- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)
1. Résumé / Abstract
L’Échelle courte d’évaluation de la maladie de Parkinson / Échelles des résultats dans la maladie de Parkinson (connue internationalement sous l’acronyme SPES-SCOPA pour Short Parkinson’s Evaluation Scale / SCales for Outcomes in Parkinson’s disease) représente un instrument clinimétrique et psychométrique majeur conçu pour quantifier avec rapidité et rigueur la sévérité globale de la maladie de Parkinson. Dérivée initialement de la Short Parkinson’s Evaluation Scale (SPES) élaborée par Rabey et ses collaborateurs en 1997, puis intégrée et optimisée au sein du programme international multicentrique de recherche SCOPA par Marinus et ses collègues en 2004, cette échelle a été spécialement configurée pour pallier la lourdeur d’administration et la redondance psychométrique de la classique Unified Parkinson’s Disease Rating Scale (UPDRS).
L’instrument est structuré en 21 items distincts regroupés en trois sous-échelles cliniques fondamentales :
- Section I : Évaluation motrice (10 items évaluant le tremblement, la posture, les mouvements alternatifs rapides des mains, le tapping digital, l’agilité des membres inférieurs, le lever de chaise, l’enrayage kinétique ou freezing, la marche, la stabilité posturale et l’expression faciale).
- Section II : Activités de la vie quotidienne (AVQ / ADL) (7 items explorant la parole, la déglutition, l’écriture manuscrite, la découpe des aliments et manipulation des ustensiles, l’habillage, l’hygiène corporelle et le retournement dans le lit).
- Section III : Complications motrices (4 items quantifiant la durée, le retentissement fonctionnel et le caractère douloureux des dyskinésies induites par la lévodopa, ainsi que la durée et l’imprévisibilité des fluctuations motrices en état off).
Chaque item est coté sur une échelle ordinale standardisée à 4 points allant de 0 (absence de déficit ou normal) à 3 (déficit sévère), générant un score total oscillant entre 0 et 63 points. Des scores élevés traduisent une détérioration neurologique et fonctionnelle accrue. Les investigations clinimétriques confirment une cohérence interne robuste (coefficient alpha de Cronbach généralement compris entre 0,75 et 0,88 pour les sous-échelles motrices et d’autonomie), une excellente fidélité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse excédant 0,85), ainsi qu’une convergence métrologique très élevée avec l’UPDRS classique (coefficients de Pearson ou de Spearman supérieurs à 0,80), tout en réduisant le temps de passation clinique à moins de 10 à 15 minutes.
2. Mots-clés / Keywords
Maladie de Parkinson, SPES-SCOPA, évaluation motrice, activités de la vie quotidienne, dyskinésies, fluctuations motrices, clinimétrie, psychométrie, fidélité test-retest, validité convergente, neurologie, échelle d’évaluation clinique.
3. Auteurs / Authors
Le développement de l’échelle originale et de son adaptation modernisée repose sur des collaborations internationales majeures en neurologie du mouvement et en épidémiologie clinique :
- Jose M. Rabey, MD : Professeur émérite de Neurologie, Faculté de médecine Sackler, Université de Tel Aviv, et Département de Neurologie, Centre Médical Assaf Harofeh, Zerifin, Israël. Chercheur principal à l’origine de la publication princeps de la SPES en 1997.
- Johan Marinus, PhD : Épidémiologiste clinique et chercheur au Département de Neurologie, Centre Médical de l’Université de Leiden (LUMC), Pays-Bas. Co-coordinateur du consortium SCOPA et premier auteur des publications de validation psychométrique de la SPES-SCOPA (2004).
- Margarita Martinez-Martin, MD, PhD : Spécialiste de neuroépidémiologie et de méthodologie psychométrique appliquée aux troubles neurodégénératifs, Institut de Santé Carlos III, Madrid, Espagne.
- Bob J. van Hilten, MD, PhD : Professeur de Neurologie clinique, Département de Neurologie, Centre Médical de l’Université de Leiden (LUMC), Leiden, Pays-Bas. Responsable scientifique du programme global SCOPA (SCales for Outcomes in Parkinson’s Disease).
