Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents (HCS-A)

L’Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents (HCS-A) est un instrument psychométrique d’évaluation de l’affiliation culturelle, des coutumes, des croyances et des pratiques traditionnelles autochtones chez les adolescents.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents (Hawaiian Culture Scale-Adolescent, HCS-A), développée par Earl S. Hishinuma et ses collaborateurs en 2000 au sein du National Center on Indigenous Hawaiian Behavioral Health (NCIHBH) de la John A. Burns School of Medicine (University of Hawaiʻi at Mānoa), constitue un instrument psychométrique pionnier conçu pour évaluer de manière multidimensionnelle l’affiliation, l’implication et les connaissances culturelles autochtones chez les jeunes vivant à Hawaï. L’outil s’inscrit dans un effort clinique et épidémiologique d’envergure visant à explorer les liens complexes unissant l’acculturation, l’enculturation, l’identité ethnique et la santé mentale chez les adolescents d’origine autochtone hawaïenne (Kanaka Maoli) ainsi que chez leurs pairs d’autres origines ethnoculturelles grandissant au sein de l’archipel.

L’instrument comprend un ensemble d’items préliminaires portant sur les sources d’apprentissage culturel, les pratiques linguistiques familiales et l’auto-identification ethnique (incluant la proportion de sang hawaïen ou blood quantum), suivis de sept sous-échelles factorielles spécifiques regroupant 41 items : (a) Lifestyles (Modes de vie traditionnels, 8 items), (b) Customs and Beliefs (Coutumes et croyances spirituelles, 11 items), (c) Activities & Social Events (Activités et événements sociaux/communautaires, 10 items), (d) Folklore & Legends (Folklore et légendes traditionnelles, 5 items), (e) Causes-Locations (Revendications politiques et lieux sacrés, 3 items), (f) Causes-Access (Droits d’accès coutumiers à la terre et à la mer, 2 items), et (g) Language Proficiency (Compétences linguistiques en langue hawaïenne, 2 items). Les formats de réponse varient selon les sections, utilisant des échelles de type Likert en 3 points adaptées aux dimensions comportementales, cognitives et évaluatives (allant de l’absence de familiarité à la pratique effective ou à l’adhésion croyante), ainsi que des échelles d’importance et d’évaluation en 5 points.

Les propriétés psychométriques de la HCS-A, établies sur un échantillon représentatif de plus de 4 000 élèves du secondaire à Hawaï, démontrent une consistance interne globale élevée (alpha de Cronbach total souvent supérieur à 0,90, avec des coefficients par sous-échelle s’échelonnant généralement entre 0,65 et 0,88), une structure factorielle stable confirmée par analyse factorielle exploratoire et confirmatoire, ainsi qu’une excellente validité de construit, différentielle et concourante en corrélation avec l’estime de soi, l’adaptation psychosociale et le bien-être émotionnel.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents, HCS-A, enculturation, acculturation, identité culturelle autochtone, Kanaka Maoli, psychométrie transculturelle, santé mentale des adolescents, Hishinuma, facteurs de protection culturelle.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents a été élaborée et validée par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs en psychiatrie, en psychologie et en statistiques biomédicales rattachés au Département de psychiatrie de la John A. Burns School of Medicine de l’University of Hawaiʻi at Mānoa. Les auteurs principaux incluent :

  • Earl S. Hishinuma, Ph.D. : Professeur au Département de psychiatrie, spécialiste en psychométrie, statistiques comportementales et recherche sur la santé des minorités autochtones (Courriel de correspondance : [email protected]).
  • John J. McArdle, Ph.D. : Méthodologue et statisticien de renommée internationale, expert en modélisation par équations structurelles et modèles de croissance latente.
  • Naleen N. Andrade, M.D. : Pédopsychiatre, directrice du National Center on Indigenous Hawaiian Behavioral Health (NCIHBH) et professeure au Département de psychiatrie de l’Université d’Hawaï.
  • Ronald H. Miyamoto, M.A., Stephanie B. Nahulu, M.D., George K. Makini Jr., M.D., Y. C. Yuen, M.S., Stephanie T. Nishimura, M.S.W., Ph.D., John F. McDermott Jr., M.D., J. A. Waldron, Ph.D., K. L. Luke, M.D., et Alayne Yates, M.D..

