1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’autonomie factuelle (Factual Autonomy Scale, ou FAS) est un instrument psychométrique conçu par les psychologues organisationnels Paul E. Spector et Suzy Fox en 2003. Cette échelle a été spécifiquement développée pour pallier une faille méthodologique majeure récurrente dans les recherches en psychologie du travail et des organisations : la contamination des mesures de l’environnement de travail par la subjectivité de l’évaluateur, couramment exacerbée par le biais de la variance de méthode commune (common method variance) et les traits de personnalité affectifs tels que l’affectivité négative.
Contrairement aux mesures perceptuelles traditionnelles de l’autonomie, à l’image du célèbre Job Diagnostic Survey (JDS) de Hackman et Oldham (1975) qui sollicitent des jugements évaluatifs globaux (ex. « J’ai une grande liberté dans mon travail »), la FAS mesure l’autonomie à travers la fréquence de comportements objectifs, concrets et observables. Composée de 10 items, l’échelle examine deux facettes comportementales du contrôle organisationnel :
- La nécessité de solliciter une autorisation préalable pour des régulations temporelles ou spatiales fondamentales (7 items, portant sur les pauses, les repas, les départs anticipés, les arrivées tardives, les congés, le changement d’horaires et le fait de quitter son poste).
- La fréquence des instructions prescriptives directes reçues de la hiérarchie quant à l’exécution de la tâche (3 items, mesurant la fréquence à laquelle quelqu’un dicte à l’employé ce qu’il doit faire, quand il doit le faire et comment il doit le faire).
Les items 1 à 7 utilisent une échelle de fréquence en 5 points allant de « Jamais » (1) à « Extrêmement souvent ou toujours » (5), tandis que les items 8 à 10 reposent sur une échelle d’occurrence temporelle allant de « Jamais » (1) à « Chaque jour » (5). Un score élevé à l’échelle brute traduit une forte dépendance hiérarchique et des restrictions comportementales fréquentes (faible autonomie), mais les items peuvent être inversés pour constituer un indicateur direct d’autonomie factuelle. Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une consistance interne robuste (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,88 pour l’échelle globale), une structure factorielle stable et une validité discriminante remarquable, réduisant significativement les corrélations artificielles avec les affects négatifs des travailleurs.
2. Mots-clés / Keywords
Autonomie factuelle, Échelle d’autonomie factuelle, FAS, Paul Spector, Suzy Fox, autonomie au travail, psychométrie organisationnelle, variance de méthode commune, contraintes professionnelles, contrôle perçu, conception du travail, santé au travail.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle d’autonomie factuelle a été conçue et validée par :
- Paul E. Spector, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie organisationnelle à l’Université de South Florida (Department of Psychology, Tampa, Floride, États-Unis). Spécialiste mondialement reconnu pour ses travaux sur le stress au travail, les comportements contre-productifs, la satisfaction professionnelle et la méthodologie d’évaluation psychométrique. Courriel institutionnel : [email protected].
- Suzy Fox, Ph.D. : Professeure de gestion et de relations industrielles à la Quinlan School of Business de l’Université Loyola de Chicago (Chicago, Illinois, États-Unis). Ses recherches portent sur le stress au travail, la violence organisationnelle, les comportements de citoyenneté organisationnelle et les interactions affectives en milieu professionnel.
4. Objectif / Purpose
Justification méthodologique et épistémologique
Le développement de la Factual Autonomy Scale (FAS) répond à une crise de mesure documentée de longue date en sciences organisationnelles. Depuis l’introduction du modèle des caractéristiques du travail par Hackman et Oldham dans les années 1970, l’autonomie est considérée comme une ressource psychologique pivot, indispensable à la motivation intrinsèque, à la satisfaction professionnelle et à la prévention de l’épuisement au travail. Toutefois, la quasi-totalité des échelles existantes évaluaient jusqu’alors l’autonomie à l’aide d’énoncés hautement subjectifs et évaluatifs. Par exemple, inviter un travailleur à évaluer si son poste « lui offre une liberté et une indépendance substantielles » oblige ce dernier à filtrer son environnement réel à travers ses attentes personnelles, ses valeurs, son humeur du moment et ses traits de personnalité durables.