- Collaborateurs du projet SCOPA : Réseau hospitalier et académique néerlandais et européen dédié à l’évaluation des biomarqueurs cliniques, du profil non-moteur et de l’impact thérapeutique dans les troubles du mouvement.
4. Objectif / Purpose
La prise en charge longitudinale et les essais cliniques randomisés consacrés à la maladie de Parkinson exigent des instruments d’évaluation à la fois fiables, sensibles au changement thérapeutique et pragmatiques en termes de contrainte temporelle. Pendant des décennies, l’UPDRS (version 3.0 originale de Fahn et Elton, 1987) a constitué le standard international pour quantifier les signes cardinaux de l’affection. Néanmoins, l’UPDRS présente des limites pratiques considérables : elle comprend plusieurs dizaines d’items, requiert fréquemment entre 30 et 45 minutes pour une passation intégrale, présente des redondances statistiques démontrées entre plusieurs épreuves motrices et engendre une fatigue physique et cognitive indésirable chez les patients parkinsoniens aux stades intermédiaires à avancés.
L’objectif primordial ayant présidé à la création de la Short Parkinson’s Evaluation Scale (SPES) puis à sa révision harmonisée SPES-SCOPA était d’offrir à la communauté neurologique internationale une alternative compacte, clinimétriquement affinée et standardisée, capable de mesurer avec la même précision les trois grands piliers moteurs et fonctionnels de la maladie :
- L’intensité des déficits moteurs élémentaires (akinésie, hypertonie plastique, tremblement, instabilité posturale).
- L’impact des déficits sur l’autonomie lors des gestes quotidiens élémentaires (alimentation, habillage, hygiène, élocution, graphisme).
- La sévérité des complications iatrogènes motrices générées par les thérapies dopaminergiques de longue durée, englobant les mouvements anormaux involontaires (dyskinésies) et les phénomènes de blocage ou d’épuisement thérapeutique en fin de dose (phénomène on/off).
Dans la pratique clinique courante, la SPES-SCOPA constitue un instrument d’observation et de suivi longitudinal par excellence. Elle permet aux neurologues, gériatres, kinésithérapeutes et soignants de repérer de manière rapide et reproductible la dégradation des capacités motrices, d’ajuster les posologies pharmacologiques (lévodopa, agonistes dopaminergiques, inhibiteurs de la COMT ou de la MAO-B) et de documenter la transition vers des phases nécessitant des approches invasives, telles que la stimulation cérébrale profonde (SCP du noyau sous-thalamique ou du globus pallidus interne) ou les perfusions continues sous-cutanées d’apomorphine ou intra-jéjunales de gel de lévodopa/carbidopa.
Dans la recherche translationnelle et les protocoles d’évaluation pharmacologique, la SPES-SCOPA a été validée pour réduire le fardeau évaluatif sans perte d’information statistique. Elle s’intègre harmonieusement dans la batterie transversale SCOPA, qui comprend également des modules spécifiques dédiés aux fonctions cognitives (SCOPA-COG), autonomiques (SCOPA-AUT), psychiatriques (SCOPA-PC) et aux troubles du sommeil (SCOPA-SLEEP), garantissant ainsi une caractérisation multidimensionnelle standardisée du patient.
5. Construit psychologique / Construct
La SPES-SCOPA conceptualise la sévérité de la maladie de Parkinson à travers un modèle multidimensionnel reposant sur trois construits interreliés, mais sémiologiquement distincts, formalisés au sein de ses trois sections cliniques :
5.1. Section I : Évaluation motrice (Items 1 à 10)
Ce construit quantifie l’expression sémiologique directe de la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la voie nigro-striée. Il ne s’agit pas d’un construit purement subjectif ou psychologique, mais d’une métrique clinimétrique des aptitudes neurologiques motrices fines et globales observées et provoquées en temps réel par l’examinateur :
- Tremblement (Item 1) : Évalue le tremblement de repos caractéristique (asymétrique, basse fréquence 4-6 Hz, prédominant aux extrémités distales) et le tremblement d’action/postural associé.
- Posture (Item 2) : Quantifie l’attitude en flexion camptocormique, la cyphose dorsale et la perte d’extension axiale typiques du syndrome parkinsonien.
