Échelle d’autonomisation face au diabète – Version courte (DES-SF)

Découvrez l’Échelle d’autonomisation face au diabète – Version courte (DES-SF), un instrument psychométrique validé de 8 items évaluant le pouvoir d’agir et l’auto-efficacité psychosociale dans la gestion du diabète.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’autonomisation face au diabète – Version courte (Diabetes Empowerment Scale–Short Form, DES-SF) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer l’auto-efficacité psychosociale et le sentiment de pouvoir d’agir (empowerment) chez les personnes atteintes de diabète de type 1 ou de type 2. Développée en 2003 par Robert M. Anderson et ses collaborateurs au sein du Michigan Diabetes Research and Training Center (MDRTC) de l’Université du Michigan, cette version abrégée condense l’instrument original de 28 items (DES) en une mesure brève, robuste et facilement administrable de 8 items.

La DES-SF capture la perception globale qu’a le patient de sa capacité à maîtriser les dimensions psychosociales, motivationnelles et comportementales indispensables à l’autogestion optimale de sa maladie chronique. Chaque item est évalué sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Tout à fait en désaccord » / Strongly Disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). Les items représentent les trois sous-échelles conceptuelles de l’instrument parent : (1) la gestion des aspects psychosociaux du diabète, (2) l’évaluation de l’insatisfaction et la disposition au changement, et (3) la fixation et l’atteinte d’objectifs personnalisés.

Sur le plan des propriétés psychométriques, la DES-SF démontre une cohérence interne élevée, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,84 et 0,89 selon les cohortes de validation clinique. Les analyses factorielles confirmatoires appuient une structure unidimensionnelle dominante lorsqu’elle est utilisée comme indice composite global d’autonomisation, tout en conservant une forte représentativité du contenu multidimensionnel d’origine. L’échelle présente une validité de critère robuste, corrélant de manière significative avec les comportements d’autosoin, le bien-être psychologique et l’équilibre glycémique (hémoglobine glyquée HbA1c). Sa brièveté (temps de complétion inférieur à 3 minutes) en fait un outil de référence internationale tant pour l’évaluation en routine clinique que pour les essais interventionnels en éducation thérapeutique du patient (ETP).

2. Mots-clés / Keywords

Autonomisation face au diabète, Diabetes Empowerment Scale, DES-SF, auto-efficacité psychosociale, autogestion du diabète, éducation thérapeutique du patient, psychométrie de la santé, échelle de Likert, sentiment d’efficacité personnelle, fidélité psychométrique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle DES-SF a été conçue par une équipe multidisciplinaire de chercheurs et cliniciens pionniers de l’approche centrée sur le patient au sein du Michigan Diabetes Research and Training Center (MDRTC), rattaché à l’école de médecine de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis) :

  • Robert M. Anderson, EdD : Professeur émérite au Département d’éducation médicale (Department of Learning Health Sciences), University of Michigan Medical School. Pionnier international de l’application des concepts d’empowerment et de pédagogie critique aux maladies métaboliques chroniques.
  • Martha M. Funnell, MS, RN, CDE, FAAN : Chercheuse clinicienne, infirmière spécialiste certifiée en éducation sur le diabète (CDE), Département d’apprentissage des sciences de la santé, University of Michigan Medical School. Ancienne présidente des soins de santé et de l’éducation de l’American Diabetes Association (ADA).
  • James T. Fitzgerald, PhD : Professeur au Département d’apprentissage des sciences de la santé et directeur du centre d’évaluation psychométrique et statistique, University of Michigan Medical School. Expert en modélisation psychométrique et validation d’échelles de santé.
  • Larry D. Gruppen, PhD : Professeur au Département d’apprentissage des sciences de la santé, University of Michigan Medical School. Spécialiste de la cognition médicale, de l’évaluation des compétences et des processus décisionnels.
  • M. S. Oh, MS : Biostatisticien et analyste de données de santé, Michigan Diabetes Research and Training Center, University of Michigan.

Contact institutionnel et affiliation de recherche : Michigan Diabetes Research and Training Center, University of Michigan Medical School, Ann Arbor, MI 48109, États-Unis. Les outils et instruments développés par cette unité de recherche sont coordonnés via la plateforme institutionnelle du MDRTC.

