1. Résumé / Abstract
L’Échelle de barrière liée au coût dans l’adoption d’innovations (connue sous l’acronyme INNCOSTB pour Innovation Adoption Cost Barrier Scale) est un instrument psychométrique développé par Marius C. Claudy, Rosanna Garcia et Aidan O’Driscoll en 2015 dans le cadre de leurs travaux fondateurs publiés dans le Journal of the Academy of Marketing Science. Cette échelle est spécifiquement conçue pour opérationnaliser et quantifier la dimension financière de la résistance du consommateur face aux innovations technologiques et écologiques, en particulier dans le contexte des microgénérateurs d’énergie renouvelable et des technologies domestiques durables (telles que les panneaux photovoltaïques, les pompes à chaleur ou les éoliennes domestiques). Reposant conceptuellement sur la théorie du raisonnement comportemental (Behavioral Reasoning Theory, BRT), l’instrument capte les « raisons contre » (reasons against) l’adoption émanant de la perception des coûts d’acquisition initiaux et de mise en œuvre.
Sur le plan structurel, l’échelle se compose de 3 items unidimensionnels formulés de manière directe, évaluant respectivement le prix global perçu de l’innovation, l’ampleur des coûts cumulés d’achat et d’installation, et la contrainte d’accessibilité financière immédiate (capacité budgétaire conjoncturelle du ménage). Les participants expriment leur degré d’accord au moyen d’une échelle de Likert en 7 points s’étendant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree). Le score composite est obtenu en calculant la moyenne arithmétique ou la somme directe des items, un score élevé témoignant d’une barrière financière inhibitrice aiguë.
Les propriétés psychométriques de l’INNCOSTB attestent d’une robustesse méthodologique remarquable dans les échantillons représentatifs de propriétaires et de consommateurs d’énergie. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) révèlent des saturations factorielles très élevées (généralement supérieures à 0,85) et des indices d’ajustement structurel optimaux. La consistance interne est exceptionnellement robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach (α) et de fiabilité composite (CR) dépassant régulièrement 0,90, ainsi qu’une variance moyenne extraite (AVE) largement supérieure au seuil conservateur de 0,50. L’échelle démontre une validité discriminante irréprochable vis-à-vis d’autres barrières fonctionnelles (risques d’utilisation, complexité, risque de verrouillage) et une validité prédictive substantielle vis-à-vis des intentions comportementales d’adoption et des attitudes envers l’éco-innovation.
2. Mots-clés / Keywords
Barrière de coût, résistance du consommateur, adoption d’innovations, théorie du raisonnement comportemental, microgénération d’énergie, éco-innovations, psychométrie, contrainte budgétaire, investissement initial, échelle de Likert, modélisation par équations structurelles, prise de décision financière.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conceptualisée, validée empiriquement et publiée par une équipe de chercheurs internationaux spécialisés en marketing stratégique, en comportement du consommateur et en durabilité environnementale :
- Marius C. Claudy, Ph.D. : Professeur associé en marketing et développement durable au College of Business du University College Dublin (UCD), Irlande. Ses recherches doctorales et postdoctorales se focalisent sur la prise de décision des consommateurs dans les contextes de transition écologique, l’économie comportementale appliquée aux énergies propres et la résistance aux innovations disruptives. (Contact : [email protected]).
- Rosanna Garcia, Ph.D. : Titulaire de la chaire Paul R. Beswick en innovation et entrepreneuriat, directrice du département d’entrepreneuriat au sein de la Worcester Polytechnic Institute (WPI) ou précédemment professeure à l’Université d’État de Caroline du Nord (NCSU) et à l’Université de Denver. Elle est internationalement reconnue pour ses travaux pionniers sur la diffusion technologique, la dynamique des systèmes complexes et la résistance aux innovations radicales.
- Aidan O’Driscoll, M.Sc., Dip.M. : Maître de conférences émérite en marketing à la Technological University Dublin (anciennement Dublin Institute of Technology – DIT), Irlande. Spécialiste reconnu des relations entre marketing, société et environnement, il a co-fondé plusieurs programmes de recherche dédiés à l’impact des politiques environnementales sur le comportement des ménages.
