1. Résumé
L’échelle de connexion avec un programme de télévision (Connectedness with Television Program, ou CWTP), développée par Cristel Antonia Russell, Andrew T. Norman et Susan E. Heckler (2004), constitue un instrument psychométrique pionnier conçu pour mesurer l’intensité et la nature des relations psychosociales que les téléspectateurs établissent avec un programme télévisuel et ses personnages. Contrairement aux mesures traditionnelles d’audience quantitative (telles que le temps d’exposition ou les taux d’écoute brute), la CWTP appréhende l’engagement télévisuel comme un processus de consommation expérientielle multidimensionnel qui s’étend bien au-delà du simple moment de diffusion. L’instrument est composé de 16 items mesurés sur une échelle de type Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Tout à fait d’accord »).
La structure factorielle sous-jacente de la CWTP s’articule autour de six dimensions interconnectées : l’Évasion (Escape, 2 items), la Mode (Fashion, 3 items), l’Imitation (Imitation, 3 items), la Modélisation (Modeling, 3 items), l’Aspiration (Aspiration, 3 items) et les Produits dérivés (Paraphernalia, 2 items). D’un point de vue psychométrique, l’instrument démontre une excellente cohérence interne, avec un coefficient alpha de Cronbach global généralement supérieur à 0,88 et des sous-échelles oscillant entre 0,72 et 0,91 selon les échantillons d’étude. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) corroborent la structure hiérarchique de second ordre, confirmant que ces six composantes convergent vers un construit unifié de « connexion ». La validité de construit, la validité convergente avec les interactions parasociales et l’implication de transport narratif, ainsi que la validité prédictive à l’égard de la fidélité au programme, du bouche-à-oreille et de la réceptivité aux placements de produits ont été solidement établies dans la littérature en marketing, en psychologie des médias et en communication de masse.
2. Mots-clés
Connexion télévisuelle, engagement narratif, interaction parasociale, psychologie des médias, comportement du consommateur, modélisation comportementale, évasion, placement de produit, psychométrie, identification aux personnages.
3. Auteurs
L’échelle a été conceptualisée et validée empiriquement par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans le comportement du consommateur et la communication persuasive :
- Cristel Antonia Russell, Ph.D. : Professeure de marketing à la Graziadio Business School de l’Université Pepperdine (auparavant à la San Diego State University et à l’American University). Ses recherches portent sur la psychologie du divertissement, le placement de produits, les récits télévisuels et l’influence des médias sur les comportements de santé publique. Courriel institutionnel : [email protected].
- Andrew T. Norman, Ph.D. : Chercheur et professeur associé en marketing, spécialisé dans la fidélité de marque, l’attachement émotionnel aux biens culturels et la modélisation quantitative des attitudes des consommateurs.
- Susan E. Heckler, Ph.D. : Professeure émérite de marketing (Université de St. Thomas, Minnesota). Reconnue internationalement pour ses travaux fondateurs sur le traitement cognitif de l’information congruente et incongruente dans la publicité et la communication de marque.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’échelle de Connectedness with Television Program (CWTP) est de combler un vide méthodologique et conceptuel majeur dans la recherche sur les médias de masse : l’incapacité des mesures quantitatives d’exposition (durée de visionnage, fréquence, mémorisation brute) à rendre compte de la profondeur psychologique du lien unissant un individu à un contenu sériel. Russell, Norman et Heckler (2004) ont postulé que regarder une série télévisée ne constitue pas une activité passive de réception d’informations, mais un engagement affectif, cognitif et comportemental hautement dynamique dans lequel l’univers fictionnel pénètre la vie quotidienne du spectateur.
L’échelle vise spécifiquement à quantifier le degré selon lequel l’univers du programme est intégré dans le concept de soi de l’individu, dans ses interactions sociales et dans ses routines journalières. Cet outil psychométrique répond à plusieurs finalités scientifiques et appliquées :
- En recherche fondamentale sur les médias et la psychologie sociale : Examiner comment les récits télévisuels façonnent la construction identitaire, la socialisation vicariante et la gestion émotionnelle. L’échelle permet de dissocier l’attachement superficiel (regarder par habitude) d’une connexion profonde caractérisée par le mimétisme comportemental ou l’aspiration sociale.
