1. Résumé / Abstract
L’échelle de la Caractéristique esthétique de l’aliment (Couleur) (en anglais : Aesthetic Characteristic of the Food (Color), abrégée ACFC) est un instrument psychométrique développé par Jacob Suher, Courtney Szocs et Koert van Ittersum (2021) au sein d’un programme de recherche novateur publié dans le Journal of the Academy of Marketing Science. Cette échelle brève et unidimensionnelle composée de 3 items a été spécifiquement conçue pour mesurer l’évaluation subjective par le consommateur de l’uniformité, de la régularité et de la cohérence chromatique d’un produit alimentaire, qu’il soit d’origine naturelle et brute (non transformé, comme un fruit ou un légume) ou issu de procédés industriels (transformé, comme un biscuit ou un substitut végétal).
L’échelle ACFC s’inscrit dans une batterie psychométrique tripartite plus large, conjointement développée pour isoler et quantifier les dimensions esthétiques clés de l’apparence visuelle des aliments, à savoir la couleur, la forme (shape) et la texture (texture). Au sein de ce modèle, l’ACFC isole spécifiquement la perception de l’homogénéité pigmentaire à l’aide d’énoncés cotés généralement sur une échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « Pas du tout d’accord » à 7 = « Tout à fait d’accord »), comprenant un item inversé ciblant l’hétérogénéité, les marbrures ou les variations indésirables de coloration. Les propriétés psychométriques établies dans les études empiriques originales attestent d’une consistance interne remarquable (coefficients alpha de Cronbach systématiquement compris entre α = 0,84 et α = 0,93 selon les conditions expérimentales), d’une validité convergente robuste et d’une remarquable validité discriminante par rapport aux perceptions d’arôme, de goût anticipé, de salubrité et de fraîcheur.
L’instrument s’est révélé déterminant dans l’identification d’un effet psychologique paradoxal : alors que l’hétérogénéité esthétique (imperfection visuelle) est perçue défavorablement pour les aliments transformés (les consommateurs y voyant un défaut de fabrication ou un danger sanitaire), elle active chez les aliments bruts un schéma cognitif de « naturalité » (naturalness) susceptible d’accroître paradoxalement la préférence des consommateurs. L’échelle ACFC offre ainsi aux chercheurs en psychologie du consommateur, en marketing agroalimentaire et en durabilité environnementale un outil standardisé, fiable et parcimonieux pour quantifier l’impact de l’aspect visuel des denrées sur le comportement d’achat et la réduction du gaspillage alimentaire.
2. Mots-clés / Keywords
Évaluation esthétique visuelle, couleur des aliments, uniformité chromatique, perception de naturalité, psychologie du consommateur, comportement alimentaire, gaspillage alimentaire, aliments imparfaits, psychométrie agroalimentaire, marketing sensoriel, validité de construit, prise de décision.
3. Auteurs / Authors
L’échelle ACFC a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans le comportement du consommateur, la prise de décision et le marketing sensoriel :
- Jacob Suher, Ph.D. : Professeur associé de marketing à la Portland State University (School of Business), Portland, Oregon, États-Unis. Ses recherches portent principalement sur la psychologie du consommateur, les signaux sensoriels en environnement de vente au détail, les choix alimentaires et la santé publique. Contact académique : [email protected].
- Courtney Szocs, Ph.D. : Professeure associée de marketing à la Penn State University (Smeal College of Business), University Park, Pennsylvanie, États-Unis (auparavant à la Louisiana State University). Reconnue internationalement pour ses travaux sur le marketing multisensoriel, la perception visuelle et tactile, ainsi que l’influence de l’environnement physique sur la cognition des consommateurs. Contact académique : [email protected].
