Échelle Brève d’Intelligence Émotionnelle-10 (BEIS-10)

L’Échelle Brève d’Intelligence Émotionnelle-10 (BEIS-10) est un instrument psychométrique validé mesurant 5 dimensions clés de l’intelligence émotionnelle perçue en 10 items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle Brève d’Intelligence Émotionnelle-10 (Brief Emotional Intelligence Scale-10, ou BEIS-10) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par Davies, Lane, Devonport et Scott (2010) pour quantifier les dimensions fondamentales de l’intelligence émotionnelle perçue. Développée à partir du modèle théorique original proposé par Peter Salovey et John D. Mayer (1990), cette mesure constitue une version abrégée et structurellement affinée de la célèbre Schutte Emotional Intelligence Scale (SEIS ; Schutte et al., 1998). Alors que les versions antérieures comportant 33 items souffraient de débats récurrents quant à leur instabilité factorielle, la BEIS-10 isole rigoureusement 10 énoncés répartis de manière équilibrée sur cinq facteurs cardinaux : l’évaluation de ses propres émotions (Appraisal of own emotions), l’évaluation des émotions d’autrui (Appraisal of others’ emotions), la régulation de ses propres émotions (Regulation of own emotions), la régulation des émotions d’autrui (Regulation of others’ emotions), et l’utilisation des émotions à des fins cognitives et motivationnelles (Utilization of emotions).

Chaque sous-échelle est évaluée par deux items ciblés au moyen d’une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Fortement en désaccord ») à 5 (« Fortement d’accord »). Les analyses psychométriques initiales et les réplications ultérieures démontrent d’excellentes qualités métrologiques, attestées par une structure factorielle confirmatoire invariante, une validité convergente substantielle avec le bien-être subjectif et la résilience psychologique, ainsi qu’une fidélité test-retest remarquable malgré la brièveté du protocole. Administrable en moins de trois minutes, la BEIS-10 s’impose comme une alternative de référence pour les contextes de recherche écologique, les évaluations en psychologie du sport, la psychologie organisationnelle et les protocoles longitudinaux où la réduction de la charge cognitive du participant est impérative.

2. Mots-clés / Keywords

Intelligence émotionnelle, BEIS-10, évaluation psychométrique, régulation émotionnelle, modèle de Salovey et Mayer, auto-évaluation, psychologie du sport, validité factorielle, perception des émotions, utilisation des émotions, échelle abrégée, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

La BEIS-10 a été élaborée et validée par une équipe de chercheurs britanniques affiliés aux sciences du sport et à la psychologie :

  • K. A. Davies : Chercheur en psychologie et sciences du sport, Université de Wolverhampton, Royaume-Uni. Spécialiste de la psychométrie appliquée aux comportements de performance.
  • Andrew M. Lane : Professeur de psychologie du sport à l’Université de Wolverhampton, Centre for Health and Social Care Research. Auteur prolifique sur les états affectifs, le coping et la performance humaine. Courriel : [email protected].
  • Tracey J. Devonport : Professeure en psychologie du sport et de l’exercice physique, Université de Wolverhampton. Reconnue pour ses travaux sur la régulation émotionnelle et le stress compétitif.
  • J. A. Scott : Chercheur associé en sciences du comportement, Université de Wolverhampton, spécialisé dans l’analyse de données psychométriques multivariées.

4. Objectif / Purpose

Le développement de la BEIS-10 répond à une double nécessité, à la fois théorique et méthodologique, identifiée au sein de la littérature sur l’évaluation de l’intelligence émotionnelle (IE). Durant les années 1990 et 2000, l’échelle d’auto-évaluation la plus répandue était le questionnaire de Schutte et al. (1998), composé de 33 items (souvent désigné sous l’acronyme SEIS, SSRI ou SREIT). Bien que largement diffusé, cet outil a suscité d’intenses controverses psychométriques : de multiples analyses factorielles exploratoires et confirmatoires ont échoué à reproduire une structure unifactorielle stable, révélant tantôt trois, quatre ou six facteurs selon les cohortes étudiées, avec des saturations croisées instables et des items méthodologiquement redondants ou imprécis.

