Échelle d’autodétermination de l’Arc

L’Échelle d’autodétermination de l’Arc (The Arc’s Self-Determination Scale), développée par Michael L. Wehmeyer, est l’instrument de référence évaluant l’autonomie, l’autorégulation, l’empowerment et l’autoréalisation chez les adolescents.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’autodétermination de l’Arc (The Arc’s Self-Determination Scale [SDS]), élaborée en 1995 par le Professeur Michael L. Wehmeyer en collaboration avec l’organisation The Arc of the United States, est un instrument d’évaluation psychométrique et pédagogique conçu pour mesurer le niveau d’autodétermination globale chez les adolescents présentant des troubles du développement, des déficiences intellectuelles légères à modérées, des troubles spécifiques de l’apprentissage ou évoluant dans le cadre de l’enseignement général. Fondé sur le modèle fonctionnel de l’autodétermination, cet outil d’auto-évaluation structure le construit théorique autour de quatre caractéristiques essentielles : l’autonomie comportementale (Autonomy), l’autorégulation (Self-Regulation), l’autonomisation psychologique (Psychological Empowerment) et l’autoréalisation (Self-Realization).

L’instrument se compose de 72 items (ou situations d’évaluation réparties en sous-domaines fonctionnels) qui combinent des échelles de fréquence ordinale de type Likert (de 0 à 3 points pour l’autonomie), des scénarios ouverts de résolution de problèmes narratifs et d’établissement d’objectifs (notés de 0 à 2 ou 3 points pour l’autorégulation), ainsi que des formats de choix forcé et d’adhésion dichotomique (0 ou 1 point pour l’autonomisation psychologique et l’autoréalisation). Le score global maximal possible est de 148 points, un score élevé indiquant un niveau supérieur d’agentivité personnelle et de capacité d’agir en tant qu’agent causal principal de sa propre existence.

Sur le plan psychométrique, l’échelle a fait l’objet d’une validation rigoureuse sur un échantillon normatif national de plus de 400 adolescents avec et sans incapacités. L’analyse de cohérence interne rapporte un coefficient alpha de Cronbach global de .90 pour l’ensemble de l’instrument, avec des coefficients variant de .62 à .90 pour les quatre sous-échelles individuelles. La validité de construit, confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, ainsi que la validité convergente et prédictive — corrélant de manière significative avec les échelles de lieu de contrôle (locus of control), d’estime de soi et d’insertion socioprofessionnelle post-scolaire — confirment que la SDS constitue l’étalon-or international pour l’évaluation de l’autodétermination dans les contextes de transition de l’école vers la vie adulte.

2. Mots-clés / Keywords

autodétermination, The Arc, Michael Wehmeyer, autonomie comportementale, autorégulation, autonomisation psychologique, autoréalisation, transition vers la vie adulte, déficience intellectuelle, éducation spécialisée, évaluation psychométrique, théorie de l’agent causal, insertion professionnelle.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’autodétermination de l’Arc a été conçue et standardisée par des figures de premier plan dans le domaine de la psychologie différentielle, du handicap et des sciences de l’éducation :

  • Michael L. Wehmeyer, Ph.D. : Professeur émérite distingué (Ross and Mariana Beach Distinguished Professor) en éducation spécialisée à la University of Kansas, directeur principal du Beach Center on Disability, et chercheur affilié au Life Span Institute. Le Dr Wehmeyer est reconnu mondialement comme l’architecte du modèle fonctionnel de l’autodétermination appliqué aux personnes en situation de handicap cognitif.
  • Kathy Kelchner, M.Ed. : Co-chercheuse et collaboratrice technique au sein du département de recherche de The Arc of the United States, impliquée dans les protocoles de collecte de données normatives et l’adaptation des protocoles pédagogiques pour adolescents.
  • The Arc of the United States : Organisation nationale de défense des droits civiques des personnes présentant des déficiences intellectuelles et développementales, ayant financé et soutenu institutionnellement le développement et la standardisation de l’outil dans le cadre de subventions fédérales du Département américain de l’Éducation (Office of Special Education Programs – OSEP).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’autodétermination de l’Arc est de fournir une évaluation structurée, fiable et centrée sur la personne, permettant de quantifier et de qualifier la mesure dans laquelle un jeune individu agit comme le principal agent causal dans sa propre vie, plutôt que de subir passivement les décisions imposées par autrui. Développée dans le contexte du mouvement d’inclusion et des exigences de la loi américaine sur l’éducation des personnes handicapées (Individuals with Disabilities Education Act – IDEA), l’échelle répond à un double impératif : scientifique et appliqué.