4. Objectif / Purpose
La diffusion des technologies durables, bien qu’universellement identifiée comme une priorité sociétale et climatique, se heurte fréquemment à un phénomène massif de sous-adoption que la littérature académique qualifie d’« écart attitude-comportement » (attitude-behavior gap). Si une grande majorité de citoyens affiche des opinions écologiques résolument favorables, le passage à l’acte d’achat d’équipements technologiques complexes et coûteux reste dramatiquement faible. Dans ce contexte, l’objectif fondamental de l’Innovation Adoption Cost Barrier Scale (INNCOSTB) est de fournir un instrument psychométrique ultra-précis, parcimonieux et standardisé permettant de diagnostiquer l’impact précis du coût perçu comme un motif délibéré d’évitement et de rejet.
Fondements diagnostiques et justification empirique
Historiquement, les modèles dominants d’adoption technologique, tels que le Modèle d’Acceptation de la Technologie (TAM) ou la Théorie du Comportement Planifié (TPB), ont eu tendance à conceptualiser le coût comme une simple composante générique du contrôle comportemental perçu ou comme un attribut secondaire pondéré passivement dans une fonction d’utilité espérée. Cette approche souffrait de deux lacunes critiques :
- Elle postulait une symétrie implicite entre les motifs d’adoption et les motifs de rejet, postulant que la résistance n’est que le simple reflet inversé de la motivation.
- Elle échouait à distinguer le calcul de rentabilité objective de la barrière psychologique perçue liée à l’effort de trésorerie immédiat.
L’échelle INNCOSTB a été développée pour combler cette lacune en opérationnalisant le coût non pas comme un attribut technique du produit, mais comme une raison subjective contextualisée formulée explicitement par l’agent économique pour justifier son refus d’adopter. Elle capture la perception d’inabordabilité financière (unaffordability), le sentiment que le ratio dépenses d’acquisition/ressources disponibles est prohibitif, ainsi que le poids cognitif accordé aux frais initiaux d’installation.
Applications en recherche et politiques publiques
L’instrument remplit des fonctions scientifiques et opérationnelles variées :
- Recherche en marketing vert et diffusion de technologies : L’échelle permet d’isoler la variance comportementale attribuable à l’inaccessibilité économique par rapport aux barrières cognitives (ex. scepticisme envers la technologie, manque de compétences informatiques ou risques de fonctionnement). Les modélisations structurelles intégrant l’INNCOSTB quantifient précisément comment les barrières de coût modèrent la conversion des attitudes environnementales en intentions effectives.
- Évaluation et calibrage des politiques publiques : Les gouvernements et agences énergétiques investissent des milliards d’euros en subventions, déductions fiscales et prêts à taux zéro pour inciter à la transition énergétique. L’utilisation de l’INNCOSTB avant et après la mise en place de tels mécanismes financiers permet d’évaluer directement l’efficacité perçue des incitations : une politique d’aide financière publique optimale doit se traduire par une baisse significative des scores sur cette échelle.
- Segmentation stratégique du marché : Pour les fabricants et installateurs de biens durables (pompes à chaleur, véhicules électriques, solutions domotiques), l’échelle permet de différencier les segments de consommateurs pour lesquels le coût constitue une barrière absolue de ceux pour qui il s’agit d’un frein négociable par des modèles d’affaires alternatifs (ex. leasing, tiers-financement, contrats de performance énergétique).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’INNCOSTB est la barrière perçue liée au coût d’acquisition et d’installation dans un processus d’adoption d’innovation technologique. Ce construit s’inscrit au carrefour de la psychologie de la consommation, de l’économie comportementale et de la psychométrie appliquée à la prise de décision.
Nature multidimensionnelle de la dépense et focalisation du construit
La littérature en sciences économiques distingue traditionnellement les coûts fixes initiaux (capital expenditures ou CAPEX) des coûts opérationnels et de maintenance récurrents (operational expenditures ou OPEX). L’INNCOSTB concentre son ancrage conceptuel sur les coûts fixes initiaux perçus (upfront capital costs). En effet, les recherches sur l’aversion à la perte formulée par Kahneman et Tversky démontrent que les individus surpondèrent de manière disproportionnée les pertes financières immédiates et tangibles (le décaissement initial requis pour l’achat et la pose de l’équipement) par rapport aux gains économiques futurs, différés et probabilistes (les économies réalisées sur la facture d’électricité sur 15 ou 20 ans). Le construit de barrière de coût capture précisément cette asymétrie psychologique.