- Koert van Ittersum, Ph.D. : Professeur titulaire de marketing et comportement du consommateur à l’Université de Groningue (Faculty of Economics and Business), Groningue, Pays-Bas. Expert de renommée mondiale dans l’analyse des biais cognitifs liés aux portions alimentaires, aux emballages, à la perception esthétique et à la consommation durable. Contact académique : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle Aesthetic Characteristic of the Food (Color) (ACFC) est de fournir une mesure psychométrique standardisée, psychologiquement valide et hautement réutilisable de la perception humaine de l’uniformité chromatique d’un aliment. Bien que la perception sensorielle de la nourriture fasse l’objet de nombreuses investigations dans les sciences des aliments (bromatologie) et l’analyse sensorielle organoleptique par colorimétrie objective (par exemple via l’espace chromatique CIE L*a*b*), ces approches techniques mesurent des caractéristiques physiques de réflectance sans saisir l’interprétation subjective, sémantique et inférentielle qu’un consommateur profane construit face à un aliment donné.
Dans les contextes réels d’achat en magasin ou de consommation à domicile, le consommateur n’évalue pas un aliment avec un spectrophotomètre ; il utilise des heuristiques cognitives visuelles rapides pour inférer la qualité, la comestibilité, la texture interne, la salubrité et le degré de transformation d’un aliment. L’échelle ACFC a été créée pour quantifier spécifiquement la composante cognitive de cette évaluation visuelle. Elle répond à une lacune méthodologique majeure : jusqu’à sa publication, les études expérimentales manipulant l’apparence des aliments utilisaient des questions ad hoc non validées (comme une simple question globale « Cet aliment a-t-il l’air beau ? ») qui confondaient l’uniformité esthétique, l’attractivité générale, l’appétence perçue et la fraîcheur attendue.
Sur le plan des applications scientifiques et sociétales, l’échelle ACFC poursuit plusieurs finalités majeures :
- Compréhension des heuristiques de naturalité et de pureté : L’échelle permet de déterminer dans quelle mesure une couleur non uniforme est interprétée comme un marqueur d’organicité et d’authenticité pour un légume ou un fruit, tandis qu’elle sera interprétée comme un signe de dégradation, de contamination microbienne ou d’erreur de fabrication pour un produit transformé industriellement.
- Lutte contre le gaspillage alimentaire (Food Waste) : Chaque année, des millions de tonnes de denrées agricoles parfaitement saines sont détruites ou écartées des circuits de distribution en raison d’imperfections esthétiques mineures (variations de couleur de la peau, marbrures, taches solaires). L’échelle ACFC sert de variable de manipulation (manipulation check) et de médiateur cognitif pour tester des interventions d’étiquetage ou de communication capables de valoriser ces aliments dits « imparfaits » ou « moches » auprès des consommateurs.
- Recherche en marketing sensoriel et merchandising : En magasin, l’éclairage, la disposition en rayon et le conditionnement transparent influencent directement la perception de la couleur. L’ACFC offre un outil pour évaluer l’impact psychologique de ces dispositifs scénographiques sur le jugement du consommateur.
- Applications en nutrition clinique et comportementale : Pour des populations manifestant une néophobie alimentaire, des troubles du comportement alimentaire (TCA) ou des particularités sensorielles (telles que le trouble du spectre de l’autisme avec sélectivité alimentaire sévère), la régularité chromatique d’un aliment constitue souvent un filtre anxiogène déterminant. L’ACFC offre une base adaptable pour évaluer les seuils de tolérance à la variabilité esthétique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’ACFC est la perception de l’uniformité chromatique esthétique de l’aliment (Perceived Color Uniformity). Ce construit se situe à l’intersection de la psychologie cognitive de la perception (Gestalt), de l’évaluation esthétique environnementale et de la théorie de l’attribution causale.
L’uniformité chromatique ne renvoie pas à la saturation, à la teinte ou à la luminosité brute d’une surface, mais à l’évaluation holistique de sa cohérence distributionnelle : la couleur est-elle perçue comme unitaire, homogène, stable et dépourvue de ruptures inattendues ? Dans la structure conceptuelle établie par Suher et ses collaborateurs (2021), l’apparence visuelle d’un aliment se décompose en trois piliers morphologiques :
- L’uniformité de la forme (Shape) : Respect des symétries, régularité des contours géométriques et conformité au prototype géométrique de la catégorie alimentaire.
- L’uniformité de la texture (Texture) : Lissage de la surface, absence de granulosités imprévues, régularité tactile visuelle.