Sur le plan éducatif et transitionnel, l’instrument vise à impliquer directement l’élève dans l’élaboration de son plan de transition individualisé (PEI / IEP). Traditionnellement, les bilans diagnostiques reposaient exclusivement sur des observations hétéro-évaluatives produites par des enseignants, des psychologues scolaires ou des parents. L’Échelle de l’Arc rompt avec cette approche en étant spécifiquement formulée comme un auto-questionnaire accessible, permettant à l’adolescent de verbaliser ses aspirations, ses pratiques d’indépendance quotidienne, ses compétences en résolution de conflits, ses représentations de compétences et sa vision de l’avenir (logement, emploi, loisirs). Elle sert ainsi d’outil d’évaluation diagnostique pour concevoir des interventions pédagogiques individualisées ciblant les lacunes spécifiques en compétences d’autodétermination.

Sur le plan clinique et de la recherche en psychologie du handicap, l’instrument permet d’opérationnaliser le construit complexe de l’autodétermination afin d’examiner ses liens longitudinaux avec le devenir post-scolaire. Les données empiriques démontrent de façon répétée que les élèves présentant des scores élevés à cette échelle obtiennent de meilleurs résultats après l’obtention de leur diplôme : taux d’emploi plus élevés, rémunérations supérieures, plus grand accès au logement autonome et réseau social plus étoffé. Enfin, l’outil est couramment utilisé dans les essais contrôlés randomisés pour mesurer l’efficacité des curricula d’enseignement de l’autodétermination, tels que le Self-Determined Learning Model of Instruction (SDLMI).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’Échelle de l’Arc repose sur la définition fonctionnelle formulée par Wehmeyer (1996, 1999) : une action est considérée comme autodéterminée si la personne agit avec l’intention d’exercer un contrôle sur son existence, sans influence externe excessive. Ce construit global se décompose en quatre dimensions fondamentales (ou caractéristiques essentielles), chacune mesurée par une section distincte de l’instrument :

1. Autonomie comportementale (Behavioral Autonomy)

L’autonomie comportementale renvoie à la capacité de l’individu à agir selon ses propres préférences, intérêts, désirs et capacités, de manière indépendante et sans dépendance indue envers autrui. Dans la SDS, ce domaine est subdivisé en deux sous-domaines :

  • Indépendance (Independence) : Couvre les routines quotidiennes de soins personnels et les tâches domestiques (préparer ses repas, entretenir ses vêtements, effectuer les corvées de la maison) ainsi que les interactions adaptatives avec l’environnement communautaire (utiliser les transports ou la poste, gérer ses rendez-vous, interagir avec les commerçants).
  • Action fondée sur les préférences, croyances, intérêts et capacités : Évalue l’engagement dans des loisirs choisis personnellement, la participation à la vie communautaire (bénévolat, sorties au restaurant, associations de jeunesse), les choix de cheminement de carrière (orientations professionnelles futures, expériences de travail) et l’expression personnelle (choisir ses vêtements, sa coiffure, dépenser son argent personnel).

2. Autorégulation (Self-Regulation)

L’autorégulation implique l’aptitude à examiner son environnement et son répertoire de compétences, à prendre des décisions sur la façon d’agir, à exécuter ce plan d’action, à évaluer les résultats et à modifier ses stratégies si nécessaire. Ce domaine examine deux composantes essentielles :

  • Résolution de problèmes interpersonnels (Interpersonal Cognitive Problem-Solving) : Mesurée à travers six scénarios narratifs ouverts où le participant reçoit le début d’une situation problématique (ex. divergence d’opinion avec des parents ou enseignants, conflit entre pairs) et la fin heureuse souhaitée. L’élève doit formuler les étapes intermédiaires logiques pour parvenir au résultat positif.
  • Fixation et atteinte d’objectifs (Goal Setting and Task Performance) : Évalue la capacité de l’adolescent à articuler des plans concrets et des objectifs structurés pour sa vie post-secondaire (lieu d’habitation souhaité, type de travail visé, moyens de transport envisagés après la fin de la scolarité).

