Échelle d’acceptation de la violence dans le couple

L’Échelle d’acceptation de la violence dans le couple (Acceptance of Couple Violence scale – ACVS), conçue par Vangie A. Foshee et son équipe dans le cadre du projet Safe Dates et répertoriée par les CDC, mesure les attitudes de légitimation de la violence relationnelle chez les adolescents et jeunes adultes.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’acceptation de la violence dans le couple (connue dans la littérature internationale sous l’appellation Acceptance of Couple Violence scale ou ACVS) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé initialement dans le cadre des travaux pionniers du projet Safe Dates sous la direction de Vangie A. Foshee et ses collaborateurs (1996, 1998) à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, puis répertorié de manière exhaustive par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans le recueil d’outils d’évaluation des violences chez les jeunes rédigé par Dahlberg et al. (1998, 2005). Cet instrument a été conçu spécifiquement pour quantifier le niveau d’approbation cognitive, de tolérance normative et de légitimation des agressions physiques et relationnelles au sein des relations amoureuses chez les adolescents et les jeunes adultes (notamment les élèves des niveaux scolaires 8-9, soit les adolescents âgés de 13 à 16 ans).

Dans sa forme standardisée la plus diffusée et validée pour la recherche interventionnelle, l’échelle comprend 11 items structurés autour de trois dimensions psychométriques distinctes : l’acceptation de la violence masculine dirigée contre les femmes (Male on Female Violence, items 1, 3 et 4), l’acceptation de la violence féminine dirigée contre les hommes (Female on Male Violence, items 5, 6 et 8), et l’acceptation de la violence générale au sein des fréquentations amoureuses (General Dating Violence, items 2, 7, 9, 10 et 11). Les répondants se positionnent au moyen d’un format de réponse de type Likert en 4 points, s’étalant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 4 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree), bien que des versions adaptées étendues à 22 items ou calibrées sur une échelle en 5 points aient également vu le jour dans des protocoles ultérieurs (notamment à l’Université du Missouri-Columbia en 2003).

Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,86 pour l’échelle globale et entre 0,68 et 0,82 pour les trois sous-échelles, ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle lors des évaluations longitudinales. La structure factorielle tri-dimensionnelle a été corroborée par des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses. De surcroît, l’échelle présente une validité prédictive remarquable : les scores d’acceptation prédisent significativement l’occurrence ultérieure d’actes d’agression physique infligés au partenaire ou subis au sein du couple, faisant de cet outil un étalon d’évaluation privilégié pour les programmes de prévention primaire et tertiaire de la violence interpersonnelle.

2. Mots-clés / Keywords

acceptation de la violence, violence dans les fréquentations, relations amoureuses adolescentes, psychométrie, attitudes envers la violence, violence entre partenaires intimes, échelle Safe Dates, délinquance juvénile, agression physique, prévention de la violence, sexisme et normes de genre, Centers for Disease Control and Prevention, validation transculturelle, comportement antisocial

3. Auteurs / Authors

L’architecture originelle de l’instrument découle des recherches coordonnées par l’équipe du projet longitudinal Safe Dates au département de comportement de santé et d’éducation sanitaire de l’École de santé publique Gillings de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (UNC) :

  • Vangie A. Foshee, Ph.D. — Professeure émérite au Department of Health Behavior, Gillings School of Global Public Health, University of North Carolina at Chapel Hill (Courriel : [email protected]). Directrice scientifique du projet Safe Dates.
  • G. Frank Linder, Ph.D. — Chercheur associé, Department of Health Behavior, University of North Carolina at Chapel Hill.
  • Karl E. Bauman, Ph.D. — Professeur, Department of Maternal and Child Health and Department of Health Behavior, University of North Carolina at Chapel Hill.
  • Susan A. Langwick, Ph.D. — Spécialiste de la recherche en santé publique, University of North Carolina at Chapel Hill.
  • Ximena B. Arriaga, Ph.D. — Professeure de psychologie sociale, Department of Psychological Sciences, Purdue University.
  • Jacquelyn L. Heath, M.Ed. — Coordinatrice de programme communautaire, University of North Carolina at Chapel Hill.
  • Pamela M. McMahon, Ph.D. — Épidémiologiste, Centers for Disease Control and Prevention (CDC), National Center for Injury Prevention and Control, Atlanta, Géorgie.
  • Shrikant I. Bangdiwala, Ph.D. — Professeur de biostatistique, Department of Biostatistics, University of North Carolina at Chapel Hill, et McMaster University.