- L’uniformité de la couleur (Color – ACFC) : Absence de disparités pigmentaires, constance des nuances d’un bord à l’autre de la surface visible, continuité chromatique.
Au niveau cognitif, la variation chromatique perçue active un traitement de l’information différent selon la nature catégorielle du stimulus :
Pour un aliment transformé (ex. un gâteau industriel, une pâte à tartiner, une barre céréalière), l’esprit humain applique un modèle mental d’ingénierie mécanique : l’hétérogénéité chromatique est traitée comme une anomalie du processus de production (mélange incomplet, surcuisson locale, altération chimique). L’incohérence de couleur active le système d’évitement comportemental et la réaction de dégoût (disgust sensitivity), car l’irrégularité est associée à la prolifération bactérienne ou à un défaut de qualité technique.
En revanche, pour un aliment non transformé (ex. une pomme, une tomate, une carotte), la variabilité chromatique active le schéma cognitif de « naturalité » (naturalness schema). Dans le monde naturel, les entités biologiques vivantes sont fondamentalement polymorphes et hétérogènes. Une pomme présentant des nuances de vert et de rouge est perçue comme n’ayant pas subi d’altération génétique ou de standardisation artificielle. Dans cette configuration, un score bas sur l’échelle ACFC (indiquant une faible uniformité perçue) ne déclenche pas nécessairement une évaluation globale négative, mais peut accroître l’attribution d’authenticité et d’absence d’additifs chimiques.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’échelle ACFC repose sur un cadre conceptuel solide combinant la théorie des représentations catégorielles et du prototypage (Rosch, 1975), la théorie de l’inférence par le signal esthétique et l’approche du marketing sensoriel conceptualisée par Krishna (2012).
Selon la théorie du prototype d’Eleanor Rosch, les individus organisent leurs connaissances du monde physique autour d’exemplaires centraux ou idéaux. Dans l’industrie agroalimentaire moderne, des décennies de standardisation visuelle stricte imposée par la grande distribution ont forgé chez les consommateurs occidentaux un « prototype visuel immaculé » : les tomates doivent être uniformément rouges, les concombres rectilignes et sans taches, les biscuits rigoureusement monochromes. L’échelle ACFC permet de mesurer la distance cognitive perçue entre le stimulus alimentaire réel et ce prototype d’uniformité idéalisé.
Sur le plan des théories du jugement et de la décision, le cadre théorique mobilise la théorie de la fluence cognitive (Schwarz, 2004). Les stimuli visuels hautement uniformes et symétriques sont traités avec une plus grande aisance perceptive (perceptual fluency), ce qui déclenche généralement un affect positif immédiat. Cependant, Suher, Szocs et van Ittersum (2021) ont enrichi cette approche en démontrant que la fluence n’agit pas en vase clos : elle est modulée par les théories naïves (lay theories) du consommateur.
Dans le domaine de l’alimentation, deux théories naïves concurrentes entrent en jeu :
- La théorie naïve de la contamination : Toute déviation visuelle par rapport à l’uniformité signale une décomposition biologique potentielle, une maladie végétale ou une altération industrielle. Ce mécanisme relève du système immunitaire comportemental (Schaller & Park, 2011).
- La théorie naïve de l’authenticité naturelle : La perfection visuelle absolue et l’uniformité mathématique sont suspectes dans le règne végétal ; elles sont associées aux engrais de synthèse, aux traitements chimiques de surface (cires artificielles) ou aux manipulations génétiques. À l’inverse, l’irrégularité chromatique modérée signale un produit poussé dans la terre, au contact du soleil et des éléments naturels.