3. Autonomisation psychologique (Psychological Empowerment)

Cette dimension fait référence aux dimensions motivationnelles et sociocognitives de l’agentivité. Elle englobe les croyances selon lesquelles l’individu possède les capacités requises pour agir dans des situations données (sentiment d’efficacité personnelle tel que théorisé par Albert Bandura), la conviction que ses comportements produiront les résultats anticipés (attentes de résultat), et un lieu de contrôle interne (sentiment que les événements de sa vie dépendent de ses propres efforts plutôt que du hasard, de la chance ou d’autrui).

4. Autoréalisation (Self-Realization)

L’autoréalisation postule que les individus autodéterminés possèdent une connaissance approfondie et réaliste de leurs forces, de leurs limites personnelles et de leurs potentiels, tout en s’acceptant pleinement. Elle intègre l’auto-compréhension, l’estime de soi positive mais lucide, et la capacité à compenser activement ses faiblesses pour maximiser ses chances de réussite.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle d’autodétermination de l’Arc s’ancre dans le modèle fonctionnel de l’autodétermination développé par Wehmeyer (1992, 1996, 2003, 2005) et étendu ultérieurement à la Théorie de l’agent causal (Causal Agency Theory, Shogren et al., 2015). Ce modèle a été spécifiquement conceptualisé pour surmonter les limitations des approches antérieures qui assimilaient de manière réductionniste l’autodétermination à l’indépendance physique absolue ou à l’absence totale d’aide extérieure — une vision qui excluait d’emblée de nombreuses personnes en situation de handicap sévère ou modéré.

Contrairement à la célèbre théorie de l’autodétermination (TAD) d’Edward L. Deci et Richard M. Ryan (1985, 2000), qui s’intéresse principalement aux besoins psychologiques fondamentaux (autonomie, compétence, affiliation) et aux processus de motivation intrinsèque versus extrinsèque, le modèle de Wehmeyer aborde l’autodétermination sous un angle dispositionnel et fonctionnel. Dans ce cadre, l’autodétermination est définie comme « l’ensemble des attitudes et des aptitudes requises par un individu pour agir en tant qu’agent causal principal de sa vie, et pour faire des choix et des décisions concernant sa qualité de vie, libres d’influences externes ou d’ingérences excessives ».

Selon cette conceptualisation, être un « agent causal » ne signifie pas être autosuffisant ou exécuter soi-même chaque geste physique : une personne lourdement paralysée qui dirige un auxiliaire de vie pour choisir son habillement ou organiser sa journée agit en tant qu’agent causal. L’action autodéterminée se caractérise par la présence combinée des quatre fonctions émergentes :

  1. L’individu agit de manière autonome ;
  2. Ses comportements sont autorégulés ;
  3. La personne amorce et répond aux événements avec un sentiment d’autonomisation psychologique (empowerment) ;
  4. Elle agit de façon autoréalisée, en pleine possession de la connaissance de ses ressources.

Le développement de ces caractéristiques repose sur l’acquisition progressive d’éléments constitutifs tout au long de l’enfance et de l’adolescence : compétences de choix, prise de décision, résolution de problèmes, définition d’objectifs, auto-observation, auto-évaluation, renforcement personnel, sentiment de compétence, locus de contrôle interne, conscience de soi et affirmation de soi (self-advocacy). L’échelle SDS capture directement ces composantes comportementales et cognitives.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’autodétermination de l’Arc a été établie au moyen d’un programme d’investigation rigoureux mené auprès de 400 adolescents (Wehmeyer & Kelchner, 1995), comprenant des élèves avec déficience intellectuelle (n = 188), troubles d’apprentissage (n = 99), troubles émotionnels/comportementaux (n = 43) et élèves sans handicap (n = 70).

Validité de construit

La validité de construit a été documentée par la méthode des groupes contrastés et l’analyse des patrons développementaux. Les analyses de variance (ANOVA) ont mis en évidence des différences significatives conformes aux hypothèses théoriques : les élèves plus âgés obtiennent des scores globaux d’autodétermination systématiquement plus élevés que les élèves plus jeunes, attestant de la sensibilité de l’outil à la maturation psychosociale. De plus, les comparaisons intergroupes ont révélé que les élèves sans incapacité présentaient des scores d’autonomie et d’autorégulation significativement plus élevés que leurs pairs présentant des déficiences cognitives, reflétant les barrières environnementales et le manque d’opportunités de choix traditionnellement rencontrés par ces derniers.