4. Objectif / Purpose

La prise en charge du diabète sucré constitue un défi comportemental et psychologique permanent. Contrairement à de nombreuses pathologies aiguës où l’intervention médicale directe est prépondérante, le diabète exige que plus de 95 % des décisions thérapeutiques quotidiennes soient prises de manière autonome par le patient lui-même (ajustement de l’insulinothérapie, surveillance de la glycémie capillaire, régulation nutritionnelle, gestion de l’activité physique, détection précoce des hypoglycémies). Dans ce contexte, les modèles traditionnels d’observance passive (« compliance ») ont montré leurs limites conceptuelles et cliniques.

L’objectif premier de la Diabetes Empowerment Scale–Short Form (DES-SF) est d’évaluer quantitativement le sentiment de pouvoir d’agir et d’auto-efficacité psychosociale nécessaire pour assumer cette responsabilité au long cours. L’outil a été spécifiquement développé pour dépasser la simple mesure des connaissances factuelles ou des gestes techniques, en ciblant les compétences métacognitives et affectives qui sous-tendent l’engagement actif du sujet dans sa santé.

Applications cliniques

  • Diagnostic éducatif initial : Identifier le niveau de confiance du patient avant le déploiement d’un programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP). L’échelle permet de repérer si les difficultés d’équilibre métabolique découlent d’un déficit d’autonomisation psychosociale, de blocages motivationnels ou d’une détresse liée au diabète.
  • Individualisation des soins : Orienter la relation soignant-soigné vers un modèle collaboratif, en identifiant précisément les domaines où le patient se sent dépassé (recherche de soutien social, adaptation face aux imprévus, gestion du stress).
  • Suivi longitudinal en consultation : Évaluer l’évolution du sentiment d’auto-efficacité au fil des transitions de vie, des modifications de schéma thérapeutique (ex. passage aux injections multiples ou à la pompe à insuline) ou de l’apparition de complications chroniques.

Applications en recherche

  • Mesure de résultat rapportée par le patient (PRO / PROM) : Servir de critère de jugement principal ou secondaire dans les essais cliniques randomisés évaluant l’efficacité des interventions comportementales, psycho-éducatives ou de télémédecine.
  • Recherche translationnelle et épidémiologique : Analyser les médiateurs et modérateurs psychosociaux reliant les déterminants sociaux de la santé au contrôle métabolique (taux d’HbA1c) et à la qualité de vie liée à la santé (QoL).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par la DES-SF est l’empowerment appliqué au diabète (autonomisation ou habilitation), défini par Anderson et Funnell comme la capacité d’une personne à définir ses propres priorités, à prendre des décisions éclairées, à mobiliser des ressources internes et sociales pour atteindre ses objectifs, et à assumer la responsabilité psychologique de la cohabitation avec une maladie chronique. Bien que la version courte condense la mesure en un score composite unitaire, elle intègre de manière proportionnée les trois dimensions fondamentales identifiées dans la version intégrale à 28 items :

1. Gestion des aspects psychosociaux du diabète (Managing Psychosocial Aspects)

Cette dimension renvoie à la capacité subjective du patient à réguler les répercussions émotionnelles, affectives et relationnelles de la maladie. Elle explore :

  • L’ajustement émotionnel et l’acceptation : Découvrir et mobiliser des stratégies cognitives pour atténuer la culpabilité, la honte ou le ressentiment liés au diagnostic (capturé par l’item 4 : « can find ways to feel better about having diabetes »).
  • Le coping face au stress spécifique : Connaître et déployer des mécanismes adaptatifs sains pour gérer la charge mentale inhérente au traitement (item 5 : « know the positive ways I cope with diabetes related stress »).
  • La mobilisation du réseau de soutien social : La compétence proactive à solliciter de l’aide émotionnelle, instrumentale ou informative auprès des proches ou des soignants lorsque le fardeau devient excessif (item 6 : « can ask for support for having and caring for my diabetes when I need it »).

