1. Résumé / Abstract
L’Échelle de classification des douleurs dorsales (Back Pain Classification Scale, ou BPCS), conçue à la fin des années 1970 par les chercheurs et psychologues cliniciens Frank Leavitt et David C. Garron du Rush-Presbyterian-St. Luke’s Medical Center de Chicago, constitue un outil psychométrique pionnier destiné à évaluer la composante psychologique et comportementale associée aux lombalgies chroniques. Face aux limites diagnostiques de l’imagerie médicale conventionnelle pour expliquer l’intensité et le retentissement de la douleur chez de nombreux patients lombalgiques, la BPCS a été élaborée afin de distinguer les douleurs d’origine organique démontrable de celles marquées par une détresse psychologique importante, une somatisation ou une composante fonctionnelle non organique.
L’instrument repose sur une sélection standardisée de descripteurs verbaux de la douleur, dérivés des travaux initiaux sur le McGill Pain Questionnaire (MPQ) de Melzack. Dans sa configuration d’évaluation, la BPCS analyse le choix qualitatif et quantitatif des adjectifs douloureux parmi un corpus verbal comprenant plus de 90 termes descriptifs, dont une sous-série spécifique d’items hautement discriminants (souvent regroupés en un score prédictif de perturbation psychologique). Les patients sélectionnent les mots qui caractérisent avec précision leur expérience douloureuse dorsale. Le modèle de cotation permet de calculer un indice de risque de trouble psychologique ou de magnification des symptômes, en corrélant étroitement ces choix verbaux avec les échelles cliniques de l’Inventaire de personnalité multiphasique du Minnesota (MMPI), en particulier la triade névrotique (Hypocondrie, Dépression, Hystérie de conversion).
Sur le plan psychométrique, les études princeps et les validations croisées rapportent une validité discriminante remarquable, atteignant une sensibilité et une spécificité supérieures à 80 % pour identifier les profils pathologiques au MMPI chez des patients sans substrat organique identifiable. Sa consistance interne et sa stabilité temporelle lors des réévaluations confirment la robustesse de l’évaluation verbale de la douleur en tant que biomarqueur linguistique de la détresse émotionnelle et du pronostic fonctionnel.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle de classification des douleurs dorsales, BPCS, lombalgie chronique, descripteurs verbaux de la douleur, somatisation, MMPI, composante fonctionnelle, douleur non organique, psychométrie de la douleur, Frank Leavitt, David C. Garron, évaluation multidimensionnelle, triade névrotique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été mise au point et validée par une équipe multidisciplinaire de neurologues, psychiatres et psychologues cliniciens du Département des sciences comportementales et du Département des sciences neurologiques du Rush Medical College et du Rush-Presbyterian-St. Luke’s Medical Center à Chicago (Illinois, États-Unis) :
- Frank Leavitt, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie et de sciences comportementales, Rush University Medical Center. Chercheur pionnier dans l’analyse sémantique de l’expression de la douleur et l’étude des mécanismes d’amplification somatique.
- David C. Garron, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique et de neurologie, Rush-Presbyterian-St. Luke’s Medical Center. Spécialiste reconnu de l’évaluation neuropsychologique et des corrélats psychologiques des pathologies ostéoarticulaires chroniques.
- Collaborateurs cliniques notables : D. W. Whisler, M.D. (neurochirurgie), Thomas W. McNeill, M.D. (chirurgie orthopédique du rachis), ayant participé aux protocoles de validation clinique auprès de cohortes chirurgicales et de médecine physique.
Correspondance historique : Rush-Presbyterian-St. Luke’s Medical Center, 1753 West Congress Parkway, Chicago, IL 60612, USA.
4. Objectif / Purpose
La lombalgie représente l’un des motifs de consultation les plus fréquents et l’une des causes majeures d’invalidité professionnelle et de coûts médico-économiques dans le monde industrialisé. Or, la pratique médicale est régulièrement confrontée à une discordance clinique majeure : la sévérité des anomalies radiologiques observées (discopathies, hernies discales, arthrose zygapophysaire) ne correspond souvent que très imparfaitement à l’intensité de la douleur ressentie, à l’incapacité fonctionnelle alléguée et aux comportements d’évitement manifestés par le patient. C’est dans ce contexte que l’Échelle de classification des douleurs dorsales (BPCS) a été conçue, avec pour mission de combler le fossé entre sémiologie physique et retentissement psychopathologique.
