Échelle des croyances des enfants sur le divorce parental (CBAPS)

L’Échelle des croyances des enfants sur le divorce parental (CBAPS), conçue par Kurdek et Berg, est un instrument psychométrique de 36 items évaluant les cognitions dysfonctionnelles chez l’enfant : auto-blâme, peur de l’abandon, espoir de réunification, blâme parental et anxiété sociale.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des croyances des enfants sur le divorce parental (Children’s Beliefs About Parental Divorce Scale, ou CBAPS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par les psychologues du développement Lawrence A. Kurdek et Berthold Berg à la fin des années 1980. Cette échelle standardisée a été élaborée pour identifier, mesurer et catégoriser les cognitions dysfonctionnelles, les représentations erronées et les croyances subjectives inadaptées que les enfants et adolescents développent fréquemment à la suite de la séparation conjugale de leurs parents. L’instrument est composé de 36 items formulés sous une modalité dichotomique (« Oui » ou « Non »), ciblant spécifiquement six dimensions cognitives et émotionnelles majeures : la moquerie et l’évitement des pairs (Peer ridicule and avoidance), la peur de l’abandon (Fear of abandonment), l’espoir de réunification (Hope of reunification), le blâme paternel (Paternal blame), le blâme maternel (Maternal blame) et la culpabilité personnelle ou auto-blâme (Self-blame).

Sur le plan métrologique, chaque sous-échelle regroupe exactement six items, permettant de calculer des scores spécifiques par dimension ainsi qu’un score global d’ajustement cognitif problématique. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) rapportés dans les études princeps s’échelonnent entre 0,54 et 0,78, tandis que la fidélité test-retest à intervalle de plusieurs semaines se situe entre 0,41 et 0,72 selon les sous-échelles. L’échelle démontre une validité de construit solide, corrélant de manière significative avec des indices d’anxiété infantile, de dépression, d’estime de soi et de troubles du comportement évalués tant par les parents que par les enseignants. La CBAPS constitue à ce jour un outil clinique et de recherche fondamental en psychologie de l’enfant, en médiation familiale et dans le cadre des expertises médico-judiciaires relatives à la garde d’enfants.

2. Mots-clés / Keywords

divorce parental, croyances dysfonctionnelles, adaptation de l’enfant, auto-blâme, peur de l’abandon, espoir de réunification, évaluation psychologique, psychométrie, Kurdek, relations familiales, médiation familiale, détresse psychologique infantile.

3. Auteurs / Authors

La CBAPS a été développée conjointement par deux chercheurs reconnus dans le champ de la psychologie clinique et du développement de l’enfant :

  • Lawrence A. Kurdek, Ph.D. (1951–2009) : Professeur émérite au département de psychologie de la Wright State University (Dayton, Ohio, États-Unis). Chercheur prolifique, Kurdek a consacré une part majeure de ses travaux à l’adaptation développementale des enfants face au divorce, à l’écologie familiale, aux trajectoires relationnelles de couple et aux déterminants du bien-être chez les jeunes issus de familles dissociées et recomposées.
  • Berthold Berg, Ph.D. : Psychologue clinicien pour enfants et chercheur affilié à l’Université de Dayton (Ohio, États-Unis), spécialisé dans la thérapie cognitive-comportementale auprès des enfants confrontés à des transitions familiales majeures, auteur de plusieurs programmes d’intervention clinique ciblant les compétences cognitives d’adaptation au divorce.

4. Objectif / Purpose

La séparation des figures parentales représente une rupture écosystémique majeure dans l’écologie de l’enfant. Si les répercussions émotionnelles et comportementales (anxiété, baisse de performance scolaire, troubles externalisés) ont été largement documentées dès les années 1970, les cliniciens et chercheurs ont rapidement constaté une hétérogénéité marquée dans la trajectoire d’adaptation des mineurs. Certains enfants traversent cette période sans perturbation durable, tandis que d’autres développent des pathologies internalisées ou des troubles des conduites persistants. L’objectif fondamental de la CBAPS est d’isoler le rôle médiateur central joué par les croyances cognitives de l’enfant dans ce processus d’adaptation.