2. Évaluation de l’insatisfaction et préparation au changement (Assessing Dissatisfaction and Readiness to Change)

Cette composante examine les compétences d’auto-observation réflexive et d’auto-évaluation critique nécessaires pour amorcer un changement de comportement pérenne :

  • La conscience métacognitive des points de friction : Identifier avec clarté les aspects du traitement ou du mode de vie qui génèrent de la frustration, de la lassitude ou un sentiment d’inefficacité (item 1 : « know what part(s) of taking care of my diabetes that I am dissatisfied with »).
  • La connaissance de soi en tant qu’acteur décisionnel : Savoir ce qui correspond véritablement à ses propres valeurs, contraintes et priorités de vie afin de faire des choix thérapeutiques personnalisés (item 8 : « know enough about myself as a person to make diabetes care choices that are right for me »).
  • Le maintien de la motivation intrinsèque : Connaître les leviers motivationnels personnels qui soutiennent la persévérance au quotidien malgré les fluctuations de la maladie (item 7 : « know what helps me stay motivated to care for my diabetes »).

3. Fixation et réalisation d’objectifs personnalisés (Setting and Achieving Goals)

Cette dimension opérationnalise la facette instrumentale et exécutive du sentiment d’auto-efficacité :

  • La planification opérationnelle : La capacité de traduire une intention générale (ex. améliorer sa glycémie) en un plan d’action réaliste, progressif et structuré (item 2 : « am able to turn my diabetes goals into a workable plan »).
  • La flexibilité cognitive et la résolution de problèmes : La capacité à expérimenter des stratégies alternatives face aux barrières environnementales, professionnelles ou physiologiques (item 3 : « can try out different ways of overcoming barriers to my diabetes goals »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La DES-SF repose sur la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie de la santé, de la psychologie cognitive et des sciences de l’éducation :

La théorie sociale cognitive et l’auto-efficacité (Albert Bandura)

Le pilier théorique central de l’instrument est le concept d’auto-efficacité perçue (self-efficacy) formulé par Albert Bandura (1977, 1997). Selon ce paradigme, les croyances d’un individu quant à ses aptitudes à organiser et exécuter les actions requises pour produire des résultats donnés déterminent :

  • Le choix des activités entreprises ;
  • La quantité d’effort investi face aux difficultés ;
  • La persistance face aux échecs ou aux rechutes ;
  • Le niveau de stress ressenti face aux exigences environnementales.

Dans la DES-SF, l’auto-efficacité n’est pas mesurée sous un angle générique ou strictement biomédical, mais contextualisée aux arbitrages psychosociaux complexes de la vie avec le diabète.

Le modèle d’autonomisation (Empowerment Philosophy) d’Anderson et Funnell

S’inspirant des travaux pédagogiques de Paulo Freire sur la conscientisation et l’émancipation de l’apprenant, Anderson et Funnell ont théorisé une rupture épistémologique avec le modèle médical paternaliste classique. Dans le modèle traditionnel de « conformité » (compliance), les professionnels prescrivent et le patient est jugé obéissant ou non-observant. Dans le modèle d’autonomisation :

  • Le patient est reconnu comme l’expert de sa propre vie, de ses priorités existentielles et de son corps ;
  • Les professionnels de santé agissent en tant qu’experts consultants, facilitateurs et pourvoyeurs de ressources ;
  • Le contrôle réel et la prise de décision ultime appartiennent inaliénablement au patient.

La théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan) et le lieu de contrôle (Rotter)

L’échelle fait également écho à la théorie de l’autodétermination (Edward L. Deci et Richard M. Ryan), notamment à travers les besoins psychologiques fondamentaux d’autonomie (sentiment d’être l’auteur de ses choix) et de compétence (sentiment d’efficacité dans ses interactions). Elle s’articule enfin avec le concept de lieu de contrôle interne (locus of control de Julian Rotter), où le sujet perçoit les événements de santé comme découlant principalement de ses propres actions plutôt que du hasard, de la fatalité ou du pouvoir absolu du corps médical.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la DES-SF a été rigoureusement documentée par les concepteurs originaux ainsi que par de nombreuses équipes internationales indépendantes.