L’instrument a été formellement intégré dans le répertoire officiel des instruments de mesure de la violence chez les jeunes des CDC par Linda L. Dahlberg, Ph.D., Susan B. Toal, M.P.H., et Christopher B. Behrens, M.D. au sein du National Center for Injury Prevention and Control à Atlanta, Géorgie.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’acceptation de la violence dans le couple est de mesurer de façon standardisée, objective et reproductible les attitudes individuelles qui légitiment, banalisent ou approuvent le recours à l’agression physique et psychologique au sein des relations de couple adolescentes ou de jeunes adultes. En psychologie de la santé et en victimologie, l’adhésion à des croyances tolérant la violence constitue l’un des prédicteurs étiologiques proximaux les plus robustes du passage à l’acte violent et de la tolérance de la victimisation. Mesurer ce construit permet de dépasser la seule observation des comportements manifestes en appréhendant les schémas cognitifs qui précèdent, justifient et maintiennent les cycles d’agression.

Dans le domaine de la recherche clinique et épidémiologique, l’échelle répond à une quadruple finalité :

  • Identification précoce des populations à risque : L’outil est largement administré en milieu scolaire (notamment dès les classes de 8e et 9e années, correspondant aux élèves de 13 à 15 ans) pour repérer les individus ou les cohortes présentant des croyances permissives vis-à-vis des conflits relationnels violents, permettant ainsi un ciblage prioritaire des actions éducatives.
  • Évaluation de l’efficacité des programmes d’intervention : L’échelle a constitué le critère de jugement attitudinal primaire de l’essai contrôlé randomisé du programme Safe Dates, démontrant la capacité des ateliers pédagogiques à réduire significativement l’adhésion aux mythes de justification de la violence au fil des post-tests et des suivis longitudinaux à long terme.
  • Modélisation théorique des trajectoires délinquantielles : Utilisée conjointement avec des échelles évaluant l’exposition à la violence domestique familiale, la consommation de substances psychoactives et les traits antisociaux, l’ACVS permet de comprendre comment l’acceptation de la violence opère comme variable médiatrice ou modératrice entre un environnement toxique durant l’enfance et la perpétration d’agressions au sein du couple émergent.
  • Analyse de la symétrie et de l’asymétrie de genre : Grâce à la dissociation structurelle de ses sous-échelles, l’outil permet de disséquer comment les normes socioculturelles différencient la tolérance des violences perpétrées par les hommes à l’égard des femmes de celles perpétrées par les femmes à l’égard des hommes, mettant en lumière le rôle des doubles standards sexistes et des stéréotypes de réciprocité.

Sur le plan pratique et clinique, bien que l’instrument ait été conçu initialement comme un outil de recherche quantitative de santé publique, il sert fréquemment de support réflexif lors de prises en charge individuelles ou de thérapies de groupe auprès d’adolescents placés sous main de justice ou orientés vers des centres de médiation familiale. Les professionnels peuvent ainsi examiner item par item les distorsions cognitives du patient (par exemple, la croyance romantisée selon laquelle frapper son partenaire découle d’un amour passionnel intense) et déconstruire les rationalisations sous-jacentes à la violence.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’échelle est l’acceptation cognitive et normative de la violence entre partenaires intimes (Acceptance of Dating/Couple Violence). Ce construit ne mesure pas directement la fréquence ou la sévérité des actes commis ou subis, mais plutôt le degré auquel un individu juge la violence physique acceptable, justifiable, méritée, fonctionnelle ou inévitable dans le contexte des interactions amoureuses.

L’instrument postule que l’acceptation de la violence n’est pas un concept monolithique unidimensionnel, mais une structure multidimensionnelle articulée autour de trois axes fondamentaux :

1. L’acceptation de la violence des hommes envers les femmes (Male on Female Violence)

Cette composante (mesurée par les items 1, 3 et 4) explore la tolérance spécifique des agressions commises par un garçon sur sa conjointe ou petite amie. Elle évalue l’intériorisation de scripts patriarcaux et de mécanismes de blâme de la victime (victim-blaming). Cette dimension est illustrée par deux types de distorsions cognitives majeures :

  • La romantisation de l’agression : L’item 1 (« A boy angry enough to hit his girlfriend must love her very much ») capture la confusion pathologique entre passion amoureuse, possessivité jalouse et impulsion agressive. L’acte violent y est réinterprété comme le témoignage d’un attachement profond, neutralisant ainsi son caractère délictuel.
  • La culpabilisation légitimante : Les items 3 et 4 (« Girls sometimes deserve to be hit by the boys they date » et « A girl who makes her boyfriend jealous on purpose deserves to be hit ») évaluent la croyance que la femme enfreignant des attentes comportementales (par exemple, susciter volontairement de la jalousie) justifie une mesure de rétorsion punitive de la part de son partenaire.