Cette équipe multidisciplinaire a collaboré étroitement avec des aînés (kūpuna), des praticiens traditionnels du bien-être et des enseignants autochtones afin d’assurer l’authenticité culturelle et la pertinence communautaire de chaque item de l’instrument.

4. Objectif / Purpose

La création de la HCS-A répond à une nécessité méthodologique et clinique majeure dans le domaine de la psychologie interculturelle et de la pédopsychiatrie : disposer d’un instrument psychométriquement robuste permettant d’opérationnaliser et de quantifier le niveau d’affiliation et d’engagement culturel des adolescents au sein du contexte spécifique de l’archipel hawaïen. Pendant plusieurs décennies, la recherche épidémiologique sur les populations autochtones a souffert de l’utilisation réductrice de variables catégorielles simples (comme l’auto-déclaration ethnique ou le pourcentage d’ascendance biologique), occultant l’extrême hétérogénéité des expériences culturelles vécues, des pratiques quotidiennes et des sentiments d’appartenance.

D’un point de vue clinique, la HCS-A a été conçue pour examiner le rôle de la culture en tant que potentiel facteur de protection ou, à l’inverse, comme source de stress identitaire face aux exigences d’une société majoritaire occidentalisée. Les jeunes Hawaïens autochtones présentaient historiquement des taux disproportionnés de dépression, d’idéations suicidaires, de consommation de substances psychoactives et de difficultés d’apprentissage par rapport à la moyenne nationale nord-américaine. Les chercheurs avaient besoin d’un outil capable de vérifier empiriquement si une forte enculturation — c’est-à-dire le maintien actif des croyances, des rituels familiaux, de l’usage linguistique et des activités de subsistance traditionnelles — atténue les effets néfastes du traumatisme historique et des disparités socio-économiques.

Dans le domaine de la recherche, l’échelle vise trois objectifs complémentaires :

  • Différencier l’affiliation culturelle objective des affiliations subjectives : Mesurer non seulement ce que l’adolescent valorise affectivement, mais également ses savoir-faire concrets (par exemple, la préparation du poi, la pêche au filet, la participation aux danses du hula) et son adhésion cognitive aux systèmes de valeurs traditionnels.
  • Fournir une mesure différentielle applicable à diverses cohortes ethniques : Bien que centrée sur la culture autochtone hawaïenne, la HCS-A a été standardisée auprès de populations ethniques mixtes (élèves d’origine hawaïenne, caucasiens, philippins, nippo-américains, etc.), permettant d’analyser l’acculturation des minorités non hawaïennes à la culture d’accueil locale.
  • Guider le développement de programmes de prévention et d’interventions thérapeutiques : Offrir aux intervenants scolaires et communautaires une base diagnostique pour calibrer des programmes enrichis sur le plan culturel (culturally responsive interventions) valorisant le concept de ‘ohana (famille élargie), de lōkahi (harmonie, équilibre) et d’aloha ‘āina (respect et connexion à la terre).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par la HCS-A est l’affiliation culturelle hawaïenne (Hawaiian cultural affiliation/enculturation). Loin d’être un concept unidimensionnel, l’affiliation culturelle est conceptualisée par Hishinuma et son équipe comme une entité dynamique, polyfacétique et développementale englobant l’apprentissage, les comportements de subsistance, les valeurs spirituelles, l’engagement civique et l’usage de la langue indigène. Ce construit intègre sept dimensions factorielles clairement individualisées, complétées par des indicateurs de transmission et de valorisation :

1. Modes de vie traditionnels (Lifestyles – 8 items)

Cette dimension évalue l’implication pratique dans des activités ancestrales de subsistance et de partage alimentaire. Elle englobe des savoir-faire concrets liés à la terre et à la mer, tels que la culture du taro (kalo), la pêche au filet (net fishing), la pêche à l’‘ōpelu, le ramassage des algues marines (limu picking), la confection du poi (aliment de base fermenté à base de taro), le séchage du poisson et la chasse. Le continuum de réponse appréhende le passage de l’absence de familiarité à la maîtrise technique et à l’exécution régulière.

