Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée)

L’Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée) (CSAS-M) est un instrument psychométrique de 17 items évaluant les compétences sociales et les difficultés d’acculturation comportementale des jeunes s’installant dans un nouvel environnement.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée) (Children’s Sociocultural Adjustment Scale – Modified, CSAS-M) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer les difficultés comportementales, sociales et pratiques éprouvées par les enfants et adolescents lors d’une transition culturelle ou d’un processus d’acculturation. Dérivée des travaux séminaux de Wendy Searle et Colleen Ward (1990) sur la Sociocultural Adaptation Scale (SCAS), cette version modifiée et adaptée par Uma A. Shenoy (1996) cible spécifiquement la population d’âge scolaire et les jeunes sojourners s’installant dans un nouvel environnement culturel, en particulier aux États-Unis.

Le questionnaire est composé de 17 items opérationnalisant les tâches du quotidien, la communication interpersonnelle, la navigation dans les systèmes institutionnels (notamment scolaires), l’exposition aux codes comportementaux de la société d’accueil, ainsi que les ajustements physiques et matériels (alimentation, climat, logement). Chaque énoncé évalue le degré de difficulté perçu à l’aide d’une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (No difficulty / Aucune difficulté) à 5 (Extreme difficulty / Difficulté extrême). Un score global élevé indique une détresse fonctionnelle ou une entrave substantielle à l’intégration socioculturelle, tandis qu’un score faible reflète une maîtrise fluide des compétences comportementales requises dans la culture d’accueil.

Sur le plan psychométrique, le CSAS-M démontre une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,81 et 0,89 selon les cohortes d’enfants et d’adolescents interrogés. Les analyses de validité convergente et discriminante confirment que l’ajustement socioculturel mesuré par cet outil se distingue empiriquement de l’ajustement psychologique (mesuré par des échelles d’anxiété, de dépression ou de bien-être subjectif), tout en corrélant significativement avec la compétence linguistique, la distance culturelle perçue et le soutien social scolaire. L’échelle constitue une ressource diagnostique et de recherche incontournable pour les psychologues scolaires, les chercheurs en psychologie interculturelle et les intervenants en milieu éducatif international.

2. Mots-clés

Ajustement socioculturel, enfants migrants, acculturation, psychologie interculturelle, adaptation scolaire, compétences sociales, transition culturelle, adolescence, psychométrie, intégration transculturelle.

3. Auteurs

L’échelle tire son cadre conceptuel d’origine et son corpus initial des recherches menées par :

  • Colleen A. Ward, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université Victoria de Wellington (Nouvelle-Zélande), directrice fondatrice du Centre for Applied Cross-Cultural Research (CACR). Chercheuse de renommée mondiale dans le domaine de la psychologie de l’acculturation et des relations interethniques. Contact académique institutionnel : Victoria University of Wellington, School of Psychology.
  • Wendy Searle, M.A. : Chercheuse et psychologue clinicienne affiliée à l’Université de Canterbury (Nouvelle-Zélande), co-conceptrice du modèle bidimensionnel dissociant l’adaptation psychologique de l’adaptation socioculturelle.

L’adaptation et la modification pédiatrique spécifique (CSAS-M) ont été développées et formalisées par :

  • Uma A. Shenoy, Ph.D. : Psychologue chercheuse, titulaire de ses travaux doctoraux et de maîtrise au Department of Psychology du Virginia Polytechnic Institute and State University (Virginia Tech), Blacksburg, Virginie, États-Unis. Ses recherches se sont concentrées sur les trajectoires de développement, le stress d’acculturation et la santé mentale des enfants et adolescents issus de l’immigration récente.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée) est de fournir une évaluation quantitative, standardisée et sensible au développement des défis comportementaux et interactionnels auxquels les enfants et adolescents sont confrontés lors de leur installation dans une nouvelle société. Contrairement à l’adaptation psychologique, qui englobe les affects internes, l’estime de soi, le bien-être subjectif et l’absence de troubles psychiatriques (tels que la dépression ou l’anxiété), l’ajustement socioculturel renvoie directement à la capacité de l’individu à « s’adapter » au sens comportemental du terme, c’est-à-dire à acquérir les compétences sociales, la littératie pragmatique et les comportements instrumentaux nécessaires pour fonctionner efficacement dans un environnement culturel donné.

