1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’attitudes envers les questions sociales (Attitudes Towards Social Issues scale, ATSI), développée initialement par David Anthony Ellerman en 1996 et reprise dans les travaux doctoraux de Fiona Swee-Lin Price (2000) à l’Université de Melbourne, constitue un instrument psychométrique conçu pour évaluer l’ethnocentrisme, les préjugés raciaux, les attitudes envers les minorités ethniques et autochtones, ainsi que l’adhésion aux politiques d’ouverture socioculturelle et de multiculturalisme dans le contexte australien contemporain. Composé de 40 items administrés via une échelle de réponse de type Likert en 7 points allant de 1 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree) à 7 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree), le questionnaire explore des thématiques sociopolitiques saillantes : les droits fonciers et la réconciliation avec les peuples aborigènes (notamment à la suite de la jurisprudence historique Mabo), l’immigration asiatique, les relations interethniques, les mariages mixtes, les préjugés envers les minorités sexuelles (homosexuels et lesbiennes), les personnes vivant avec des troubles psychiques et l’héritage historique de la politique de l’Australie blanche (White Australia policy).
Sur le plan psychométrique, l’ATSI démontre une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,90 et 0,94 pour l’échelle globale. Les analyses factorielles révèlent une structure multidimensionnelle dominée par un facteur de second ordre représentant l’orientation ethnocentrique globale, sous-tendu par des composantes primaires distinctes : les attitudes envers les Aborigènes d’Australie, les attitudes envers l’immigration et les minorités asiatiques, le rejet du pluralisme et de l’assimilationnisme, ainsi que la tolérance socioculturelle générale. Cet instrument s’est avéré particulièrement robuste pour examiner l’impact du contact interculturel, des styles épistémologiques et de l’autoritarisme sur la formation des attitudes sociales.
2. Mots-clés / Keywords
Ethnocentrisme, attitudes sociales, préjugés raciaux, Aborigènes d’Australie, multiculturalisme, immigration, relations intergroupes, psychométrie, échelle de Likert, psychologie sociale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue par :
- A. David Ellerman, Ph.D., chercheur et universitaire en psychologie sociale et sciences comportementales, Université de Melbourne / Queensland University of Technology, Australie. Ses travaux ont porté sur l’évaluation des attitudes intergroupes, l’ethnocentrisme et les dynamiques identitaires nationales.
- Fiona Swee-Lin Price, Ph.D., chercheuse en psychologie interculturelle au Département de psychologie de l’Université de Melbourne, Australie. Elle a mobilisé, validé et analysé les propriétés psychométriques approfondies de l’ATSI dans le cadre de sa thèse doctorale intitulée Intercultural contact, ethnocentrism and the mediating role of epistemology (2000).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Attitudes Towards Social Issues scale (ATSI) est de mesurer quantitativement la disposition ethnocentrique et le degré de préjugé socioculturel manifesté par des individus au sein d’une société pluraliste soumise à d’importantes mutations démographiques et législatives. Conçue au milieu des années 1990 dans le contexte sociopolitique australien, l’ATSI a été élaborée en réponse à l’émergence de débats nationaux polarisés touchant à la souveraineté autochtone, à l’accord sur les titres fonciers coutumiers consécutif à l’arrêt Mabo (1992), à l’intensification des flux migratoires en provenance de l’Asie de l’Est et du Sud-Est, et aux controverses entourant le bien-fondé du multiculturalisme institutionnel.
Sur le plan théorique et empirique, les échelles classiques d’ethnocentrisme (comme celles issues des travaux d’Adorno et al. sur la personnalité autoritaire) reposaient sur des formulations anachroniques ou spécifiques aux clivages raciaux nord-américains ou européens d’après-guerre. Ellerman (1996) a identifié le besoin pressant d’un instrument psychométrique contextualisé, capable de capter non seulement les formes ouvertes (flagrantes) de discrimination raciale, mais aussi les attitudes subtiles ou symboliques exprimées à l’encontre de groupes cibles spécifiques de l’Océanie et de la zone Pacifique.