Validité convergente et concurrente

La validité concurrente a été explorée en corrélant les scores de la SDS avec plusieurs échelles validées mesurant des construits connexes :

  • Lieu de contrôle : Des corrélations négatives significatives modérées à fortes ont été observées entre la sous-échelle d’autonomisation psychologique et l’échelle de contrôle interne-externe de Nowicki-Strickland (Nowicki-Strickland Locus of Control Scale, r = -.42 à -.51, p < .001 ; un score faible sur cette échelle indiquant une internalité plus marquée), confirmant que l’empowerment est directement lié au sentiment de contrôle personnel.
  • Estime de soi : La sous-échelle d’autoréalisation corrèle positivement de façon significative avec l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg Self-Esteem Scale, r = .48, p < .001).
  • Attribution des réussites : Des corrélations positives ont été identifiées avec le questionnaire Intellectual Achievement Responsibility Questionnaire (IAR).

Validité prédictive

Dans plusieurs études de suivi longitudinal à un, deux et trois ans après la fin de la scolarité secondaire (notamment Wehmeyer & Schwartz, 1997 ; Wehmeyer & Palmer, 2003), le score total à l’Échelle d’autodétermination de l’Arc a démontré une validité prédictive robuste : les élèves ayant des scores élevés à la SDS étaient significativement plus susceptibles d’occuper un emploi rémunéré en milieu ordinaire (taux supérieur de 25 à 30 %), de percevoir un salaire horaire plus élevé, de détenir un compte bancaire personnel et de vivre de façon autonome en dehors du domicile parental.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle d’autodétermination de l’Arc a été examinée sous l’angle de la consistance interne, de la fidélité inter-juges (pour les questions ouvertes) et de la stabilité temporelle (test-retest) :

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon normatif initial (N = 400), la cohérence interne globale de l’instrument s’est révélée excellente :

  • Score total d’autodétermination : α = .90, démontrant une très forte homogénéité générale du construit.
  • Sous-échelle Autonomie comportementale (items 1 à 32) : α = .90. Les sous-domaines spécifiques présentent également des alphas satisfaisants : Indépendance (α = .82), Activités de loisirs (α = .78), Engagement communautaire (α = .79), Orientations post-scolaires (α = .72) et Expressions personnelles (α = .75).
  • Sous-échelle Autorégulation (items 33 à 38 + questions de buts) : α = .62 à .73. Cette valeur légèrement plus modérée est typique des épreuves de production ouverte de scénarios et de résolution de problèmes narratifs, où la variabilité qualitative des réponses générées par les élèves est plus importante.
  • Sous-échelle Autonomisation psychologique (items 42 à 57) : α = .73.
  • Sous-échelle Autoréalisation (items 58 à 72) : α = .62 à .68.

Fidélité inter-juges pour l’autorégulation

Étant donné que la section Autorégulation requiert une notation basée sur des critères qualitatifs de génération de solutions (0, 1 ou 2 points selon l’efficacité et l’adéquation de la solution narrative), la fidélité inter-évaluateurs a fait l’objet d’un examen minutieux. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et les pourcentages d’accord entre correcteurs indépendants entraînés ont dépassé 92 % d’accord absolu, garantissant l’objectivité de la cotation guidée par le manuel.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’instrument a été analysée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) par extraction en composantes principales avec rotation varimax et oblimin, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur des cohortes subséquentes (Wehmeyer, 1996 ; Shogren, Wehmeyer et al., 2008).

Structure factorielle de premier ordre

Les analyses factorielles exploratoires conduites sur les sous-échelles ont corroboré l’existence des quatre dimensions principales postulées par le modèle théorique :

  • Facteur 1 (Autonomie comportementale) : Ce facteur explique la plus grande part de variance (plus de 28 % de la variance totale). Les 32 items d’autonomie saturent fortement sur leurs dimensions respectives, avec des poids factoriels s’échelonnant généralement entre .45 et .78.
  • Facteur 2 (Autonomisation psychologique) : Représente un ensemble homogène reflétant l’agentivité, le contrôle perçu et le sentiment de compétence, avec des saturations factorielles comprises entre .40 et .69.
  • Facteur 3 (Autorégulation) : Isole distinctement les scénarios de résolution de problèmes sociaux et d’orientation d’objectifs personnels post-scolaires, expliquant environ 9 % de variance supplémentaire.
  • Facteur 4 (Autoréalisation) : Regroupe les items liés à la conscience de ses forces, l’acceptation de ses limites et l’affirmation positive de soi, avec des saturations factorielles stables entre .38 et .65.