2. L’acceptation de la violence des femmes envers les hommes (Female on Male Violence)

Symétrique de la première dimension, cette sous-échelle (mesurée par les items 5, 6 et 8) quantifie l’approbation des comportements violents adoptés par les filles à l’encontre de leur petit ami :

  • L’équivalence des stéréotypes passionnels : L’item 6 (« A girl angry enough to hit her boyfriend must love him very much ») mesure l’adhésion au même trope romantique déviant attribué cette fois au comportement féminin.
  • La minimisation et la légitimation punitive : Les items 5 et 8 (« Boys sometimes deserve to be hit by the girls they date » et « A boy who makes his girlfriend jealous on purpose deserves to be hit ») explorent l’acceptation de l’agression physique comme réponse proportionnée aux transgressions relationnelles masculines. Dans de nombreuses cultures adolescentes, l’agression perpétrée par une fille est souvent perçue comme anodine ou justifiée en raison d’un différentiel perçu de force physique, ce que cette sous-échelle permet de quantifier avec précision.

3. L’acceptation de la violence générale dans les fréquentations (General Dating Violence)

Cette sous-échelle (items 2, 7, 9, 10 et 11) se détache des attributions de genre pour sonder la croyance globale en l’utilité, la fatalité ou la sphère privée de la violence dans le couple :

  • L’utilité fonctionnelle perçue : L’item 2 (« Violence between dating partners can improve the relationship ») examine l’idée paradoxale selon laquelle l’explosion physique permettrait d’apaiser les tensions ou de réinitialiser favorablement le lien affectif.
  • Le fatalisme communicationnel : Les items 9 et 10 (« Sometimes violence is the only way to express your feelings » et « Some couples must use violence to solve their problems ») ciblent les déficits perçus en habiletés de résolution non-violente des conflits et l’adhésion à l’agression comme unique canal expressif.
  • La normalisation contextuelle et l’isolement social : L’item 7 (« There are times when violence between dating partners is okay ») évalue la tolérance inconditionnelle d’exceptions, tandis que l’item 11 (« Violence between dating partners is a personal matter and people should not interfere ») sonde la privatisation de la maltraitance, un facteur protecteur des agresseurs qui décourage le recours à l’aide extérieure (help-seeking behavior).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’Échelle d’acceptation de la violence dans le couple s’enracine au confluent de trois courants théoriques majeurs de la psychologie sociale, de la criminologie et de la santé publique :

1. La théorie de l’apprentissage social (Bandura)

La formulation des items repose fondamentalement sur la théorie de l’apprentissage social formulée par Albert Bandura (1977, 1986). Selon ce paradigme, les conduites agressives chez l’adolescent ne sont pas de simples décharges pulsionnelles innées, mais résultent du modelage observationnel (exposition à des scènes de violence intrafamiliale, interactions avec les pairs délinquants, représentations médiatiques) combiné à un ensemble de renforcements cognitifs. Les adolescents exposés à des violences conjugales parentales développent des schèmes normatifs intériorisés selon lesquels l’agression physique constitue une modalité acceptable, voire efficace, pour imposer sa volonté ou exprimer une frustration. L’échelle opérationnalise directement ce que Bandura nomme le désengagement moral : la justification morale de l’agression, la minimisation des conséquences néfastes et l’attribution de la responsabilité à la victime (deserving to be hit).

2. Le modèle socio-écologique (Bronfenbrenner, Dahlberg & Krug)

L’ACVS s’intègre harmonieusement dans le modèle socio-écologique proposé initialement par Urie Bronfenbrenner (1979) et adapté par les CDC et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’étude de la violence interpersonnelle. Ce modèle conceptualise le risque de violence à travers quatre niveaux interactifs : individuel, relationnel, communautaire et sociétal. L’acceptation de la violence se situe au niveau individuel en tant que croyance cognitive, mais elle reflète directement l’influence du niveau sociétal (idéologies patriarcales, tolérance culturelle des châtiments corporels) et du niveau relationnel (dynamiques de groupe de pairs approuvant l’agressivité virile). L’évaluation des attitudes par l’ACVS permet d’intervenir au point d’articulation exact où les normes sociétales sont métabolisées en croyances subjectives déterminant le comportement interpersonnel.