En recherche fondamentale en psychologie sociale et cognitive, l’ATSI permet d’opérationnaliser l’ethnocentrisme comme variable dépendante ou indépendante dans des protocoles étudiant les effets du contact intergroupe, les biais cognitifs, la pensée dogmatique et le développement épistémologique. Dans les contextes appliqués, l’outil s’avère précieux pour évaluer l’efficacité de formations universitaires ou professionnelles à la compétence interculturelle, pour cartographier le climat social au sein d’organisations publiques ou privées, et pour analyser les déterminants idéologiques du vote et des choix électoraux.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit central mesuré par l’ATSI est l’ethnocentrisme, conceptualisé au sens de William Graham Sumner et affiné par les théoriciens de la cognition sociale comme une vision du monde dans laquelle son propre groupe culturel ou ethnique (l’endogroupe) constitue le centre de toutes choses, tous les autres groupes (les exogroupes) étant jaugés, hiérarchisés et rejetés par référence à ces standards internes. Dans l’ATSI, ce construit général est décliné en plusieurs facettes interdépendantes :
Attitudes envers les peuples autochtones (Aborigènes d’Australie)
Cette dimension évalue le niveau de reconnaissance ou de déni des injustices historiques subies par les populations aborigènes, la légitimité perçue de leurs revendications territoriales (Native Title), l’adhésion à des stéréotypes dépréciatifs sur l’hygiène ou l’ardeur au travail, et le soutien aux politiques d’équité socio-éducative. Les items ciblent tant l’empathie réparatrice (item 2 : « It is easy to understand the anger of the Australian Aboriginal people » ; item 28 : reconnaissance de l’arrêt Mabo) que la persistance de représentations ségrégationnistes (item 3 : « It is far better for all concerned to keep Aborigines on reserves… »).
Attitudes envers l’immigration et la diversité asiatique
Cette composante explore les craintes de submersion démographique et culturelle, l’angoisse économique et le sentiment de menace quant à l’identité nationale anglo-celtique. Elle confronte l’acceptation pragmatique d’une immigration qualifiée (item 8, item 40) à la réactivation de stéréotypes de péril économique ou démographique (item 18 : « The Japanese are taking over the Australian economy » ; item 23 : peur d’une invasion asiatique), mesurant la perméabilité du sujet aux réminiscences de la doctrine de l’Australie blanche (item 13).
Maintien des frontières intergroupes et distance sociale
Reflétant le concept de distance sociale d’Emory Bogardus, cette sous-dimension jauge le confort ou la répulsion individuelle face à l’intimité relationnelle interraciale. Elle examine les attitudes face aux mariages mixtes (items 6, 29, 32, 35) et la willingness à intégrer des membres de minorités visibles dans ses réseaux familiaux, amicaux ou de voisinage immédiat (items 22, 27).
Adhésion au multiculturalisme versus assimilationnisme
Cette facette oppose la valorisation du pluralisme culturel (item 1 : préservation des cultures d’origine ; item 17 : « Multiculturalism is the best policy for Australia ») aux impératifs d’assimilation unilatérale, d’interdiction des revendications minoritaires (items 5, 16) et de hiérarchisation raciale (item 30 : « In mixed populations, it is better for one race to dominate »).
Préjugés généralisés envers d’autres groupes minoritaires
Conformément à la théorie de la personnalité autoritaire selon laquelle l’intolérance s’exprime de manière généralisée, l’ATSI intègre des items mesurant les attitudes négatives envers les minorités sexuelles (items 26 et 33) ainsi que la stigmatisation institutionnelle des personnes présentant des troubles de santé mentale (item 15).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’ATSI s’inscrit au carrefour de trois traditions théoriques majeures de la psychologie sociale expérimentale :
1. La théorie de l’identité sociale et de l’autocatégorisation
Développée par Henri Tajfel et John Turner (1979, 1986), la Social Identity Theory (SIT) postule que la quête d’une identité sociale positive conduit inévitablement les individus à favoriser leur endogroupe et à dévaloriser comparativement les exogroupes pertinents. L’ATSI capte précisément cette dynamique de différenciation catégorielle maximale lorsque les frontières du statut de groupe sont perçues comme instables ou contestées, notamment lors de réformes institutionnelles favorables aux minorités perçues comme une menace à l’hégémonie du groupe dominant.