Cette subjectivité génère deux distorsions psychométriques critiques :
- La contamination par l’affectivité négative (NA) : Les individus présentant un niveau élevé de névrosisme ou d’affectivité négative ont tendance à percevoir leur travail comme moins stimulant et plus contraignant, indépendamment de la réalité des conditions objectives de travail. Cela crée des corrélations fallacieuses et artificiellement gonflées entre le manque d’autonomie et les indicateurs de détresse psychologique.
- La variance de méthode commune (CMV) : Lorsque les antécédents perçus (les caractéristiques du travail) et les conséquences rapportées (le stress, l’anxiété, la dépression, les comportements contre-productifs) sont tous mesurés par des questionnaires auto-rapportés à forte teneur évaluative, la variance partagée reflète souvent le style de réponse de l’individu plutôt que les liens fonctionnels réels entre l’environnement et le comportement.
L’objectif fondamental de Spector et Fox (2003) a donc été d’élaborer une mesure « factuelle » qui se concentre non pas sur ce que l’employé ressent ou déduit de son statut, mais sur des faits concrets, vérifiables et standardisés : l’obligation comportementale de demander la permission pour des actes élémentaires et la fréquence des consignes directives explicites.
Applications en recherche et en pratique organisationnelle
La FAS trouve des applications majeures dans plusieurs champs disciplinaires :
- Recherche fondamentale en psychologie du travail : Elle permet d’étudier les mécanismes causaux réels liant les structures hiérarchiques rigides aux indicateurs de santé mentale, en isolant la part objective du design organisationnel de la part projective de la personnalité du travailleur.
- Évaluation et audit des risques psychosociaux (RPS) : Dans le cadre d’audits ergonomiques ou organisationnels, la FAS fournit des données concrètes et actionnables. Identifier qu’une équipe doit systématiquement solliciter une permission pour décaler une pause déjeuner ou quitter un poste permet aux consultants et aux services de ressources humaines d’intervenir sur des règles de gestion précises plutôt que sur des concepts abstraits d’« autonomie globale ».
- Conception et refonte des postes (Job Design) : L’outil sert de mesure de référence avant et après la mise en place de programmes de flexibilité au travail (horaires variables, télétravail, management par objectifs), mesurant avec exactitude si les réformes managériales réduisent réellement le micro-management direct et la micro-surveillance.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la FAS est l’autonomie factuelle, définie comme l’absence objective de contraintes comportementales prescrites par l’organisation et l’absence d’interférences directes de la supervision sur la régulation de l’action motrice, spatiale et temporelle au travail. Ce construit se distingue fondamentalement de l’autonomie décisionnelle perçue ou de l’« empowerment » psychologique, qui relèvent du sentiment interne de compétence et d’influence globale.
L’autonomie factuelle se décompose en deux sous-dimensions comportementales interdépendantes :
Dimension 1 : Contraintes spatio-temporelles et sollicitation d’autorisations (Items 1 à 7)
Cette sous-dimension opérationnalise le degré de micro-dépendance imposé au travailleur dans la gestion de ses besoins fondamentaux et de son emploi du temps immédiat. Elle explore à quelle fréquence l’individu doit obtenir l’aval de sa hiérarchie pour :
- Prendre une pause de repos ou une pause repas (Items 1 et 2) : reflète l’emprise organisationnelle sur les rythmes biologiques et la récupération cognitive.
- Quitter prématurément le travail ou arriver en retard (Items 3 et 6) : évalue la flexibilité temporelle face aux imprévus personnels et l’absence de tolérance temporelle rigide.
- Changer ses horaires de travail ou prendre des congés (Items 4 et 7) : mesure la latitude de l’employé sur la planification structurelle de son temps de travail.
- Quitter son bureau ou son poste de travail (Item 5) : capture le niveau de confinement physique et de surveillance spatiale directe (ex. travail à la chaîne, centres d’appels, guichets stricts).