3. Les théories féministes et les théories des scripts relationnels de genre

Les travaux de Foshee et ses collègues (1996) ont été profondément influencés par les approches structurelles féministes de la violence conjugale, articulées avec la théorie des scripts relationnels (Simon & Gagnon). Ces modèles stipulent que l’acceptation de la violence masculine est soutenue par des attentes stéréotypées de contrôle, d’autorité et de domination masculine au sein du couple, tandis que l’infidélité ou la provocation supposée de la partenaire (la jalousie intentionnelle ciblée par l’item 4) est construite comme une rupture de contrat moral justifiant une sanction disciplinaire physique. En interrogeant parallèlement la violence féminine et masculine, l’outil permet d’explorer les asymétries et convergences des scripts coercitifs contemporains chez les adolescents.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’acceptation de la violence dans le couple a été scrupuleusement examinée dans les publications fondatrices de Foshee et al. (1996, 1998) ainsi que dans une multitude d’investigations indépendantes portant sur des échantillons diversifiés d’adolescents scolarisés en milieu urbain et rural.

Validité de construit et de contenu

La validité de contenu a été initialement assurée par un processus rigoureux de recension de la littérature sur la violence relationnelle juvénile, complété par des groupes de discussion (focus groups) menés auprès d’élèves de 8e et 9e années afin de formuler des items qui reflètent fidèlement le vocabulaire, les situations conflictuelles réelles et les représentations subjectives des adolescents. Des panels d’experts en santé publique, en victimologie et en développement adolescent ont validé la pertinence conceptuelle des formulations retenues.

Validité convergente

L’échelle affiche des corrélations positives statistiquement significatives avec de multiples instruments mesurant des concepts apparentés :

  • Les échelles de justification générale de l’agression (comme la Normative Beliefs About Aggression Scale de Huesmann & Guerra, 1997), avec des coefficients $r$ oscillant entre 0,45 et 0,62 ($p < 0,001$).
  • L’adhésion aux stéréotypes traditionnels de rôles de genre masculins/féminins ($r = 0,38$ à $0,54$).
  • L’exposition antérieure à la violence intrafamiliale (témoin de violence parentale ou victime de châtiments physiques sévères, $r = 0,28$ à $0,41$).
  • L’affiliation à des pairs déviants et tolérants envers les conduites antisociales ($r = 0,35$ à $0,48$).

Validité discriminante

La validité discriminante est établie par l’absence de corrélation forte ou par des associations négatives/nulles avec des construits orthogonaux comme l’estime de soi globale (Rosenberg), la désirabilité sociale (mesurée par des versions abrégées de l’échelle de Marlowe-Crowne, avec des coefficients $r$ n’excédant généralement pas $-0,15$), et le rendement académique général.

Validité prédictive et sensibilité au changement

La force cardinale de cet instrument réside dans sa robustesse prédictive longitudinale. Dans les données de suivi de l’essai Safe Dates (Foshee et al., 1998, 2004), les scores initiaux obtenus à l’échelle d’acceptation de la violence prédisaient significativement, à 14 mois et à 4 ans de distance, la perpétration effective de violences physiques dans les fréquentations ($OR$ ajusté variant de 1,60 à 2,30 selon les modèles multivariés) ainsi que la victimisation subie. De plus, l’échelle a démontré une sensibilité élevée aux effets des interventions éducatives : les adolescents ayant suivi le cursus préventif Safe Dates ont manifesté une baisse significative et durable de leurs scores d’acceptation comparativement au groupe témoin.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’ACVS ont été largement documentées à travers des études transversales et des cohortes longitudinales de grande envergure (notamment des cohortes dépassant 1 800 à 3 000 adolescents dans les évaluations des CDC).