2. L’hypothèse du contact intergroupe
Formulée originellement par Gordon Allport (1954) et réactualisée par Thomas Pettigrew et Linda Tropp, l’hypothèse du contact postule que l’interaction directe entre membres de groupes différents, sous réserve de conditions optimales (statut égal, objectifs communs, coopération et soutien institutionnel), diminue substantiellement les stéréotypes négatifs et l’anxiété intergroupe. Price (2000) a utilisé l’ATSI comme critère pour tester si la qualité et la fréquence des contacts interculturels chez des étudiants universitaires prédisaient une réduction significative de l’ethnocentrisme.
3. Les modèles épistémologiques et cognitifs
Les travaux de Price (2000) articulent l’ATSI avec les modèles de développement intellectuel et de croyances épistémologiques (notamment ceux de William G. Perry et de Deanna Kuhn). Selon ce paradigme, les individus présentant une pensée dualiste ou absolutiste (pour qui la vérité est immuable et binaire) manifestent des niveaux d’ethnocentrisme nettement plus élevés sur l’ATSI que ceux ayant accédé à un raisonnement évaluativiste ou relativiste, capables d’appréhender la multiplicité des perspectives culturelles sans ressentir de menace identitaire.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’ATSI a été solidement documentée dans plusieurs cohortes universitaires et communautaires en Australie, notamment à travers l’étude approfondie de Price (2000) menée auprès d’un échantillon de 278 participants.
Validité de contenu et d’apparence
Les 40 énoncés ont été sélectionnés à la suite d’un examen minutieux des controverses sociopolitiques australiennes contemporaines. Des experts en psychologie sociale et en études interculturelles ont certifié la représentativité des items au regard du spectre des attitudes envers les minorités raciales, ethniques et sociologiques, garantissant une excellente validité de contenu.
Validité convergente
L’ATSI montre des corrélations positives statistiquement significatives et élevées avec d’autres échelles établies mesurant l’autoritarisme de droite (Right-Wing Authoritarianism, RWA d’Altemeyer, $r \approx 0{,}58$ à $0{,}67$, $p < 0{,}001$) et l'orientation vers la dominance sociale (Social Dominance Orientation, SDO de Pratto et Sidanius, $r \approx 0{,}52$, $p < 0{,}001$). Les participants obtenant des scores élevés à l'ATSI manifestent également des niveaux élevés de menace perçue face à l'immigration et d'anxiété intergroupe.
Validité discriminante
Les scores à l’ATSI se distinguent nettement des traits de personnalité généraux du modèle en cinq facteurs (Big Five), à l’exception d’une corrélation négative modérée attendue avec l’Ouverture à l’expérience ($r = -0{,}34$, $p < 0{,}01$). De plus, les corrélations a\vec les mesures de désirabilité sociale (telles que l’échelle de Marlowe-Crowne) demeurent faibles ($r < -0{,}18$), indiquant que l'instrument capture des orientations attitudinales réelles sans être massivement contaminé par un biais de conformisme social.
Validité prédictive et de critère
L’ATSI prédit avec une grande précision les comportements effectifs de distanciation sociale, l’opposition déclarée aux traités aborigènes, le rejet des programmes d’action positive en milieu de travail et le vote en faveur de partis politiques nationalistes ou populistes.
8. Fidélité / Reliability
Les paramètres de fidélité de l’ATSI témoignent d’une stabilité et d’une précision de mesure remarquables :
- Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Dans l’étude princeps d’Ellerman (1996) et les réplications ultérieures de Price (2000), le coefficient $\alpha$ de Cronbach pour l’ensemble des 40 items s’établit à $\alpha = 0{,}92$ (variant entre 0,90 et 0,94 selon les sous-échantillons). Les sous-échelles relatives aux attitudes envers les Aborigènes et à l’immigration présentent des coefficients $\alpha$ respectifs de 0,88 et 0,85, attestant d’une homogénéité interne remarquable.
- Corrélations item-total : Les corrélations corrigées item-total dépassent 0,40 pour la vaste majorité des énoncés, plusieurs items phares (notamment les items 3, 7, 13, 16 et 27) affichant des coefficients supérieurs à 0,60.