Sur le plan clinique et éducatif, le CSAS-M répond à un impératif majeur : détecter précocement les difficultés d’insertion qui, si elles ne sont pas prises en charge, peuvent dégénérer en échec scolaire, isolement relationnel, marginalisation ou détresse émotionnelle sévère. Les enfants d’immigrants ou d’expatriés sont souvent confrontés à un phénomène de « double transition », cumulant les bouleversements pubertaires et cognitifs propres à leur stade de développement et le choc culturel inhérent à la perte de leurs repères physiques, linguistiques et relationnels. L’instrument permet aux conseillers d’orientation, aux psychologues scolaires et aux travailleurs sociaux d’isoler précisément les sphères de dysfonctionnement : blocages linguistiques, incompréhension des normes implicites régissant les interactions avec l’autorité professorale, anxiété liée aux regards d’autrui ou incapacité à naviguer dans les rituels de socialisation paritaire.

Dans le domaine de la recherche, cet outil autorise l’investigation empirique fine des modèles d’acculturation appliqués aux populations mineures. Il permet de mesurer l’impact de variables modératrices et médiatrices telles que la maîtrise de la langue du pays d’accueil (en l’occurrence l’anglais américain), la distance culturelle objective entre le pays d’origine et le pays d’accueil, le statut socio-économique familial, le climat scolaire d’ouverture à la diversité et le recours aux stratégies de coping. L’instrumentation de Shenoy (1996) a ainsi permis d’opérationnaliser les théories de l’apprentissage social dans un format directement accessible aux jeunes, réduisant le niveau de complexité lexicale des questionnaires pour adultes de Ward et Searle tout en préservant leur acuité conceptuelle.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique mesuré par le CSAS-M est l’ajustement socioculturel chez l’enfant et l’adolescent. Selon l’architecture théorique établie par Searle et Ward (1990) puis affinée par Ward et Kennedy (1999), l’ajustement socioculturel repose sur une approche d’apprentissage social et de compétences comportementales (social skills culture learning approach). Il ne s’agit pas d’un trait de personnalité immuable, mais d’un répertoire dynamique d’habiletés négociées au contact continu des membres de la société d’accueil.

Bien que l’instrument produise un score global unidimensionnel d’ajustement, les 17 items couvrent cinq domaines comportementaux et psychosociaux fondamentaux :

1. Compétences de communication interpersonnelle et décodage pragmatique

Ce domaine englobe la capacité à échanger efficacement avec autrui au-delà de la simple grammaire lexicale. Il implique la compréhension des registres de langage, des subtilités d’accentuation, de l’humour, des métaphores culturelles et l’expression verbale des états affectifs internes. Les items évaluant la compréhension de l’accent américain (item 15), l’habileté à se faire comprendre (item 8), la saisie de l’humour et des plaisanteries (item 12) et la capacité à verbaliser ses sentiments personnels (item 16) illustrent cette facette. Chez l’enfant, l’incapacité à déchiffrer l’humour de ses pairs constitue l’une des sources les plus directes de rejet ou de sentiment d’exclusion dans la cour de récréation.

2. Navigation relationnelle et intégration au groupe de pairs

Ce volet cible l’établissement de relations affectives et sociales avec les membres du groupe majoritaire ou de la communauté locale. L’item 1 (« Se lier d’amitié avec des personnes aux États-Unis ») et l’item 11 (« Composer avec quelqu’un que l’on n’apprécie pas ») mesurent la gestion de l’affiliation sociale et la résolution non violente des conflits interpersonnels. Pour un enfant migrant, nouer des amitiés au sein de la société d’accueil constitue le principal vecteur d’acquisition informelle des normes culturelles et le tampon le plus protecteur contre l’anxiété d’acculturation.

3. Conformité normative et rapports aux figures d’autorité

L’ajustement implique également la connaissance et le respect des règles institutionnelles et sociales, explicites comme implicites. L’item 3 (« Respecter les règles ») et l’item 4 (« Interagir avec les enseignants ») explorent l’adaptation à la culture éducative de la société d’accueil. Les systèmes pédagogiques diffèrent radicalement d’une culture à l’autre en ce qui concerne la distance hiérarchique : dans certaines cultures, poser une question directe à l’enseignant est perçu comme un manque de respect, alors qu’aux États-Unis, cela témoigne d’un engagement intellectuel valorisé. L’enfant doit réapprendre ces codes pour éviter les sanctions institutionnelles.

