentialiste, affirmant que les distinctions de statut ne résultent que des privilèges iniques distribués par une société injuste (par exemple : « The strong and the weak are not inherently different. They are merely the advantaged and the disadvantaged members of an unfair society »).
5. Superstition et fatalisme versus Matérialisme critique et rationalisme
Tandis que l’autoritarisme classique intègre une inclination envers la pensée magique, la soumission aux forces surnaturelles et la prédestination astrologique (légitimant l’impuissance de l’individu face aux forces transcendantes), l’orientation rébellieuse fustige la croyance au surnaturel comme une illusion délétère et un vecteur d’assujettissement dogmatique aux hiérarchies cléricales (par exemple : « Faith in the supernatural is a harmful self-delusion, and submission to religious authority is dangerous »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement théorique de l’échelle A-R se situe à la croisée de la théorie critique de l’École de Francfort, de la psychanalyse freudienne appliquée et de la méthodologie psychométrique nord-américaine. En 1950, l’ouvrage monumental de Theodor W. Adorno et ses collaborateurs de l’Université de Californie à Berkeley, The Authoritarian Personality, cherchait à élucider les racines psychologiques profondes du fascisme et de l’antisémitisme. Selon leur modèle, des pratiques éducatives parentales rigides et punitives engendrent chez l’enfant un conflit émotionnel violent : l’hostilité éprouvée envers des figures parentales omnipotentes ne peut être exprimée directement sous peine de représailles, ce qui entraîne son refoulement massif. Par un mécanisme de défense projectif, l’angoisse et l’agressivité refoulées sont déplacées vers des cibles socialement subordonnées ou marginalisées (minorités ethniques, déviants), tandis que l’autorité est idéalisée et soumise à une adulation sans faille.
Cependant, dès la publication de ces travaux, des critiques virulentes furent formulées quant à l’identification exclusive de l’autoritarisme aux régimes et idéologies d’extrême droite. Des théoriciens tels que Edward Shils (1954) et Milton Rokeach (1960) avec son concept de dogmatisme ont soutenu qu’une structure cognitive fermée, intolérante et dogmatique pouvait tout autant caractériser les partisans de l’extrême gauche léniniste ou stalinienne. Néanmoins, l’échelle F originale demeurait indissociable de formulations conservatrices et conventionnelles, confondant contenu idéologique de droite et structure de personnalité sous-jacente.
Paul M. Kohn s’est inséré dans cette controverse théorique avec une lucidité opérationnelle singulière. Il a constaté que les étudiants et militants des années 1960 et du début des années 1970 contestaient l’autorité de l’État bourgeois non pas en manifestant une soumission masquée, mais par une posture idéologique articulée de rébellion active. Kohn a postulé que si l’autoritarisme représentait un continuum psychologique d’alignement sur le pouvoir en place et les normes morales dominantes, son inverse logique et comportemental n’était pas l’absence passive de conviction (l’indifférence), mais bien la rébellion active, caractérisée par une contestation militante des impératifs légaux, un anti-punitivisme radical et un soutien explicite aux transgressions révolutionnaires. En construisant des items reflétant une idéologie de gauche contestataire cohérente, Kohn a permis au continuum psychométrique d’exprimer une véritable dialectique psychologique entre l’allégeance servile au statu quo et le refus émancipateur de toute servitude volontaire.
7. Validité / Validity
Les investigations psychométriques menées par Kohn (1972) ainsi que par des travaux de réplication ultérieurs ont apporté des preuves solides quant aux différentes facettes de la validité de l’échelle d’autoritarisme-rébellion :
Validité de construit et contrôle de l’acquiescement
La validité de construit de l’échelle A-R a été rigoureusement démontrée par la comparaison de ses propriétés métriques avec celles de l’échelle F originale et d’autres instruments à items unilatéraux. Dans son étude princeps auprès d’étudiants canadiens, Kohn a administré l’échelle A-R parallèlement à des mesures d’acquiescement indépendantes (notamment des échelles composées d’énoncés ambigus ou non pertinents). Alors que les scores à l’échelle F traditionnelle affichaient des corrélations positives significatives avec les indices de tendance au « oui », le score composite de l’échelle A-R s’est avéré virtuellement indépendant de l’acquiescement (corrélations proches de zéro, non significatives). Cela confirme que le score reflète la position substantielle de l’individu sur le continuum autoritarisme-rébellion et non un biais formel d’assentiment.