Applications cliniques
L’objectif fondamental de la BPCS est de fournir aux cliniciens — qu’il s’agisse de chirurgiens orthopédistes, de neurochirurgiens, de rhumatologues, de médecins de rééducation ou de psychologues de la santé — un instrument de dépistage rapide capable d’identifier les patients lombalgiques présentant un profil de perturbation psychologique (psychological disturbance). Dans la pratique quotidienne, cet outil répond à plusieurs enjeux déterminants :
- Le triage préchirurgical : Les interventions invasives sur le rachis (arthrodèses, laminectomies, discectomies) présentent des taux d’échec particulièrement élevés lorsque la symptomatologie est dominée par des facteurs non organiques. La BPCS aide à repérer les patients à haut risque d’échec chirurgical (syndrome d’échec de la chirurgie du dos ou Failed Back Surgery Syndrome) afin de prioriser une prise en charge biopsychosociale précoce.
- La détection des composantes fonctionnelles et de l’amplification somatique : L’échelle permet de classifier les patients en deux grands sous-groupes cliniques : ceux dont la symptomatologie douloureuse reflète fidèlement une atteinte organique stable, et ceux dont le tableau est amplifié ou dominé par des mécanismes émotionnels, anxio-dépressifs ou de conversion.
- L’évaluation médico-légale et de compensation : Dans les contextes d’accidents du travail ou de rentes d’invalidité (workers’ compensation), la BPCS fournit des indices objectifs permettant d’explorer les comportements douloureux atypiques sans stigmatiser le patient, en offrant un cadre d’objectivation du langage employé pour décrire la souffrance.
Applications en recherche
Dans le domaine de la recherche translationnelle et clinique, la BPCS est employée pour stratifier des cohortes de patients lombalgiques dans les essais thérapeutiques évaluant les programmes de restauration fonctionnelle, les psychothérapies cognitivo-comportementales (TCC) et les interventions interdisciplinaires de gestion de la douleur chronique. Elle permet également de suivre la réorganisation du lexique de la douleur au cours du rétablissement psychologique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par la BPCS repose sur la prémisse que la douleur n’est pas une sensation brute purement physiologique, mais une expérience multidimensionnelle intégrée où le langage verbal constitue le miroir de l’état affectif, cognitif et physiologique de l’individu. Contrairement aux échelles unidimensionnelles telles que l’Échelle visuelle analogique (EVA) ou l’Échelle numérique de la douleur (EN), la BPCS appréhende la complexité sémantique de l’expérience algique.
1. La composante sensorielle discriminative
Cette dimension renvoie aux propriétés physiques, temporelles, spatiales et mécaniques du stimulus douloureux perçu dans les structures tissulaires vertébrales, ligamentaires et nerveuses. Elle regroupe les descripteurs évoquant des mécanismes de pression, de torsion, de déchirure ou de stimulation thermique :
- Exemples de descripteurs : « Serrant » (squeezing), « coupant » (cutting), « brûlant » (burning), « élancements » (shooting), « piqûres » (pricking), « engourdi » (numb), « crampe » (cramping).
- Implication psychologique : Les patients dont la douleur est strictement d’origine mécanique ou neurogène sans trouble psychopathologique sous-jacent sélectionnent préférentiellement ces termes précis, cohérents avec la neuroanatomie des nocicepteurs médullaires et radiculaires.
2. La composante affective-motivationnelle et émotionnelle
Cette dimension traduit le malaise émotionnel, la tonalité déplaisante, la détresse subjective, la peur, l’angoisse et la souffrance psychique associées à l’expérience nociceptive. Le système limbique et le cortex cingulaire antérieur modulent cette réactivité :
- Exemples de descripteurs : « Torturant » (torturing), « terrifiant » (terrifying), « étouffant » (suffocating), « écœurant » (nauseating), « cruel » (cruel), « misérable » (miserable), « insupportable » (unbearable).
- Implication psychologique : Une fréquence disproportionnée de termes affectifs et anxiogènes est la signature d’un épuisement émotionnel, d’une hypervigilance somatosensorielle ou d’un syndrome dépressif concomitant.