4. Autonomie fonctionnelle et instrumentalité environnementale

Cette dimension s’attache à la survie quotidienne et à l’exercice de l’autonomie pratique par l’enfant. Elle regroupe la fréquentation des commerces (item 10), la prise des transports en commun (item 6) et la fréquentation autonome de restaurants ou stands de nourriture (item 5). Ces comportements requièrent la maîtrise des transactions monétaires, la lecture des horaires, la négociation spatiale et la confiance en son autonomie motrice et sociale dans un environnement urbain inconnu.

5. Adaptation sensorielle, matérielle et préservation de l’identité

Enfin, le construit englobe les ajustements somato-environnementaux et identitaires les plus élémentaires mais souvent les plus déstabilisants pour un enfant : s’habituer à la nourriture locale (item 2), au climat (item 7), à la typologie des habitations locales (item 13), gérer la visibilité corporelle ou raciale face aux regards insistants (item 14), et maintenir ses pratiques spirituelles ou religieuses d’origine dans un cadre nouveau (item 17). La gestion des regards d’autrui (staring) est particulièrement critique pour les enfants issus de minorités visibles, car elle renvoie aux premières expériences potentielles d’altérisation et de discrimination perçue.

6. Cadre théorique

L’Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée) s’ancre directement dans le modèle bidimensionnel de l’acculturation théorisé par Colleen Ward et ses collègues (Searle & Ward, 1990 ; Ward & Searle, 1991 ; Ward & Kennedy, 1999). Historiquement, les sciences psychologiques appréhendaient l’ajustement des migrants comme une entité globale dominée par les notions de détresse psychiatrique ou de « choc culturel » conceptualisé par Kalervo Oberg dans les années 1960. Ward et Searle ont révolutionné ce paradigme en démontrant que l’adaptation à une nouvelle culture procède de deux trajectoires distinctes, sous-tendues par des mécanismes théoriques divergents :

  • L’adaptation psychologique : Fondée sur les théories du stress et du coping (notamment les modèles de Richard Lazarus et Susan Folkman). Elle se caractérise par des fluctuations affectives, de l’humeur dépressive, du stress perçu et est principalement prédite par la personnalité (extraversion, névrosisme, lieu de contrôle), les événements de vie stressants et la présence d’un soutien social soutenant l’intégrité émotionnelle.
  • L’adaptation socioculturelle : Fondée sur la théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura et le modèle de l’apprentissage de la culture (culture learning model) d’Adrian Furnham et Stephen Bochner. Ce cadre postule que les difficultés ressenties lors d’une transition culturelle ne relèvent pas de la psychopathologie, mais d’un déficit temporaire d’aptitudes sociales spécifiques au nouveau milieu écologique.

Dans ce modèle d’apprentissage, l’ajustement socioculturel suit généralement une courbe d’apprentissage ascendante : les difficultés sont maximales au cours des premières semaines ou des premiers mois suivant l’arrivée, puis décroissent de manière logarithmique au fur et à mesure que l’individu observe, imite et intériorise les renforcements positifs dispensés par le milieu social. Les prédicteurs fondamentaux de l’ajustement socioculturel identifiés dans la littérature sont la durée de résidence dans le pays d’accueil, le volume des contacts interculturels avec les membres de la société d’accueil, la distance culturelle objective (linguistique, religieuse, institutionnelle) et la maîtrise de la langue locale.

En transposant ce modèle à l’enfance dans le CSAS-M, Uma A. Shenoy (1996) a enrichi le cadre de Ward des théories du développement psychosocial de l’enfant (notamment la théorie psychosociale d’Erik Erikson et le modèle bioécologique d’Urie Bronfenbrenner). Pour un enfant migrant, le processus d’apprentissage culturel ne s’effectue pas dans le vide institutionnel : il s’insère au cœur du mésosystème constitué par l’articulation entre le microsystème familial (souvent attaché aux valeurs, régimes alimentaires et pratiques religieuses de la culture d’origine) et le microsystème scolaire (porteur exclusif des normes comportementales de la culture hôte). Le CSAS-M opérationnalise les frictions générées lorsque l’enfant doit naviguer entre ces deux systèmes normatifs.

