1. Résumé
L’Échelle d’acculturation bidimensionnelle pour les Hispaniques (Bidimensional Acculturation Scale for Hispanics, ou BAS), développée par Gerardo Marín et Raymond J. Gamba en 1996, constitue une avancée méthodologique et conceptuelle majeure dans l’évaluation psychométrique des processus d’adaptation culturelle chez les populations hispaniques et latino-américaines résidant aux États-Unis. Contrairement aux modèles unidimensionnels historiques qui postulaient une perte progressive et inévitable de la culture d’origine au profit de la culture d’accueil, la BAS s’enracine fermement dans une perspective bidimensionnelle et orthogonale. Elle postule que l’adhésion à la culture hispanique d’une part, et l’acquisition de la culture nord-américaine (anglo-saxonne) d’autre part, représentent deux processus psychologiques et comportementaux indépendants pouvant coexister à des degrés variables.
L’instrument se compose de 24 items mesurant des comportements manifestes et des compétences fonctionnelles à travers trois sous-échelles distinctes : l’usage de la langue (Language Use, 6 items), la compétence linguistique (Linguistic Proficiency, 12 items) et la consommation des médias électroniques (Electronic Media, 6 items). Chaque sous-échelle est scindée de manière parfaitement équilibrée entre deux domaines culturels : le domaine hispanique (12 items dédiés à l’espagnol) et le domaine non-hispanique (12 items dédiés à l’anglais). Les réponses sont recueillies à l’aide d’échelles de Likert en 4 points évaluant la fréquence comportementale (de 1 = « Presque jamais » à 4 = « Presque toujours ») ou le niveau d’aisance auto-évalué (de 1 = « Très mal » à 4 = « Très bien »).
Sur le plan des qualités psychométriques, la BAS démontre une cohérence interne remarquable. Dans les échantillons de validation originaux, le coefficient alpha de Cronbach atteint 0,90 pour le domaine hispanique et 0,96 pour le domaine non-hispanique. L’instrument permet d’attribuer un score continu distinct pour chaque dimension culturelle (variant de 1 à 4, avec un seuil médian fixé à 2,5), autorisant ainsi la classification rigoureuse des individus selon la typologie quadripartite classique de l’acculturation : biculturel, assimilé, traditionnel (séparé) ou marginalisé. La BAS est largement reconnue et employée en santé publique, en épidémiologie psychiatrique et en psychologie interculturelle pour explorer les déterminants socioculturels de la santé physique et mentale.
2. Mots-clés
Acculturation bidimensionnelle, Hispaniques, Latino-Américains, psychométrie, bilinguisme, usage linguistique, compétence linguistique, médias électroniques, validation d’échelle, identité culturelle, fidélité psychométrique, adaptation transculturelle.
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et validée par deux chercheurs éminents en psychologie sociale et transculturelle :
- Gerardo Marín, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie et vice-recteur aux affaires académiques à l’Université de San Francisco (University of San Francisco, Californie, États-Unis). Chercheur pionnier dans le domaine de la méthodologie transculturelle et de la santé comportementale des minorités ethniques, le Dr Marín a consacré une grande partie de sa carrière à l’étude des normes sociales, de la prévention du tabagisme et de la conceptualisation psychométrique de l’acculturation au sein des communautés hispanophones.
- Raymond J. Gamba, Ph.D. : Chercheur associé et statisticien spécialisé en psychologie sociale appliquée et en évaluation de programmes de santé publique. Ses travaux portent principalement sur l’impact des facteurs culturels, linguistiques et médiatiques sur les comportements préventifs et l’accès aux soins de santé chez les populations hispaniques.
4. Objectif
La création de la Bidimensional Acculturation Scale for Hispanics répond à un impératif à la fois théorique, méthodologique et empirique. Pendant plusieurs décennies, la recherche en sciences sociales et comportementales a abordé l’acculturation selon un paradigme unidimensionnel ou bipolaire (souvent hérité des travaux de Robert E. Park ou de Milton Gordon). Dans ces modèles linéaires classiques, l’acculturation était conçue comme un continuum à somme nulle : plus un individu acquérait les valeurs, normes, idiomes et comportements de la société d’accueil dominante, plus il était supposé abandonner et désapprendre les caractéristiques de sa culture d’origine. Cette modélisation s’est avérée particulièrement réductrice pour décrire la réalité dynamique et complexe des vagues d’immigration hispaniques contemporaines aux États-Unis, où le maintien de la langue espagnole et des réseaux d’affiliation communautaires coexiste fréquemment avec une intégration fonctionnelle et linguistique complète dans la sphère sociétale anglophone.