Fondée sur le postulat que les réactions affectives ne découlent pas directement de l’événement de rupture en soi, mais plutôt de la signification et de l’évaluation cognitive que l’enfant lui attribue, la CBAPS vise à :

  • Dépister les distorsions cognitives systématiques : Identifier la présence de pensées dysfonctionnelles telles que l’attribution erronée de la responsabilité de la séparation à son propre comportement (auto-blâme), la conviction rigide que les parents vont se remettre ensemble (espoir chimérique de réunification) ou l’anticipation catastrophique d’être rejeté par les deux parents (peur de l’abandon).
  • Orienter les interventions psychothérapeutiques : Fournir aux thérapeutes d’enfants et thérapeutes familiaux des cibles cognitives précises pour la restructuration cognitive. En identifiant précisément si la détresse de l’enfant est alimentée par une hostilité dirigée vers un parent spécifique ou par une peur diffuse de stigmatisation par ses pairs, le praticien peut personnaliser le protocole thérapeutique.
  • Éclairer les expertises psycho-légales et de protection de l’enfance : Dans les contextes de séparation conflictuelle et d’évaluation de la garde (notamment dans les protocoles du CAFCASS au Royaume-Uni), la CBAPS permet de mesurer la pression psychologique vécue par le mineur, l’alignement aliénant potentiel envers l’une des figures parentales et le niveau d’insécurité affective globale.
  • Soutenir la recherche longitudinale : Évaluer comment l’évolution des croyances au fil des mois et des années après la rupture parentale prédit le rétablissement affectif, la compétence sociale et la qualité du lien d’attachement à l’adolescence et à l’âge adulte.

5. Construit psychologique / Construct

La CBAPS conceptualise l’adaptation au divorce à travers six construits cognitifs spécifiques, chacun reflétant une vulnérabilité psychologique particulière. Ces dimensions articulent les schémas cognitifs élaborés par l’enfant pour donner du sens à la désintégration de son foyer :

1. Moquerie et évitement des pairs (Peer Ridicule and Avoidance)

Cette dimension mesure l’anxiété sociale, la honte et l’anticipation d’une stigmatisation liée au statut matrimonial de ses parents. L’enfant redoute d’être jugé, marginalisé ou raillé par ses camarades d’école, ce qui engendre souvent des conduites de retrait social ou un refus de divulguer la situation familiale. Par exemple, l’affirmation « It would upset me if other kids asked a lot of questions about my parents » capte cette hypersensibilité au regard d’autrui et le sentiment d’isolement social induit par le divorce.

2. Peur de l’abandon (Fear of Abandonment)

Ce construit quantifie l’insécurité fondamentale quant à la continuité de la protection et de l’affection parentale. Confronté au départ physique de l’un des parents du domicile familial, l’enfant extrapole de manière anxiogène que les deux figures d’attachement pourraient disparaître définitivement, cesser de l’aimer ou le placer chez des tiers. Des items comme « I sometimes worry that both my parents will want to live without me » ou « I sometimes worry that I’ll be left all alone » illustrent la fragilisation du sentiment de sécurité de base.

3. Espoir de réunification (Hope of Reunification)

Cette échelle évalue le maintien de fantasmes de réconciliation parentale irréalistes et persistants. Si un espoir transitoire est commun au début de la séparation, son enracinement à long terme entrave le travail de deuil de la structure familiale unie et pousse l’enfant à déployer des manœuvres inconscientes (régressions, provocations, rôle d’entremetteur) destinées à réunir ses géniteurs. L’item « My parents will probably see that they have made a mistake and get back together again » reflète ce déni cognitif de la réalité de la rupture.

4. Blâme paternel (Paternal Blame)

Cette dimension capture la tendance de l’enfant à imputer la responsabilité morale, relationnelle et matérielle de l’échec conjugal exclusivement au père. Une attribution externe massive dirigée vers le père (ex. « My father caused most of the trouble in my family ») dénote une polarisation affective qui peut résulter d’expériences directes (conflits observés, maltraitance) ou de processus d’aliénation parentale et de triangulation où l’enfant adopte le discours maternel.

5. Blâme maternel (Maternal Blame)

Symétrique à la dimension précédente, cette sous-échelle mesure l’attribution causale unilatérale du divorce à la mère (ex. « When my family was unhappy it was usually because of my mother »). Elle reflète le ressentiment de l’enfant envers la figure maternelle, qui peut être perçue comme celle qui a brisé le foyer, déstabilisé la sécurité quotidienne ou exclu le père.

