1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte (communément désignée sous l’acronyme Adult ADHD Self-Report Scale ou ASRS v1.1) constitue l’un des instruments psychométriques de dépistage les plus rigoureusement validés et largement diffusés à l’échelle internationale pour évaluer la symptomatologie du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité chez les individus âgés de dix-huit ans et plus. Développée sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au sein du consortium de l’enquête mondiale sur la santé mentale (World Mental Health Survey Initiative), cette échelle a été spécifiquement conçue pour transposer les dix-huit critères diagnostiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) aux réalités contextuelles, professionnelles et relationnelles de la vie adulte.
Le questionnaire complet comprend dix-huit items auto-rapportés répartis en deux sous-échelles conceptuelles majeures : l’inattention (neuf items) et l’hyperactivité-impulsivité (neuf items). Les participants évaluent la fréquence de leurs manifestations symptomatiques au cours des six derniers mois selon une échelle ordinale de fréquence de type Likert en cinq points, allant de « Jamais » (Never) à « Très souvent » (Very Often). L’instrument se subdivise fonctionnellement en une version abrégée de dépistage de six items (Partie A), sélectionnée par régression logistique stepwise pour optimiser les indices d’utilité clinique, et une seconde section de douze items (Partie B) destinée à explorer l’éventail complet des symptômes résiduels et à graduer la sévérité clinique.
Sur le plan métrologique, l’ASRS v1.1 présente des propriétés psychométriques robustes établies dans une multitude d’échantillons cliniques et en population générale à travers le monde. Les études rapportent une cohérence interne élevée, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,88 et 0,93 pour l’échelle globale. Les indices de validité concourante et discriminante démontrent une capacité remarquable de l’instrument à discriminer les adultes atteints de TDAH de ceux présentant d’autres comorbidités psychiatriques, notamment les troubles dépressifs majeurs, les troubles bipolaires et les troubles anxieux généralisés. La sensibilité de la version de dépistage (Partie A) dépasse fréquemment 68 % à 88 % avec une spécificité supérieure à 90 %, garantissant un rapport coût-efficacité optimal pour les contextes de soins primaires et la recherche épidémiologique.
2. Mots-clés / Keywords
TDAH adulte, ASRS v1.1, psychométrie, dépistage clinique, inattention, hyperactivité, impulsivité, validité diagnostique, Organisation Mondiale de la Santé, fonctions exécutives, évaluation auto-rapportée, fidélité test-retest, analyse factorielle.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte (ASRS v1.1) a été élaborée conjointement par le groupe de travail sur le TDAH adulte de l’Organisation Mondiale de la Santé, réunissant d’éminents psychiatres, épidémiologistes et statisticiens :
- Ronald C. Kessler, Ph.D. : Professeur de politique de santé, Département de politique des soins de santé (Department of Health Care Policy), École de médecine de Harvard (Harvard Medical School), Boston, Massachusetts, États-Unis. Courriel : [email protected].
- Lenard A. Adler, M.D. : Professeur de psychiatrie et de pédopsychiatrie, Directeur du programme de psychiatrie de l’adulte TDAH, École de médecine de l’Université de New York (NYU Grossman School of Medicine), New York, États-Unis.
- Thomas J. Spencer, M.D. : Directeur adjoint de la recherche en pédiatrie et psychiatrie, Massachusetts General Hospital, Professeur agrégé de psychiatrie, Harvard Medical School, Boston, Massachusetts, États-Unis.
- Joseph Biederman, M.D. : Chef du service de psychopharmacologie clinique pédiatrique et du programme TDAH adulte, Massachusetts General Hospital, Professeur de psychiatrie, Harvard Medical School, Boston, Massachusetts, États-Unis.
- David W. Goodman, M.D. : Directeur du Adult Attention Deficit Disorder Center of Maryland, Professeur adjoint de psychiatrie et de sciences comportementales, École de médecine de l’Université Johns Hopkins, Baltimore, Maryland, États-Unis.