2. Coutumes et croyances (Customs and Beliefs – 11 items)

Cette sous-échelle sonde l’intégration des valeurs spirituelles, relationnelles et ontologiques de la cosmogonie hawaïenne. Elle comprend des concepts fondamentaux tels que l’‘ohana (structure familiale élargie fondée sur le soutien inconditionnel), le lōkahi (principe d’équilibre entre l’homme, la nature et le spirituel), l’aloha ‘āina (amour, soin et protection de la terre nourricière), le recours aux soins traditionnels comme le ho‘oponopono (résolution des conflits et réconciliation familiale) ou le lomilomi (massage thérapeutique sacré), la croyance aux ‘aumākua (esprits tutélaires ancestraux incarnés dans des animaux ou éléments naturels), le respect du système kapu (tabous et lois sacrées), ainsi que la bénédiction du foyer par un kahuna (prêtre ou expert traditionnel).

3. Activités et événements sociaux (Activities & Social Events – 10 items)

Ce volet mesure la participation aux manifestations artistiques, sportives et festives qui assurent la cohésion communautaire contemporaine. Les items couvrent la pratique ou l’apprentissage du hula, le chant traditionnel (oli) et le jeu d’instruments, l’écoute régulière de la musique et des stations de radio hawaïennes, l’assistance ou le suivi du prestigieux festival Merrie Monarch, l’engagement au sein de clubs d’étudiants hawaïens, la pratique de la pirogue à balancier (canoe paddling), le tressage de colliers de fleurs (lei making), l’artisanat traditionnel et la célébration des rites de passage tels que le baby lū‘au (célébration du premier anniversaire d’un enfant).

4. Folklore et légendes (Folklore & Legends – 5 items)

Cette dimension s’intéresse à la connaissance et au degré de croyance envers les récits mythologiques et surnaturels autochtones. Elle explore les représentations associées à la déesse des volcans Pele, aux esprits des guerriers ancestraux (Nightmarchers ou huaka‘i pō), aux Menehune (peuple légendaire de bâtisseurs nocturnes), aux pouvoirs spirituels du kahuna, ainsi qu’à l’usage protecteur des feuilles de ti (kī) contre les influences négatives.

5. Revendications politiques et lieux emblématiques (Causes-Locations – 3 items)

Cette sous-échelle mesure la sensibilisation civique et le soutien accordé aux luttes historiques de protection territoriale et d’autodétermination autochtone. Elle se concentre sur des sites géographiques emblématiques du réveil culturel et des combats anti-urbanisation des années 1970 et suivantes, notamment les vallées de Waiahole/Waikane (lutte pour la préservation des terres agricoles et des droits d’eau), la plage de Waimānalo et Sand Island.

6. Droits d’accès coutumiers (Causes-Access – 2 items)

Liée à la souveraineté territoriale et aux droits coutumiers ancestraux garantis par les traditions insulaires, cette composante évalue l’engagement et l’adhésion des jeunes à la défense du libre accès aux ressources de l’océan (access rights to the ocean) et aux zones de montagne/forêt (access rights to the mountains), éléments cruciaux face à la privatisation croissante des littoraux.

7. Compétences linguistiques (Language Proficiency – 2 items)

Cette sous-échelle évalue spécifiquement l’auto-évaluation par l’adolescent de sa capacité réceptive (compréhension) et expressive (expression orale) en langue hawaïenne (‘ōlelo Hawai‘i), un vecteur fondamental de transmission identitaire après plus d’un siècle de marginalisation linguistique institutionnelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise théorique de la HCS-A repose sur la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie contemporaine : la psychologie autochtone (Indigenous Psychology), les modèles multidimensionnels de l’acculturation bidirectionnelle, et la théorie de l’identité sociale et ethnique appliquée à l’adolescence.