L’échelle ACFC constitue le levier expérimental qui permet de quantifier rigoureusement le prédicteur visuel de ces deux processus inférentiels, établissant comment la couleur agit comme un signal diagnostique orientant le choix final.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle ACFC a été rigoureusement démontrée à travers les séries d’études empiriques menées par Suher, Szocs et van Ittersum (2021), impliquant plusieurs milliers de participants au sein d’échantillons en laboratoire et de panels en ligne (Amazon Mechanical Turk, Prolific et panels de consommateurs représentatifs) :
Validité de construit (Construct Validity)
La validité de construit a été établie en exposant les participants à des stimuli visuels photographiques d’aliments soigneusement pré-calibrés présentant soit une couleur homogène, soit des variations chromatiques contrôlées (par exemple, des pommes avec ou sans marbrures de couleur, des biscuits au chocolat avec une dorure uniforme versus inégale). Les tests d’hypothèses ont confirmé que l’ACFC discrimine avec des tailles d’effet très élevées ($d > 1,20$ ; $p < 0,001$) les aliments expérimentalement manipulés pour présenter des défauts de couleur par rapport aux stimuli témoins de référence.
Validité convergente (Convergent Validity)
L’échelle présente une corrélation positive statistiquement significative avec les évaluations globales d’homogénéité visuelle globale et les jugements de perfection physique. La variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) calculée pour l’ACFC dépasse largement le seuil psychométrique conventionnel de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker, oscillant selon les études entre 0,68 et 0,79, ce qui confirme que la variance capturée par les 3 items reflète fidèlement le construit sous-jacent et non une simple erreur de mesure.
Validité discriminante (Discriminant Validity)
Un enjeu théorique critique pour les auteurs consistait à démontrer que l’ACFC mesure spécifiquement la couleur et ne se confond pas avec d’autres dimensions évaluatives. Les analyses ont démontré que l’ACFC :
- Est statistiquement distincte des échelles d’uniformité de la forme (Shape Uniformity) et de texture (Texture Uniformity) : les corrélations inter-échelles demeurent modérées ($r$ généralement situé entre 0,35 et 0,55), et les modèles factoriels à trois facteurs distincts s’ajustent significativement mieux aux données qu’un modèle à facteur général unique d’esthétique ($\Delta \chi^2$, $p < 0,001$).
- Ne se confond pas avec la perceived tastiness (goût anticipé), la perceived healthiness (salubrité perçue) ou la freshness (fraîcheur perçue), confirmant que l’ACFC capte une perception morpho-chromatique pure avant que celle-ci ne soit convertie en inférences évaluatives secondaires.
Validité prédictive (Predictive Validity)
L’échelle a démontré une remarquable capacité à prédire les intentions d’achat, le consentement à payer (Willingness to Pay, WTP) et le choix effectif dans des paradigmes de sélection réelle. Crucialement, l’ACFC modère de façon robuste l’interaction entre le type d’aliment (transformé vs non transformé) et le choix : une baisse du score ACFC prédit une baisse drastique d’achat pour les aliments industriels, mais une augmentation significative du choix d’achat lorsque l’aliment est présenté comme brut et naturel et que les motivations de santé sont saillantes.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité et de cohérence interne de l’échelle ACFC ont été systématiquement mesurées et répliquées à travers les multiples études expérimentales du programme de recherche initial :
- Cohérence interne (Alpha de Cronbach) : Dans l’ensemble des études rapportées par Suher, Szocs et van Ittersum (2021), l’alpha de Cronbach (α) de l’échelle ACFC s’est échelonné entre 0,84 et 0,93. Ces valeurs témoignent d’une excellente consistance interne pour une échelle très courte de seulement 3 items, se situant bien au-dessus des standards psychométriques académiques usuels (seuil de 0,70 requis par Nunnally, 1978).
- Fiabilité composite (Composite Reliability – CR) : L’indice de fiabilité composite de Raykov ou de Jöreskog calculé dans les modèles d’équations structurelles dépasse régulièrement la valeur de 0,85, attestant d’une pondération équilibrée et robuste des items dans la mesure du trait latent.
- Corrélations item-total corrigées : Les corrélations entre chaque item individuel et le score total de l’échelle (exclusion faite de l’item considéré) sont toutes supérieures à $r = 0,65$, confirmant qu’aucun item n’introduit de bruit ou d’ambiguïté interprétative. L’item formulé de manière inverse (mesurant la présence de variations ou d’inconsistances de couleur) présente, après inversion du codage, une corrélation robuste avec les deux items directs.