- Mouvements de pronation/supination (Item 3) et Tapping digital (Item 4) : Explorent spécifiquement l’akinésie, l’hypokinésie (réduction de l’amplitude) et la bradykinésie (ralentissement progressif avec phénomène d’épuisement lors des mouvements répétés).
- Agilité des membres inférieurs (Item 5) : Mesure la capacité à battre du talon au sol de façon ample et soutenue, indicateur de l’atteinte motrice axio-segmentaire inférieure.
- Lever de chaise (Item 6) : Évalue la puissance biomécanique des extenseurs des hanches et des genoux ainsi que les coordinations posturales motrices lors de l’élévation contre gravité, sans aide des bras.
- Enrayage cinétique / Freezing (Item 7) : Identifie les blocages moteurs paroxystiques durant l’initiation de la marche ou les demi-tours, source majeure de chutes.
- Marche (Item 8) : Analyse la longueur du pas, le polygone de sustentation, le ballant des bras (asymétrique ou aboli) et l’éventuelle festination.
- Stabilité posturale (Item 9) : Teste la réactivité vestibulo-spinale et proprioceptive face à une rétropulsion brutale (épreuve de traction ou pull test).
- Expression faciale (Item 10) : Mesure l’hypomimie (visage figé, réduction de la fréquence des clignements oculaires), reflet de l’akinésie crânio-faciale.
5.2. Section II : Activités de la vie quotidienne (Items 11 à 17)
Ce construit opérationnalise le degré de limitation fonctionnelle induit par les déficits moteurs dans les gestes de la vie quotidienne. Il s’appuie sur le modèle conceptuel de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) de l’OMS :
- Communication et nutrition : La clarté de la parole (dysarthrie hypokinétique, Item 11) et la déglutition (dysphagie avec fausses routes potentielles, Item 12).
- Motricité fine instrumentale : La microphagie et l’altération de l’écriture manuscrite (Item 13), ainsi que l’utilisation adéquate des couverts et ustensiles ménagers (Item 14).
- Autonomie corporelle fondamentale : La dextérité requise pour l’habillage (boutonnage, enfilage, laçage, Item 15), l’hygiène personnelle (toilette, brossage des dents, rasage, Item 16) et la motricité axiale nocturne matérialisée par le retournement et l’ajustement de la literie (Item 17).
5.3. Section III : Complications motrices (Items 18 à 21)
Ce troisième construit mesure les conséquences néfastes de la stimulation dopaminergique pulsatile à long terme, révélant la complexité neurobiologique de la phase d’état de la maladie. Il distingue :
- La charge dyskinétique (Items 18, 19 et 20) : Mesure non seulement la durée temporelle cumulée de survenue des dyskinésies au cours de la journée de veille (Item 18), mais également leur retentissement incapacitant sur les activités (Item 19) et leur caractère algique ou douloureux (Item 20).
- Les fluctuations motrices de type ‘Off’ (Item 21) : Mesure l’imprévisibilité et la proportion de temps d’éveil passé dans un état parkinsonien sévère, marqué par une akinésie profonde et une incapacité fonctionnelle aiguë lorsque l’effet du médicament s’estompe.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la SPES-SCOPA s’articule autour de deux fondements théoriques et épistémologiques majeurs : la neuropathologie fonctionnelle du système des ganglions de la base et la théorie moderne de la clinimétrie médicale introduite par Alvan R. Feinstein.
6.1. Le modèle physiopathologique des ganglions de la base
Sur le plan neurologique, l’échelle s’enracine dans les travaux de référence sur les circuits cortico-striato-pallido-thalamo-corticaux décrits initialement par Alexander, DeLong et Strick (1986). La déplétion progressive en dopamine striatale entraîne une hyperactivité relative de la voie indirecte et une désactivation de la voie directe au sein des ganglions de la base, menant à une sur-inhibition du thalamus moteur par le complexe globus pallidus interne / substance noire réticulée. Ce phénomène physiologique sous-tend les manifestations d’hypokinésie, de rigidité et d’akinésie axiale.