- Stephen V. Faraone, Ph.D. : Professeur émérite et vice-président de la recherche en psychiatrie, SUNY Upstate Medical University, Syracuse, New York, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier de l’ASRS v1.1 est de pallier une lacune historique majeure dans le domaine de la santé mentale : la sous-reconnaissance et le sous-diagnostic systématiques du TDAH chez l’adulte. Pendant des décennies, le TDAH a été considéré à tort comme une pathologie neurodéveloppementale pédiatrique circonscrite, destinée à s’éteindre spontanément au moment de la puberté ou de l’entrée dans l’âge adulte. Les données longitudinales accumulées depuis la fin des années 1990 ont néanmoins formellement démontré qu’environ 50 % à 65 % des enfants diagnostiqués continuent de présenter des symptômes fonctionnellement invalidants à l’âge adulte, touchant approximativement 2,5 % à 4,4 % de la population adulte mondiale.
Cependant, la manifestation sémiologique du TDAH subit une métamorphose développementale substantielle entre l’enfance et l’âge adulte. L’hyperactivité motrice florissante et observable (courir, grimper partout, incapacité physique à rester assis) s’atténue pour faire place à une agitation intérieure diffuse, une nervosité subjective, une incapacité à relaxer et une intolérance marquée à l’inaction. Parallèlement, les déficits d’inattention et de régulation exécutive prennent une importance clinique considérable, interférant directement avec les exigences professionnelles complexes, la gestion financière, la planification domestique et les relations interpersonnelles. L’ASRS v1.1 a ainsi été spécifiquement conçue pour contextualiser les critères stricts du DSM au quotidien de l’adulte.
Sur le plan opérationnel et clinique, l’instrument remplit une triple vocation :
- Le dépistage systématique en première ligne : En médecine générale et dans les cliniques externes de santé mentale, le praticien dispose rarement du temps nécessaire pour administrer un entretien diagnostique structuré de plusieurs heures. La Partie A de l’ASRS v1.1, composée de seulement six items prédictifs hautement sensibles, permet d’identifier en moins de cinq minutes les individus à haut risque nécessitant une investigation neuropsychiatrique approfondie.
- La cartographie dimensionnelle des symptômes : L’administration de l’ensemble des dix-huit items (Parties A et B) offre un profil clinique complet des dix-huit dimensions diagnostiques, permettant de caractériser la présentation prédominante (inattentive, hyperactive/impulsive ou combinée).
- Le suivi thérapeutique et longitudinal : En raison de son format auto-rapporté sensible au changement, l’ASRS est couramment utilisée pour mesurer la réponse aux interventions pharmacologiques (comme le méthylphénidate, la lisdexamfétamine ou l’atomoxétine) et aux thérapies cognitivo-comportementales adaptées au TDAH adulte.
5. Construit psychologique / Construct
L’ASRS v1.1 capture le construit multidimensionnel du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité selon une perspective syndromique et exécutive. Ce construit repose sur l’opérationnalisation de deux grands domaines sémiologiques interdépendants mais distincts :
5.1. Le domaine de l’inattention et du dysfonctionnement exécutif
Le sous-construit de l’inattention dans l’ASRS v1.1 ne se limite pas à une simple distractibilité passive ; il englobe l’ensemble des perturbations des fonctions exécutives nécessaires à l’action orientée vers un but. Il inclut spécifiquement :
- L’initiation et l’inhibition de la procrastination : La difficulté extrême à amorcer des tâches exigeant un effort mental soutenu, particulièrement lorsque celles-ci manquent de renforcement immédiat ou de nouveauté stimulante (item 4).
- La finalisation et la persévérance orientée : L’incapacité à achever les phases finales et les détails d’un projet une fois que la phase conceptuellement stimulante est terminée, conduisant à une accumulation de projets inachevés (item 1).
- L’organisation séquentielle et la gestion du temps : La difficulté à structurer chronologiquement les étapes de travail, à prioriser les urgences et à estimer adéquatement les durées nécessaires (item 2).
- La mémoire de travail opérationnelle : Les oublis fréquents des engagements, des rendez-vous et des obligations quotidiennes (item 3), ainsi que la perte ou l’égarement récurrent d’objets essentiels à l’activité (item 10).