- En marketing et communication persuasive : Évaluer l’efficacité contextuelle des placements de produits (product placement) et des partenariats de marque. Les spectateurs affichant un score élevé de CWTP traitent les marques intégrées dans le programme avec une bienveillance et une mémorisation significativement accrues, car la marque est absorbée comme une composante authentique du monde fictionnel valorisé.
- En santé publique et communication pour le changement social (Entertainment-Education) : Mesurer le potentiel d’impact des programmes éducatifs véhiculés par la fiction. Grâce aux dimensions de modélisation et d’imitation, la CWTP permet aux chercheurs d’évaluer dans quelle mesure les spectateurs adoptent des attitudes prosociales ou des comportements préventifs calqués sur les trajectoires des protagonistes.
5. Construit psychologique
Le construit de « connexion » (Connectedness) est défini par Russell et ses collègues comme le niveau d’intensité de la relation qu’un spectateur développe avec les personnages et le contexte contextuel d’un programme télévisé, mesuré par la mesure dans laquelle le programme s’étend au-delà du moment de visionnage pour s’infiltrer dans la vie réelle du consommateur. Ce construit repose sur une architecture multidimensionnelle composée de six sous-construits distincts mais synergiques :
1. L’Évasion (Escape)
Cette dimension capture l’utilisation du programme comme mécanisme de régulation affective et de retrait temporaire des stresseurs de la vie quotidienne. Contrairement à une simple distraction, l’évasion implique une absorption psychologique intense où les exigences du monde réel sont suspendues au profit de l’immersion narrative. Exemple empirique : Le spectateur utilise l’horaire de diffusion comme une bulle hermétique permettant de désamorcer l’anxiété professionnelle ou personnelle.
2. La Mode (Fashion)
La dimension de la mode mesure l’attention esthétique portée à l’apparence physique, au style vestimentaire et aux choix d’accessoires des protagonistes. Elle traduit le fait que le programme sert de prescripteur de tendances vestimentaires et de référentiel visuel pour le spectateur. Exemple empirique : Scruter les tenues des personnages d’une série dramatique pour renouveler sa propre garde-robe ou adopter un style capillaire similaire.
3. L’Imitation (Imitation)
L’imitation renvoie à la reproduction active et consciente des comportements, du langage verbal, des tics d’expression ou des attitudes posturales des personnages. Cette dimension s’ancre directement dans la dynamique du mimétisme social. Exemple empirique : Réutiliser dans ses conversations quotidiennes des expressions idiomatiques créées pour un personnage ou adopter ses postures gestuelles en public.
4. La Modélisation (Modeling)
La modélisation évalue l’utilisation cognitive du programme comme guide de résolution de problèmes et boussole existentielle. Le spectateur perçoit les dilemmes des personnages comme analogues aux siens et extrait de la narration des stratégies d’adaptation ou des leçons pragmatiques pour gérer ses propres défis interpersonnels. Exemple empirique : Observer comment un protagoniste négocie un conflit familial pour appliquer la même démarche stratégique dans son propre couple.
5. L’Aspiration (Aspiration)
L’aspiration mesure le désir d’émulation sociale, le souhait de s’identifier au statut, aux privilèges ou au style de vie idéalisé des personnages du programme. Elle traduit une comparaison sociale ascendante où l’individu envie la trajectoire fictionnelle. Exemple empirique : Exprimer la volonté de vivre dans l’environnement socialisé, professionnel ou géographique dépeint dans la fiction.
6. Les Produits dérivés (Paraphernalia)
Cette sous-échelle évalue l’ancrage matériel de la connexion à travers l’acquisition tangible d’objets, de produits dérivés, de coffrets ou de souvenirs associés au programme. L’objet physique sert d’ancrage transitionnel pérennisant le lien avec l’univers narratif en dehors du temps d’écran. Exemple empirique : Acheter des tasses, des t-shirts, des affiches de collection ou des livres compagnons de la série.