L’objectif fondamental de la BAS est donc de fournir un instrument de mesure psychométriquement robuste, concis et standardisé, capable d’évaluer de manière totalement indépendante et simultanée le niveau d’implication d’un individu dans le domaine hispanique et dans le domaine non-hispanique. En dissociant explicitement ces deux axes, l’instrument permet aux cliniciens et aux chercheurs d’identifier des profils d’acculturation différenciés :
- Les profils biculturels, caractérisés par un niveau élevé de compétences et de pratiques à la fois en espagnol et en anglais ;
- Les profils assimilés, manifestant une forte compétence en anglais et une désuétude marquée de l’espagnol ;
- Les profils traditionnels ou séparés, maintenant une immersion linguistique et culturelle hispanique exclusive avec une faible appropriation de la culture anglophone ;
- Les profils marginalisés, présentant de faibles niveaux d’engagement ou de compétence dans les deux sphères linguistiques et culturelles.
Dans les applications de recherche épidémiologique et clinique, la BAS est conçue pour élucider le phénomène connu sous le nom de « paradoxe épidémiologique hispanique » (ou immigrant paradox), selon lequel les immigrants hispaniques de première génération ou les individus faiblement acculturés à la société de consommation nord-américaine présentent souvent de meilleurs indicateurs de santé périnatale, cardiovasculaire et psychiatrique que leurs descendants plus acculturés. En quantifiant séparément la préservation de la culture d’origine et l’acquisition de la culture dominante, la BAS permet d’isoler les facteurs de résilience culturelle (tels que le soutien social communautaire et le collectivisme) des facteurs de stress acculturatif et d’adoption d’habitudes de vie délétères (alimentation ultra-transformée, tabagisme, consommation de substances psychoactives).
5. Construit psychologique
Le construit psychologique mesuré par la BAS repose sur une conceptualisation comportementale et fonctionnelle de l’acculturation. Les auteurs ont délibérément choisi de focaliser l’évaluation sur les domaines linguistiques et médiatiques, car la recherche psychométrique comparative a démontré de manière récurrente que l’utilisation de la langue et la compétence linguistique constituent les indicateurs les plus fiables, les plus sensibles et les plus stables de l’adaptation transculturelle chez les Hispaniques résidant aux États-Unis, expliquant la majeure partie de la variance dans les analyses factorielles comparatives.
La structure conceptuelle de l’échelle s’articule autour de deux domaines orthogonaux, déclinés chacun à travers trois sphères comportementales fondamentales :
5.1. Le Domaine Hispanique (12 items)
Ce domaine évalue l’ancrage et la vitalité de l’héritage culturel d’origine à travers la pratique active et passive de l’espagnol. Il comprend :
- L’usage de la langue espagnole (items 4, 5, 6) : Cette composante mesure la fréquence d’expression orale en espagnol dans la vie quotidienne, la communication avec le réseau amical et, point crucial sur le plan cognitif, la langue interne de la pensée (item 6 : « À quelle fréquence pensez-vous en espagnol ? »). La pensée dans la langue d’origine reflète une automatisation cognitive profonde qui transcende la simple conformité comportementale externe.
- La compétence linguistique en espagnol (items 13 à 18) : Cette dimension examine l’auto-efficacité perçue dans la maîtrise des quatre compétences langagières fondamentales (parler, lire, écrire, comprendre) ainsi que la réception passive à travers les médias oraux et musicaux. Elle permet de détecter les phénomènes d’érosion linguistique chez les générations nées aux États-Unis.
- La consommation des médias électroniques hispanophones (items 22, 23, 24) : Cette sous-échelle saisit l’exposition volontaire aux stimuli culturels hispaniques à travers la télévision, la radio et la musique en espagnol, constituant un indicateur direct des préférences de loisirs et de l’immersion affective.