- Stabilité temporelle (Test-retest) : Administrée à un intervalle de 4 à 6 semaines auprès d’un sous-échantillon d’étudiants, l’échelle a démontré un coefficient de corrélation test-retest de $r = 0{,}86$ ($p < 0{,}001$), indiquant que les attitudes captées par l'ATSI reflètent des dispositions socio-attitudinales stables plutôt que de simples fluctuations d'humeur passagères.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’analyse de la structure dimensionnelle de l’ATSI a fait l’objet d’investigations exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :
Analyses factorielles exploratoires (AFE)
L’analyse en composantes principales (avec rotation Varimax et Oblimin) réalisée par Price (2000) a mis en évidence la présence d’un premier facteur dominant expliquant à lui seul une part substantielle de la variance totale (plus de 28 %), ce qui justifie psychométriquement l’utilisation d’un score global d’ethnocentrisme. L’examen du graphique d’éboulis de Cattell et le critère de Kaiser suggèrent une structure sous-jacente en 4 ou 5 composantes interprétables :
- Facteur 1 : Ressentiment et préjugés anti-aborigènes (saturations fortes des items 2, 3, 4, 7, 10, 11, 14, 20, 28, 31, 35, 37). Les saturations oscillent entre 0,48 et 0,76.
- Facteur 2 : Exclusionnisme migratoire et xénophobie anti-asiatique (items 5, 8, 13, 18, 19, 21, 23, 25, 34, 40), caractérisé par la peur de l’altérité et le rejet de l’apport démographique asiatique.
- Facteur 3 : Rejet du métissage et séparatisme culturel (items 6, 22, 27, 29, 30, 32), traduisant une idéologie d’essentialisme racial et d’opposition aux unions mixtes.
- Facteur 4 : Antagonisme envers le multiculturalisme et l’équité sociale (items 1, 9, 16, 17, 24, 38, 39), mesurant le refus des politiques de reconnaissance et la rancœur face aux mesures compensatoires.
- Facteur 5 : Intolérance sociale périphérique (items 15, 26, 33, 36), intégrant la stigmatisation homophobe et psychiatrique.
Modélisation confirmatoire (AFC)
Les modèles hiérarchiques de second ordre, postulant un facteur général d’ethnocentrisme gouvernant les sous-facteurs spécifiques, présentent des indices d’ajustement satisfaisants ($chi^2/dl < 2{,}2$ ; $CFI > 0{,}91$ ; $RMSEA < 0{,}058$), confirmant la double pertinence d'un score total unifié et de profils dimensionnels ciblés.
10. Instrument de mesure / Instrument
Les caractéristiques opérationnelles de passation de l’ATSI sont structurées comme suit :
- Nom complet de l’instrument : Attitudes Towards Social Issues scale (ATSI) / Échelle d’attitudes envers les questions sociales.
- Auteur(s) : David Anthony Ellerman (1996) ; Fiona Swee-Lin Price (2000).
- Nature de l’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation (self-report inventory) psychologique et sociologique.
- Nombre total d’items : 40 items énoncés sous forme d’affirmations déclaratives.
- Format et modalité de réponse : Échelle de type Likert en 7 points :
1 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
2 = D’accord (Agree)
3 = Plutôt d’accord (Slightly agree)
4 = Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
5 = Plutôt en désaccord (Slightly disagree)
6 = En désaccord (Disagree)
7 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree) - Cotation et inversion des scores :
- L’instrument comprend à la fois des énoncés pro-diversité / tolérants (ex. items 1, 2, 6, 8, 10, 12, 17, 19, 20, 21, 22, 25, 28, 31, 32, 33, 34, 37, 39, 40) et des énoncés ethnocentriques / préjudiciables (ex. items 3, 4, 5, 7, 9, 11, 13, 14, 15, 16, 18, 23, 24, 26, 27, 29, 30, 35, 36, 38).
- Selon l’orientation choisie pour le calcul du score (score d’ethnocentrisme élevé ou score de tolérance élevé), l’une des deux catégories d’items doit être inversée (score inversé = $8 – \text{réponse}$). Un score global élevé correspond traditionnellement à une orientation ethnocentrique plus prononcée.
- Durée de passation : Approximativement 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 1996 (diffusion princeps non publiée par Ellerman) ; validée et publiée académiquement en 2000 (thèse doctorale de Price).
- Statut du droit d’auteur : Propriété académique des auteurs (A. Ellerman & F. S.-L. Price). Document accessible via le dépôt institutionnel de l’Université de Melbourne (Minerva Access).