Validité de contenu et de construit

Lors de la création de la forme courte en 2003, Anderson et ses collaborateurs ont extrait les 8 items à partir de la version de 28 items en sélectionnant les questions affichant les saturations factorielles les plus représentatives et les plus stables pour chacun des domaines clés. Une corrélation de Pearson extrêmement forte a été observée entre le score composite global de la DES-SF et le score total de l’échelle princeps de 28 items (r = 0,96, p < 0,001), démontrant que la version brève capture fidèlement la variance du construit complet sans déperdition informationnelle majeure.

Validité convergente

La validité convergente de la DES-SF est établie par des associations théoriquement cohérentes et statistiquement significatives avec divers indicateurs psychologiques et biomédicaux :

  • Comportements d’autosoin : Corrélations positives significatives (r = 0,35 à 0,52, p < 0,01) avec les scores du Summary of Diabetes Self-Care Activities (SDSCA), englobant l’autosurveillance glycémique, le respect des plans alimentaires équilibrés et l’adhésion thérapeutique.
  • Qualité de vie liée au diabète : Corrélations modérées à fortes avec les dimensions positives d’instruments tels que l’Audit of Diabetes-Dependent Quality of Life (ADDQoL) ou le SF-36 (composantes de santé mentale et de fonctionnement social).
  • Paramètres métaboliques : Dans l’étude princeps de 2003, une amélioration des scores d’autonomisation mesurés par la DES-SF suite à une intervention éducative de 6 semaines était prédictive d’une baisse statistiquement significative de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) à moyen terme (réduction moyenne de 0,6 % à 1,0 %, p < 0,01).

Validité discriminante et différentielle

L’échelle montre des corrélations négatives attendues avec les indices de détresse psychologique :

  • Détresse liée au diabète : Association inverse robuste avec les scores du Problem Areas in Diabetes (PAID) et du Diabetes Distress Scale (DDS) (r = -0,40 à -0,58, p < 0,001).
  • Dépression : Corrélations négatives avec les échelles de dépression standardisées (CES-D, PHQ-9), démontrant que l’autonomisation est distincte de la simple absence d’affect dépressif.

Validité transculturelle

La DES-SF a fait l’objet d’adaptations linguistiques et transculturelles rigoureuses (selon la méthodologie de traduction/rétro-traduction et comités d’experts) dans de nombreuses langues, notamment en français, espagnol, portugais, chinois, turc, coréen et suédois. Ces validations internationales ont confirmé l’invariance de mesure à travers divers groupes culturels et socio-économiques.

8. Fidélité / Reliability

La fiabilité métrologique de la DES-SF a été établie selon les standards stricts de la théorie classique des tests :

Cohérence interne

Dans l’échantillon princeps de validation (Anderson et al., 2003) comprenant des adultes atteints de diabète de type 1 et de type 2 participant à un programme communautaire d’autogestion, la DES-SF a affiché un coefficient alpha de Cronbach de 0,84. Dans des réplications ultérieures à plus grande échelle :

  • Études en soins primaires américains : alpha compris entre 0,85 et 0,89.
  • Validation européenne (versions française et espagnole) : alpha oscillant entre 0,83 et 0,87.
  • Version asiatique (chinoise/hongkongaise) : alpha rapporté à 0,86.
  • Le coefficient composite oméga de McDonald (ω), mesuré dans les études récentes de modélisation par équations structurelles, confirme ces résultats avec des valeurs couramment supérieures à 0,85, attestant d’une excellente consistance sans redondance excessive d’items.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été documentée sur des cohortes de patients en situation clinique stable sans intervention éducative concomitante :

  • Sur un intervalle de 2 à 4 semaines, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou de Pearson se situe de façon reproductible entre 0,78 et 0,85.
  • Ces résultats confirment que l’échelle mesure un trait psychologique stable (la croyance en son efficacité personnelle) plutôt qu’un état émotionnel transitoire, tout en demeurant sensible aux gains d’apprentissage consécutifs aux interventions thérapeutiques ciblées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de la DES-SF a fait l’objet de multiples investigations méthodologiques visant à clarifier si l’outil doit être interprété comme un score global unique ou sous forme multidimensionnelle.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de l’analyse factorielle exploratoire initiale menée sur les 28 items de la DES complète, trois facteurs distincts expliquant plus de 55 % de la variance totale avaient émergé (Anderson et al., 2000) :

  1. Facteur 1 : Aspects psychosociaux (9 items, alpha = 0,93).
  2. Facteur 2 : Insatisfaction et préparation au changement (9 items, alpha = 0,81).
  3. Facteur 3 : Fixation et atteinte d’objectifs (10 items, alpha = 0,91).