5.2. Le Domaine Non-Hispanique (12 items)
Ce domaine quantifie l’acquisition des compétences et des comportements propres à la culture d’accueil nord-américaine (anglo-saxonne) :
- L’usage de la langue anglaise (items 1, 2, 3) : Évalue la fréquence d’utilisation de l’anglais dans les interactions interpersonnelles quotidiennes, les cercles de sociabilité amicale et les processus cognitifs internes de conceptualisation.
- La compétence linguistique en anglais (items 7 à 12) : Mesure le degré de maîtrise auto-évalué de l’anglais à l’oral, à l’écrit, en lecture et lors de la compréhension de programmes audiovisuels et musicaux.
- La consommation des médias électroniques anglophones (items 19, 20, 21) : Mesure la fréquence d’exposition aux médias télévisuels, radiophoniques et musicaux en langue anglaise, reflétant l’adoption des référents culturels populaires dominants.
6. Cadre théorique
L’architecture de la BAS s’inscrit au carrefour de la théorie de l’acculturation de John W. Berry et des modèles sociolinguistiques du biculturalisme développés en psychologie communautaire latino-américaine.
6.1. Le modèle bidimensionnel de Berry
Le psychologue canadien John Berry (1980, 1997) a révolutionné la compréhension des dynamiques interculturelles en postulant que tout groupe ou individu immigrant est confronté à deux questions fondamentales et indépendantes :
- Est-il jugé important de maintenir son identité culturelle et ses caractéristiques d’origine ?
- Est-il jugé important d’établir et de maintenir des relations avec la société d’accueil élargie ?
Le croisement orthogonal de ces deux axes génère quatre stratégies ou statuts d’acculturation :
- Intégration (Biculturalisme) : Préservation simultanée de la culture d’origine et adoption active de la culture d’accueil (scores élevés sur les deux domaines de la BAS).
- Assimilation : Abandon de la culture d’origine au profit exclusif de la culture d’accueil (score faible sur le domaine hispanique, score élevé sur le domaine non-hispanique).
- Séparation (Traditionnalisme) : Rétention intégrale des normes et idiomes d’origine avec refus ou incapacité d’adopter la culture d’accueil (score élevé sur le domaine hispanique, score faible sur le domaine non-hispanique).
- Marginalisation : Sentiment d’aliénation ou perte d’affiliation envers les deux sphères culturelles (scores faibles sur les deux domaines).
6.2. La centralité du comportement linguistique
Sur le plan épistémologique, Marín et Gamba (1996) ont ancré leur approche dans la tradition pragmatique initiée par Marín et al. (1987) avec la Short Acculturation Scale for Hispanics (SASH). Contrairement à des échelles composites tentant d’agréger des attitudes abstraites, des valeurs familiales (telles que le familismo ou le respeto) et des préférences amicales, la BAS se concentre délibérément sur les comportements linguistiques et médiatiques. Les auteurs soutiennent que les valeurs culturelles profondes évoluent à des rythmes différentiels et ne sont pas nécessairement corrélées de manière linéaire avec le temps passé dans le pays d’accueil. En revanche, la langue constitue l’outil médiateur universel par lequel l’individu interagit, perçoit et internalise les codes socioculturels, garantissant une invariance de mesure plus robuste entre différents sous-groupes nationaux d’origine hispanique (Mexicains, Portoricains, Cubains, Centraméricains).
7. Validité
Les propriétés métrologiques de la BAS ont fait l’objet d’investigations empiriques approfondies lors de son étude de validation princeps et dans de nombreux travaux ultérieurs.
7.1. Validité de construit et validité factorielle
La validité de construit a été initialement démontrée par Marín et Gamba (1996) auprès d’un échantillon représentatif de 254 adultes hispaniques d’origines nationales diverses (principalement mexicaine et centraméricaine). Les analyses factorielles ont confirmé sans ambiguïté la nature bidimensionnelle de l’instrument : les items se regroupent de manière orthogonale en deux macro-facteurs distincts correspondant précisément aux deux cultures de référence, réfutant l’hypothèse d’une dimensionnalité bipolaire inverse.
7.2. Validité convergente et concurrente
La validité de critère et la validité convergente de la BAS ont été établies par l’examen systématique des corrélations entre les scores aux deux domaines et des variables sociodémographiques classiquement associées au processus d’acculturation :
- Génération d’immigration : Les individus de première génération obtiennent des scores significativement plus élevés sur le domaine hispanique et plus faibles sur le domaine non-hispanique que les répondants de deuxième ou troisième génération ($p < 0,001$).