6. Cadre théorique
L’échelle CWTP s’enracine à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs des sciences sociales et de la psychologie contemporaine :
La Théorie socio-cognitive d’Albert Bandura
Le socle théorique principal de la CWTP repose sur la théorie de l’apprentissage social et socio-cognitive développée par Albert Bandura (1986, 2001). Bandura a démontré que l’apprentissage humain s’effectue en grande partie par observation vicariante de modèles symboliques, notamment ceux véhiculés par les médias de masse. Les dimensions d’Imitation et de Modélisation de la CWTP opérationnalisent directement les mécanismes d’attention sélective, de rétention mnésique et de reproduction motrice formalisés par Bandura : les téléspectateurs adoptent les comportements observés d’autant plus facilement qu’ils perçoivent des conséquences gratifiantes pour les personnages.
La Théorie des Usages et Gratifications (Uses and Gratifications Theory)
Issue des travaux d’Elihu Katz, Jay Blumler et Michael Gurevitch (1974), cette approche postule que les membres de l’audience sont des agents actifs qui sélectionnent délibérément des médias spécifiques pour satisfaire des besoins psychologiques et sociaux particuliers (besoins cognitifs, affectifs, d’intégration personnelle et d’évasion). La dimension d’Évasion de la CWTP reflète explicitement cette quête de gratification compensatoire face aux tensions quotidiennes.
L’Interaction et l’Attachement Parasocial
Développé à l’origine par Donald Horton et R. Richard Wohl (1956), le concept d’interaction parasociale désigne l’illusion d’une relation interpersonnelle directe, réciproque et intime entre un spectateur et une figure médiatique. La CWTP prolonge cette notion en démontrant que l’attachement parasocial dépasse la seule dyade spectateur-personnage pour englober l’ensemble de l’écosystème du programme (son style de vie, ses objets, ses valeurs et sa temporalité).
Le Transport Narratif et l’Extension de Soi
L’échelle s’appuie également sur la théorie du transport narratif de Green et Brock (2000), qui postule une immersion totale de l’esprit dans une histoire, ainsi que sur le concept de « soi étendu » (Extended Self) formulé par Russell Belk (1988) en comportement du consommateur. Par le biais des dimensions d’Aspiration et de Produits dérivés, le consommateur incorpore les symboles du programme télévisé dans sa propre identité narrative.
7. Validité
Les qualités métrologiques de la CWTP ont fait l’objet de protocoles de validation rigoureux documentés par Russell, Norman et Heckler (2004), puis confirmés par des réplications indépendantes dans divers contextes culturels et médiatiques :
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée en corrélant la CWTP avec des construits établis dans la littérature. L’échelle présente des corrélations positives statistiquement significatives avec :
- L’échelle d’interaction parasociale de Rubin, Perse et Powell (1985) ($r = 0,64$, $p < 0,001$), attestant que le lien avec le programme est étroitement lié au sentiment de proximité avec ses figures centrales tout en mesurant des facettes comportementales distinctes.
- L’implication envers le produit média ($r = 0,58$, $p < 0,001$).
- Le temps d’exposition hebdomadaire ($r = 0,35$, $p < 0,01$), confirmant qu'une exposition prolongée facilite la connexion, bien que la connexion transcende le simple temps passé devant l'écran (validant le fait que des spectateurs réguliers peuvent avoir une connexion faible, et inversement).
Validité discriminante
La validité discriminante a été testée par l’approche de Fornell et Larcker (1981). La variance moyenne extraite (AVE) de chacune des six dimensions dépasse le carré des corrélations inter-dimensions ($AVE > r^2$), confirmant que les sous-échelles mesurent des facettes conceptuellement distinctes. De plus, la CWTP se distingue nettement de la simple recherche de sensations ou de l’exposition globale aux médias audiovisuels.
Validité prédictive et nomologique
Dans leurs expérimentations, Russell et ses coauteurs ont établi que le score de CWTP prédit de manière robuste :
- Le bouche-à-oreille positif et les comportements de recommandation active ($R^2 = 0,42$, $\beta = 0,65$, $p < 0,001$).