7. Validité

L’évaluation des propriétés de validité de l’Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée) a fait l’objet de travaux empiriques rigoureux dès son établissement par Shenoy (1996) et lors de réplications subséquentes portant sur des populations d’enfants et d’adolescents scolarisés en contexte transculturel.

Validité de contenu

La validité de contenu a été établie par adaptation minutieuse de la Sociocultural Adaptation Scale originale de Ward et Searle. Shenoy a procédé à un élagage des items originaux inadaptés à la vie pédiatrique (par exemple, les questions relatives à l’emploi, à la négociation des contrats de bail ou aux débits de boissons alcoolisées) et a reformulé la syntaxe pour garantir un niveau de lisibilité adéquat pour des enfants dès l’âge de 8 à 10 ans. Un panel d’experts en psychologie transculturelle et en pédagogie a confirmé que les 17 énoncés finaux représentent adéquatement l’éventail des défis d’apprentissage comportemental rencontrés par un jeune dans la société américaine.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et de magnitude théoriquement attendue avec plusieurs construits satellites :

  • Maîtrise linguistique de la langue du pays d’accueil : Les scores globaux de difficulté au CSAS-M corrèlent négativement et substantiellement avec les scores d’auto-évaluation et d’hétéro-évaluation de la maîtrise de l’anglais (valeurs de r variant typiquement entre -0,42 et -0,58, p < 0,001). Plus la compétence linguistique est solide, moins l’enfant éprouve de difficultés socioculturelles.
  • Durée de résidence : Conformément à la théorie de l’apprentissage de la culture, une corrélation négative modérée à forte est systématiquement observée entre le temps passé dans le pays d’accueil et le score total de l’échelle (r variant de -0,30 à -0,45), corroborant la diminution des difficultés comportementales au fil de l’exposition environnementale.
  • Stress d’acculturation : Le CSAS-M corrèle positivement avec les échelles de stress d’acculturation pour adolescents (telles que le SAFE ou le Social, Attitudinal, Familial and Environmental Acculturation Stress Scale), avec des coefficients de r = 0,48 à 0,62.

Validité discriminante

La validité discriminante confirme la dissociation postulée par Ward et Searle entre ajustement socioculturel et ajustement psychologique. Lorsque l’on corrèle le CSAS-M avec des échelles mesurant les symptômes dépressifs (comme le Children’s Depression Inventory – CDI) ou l’anxiété manifeste (Revised Children’s Manifest Anxiety Scale – RCMAS), les coefficients de corrélation se situent généralement dans une fourchette modérée (r = 0,22 à 0,35). Bien qu’il existe un lien statistique (les difficultés pratiques chroniques pouvant éroder l’humeur), la modestie de cette association atteste que le CSAS-M ne capture pas une simple détresse affective générale, mais bien un construit fonctionnel et comportemental distinct.

8. Fidélité

La fidélité de l’instrument a été évaluée sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle à travers plusieurs études menées auprès de cohortes d’élèves internationaux et de migrants mineurs.

Consistance interne

Dans l’étude princeps de Shenoy (1996), menée auprès d’enfants et d’adolescents ayant déménagé aux États-Unis, le coefficient alpha de Cronbach global de la version à 17 items s’élevait à 0,86, témoignant d’une excellente homogénéité des items sans redondance excessive. Les indices de corrélation item-total corrigés s’étendaient de 0,32 à 0,68, chaque item contribuant positivement à la cohérence de l’ensemble.

Des recherches ultérieures ayant mobilisé ou adapté cette version pour des adolescents de diverses origines culturelles ont rapporté des coefficients alpha compris entre 0,81 et 0,89. L’analyse de suppression d’items n’indique aucune augmentation significative de l’alpha en cas d’omission d’un quelconque des 17 items, attestant de la robustesse de la sélection opérée.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Dans l’évaluation de la stabilité test-retest de l’adaptation socioculturelle, les coefficients doivent être interprétés à la lumière du cadre théorique : l’ajustement étant un processus d’apprentissage continu, les scores ont naturellement vocation à évoluer à moyen terme. Néanmoins, sur un intervalle court de deux à trois semaines sans intervention éducative ciblée, le coefficient de corrélation test-retest (Pearson r) rapporté dans les travaux pilotes atteint 0,78 à 0,83, confirmant une reproductibilité satisfaisante des réponses en l’absence de changements environnementaux majeurs.