- Durée de résidence aux États-Unis : Parmi les immigrants nés à l’étranger, le score au domaine non-hispanique présente une corrélation positive linéaire robuste avec le nombre d’années passées sur le territoire américain ($r \approx 0,55$ à $0,65$).
- Âge d’arrivée : Une arrivée précoce (enfance ou adolescence) est fortement corrélée à des scores élevés d’acculturation non-hispanique, tandis qu’une immigration à l’âge adulte est associée au maintien prépondérant du domaine hispanique.
- Auto-identification ethnique : Les individus se décrivant comme « Américains » ou « Anglo-américains » présentent des scores nettement supérieurs sur le domaine non-hispanique, tandis que ceux s’identifiant comme « Mexicains » ou « Latinos » affichent des scores élevés sur le domaine hispanique.
7.3. Validité discriminante
L’orthogonalité des deux scores a été confirmée par une corrélation quasi nulle ou très faible entre le score total du domaine hispanique et celui du domaine non-hispanique ($r = -0,08$ à $-0,15$, non significatif ou négligeable dans la plupart des sous-échantillons). Ce résultat démontre que la maîtrise ou l’appréciation de la culture anglophone ne s’opère pas au détriment direct des compétences en espagnol, confirmant l’indépendance psychologique des deux construits.
8. Fidélité
L’évaluation de la fidélité de la BAS met en évidence des coefficients de cohérence interne d’une exceptionnelle solidité, répondant aux critères les plus stricts pour une utilisation tant en recherche fondamentale qu’en évaluation clinique individuelle.
8.1. Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’étude originale de Marín et Gamba (1996), les coefficients alpha de Cronbach calculés sur l’ensemble des 12 items de chaque domaine s’élèvent à :
- Domaine Hispanique (12 items) : $\alpha = 0,90$
- Domaine Non-Hispanique (12 items) : $\alpha = 0,96$
L’examen détaillé des trois sous-échelles fonctionnelles au sein de chaque domaine confirme l’homogénéité interne remarquable des sous-ensembles d’items :
- Usage de la langue : $\alpha = 0,90$ pour le sous-domaine hispanique ; $\alpha = 0,87$ pour le sous-domaine non-hispanique.
- Compétence linguistique : $\alpha = 0,91$ pour le sous-domaine hispanique ; $\alpha = 0,94$ pour le sous-domaine non-hispanique.
- Médias électroniques : $\alpha = 0,81$ pour le sous-domaine hispanique ; $\alpha = 0,86$ pour le sous-domaine non-hispanique.
8.2. Stabilité temporelle et erreur de mesure
Les études de réplication évaluant la stabilité test-retest sur des intervalles de deux à quatre semaines ont mis en évidence des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) supérieurs à 0,88 pour les deux domaines globaux, attestant d’une grande stabilité temporelle en l’absence de transitions biographiques ou environnementales majeures. L’erreur type de mesure (ETM) s’avère particulièrement faible, garantissant que les variations de scores reflètent de véritables modulations de l’engagement culturel plutôt que des fluctuations aléatoires de réponse.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle de la BAS a été rigoureusement analysée par des méthodes d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC), consolidant la justification théorique de son découpage en deux macro-domaines et trois sous-échelles.
9.1. Analyses factorielles exploratoires (AFE)
Lors de la phase de conception initiale, Marín et Gamba ont procédé à une analyse en composantes principales suivie de rotations obliques (Promax) et orthogonales (Varimax). Les résultats ont révélé une structure factorielle de second ordre extrêmement nette :
- Deux macro-facteurs principaux émergent systématiquement, rendant compte de plus de 65 % de la variance totale des réponses. Le premier facteur regroupe l’intégralité des 12 items formulés autour de la langue anglaise (domaine non-hispanique), avec des saturations factorielles (factor loadings) très élevées oscillant entre 0,72 et 0,93. Le second facteur réunit l’ensemble des 12 items orientés vers la langue espagnole (domaine hispanique), affichant des saturations comprises entre 0,65 et 0,89.