Lors de la réduction à 8 items, l’AFE réalisée sur la DES-SF met en évidence une solution prépondérante à un facteur dominant (facteur général d’autonomisation), dont la valeur propre (eigenvalue) dépasse largement le critère de Kaiser (> 3,5), expliquant à elle seule entre 48 % et 58 % de la variance totale des scores selon les cohortes. Les saturations factorielles de l’ensemble des 8 items sur ce facteur général sont robustes, s’échelonnant typiquement de 0,61 à 0,82.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations par équations structurelles (AFC) conduites sur des populations diversifiées démontrent d’excellents indices d’adéquation pour le modèle unidimensionnel :

  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) : > 0,95 (valeurs rapportées entre 0,96 et 0,98) ;
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : > 0,94 ;
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % généralement compris entre 0,035 et 0,068) ;
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : < 0,04.

Certains auteurs ont testé un modèle hiérarchique ou bifactoriel (un facteur général d’empowerment chapeautant trois micro-dimensions spécifiques correspondant aux 3 domaines de la version longue). Bien que ce modèle soit mathématiquement admissible, les conclusions psychométriques s’accordent sur le fait que la variance commune domine très largement la variance spécifique. Par conséquent, l’utilisation et le calcul d’un score total unique moyen représentent la pratique recommandée et la plus parcimonieuse.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Diabetes Empowerment Scale–Short Form (DES-SF) / Échelle d’autonomisation face au diabète – Version courte.
  • Nature de l’outil : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-questionnaire papier-crayon ou numérique).
  • Population cible : Adultes (≥ 18 ans) diagnostiqués avec un diabète de type 1, de type 2 ou diabète secondaire, en contexte ambulatoire, hospitalier ou communautaire.
  • Nombre d’items : 8 items rédigés sous la forme d’affirmations à la première personne précédées de l’amorce contextuelle : « In general, I believe that I: ».
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 1 = Strongly Disagree (Tout à fait en désaccord)
    • 2 = Somewhat Disagree (Plutôt en désaccord)
    • 3 = Neutral (Neutre / Ni d’accord ni en désaccord)
    • 4 = Somewhat Agree (Plutôt d’accord)
    • 5 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord)
  • Temps d’administration : Environ 2 à 3 minutes.
  • Modalités de cotation et de calcul :
    • Tous les items sont cotés positivement (aucun item inversé).
    • Le score global moyen est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des réponses aux 8 items (somme des points divisée par 8, sous réserve qu’au moins 6 ou 7 items soient complétés).
    • Le score final s’échelonne ainsi de 1,0 à 5,0.
  • Interprétation clinique des scores :
    • Scores élevés (4,0 à 5,0) : Indiquent un niveau élevé de sentiment d’efficacité personnelle et d’autonomisation. Le patient se perçoit comme capable de gérer proactivement sa maladie et de solliciter des ressources en cas de besoin.
    • Scores intermédiaires (3,0 à 3,9) : Témoignent d’une autonomisation partielle, souvent accompagnée d’hésitations ou d’une maîtrise inégale selon les circonstances de vie.
    • Scores faibles (< 3,0) : Signalent un déficit notable d’auto-efficacité, une détresse potentielle ou un sentiment d’impuissance face aux contraintes du diabète, justifiant une réorientation du soutien éducatif et psychosocial.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2003 (première publication de la forme courte validée par Robert M. Anderson et al.).
  • Développeur / Institution détentrice des droits : Michigan Diabetes Research and Training Center (MDRTC), University of Michigan Medical School.
  • Politique d’accès et d’utilisation : La DES-SF est mise à disposition gratuitement pour la pratique clinique, l’enseignement et la recherche académique non commerciale. Les concepteurs soutiennent la diffusion ouverte des outils de mesure d’empowerment afin d’améliorer la qualité des soins.
  • Conditions d’utilisation : Aucune redevance n’est exigée pour les chercheurs ou les équipes de soins. Cependant, les utilisateurs doivent citer les publications méthodologiques de référence (Anderson et al., 2000, 2003) et s’engager à ne pas altérer le libellé des items sans validation préalable.
  • Utilisation commerciale : Toute incorporation dans un logiciel payant, une plateforme de santé numérique commerciale ou un essai clinique financé par l’industrie pharmaceutique à but lucratif nécessite une demande d’autorisation formelle auprès du bureau de transfert de technologie de l’Université du Michigan.
  • Ressource en ligne officielle : Les instruments et questionnaires du MDRTC sont consultables sur le portail institutionnel de l’Université du Michigan (MDRTC Survey Instruments).