Corollairement, le traitement de compensation pharmacologique par l’apport d’agonistes dopaminergiques ou de L-dopa génère, au fil des années, une plasticité synaptique anormale au niveau striatal (sensibilisation des récepteurs D1 et altération des mécanismes de rétroaction glutamatergique), responsable de l’apparition de mouvements choréiques ou dystoniques involontaires (dyskinésies) et d’un rétrécissement de la fenêtre thérapeutique. La SPES-SCOPA a été structurée pour isoler ces différentes dimensions physiopathologiques et évaluer fidèlement l’état ‘On’ (période d’efficacité médicamenteuse maximale) et l’état ‘Off’ (période d’échappement thérapeutique).
6.2. Le paradigme clinimétrique de Feinstein et la modélisation de Rasch
Sur le plan métrologique, l’instrument s’inscrit en rupture avec les approches psychométriques traditionnelles issues de la psychologie classique, privilégiant la clinimétrie. Selon Feinstein (1987), la mesure en médecine clinique doit préserver le sens biologique et pratique des signes observés, plutôt que de maximiser artificiellement une cohérence statistique aveugle.
La conception de la SPES par Rabey (1997) et sa re-standardisation sous le label SCOPA par Marinus (2004) ont mis en œuvre des analyses basées sur la théorie de réponse aux items (modèle de Rasch) et la théorie classique des tests. Ces méthodes ont permis d’éliminer les items redondants de l’UPDRS originale qui présentaient des indices de saturation colinéaires ou des distributions en plafond/plancher trop prononcées, préservant uniquement les marqueurs sémiologiques dotés d’une pertinence discriminante maximale across l’éventail complet de sévérité de la maladie.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de la SPES-SCOPA ont fait l’objet de vérifications approfondies au sein de cohortes parkinsoniennes internationales multicentriques (notamment au sein des études de cohorte néerlandaise PROPARK regroupant plus de 400 patients).
7.1. Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations de rang très élevées avec les sections correspondantes de l’échelle de référence UPDRS :
- La sous-échelle motrice de la SPES-SCOPA corrèle de façon remarquable avec l’UPDRS-Partie III (Examen moteur), avec un coefficient de corrélation de Pearson ou de Spearman oscillant généralement entre r = 0,86 et r = 0,92.
- La sous-échelle des activités de la vie quotidienne présente une corrélation tout aussi robuste avec l’UPDRS-Partie II (AVQ), rapportée entre r = 0,82 et r = 0,89.
- La section consacrée aux complications motrices présente des corrélations modérées à fortes avec l’UPDRS-Partie IV (Complications thérapeutiques), de l’ordre de r = 0,70 à 0,81.
De surcroît, les scores de la SPES-SCOPA démontrent une association significative et monotone avec les stades de Hoehn et Yahr (r > 0,75, p < 0,001) et avec les scores de l’échelle d’autonomie de Schwab et England (r < -0,70, p < 0,001), corroborant une excellente validité de construit dans la hiérarchisation de la sévérité du handicap moteur.
7.2. Validité discriminante et différentielle
L’instrument démontre une validité discriminante nette : les corrélations entre la sous-échelle motrice de la SPES-SCOPA et les mesures d’atteinte cognitive globale (ex. Mini-Mental State Examination – MMSE) ou de détresse thymique (ex. Hospital Anxiety and Depression Scale – HADS) restent modestes (r < 0,35), attestant que l’outil isole spécifiquement les processus moteurs et ne confond pas le handicap physique avec la détérioration neurocognitive ou l’altération émotionnelle.
7.3. Sensibilité au changement
La réactivité de la SPES-SCOPA a été validée dans le cadre d’épreuves pharmacologiques en phase aiguë (test aigu à la L-dopa), démontrant une réduction proportionnelle et statistiquement significative des scores moteurs entre l’état off pré-test et l’état on post-administration, avec une taille d’effet (d de Cohen) comparable ou légèrement supérieure à celle de l’UPDRS motrice longue.
8. Fidélité / Reliability
Les études métrologiques conduites par Marinus et al. (2004) et répliquées par divers groupes de travail européens ont apporté des preuves solides quant à la fidélité de l’instrument :
8.1. Cohérence interne
La cohérence interne de la SPES-SCOPA a été évaluée via le coefficient alpha de Cronbach pour chacune des composantes ainsi que pour l’instrument global :
- Section I (Évaluation motrice) : α = 0,84 à 0,88, dénotant une excellente homogénéité sans redondance excessive entre les items d’agilité, de marche et de posture.