3. La dimension d’évaluation cognitive et d’amplification (Score discriminatif BPCS)
Le noyau théorique propre à la BPCS de Leavitt et Garron réside dans l’identification d’une constellation spécifique de descripteurs verbaux qui ne se contentent pas de décrire une sensation, mais dénotent une magnification cognitive et affective. Ces mots ont été identifiés par analyses régressives comme étant statistiquement associés à une détresse psychologique objectivée au MMPI :
- Descripteurs pivots de la BPCS : Les termes tels que « punissant » (punishing), « vicieux » (vicious), « aveuglant » (blinding), « déchirant » (lacerating), « d’une intensité mortelle » (killing), « effrayant » (frightful) et « insupportable » (agonizing).
- Interprétation clinique : Le recours excessif à ces termes suggère une faillite des stratégies d’adaptation (coping), une dramatisation de la douleur (catastrophizing), ou l’existence de bénéfices secondaires inconscients rattachés au rôle de malade.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La conception de la BPCS s’inscrit au carrefour de deux révolutions scientifiques majeures du XXe siècle : la théorie du portillon (Gate Control Theory) en neurophysiologie et l’approche psychosomatique et comportementale de la douleur chronique.
1. La théorie du Gate Control (Melzack & Wall, 1965)
Jusqu’au milieu des années 1960, la médecine était dominée par le modèle cartésien de spécificité sensorielle, stipulant qu’une lésion physique produit un signal douloureux directement proportionnel transmis de façon linéaire au cerveau. La formulation de la théorie du contrôle du portillon par Ronald Melzack et Patrick Wall en 1965 a bouleversé ce paradigme en démontrant que les cornes dorsales de la moelle épinière agissent comme un modulateur synaptique régulé par des voies descendantes cortico-limbiques. Les états psychologiques (anxiété, dépression, attention focalisée, croyances erronées) peuvent « ouvrir la porte » et amplifier massivement le signal nociceptif ascendant. Leavitt et Garron se sont appuyés sur cette modélisation pour postuler que le vocabulaire utilisé par le lombalgique reflète directement l’état d’ouverture ou de fermeture de ce filtre central.
2. Le modèle psychosomatique de la douleur vertébrale
Dans les années 1970, des cliniciens tels que George Engel développent le modèle biopsychosocial, tandis que John Sarno théorise l’existence de syndromes myofasciaux d’origine psychologique (Tension Myositis Syndrome). En parallèle, les travaux de Gordon Waddell en chirurgie rachidienne mettent en évidence l’existence de « signes d’inorganicité » ou de non-organicité (les célèbres signes de Waddell). Frank Leavitt et David Garron ont étendu ce concept à l’analyse sémiotique du discours : la non-organicité ne se manifeste pas seulement par des réponses motrices ou sensorielles aberrantes à l’examen clinique, mais s’incarne dans une distorsion lexicale spécifique. L’usage abondant d’adjectifs métaphoriques et hyperboliques trahit la présence de conflits psychiques intériorisés, de tendances somatoformes ou d’une détresse affective non verbalisée autrement que par le canal somatique.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la BPCS a fait l’objet d’un programme d’investigation rigoureux publié dans les revues internationales de référence (Pain, Journal of Psychosomatic Research, Spine).
Validité de critère et prédictive (Concordance avec le MMPI)
L’étalon-or (gold standard) utilisé par Leavitt et Garron (1979, 1980) pour établir la validité de critère était le profil obtenu à l’Inventaire de personnalité multiphasique du Minnesota (MMPI). Une perturbation psychologique était opérationnellement définie par une élévation clinique (score T > 70) sur au moins l’une des échelles de la triade névrotique (Échelle 1 – Hs : Hypocondrie ; Échelle 2 – D : Dépression ; Échelle 3 – Hy : Hystérie), ou par un profil de conversion (élévation couplée de Hs et Hy avec un creux relatif de D).
- Les études de validation ont démontré que le score BPCS permettait de classifier correctement les patients avec et sans perturbation psychologique au MMPI avec une exactitude globale comprise entre 81 % et 85 %.