- Au sein de chaque grand domaine culturel, des factorisations de premier ordre isolent clairement les trois facettes fonctionnelles attendues : les items d’usage communicatif, les items d’auto-évaluation des compétences (parler, lire, écrire, comprendre) et les items de réception médiatique audiovisuelle. Aucune saturation croisée significative ($> 0,30$) n’a été observée entre les items du domaine hispanique et ceux du domaine non-hispanique, fournissant une preuve empirique irréfutable de la stricte orthogonalité des deux dimensions.
9.2. Modélisation par équations structurelles et AFC
Des investigations contemporaines utilisant l’analyse factorielle confirmatoire ont testé l’adéquation de modèles concurrents (modèle unidimensionnel bipolaire, modèle à deux facteurs indépendants, modèle hiérarchique à deux facteurs de second ordre et six facteurs de premier ordre). Les indices d’ajustement soutiennent invariablement la supériorité du modèle hiérarchique bidimensionnel :
- Indice de qualité d’ajustement comparatif ($CFI$) $> 0,95$
- Indice de Tucker-Lewis ($TLI$) $> 0,94$
- Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation ($RMSEA$) $< 0,06$
Ces données confirment que la BAS saisit fidèlement deux sphères culturelles distinctes, chacune structurée de manière équivalente à travers les comportements d’usage, de compétence et de réception médiatique.
10. Instrument de mesure
La Bidimensional Acculturation Scale for Hispanics se présente sous la forme d’un questionnaire auto-administré ou administré par un enquêteur, rapide à compléter (durée moyenne de passation : 5 à 10 minutes).
10.1. Caractéristiques structurelles
- Nombre total d’items : 24 questions rédigées en termes clairs et univoques.
- Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée sur tablette/ordinateur ou entretien clinique direct.
- Langues d’administration : Disponible en version bilingue (anglais et espagnol). Les répondants bilingues peuvent choisir leur langue de confort pour compléter l’évaluation.
- Format des échelles de réponse : Échelles de Likert ordinales en 4 points adaptées au contenu de chaque sous-échelle :
- Items 1 à 6 (Usage de la langue) : 1 = Almost never (Presque jamais) ; 2 = Sometimes (Parfois) ; 3 = Often (Souvent) ; 4 = Almost always (Presque toujours).
- Items 7 à 18 (Compétence linguistique) : 1 = Very poorly (Très mal) ; 2 = Poorly (Mal) ; 3 = Well (Bien) ; 4 = Very well (Très bien).
- Items 19 à 24 (Médias électroniques) : 1 = Almost never (Presque jamais) ; 2 = Sometimes (Parfois) ; 3 = Often (Souvent) ; 4 = Almost always (Presque toujours).
10.2. Cotation et interprétation des scores
La cotation de la BAS s’effectue en calculant deux scores moyens distincts, variant chacun de 1,0 à 4,0 :
- Score du Domaine Hispanique : Moyenne arithmétique des 12 items hispaniques (items 4, 5, 6, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 22, 23, 24). Formule : $\text{Score Hispanique} = \frac{\sum \text{Items Hispaniques}}{12}$.
- Score du Domaine Non-Hispanique : Moyenne arithmétique des 12 items anglophones (items 1, 2, 3, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 19, 20, 21). Formule : $\text{Score Non-Hispanique} = \frac{\sum \text{Items Non-Hispaniques}}{12}$.
Il est également possible de calculer des sous-scores spécifiques pour chacune des trois dimensions fonctionnelles (usage, compétence, médias) au sein de chaque domaine linguistique si des analyses granulaires sont requises.
10.3. Classification typologique (Seuil critique)
Marín et Gamba (1996) ont défini un seuil de césure théorique et empirique fixé à 2,5 (le milieu exact de l’échelle allant de 1 à 4). Ce point de coupure permet de dichotomiser les individus en catégories d’acculturation « Élevée » ($ge 2,5$) ou « Faible » ($< 2,5$) pour chaque domaine, générant une matrice diagnostique en quatre quadrants :
| Quadrant | Domaine Hispanique | Domaine Non-Hispanique | Statut d’acculturation |
|---|---|---|---|
| Quadrant I | Élevé ($ge 2,5$) | Élevé ($ge 2,5$) | Biculturel / Intégré |
| Quadrant II | Élevé ($ge 2,5$) | Faible ($< 2,5$) | Traditionnel / Séparé |
| Quadrant III | Faible ($< 2,5$) | Élevé ($ge 2,5$) | Assimilé |
| Quadrant IV | Faible ($< 2,5$) | Faible ($< 2,5$) | Marginalisé |
11. Permissions, Tarifs et Année du test
La Bidimensional Acculturation Scale for Hispanics a été initialement publiée en 1996 dans la revue scientifique à comité de lecture Hispanic Journal of Behavioral Sciences (éditions SAGE Publications). L’instrument est également répertorié et détaillé dans des ouvrages de référence sur la mesure ethnique et raciale en psychologie et travail social, notamment l’ouvrage de Davis et Engel (2011) publié chez Springer.