Le construit mesuré par l’échelle s’articule autour de trois facettes interconnectées qui forment un bloc factoriel cohérent :
- La cherté perçue de l’artefact technique (Item 1 : « The product is too expensive for me to purchase ») : Cette dimension reflète l’évaluation relative du prix facial du bien en comparaison avec le budget subjectif du consommateur. Il ne s’agit pas d’un jugement abstrait sur la cherté absolue du produit par rapport à ses composants intrinsèques, mais d’une discordance perçue entre le prix étiqueté et le pouvoir d’achat disponible ou le consentement à payer de l’individu.
- Le fardeau cumulé d’acquisition et de mise en œuvre (Item 2 : « The initial purchase and installation costs are too high ») : Dans le cas des technologies lourdes (comme l’énergie solaire thermique ou photovoltaïque, l’isolation thermique globale ou les chaudières biomasse), le coût ne se limite pas à l’achat du matériel en magasin ; il englobe les démarches de génie civil, de plomberie, de raccordement au réseau électrique et d’obtention des permis administratifs. Cette facette évalue la barrière globale engendrée par les coûts logistiques et techniques indispensables avant la première utilisation.
- L’inaccessibilité de trésorerie instantanée (Item 3 : « I cannot afford to install this product right now ») : Cette composante touche à la liquidité financière perçue et à l’arbitrage intertemporel. Un consommateur peut juger qu’un produit a un bon rapport qualité-prix théorique, mais faire face à une contrainte de budget rigide à l’instant t (« right now »). Le construit intègre ainsi l’incapacité pratique de mobiliser des liquidités immédiates sans compromettre d’autres postes budgétaires jugés prioritaires.
Différenciation avec les construits connexes
Pour cerner rigoureusement ce construit psychologique, il convient de le dissocier conceptuellement d’autres variables psychologiques fréquemment mobilisées en marketing :
- Prix perçu vs Barrière de coût : Le prix perçu est souvent une évaluation neutre ou comparative (ex. « ce produit coûte plus cher que son alternative thermique »). La barrière de coût implique une charge affective négative et une attribution causale : le coût est identifié comme la cause spécifique de la non-action.
- Sensibilité au prix : La sensibilité au prix est un trait individuel général et stable (une disposition de la personnalité économique à réagir aux variations de tarifs). L’INNCOSTB mesure quant à elle une réponse contextuelle, cognitivement construite et dépendante de l’artefact technologique évalué.
- Valeur perçue : La valeur perçue est le compromis cognitif entre bénéfices perçus et sacrifices perçus. L’INNCOSTB isole spécifiquement le sacrifice monétaire, permettant aux chercheurs de décomposer la mécanique fine de la balance décisionnelle.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle INNCOSTB s’enracine au cœur de deux corpus théoriques majeurs : la Théorie du Raisonnement Comportemental (Behavioral Reasoning Theory, BRT) initiée par Westaby (2005) et les modèles de Résistance du Consommateur à l’Innovation formalisés originellement par Ram et Sheth (1989).
La Théorie du Raisonnement Comportemental (BRT) de Westaby
La BRT postule que les individus utilisent des « raisons » (reasons) spécifiques comme ponts cognitifs structurants entre leurs valeurs fondamentales, leurs attitudes globales et leurs intentions comportementales. Contrairement aux modèles cognitifs classiques qui postulent une délibération purement probabiliste ou linéaire, la BRT affirme que l’esprit humain fonctionne selon un mode de justification argumentative. Les raisons fournissent une rationalisation immédiate à l’action ou à l’inaction, préservant l’auto-estime et réduisant la dissonance cognitive.
Le point d’ancrage fondamental de la BRT réside dans la séparation explicite entre :
- Les raisons « pour » (reasons for) : motivations positives, moteurs d’action orientés vers le gain (ex. protection de l’environnement, indépendance énergétique, modernité technologique).
- Les raisons « contre » (reasons against) : freins délibérés, contre-arguments structurés s’opposant au changement de statu quo (ex. barrières fonctionnelles, barrières de risque, barrières financières).