Validité convergente
L’échelle A-R présente des corrélations convergentes hautement significatives avec les mesures classiques d’attitudes sociopolitiques et idéologiques :
- Les scores d’autoritarisme (pôle élevé) corrèlent positivement de façon robuste avec l’échelle de conservatisme de Wilson et Patterson (corrélations généralement situées entre r = 0,55 et r = 0,68) ;
- Une corrélation substantielle est observée avec les versions ultérieures de l’échelle RWA de Bob Altemeyer (r atteignant régulièrement 0,65 à 0,75), confirmant le partage d’un noyau commun lié à la déférence envers les hiérarchies reconnues ;
- Des corrélations positives significatives sont documentées avec les mesures de préjugés raciaux, de nationalisme ethnique, de punitivité envers les délinquants et de religiosité dogmatique traditionnelle.
Validité discriminante et prédictive
Sur le plan discriminant, l’échelle A-R ne corrèle pas de manière substantielle avec les mesures d’intelligence générale ou d’aptitudes verbales lorsqu’on contrôle le niveau d’éducation formelle. En termes de validité prédictive, l’échelle s’est révélée capable de prédire de façon statistiquement significative :
- La participation effective ou la sympathie déclarée pour des mouvements de contestation étudiante, des manifestations contre l’impérialisme ou des actions de désobéissance civile (fortement associées aux scores faibles, c’est-à-dire au pôle rébellion) ;
- Les préférences électorales en faveur de partis conservateurs ou d’ordre public par opposition aux partis socialistes, démocrates ou progressistes ;
- Les verdicts rendus dans le cadre de simulations de jurys d’assises, les individus orientés vers l’autoritarisme prononçant des peines systématiquement plus sévères et rejetant les circonstances atténuantes sociologiques.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de l’échelle d’autoritarisme-rébellion démontre que l’instrument bénéficie d’une stabilité métrique et d’une homogénéité interne tout à fait satisfaisantes, surpassant souvent les échelles F inversées construites selon des procédés purement linguistiques formels :
Consistance interne (Homogénéité)
Dans l’échantillon initial de standardisation rapporté par Kohn (1972), composé d’étudiants de premier cycle universitaire (N = 250), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 30 items s’élevait à 0,81. Des études ultérieures menées tant au Canada qu’aux États-Unis ou dans des contextes anglophones ont rapporté des coefficients alpha compris entre 0,78 et 0,86. Notamment, la sous-composante de 15 items autoritaires (cotation directe) et la sous-composante de 15 items rébellieux (inversés) présentent chacune des consistances internes comparables (alphas individuels gravitant autour de 0,74 à 0,79), et leur corrélation inter-sous-échelles après inversion des items de rébellion est fortement positive (généralement r > 0,60), ce qui prouve qu’elles mesurent les faces opposées d’un même phénomène psychologique global.
Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)
La stabilité temporelle de l’instrument a été vérifiée auprès de sous-groupes d’étudiants réexaminés après un intervalle temporel de 4 à 8 semaines. Les coefficients de corrélation de Pearson test-retest se sont établis de façon stable entre r = 0,79 et r = 0,85. Cette stabilité démontre que l’échelle A-R capture des orientations dispositionnelles relativement stables de la personnalité idéologique, et non de simples fluctuations d’humeur ou des réactions éphémères à l’actualité politique immédiate.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de l’échelle d’autoritarisme-rébellion a fait l’objet d’examens minutieux par Kohn (1972) ainsi que par d’autres psychomètres s’intéressant à la factorialisation des échelles d’attitudes balancées :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors d’une extraction factorielle en composantes principales suivie d’une rotation varimax ou promax, le tracé du test du coude de Cattell (scree plot) révèle de façon constante la dominance d’un premier facteur général majeur expliquant une part prépondérante de la variance commune (environ 25 % à 32 % selon les études). Ce facteur général est clairement bipolaire :
- Les 15 items autoritaires présentent de fortes saturations positives (souvent comprises entre 0,40 et 0,68), notamment les items 1, 14, 15, 25 et 28 qui valorisent la primauté absolue de l’obéissance, de la discipline morale et du respect scrupuleux de la loi ;
- Les 15 items inversés (rébellieux) présentent de fortes saturations négatives sur ce même facteur (entre -0,38 et -0,65), notamment les items 2, 5, 6, 22 et 27 proclamant le caractère immoral de l’obéissance et l’impératif de suivre sa conscience individuelle contre la norme institutionnelle.