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les analyses de consistance interne démontrent une excellente homogénéité des items :

  • Échelle totale (11 items) : Les coefficients $\alpha$ de Cronbach se situent habituellement entre 0,78 et 0,86 à travers les vagues d’enquêtes longitudinales (Foshee et al., 1996, 1998).
  • Sous-échelle « Male on Female Violence » (items 1, 3, 4) : Les coefficients $\alpha$ varient entre 0,70 et 0,81. Bien que comportant seulement trois items, la cohérence reste solide en raison du fort pouvoir discriminant de l’item du blâme sur la jalousie.
  • Sous-échelle « Female on Male Violence » (items 5, 6, 8) : Les valeurs de $\alpha$ oscillent entre 0,68 et 0,79.
  • Sous-échelle « General Dating Violence » (items 2, 7, 9, 10, 11) : Les coefficients $\alpha$ se situent entre 0,72 et 0,80.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Auprès d’un groupe contrôle d’adolescents non exposés à des interventions ciblées évalués à un intervalle de 3 à 4 semaines, le coefficient de corrélation intra-classe (CCI) test-retest s’est établi à 0,76, témoignant d’une bonne stabilité temporelle tout en autorisant la détection de changements d’attitudes sous l’effet d’événements de vie ou de programmes de prévention structurés. À un an d’intervalle, la stabilité relative demeure modérée à forte ($r \approx 0,55$ à $0,62$), reflétant à la fois la permanence relative des croyances normatives et l’évolution maturative propre à l’adolescence.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle d’acceptation de la violence a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) approfondies.

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Lors de l’élaboration princeps par Foshee et al. (1996), les analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) ont systématiquement révélé une solution à trois facteurs sous-jacents ayant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant cumulativement plus de 58 % à 64 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 (Acceptation de la violence générale) : Regroupe les items 2, 7, 9, 10 et 11, avec des saturations factorielles allant de 0,54 à 0,78.
  • Facteur 2 (Acceptation de la violence masculine sur les femmes) : Isole les items 1, 3 et 4, avec des saturations factorielles solides situées entre 0,66 et 0,83.
  • Facteur 3 (Acceptation de la violence féminine sur les hommes) : Regroupe les items 5, 6 et 8, avec des saturations factorielles comprises entre 0,62 et 0,81.

Aucune saturation croisée substantielle (> 0,30) n’a été observée sur plusieurs facteurs simultanément, confortant l’indépendance fonctionnelle des dimensions tout en reconnaissant leurs intercorrélations modérées (les corrélations inter-facteurs gravitant autour de $r = 0,40$ à $0,55$).

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Dans les études de réplication (notamment dans les rapports de modélisation structurelle du recueil des CDC ; Dahlberg et al., 2005), le modèle théorique à trois facteurs corrélés a présenté des indices d’adéquation nettement supérieurs à un modèle unifactoriel unidimensionnel :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) : > 0,95
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : > 0,94
  • Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : < 0,05 (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre 0,038 et 0,059)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : < 0,045

Ces données confirment l’invariance de mesure de l’instrument à travers les sexes, bien que les garçons manifestent régulièrement des niveaux moyens d’acceptation légèrement supérieurs à ceux des filles pour la violence masculine et générale.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Questionnaire psychométrique auto-rapporté en passation individuelle ou collective (sur support papier-crayon ou administration informatisée).
  • Population cible : Adolescents et jeunes adultes, calibré principalement pour les élèves de 8e et 9e années (13 à 16 ans), adaptable aux cohortes d’étudiants universitaires.
  • Nombre d’items : 11 items dans sa version officielle issue du projet Safe Dates et publiée dans le recueil des CDC (versions adaptées étendues à 22 items dans certaines extensions de recherche).
  • Échelle de réponse (Format officiel Safe Dates / CDC) : Échelle de Likert à 4 points sans point neutre :
    • 1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
    • 2 = Disagree (Pas d’accord)
    • 3 = Agree (D’accord)
    • 4 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)

    (Note : Certaines variantes universitaires ont occasionnellement utilisé une échelle en 5 points allant de 1 « Strongly disagree » à 5 « Strongly agree »).