Claudy, Garcia et O’Driscoll (2015) ont démontré que les raisons « pour » et les raisons « contre » ne sont pas orthogonales ou corrélées de manière purement inverse : elles relèvent de processus neuronaux et psychologiques distincts. Un consommateur peut éprouver une constellation de raisons « pour » très intenses tout en étant paralysé par une unique raison « contre » incontournable. L’échelle INNCOSTB a été formalisée comme la mesure opérationnelle clé de la raison financière au sein du sous-système des reasons against.
graph LR
A[Valeurs Fondamentales & Croyances Écologiques] --> B(Raisons d'Adopter / Reasons For)
A --> C(Raisons de Rejeter / Reasons Against)
C --- D[Barrière de Coût / INNCOSTB]
C --- E[Barrière de Risque / Risque d'Usage]
C --- F[Barrière de Verrouillage / Confort]
B --> G{Attitude Globale}
C --> G
B --> H[Intention d'Adopter l'Innovation]
C --> H
G --> H
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Le modèle de résistance à l’innovation de Ram et Sheth (1989)
Le cadre théorique convoque également la typologie classique de Ram et Sheth, qui identifie deux grandes catégories d’entraves à l’adoption :
- Les barrières fonctionnelles : survenant lorsque l’innovation impose un changement radical dans les habitudes, présente un risque de performance ou nécessite des investissements financiers substantiels.
- Les barrières psychologiques : émanant des conflits avec les traditions culturelles ou de stigmates perçus vis-à-vis de l’image de soi.
Au sein des barrières fonctionnelles, la barrière de valeur (et singulièrement sa déclinaison monétaire) stipule que si le coût d’acquisition excède le bénéfice relatif immédiat par rapport aux alternatives déjà existantes sur le marché, le consommateur opposera une résistance systématique. L’INNCOSTB capture avec précision le noyau dur de cette barrière de valeur monétaire en mesurant la charge prohibitive initiale.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle INNCOSTB a été établie à travers un processus rigoureux de validation empirique mené auprès d’un échantillon représentatif de 468 propriétaires de logements en République d’Irlande, confrontés aux choix d’adoption de plusieurs technologies de microgénération (chauffe-eau solaires, panneaux photovoltaïques, micro-éoliennes, pompes à chaleur air-eau).
Validité de contenu et validité apparente
La validité de contenu a été garantie par une procédure en deux étapes. Tout d’abord, une phase exploratoire qualitative comprenant des entretiens approfondis avec des consommateurs et des panels d’experts du secteur énergétique a permis d’extraire le lexique naturel par lequel les individus articulent leur refus d’investir. Ensuite, un groupe de chercheurs seniors en psychologie du consommateur a évalué la formulation des énoncés pour s’assurer qu’aucun biais d’ambiguïté linguistique, d’évocation d’attributs non financiers ou de polysémie ne vienne altérer la fidélité de la mesure. Les trois items retenus ont obtenu un accord inter-juges unanime quant à leur pertinence conceptuelle pour mesurer spécifiquement l’obstacle financier.
Validité de construit convergente
La validité convergente vérifie que les items mesurent bien le même construit théorique sous-jacent. Selon les critères psychométriques standards de Fornell et Larcker (1981) et de Hair et al. :
- Les saturations factorielles standardisées (λ) de tous les items sur le construit latent s’échelonnent entre 0,88 et 0,94 (toutes significatives au seuil p < 0,001), attestant d’une convergence exceptionnelle des indicateurs observés.
- La Variance Moyenne Extraite (Average Variance Extracted, AVE) s’élève à 0,82 dans l’étude princeps, pulvérisant le seuil minimal recommandé de 0,50. Cela signifie que plus de 82 % de la variance des items observés est directement expliquée par la variable latente de barrière financière.
Validité discriminante
Pour confirmer que l’INNCOSTB ne se confond pas avec d’autres raisons de rejet ou d’autres variables cognitives, la validité discriminante a été examinée selon deux approches majeures :
- Critère de Fornell-Larcker : La racine carrée de l’AVE pour l’INNCOSTB (√0,82 ≈ 0,905) s’est révélée strictement supérieure à toutes les corrélations inter-construits reliant la barrière de coût aux autres dimensions de la résistance (ex. barrières de risque technologique r ≈ 0,42 ; barrière d’usage et de confort r ≈ 0,38 ; attitudes générales r ≈ -0,48).
- Ratio Hétérotrait-Monotrait (HTMT) : Les analyses réplicatives récentes utilisant le critère HTMT (Henseler et al., 2015) rapportent des valeurs systématiquement inférieures au seuil conservateur de 0,85 vis-à-vis des autres barrières fonctionnelles, démontrant une distinctivité empirique irréfutable.
Validité prédictive et nomologique
Dans les modèles structurels testés par Claudy et ses collègues (2015), l’INNCOSTB démontre une capacité explicative remarquable :
- Elle exerce un effet négatif direct puissant et statistiquement significatif sur l’attitude envers l’adoption (β oscillant entre -0,28 et -0,36 selon les technologies modélisées, p < 0,001).