Sur le plan de l’acculturation, l’échelle transcende les modèles assimilationnistes linéaires obsolètes du début du XXe siècle, qui postulaient qu’un individu devait nécessairement abandonner sa culture d’origine pour s’adapter à la société dominante. S’appuyant sur les travaux de John W. Berry sur les stratégies d’acculturation (intégration, assimilation, séparation, marginalisation), les auteurs de la HCS-A conçoivent l’adhésion culturelle comme un espace orthogonal : un jeune adolescent peut simultanément valoriser les croyances et comportements hawaïens autochtones et les modèles de la société occidentale non hawaïenne (items 8 et 9 de l’instrument). L’outil s’intéresse particulièrement à l’enculturation, définie comme le processus par lequel un individu apprend, intériorise et réactualise les normes, valeurs, coutumes et savoirs propres à son groupe culturel d’origine.

Dans la perspective de l’identité ethnique développée par Jean Phinney, l’adolescence constitue une période charnière d’exploration et d’affirmation identitaire. Chez les adolescents issus de minorités autochtones ayant subi la colonisation, le renversement de leur souveraineté et l’interdiction de leur langue, l’élaboration de l’identité ne relève pas seulement d’un processus intrapsychique individuel, mais d’une reconnexion collective avec la mémoire historique. Hishinuma et ses collègues intègrent la notion de résilience culturelle : l’accès aux pratiques traditionnelles et la fierté héritée des ancêtres agissent comme un bouclier protecteur psychologique face aux discriminations systémiques.

Enfin, la modélisation théorique de la HCS-A s’appuie sur la psychologie écologique de Urie Bronfenbrenner. L’affiliation culturelle y est conceptualisée comme s’exerçant au sein de plusieurs sous-systèmes emboîtés : le microsystème familial (transmission par les parents et grands-parents, langue parlée à la maison), le mésosystème scolaire et amical (apprentissage du mode de vie hawaïen à l’école ou entre pairs), et le macrosystème sociopolitique (revendications territoriales, droits d’accès à la nature et reconnaissance légale des traditions).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la HCS-A a été établie de manière rigoureuse dans le cadre d’études épidémiologiques transversales et longitudinales d’envergure menées auprès de cohortes d’élèves du secondaire dans des écoles publiques et privées à Hawaï (notamment l’étude princeps d’Hishinuma et al., 2000, portant sur N = 4 179 participants, complétée par des travaux ultérieurs).

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a bénéficié d’une élaboration participative communautaire exemplaire. Les items ont été rédigés et affinés en collaboration avec un comité d’experts culturels hawaïens, des membres de la communauté, des sociologues et des psychiatres autochtones. Ce processus a garanti que les dimensions sélectionnées reflétaient fidèlement les piliers de la philosophie de vie hawaïenne sans tomber dans des stéréotypes folkloriques simplistes.

Validité de construit et validité factorielle

La structure factorielle a été soumise à des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC). Les indices d’ajustement globaux obtenus dans les modèles structuraux soutiennent fermement la séparation des 7 facteurs latents spécifiques (CFI > 0,90 ; RMSEA < 0,05). De plus, l’invariance de mesure a été examinée selon le sexe et le statut ethnique (adolescents d’ascendance hawaïenne versus adolescents non hawaïens), démontrant que la structure de l’instrument conserve une métrique équivalente à travers les sous-groupes démographiques.

Validité différentielle / de groupe connu

L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer les groupes en fonction de critères objectifs :

  • Les élèves s’identifiant comme autochtones hawaïens affichent des scores significativement plus élevés sur l’ensemble des sept sous-échelles comparativement aux élèves d’autres origines ethniques (Caucasiens, Philippins, Asiatiques de l’Est).
  • Au sein de la population autochtone, un effet significatif de l’ascendance biologique autodéclarée (blood quantum : moins de 50 %, 50 % ou plus, 100 %) a été observé : les jeunes déclarant un pourcentage d’ascendance plus élevé manifestent des scores plus forts en matière de coutumes, d’activités sociales et de compétences linguistiques.