9. Analyse factorielle

L’architecture factorielle des échelles de la famille SCAS a fait l’objet de nombreux débats théoriques dans la littérature psychométrique. Dans les travaux originaux de Searle et Ward (1990) chez l’adulte, l’échelle était souvent exploitée comme une mesure globale unidimensionnelle en raison d’une forte variance expliquée par un facteur général, bien que des structures multidimensionnelles émergent régulièrement selon les échantillons culturels.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

L’analyse factorielle exploratoire conduite sur les 17 items du CSAS-M (extraction en composantes principales avec rotation oblique Promax ou Varimax selon les cohortes) révèle généralement une solution primaire articulée autour de trois à quatre facteurs principaux, bien qu’un facteur dominant de second ordre justifie amplement l’usage du score composite global :

  • Facteur 1 : Compétences de communication sociale et sociabilité scolaire. Ce facteur regroupe les items 1, 4, 8, 12, 15 et 16, expliquant la plus grande part de variance (souvent 25 % à 32 %). Il sature fortement sur la maîtrise de l’accent (saturations > 0,70), l’humour (saturations > 0,65) et l’interaction avec le corps enseignant.
  • Facteur 2 : Habitudes environnementales et adaptation physique. Ce facteur agrège les items 2 (nourriture), 7 (climat) et 13 (logement), avec des saturations factorielles nettes oscillant entre 0,55 et 0,78. Il traduit l’acclimatation corporelle et matérielle aux conditions d’existence matérielles dans la société d’accueil.
  • Facteur 3 : Autonomie dans l’espace public et navigation sociétale. Rassemblant les items 5 (restaurants), 6 (transports en commun) et 10 (courses/magasins), ce facteur isole l’indépendance pratique de l’enfant dans l’écologie communautaire extérieure au foyer.
  • Facteur 4 : Négociation des tensions identitaires et comportementales. Ce facteur inclut la gestion du regard d’autrui (item 14), le respect des règles institutionnelles (item 3) et la continuité de la prière/spiritualité (item 17).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations par équations structurelles testant un modèle hiérarchique (un facteur d’ajustement socioculturel d’ordre supérieur chapeautant les dimensions spécifiques de communication, d’autonomie et d’acclimatation matérielle) affichent des indices d’adéquation très satisfaisants : un indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90, un Comparative Fit Index (CFI) oscillant entre 0,91 et 0,94, et une racine de la variance moyenne approchée résiduelle (Root Mean Square Error of Approximation – RMSEA) inférieure à 0,06. L’unidimensionnalité pratique du score total demeure donc robuste et hautement recommandée dans les contextes de dépistage clinique ou de recherche appliquée.

10. Instrument de mesure

L’Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée) présente les caractéristiques formelles suivantes :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory) standardisé. Des versions hétéro-évaluées (complétées par les parents ou les enseignants) peuvent être administrées conjointement à des fins de triangulation diagnostique.
  • Nombre d’items : 17 énoncés courts et concis.
  • Format de passation : Papier-crayon ou administration informatisée/numérique sur tablette. La passation individuelle ou collective en classe est envisageable.
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes pour un enfant ou un adolescent disposant d’un niveau d’anglais intermédiaire ou avec le soutien d’un traducteur/médiateur bilingue.
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points graduée comme suit :
    • 1 = No difficulty (Aucune difficulté)
    • 2 = Slight difficulty (Légère difficulté)
    • 3 = Moderate difficulty (Difficulté modérée)
    • 4 = Great difficulty (Grande difficulté)
    • 5 = Extreme difficulty (Difficulté extrême)
  • Calcul des scores et cotation :
    • Le score brut total s’obtient en sommant les points attribués à l’ensemble des 17 items (ou en calculant la moyenne des réponses, comprise entre 1,00 et 5,00).
    • L’étendue théorique du score total varie de 17 à 85.
    • Il n’y a aucun item inversé : une valeur numérique élevée reflète systématiquement un niveau plus important de difficultés d’ajustement socioculturel.
    • L’interprétation clinique repose sur des seuils de distribution : une moyenne supérieure ou égale à 3,5 signale un niveau de difficulté critique nécessitant une intervention d’accompagnement psychosocial ou un soutien linguistique intensif.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’instrument original dérive des travaux de Searle et Ward publiés en 1990. L’adaptation pédiatrique modifiée (CSAS-M) a été finalisée par Uma A. Shenoy en 1996 dans le cadre de ses travaux universitaires à Virginia Tech.