En accord avec les pratiques universitaires standards et l’éthique de la recherche publique, la BAS relève du domaine de la recherche académique ouverte. Elle est accessible sans frais de redevance (libre de droits d’utilisation commerciale directe) pour les chercheurs, universitaires, étudiants et professionnels de santé à des fins d’évaluation clinique non commerciale, d’études épidémiologiques ou de travaux universitaires, sous réserve impérative de citer adéquatement l’article original de Marín et Gamba (1996). Aucune autorisation écrite préalable n’est exigée pour les applications scientifiques à but non lucratif standard. Toute adaptation commerciale, incorporation dans des logiciels payants ou diffusion à grande échelle à visée lucrative demeure soumise aux autorisations de droits d’auteur de l’éditeur d’origine (SAGE Publications).
12. Références
- Berry, J. W. (1980). Acculturation as varieties of adaptation. Dans A. M. Padilla (dir.), Acculturation: Theory, models and some new findings (p. 9–25). Westview Press.
- Berry, J. W. (1997). Immigration, acculturation, and adaptation. Applied Psychology, 46(1), 5–34. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1997.tb01087.x
- Cuéllar, I., Arnold, B., & Maldonado, R. (1995). Acculturation Rating Scale for Mexican Americans-II (ARSMA-II): A revision of a multidimensional acculturation scale for Mexican Americans. Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 17(3), 275–304. https://doi.org/10.1177/07399863950173001
- Davis, L. E., & Engel, R. J. (2011). Measuring race and ethnicity. Springer Science & Business Media. https://doi.org/10.1007/978-1-4419-6696-4
- Gordon, M. M. (1964). Assimilation in American life: The role of race, religion, and national origins. Oxford University Press.
- Marín, G., & Gamba, R. J. (1996). A new measurement of acculturation for Hispanics: The Bidimensional Acculturation Scale for Hispanics (BAS). Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 18(3), 297–316. https://doi.org/10.1177/07399863960183002
- Marín, G., Sabogal, F., Marín, B. V., Otero-Sabogal, R., & Pérez-Stable, E. J. (1987). Development of a short acculturation scale for Hispanics. Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 9(2), 183–205. https://doi.org/10.1177/07399863870092005
- Szapocznik, J., Scopetta, M. A., Kurtines, W., & de los Angeles Aranalde, M. (1978). Theory and measurement of acculturation. Interamerican Journal of Psychology, 12(2), 113–130.
13. Questions et items du questionnaire
Language Use Subscale
Response scale for Items 1–6: 1 = Almost never; 2 = Sometimes; 3 = Often; 4 = Almost always
- How often do you speak English?
- How often do you speak in English with your friends?
- How often do you think in English?
- How often do you speak Spanish?
- How often do you speak in Spanish with your friends?
- How often do you think in Spanish?
Linguistic Proficiency Subscale
Response scale for Items 7–18: 1 = Very poorly; 2 = Poorly; 3 = Well; 4 = Very well
- How well do you speak English?
- How well do you read in English?
- How well do you understand TV programs in English?
- How well do you understand radio programs in English?
- How well do you write in English?
- How well do you understand music in English?
- How well do you speak Spanish?
- How well do you read in Spanish?
- How well do you understand TV programs in Spanish?
- How well do you understand radio programs in Spanish?
- How well do you write in Spanish?
- How well do you understand music in Spanish?
Electronic Media Subscale
Response scale for Items 19–24: 1 = Almost never; 2 = Sometimes; 3 = Often; 4 = Almost always
- How often do you watch TV programs in English?
- How often do you listen to radio programs in English?
- How often do you listen to music in English?
- How often do you watch TV programs in Spanish?
- How often do you listen to radio programs in Spanish?
- How often do you listen to music in Spanish?