Dimension 2 : Directives opérationnelles et contrôle prescriptif de la tâche (Items 8 à 10)
Cette seconde sous-dimension mesure le degré d’intrusion prescriptive de l’encadrement dans l’exécution quotidienne du travail. Elle examine la fréquence temporelle à laquelle une figure d’autorité dicte des paramètres d’action sans marge de manœuvre :
- Ce qu’il faut faire (Item 8) : assignation autoritaire des tâches sans possibilité d’auto-sélection des priorités.
- Quand il faut le faire (Item 9) : imposition temporelle stricte des échéances et de l’ordre séquentiel des opérations.
- Comment il faut le faire (Item 10) : prescription procédurale directe, interdisant l’innovation méthodologique ou l’adaptation personnelle des modes opératoires.
| Dimension | Nature du contrôle | Items associés | Manifestation comportementale typique |
|---|---|---|---|
| Permissions requises | Régulation spatiale, temporelle et biologique | Items 1 à 7 | Obligation formelle ou informelle d’aviser un supérieur pour s’absenter de son bureau ou décaler une pause. |
| Directives de tâche | Prescription opératoire et micro-management | Items 8 à 10 | Surveillance directe où les objectifs, méthodes et délais sont dictés quotidiennement sans consultation. |
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le modèle des caractéristiques du travail et ses limites
Le socle théorique de la FAS s’ancre dans une révision critique du Job Characteristics Model (JCM) développé par J. Richard Hackman et Greg R. Oldham (1975). Selon ce modèle classique, l’autonomie constitue l’une des cinq caractéristiques fondamentales du poste (aux côtés de la variété des compétences, de l’identité de la tâche, de la signification de la tâche et du feedback). Dans la théorie de Hackman et Oldham, l’autonomie engendre un état psychologique critique : le « sentiment de responsabilité éprouvé à l’égard des résultats du travail » (experienced responsibility for outcomes of the work), qui à son tour maximise la motivation interne, l’efficacité professionnelle et la satisfaction.
Cependant, Spector et Fox (2003) ont mis en lumière que l’instrumentation originelle de Hackman et Oldham (le Job Diagnostic Survey) confond la description objective de l’emploi avec son appréciation affective. Lorsque des items demandent si le poste confère « une liberté considérable », les répondants mécontents de leur salaire, en conflit avec leurs pairs ou naturellement enclins au pessimisme sous-estiment systématiquement leur autonomie réelle. La FAS réintègre ainsi le modèle du JCM dans une perspective descriptive rigoureuse, fidèle à l’ambition originelle de l’analyse ergonomique du travail.
Le modèle Demandes-Contrôle de Karasek
La FAS s’inscrit également dans le prolongement du modèle Demandes-Contrôle (Job Demand-Control) de Robert Karasek (1979). Karasek postule que le stress au travail résulte principalement de la combinaison d’exigences psychologiques élevées et d’une faible latitude décisionnelle (composée de l’utilisation des compétences et de l’autorité décisionnelle). En isolant la composante factuelle de l’autorité décisionnelle, la FAS offre un test bien plus strict de l’hypothèse de tension au travail (strain hypothesis) et de l’hypothèse d’apprentissage actif (active learning hypothesis). Elle permet de déterminer si les contraintes structurelles mesurables suffisent à engendrer la détresse, indépendamment de la propension cognitive du travailleur à se percevoir comme une victime de son environnement.
La théorie de l’autodétermination et les théories du contrôle
Enfin, la FAS s’articule avec la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 2000), qui fait de l’autonomie l’un des trois besoins psychologiques fondamentaux de l’être humain, indispensable à la santé psychique. Dans ce cadre, la nécessité constante de demander des permissions infantilisantes (quitter son poste, manger, aller aux toilettes) constitue une frustration comportementale directe du besoin d’autonomie. Sur le plan des théories cybernétiques du contrôle organisationnel (Greenberger & Strasser, 1986), la FAS capture la perte de contrôle primaire (agir directement sur son environnement physique et temporel immédiat).