- Section II (Activités de la vie quotidienne) : α = 0,82 à 0,86, traduisant une structure unitaire forte relative à l’incapacité fonctionnelle globale.
- Section III (Complications motrices) : α = 0,68 à 0,74. Cette valeur légèrement plus modeste est attendue cliniquement en raison de la nature divergente des complications (les dyskinésies et les blocages en off n’évoluent pas toujours de manière strictement parallèle chez un individu donné).
8.2. Fidélité test-retest et accord inter-juges
La stabilité temporelle a été mesurée auprès de cohortes de patients examinés à intervalle régulier (1 à 2 semaines d’intervalle) en maintenant un traitement pharmacologique stable. Les résultats rapportent :
- Un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) test-retest supérieur à 0,88 pour la section motrice.
- Un CCI test-retest excédant 0,90 pour la section AVQ.
- Un accord inter-juges (évalué par l’analyse croisée de plusieurs neurologues examinant les mêmes enregistrements vidéo standardisés de patients) très satisfaisant, avec un kappa de Cohen pondéré moyen compris entre 0,72 et 0,85 au niveau des items individuels.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la SPES-SCOPA a été explorée et validée à la fois par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC).
9.1. Analyses factorielles exploratoires (AFE)
Lors de la dérivation originale et des travaux de raffinement de Marinus et collègues, une extraction par composantes principales avec rotation varimax appliquée aux items moteurs et fonctionnels a systématiquement fait émerger une solution tridimensionnelle claire, reflétant précisément l’organisation théorique de l’instrument :
- Facteur 1 (Motricité globale et axiale / AVQ) : Regroupe fortement les épreuves de marche (Item 8), de stabilité posturale (Item 9), de lever de chaise (Item 6), ainsi que les gestes d’hygiène (Item 16) et d’habillage (Item 15), avec des saturations factorielles comprises entre 0,62 et 0,84.
- Facteur 2 (Motricité distale et akinéto-rigide des membres supérieurs) : Sature principalement sur le tapping digital (Item 4), les mouvements alternatifs des mains (Item 3), l’écriture manuscrite (Item 13) et la découpe des aliments (Item 14) (saturations > 0,58).
- Facteur 3 (Phénomènes de complications médicamenteuses / Fluctuation) : Isole distinctement les items 18, 19, 20 et 21 (durée, gène et douleur des dyskinésies, et sévérité du off), qui présentent des saturations très faibles (< 0,20) sur les deux premiers axes.
9.2. Modélisation confirmatoire (AFC)
Les analyses factorielles confirmatoires conduites pour attester de la validité de structure ont comparé un modèle unifactoriel global à un modèle hiérarchique à trois composantes corrélées. Les indices d’ajustement soutiennent sans ambiguïté la solution à trois facteurs :
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) > 0,93.
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,91.
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) = 0,054 (IC 90% : 0,042 – 0,066), démontrant un ajustement adéquat aux données empiriques.
Les analyses d’invariance de mesure ont par ailleurs attesté que cette structure factorielle demeure stable quel que soit le sexe des participants et la durée d’évolution de la maladie.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Échelle d’observation clinique directe combinée à un hétéro-questionnaire semi-structuré d’évaluation fonctionnelle.
- Format d’administration : Papier-crayon ou formulaire électronique standardisé administré par un professionnel de santé formé (neurologue, médecin généraliste, kinésithérapeute, infirmière clinicienne).
- Population cible : Adultes et personnes âgées présentant un syndrome parkinsonien avéré ou une maladie de Parkinson idiopathique, à tous les stades de la maladie.
- Nombre total d’items : 21 items répartis en 3 sous-échelles cliniques :
- Section I : Évaluation motrice (Items 1 à 10)
- Section II : Activités de la vie quotidienne (Items 11 à 17)
- Section III : Complications motrices (Items 18 à 21)
- Format et échelle de réponse : Échelle ordinale à 4 points (0 à 3) définie comme suit pour l’ensemble des items :
- 0 = Normal / No impairment (Absence de déficit / Fonction normale)
- 1 = Mild impairment (Déficit léger)
- 2 = Moderate impairment (Déficit modéré)
- 3 = Severe impairment (Déficit sévère)
- Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes au total (contre 30 à 45 minutes pour l’UPDRS classique).