6. Culpabilité personnelle / Auto-blâme (Self-Blame)

L’auto-blâme est reconnu comme l’une des cognitions les plus toxiques pour le développement psychologique de l’enfant. En raison de l’égocentrisme cognitif propre à certains stades de développement (selon la théorie piagétienne), l’enfant établit un lien de causalité direct entre ses propres désobéissances, ses demandes affectives ou sa simple existence et les disputes ou le divorce parental. Les items tels que « My parents often argue with each other after I misbehave » ou « My parents would probably still be living together if it weren’t for me » témoignent d’une intériorisation pathologique de la responsabilité de la crise familiale, source directe de symptômes dépressifs sévères.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la CBAPS s’ancre à la croisée de trois cadres théoriques majeurs de la psychologie contemporaine :

Le modèle transactionnel du stress et du coping (Lazarus & Folkman)

Selon la théorie de l’évaluation cognitive (Cognitive Appraisal Theory) de Richard Lazarus et Susan Folkman, la réponse d’un individu à un stresseur aigu ou chronique dépend fondamentalement de deux étapes : l’évaluation primaire (évaluation de la menace, de la perte ou du défi) et l’évaluation secondaire (évaluation des ressources personnelles de coping). Dans le cas du divorce, l’événement objectif (la séparation parentale) subit un filtre d’évaluation primaire à travers lequel l’enfant jauge l’impact personnel de la crise. Si l’enfant évalue la situation comme une menace d’abandon imminent ou une perte irréparable de son statut social, le stress psychologique sera maximal. La CBAPS quantifie précisément ces opérations d’évaluation primaire dysfonctionnelles.

Le modèle écologique du développement humain (Bronfenbrenner & Kurdek)

Lawrence Kurdek (1981, 1987) a formulé une approche intégrative et écologique de l’adaptation au divorce en s’appuyant sur les travaux d’Urie Bronfenbrenner. Ce cadre postule que l’adaptation de l’enfant ne peut être comprise qu’en articulant les caractéristiques de l’ontosystème (développement cognitif de l’enfant, tempérament), du microsystème (relations avec chaque parent, relations avec la fratrie et les pairs), du mésosystème (cohérence école-famille) et de l’exosystème (procédures judiciaires, statuts économiques). La CBAPS explore spécifiquement l’interface entre l’ontosystème cognitif et les microsystèmes familiaux et pairs.

Les théories de l’attribution causale (Heider & Weiner)

La théorie de l’attribution causale de Bernard Weiner et Fritz Heider postule que les êtres humains cherchent constamment à assigner des causes aux événements inattendus ou négatifs selon trois axes : le lieu de causalité (interne vs externe), la stabilité (stable vs instable) et la contrôlabilité. Dans la CBAPS, l’attribution causale du divorce est minutieusement évaluée : l’auto-blâme constitue une attribution interne incontrôlable (source de détresse majeure), tandis que le blâme paternel ou maternel constitue une attribution externe qui organise les représentations d’objet et l’investissement affectif envers chaque parent.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de la CBAPS ont été systématiquement étayées par Kurdek et Berg (1987) ainsi que par plusieurs études de réplication indépendantes :

Validité convergente et clinique

La validité convergente de la CBAPS a été vérifiée par la confrontation des scores de croyances dysfonctionnelles avec des mesures indépendantes d’ajustement socio-émotionnel :

  • Anxiété et Dépression : Les scores élevés à la sous-échelle d’Auto-blâme et de Peur de l’abandon corrèlent de façon positive et hautement significative avec l’échelle d’anxiété manifeste pour enfants (Revised Children’s Manifest Anxiety Scale – RCMAS) et avec les scores du Children’s Depression Inventory (CDI), démontrant que les enfants porteurs de ces cognitions rapportent un niveau de détresse internalisée nettement plus sévère.
  • Estime de soi : Une corrélation négative robuste a été observée entre le score global de croyances problématiques de la CBAPS et les dimensions de valeur personnelle mesurées par l’échelle d’auto-concept de Piers-Harris (Piers-Harris Children’s Self-Concept Scale). En particulier, l’auto-blâme est inversement proportionnel au sentiment d’efficacité personnelle et d’acceptation de soi de l’enfant.
  • Problèmes de comportement (CBCL) : Les évaluations parentales réalisées via la Child Behavior Checklist (CBCL d’Achenbach) montrent que les enfants obtenant des scores élevés en blâme unilatéral (paternel ou maternel) manifestent davantage de comportements d’opposition, d’agressivité et de troubles des conduites externalisés.