- L’attention sélective et soutenue : La susceptibilité majeure aux interférences externes (bruit ambiant, mouvement visuel) et internes, ainsi que l’incapacité à maintenir son attention lors de communications verbales directes ou de tâches monotones (items 8, 9 et 11).
5.2. Le domaine de l’hyperactivité et de l’impulsivité
Ce second domaine reflète l’altération des mécanismes d’inhibition comportementale et cognitive. Chez l’adulte, ces manifestations se traduisent par :
- La motricité résiduelle et l’agitation distale : L’agitation des extrémités corporelles, comme tripoter des objets, taper du pied ou gigoter sur sa chaise lors d’efforts prolongés d’immobilité (items 5 et 13).
- La tension motrice motrice interne (sentiment d’être « poussé par un moteur ») : Une sensation subjective de pression interne constante poussant à l’activité continue, accompagnée d’une incapacité marquée à apprécier les périodes de repos ou de loisir sans ressentir d’inconfort (items 6 et 14).
- L’impulsivité verbale et conversationnelle : La difficulté à inhiber le débit verbal en contexte social, la logorrhée (item 15), et l’incapacité à attendre que son interlocuteur termine son propos, se traduisant par la coupure systématique de parole ou le parachèvement des phrases d’autrui (item 16).
- L’impatience temporelle et l’intrusion relationnelle : L’intolérance viscérale aux situations d’attente (files d’attente, embouteillages, tours de parole) et la propension à interrompre autrui dans ses activités ou conversations (items 17 et 18).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre conceptuel qui sous-tend l’élaboration de l’ASRS v1.1 s’ancre à l’intersection de la nosographie psychiatrique descriptive et des modèles neuropsychologiques contemporains de la régulation comportementale. Deux piliers théoriques majeurs soutiennent l’instrument :
6.1. La nosographie critériologique du DSM-IV
Sur le plan formel, la structure de l’ASRS v1.1 dérive strictement de la classification nosologique établie par l’American Psychiatric Association dans le DSM-IV (1994, 2000). Le postulat fondateur de l’équipe de Ronald Kessler et de l’OMS était que les dix-huit critères validés chez l’enfant conservent une validité transcendantale à travers le cycle de vie, à la condition expresse de reformuler les énoncés comportementaux infantiles (ex. « court ou grimpe partout ») en équivalents fonctionnels adultes (ex. « sensation d’être poussé par un moteur », « quitte sa place lors de réunions »). L’ASRS opérationnalise ainsi la symétrie nosologique requise pour valider la persistance du trouble selon les exigences diagnostiques formelles.
6.2. Le modèle unifié de l’inhibition comportementale de Barkley
Sur le plan neuropsychologique, l’échelle trouve sa justification théorique la plus profonde dans le modèle développé par Russell A. Barkley (1997, 1998). Selon ce modèle, le déficit primaire du TDAH n’est pas un problème de perception ou d’incapacité attentionnelle pure, mais un trouble fondamental de l’inhibition comportementale. Cette défaillance inhibitrice primitive compromet l’efficacité de quatre fonctions neuropsychologiques exécutives secondaires :
- La mémoire de travail non-verbale (rétention des événements passés pour guider l’action future).
- La mémoire de travail verbale ou intériorisation du langage (l’auto-guidage verbal et la réflexion métacognitive).
- L’autorégulation de l’affect, de la motivation et de l’éveil (la capacité à générer une motivation intrinsèque indépendamment des contingences extérieures immédiates).
- La reconstitution (l’analyse et la synthèse du comportement pour formuler des plans stratégiques novateurs).
À travers ce prisme, les items de l’ASRS v1.1 mesurent précisément les manifestations concrètes de l’échec de ce système de contrôle inhibiteur préfrontal. L’incapacité à freiner les réponses impulsives et la difficulté à maintenir un objectif en mémoire de travail expliquent l’inorganisation, la procrastination et la distractibilité documentées dans les items de l’échelle.