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations méthodologiques relatives à la Diabetes Empowerment Scale sont répertoriées ci-dessous au format APA 7e édition :

  • Anderson, R. M., Fitzgerald, J. T., Gruppen, L. D., Funnell, M. M., & Oh, M. S. (2003). The Diabetes Empowerment Scale-Short Form (DES-SF). Diabetes Care, 26(5), 1641–1642. https://doi.org/10.2337/diacare.26.5.1641-a
  • Anderson, R. M., Funnell, M. M., Fitzgerald, J. T., & Marrero, D. G. (2000). The Diabetes Empowerment Scale: A measure of psychosocial self-efficacy. Diabetes Care, 23(6), 739–743. https://doi.org/10.2337/diacare.23.6.739
  • Anderson, R. M., & Funnell, M. M. (2010). Patient empowerment: Myths and misconceptions. Patient Education and Counseling, 79(3), 277–282. https://doi.org/10.1016/j.pec.2009.07.025
  • Anderson, R. M., Fitzgerald, J. T., Gruppen, L. D., Funnell, M. M., & Oh, M. S. (2013). Diabetes Empowerment Scale–Short Form. In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for Strengths-Based Assessment and Evaluation (pp. 358–359). Springer Publishing Company.
  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Funnell, M. M., Anderson, R. M., Arnold, M. S., Barr, P. A., Donnelly, M., Johnson, P. D., Taylor-Moon, D., & White, N. H. (1991). Empowerment: An idea whose time has come in diabetes education. The Diabetes Educator, 17(1), 37–41. https://doi.org/10.1177/014572179101700108
  • Schmitt, A., Gahr, A., Hermanns, N., Kulzer, B., Kubiak, T., & Haak, T. (2013). The Diabetes Self-Management Questionnaire (DSMQ): Development and evaluation of an instrument to assess self-care behaviour associated with glycaemic control. Health and Quality of Life Outcomes, 11, Article 138. https://doi.org/10.1186/1477-7525-11-138
  • Toobert, D. J., Hampson, S. E., & Glasgow, R. E. (2000). The summary of diabetes self-care activities measure: Results from 7 studies and a revised scale. Diabetes Care, 23(7), 943–950. https://doi.org/10.2337/diacare.23.7.943

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Diabetes Empowerment Scale–Short Form (DES-SF)

In general, I believe that I:

Response Scale:
5 = Strongly Agree
4 = Somewhat Agree
3 = Neutral
2 = Somewhat Disagree
1 = Strongly Disagree
  1. know what part(s) of taking care of my diabetes that I am dissatisfied with.
  2. am able to turn my diabetes goals into a workable plan.
  3. can try out different ways of overcoming barriers to my diabetes goals.
  4. can find ways to feel better about having diabetes.
  5. know the positive ways I cope with diabetes related stress.
  6. can ask for support for having and caring for my diabetes when I need it.
  7. know what helps me stay motivated to care for my diabetes.
  8. know enough about myself as a person to make diabetes care choices that are right for me.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle d’autonomisation face au diabète – Version courte (DES-SF). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-autonomisation-diabete-version-courte-des-sf/
Looti, Mohammed. “Échelle d’autonomisation face au diabète – Version courte (DES-SF).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-autonomisation-diabete-version-courte-des-sf/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’autonomisation face au diabète – Version courte (DES-SF).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-autonomisation-diabete-version-courte-des-sf/.