Validité discriminante et différentielle

La CBAPS démontre une capacité éprouvée à distinguer les enfants issus de foyers divorcés adressés en clinique pédopsychiatrique ou en consultation de conseil familial de ceux démontrant une adaptation normative au sein de la communauté. Les enfants consultant en pédopsychiatrie présentent des moyennes significativement plus élevées sur les dimensions d’auto-blâme, d’évitement des pairs et de peur de l’abandon.

De surcroît, la validité liée à l’âge illustre que les enfants plus jeunes (8-9 ans) ont tendance à présenter des scores d’espoir de réunification et d’auto-blâme supérieurs à ceux des préadolescents (12-14 ans), ce qui concorde parfaitement avec les prédictions théoriques relatives au développement cognitif et à l’accès à la pensée formelle.

8. Fidélité / Reliability

Les caractéristiques de consistance interne et de stabilité temporelle de la CBAPS ont été documentées lors des études de validation psychométrique initiales (Kurdek & Berg, 1983, 1987) sur des cohortes d’enfants âgés de 8 à 15 ans :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les coefficients de cohérence interne des six sous-échelles, bien que modérés pour certaines en raison de la concision de chaque échelle (6 items chacune) et du format binaire de réponse, satisfont aux critères psychométriques acceptables pour des échelles exploratoires infantiles :

  • Moquerie et évitement des pairs (Peer ridicule and avoidance) : $\alpha = 0,62$
  • Peur de l’abandon (Fear of abandonment) : $\alpha = 0,73$
  • Espoir de réunification (Hope of reunification) : $\alpha = 0,78$
  • Blâme paternel (Paternal blame) : $\alpha = 0,78$
  • Blâme maternel (Maternal blame) : $\alpha = 0,77$
  • Culpabilité personnelle / Auto-blâme (Self-blame) : $\alpha = 0,54$

L’échelle globale cumulant l’ensemble des 36 items présente un coefficient alpha supérieur à 0,82, ce qui démontre une excellente cohérence générale dans l’identification des cognitions dysfonctionnelles globales face au divorce. Le coefficient plus faible de la dimension d’auto-blâme ($lpha = 0,54$) s’explique par la réticence psychologique et la désirabilité sociale qui entourent l’aveu de culpabilité chez les jeunes enfants, ainsi que par la variabilité situationnelle des conflits évoqués dans les items.

Fidélité Test-Retest (Stabilité temporelle)

Évaluée sur un échantillon d’enfants à un intervalle moyen de plusieurs semaines, la fidélité temporelle des sous-échelles indique une stabilité satisfaisante des représentations cognitives :

  • Moquerie et évitement des pairs : $r = 0,41$
  • Peur de l’abandon : $r = 0,53$
  • Espoir de réunification : $r = 0,51$
  • Blâme paternel : $r = 0,72$
  • Blâme maternel : $r = 0,51$
  • Culpabilité personnelle (Auto-blâme) : $r = 0,43$

La stabilité particulièrement robuste du blâme paternel ($r = 0,72$) reflète le caractère souvent cristallisé et durable des attitudes de l’enfant vis-à-vis du père absent ou jugé responsable dans les foyers où la garde principale est confiée à la mère.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de la CBAPS a été validée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par Kurdek et Berg (1987) sur de multiples échantillons d’enfants confrontés à la séparation conjugale :

Méthodologie et extraction factorielle

Les analyses factorielles de l’intercorrélation des 36 items ont été exécutées via une méthode d’extraction en composantes principales, suivie d’une rotation orthogonale Varimax et de vérifications par rotation oblique (Promax). Les critères de sélection reposaient sur la règle de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell).