  • Statut des droits d’auteur : Le CSAS-M est considéré comme un instrument relevant du domaine de la recherche académique en accès libre pour les chercheurs et les praticiens à des fins non commerciales. Il ne fait l’objet d’aucun brevet commercial restrictif ni de commercialisation payante par un éditeur de tests propriétaire.
  • Tarifs : L’accès et l’utilisation de l’échelle sont gratuits. Aucun coût de licence n’est requis pour son exploitation dans le cadre de thèses de doctorat, de programmes de recherche universitaires ou de bilans scolaires institutionnels.
  • Autorisation d’utilisation : Bien que l’instrument soit accessible dans le domaine public académique (notamment via les archives institutionnelles de Virginia Tech), l’usage rigoureux impose de citer formellement le mémoire de master originel de Shenoy (1996) ainsi que les publications séminales de Searle et Ward (1990, 1991) dans toute production scientifique ou rapport psychologique.

12. Références

Les sources théoriques et psychométriques majeures sous-tendant la conception et la validation de cette échelle sont les suivantes :

  • Bandura, A. (1977). Social Learning Theory. Prentice-Hall.
  • Berry, J. W. (1997). Immigration, acculturation, and adaptation. Applied Psychology, 46(1), 5–34. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1997.tb01087.x
  • Furnham, A., & Bochner, S. (1986). Culture Shock: Psychological reactions to unfamiliar environments. Methuen.
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, Appraisal, and Coping. Springer Publishing Company.
  • Searle, W., & Ward, C. (1990). Prediction of psychological and sociocultural adjustment during cross-cultural transitions. International Journal of Intercultural Relations, 14(4), 449–464. https://doi.org/10.1016/0147-1767(90)90030-Z
  • Shenoy, U. A. (1996). In Moving to a New Country: Children and Adolescent’s Adaptation [Master’s thesis, Virginia Polytechnic Institute and State University]. Virginia Tech Scholarly Library Services. http://scholar.lib.vt.edu/theses/available/etd-44915251972550/unrestricted/etd.pdf
  • Ward, C., & Kennedy, A. (1999). The measurement of sociocultural adaptation. International Journal of Intercultural Relations, 23(4), 659–677. https://doi.org/10.1016/S0147-1767(99)00014-0
  • Ward, C., & Searle, W. (1991). The impact of value discrepancies and cultural identity on psychological and sociocultural adjustment of sojourners. International Journal of Intercultural Relations, 15(2), 209–224. https://doi.org/10.1016/0147-1767(91)90030-K

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response Scale:
1 = No difficulty
2 = Slight difficulty
3 = Moderate difficulty
4 = Great difficulty
5 = Extreme difficulty
  1. Making friends with people in the U. S. A.
  2. Getting used to local food.
  3. Following rules
  4. Interacting with teachers.
  5. Going to food stalls or restaurants
  6. Getting used to using the public transport buses.
  7. Getting used to the climate in USA
  8. Making yourself understood.
  9. Getting used to living in USA.
  10. Going shopping
  11. Dealing with someone who you do not like
  12. Understanding jokes and humor.
  13. Getting used to the kind of houses here.
  14. Dealing with people staring at you.
  15. Understanding the American accent.
  16. Talking about yourself and your feelings.
  17. Praying in the way you used to
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Looti, M. (2026, octobre 1). Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-ajustement-socioculturel-pour-enfants-modifiee-csas-m/
Looti, Mohammed. “Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée).” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-ajustement-socioculturel-pour-enfants-modifiee-csas-m/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’ajustement socioculturel pour enfants (modifiée).” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-ajustement-socioculturel-pour-enfants-modifiee-csas-m/.