- Stabilité et équivalence inter-stimuli : La fidélité de l’ACFC demeure remarquablement stable indépendamment de la catégorie d’aliment testée (fruits frais, légumes racines, pâtisseries, barres énergétiques, viandes fraîches ou substituts végétaux), démontrant une invariance psychométrique transversale aux différentes matrices alimentaires.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle ACFC a fait l’objet d’examens statistiques rigoureux par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) :
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales de validation, les analyses en composantes principales et l’extraction par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax) ont systématiquement révélé une solution unifactorielle pour les trois items de couleur :
- La valeur propre (eigenvalue) associée au facteur unique dépasse largement 2,20, expliquant entre 74 % et 85 % de la variance totale des scores selon les études.
- Toutes les saturations factorielles (factor loadings) des trois items sur leur axe latent sont très élevées, se situant typiquement entre 0,81 et 0,94.
- Aucun facteur secondaire n’émerge (valeurs propres secondaires < 0,45), validant sans équivoque la stricte unidimensionnalité du construit d’uniformité de la couleur.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Au sein de la batterie esthétique complète regroupant les échelles de couleur (3 items), de forme (3 items) et de texture (3 items), une AFC a été conduite pour tester l’adéquation d’un modèle trifactoriel corrélé par rapport à des modèles alternatifs :
- Indices d’ajustement du modèle à 3 facteurs : Le modèle à trois composantes esthétiques distinctes affiche un ajustement optimal aux données expérimentales : $\chi^2 / ext{dl} < 2,5$, Comparative Fit Index (CFI) > 0,98, Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,97, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,05 (avec intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,02 et 0,07).
- Comparaison de modèles : Un modèle unidimensionnel regroupant l’ensemble des 9 items sous un facteur global d’« imperfection esthétique » présente des indices d’ajustement nettement dégradés (CFI < 0,82, RMSEA > 0,13), confirmant statistiquement que la perception de la couleur constitue un canal cognitif différencié de la forme géométrique et de la texture de surface.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé d’auto-évaluation visuelle administré immédiatement après l’exposition à un stimulus alimentaire réel, photographique ou digital :
- Type de test : Instrument psychométrique d’évaluation perceptive et cognitive quantitative directe.
- Modalité d’administration : Auto-passation individuelle sur support papier-crayon ou via des plateformes d’expérimentation en ligne (Qualtrics, Gorilla Experiment Builder, etc.).
- Format : 3 items standardisés rédigés sous la forme d’affirmations affirmatives ou déclaratives portant sur l’aspect chromatique de l’aliment présenté.
- Échelle de réponse : Échelle d’évaluation en 7 points de type Likert : allant de 1 = « Fortement en désaccord / Pas du tout d’accord » à 7 = « Tout à fait d’accord / Fortement d’accord » (une version en 5 points peut être adaptée dans des contextes de contrainte d’espace sans altération majeure des propriétés).
- Durée moyenne de passation : Moins de 60 secondes pour les 3 items, conférant à l’instrument une très faible charge cognitive pour les répondants.
- Cotation et calcul des scores :
- L’item 1 (couleur consistante / cohérente) est coté directement (1 à 7).
- L’item 2 (couleur régulière / uniforme) est coté directement (1 à 7).
- L’item 3 (variation, inégalité ou disparité de couleur) est un item inversé : son score doit être recalculé avant agrégation selon la formule : $ ext{Score inversé} = 8 – ext{Score brut}$.
- Le score global ACFC est calculé en effectuant la moyenne arithmétique des trois items (après inversion de l’item 3). Un score élevé (proche de 7) indique une perception d’uniformité chromatique maximale (absence totale d’imperfection de couleur). Un score bas (proche de 1) reflète une hétérogénéité chromatique perçue prononcée (imperfection visuelle de couleur).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2021.
- Auteurs et affiliation des titulaires : Jacob Suher, Courtney Szocs et Koert van Ittersum ; publié sous l’égide de la Academy of Marketing Science par les éditions Springer.
- Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’article fondateur détaillant l’échelle et sa validation a été publié dans le Journal of the Academy of Marketing Science. L’échelle est disponible pour la recherche académique, scientifique et pédagogique non commerciale. L’utilisation dans le cadre de projets de recherche universitaires est généralement libre de droits sous réserve d’une citation bibliographique formelle et rigoureuse de l’article princeps de 2021.
- Tarifs d’utilisation commerciale : Aucune licence commerciale payante standardisée n’est distribuée par un éditeur de tests psychologiques commercial ; les entreprises d’études de marché ou les industriels souhaitant intégrer l’échelle dans des protocoles propriétaires doivent se référer aux autorisations de droits de reproduction de Springer Nature ou contacter directement les auteurs correspondants.
12. Références / References
Les sources académiques et publications fondatrices associées à l’échelle ACFC et à ses fondements théoriques comprennent :
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Krishna, A. (2012). An integrative review of sensory marketing: Engaging the senses to affect perception, judgment and behavior. Journal of Consumer Psychology, 22(3), 332–351. https://doi.org/10.1016/j.jcps.2011.08.003
- Nunnally, J. C. (1978). Psychometric theory (2nd ed.). McGraw-Hill.
- Rosch, E. (1975). Cognitive representations of semantic categories. Journal of Experimental Psychology: General, 104(3), 192–233. https://doi.org/10.1037/0096-3445.104.3.192
- Schaller, M., & Park, J. H. (2011). The behavioral immune system (and why it matters) for social psychology. Social and Personality Psychology Compass, 5(2), 99–114. https://doi.org/10.1111/j.1751-9004.2010.00336.x
- Schwarz, N. (2004). Metacognitive experiences in consumer judgment and decision making. Journal of Consumer Psychology, 14(4), 332–348. https://doi.org/10.1207/s15327663jcp1404_2
- Suher, J., Szocs, C., & van Ittersum, K. (2021). When imperfect is preferred: The differential effect of aesthetic imperfections on choice of processed and unprocessed foods. Journal of the Academy of Marketing Science, 49(5), 903–924. https://doi.org/10.1007/s11747-021-00778-4
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels originaux de l’échelle ACFC sont rédigés en langue anglaise dans le cadre des expérimentations menées par Suher, Szocs et van Ittersum (2021). L’administration de l’échelle implique la présentation préalable de l’aliment cible (visuel physique ou photographie haute résolution), accompagnée de la consigne standardisée invitant le répondant à évaluer l’aspect visuel de la surface du produit.
Instructions to participants: Please indicate your degree of agreement or disagreement with each of the following statements regarding the visual appearance of the food item shown, using the scale from 1 (Strongly disagree) to 7 (Strongly agree).
Scale items:
- The color of this food is consistent throughout.
Response options: 1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat disagree, 4 = Neither agree nor disagree, 5 = Somewhat agree, 6 = Agree, 7 = Strongly agree
- The color of this food is even across its surface.
Response options: 1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat disagree, 4 = Neither agree nor disagree, 5 = Somewhat agree, 6 = Agree, 7 = Strongly agree
- There is noticeable variation or inconsistency in the color of this food. [Reverse-scored item]
Response options: 1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat disagree, 4 = Neither agree nor disagree, 5 = Somewhat agree, 6 = Agree, 7 = Strongly agree (Scoring must be reversed: 1 → 7, 2 → 6, 3 → 5, 4 → 4, 5 → 3, 6 → 2, 7 → 1)
Adaptation indicative en langue française :
- La couleur de cet aliment est cohérente et homogène sur l’ensemble du produit.
Modalités de réponse : 1 = Pas du tout d’accord à 7 = Tout à fait d’accord
- La couleur de cet aliment est régulière et uniforme sur toute sa surface.
Modalités de réponse : 1 = Pas du tout d’accord à 7 = Tout à fait d’accord
- Il y a une variation ou une irrégularité visible dans la couleur de cet aliment. [Item inversé]
Modalités de réponse : 1 = Pas du tout d’accord à 7 = Tout à fait d’accord (Inverser la cotation : 1 → 7, 2 → 6, 3 → 5, 4 → 4, 5 → 3, 6 → 2, 7 → 1)