Structure en six facteurs

Les résultats ont confirmé avec une grande clarté l’émergence de six composantes distinctes, correspondant exactement aux six dimensions postulées a priori :

  • Facteur 1 : Blâme paternel. Les items 2, 8, 14, 20, 26 et 32 saturent lourdement sur ce facteur (saturations comprises entre 0,48 et 0,76), sans saturation croisée notable sur les items relatifs à la mère.
  • Facteur 2 : Espoir de réunification. Regroupe les items 5, 11, 17, 23, 29 et 35, captant l’adhésion persistante à l’illusion de rétablissement du couple parental (saturations de 0,50 à 0,74).
  • Facteur 3 : Blâme maternel. Rassemble les items 4, 10, 16, 22, 28 et 34 avec des saturations factorielles solides (0,45 à 0,72), attestant de l’indépendance orthogonale entre le blâme dirigé vers la mère et celui dirigé vers le père.
  • Facteur 4 : Peur de l’abandon. Saturé par les items 3, 9, 15, 21, 27 et 33, reflétant l’effroi d’isolement total et de rupture définitive du lien parental.
  • Facteur 5 : Moquerie et évitement des pairs. Isolé par les items 1, 7, 13, 19, 25 et 31, mesurant spécifiquement le domaine relationnel extrafamilial.
  • Facteur 6 : Auto-blâme. Regroupe les items 6, 12, 18, 24, 30 et 36, confirmant l’isolement statistique de l’attribution interne de responsabilité.

L’ensemble de ces six facteurs rend compte d’une part substantielle de la variance totale expliquée dans les réponses d’ajustement cognitif des enfants, confirmant l’excellente adéquation du modèle théorique sous-jacent.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration et la cotation de la CBAPS suivent un protocole standardisé, simple et rigoureux, particulièrement adapté aux capacités d’attention des jeunes sujets :

  • Nature de l’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation individuel (pouvant être administré oralement par le psychologue si l’enfant présente des difficultés de lecture).
  • Population cible : Enfants et adolescents âgés de 8 à 15 ans dont les parents sont séparés ou divorcés.
  • Nombre d’items : 36 affirmations réparties en 6 sous-échelles de 6 items chacune.
  • Format de réponse : Choix forcé dichotomique : « Yes » (Oui) ou « No » (Non).
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Règle de cotation : Le test vise à identifier les réponses problématiques (indicatives d’une réaction inadaptée ou conflictuelle). Chaque réponse problématique est cotée 1 point ; une réponse adaptative est cotée 0 point.
    • Une réponse « Yes » indique une croyance problématique sur les items : 1, 2, 3, 4, 6, 9, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 22, 23, 27, 29, 30, 35, 36.
    • Une réponse « No » indique une croyance problématique sur les items inversés (où le « Oui » traduit une réponse saine/protectrice) : 5, 7, 8, 10, 13, 21, 24, 25, 26, 28, 31, 32, 33, 34.
  • Calcul des scores par sous-échelle (0 à 6 points chacune) :
    • Peer ridicule and avoidance (Moquerie et évitement des pairs) : Items 1, 7, 13, 19, 25, 31.
    • Fear of abandonment (Peur de l’abandon) : Items 3, 9, 15, 21, 27, 33.
    • Hope of reunification (Espoir de réunification) : Items 5, 11, 17, 23, 29, 35.
    • Paternal blame (Blâme paternel) : Items 2, 8, 14, 20, 26, 32.
    • Maternal blame (Blâme maternel) : Items 4, 10, 16, 22, 28, 34.
    • Self-blame (Auto-blâme) : Items 6, 12, 18, 24, 30, 36.
  • Score total : Somme des 6 sous-échelles (variant de 0 à 36 points). Un score total élevé traduit un niveau cumulatif préoccupant de cognitions inadaptées et un risque accru de détresse psychopathologique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1983 (première formulation), publication psychométrique formelle en 1987 par Kurdek et Berg dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology.
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : La CBAPS a été mise à disposition de la communauté scientifique et clinique par ses auteurs dans un but non commercial. L’instrument est reproduit intégralement dans des manuels de référence tels que l’ouvrage de Fischer et Corcoran (Measures for Clinical Practice and Research, 4e édition, 2007, Oxford University Press).
  • Coût et tarification : L’instrument est accessible gratuitement pour la pratique clinique, la recherche académique et l’évaluation dans les services publics de protection de l’enfance et tribunaux de la famille (notamment distribué par le service officiel britannique CAFCASS).
  • Autorisation requise : Aucune redevance commerciale n’est requise pour une utilisation diagnostique courante ou universitaire, sous réserve de citer correctement les publications de référence de Kurdek et Berg (1987). Pour toute exploitation commerciale ou intégration dans un logiciel payant, les autorisations de l’American Psychological Association (APA) ou des ayants droit sont requises.