  • Structure des sous-échelles :
    • Acceptation de la violence des garçons envers les filles (Male on Female Violence) : Items 1, 3 et 4.
    • Acceptation de la violence des filles envers les garçons (Female on Male Violence) : Items 5, 6 et 8.
    • Acceptation de la violence générale dans les fréquentations (General Dating Violence) : Items 2, 7, 9, 10 et 11.
  • Modalités de cotation et de calcul des scores :
    • Pour chaque sous-échelle, le score s’obtient en calculant la somme brute des points associés aux items respectifs, ou alternativement en effectuant la moyenne arithmétique (somme divisée par le nombre d’items répondus pour ramener le score sur l’amplitude de 1 à 4).
    • Un score global d’acceptation de la violence dans le couple peut être dérivé en sommant l’intégralité des 11 items (amplitude possible : 11 à 44 points) ou par la moyenne générale (1,00 à 4,00).
    • Interprétation : Aucun item n’est inversé (tous les énoncés sont orientés dans le sens de la tolérance de la violence). Un score élevé reflète un degré élevé d’acceptation, de légitimation et de tolérance normative de la violence au sein du couple ; un score faible traduit un rejet catégorique et ferme de l’agression physique comme modalité relationnelle.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1996 (publication princeps du Safe Dates Project par Foshee et al. dans l’American Journal of Preventive Medicine), compilé formellement par les CDC en 1998 et 2005 ; versions universitaires élargies adaptées en 2003.
  • Coût et tarification : Gratuit (No fees reported). Aucun coût de licence n’est requis pour l’utilisation scientifique, éducative ou clinique de l’instrument.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’instrument relève du domaine public de la recherche en santé publique, ayant été financé par des fonds fédéraux et diffusé en libre accès par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans le compendium public Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools.
  • Contact et affiliations académiques : Pour toute utilisation spécifique ou demande d’adaptation, les chercheurs peuvent contacter le Dr Vangie A. Foshee à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (Courriel : [email protected] ; Site institutionnel : https://www.unc.edu).

12. Références / References

Les sources bibliographiques ci-dessous regroupent les publications princeps de développement, de validation psychométrique et de compilation officielle de l’échelle :

  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., & Behrens, C. B. (1998). Measuring violence-related attitudes, beliefs, and behaviors among youths: A compendium of assessment tools. Atlanta, GA: Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. http://files.eric.ed.gov/fulltext/ED486261.pdf
  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring violence-related attitudes, behaviors, and influences among youths: A compendium of assessment tools (2nd ed.). Atlanta, GA: Centers for Disease Control and Prevention. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
  • Foshee, V. A., Bauman, K. E., Arriaga, X. B., Helms, R. W., Koch, G. G., & Linder, G. F. (1998). An evaluation of Safe Dates, an adolescent dating violence prevention program. American Journal of Public Health, 88(1), 45-50. https://doi.org/10.2105/ajph.88.1.45
  • Foshee, V. A., Bauman, K. E., Ennett, S. T., Linder, G. F., Benefield, T., & Suchindran, C. (2004). Assessing the long-term effects of the Safe Dates program and a booster in preventing and reducing adolescent dating violence victimization and perpetration. American Journal of Public Health, 94(4), 619-624. https://doi.org/10.2105/ajph.94.4.619
  • Foshee, V. A., Linder, G. F., Bauman, K. E., Langwick, S. A., Arriaga, X. B., Heath, J. L., McMahon, P. M., & Bangdiwala, S. (1996). The Safe Dates Project: Theoretical basis, evaluation design, and selected baseline findings. American Journal of Preventive Medicine, 12(5, Supplement), 39-47. https://doi.org/10.1016/S0749-3797(18)30233-X
  • Huesmann, L. R., & Guerra, N. G. (1997). Children’s normative beliefs about aggression and aggressive behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 72(2), 408-419. https://doi.org/10.1037/0022-3514.72.2.408

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Acceptance of Couple Violence Scale

Response Scale:
1 = Strongly disagree
2 = Disagree
3 = Agree
4 = Strongly agree


  1. A boy angry enough to hit his girlfriend must love her very much.
  2. Violence between dating partners can improve the relationship.
  3. Girls sometimes deserve to be hit by the boys they date.
  4. A girl who makes her boyfriend jealous on purpose deserves to be hit.
  5. Boys sometimes deserve to be hit by the girls they date.
  6. A girl angry enough to hit her boyfriend must love him very much.
  7. There are times when violence between dating partners is okay.
  8. A boy who makes his girlfriend jealous on purpose deserves to be hit.
  9. Sometimes violence is the only way to express your feelings.
  10. Some couples must use violence to solve their problems.
  11. Violence between dating partners is a personal matter and people should not interfere.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle d’acceptation de la violence dans le couple. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-acceptation-de-la-violence-dans-le-couple/
Looti, Mohammed. “Échelle d’acceptation de la violence dans le couple.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-acceptation-de-la-violence-dans-le-couple/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’acceptation de la violence dans le couple.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-d-acceptation-de-la-violence-dans-le-couple/.