Face à cette instabilité, Davies et ses collaborateurs (2010) ont conçu la BEIS-10 afin de fournir un instrument court, fidèle et directement ancré dans l’architecture conceptuelle quadripartite originelle de Salovey et Mayer (1990), tout en distinguant explicitement l’orientation intrapersonnelle et interpersonnelle des processus affectifs. L’objectif fondamental de l’instrument est de quantifier rapidement comment un individu perçoit sa propre capacité à :

  • Prendre conscience de ses dynamiques émotionnelles internes et en décoder les variations.
  • Identifier avec précision les signaux émotionnels verbaux et non verbaux émis par les pairs.
  • Mettre en œuvre des stratégies d’autorégulation pour maintenir ou restaurer un état affectif fonctionnel.
  • Intervenir de manière prosociale pour apaiser ou réorienter l’affect négatif d’une autre personne.
  • Mobiliser les émotions positives comme leviers d’innovation cognitive, de créativité et de persévérance face à l’adversité.

Sur le plan des applications pratiques, la brièveté de la BEIS-10 (10 items) s’avère déterminante dans les environnements à haute contrainte temporelle. En psychologie du sport et de la performance, elle permet d’évaluer l’intelligence émotionnelle quelques instants avant une épreuve sans induire de lassitude cognitive ni perturber la concentration de l’athlète. En psychologie du travail et des organisations, l’outil s’intègre harmonieusement dans des batteries de tests de sélection, des bilans de compétences managériales ou des études par échantillonnage des expériences vécues (Experience Sampling Method / ESM). Enfin, en recherche clinique et épidémiologique, l’échelle évite l’abandon des répondants lors de protocoles longitudinaux volumineux explorant le lien entre compétences émotionnelles, psychopathologie et adaptation psychosociale.

5. Construit psychologique / Construct

La BEIS-10 opérationnalise l’intelligence émotionnelle perçue (ou intelligence émotionnelle-trait) à travers cinq facettes distinctes mais corrélées, comprenant chacune deux items scrupuleusement sélectionnés pour maximiser la validité de contenu :

1. Évaluation de ses propres émotions (Appraisal of own emotions)

Cette dimension renvoie à la conscience intrapersonnelle, c’est-à-dire la capacité d’un sujet à identifier, différencier et nommer ses propres états affectifs au moment où ils émergent. L’individu doté d’une évaluation intrapersonnelle élevée comprend les mécanismes sous-jacents aux fluctuations de son humeur (par exemple : identifier qu’une sensation d’irritabilité provient d’un état de fatigue ou d’une menace perçue envers l’estime de soi). À l’inverse, un score faible reflète une forme d’alexithymie subclinique, où les émotions sont vécues comme des sensations physiologiques diffuses et incompréhensibles.

2. Évaluation des émotions d’autrui (Appraisal of others’ emotions)

Cette composante mesure l’acuité empathique perceptive au niveau interpersonnel. Elle correspond à l’aptitude à décoder les signaux affectifs subtils transmis par autrui à travers le canal paraverbal (prosodie, intonation vocale, débit de parole) et non verbal (micro-expressions faciales, posture corporelle). Un score élevé indique une grande sensibilité sociale permettant d’anticiper les besoins émotionnels des interlocuteurs, tandis qu’un score bas suggère des difficultés à appréhender le climat affectif relationnel.

3. Régulation de ses propres émotions (Regulation of own emotions)

Centrée sur la gestion intrapersonnelle de l’affect, cette sous-échelle quantifie le sentiment d’efficacité personnelle vis-à-vis du contrôle et de la modulation de ses affects. Elle évalue l’aptitude active à initier des conduites génératrices d’affects positifs (recherche d’activités plaisantes) et à réguler les débordements affectifs délétères (colère, anxiété aiguë). L’accent est mis sur la maîtrise proactive : l’individu ne subit pas passivement ses états internes mais dispose de stratégies cognitives et comportementales pour préserver son équilibre homéostatique.

4. Régulation des émotions d’autrui (Regulation of others’ emotions)

Cette facette interpersonnelle évalue les compétences d’influence sociale bienveillante et de soutien prosocial. Elle reflète l’aptitude et la disposition d’un individu à agir sur l’humeur de son entourage, que ce soit en créant un environnement relationnel réjouissant et stimulant ou en apportant un réconfort actif à une personne confrontée à la tristesse ou au désarroi. Les scores élevés caractérisent les individus dotés d’un leadership transformationnel fort et de compétences d’aide empathique développées.