Lorsque les solutions à facteurs multiples sont extraites, des sous-facteurs thématiques secondaires émergent régulièrement, sans pour autant détruire l’unidimensionnalité fonctionnelle de l’échelle globale :
- Facteur 1 : Primauté morale de l’obéissance versus Rejet de l’asservissement (items 1, 2, 6, 14, 15, 22, 25, 27) ;
- Facteur 2 : Punitivité étatique versus Responsabilité sociétale (items 13, 21) ;
- Facteur 3 : Solidarité/Universalité versus Ségrégation et essentialisme social (items 4, 10, 18, 26) ;
- Facteur 4 : Nationalisme messianique versus Critique révolutionnaire (items 9, 12, 16, 20) ;
- Facteur 5 : Rationalisme critique versus Croyance au transcendantal et à l’astrologie (items 3, 8, 17, 30).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les modélisations contemporaines en équations structurelles confirment qu’un modèle bifactoriel — combinant un facteur substantiel général d’« orientation envers l’autorité » et deux facteurs de méthode spécifiques (un facteur de méthode pour les items pro-autoritaires et un facteur de méthode pour les items formulés dans le sens de la rébellion) — offre un ajustement statistique supérieur aux données par rapport à un modèle unidimensionnel pur dépourvu de contrôle de méthode (indices comparatifs : RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,91 ; TLI > 0,90). Cela atteste que l’équilibrage de l’échelle a parfaitement réussi à neutraliser la distorsion stylistique tout en conservant l’intégrité conceptuelle du trait.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique sur support papier-crayon ou numérique.
- Domaine : Psychologie sociale, psychologie politique, évaluation de la personnalité.
- Nombre total d’items : 30 énoncés.
- Répartition des items :
- 15 items à cotation directe (autoritarisme) : items 1, 3, 4, 7, 10, 14, 15, 16, 17, 20, 21, 24, 25, 28, 29.
- 15 items inversés (rébellion idéologique de gauche, signalés par un astérisque *) : items 2, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13, 18, 19, 22, 23, 26, 27, 30.
- Format de réponse : Échelle d’accord/désaccord graduée. Selon le protocole standard original de Kohn (1972), les sujets entourent le chiffre qui reflète le mieux leur degré d’accord ou de désaccord (fréquemment formalisé sous la forme d’une échelle de type Likert à 6 points de -3 à +3 sans point neutre, ou d’une échelle graduée de 1 [Fort désaccord] à 6 [Fort accord], ou de 1 à 7 points).
- Procédure de cotation :
- Pour calculer le score global d’autoritarisme, les 15 items rébellieux marqués d’un astérisque (*) doivent être impérativement inversés préalablement au calcul (par exemple, sur une échelle de 1 à 6 : Nouveau score = 7 – Score brut ; sur une échelle de 1 à 7 : Nouveau score = 8 – Score brut).
- Le score total s’obtient en additionnant les réponses aux 15 items directs et aux 15 items inversés recotés.
- Un score global élevé indique une orientation fortement autoritaire, conventionnelle et déférente envers l’ordre établi.
- Un score global faible indique une orientation de rébellion, d’anticonformisme radical et de rejet des autorités institutionnelles.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1972 (publiée dans la revue scientifique à comité de lecture Sociometry, aujourd’hui Social Psychology Quarterly).
- Statut des droits d’auteur : Le copyright scientifique initial de l’article de référence appartient à l’American Sociological Association (ASA). Cependant, les items de l’échelle ont été rendus librement accessibles à la communauté scientifique et universitaire par l’auteur, Paul M. Kohn, à des fins exclusives de recherche fondamentale et d’enseignement non commercial.