Analyses confirmatoires et modèle de second ordre

Des travaux d’analyse factorielle confirmatoire (Shogren et al., 2008) ont testé l’adéquation d’un modèle hiérarchique de second ordre, postulant qu’un facteur général d’autodétermination sous-tend les quatre dimensions spécifiques de premier ordre. Les indices d’ajustement structurel ont confirmé une excellente adéquation aux données empiriques (RMSEA ≤ .05, CFI ≥ .94, TLI ≥ .93), validant l’utilisation conjointe d’un score total global et de profils de scores par sous-domaine.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle d’autodétermination de l’Arc est un instrument standardisé d’auto-évaluation administrable individuellement ou en petits groupes, sous format papier-crayon ou numérique avec assistance à la lecture :

  • Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation comportementale, motivationnelle et cognitive.
  • Population cible : Adolescents et jeunes adultes (âgés de 14 à 21 ans environ) scolarisés dans l’enseignement secondaire ou participant à des programmes de transition, particulièrement ceux présentant des troubles du développement, une déficience intellectuelle légère à modérée, des troubles d’apprentissage ou des difficultés d’adaptation.
  • Durée d’administration : Environ 30 à 45 minutes. Pour les élèves ayant des difficultés de lecture ou d’écriture, l’évaluateur peut lire les énoncés à voix haute et retranscrire verbatim les réponses orales pour la section d’autorégulation.
  • Nombre total d’items : 72 questions ou situations structurées en 4 sections majeures.
  • Formats de réponse et barème de cotation :
    • Section I – Autonomie (items 1 à 32) : Échelle ordinale en 4 points (0 = I do not even if I have the chance, 1 = I do sometimes when I have the chance, 2 = I do most of the time I have the chance, 3 = I do every time I have the chance). Score maximal = 96 points.
    • Section II – Autorégulation (items 33 à 38 + buts post-scolaires) : Scénarios ouverts avec début et fin donnés. Les solutions formulées par l’élève sont notées 0 point (solution inadaptée ou inexistante), 1 point (solution partielle) ou 2 points (solution efficace avec étapes intermédiaires logiques). Les questions d’objectifs post-scolaires sont notées selon leur degré de précision et de réalisme. Score maximal = 24 points.
    • Section III – Autonomisation psychologique (items 42 à 57) : Format de choix forcé entre deux énoncés contrastés (l’un reflétant l’impuissance/passivité, l’autre reflétant l’agentivité/empowerment). Chaque réponse orientée vers l’empowerment vaut 1 point (0 sinon). Score maximal = 16 points.
    • Section IV – Autoréalisation (items 58 à 72) : Énoncés auto-référentiels à choix dichotomique ou d’accord/désaccord (items positifs et items inversés). Chaque réponse autodéterminée vaut 1 point. Score maximal = 15 points (dans la version d’origine).
  • Score total : Score combiné pouvant aller jusqu’à 148 points, complété par la possibilité de convertir les scores bruts en centiles par rapport aux tables de normes nationales par groupe diagnostique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 1995 (manuel original et guide de procédure publié par The Arc of the United States).
  • Droits d’auteur : © 1995, The Arc of the United States et Michael L. Wehmeyer. Tous droits réservés.
  • Conditions d’accès et tarif : L’Échelle d’autodétermination de l’Arc a été développée grâce à des fonds de recherche publics fédéraux (US Department of Education, Office of Special Education Programs). Conformément à la volonté de ses auteurs et de l’organisation The Arc, l’instrument et son manuel procédural complet sont mis à disposition gratuitement pour la pratique clinique, l’enseignement spécialisé et la recherche universitaire non commerciale.
  • Demande d’utilisation : Aucune redevance financière n’est requise pour l’utilisation dans le cadre de projets d’école ou d’études académiques. Les adaptations, traductions formelles ou reproductions dans des publications commerciales nécessitent une autorisation écrite préalable de Michael L. Wehmeyer ou de The Arc of the United States.