- La fidélité comportementale lors des changements d’horaires de diffusion ou de saisons.
- L’attitude envers les marques intégrées via placement de produit : les individus à forte connexion manifestent une attitude significativement plus favorable envers une marque apparaissant dans le programme que les individus à faible connexion ($F(1, 248) = 14,32$, $p < 0,001$).
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle CWTP a été confirmée par de multiples indices statistiques de cohérence interne et de stabilité temporelle :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’étude princeps de Russell, Norman et Heckler (2004), l’échelle globale de 16 items a affiché un coefficient alpha de Cronbach d’une excellente tenue : $\alpha = 0,90$. Les coefficients de consistance interne pour chaque dimension respective se répartissent comme suit :
- Évasion (Items 1-2) : $\alpha = 0,84$ (corrélation inter-items $r = 0,73$)
- Mode (Items 3-5) : $\alpha = 0,86$
- Imitation (Items 6-8) : $\alpha = 0,82$
- Modélisation (Items 9-11) : $\alpha = 0,79$
- Aspiration (Items 12-14) : $\alpha = 0,85$
- Produits dérivés (Items 15-16) : $\alpha = 0,78$ (corrélation inter-items $r = 0,64$)
Fiabilité composite ($CR$)
Les indices de fiabilité composite (Composite Reliability) calculés dans le cadre de modèles d’équations structurelles oscillent entre 0,80 et 0,89 pour les six facteurs de premier ordre, dépassant largement le seuil standard de 0,70 recommandé par Nunnally et Bernstein (1994).
Stabilité temporelle (Test-Retest)
L’administration répétée de l’échelle auprès d’un sous-échantillon de participants à un intervalle de trois semaines a révélé un coefficient de corrélation test-retest intra-classe de $r = 0,81$ ($p < 0,001$), démontrant une stabilité temporelle satisfaisante de la disposition à la connexion pour un programme télévisé donné en cours de diffusion.
9. Analyse factorielle
Le développement de la CWTP a suivi un protocole analytique rigoureux combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
À partir d’un ensemble initial de plus de 40 items générés par entretiens qualitatifs et revue de littérature, une AFE avec extraction en composantes principales et rotation oblique (Promax) a été conduite. L’analyse a fait émerger une solution claire à six facteurs expliquant 68,4 % de la variance totale des données. Tous les items conservés affichaient des saturations factorielles primaires supérieures à 0,60 sur leur facteur théorique de rattachement, sans inter-saturations (cross-loadings) supérieures à 0,30 sur d’autres axes.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Un modèle factoriel hiérarchique de second ordre a été estimé par la méthode du maximum de vraisemblance sur un échantillon de validation indépendant ($N = 342$). Dans ce modèle, les six facteurs de premier ordre saturent sur un facteur d’ordre supérieur représentant la « Connexion globale » (CWTP) :
- $\chi^2 / dl = 1,84$ (valeur inférieure au seuil strict de 2,00)
- Comparative Fit Index (CFI) = $0,96$
- Tucker-Lewis Index (TLI) = $0,95$
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = $0,050$ (intervalle de confiance à 90 % : $[0,039 ; 0,061]$)
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = $0,045$
Les saturations standardisées ($lambda$) de tous les items sur leurs dimensions respectives se situent entre 0,68 et 0,89 ($p < 0,001$). Les saturations des six sous-dimensions de premier ordre sur le facteur général de second ordre sont également toutes substantielles (variant de 0,54 pour les Produits dérivés à 0,83 pour la Modélisation), confirmant la pertinence mathématique d'une partition par sous-scores ou de l'utilisation d'un score total unifié.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report questionnaire).
- Format d’administration : Papier-crayon ou questionnaire numérique en ligne (compatible ordinateurs, tablettes et smartphones).
- Nombre d’items : 16 items formulés sous la forme d’affirmations portant sur un programme télévisuel spécifique (désigné dans le protocole par la variable
[program]). - Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points (1 = Strongly Disagree / Fortement en désaccord, à 7 = Strongly Agree / Tout à fait d’accord).