- La sensibilité de la BPCS pour détecter les profils pathologiques au MMPI a été établie à 84 %, avec une spécificité de 80 %, attestant d’une performance remarquable pour un test de verbalisation rapide ne nécessitant pas les centaines de questions du MMPI complet.
Validité discriminante (Organique vs Non-organique)
Dans une série d’études comparatives menées chez des patients présentant des anomalies organiques formelles (lésions discales vérifiées par myélographie ou chirurgie, sténoses canalaires) versus des patients souffrant de lombalgies sans substrat anatomique identifiable (douleurs dites idiopathiques ou fonctionnelles), Leavitt et Garron (1979) ont montré que :
- Les patients « non organiques » utilisaient un nombre significativement plus élevé de descripteurs affectifs et d’items d’amplification (p < 0,001).
- Biedermann, Monga et Shanks (1986) ont ultérieurement mené une réplication indépendante confirmant la capacité de l’échelle à discriminer les groupes fonctionnels des groupes organiques, bien qu’ils aient souligné l’existence d’un chevauchement chez les patients présentant une organicité mixte accompagnée d’une détresse chronique secondaire.
Validité convergente
La BPCS corrèle positivement avec l’échelle d’anxiété de Spielberger (STAI, r = 0,52 à 0,61), le questionnaire de dramatisation face à la douleur (Pain Catastrophizing Scale, r > 0,65 dans les études modernes rétrospectives) et les scores de handicap fonctionnel mesurés par l’Oswestry Disability Index (ODI).
8. Fidélité / Reliability
La fiabilité de l’instrument a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle du choix lexical.
Consistance interne
Les coefficients de cohérence interne calculés sur la liste globale des descripteurs et sur la sous-échelle discriminante de la BPCS présentent des valeurs robustes :
- Le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des descripteurs verbaux de la douleur varie entre 0,83 et 0,89 selon les cohortes étudiées, témoignant d’une excellente homogénéité du construit de verbalisation de la douleur.
- Pour le sous-ensemble spécifique d’items composant le score de prédiction psychologique de la BPCS, l’alpha de Cronbach est de 0,78 à 0,82.
Fidélité test-retest
La mesure de la fidélité test-retest dans le champ de la douleur chronique est notoirement complexe en raison des fluctuations nycthémérales et posturales intrinsèques aux lombalgies. Néanmoins, lors d’évaluations réalisées à 24 et 48 heures d’intervalle chez des patients hospitalisés sous traitement antalgique stable :
- Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total de la BPCS s’est élevé à r = 0,81 (p < 0,001).
- La concordance dans la classification catégorielle (présence vs absence de trouble psychologique suspecté) présentait un indice Kappa de Cohen supérieur à κ = 0,74, confirmant que le profil d’expression verbale demeure stable en l’absence de modification aiguë de l’état clinique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture multidimensionnelle des descripteurs de la BPCS a été établie par des analyses factorielles exploratoires (AFE) menées sur des échantillons de plusieurs centaines de patients souffrant de dorsalgies et lombalgies chroniques.
Structure factorielle princeps (Leavitt et al., 1978)
Dans leur étude fondatrice consacrée aux dimensions affectives et sensorielles du mal de dos, Leavitt, Garron et Whisler ont soumis les réponses lexicales à une analyse factorielle en composantes principales avec rotation varimax. Cette analyse a révélé une structure stable expliquant une part substantielle de la variance totale :
- Facteur 1 : Inconfort émotionnel et détresse globale (Affective/Discomfort) : Regroupe des termes comme « épuisant » (exhausting), « terrifiant » (terrifying), « affreux » (frightful), « misérable » (miserable), avec des saturations factorielles comprises entre 0,58 et 0,76. Ce facteur capture directement la dimension de vulnérabilité psychologique.
- Facteur 2 : Douleur aiguë et pénétrante (Sharp/Piercing Pain) : Comprend les descripteurs « coupant » (cutting), « perçant » (piercing), « poignardant » (stabbing), avec des saturations entre 0,62 et 0,79.
- Facteur 3 : Douleur sourde et constrictive (Dull/Pressure Pain) : Saturé par des termes tels que « lourd » (heavy), « serrant » (squeezing), « sourd » (dull), « courbature » (aching), avec des saturations factorielles de 0,51 à 0,71.