7. Validité / Validity
Validité de construit et validité convergente
La validité de l’Échelle d’autonomie factuelle a été démontrée à travers plusieurs investigations empiriques menées auprès d’échantillons diversifiés de salariés aux États-Unis et à l’international (Spector & Fox, 2003). La validité convergente a été établie en corrélant la FAS avec des échelles traditionnelles d’autonomie, notamment la sous-échelle d’autonomie du Job Diagnostic Survey (Hackman & Oldham, 1975) et des mesures d’autorité décisionnelle. Les corrélations observées sont négatives et modérées à fortes (généralement comprises entre r = -0,42 et r = -0,58 lorsque les items de la FAS sont cotés dans le sens des contraintes), confirmant que la FAS mesure bien le domaine théorique de l’autonomie, tout en ne partageant qu’environ 20 à 35 % de variance avec les échelles évaluatives. Cet écart délibéré atteste que la FAS ne duplique pas les mesures perceptuelles, mais en extrait la composante factuelle non contaminée.
Validité discriminante et réduction du biais d’affectivité négative
L’apport le plus décisif de la FAS réside dans sa validité discriminante vis-à-vis des traits affectifs individuels. Dans l’étude princeps de Spector et Fox (2003), les auteurs ont comparé les corrélations entre, d’une part, l’affectivité négative (mesurée par la Positive and Negative Affect Schedule – PANAS) et l’autonomie mesurée par le JDS, et d’autre part, l’affectivité négative et la FAS :
- L’autonomie perçue classique (JDS) présentait une corrélation significative et négative substantielle avec l’affectivité négative (variant typiquement de r = -0,25 à r = -0,38).
- En revanche, les corrélations entre la FAS et l’affectivité négative étaient proches de zéro et statistiquement non significatives (généralement comprises entre r = 0,04 et r = 0,11).
Ce résultat fournit une preuve psychométrique déterminante : la FAS est virtuellement immunisée contre la contamination par le névrosisme du participant, ce qui permet aux chercheurs de mesurer l’impact objectif de l’organisation sans artefact de personnalité.
Validité prédictive et critères organisationnels
La FAS prédit fidèlement des variables clés de la santé au travail et du comportement organisationnel :
- Comportements contre-productifs au travail (CWB) : Une faible autonomie factuelle (fréquence élevée de contraintes et de directives) est positivement corrélée avec les comportements d’agression passive, de retrait et de sabotage, soutenant la théorie selon laquelle les restrictions comportementales arbitraires génèrent de la frustration et des représailles.
- Épuisement émotionnel et symptômes physiques : La FAS démontre des corrélations prédictives significatives avec les symptômes somatiques de stress (céphalées, troubles gastro-intestinaux, insomnies), prouvant que le micro-management objectif exerce un coût physiologique mesurable sur les salariés.
8. Fidélité / Reliability
Consistance interne
La fidélité de l’Échelle d’autonomie factuelle a été abondamment documentée dans l’étude fondatrice de Spector et Fox (2003) ainsi que dans des réplications ultérieures. La consistance interne est mesurée au moyen du coefficient alpha de Cronbach :
- Échelle globale (10 items) : L’alpha de Cronbach se situe de manière constante entre 0,82 et 0,88, ce qui dépasse largement le seuil standard de 0,70 recommandé par Nunnally pour la recherche fondamentale et approche les exigences de 0,90 requises pour l’évaluation diagnostique individuelle.
- Sous-échelle des permissions (Items 1 à 7) : Présente des indices d’homogénéité particulièrement élevés, oscillant entre 0,83 et 0,87, confirmant que les comportements de demande de permission forment un ensemble de pratiques fortement cohérent.
- Sous-échelle des directives (Items 8 à 10) : Malgré sa brièveté (3 items), cette sous-dimension affiche un coefficient alpha variant entre 0,78 et 0,84, témoignant d’une forte covariance entre les directives relatives au contenu, au calendrier et à la méthode.