Validité convergente et concourante

Des corrélations théoriquement cohérentes ont été démontrées entre les sous-échelles de la HCS-A et divers instruments standardisés :

  • Identité ethnique : Corrélations positives substantielles (r variant de 0,40 à 0,65) avec les échelles d’affirmation et d’exploration de l’identité ethnique (ex. MEIM de Phinney).
  • Santé mentale et bien-être : Une affiliation culturelle élevée (particulièrement sur les dimensions Customs et Activities) est significativement corrélée à une plus forte estime de soi globale et à un sentiment accru d’efficacité personnelle. Dans les études de Bell et al. (2001), des scores élevés aux sous-échelles de coutumes et de modes de vie prédisaient significativement la préférence et le recours effectif aux guérisseurs traditionnels indigènes (ho‘oponopono, lomilomi) en cas de détresse psychologique ou somatique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents a été documentée par des indices de cohérence interne et des analyses de stabilité temporelle au sein des vastes échantillons de l’étude normative d’Hishinuma et al. (2000).

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

La fidélité globale de l’instrument s’est révélée remarquable, l’alpha de Cronbach de l’échelle totale atteignant fréquemment 0,93 à 0,95. Examinés individuellement, les facteurs affichent des niveaux de cohérence interne très satisfaisants pour des échelles comprenant un nombre restreint d’items :

  • Coutumes et croyances (Customs) : α = 0,86 à 0,88 (11 items)
  • Modes de vie (Lifestyles) : α = 0,80 à 0,84 (8 items)
  • Activités et événements sociaux (Activities) : α = 0,81 à 0,85 (10 items)
  • Folklore et légendes (Folklore) : α = 0,72 à 0,77 (5 items)
  • Revendications – Lieux (Causes-Locations) : α = 0,70 à 0,75 (3 items)
  • Droits d’accès (Causes-Access) : α = 0,68 à 0,73 (2 items)
  • Compétences linguistiques (Language Proficiency) : coefficient de corrélation inter-items / alpha = 0,82 à 0,86 (2 items)

Ces coefficients confirment une forte homogénéité des items au sein de leurs sous-dimensions respectives, tout en évitant une redondance sémantique excessive.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Des sous-échantillons d’adolescents réévalués à des intervalles de 6 à 12 mois dans le cadre d’études de suivi longitudinal ont montré une remarquable stabilité des scores factoriels (coefficients de corrélation test-retest oscillant entre 0,72 et 0,85), ce qui démontre que l’affiliation culturelle mesurée par la HCS-A capture des traits dispositionnels et des habitudes comportementales stables dans le temps, plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement de la HCS-A a bénéficié d’une démarche psychométrique approfondie menée par le statisticien John J. McArdle et le Dr Earl Hishinuma, conjuguant analyse factorielle exploratoire (AFE) sur un échantillon d’étalonnage et analyse factorielle confirmatoire (AFC) sur un échantillon de validation croisée indépendant.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

L’AFE initiale, utilisant une extraction par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin, tenant compte de la corrélation naturelle attendue entre les facettes d’une même culture), a mis en évidence une structure sous-jacente claire en 7 facteurs de premier ordre. Les critères d’extraction (critère de Kaiser de la valeur propre supérieure à 1 et examen du diagramme de Cattell / scree plot) ont nettement confirmé la supériorité d’une solution multidimensionnelle sur une solution à facteur général unique :