- Frais d’utilisation : Aucun droit d’utilisation commercial (free of charge pour les chercheurs et praticiens dans le cadre académique et non lucratif).
- Modalités d’accès : L’instrument peut être extrait et reproduit directement à partir de la publication originale de 1972 ou via les archives académiques en ligne de l’Université York. Toute exploitation dans une étude scientifique requiert la citation appropriée de la publication princeps de Paul M. Kohn.
12. Références / References
Les sources scientifiques suivantes constituent le corpus académique de référence relatif à l’échelle d’autoritarisme-rébellion et aux débats méthodologiques sur la mesure de l’autoritarisme :
- Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The authoritarian personality. Harper & Row. https://psycnet.apa.org/record/1951-02687-000
- Christie, R., Havel, J., & Seidenberg, B. (1958). Is the F scale irreversible? The Journal of Abnormal and Social Psychology, 56(2), 143–159. https://doi.org/10.1037/h0043135
- Christie, R., & Jahoda, M. (Eds.). (1954). Studies in the scope and method of « The authoritarian personality ». Free Press.
- Couch, A., & Keniston, K. (1960). Yeasayers and naysayers: Agreeing response set as a personality variable. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 60(2), 151–174. https://doi.org/10.1037/h0040372
- Kohn, P. M. (1972). The Authoritarianism-Rebellion scale: A balanced F Scale with one-sentence left-wing reversals. Sociometry, 35(1), 176–189. https://doi.org/10.2307/2786555
- Kohn, P. M. (1974). Authoritarianism, rebelliousness, and their cognitive correlates. Social Behavior and Personality: An International Journal, 2(1), 1–10. https://doi.org/10.2224/sbp.1974.2.1.1
- Rokeach, M. (1960). The open and closed mind: Investigations into the nature of belief systems and personality systems. Basic Books.
- Rorer, L. G. (1965). The great response-style myth. Psychological Bulletin, 63(3), 129–156. https://doi.org/10.1037/h0021888
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Circle the number that best reflects your degree of agreement or disagreement with each statement.
- Obedience and respect for authority are the most important virtues children should learn.
- * What we need least is an authority to tell us what to do or how to do it.
- Every person should have complete faith in some supernatural power whose decisions he obeys without question.
- People can be divided into two distinct classes‚ the weak and the strong.
- * To be a decent human being‚ follow your conscience regardless of the law.
- * No principle is more immoral than that of obedience.
- Familiarity breeds contempt.
- * Astrology will never explain anything because it is a fraud.
- * The Canadian way of life is so resistant to progress that a revolution is necessary to end its injustices and oppressions.
- Nowadays‚ when so many different kinds of people move around and mix together so much‚ a person has to protect himself against catching an infection or disease from them.
- * Children don=t owe their parents a thing.
- * Canada can=t exert moral leadership among nations until it abandons its corrupt material nature.
- * Sex crimes like rape and child molesting reflect a sick society and we must change society rather than punish individual offenders.
- Obedience is the mother of success.
- Strong discipline builds moral character.
- Canada is spiritually predestined to lead the world.
- Some day it will probably be shown that astrology can explain a lot of things.
- * Peoples of different nationalities‚ social classes and races should mix together more. Everybody would benefit from it.
- * To know people well is to love them.
- The true Canadian way of life is disappearing so fast that force may be necessary to preserve it.
- Sex crimes‚ such as rape and attacks on children‚ deserve more than mere punishment: Such criminals ought to be publicly whipped or worse.
- * Obedience is the mother of enslavement.
- * True morality only develops in a fully permissive environment
- There is hardly anything lower than a person who does not feel a great deal of love‚ gratitude‚ and respect for his parents.
- No principle is more noble or holy than that of true obedience.
- * The strong and the weak are not inherently different. They are merely the advantaged and the disadvantaged members of an unfair society.
- * Obedience and respect for authority aren=t virtues and shouldn=t be taught to children.
- To be a decent person‚ always stay within the law.
- Our chief want in life is somebody to make us do what we should.
- * Faith in the supernatural is a harmful self-delusion‚ and submission to religious authority is dangerous.
Note: Items marked with an asterisk (*) are reverse-scored items.