7. Validité / Validity
L’ASRS v1.1 a fait l’objet de validations empiriques exhaustives comparant ses scores auto-rapportés aux diagnostics cliniques posés au moyen d’entretiens structurés rigoureux, tels que le Composite International Diagnostic Interview (CIDI) de l’OMS et le Conners’ Adult ADHD Diagnostic Interview for DSM-IV (CAADID).
7.1. Sensibilité, spécificité et courbe ROC
Dans l’étude princeps de validation épidémiologique conduite par Kessler et ses collaborateurs (2005), la version de dépistage en 6 items (Partie A) a démontré une performance diagnostique exceptionnelle :
- Sensibilité : 68,7 % (avec des seuils stricts) pouvant atteindre plus de 88 % selon les seuils dimensionnels utilisés en clinique.
- Spécificité : Élevée, s’établissant à 99,5 % dans les échantillons non cliniques et supérieure à 84 % dans les populations psychiatriques comorbides.
- Aire sous la courbe (AUC) : Les analyses de la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) révèlent des valeurs d’AUC oscillant systématiquement entre 0,85 et 0,94, témoignant d’une précision globale d’exactitude diagnostique excellente.
7.2. Validité convergente et concourante
La validité convergente de l’ASRS v1.1 a été démontrée par des corrélations fortes et statistiquement significatives avec d’autres échelles standardisées renommées évaluant le TDAH adulte :
- Corrélations positives élevées ($r = 0,72$ à $0,84$, $p < 0,001$) avec la Conners’ Adult ADHD Rating Scales (CAARS).
- Convergence robuste avec l’échelle de Wender Utah (Wender Utah Rating Scale – WURS), évaluant les manifestations rétrospectives de l’enfance ($r = 0,60$ à $0,71$).
- Association significative avec les mesures de sévérité du handicap fonctionnel, notamment l’échelle d’évaluation globale du fonctionnement (GAF) et la Sheehan Disability Scale (SDS).
7.3. Validité discriminante
L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer le TDAH des symptômes d’anxiété et de dépression non liés. Bien que l’inattention puisse être présente dans les épisodes dépressifs majeurs, les analyses factorielles et les régressions multiples confirment que les items de désorganisation séquentielle et d’impulsivité motrice de l’ASRS restent spécifiquement rattachés au TDAH après contrôle des scores de la Beck Depression Inventory (BDI) et de la Hamilton Anxiety Rating Scale (HAM-A).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’ASRS v1.1 a été solidement documentée dans de multiples cohortes internationales, démontrant une stabilité temporelle et une homogénéité des items remarquables.
8.1. Cohérence interne
Les estimations de la consistance interne indiquent que les items de l’échelle mesurent de manière homogène le même construit :
- Échelle totale (18 items) : Le coefficient alpha de Cronbach varie typiquement de $\alpha = 0,88$ à $\alpha = 0,94$ selon les études (par exemple, Adler et al., 2006 ; Kessler et al., 2005).
- Sous-échelle Inattention (9 items) : $\alpha$ compris entre 0,83 et 0,89.
- Sous-échelle Hyperactivité-Impulsivité (9 items) : $\alpha$ compris entre 0,78 et 0,86.
- Partie A de dépistage (6 items) : Le coefficient de fidélité se maintient généralement entre 0,74 et 0,82, ce qui est remarquable pour une échelle aussi courte.
8.2. Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’individus évalués à des intervalles allant de deux semaines à plusieurs mois sans intervention pharmacologique. Les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les corrélations de Pearson test-retest se situent entre $r = 0,79$ et $r = 0,89$, indiquant que l’instrument capte des traits psychopathologiques stables et durables dans le temps plutôt que de simples fluctuations thymiques passagères.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’ASRS v1.1 a fait l’objet de nombreuses investigations par analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC).
9.1. Modèle à deux facteurs corrélés
L’hypothèse théorique sous-jacente reposant sur le DSM-IV postule un modèle à deux dimensions : Inattention (items 1, 2, 3, 4, 7, 8, 9, 10, 11) et Hyperactivité-Impulsivité (items 5, 6, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18). L’application d’analyses factorielles confirmatoires a largement validé cette organisation bidimensionnelle, avec des indices d’adéquation statistiques satisfaisants :
- Comparative Fit Index (CFI) > 0,92.
- Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,91.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) compris entre 0,045 et 0,062.
Les saturations factorielles (factor loadings) des items sur leurs facteurs respectifs sont solides, dépassant quasi systématiquement le seuil de 0,55, plusieurs items d’inattention (comme les items 1, 2 et 8) affichant des saturations supérieures à 0,75.
9.2. Modèles bifactoriels contemporains
Des travaux psychométriques récents utilisant la modélisation en équations structurelles ont exploré un modèle bifactoriel, comprenant un facteur général de TDAH (capturant la sévérité globale du dysfonctionnement attentionnel et inhibiteur) et deux facteurs spécifiques résiduels (l’inattention et l’hyperactivité/impulsivité). Les résultats indiquent que le facteur général explique la majeure partie de la variance commune des scores, justifiant pleinement l’utilisation clinique d’un score total global pour le dépistage, tout en conservant les sous-scores dimensionnels pour la planification thérapeutique ciblée.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’ASRS v1.1 est un questionnaire d’auto-évaluation conçu pour être complété de manière autonome ou en contexte d’entretien clinique.
- Type de test : Échelle d’auto-évaluation psychométrique (auto-questionnaire standardisé de dépistage et d’évaluation dimensionnelle).
- Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou version informatisée en ligne.
- Nombre total d’items : 18 items répartis en deux sous-ensembles :
- Partie A : 6 items sélectionnés statistiquement comme les prédicteurs les plus puissants du TDAH (items 1 à 6).
- Partie B : 12 items complémentaires destinés à approfondir le tableau clinique et à mesurer la sévérité globale (items 7 à 18).
- Cadre temporel de référence : Les 6 derniers mois écoulés.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence en 5 points :
- Never (Jamais)
- Rarely (Rarement)
- Sometimes (Parfois)
- Often (Souvent)
- Very Often (Très souvent)
- Modalités de cotation et d’interprétation : Deux modes de cotation complémentaires existent :
- Cotation dichotomique de dépistage (Partie A) : Sur la feuille d’auto-évaluation standardisée, certaines cases sont grisées. Pour les items 1 à 3, une réponse « Parfois », « Souvent » ou « Très souvent » tombe dans la zone positive (grisée). Pour les items 4 à 6, seules les réponses « Souvent » ou « Très souvent » sont considérées comme positives. Si le patient obtient 4 réponses positives ou plus sur les 6 items de la Partie A, le test de dépistage est considéré comme hautement positif, indiquant une forte probabilité de TDAH justifiant une évaluation clinique complète.
- Cotation continue/sommative : Chaque item reçoit une valeur de 0 (Never), 1 (Rarely), 2 (Sometimes), 3 (Often) à 4 (Very Often). Le score total de l’ASRS à 18 items varie de 0 à 72 points. Cette approche quantitative est particulièrement privilégiée dans les protocoles de recherche et pour le monitoring de l’efficacité thérapeutique au cours des essais cliniques.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2003 (première formalisation par l’Organisation Mondiale de la Santé) ; validation psychométrique princeps publiée en 2005.
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Tous droits réservés. L’échelle est dérivée du Composite International Diagnostic Interview (CIDI) © 2001 Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
- Tarification : L’ASRS v1.1 est un instrument du domaine public à visée clinique et de recherche non commerciale. Elle est entièrement gratuite d’accès et d’utilisation pour les praticiens, cliniciens, chercheurs et patients.
- Permissions et traductions : Les demandes d’autorisation formelle pour la reproduction, la numérisation commerciale ou la traduction dans de nouvelles langues doivent être adressées au coordonnateur de l’instrument : Professeur Ronald C. Kessler, Ph.D., Department of Health Care Policy, Harvard Medical School (Télécopieur : +011 617-432-3588 ; Courriel : [email protected]).