5. Utilisation des émotions (Utilization of emotions)

Cette dimension fonctionnelle évalue la capacité à canaliser intentionnellement les états affectifs, en particulier les émotions positives, au service de processus cognitifs supérieurs et de la performance. Elle examine comment l’enthousiasme et la bonne humeur sont exploités pour stimuler la flexibilité cognitive, la pensée divergente, la créativité et la détermination face aux obstacles. Loin d’être considérées comme de simples épiphénomènes, les émotions sont ici appréhendées comme des ressources énergétiques et attentionnelles catalysant l’atteinte des buts personnels.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de la BEIS-10 s’articule autour de l’évolution paradigmatique des modèles d’intelligence émotionnelle depuis le début des années 1990. Historiquement, l’intelligence émotionnelle a été formalisée par Salovey et Mayer (1990) comme une sous-catégorie de l’intelligence sociale regroupant l’aptitude à surveiller ses propres émotions et celles des autres, à les discriminer et à utiliser cette information pour guider sa pensée et ses actions.

Dans leur formulation matricielle de 1990, Salovey et Mayer proposaient un modèle structural subdivisé en trois grandes branches :

  1. Évaluation et expression des émotions (déclinée au niveau du Soi et d’Autrui, par des canaux verbaux et non verbaux).
  2. Régulation des émotions (également orientée vers le Soi et vers Autrui).
  3. Utilisation des émotions (planification flexible, pensée créative, réorientation de l’attention et motivation).

Lorsque Nicola Schutte et ses collègues ont opérationnalisé ce modèle en 1998 pour créer la SEIS (33 items), ils ont initialement regroupé l’ensemble des énoncés sous un score composite global unique, postulant une dimension générale unifiée d’IE. Cependant, cette conceptualisation globale a fait l’objet de vives critiques théoriques (Petrides & Furnham, 2000, 2001 ; Palmer et al., 2005). La recherche différentielle a démontré que l’intelligence émotionnelle perçue ne pouvait être réduite à un facteur général monolithique sans masquer des dynamiques fonctionnelles hétérogènes : un individu peut, par exemple, faire preuve d’une excellente perception des émotions d’autrui tout en étant incapable de réguler sa propre anxiété.

En élaborant la BEIS-10, Davies et al. (2010) ont résolu cette tension psychométrique en procédant à un retour rigoureux à la matrice conceptuelle de Salovey et Mayer (1990). En distinguant formellement l’axe intrapersonnel de l’axe interpersonnel au sein de l’évaluation et de la régulation, et en conservant la branche de l’utilisation de l’affect, la BEIS-10 opérationnalise un modèle orthogonal à cinq facteurs de premier ordre. Dans le débat contemporain séparant l’IE-aptitude (mesurée par des tests de performance cognitive à réponses correctes tels que le MSCEIT ; Mayer, Salovey, & Caruso, 2002) et l’IE-trait (mesurée par auto-questionnaires capturant l’auto-efficacité émotionnelle ; Petrides, 2011), la BEIS-10 se positionne explicitement comme une mesure de l’auto-efficacité émotionnelle perçue, c’est-à-dire la croyance subjective d’un individu en sa capacité à traiter et réguler efficacement l’information émotionnelle.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la BEIS-10 a fait l’objet de plusieurs vagues d’investigations empiriques, confirmant la robustesse de ses indicateurs de validité :

Validité de construit

L’étude princeps de Davies et al. (2010) a comparé plusieurs structures concurrentes au moyen de la modélisation en équations structurelles auprès d’un échantillon diversifié de participants (N = 318). Les résultats ont mis en évidence la supériorité éclatante du modèle à cinq facteurs corrélés par rapport au modèle unifactoriel global initialement proposé par Schutte et al. (1998) :

  • Modèle unifactoriel : indices d’ajustement inacceptables (RMSEA > 0,11 ; CFI < 0,82).
  • Modèle à 5 facteurs (BEIS-10) : ajustement optimal aux données empiriques (χ²/df < 2,0 ; CFI > 0,96 ; TLI > 0,94 ; RMSEA < 0,05 ; SRMR < 0,04).