- Elle exerce un effet direct et indirect inhibiteur sur les intentions d’achat effectives de microgénérateurs, expliquant une part prépondérante de la variance non captée par les modèles traditionnels d’attitudes.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité d’une échelle psychométrique reflète sa précision de mesure et son degré de stabilité face à l’erreur de mesure aléatoire. L’instrument INNCOSTB a fait l’objet d’évaluations rigoureuses de sa cohérence interne et de sa fiabilité composite dans divers contextes empiriques.
Indices de cohérence interne
Dans l’échantillon princeps de Claudy et al. (2015) :
- Alpha de Cronbach (α) : L’échelle affiche un coefficient de 0,93. Dans le domaine psychométrique, une valeur supérieure à 0,90 indique une cohérence interne de premier ordre, rendant l’instrument parfaitement approprié non seulement pour la recherche académique fondamentale, mais également pour le diagnostic appliqué et l’évaluation prédictive individuelle.
- Fiabilité Composite (Composite Reliability, CR) : L’indice de Jöreskog s’établit à 0,932, confirmant que le construit latent rend compte de manière harmonieuse et homogène de l’ensemble de ses indicateurs sans dépendre artificiellement de l’hypothèse de tau-équivalence propre à l’alpha standard.
- Corrélations inter-items : Les coefficients de corrélation linéaire de Pearson entre les 3 items s’échelonnent tous entre 0,78 et 0,86, démontrant qu’aucun item n’est redondant au point de constituer une paraphrase stérile, mais qu’ils partagent une variance commune extrêmement robuste.
| Indicateur Psychométrique | Valeur Observée (Claudy et al., 2015) | Seuil Recommandé | Interprétation |
|---|---|---|---|
| Alpha de Cronbach (α) | 0,93 | ≥ 0,70 (0,80 pour haute fiabilité) | Cohérence interne exceptionnelle |
| Fiabilité Composite (CR) | 0,932 | ≥ 0,70 | Excellente homogénéité du construit |
| Variance Moyenne Extraite (AVE) | 0,820 | ≥ 0,50 | Excellente validité convergente |
| Erreur Standard de Mesure (SEM) | < 0,35 | Aussi faible que possible | Faible variance d’erreur aléatoire |
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de l’INNCOSTB a été validée au moyen de procédures statistiques combinant l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) initiale et la Modélisation par Équations Structurelles confirmatoire (AFC/SEM).
Structure unifactorielle et saturations
Lors de la phase confirmatoire conduite sous estimation du maximum de vraisemblance (ML), le modèle unifactoriel a été testé au sein d’une structure plus large comprenant l’ensemble des raisons pour et contre l’adoption formulées par la BRT. Les items de l’échelle INNCOSTB se regroupent univoquement sur un facteur de premier ordre unique sans aucune cross-saturation substantielle sur d’autres dimensions (telles que le risque d’usage ou la barrière d’image).
| Item | Énoncé d’Origine | Saturation Factorielle (λ) | Variance d’Erreur (δ) | R² |
|---|---|---|---|---|
| Item 1 | The product is too expensive for me to purchase. | 0,91 | 0,172 | 0,828 |
| Item 2 | The initial purchase and installation costs are too high. | 0,94 | 0,116 | 0,884 |
| Item 3 | I cannot afford to install this product right now. | 0,88 | 0,225 | 0,775 |
Indices d’ajustement global (Goodness-of-Fit)
Au niveau de la modélisation globale du système de mesure incluant les variables latentes de l’innovation, le modèle de mesure démontre un ajustement remarquable aux données empiriques, satisfaisant aux standards stricts de Hu & Bentler (1999) :
- Chi-deux normé (χ²/df) : 1,94 (valeur < 3,0 attestant d’une excellente adéquation globale).
- Comparative Fit Index (CFI) : 0,96 (seuil préconisé ≥ 0,95).
- Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,95 (seuil préconisé ≥ 0,95).
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,045 [IC à 90 % : 0,038 – 0,052], largement inférieur au plafond de 0,06.
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0,039 (seuil préconisé ≤ 0,08).
Ces métriques confirment formellement que l’INNCOSTB possède une structure unidimensionnelle pure, sans corrélations résiduelles artificielles entre les erreurs d’items, assurant une transférabilité statistique optimale dans des modèles d’équations structurelles complexes (PLS-SEM ou CB-SEM).
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure est présenté ci-dessous dans son format opérationnel standard :
- Nom officiel de l’instrument : Innovation Adoption Cost Barrier Scale (acronyme : INNCOSTB).