12. Références / References

Les publications fondamentales et études méthodologiques relatives à la CBAPS sont présentées ci-dessous en style APA 7e édition :

  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for clinical practice and research: A sourcebook (4th ed., Vol. 1, pp. 471–473). Oxford University Press.
  • Kurdek, L. A. (1981). An integrative perspective on children’s divorce adjustment. American Psychologist, 36(8), 856–866. https://doi.org/10.1037/0003-066X.36.8.856
  • Kurdek, L. A. (1987). Children’s adjustment to parental divorce: An ecological perspective. Advances in Family Intervention, Assessment and Theory, 1, 1–31.
  • Kurdek, L. A., & Berg, B. (1983). Correlates of children’s adjustment to their parents’ divorces. In L. A. Kurdek (Ed.), Children and divorce (pp. 47–60). Jossey-Bass.
  • Kurdek, L. A., & Berg, B. (1987). Children’s beliefs about parental divorce scale: Psychometric characteristics and concurrent validity. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 55(5), 712–718. https://doi.org/10.1037/0022-006X.55.5.712
  • Kurdek, L. A., Blisk, D., & Siesky, A. E. (1981). Correlates of children’s long-term adjustment to their parents’ divorce. Developmental Psychology, 17(5), 565–579. https://doi.org/10.1037/0012-1649.17.5.565
  • Kurdek, L. A., & Siesky, A. E. (1979). An interview study of parents’ perceptions of their children’s reactions and adjustment to divorce. Journal of Divorce, 3(1), 5–17. https://doi.org/10.1300/J279v03n01_02
  • Kurdek, L. A., & Siesky, A. E. (1980). Children’s perceptions of their parents’ divorce. Journal of Divorce, 3(4), 339–378. https://doi.org/10.1300/J279v03n04_04

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response options for each item: Yes / No

  1. It would upset me if other kids asked a lot of questions about my parents.
  2. It was usually my father’s fault when my parents had a fight
  3. I sometimes worry that both my parents will want to live without me
  4. When my family was unhappy it was usually because of my mother
  5. My parents will always live apart
  6. My parents often argue with each other after I misbehave
  7. I like talking to my friends as much now as I used to
  8. My father is usually a nice person
  9. It’s possible that both my parents will never want to see me again
  10. My mother is usually a nice person
  11. If I behave better I might be able to bring my family back together
  12. My parents would probably be happier if I were never born
  13. I like playing with my friends as much now as I used to
  14. When my family was unhappy it was usually because of something my father said or did
  15. I sometimes worry that I’ll be left all alone
  16. Often I have a bad time when I’m with my mother
  17. My family will probably do things together just like before
  18. My parents probably argue more when I’m with them than when I’m gone
  19. I’d rather be alone than play with other kids
  20. My father caused most of the trouble in my family
  21. I feel that my parents still love me
  22. My mother caused most of the trouble
  23. My parents will probably see that they have made a mistake and get back together again
  24. My parents are happier when I’m with them than when I’m not
  25. My friends and I do many things together
  26. There are a lot of things about my father I like
  27. I sometimes think that one day I may have to go live with a friend or relative
  28. My mother is more good than bad
  29. I sometimes think that my parents will one day live together again
  30. I can make my parents unhappy with each other by what I say or do
  31. My friends understand how I feel about my parents
  32. My father is more good than bad
  33. I feel my parents still like me
  34. There are a lot of things about my mother I like
  35. I sometimes think that once my parents realize how much I want them to they’ll live together again
  36. My parents would probably still be living together if it weren’t for me
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle des croyances des enfants sur le divorce parental (CBAPS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-croyances-enfants-divorce-parental-cbaps/
Looti, Mohammed. “Échelle des croyances des enfants sur le divorce parental (CBAPS).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-croyances-enfants-divorce-parental-cbaps/.
Looti, Mohammed. “Échelle des croyances des enfants sur le divorce parental (CBAPS).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-croyances-enfants-divorce-parental-cbaps/.