- Calcul des scores :
- Score global : Somme brute (variant de 16 à 112) ou moyenne arithmétique de l’ensemble des 16 items (variant de 1,0 à 7,0).
- Scores dimensionnels (moyennes arithmétiques ou sommes des items respectifs) :
- Évasion : Items 1 et 2
- Mode : Items 3, 4 et 5
- Imitation : Items 6, 7 et 8
- Modélisation : Items 9, 10 et 11
- Aspiration : Items 12, 13 et 14
- Produits dérivés : Items 15 et 16
- Règles d’inversion : Aucun item inversé. Tous les énoncés sont orientés positivement vers l’intensité de la connexion.
- Temps de passation estimé : 3 à 5 minutes par programme évalué.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’échelle CWTP a été publiée dans son intégralité en 2004 dans la revue scientifique à comité de lecture Journal of Consumer Research (Volume 31, Numéro 1, pages 150-161). En vertu des usages académiques régissant la diffusion scientifique :
- Accès et tarification : L’instrument est disponible gratuitement pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et les travaux d’études sans but lucratif.
- Permissions d’utilisation : Aucune autorisation payante préalable n’est requise pour un usage scientifique non commercial, à condition de citer fidèlement l’article original de Russell, Norman et Heckler (2004) selon les normes bibliographiques internationales (APA).
- Utilisation commerciale : Toute exploitation dans un cadre d’études de marché privées, d’audits d’agences publicitaires ou d’applications commerciales propriétaires est soumise aux règles de copyright de l’éditeur de la revue (Oxford University Press / Journal of Consumer Research, Inc.) et requiert l’accord des auteurs.
12. Références
Les références suivantes documentent la conception de la CWTP ainsi que ses fondements théoriques et empiriques :
- Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
- Bandura, A. (2001). Social cognitive theory of mass communication. Media Psychology, 3(3), 265–299. https://doi.org/10.1207/S1532785XMEP0303_03
- Belk, R. W. (1988). Possessions and the extended self. Journal of Consumer Research, 15(2), 139–168. https://doi.org/10.1086/209154
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Green, M. C., & Brock, T. C. (2000). The role of transportation in the persuasiveness of public narratives. Journal of Personality and Social Psychology, 79(5), 701–721. https://doi.org/10.1037/0022-3514.79.5.701
- Horton, D., & Wohl, R. R. (1956). Mass communication and para-social interaction: Observations on intimacy at a distance. Psychiatry, 19(3), 215–229. https://doi.org/10.1080/00332747.1956.11023049
- Katz, E., Blumler, J. G., & Gurevitch, M. (1974). Utilization of mass communication by the individual. In J. G. Blumler & E. Katz (Eds.), The uses of mass communications: Current perspectives on gratifications research (pp. 19–32). SAGE Publications.
- Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
- Rubin, A. M., Perse, E. M., & Powell, R. A. (1985). Loneliness, parasocial interaction, and local television news viewing. Human Communication Research, 12(2), 155–180. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.1985.tb00071.x
- Russell, C. A., Norman, A. T., & Heckler, S. E. (2004). The consumption of television programming and validation of the connectedness scale. Journal of Consumer Research, 31(1), 150–161. https://doi.org/10.1086/383431
13. Questions et items du questionnaire
Response scale: 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)
- Watching [program] is an escape for me.
- [Program] allows me to escape from reality for a while.
- I like the clothes they wear on [program].
- I would like to dress like the characters in [program].
- The characters in [program] are fashionable.
- I imitate the behavior of one or more of the characters from [program].
- I try to be like the characters on [program].
- I find myself acting like characters on [program].
- The characters in [program] face realistic situations.
- The characters in [program] deal with issues that I face in my own life.
- Watching [program] helps me solve problems in my own life.
- I wish I could live the life of the characters on [program].
- I wish I was more like the characters on [program].
- I envy the lifestyle of the characters on [program].
- I buy products or merchandise related to [program].
- I collect items that are related to [program].