  • Les saturations factorielles (factor loadings) des items sur leur facteur cible étaient élevées, la quasi-totalité dépassant le seuil conventionnel de 0,50 (s’échelonnant majoritairement entre 0,55 et 0,82).
  • Les saturations croisées (cross-loadings) sur les facteurs non cibles sont demeurées faibles (généralement inférieures à 0,25), attestant d’une excellente pureté factorielle des items retenus.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’AFC a permis de tester plusieurs structures concurrentes : un modèle unifactoriel (rejeté en raison d’indices d’ajustement inadéquats), un modèle multifactoriel orthogonal (rejeté car ignorant les interconnexions culturelles) et un modèle multifactoriel corrélé à 7 facteurs latents interdépendants. Ce dernier a présenté une adéquation optimale aux données empiriques :

  • Chi-deux normé (χ²/ddl) : inférieur à 3,0
  • CFI (Comparative Fit Index) : > 0,92
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,91
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,042 [IC 90 % : 0,039 – 0,045]
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,048

Les corrélations inter-facteurs observées étaient positives et modérées (allant de r = 0,35 entre Causes-Locations et Folklore à r = 0,65 entre Customs et Activities), justifiant l’interprétation de profils culturels différenciés : un adolescent peut, par exemple, posséder un fort score en activités artistiques/sportives contemporaines tout en maintenant un faible niveau d’implication dans les modes de subsistance traditionnels ruraux.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents se présente sous la forme d’un auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé administrable individuellement ou en groupe (en milieu scolaire ou communautaire). La passation complète requiert en moyenne 15 à 25 minutes.

Structure générale du questionnaire

  • Section préliminaire / Contexte démographique et transmission (Items 1 à 11) :
    • Items 1 à 3 : Sources d’apprentissage culturel (famille, école, amis/voisins), échelle de 1 (« Pas du tout » / not at all) à 5 (« Énormément » / very much).
    • Items 4 et 5 : Pratiques linguistiques dans le foyer (membres de la famille parlant l’hawaïen, langue principale du foyer).
    • Items 6 et 7 : Auto-évaluation des compétences linguistiques en compréhension et en expression orale (composante Language Proficiency).
    • Items 8 et 9 : Valorisation affective des croyances et comportements hawaïens vs non hawaïens.
    • Item 10 : Importance perçue du maintien des traditions culturelles.
    • Item 11 : Ascendance hawaïenne autodéclarée et proportion de sang (blood quantum).
  • Sections thématiques factorielles (41 items) :
    • Customs and Beliefs (11 items) : Format ordinal en 3 points (1 = Unfamiliar/don’t know [Non familier / Ne connaît pas], 2 = You understand or believe in [Comprend ou y croit], 3 = You practice custom [Pratique la coutume]).
    • Lifestyles (8 items) : Format ordinal en 3 points (1 = Unfamiliar/don’t know [Non familier], 2 = You know how to do [Sait comment faire], 3 = You do [Pratique/Fait]).
    • Activities & Social Events (10 items) : Format ordinal en 3 points (1 = Unfamiliar/don’t know, 2 = You know how to do, 3 = You do).
    • Folklore & Legends (5 items) : Format ordinal en 3 points (1 = Unfamiliar/don’t know, 2 = You understand [Comprend/Connaît], 3 = You believe in [Y croit]).
    • Causes-Locations (3 items) : Format ordinal en 3 points (1 = Unfamiliar/don’t know, 2 = You know about [Connaît la cause], 3 = You believe in / support [Soutient la cause]).
    • Causes-Access (2 items) : Format ordinal en 3 points (1 = Unfamiliar/don’t know, 2 = You know about, 3 = You believe in / support).