- Facteur 4 : Composante neurogène et thermique (Thermal/Sensory Paroxysms) : Regroupe « brûlant » (burning), « piquant » (stinging), « fourmillements » (pins and needles), avec des saturations de 0,54 à 0,73.
- Facteur 5 : Douleur spasmodique et rythmique (Spasmodic/Rhythmic Pain) : Regroupe « spasmes » (spasms), « pulsations » (throbbing/pounding), « battements » (beating).
Analyses confirmatoires et isolation du score BPCS
Les modélisations ultérieures ont mis en lumière que les items saturant sur le facteur d’inconfort émotionnel et d’angoisse constituaient la clé de voûte de la classification diagnostique. L’analyse par régression logistique et analyse discriminante linéaire a permis d’isoler un poids relatif optimal pour chaque descripteur, créant une fonction mathématique capable de reproduire la distinction établie par le MMPI.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un inventaire auto-administré ou guidé par le clinicien, rapide et non invasif.
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation verbale et sémantique de la douleur.
- Format d’administration : Formulaire papier-crayon ou version informatisée. Le patient reçoit la consigne de lire l’ensemble des mots et de cocher uniquement ceux qui décrivent exactement ce qu’il ressent dans le dos au cours des derniers jours.
- Nombre total d’items de la réserve lexicale : Plus de 90 descripteurs verbaux de la douleur (voir Section 13 pour la liste complète standardisée).
- Format de réponse : Format binaire d’approbation dichotomique (0 = Non sélectionné / Ne s’applique pas ; 1 = Sélectionné / Décrit ma douleur).
- Procédure de cotation et de calcul :
- Nombre total de descripteurs choisis (Total Word Count – TWC) : Somme arithmétique de l’ensemble des adjectifs sélectionnés par le sujet.
- Sous-score sensoriel : Somme des descripteurs appartenant aux classes mécaniques, thermiques et anatomiques.
- Sous-score affectif : Somme des descripteurs émotionnels et d’angoisse.
- Score de classification BPCS : Application de la clé de décision clinique basée sur le nombre critique de termes discriminants sélectionnés. Un seuil critique prédéterminé (cut-off score) indique une probabilité élevée de perturbation psychologique associée (score positif pour composante non organique).
- Durée de passation : Approximativement 5 à 10 minutes pour le patient.
- Temps de cotation : Moins de 3 minutes pour le praticien au moyen d’une grille transparente de dépouillement.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 1978 – 1979 (publications inaugurales par Frank Leavitt et David C. Garron).
- Statut des droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les études fondatrices et les matrices d’items originales ont été publiées dans des revues savantes sous copyright d’éditeurs académiques (notamment Elsevier pour Pain et Journal of Psychosomatic Research, et Wolters Kluwer pour Spine). Les synthèses méthodologiques figurent également dans l’ouvrage de référence d’Ian McDowell (Measuring Health, Oxford University Press).
- Conditions d’utilisation et permissions :
- Utilisation en recherche académique : L’utilisation de la liste de descripteurs et des algorithmes dérivés de Leavitt et Garron est généralement permise à des fins de recherche non commerciale dans le cadre de protocoles d’investigation clinique, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources d’origine.
- Utilisation clinique commerciale ou institutionnelle : Toute intégration logicielle, distribution commerciale ou inclusion dans des batteries propriétaires de santé requiert l’autorisation formelle préalable des détenteurs des droits ou des éditeurs des revues mères.
- Tarifs / Coûts : Il n’existe pas de kit commercial payant standardisé (comme c’est le cas pour le MMPI ou le WAIS). L’accès s’effectue traditionnellement via la consultation des articles de recherche originaux dans les bibliothèques universitaires ou les portails scientifiques.