- Accès officiel : L’instrument et ses différentes versions linguistiques officielles validées par l’OMS sont hébergés par la Harvard Medical School à l’adresse officielle : http://www.hcp.med.harvard.edu/ncs/asrs.php.
12. Références / References
Les publications académiques de référence relatives à la conception, à la modélisation et à la validation internationale de l’ASRS v1.1 sont les suivantes :
- Adler, L. A., Spencer, T., Faraone, S. V., Kessler, R. C., Howes, M. J., Biederman, J., & Secnik, K. (2006). Validity of pilot Adult ADHD Self- Report Scale (ASRS) to Rate Adult ADHD symptoms. Annals of Clinical Psychiatry, 18(3), 145–148. https://doi.org/10.1080/10401230600801077
- American Psychiatric Association. (2000). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (4e éd., texte révisé ; DSM-IV-TR). American Psychiatric Association. https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890423349
- Barkley, R. A. (1997). Behavioral inhibition, sustained attention, and executive functions: Constructing a unifying theory of ADHD. Psychological Bulletin, 121(1), 65–94. https://doi.org/10.1037/0033-2909.121.1.65
- Barkley, R. A. (1998). Attention-deficit hyperactivity disorder: A handbook for diagnosis and treatment (2e éd.). Guilford Press.
- Biederman, J., Faraone, S. V., Spencer, T., Wilens, T., Norman, D., Lapey, K. A., Mick, E., Lehman, B. K., & Doyle, A. (1993). Patterns of psychiatric comorbidity, cognition, and psychosocial functioning in adults with attention deficit hyperactivity disorder. American Journal of Psychiatry, 150(12), 1792–1798. https://doi.org/10.1176/ajp.150.12.1792
- Kessler, R. C., Adler, L., Ames, M., Demler, O., Faraone, S., Hiripi, E., Howes, M. J., Jin, R., Secnik, K., Spencer, T., Ustun, T. B., & Walters, E. E. (2005). The World Health Organization Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS): A short screening scale for use in the general population. Psychological Medicine, 35(2), 245–256. https://doi.org/10.1017/s0033291704002892
- Kessler, R. C., Adler, L. A., Gruber, M. J., Sarawate, C. A., Spencer, T., & Van Brunt, D. L. (2007). Validity of the World Health Organization Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS) Screener in a representative sample of health plan members. International Journal of Methods in Psychiatric Research, 16(2), 52–65. https://doi.org/10.1002/mpr.208
- Schweitzer, J. B., Cummins, T. K., & Kant, C. A. (2001). Attention-deficit/hyperactivity disorder in adults. Medical Clinics of North America, 85(3), 757–777. https://doi.org/10.1016/s0025-7125(05)70339-4
- World Health Organization. (2003). Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS-v1.1). World Health Organization.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: Never, Rarely, Sometimes, Often, Very Often
Part A
- How often do you have trouble wrapping up the final details of a project‚ once the challenging parts have been done?
- How often do you have difficulty getting things in order when you have to do a task that requires organization?
- How often do you have problems remembering appointments or obligations?
- When you have a task that requires a lot of thought‚ how often do you avoid or delay getting started?
- How often do you fidget or squirm with your hands or feet when you have to sit down for a long time?
- How often do you feel overly active and compelled to do things‚ like you were driven by a motor?
Part B
- How often do you make careless mistakes when you have to work on a boring or difficult project?
- How often do you have difficulty keeping your attention when you are doing boring or repetitive work?
- How often do you have difficulty concentrating on what people say to you‚ even when they are speaking to you directly?
- How often do you misplace or have difficulty finding things at home or at work?
- How often are you distracted by activity or noise around you?
- How often do you leave your seat in meetings or other situations in which you are expected to remain seated?
- How often do you feel restless or fidgety?
- How often do you have difficulty unwinding and relaxing when you have time to yourself?
- How often do you find yourself talking too much when you are in social situations?
- When you’re in a conversation‚ how often do you find yourself finishing the sentences of the people you are talking to‚ before they can finish them themselves?
- How often do you have difficulty waiting your turn in situations when turn taking is required?
- How often do you interrupt others when they are busy?