Modalités de cotation et de calcul des scores

  • Scores par sous-échelle : Calculés en effectuant la somme arithmétique ou la moyenne des items composant chaque dimension spécifique. L’utilisation de moyennes (variant de 1,0 à 3,0 pour les sections thématiques) est généralement privilégiée dans les études comparatives afin de rendre les sous-échelles directement comparables malgré leur nombre variable d’items.
  • Score total d’affiliation culturelle : Peut être calculé en sommant les scores des sous-échelles thématiques pour obtenir un indicateur global d’enculturation.
  • Interprétation : Un score élevé reflète une immersion active, un savoir pratique et une forte identification aux valeurs autochtones, tandis qu’un score faible dénote une acculturation distante ou une méconnaissance des coutumes traditionnelles hawaïennes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2000 (article fondateur dans la revue Psychological Assessment de l’American Psychological Association).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : © 2000 Earl S. Hishinuma et ses collaborateurs / American Psychological Association (APA). L’instrument a également été reproduit avec autorisation dans les anthologies d’instruments cliniques (ex. Fischer & Corcoran, 2007).
  • Conditions d’accès et tarifs : L’utilisation de l’échelle est gratuite à des fins de recherche académique, scientifique et d’évaluation clinique non lucrative. Les chercheurs et cliniciens souhaitant utiliser, reproduire ou adapter l’instrument sont invités à solliciter l’autorisation formelle auprès des auteurs principaux (Dr Earl S. Hishinuma, John A. Burns School of Medicine, University of Hawaiʻi at Mānoa).
  • Formulaires et matériel : Le questionnaire complet ainsi que le manuel d’instructions psychométriques sont accessibles via les archives de l’Université d’Hawaï et les recueils de mesures cliniques répertoriés.

12. Références / References

  • Bell, C. K., Goebert, D. A., Andrade, N. N., Johnson, R. C., McDermott, J. F., Jr., Waldron, J. A., Hishinuma, E. S., Miyamoto, R. H., Nahulu, S. B., Makini, G. K., Jr., & Yates, A. (2001). Sociocultural factors influencing adolescent preference and use of native Hawaiian healers. Complementary Therapies in Medicine, 9(4), 224–231. https://doi.org/10.1054/ctim.2001.0487
  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook (4th ed., Vol. 1, pp. 540–543). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195166484.001.0001
  • Hishinuma, E. S., McArdle, J. J., Miyamoto, R. H., Nahulu, S. B., Makini, G. K., Jr., Yuen, Y. C., Nishimura, S. T., McDermott, J. F., Jr., Waldron, J. A., Luke, K. L., & Yates, A. (2000). Psychometric properties of the Hawaiian Culture Scale-Adolescent Version. Psychological Assessment, 12(2), 140–157. https://doi.org/10.1037/1040-3590.12.2.140
  • Makini, G. K., Jr., Andrade, N. N., Nahulu, S. B., Yuen, N. Y., Hishinuma, E. S., Miyamoto, R. H., McDermott, J. F., Jr., Waldron, J. A., Johnson, R. C., & Goebert, D. A. (2001). Psychiatric symptoms and disorders among Native Hawaiian adolescents. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 40(4), 468–475. https://doi.org/10.1097/00004583-200104000-00016
  • Phinney, J. S. (1992). The Multigroup Ethnic Identity Measure: A new scale for use with diverse groups. Journal of Adolescent Research, 7(2), 156–176. https://doi.org/10.1177/074355489272003

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I learned about the Native Hawaiian way of life from my family at home.
2

I learned about the Native Hawaiian way of life from school.
3

I learned about the Native Hawaiian way of life from friends and neighbors.
4

Check anyone in your household who can carry on a conversation in Hawaiian:
5

What language is primarily spoken in your home?:
6

Rate your ability to understand the Hawaiian language.
7

Rate your ability to speak the Hawaiian language (circle one).
8

How much do you value Hawaiian beliefs‚ behaviors and attitudes?
9

How much do you value Non-Hawaiian beliefs‚ behaviors and attitudes?
10

How important is it to you to maintain Hawaiian cultural traditions?
11

Do you have any Hawaiian blood?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents (HCS-A). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-culture-hawaienne-adolescents-hcs-a/
Looti, Mohammed. “Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents (HCS-A).” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-culture-hawaienne-adolescents-hcs-a/.
Looti, Mohammed. “Échelle de la culture hawaïenne pour adolescents (HCS-A).” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-culture-hawaienne-adolescents-hcs-a/.