Stabilité temporelle et cohérence inter-juges
Les études de stabilité test-retest à intervalle de plusieurs semaines démontrent des coefficients de corrélation intraclasse élevés (généralement r > 0,75), ce qui est cohérent avec la relative stabilité des politiques d’encadrement au sein d’une organisation donnée. De plus, la nature factuelle des énoncés favorise un accord inter-juges (inter-rater agreement) supérieur à celui observé sur les échelles perceptuelles : lorsque deux employés occupant le même poste sous le même supérieur hiérarchique complètent la FAS, leurs scores présentent une convergence bien plus élevée que lorsqu’ils évaluent leur liberté sur une échelle subjective de type JDS.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors de la phase de conception initiale menée par Spector et Fox (2003), des analyses factorielles exploratoires en composantes principales suivies de rotations obliques (de type Promax ou Oblimin direct, en raison de la corrélation théorique attendue entre les dimensions du contrôle managérial) ont été conduites. L’examen du diagramme d’éboulis (scree plot) et le critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) ont invariablement mis en évidence une solution robuste à deux facteurs principaux :
- Facteur 1 : Contraintes spatio-temporelles / Demande de permissions (Items 1 à 7). Ce facteur explique la plus grande part de variance (souvent plus de 40 % de la variance totale). Les saturations factorielles (factor loadings) pour ces items sont substantielles, s’échelonnant typiquement de 0,62 à 0,86 sans saturation croisée majeure sur l’autre facteur.
- Facteur 2 : Directives opérationnelles / Prescription du travail (Items 8 à 10). Ce second facteur rend compte d’environ 15 à 20 % de variance additionnelle. Les trois items (quoi faire, quand le faire, comment le faire) saturent très fortement sur cette dimension, avec des coefficients de saturation compris entre 0,72 et 0,88.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Des analyses factorielles confirmatoires menées sur des échantillons indépendants ont comparé la structure bidimensionnelle à une structure unifactorielle où l’ensemble des 10 items chargerait sur un unique facteur général d’autonomie. Les indices d’adéquation statistiques démontrent la supériorité nette du modèle à deux facteurs corrélés :
- Modèle unifactoriel : Présente un ajustement insuffisant (ex. RMSEA > 0,11 ; CFI < 0,85), indiquant que les directives directes et la demande de permissions constituent deux mécanismes organisationnels distincts.
- Modèle à deux facteurs corrélés : Démontre une excellente adéquation aux données empiriques, satisfaisant aux standards stricts de Hu et Bentler (1999) : indice de comparaison de Bentler (CFI) > 0,95, indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,94, erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06, et résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) < 0,05.
La corrélation inter-facteurs entre les deux dimensions est généralement positive et modérée (environ r = 0,35 à 0,45), justifiant à la fois la possibilité de calculer un score global d’autonomie factuelle (après inversion) et l’intérêt d’examiner chaque sous-dimension séparément selon les besoins de l’investigation.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Échelle d’autonomie factuelle (FAS) est un questionnaire auto-rapporté composé de 10 items rédigés sous forme d’occurrences comportementales claires.
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique quantitatif à passation individuelle (papier-crayon ou informatique).
- Durée de passation : Environ 2 à 3 minutes.
- Structure de l’instrument : 10 items divisés en deux sections d’ancrage comportemental :
- Section A (Items 1 à 7) : Fréquence de la nécessité de demander une permission préalable.
- Section B (Items 8 à 10) : Fréquence temporelle de réception d’instructions prescriptives directes.
- Formats des échelles de réponse :
- Items 1 à 7 : Échelle de fréquence en 5 points :
1 = Never (Jamais)
2 = Rarely (Rarement)
3 = Sometimes (Parfois)
4 = Quite often (Assez souvent)
5 = Extremely often or always (Extrêmement souvent ou toujours) - Items 8 à 10 : Échelle d’occurrence temporelle en 5 points :
1 = Never (Jamais)
2 = Once or twice (Une ou deux fois)
3 = Once or twice per month (Une ou deux fois par mois)
4 = Once or twice per week (Une ou deux fois par semaine)
5 = Every day (Chaque jour) - Règles de cotation et de calcul des scores :
- Score de contraintes / micro-surveillance (cotation brute) : Par défaut, tous les items sont cotés de 1 à 5. Un score élevé reflète une fréquence élevée d’interdictions, de permissions obligatoires et de directives reçues, traduisant un environnement professionnel très restrictif (faible autonomie objective). On calcule la moyenne des 10 items (de 1 à 5) ou la somme globale (de 10 à 50).