12. Références / References
- Biedermann, H. J., Monga, T. N., & Shanks, G. L. (1986). The classification of back pain patients: Functional versus organic. Journal of Psychosomatic Research, 30(3), 273–276. https://doi.org/10.1016/0022-3999(86)90040-6
- Leavitt, F. (1982). Comparison of three measures for detecting psychological disturbance in patients with low back pain. Pain, 13(3), 299–305. https://doi.org/10.1016/0304-3959(82)90018-9
- Leavitt, F. (1985). Pain and deception: Use of verbal pain measurement as a diagnostic aid in differentiating between clinical and simulated low-back pain. Journal of Psychosomatic Research, 29(5), 495–505. https://doi.org/10.1016/0022-3999(85)90082-5
- Leavitt, F. (1987). Use of verbal pain measurement in the detection of hidden psychological morbidity among low back pain patients with objective organic findings. Psychology & Health, 1(4), 315–326. https://doi.org/10.1080/08870448708400334
- Leavitt, F., & Garron, D. C. (1979). The detection of psychological disturbance in patients with low back pain. Journal of Psychosomatic Research, 23(3), 149–154. https://doi.org/10.1016/0022-3999(79)90001-6
- Leavitt, F., & Garron, D. C. (1979). Psychological disturbance and pain report differences in both organic and non-organic low back pain patients. Pain, 7(2), 187–195. https://doi.org/10.1016/0304-3959(79)90010-5
- Leavitt, F., & Garron, D. C. (1979). Validity of a Back Pain Classification Scale among patients with low back pain not associated with demonstrable organic disease. Journal of Psychosomatic Research, 23(5), 301–306. https://doi.org/10.1016/0022-3999(79)90035-1
- Leavitt, F., & Garron, D. C. (1980). Validity of a Back Pain Classification Scale for detecting psychological disturbance as measured by the MMPI. Journal of Clinical Psychology, 36(1), 186–189. https://doi.org/10.1097/00007632-198207000-00014
- Leavitt, F., Garron, D. C., & Whisler, W. W. (1978). Affective and sensory dimensions of back pain. Pain, 4(3), 273–281. https://doi.org/10.1016/0304-3959(77)90140-7
- Leavitt, F., Gilbert, N. S., & Mooney, V. (1994). Development of the Hispanic Low Back Pain Symptom Check List. Spine, 19(9), 1048–1052. https://doi.org/10.1097/00007632-199405000-00009
- McDowell, I. (2006). Measuring health: A guide to rating scales and questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
- Melzack, R. (1975). The McGill Pain Questionnaire: Major properties and scoring methods. Pain, 1(3), 277–299. https://doi.org/10.1016/0304-3959(75)90044-5
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items originaux de l’inventaire verbal de l’Échelle de classification des douleurs dorsales (BPCS) sont constitués de la liste exhaustive des descripteurs verbaux de la douleur standardisés en langue anglaise. Les patients sont invités à cocher chaque mot qui caractérise fidèlement la douleur ressentie dans leur dos.
Instructions to Patient: Read through the entire list of words below carefully. Put a check mark (✓) next to every word that accurately describes the back pain you have been feeling recently. If a word does not describe your pain, leave it blank.
- Squeezing
- Splitting
- Continuous
- Aching
- Torturing
- Transient
- Gruelling
- Pricking
- Pulling
- Periodic
- Troublesome
- Tender
- Nagging
- Throbbing
- Intermittent
- Quivering
- Numb
- Suffocating
- Radiating
- Nauseating
- Taut
- Heavy
- Drilling
- Frightful
- Boring
- Jumping
- Crushing
- Miserable
- Dreadful
- Pinching
- Cutting
- Drawing
- Flashing
- Cruel
- Rasping
- Killing
- Penetrating
- Blinding
- Fearful
- Annoying
- Spreading
- Beating
- Exhausting
- Tearing
- Cramping
- Wrenching
- Rhythmic
- Lacerating
- Pounding
- Shooting
- Wretched
- Momentary
- Hurting
- Intense
- Dull
- Hot
- Pins and needles
- Pulsing
- Punishing
- Superficial
- Stinging
- Burning
- Deep
- Brief
- Sharp
- Localized
- Cold
- Tiring
- Unlocalized
- Flickering
- Scalding
- Spasms
- Unbearable
- Gnawing
- Diffuse
- Tugging
- Stabbing
- Surface
- Agonizing
- Tingling
- Stiff
- Piercing
- Freezing
- Skin pain
- Smarting
- Tight
- Muscle pain
- Steady
- Itchy
- Bone pain
- Constant
- Pressing
- Joint pain
- Lancinating
- Sore
- Moving pain
- Terrifying
- Sickening
- Electrical
- Vicious
- Searing
- Shock-like
- Cool