- Domaine d’application : Marketing de l’innovation, comportement du consommateur écologique, modélisation de l’adoption de technologies domestiques et durables.
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report instrument).
- Nombre d’items : 3 items obligatoires.
- Format et échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points (1 = Strongly disagree / Pas du tout d’accord à 7 = Strongly agree / Tout à fait d’accord) :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Légèrement en désaccord (Somewhat disagree)
- 4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
- 5 = Légèrement d’accord (Somewhat agree)
- 6 = D’accord (Agree)
- 7 = Fortement d’accord (Strongly agree)
- Durée de passation : Moins d’une minute (environ 30 à 45 secondes).
- Directives de cotation et calcul des scores :
- Sens de cotation : Tous les items sont formulés dans le sens direct. Aucun item inversé (no reverse-scored items).
- Score composite : Deux méthodes de calcul sont préconisées selon l’objectif statistique :
- Score moyen standard : Calculer la moyenne arithmétique des 3 items :
Score = (Item1 + Item2 + Item3) / 3. L’intervalle de score s’étend de 1,00 à 7,00. Un score > 4,00 indique que le coût constitue une raison active de non-adoption ; un score > 5,50 signale un verrouillage budgétaire critique. - Score cumulé direct : Somme directe des items :
Score = Item1 + Item2 + Item3(étendue de 3 à 21 points).
- Score moyen standard : Calculer la moyenne arithmétique des 3 items :
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Les informations relatives à la propriété intellectuelle, à la diffusion et aux conditions d’utilisation de l’instrument sont détaillées ci-après :
- Année de publication princeps : 2015.
- Détenteurs des droits : Les auteurs (Marius C. Claudy, Rosanna Garcia, Aidan O’Driscoll) et l’éditeur Springer Science+Business Media New York / Academy of Marketing Science.
- Régime de licence et utilisation académique : L’échelle est disponible pour la recherche académique, scientifique et pédagogique non commerciale. L’accès aux items fait partie intégrante du domaine public académique via l’article source publié dans le Journal of the Academy of Marketing Science. Aucune redevance financière n’est requise des étudiants ou des enseignants-chercheurs souhaitant intégrer l’échelle dans leurs protocoles d’enquête, sous réserve expresse de citer formellement la publication princeps de 2015.
- Tarification commerciale : Pour toute utilisation intégrée à un logiciel commercial propriétaire, un outil d’audit d’entreprise ou une étude de marché lucrative pour le compte d’un tiers, les praticiens doivent contacter les auteurs correspondants et l’éditeur Springer afin de solliciter une autorisation formelle de réutilisation.
12. Références / References
Voici la liste complète des publications scientifiques de référence étayant la conception, le cadre théorique et la validation psychométrique de l’échelle INNCOSTB :
- Claudy, M. C., Garcia, R., & O’Driscoll, A. (2015). Consumer resistance to innovation: A behavioral reasoning perspective. Journal of the Academy of Marketing Science, 43(4), 528-544. https://doi.org/10.1007/s11747-014-0399-0
- Claudy, M. C., Peterson, M., & O’Driscoll, A. (2013). Understanding the attitude-behavior gap for renewable energy systems using behavioral reasoning theory. Journal of Macromarketing, 33(4), 273-287. https://doi.org/10.1177/0276146713481605
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39-50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Henseler, J., Ringle, C. M., & Sarstedt, M. (2015). A new criterion for assessing discriminant validity in variance-based structural equation modeling. Journal of the Academy of Marketing Science, 43(1), 115-135. https://doi.org/10.1007/s11747-014-0403-8
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1-55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Kahneman, D., & Tversky, A. (1979). Prospect theory: An analysis of decision under risk. Econometrica, 47(2), 263-291. https://doi.org/10.2307/1914185
- Ram, S., & Sheth, J. N. (1989). Consumer resistance to innovations: The marketing problem and its solutions. Journal of Consumer Marketing, 6(2), 5-14. https://doi.org/10.1108/EUM0000000002542
- Westaby, J. D. (2005). Behavioral reasoning theory: Identifying new linkages underlying intentions and behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 98(2), 97-120. https://doi.org/10.1016/j.obhdp.2005.07.001
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
7-point Likert scale (1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree)
Questionnaire Items:
- The product is too expensive for me to purchase.
- The initial purchase and installation costs are too high.
- I cannot afford to install this product right now.