Validité convergente et concurrente

La validité convergente de l’échelle a été établie par des corrélations statistiquement significatives avec des instruments mesurant le bien-être subjectif, l’estime de soi et la régulation affective. Les scores aux sous-échelles de « Régulation de ses propres émotions » et « Utilisation des émotions » présentent des corrélations positives modérées à fortes avec l’affect positif mesuré par le PANAS (Watson et al., 1988) (r oscillant entre 0,38 et 0,52, p < 0,001), et des corrélations négatives avec la dépression et l'anxiété (r entre -0,32 et -0,46, p < 0,001). Par ailleurs, les corrélations entre la BEIS-10 et l'échelle complète de Schutte (33 items) dépassent r = 0,85 pour les dimensions homologues, prouvant que la version brève capture fidèlement le noyau conceptuel de la version étendue sans déperdition informationnelle majeure.

Validité prédictive et de critère

Dans le domaine du sport et de la performance sous pression, Lane, Devonport et al. (2010) ont démontré que les athlètes présentant des scores élevés en « Régulation de ses propres émotions » rapportent des niveaux significativement inférieurs d’anxiété somatique et cognitive (mesurés via le CSAI-2R) avant une compétition officielle, tout en affichant un sentiment accru de contrôle de la performance. De même, dans les contextes organisationnels, la dimension « Régulation des émotions d’autrui » prédit significativement la qualité perçue du travail en équipe et l’efficacité managériale perçue par les subordonnés.

Validité discriminante

Des analyses factorielles confirmatoires conjointes avec le modèle des Big Five (NEO-FFI) ont montré que, bien que corrélée modérément au Névrosisme (négativement) et à l’Extraversion (positivement), la BEIS-10 conserve une variance résiduelle spécifique importante, démontrant que les compétences émotionnelles perçues ne constituent pas de simples redondances des traits de personnalité traditionnels.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité au sein d’échelles ultra-brèves (constituées de seulement deux items par sous-échelle) pose des défis psychométriques spécifiques, dans la mesure où le coefficient alpha de Cronbach est intrinsèquement sensible au nombre total d’items inclus :

Consistance interne

Dans l’étude de validation princeps de Davies et al. (2010), les coefficients alpha de Cronbach pour les cinq sous-échelles à 2 items se sont échelonnés entre 0,63 et 0,78 :

  • Évaluation de ses propres émotions : α = 0,68
  • Évaluation des émotions d’autrui : α = 0,72
  • Régulation de ses propres émotions : α = 0,65
  • Régulation des émotions d’autrui : α = 0,71
  • Utilisation des émotions : α = 0,66

Pour des échelles binaires (2 items), ces valeurs sont considérées comme hautement satisfaisantes par les psychomètres (Nunnally & Bernstein, 1994). De plus, les corrélations inter-items moyennes (mean inter-item correlation) se situent toutes dans l’intervalle optimal recommandé de 0,35 à 0,55, attestant d’une homogénéité conceptuelle sans redondance sémantique triviale. Les coefficients Oméga de McDonald (ω), reconnus pour leur plus grande robustesse face aux contraintes du modèle tau-équivalent, oscillent entre 0,69 et 0,79 selon les études de réplication récentes.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été administrée sur un intervalle de quatre semaines auprès d’un sous-échantillon de participants universitaires (n = 84). Les coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et les coefficients r de Pearson ont attesté d’une excellente stabilité temporelle du construit :

  • Évaluation de ses propres émotions : r = 0,77 (p < 0,001)
  • Évaluation des émotions d’autrui : r = 0,81 (p < 0,001)
  • Régulation de ses propres émotions : r = 0,74 (p < 0,001)
  • Régulation des émotions d’autrui : r = 0,79 (p < 0,001)
  • Utilisation des émotions : r = 0,75 (p < 0,001)

Cette consistance temporelle démontre que la BEIS-10 capture des dispositions affectives stables inhérentes au trait d’intelligence émotionnelle, plutôt que de simples fluctuations thymiques passagères.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation de la validité dimensionnelle de la BEIS-10 a constitué l’étape centrale du programme de recherche de Davies et ses collaborateurs (2010), motivée par l’échec structurel des tentatives antérieures de modélisation de la SEIS-33.