- Cotation et règles de calcul des scores :
- Les scores sont cumulés directement par addition linéaire au sein de chaque section.
- Score Section I (Évaluation motrice) : Échelle de 0 à 30 points.
- Score Section II (Activités de la vie quotidienne) : Échelle de 0 à 21 points.
- Score Section III (Complications motrices) : Échelle de 0 à 12 points.
- Score Total SPES-SCOPA : Somme globale allant de 0 à 63 points.
- Interprétation clinique : Plus le score global ou sous-dimensionnel est élevé, plus le niveau de déficit moteur, d’incapacité quotidienne et de complications thérapeutiques est prononcé.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1997 (Short Parkinson’s Evaluation Scale par Rabey et al.).
- Année de standardisation SCOPA : 2004 (Marinus et al., consortium SCOPA-PROPARK).
- Statut des droits et propriété intellectuelle : Détenus conjointement par les auteurs originaux et le groupe de recherche SCOPA (Leiden University Medical Center). L’instrument est conçu pour le domaine public académique et la recherche clinique.
- Conditions d’accès et tarifs : L’utilisation de l’échelle SPES-SCOPA est libre de droits et gratuite pour toute utilisation non commerciale, la pratique clinique institutionnelle, les thèses universitaires et la recherche académique indépendante.
- Essais cliniques promus par l’industrie pharmaceutique : Les promoteurs commerciaux ou entreprises pharmaceutiques souhaitant utiliser l’échelle dans le cadre d’essais cliniques à but lucratif sont invités à solliciter l’autorisation formelle auprès des titulaires de droits (LUMC, Département de Neurologie).
12. Références / References
- Alexander, G. E., DeLong, M. R., & Strick, P. L. (1986). Parallel organization of functionally segregated circuits linking basal ganglia and cortex. Annual Review of Neuroscience, 9(1), 357–381. https://doi.org/10.1146/annurev.ne.09.030186.002041
- Fahn, S., & Elton, R. (1987). Unified Parkinson’s Disease Rating Scale. In S. Fahn, C. D. Marsden, D. B. Calne, & M. Goldstein (Eds.), Recent Developments in Parkinson’s Disease (Vol. 2, pp. 153–163). Macmillan Healthcare Information.
- Feinstein, A. R. (1987). Clinimetrics. Yale University Press.
- Marinus, J., Visser, M., Stiggelbout, A. M., Rabey, J. M., Martínez-Martín, P., Bonuccelli, U., Kraus, P. H., & van Hilten, B. J. (2004). A short scale for the evaluation of motor impairments and motor complications in Parkinson’s disease: The SPES-SCOPA. Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, 75(3), 388–395. https://doi.org/10.1136/jnnp.2003.017509
- Martínez-Martín, P., Benito-León, J., Alonso, F., Catalán, M. J., Pondal, M., Arbelo, J. M., & SCOPA-Spain Group. (2005). The SPES-SCOPA was useful for assessing motor features and motor complications in Parkinson’s disease. Journal of Clinical Epidemiology, 58(10), 1054–1060. https://doi.org/10.1016/j.jclinepi.2005.02.016
- Rabey, J. M., Bass, H., Bonuccelli, U., Brooks, D., Grandas, F., Kraus, P. H., Martínez-Martín, P., & Vardi, J. (1997). Evaluation of the Short Parkinson’s Evaluation Scale: A new friendly scale for the evaluation of Parkinson’s disease in clinical drug trials. Clinical Neuropharmacology, 20(4), 322–337. https://doi.org/10.1097/00002826-199708000-00005
- Verbaan, D., van Rooden, S. M., Visser, M., Marinus, J., & van Hilten, B. J. (2007). Nighttime sleep problems and daytime sleepiness in Parkinson’s disease. Movement Disorders, 23(1), 35–41. https://doi.org/10.1002/mds.21727