- Score d’autonomie factuelle (cotation inversée) : Pour que les scores élevés reflètent un degré supérieur d’autonomie, les 10 items doivent être inversés selon la règle suivante avant le calcul de la moyenne ou du total :
1 devient 5
2 devient 4
3 devient 3
4 devient 2
5 devient 1
La moyenne résultante s’étend de 1,00 (autonomie nulle, surveillance maximale) à 5,00 (autonomie factuelle totale). - Scores de sous-échelles : Il est également recommandé de calculer la moyenne spécifique de la sous-dimension « Permissions » (moyenne des items 1 à 7) et de la sous-dimension « Directives » (moyenne des items 8 à 10).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2003 (dans le Journal of Organizational Behavior).
- Titularité des droits d’auteur : Paul E. Spector et Suzy Fox (2003). L’instrument est documenté sur le portail académique officiel du Dr Paul Spector (paulspector.com).
- Tarification et conditions d’utilisation : L’Échelle d’autonomie factuelle est mise à disposition gratuitement pour la recherche académique, l’enseignement et les projets d’études non commerciaux. L’autorisation d’utilisation gratuite est octroyée sous réserve que l’échelle ne fasse l’objet d’aucune commercialisation directe et que la publication de recherche source originale (Spector & Fox, 2003) soit rigoureusement citée dans tout travail ou rapport en découlant.
- Utilisation commerciale et consulting : Les praticiens, cabinets de conseil en ressources humaines ou entreprises souhaitant intégrer la FAS dans une plateforme payante ou un système d’évaluation commercialisé doivent obtenir l’accord formel préalable de l’auteur principal.
12. Références / References
Les publications fondatrices et études psychométriques relatives à l’élaboration et à l’application de la FAS sont répertoriées ci-dessous au format APA 7e édition :
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- Greenberger, D. B., & Strasser, S. (1986). The development and application of a model of personal control in organizations. Academy of Management Review, 11(1), 164-177. https://doi.org/10.5465/amr.1986.4282650
- Hackman, J. R., & Oldham, G. R. (1975). Development of the Job Diagnostic Survey. Journal of Applied Psychology, 60(2), 159-170. https://doi.org/10.1037/h0076546
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1-55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Karasek, R. A. (1979). Job demands, job decision latitude, and mental strain: Implications for job redesign. Administrative Science Quarterly, 24(2), 285-308. https://doi.org/10.2307/2392498
- Spector, P. E. (1992). A consideration of the validity and meaning of self-report measures of job conditions. In C. L. Cooper & I. T. Robertson (Eds.), International Review of Industrial and Organizational Psychology (Vol. 7, pp. 123-151). John Wiley & Sons.
- Spector, P. E., & Fox, S. (2003). Reducing subjectivity in the assessment of the job environment: Development of the factual autonomy scale, FAS. Journal of Organizational Behavior, 24(4), 417-432. https://doi.org/10.1002/job.202
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale for Items 1–7:
1 = Never, 2 = Rarely, 3 = Sometimes, 4 = Quite often, 5 = Extremely often or always
Response Scale for Items 8–10:
1 = Never, 2 = Once or twice, 3 = Once or twice per month, 4 = Once or twice per week, 5 = Every day
- In your present job, how often do you have to ask permission to take a rest break?
- In your present job, how often do you have to ask permission to take a lunch/meal break?
- In your present job, how often do you have to ask permission to leave early for the day?
- In your present job, how often do you have to ask permission to change the hours you work?
- In your present job, how often do you have to ask permission to leave your office or work station?
- In your present job, how often do you have to ask permission to come late to work?
- In your present job, how often do you have to ask permission to take time off?
- How often does someone tell you what you are to do?
- How often does someone tell you when you are to do something?
- How often does someone tell you how you are to do something?