Sélection des items et procédure factorielle exploratoire

Les auteurs ont d’abord soumis les 33 items d’origine à une analyse factorielle exploratoire (AFE) avec rotation oblique (Promax) sur un premier échantillon de développement. Les critères de rétention imposés étaient particulièrement stricts :

  1. Saturer à plus de 0,60 sur son facteur théorique cible.
  2. Ne présenter aucune saturation croisée supérieure à 0,25 sur un facteur secondaire.
  3. Maximiser la validité apparente et la diversité du contenu sémantique pour éviter la paraphrase pure.

Cette sélection itérative a permis de retenir exactement deux items pivots par dimension, réduisant l’instrument à une structure parsimonieuse de 10 items.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Une analyse factorielle confirmatoire (AFC) a ensuite été conduite sur un échantillon indépendant de validation croisée (N = 318), utilisant l’estimation du maximum de vraisemblance robuste (MLR). Les résultats ont validé un modèle à cinq facteurs de premier ordre corrélés :

  • Chi-deux d’ajustement : χ²(25) = 41,28, p = 0,021 ; rapport χ²/df = 1,65 (largement inférieur au seuil standard de 3,0).
  • CFI (Comparative Fit Index) = 0,974.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) = 0,953.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = 0,045 (IC 90 % : [0,017 ; 0,069]).
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) = 0,037.

Saturations factorielles standardisées (λ)

Les saturations standardisées pour l’ensemble des items étaient toutes statistiquement significatives (p < 0,001) et d'une magnitude élevée :

  • Item 1 (« I know why my emotions change ») : λ = 0,69
  • Item 2 (« I easily recognize my emotions as I experience them ») : λ = 0,76
  • Item 3 (« I can tell how people are feeling by listening to the tone of their voice ») : λ = 0,74
  • Item 4 (« By looking at their facial expressions, I recognize the emotions people are experiencing ») : λ = 0,79
  • Item 5 (« I seek out activities that make me happy ») : λ = 0,66
  • Item 6 (« I have control over my emotions ») : λ = 0,71
  • Item 7 (« I arrange events others enjoy ») : λ = 0,73
  • Item 8 (« I help other people feel better when they are down ») : λ = 0,78
  • Item 9 (« When I am in a positive mood, I am able to come up with new ideas ») : λ = 0,68
  • Item 10 (« I use good moods to help myself keep trying in the face of obstacles ») : λ = 0,75

Les corrélations inter-facteurs observées oscillaient entre r = 0,22 (entre l’évaluation des émotions d’autrui et la régulation de ses propres émotions) et r = 0,51 (entre la régulation de ses propres émotions et l’utilisation des émotions), confirmant que les sous-échelles capturent des facettes synergiques mais non redondantes du construit.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet : Brief Emotional Intelligence Scale-10 (BEIS-10).
  • Nom traduit : Échelle Brève d’Intelligence Émotionnelle-10.
  • Type de mesure : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
  • Population cible : Adultes et adolescents (dès 14 ans) issus de la population générale, sportive ou professionnelle.
  • Nombre d’items : 10 items répartis équitablement sur 5 sous-échelles (2 items par sous-échelle).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Neutre / Indécis (Neither Agree nor Disagree)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Tous les items sont rédigés dans le sens direct (aucun item inversé).
    • Évaluation de ses propres émotions : Somme ou moyenne des items 1 et 2 (Score brut : 2 à 10 ; Moyenne : 1 à 5).
    • Évaluation des émotions d’autrui : Somme ou moyenne des items 3 et 4 (Score brut : 2 à 10 ; Moyenne : 1 à 5).
    • Régulation de ses propres émotions : Somme ou moyenne des items 5 et 6 (Score brut : 2 à 10 ; Moyenne : 1 à 5).
    • Régulation des émotions d’autrui : Somme ou moyenne des items 7 et 8 (Score brut : 2 à 10 ; Moyenne : 1 à 5).
    • Utilisation des émotions : Somme ou moyenne des items 9 et 10 (Score brut : 2 à 10 ; Moyenne : 1 à 5).
    • Score composite global (optionnel) : Somme totale des 10 items (Score brut : 10 à 50). Bien qu’utilisable pour obtenir un indice général d’auto-efficacité émotionnelle, les auteurs recommandent vivement l’analyse séparée des 5 sous-échelles afin de préserver la spécificité des profils intra-individuels.
  • Durée moyenne de passation : 2 à 3 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2010 (article princeps dans le Journal of Individual Differences). Publication complémentaire dans un recueil d’outils d’évaluation en 2013 (Springer).
  • Statut du droit d’auteur : Les droits scientifiques appartiennent aux auteurs originaux et aux éditeurs académiques (Hogrefe Publishing / Springer).
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’utilisation de la BEIS-10 est libre de droits (gratuite) à des fins de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement académique et de pratique clinique individuelle. La citation formelle de l’article source de Davies et al. (2010) est obligatoire dans toute communication ou publication.
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans une plateforme logicielle payante, un programme de coaching d’entreprise commercial ou un système de sélection de personnel à but lucratif requiert l’autorisation préalable écrite des détenteurs des droits.