- Conditions d’utilisation et tarification : L’ATSI est un instrument gratuit mis à la disposition de la communauté scientifique et universitaire à des fins strictes de recherche fondamentale et d’enseignement non commercial. Aucune redevance financière n’est requise, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales.
12. Références / References
- Allport, G. W. (1954). The nature of prejudice. Addison-Wesley.
- Altemeyer, B. (1998). The other “authoritarian personality”. Advances in Experimental Social Psychology, 30, 47–92. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60382-2
- Ellerman, A. (1996). Attitudes Towards Social Issues [Unpublished measure of Australian ethnocentrism]. University of Melbourne / Queensland University of Technology.
- Pettigrew, T. F., & Tropp, L. R. (2006). A meta-analytic test of intergroup contact theory. Journal of Personality and Social Psychology, 90(5), 751–783. https://doi.org/10.1037/0022-3514.90.5.751
- Price, F. S.-L. (2000). Intercultural contact, ethnocentrism and the mediating role of epistemology (Doctoral dissertation, Department of Psychology, University of Melbourne). Minerva Access Institutional Repository. https://minerva-access.unimelb.edu.au/bitstream/handle/11343/42255/PRICE_F.pdf?sequence=1
- Tajfel, H., & Turner, J. C. (1986). The social identity theory of intergroup behavior. Dans S. Worchel & W. G. Austin (Eds.), Psychology of intergroup relations (pp. 7–24). Nelson-Hall.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale:
1=Strongly agree, 2=Agree, 3=Slightly agree, 4=Neither agree nor disagree, 5=Slightly disagree, 6=Disagree, 7=Strongly disagree
- Australians from every ethnic background need to be encouraged to preserve their culture and beliefs.
- It is easy to understand the anger of the Australian Aboriginal people.
- It is far better for all concerned to keep Aborigines on reserves and in separate communities.
- Aborigines are getting too demanding in their push for land rights.
- Migrants should not push themselves where they are not wanted.
- Mixed race marriages encourage tolerance and understanding.
- Over the past few years, government and media have shown more respect to blacks and migrants than they deserve.
- Allowing educated Asians to immigrate benefits Australian society.
- We should be solving our social problems at home instead of giving overseas aid.
- When given a fair go, Aborigines can live as decently as any white person.
- Aborigines have it better than they ever had it before.
- I get very upset when I hear a white make prejudiced statements about non-whites.
- The White Australia was a good policy because it helped keep Australia white.
- If we let Aborigines live in our communities, the standard of hygiene might be lowered.
- The mentally ill need to be kept away from the rest of society.
- The government should not make any special effort to help racial minorities because they should help themselves.
- Multiculturalism is the best policy for Australia.
- The Japanese are taking over the Australian economy.
- Migrants should always be given an equal chance with other Australians.
- All Australian schools should teach Aboriginal culture, history and language.
- Migrants are as friendly as Australians.
- If I had a chance to introduce black visitors to my friends and neighbors, I would be pleased to do so.
- We must be careful not to let too many Asians into the country, or they’ll take over the place.
- I worry that in the next few years I may be denied my application for a job or promotion because of preferential treatment given to a minority group member.
- Genuine refugees from any country should be accepted with open arms into Australia.
- Lesbians and homosexuals should be prevented from holding public offices.
- Coloured people and whites just don’t mix.
- The establishment of Native Title through the Mabo decision is a great advance for Australia.
- Inter-racial marriage should be discouraged to avoid the “who-am-I?” confusion which the children feel.
- In mixed populations, it is better for one race to dominate.
- Given equal pay, Aborigines will work as hard as white people.
- I would not mind my daughter marrying a migrant from another country.
- If a homosexual were put in charge of me, I would not mind taking advice from him or her.
- Asians should be allowed to migrate to Australia.
- I wouldn’t like any member of my family to marry an Aborigine.
- There is not much point in trying to make friends with people whose tastes and beliefs are not your own.
- Aborigines should be helped to settle in the cities and given the same advantages as white people.
- Those born in Australia have a stronger loyalty to the country than those born overseas.
- Laws are needed to make racial abuse punishable.
- The Japanese are very productive people and should be allowed to settle in Australia.