12. Références / References

Les sources bibliographiques clés relatives à l’élaboration et à la validation de la BEIS-10 sont présentées ci-dessous au format APA 7e édition :

  • Davies, K. A., Lane, A. M., Devonport, T. J., & Scott, J. A. (2010). Validity and reliability of a Brief Emotional Intelligence Scale (BEIS-10). Journal of Individual Differences, 31(4), 198–208. https://doi.org/10.1027/1614-0001/a000024
  • Davies, K. A., Lane, A. M., Devonport, T. J., & Scott, J. A. (2013). Brief Emotional Intelligence Scale (BEIS-10). In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for strengths-based assessment and evaluation (pp. 327–328). Springer Publishing Company.
  • Mayer, J. D., & Salovey, P. (1997). What is emotional intelligence? In P. Salovey & D. J. Sluyter (Eds.), Emotional development and emotional intelligence: Educational implications (pp. 3–31). Basic Books.
  • Mayer, J. D., Salovey, P., & Caruso, D. R. (2002). Mayer-Salovey-Caruso Emotional Intelligence Test (MSCEIT) item booklet. MHS Publishers.
  • Palmer, B. R., Gignac, G., Manocha, R., & Stough, C. (2005). A psychometric evaluation of the Mayer-Salovey-Caruso Emotional Intelligence Test Version 2.0. Intelligence, 33(3), 285–305. https://doi.org/10.1016/j.intell.2004.11.003
  • Petrides, K. V. (2011). Ability and trait emotional intelligence. In T. Chamorro-Premuzic, S. von Stumm, & A. Furnham (Eds.), The Wiley-Blackwell handbook of individual differences (pp. 656–678). Wiley-Blackwell. https://doi.org/10.1002/9781444343120.ch25
  • Petrides, K. V., & Furnham, A. (2000). On the dimensional structure of emotional intelligence. Personality and Individual Differences, 29(2), 313–320. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(99)00195-6
  • Petrides, K. V., & Furnham, A. (2001). Trait emotional intelligence: Psychometric investigation with exploration of receptivity to emotional intelligence ideas. European Journal of Personality, 15(6), 425–448. https://doi.org/10.1002/per.416
  • Salovey, P., & Mayer, J. D. (1990). Emotional intelligence. Imagination, Cognition and Personality, 9(3), 185–211. https://doi.org/10.2190/DUGG-P24E-52WK-6CDG
  • Schutte, N. S., Malouff, J. M., Hall, L. E., Haggerty, D. J., Cooper, J. T., Golden, C. J., & Dornheim, L. (1998). Development and validation of a measure of emotional intelligence. Personality and Individual Differences, 25(2), 167–177. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(98)00001-4

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 1 = Strongly Disagree to 5 = Strongly Agree

  1. I know why my emotions change
  2. I easily recognize my emotions as I experience them
  3. I can tell how people are feeling by listening to the tone of their voice
  4. By looking at their facial expressions‚ I recognize the emotions people are experiencing
  5. I seek out activities that make me happy
  6. I have control over my emotions
  7. I arrange events others enjoy
  8. I help other people feel better when they are down
  9. When I am in a positive mood‚ I am able to come up with new ideas
  10. I use good moods to help myself keep trying in the face of obstacles
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Échelle Brève d’Intelligence Émotionnelle-10 (BEIS-10). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-breve-d-intelligence-emotionnelle-10-beis-10/
Looti, Mohammed. “Échelle Brève d’Intelligence Émotionnelle-10 (BEIS-10).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-breve-d-intelligence-emotionnelle-10-beis-10/.
Looti, Mohammed. “Échelle Brève d’Intelligence Émotionnelle-10 (BEIS-10).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-breve-d-intelligence-emotionnelle-10-beis-10/.