12. Références / References

Voici les publications fondatrices et études psychométriques de référence concernant l’échelle :

  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
  • Shogren, K. A., Wehmeyer, M. L., Palmer, S. B., Soukup, J. H., Little, T. D., Garner, N., & Lawrence, M. (2008). Understanding the construct of self-determination: Examining the relationship between the Arc’s Self-Determination Scale and the American Institute for Research Self-Determination Scale. Assessment for Effective Intervention, 33(2), 94-107. https://doi.org/10.1177/1534508407311395
  • Shogren, K. A., Wehmeyer, M. L., Palmer, S. B., Forber-Pratt, A. J., Goldsberry, S. R., & O’Hara, N. G. (2015). Causal agency theory: Reconceptualizing a functional model of self-determination. Education and Training in Autism and Developmental Disabilities, 50(3), 251-263. https://www.jstor.org/stable/24827564
  • Wehmeyer, M. L. (1992). Self-determination and the education of students with mental retardation. Education and Training in Mental Retardation, 27(4), 302-314. https://www.jstor.org/stable/23878861
  • Wehmeyer, M. L. (1996). A self-report measure of self-determination for adolescents with cognitive disabilities: Comparing students with and without mental retardation. Mental Retardation, 34(4), 242-250. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8816781/
  • Wehmeyer, M. L., & Kelchner, K. (1995). The Arc’s Self-Determination Scale: Procedural guidelines. The Arc of the United States.
  • Wehmeyer, M. L., & Palmer, S. B. (2003). Adult outcomes for students with cognitive disabilities three-years after high school: The impact of self-determination. Education and Training in Developmental Disabilities, 38(2), 131-144. https://www.jstor.org/stable/23879899
  • Wehmeyer, M. L., & Schwartz, M. (1997). Self-determination and positive adult outcomes: A follow-up study of youth with mental retardation or learning disabilities. Exceptional Children, 63(2), 245-255. https://doi.org/10.1177/001440299706300207

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. I make my own meals or snacks.
  2. I care for my own clothes.
  3. I do chores in my home.
  4. I keep my own personal items together.
  5. I do simple first aid or medical care for myself.
  6. I keep good personal care and grooming.
  7. I make friends with other kids my age.
  8. I use the post office.
  9. I keep my appointments and meetings.
  10. I deal with salespeople at stores and restaurants.
  11. I do free time activities based on my interests.
  12. I plan weekend activities that I like to do.
  13. I am involved in school-related activities.
  14. My friends and I choose activities that we want to do.
  15. I write letters, notes or talk on the phone to friends and family.
  16. I listen to music that I like.
  17. I volunteer in things that I am interested in.
  18. I go to restaurants that I like.
  19. I go to movies, concerts, and dances.
  20. I go shopping or spend time at shopping centers or shopping malls.
  21. I take part in youth groups (like 4-H, scouting, church groups)
  22. I do school and free time activities based on my career interests.
  23. I work on school work that will improve my career chances.
  24. I make long-range career plans.
  25. I work or have worked to earn money.
  26. I am in or have been in career or job classes or training.
  27. I have looked into job interests by visiting work sites or talking to people in that job.
  28. I choose my clothes and the personal items I use every day.
  29. I choose my own hair style.
  30. I choose gifts to give to family and friends.
  31. I decorate my own room.
  32. I choose how to spend my personal money.
  33. Beginning — You are sitting in a planning meeting with your parents and teachers. You want to take a class where you can learn to work as a cashier in a store. Your parents want you to take the Family and Child Care class. You can only take one of the classes. Ending — The story ends with you taking a vocational class where you will learn to be a cashier.
  34. Beginning — You hear a friend talking about a new job opening at the local book store. You love books and want a job. You decide you would like to work at the bookstore. Ending — The story ends with you working at the bookstore.
  35. Beginning — Your friends are acting like they are mad at you. You are upset about this. Ending — The story ends with you and your friends getting along just fine.
  36. Beginning — You go to your English class one morning and discover your English book is not in your backpack. You are upset because you need that book to do your homework. Ending — The story ends with you using your English book for homework.
  37. Beginning — You are in a club at school. The club advisor announces that the club members will need to elect new officers at the next meeting. You want to be the president of the club. Ending — The story ends with you being elected as the club president.
  38. Beginning — You are at a new school and you don’t know anyone. You want to have friends. Ending — The story ends with you having many friends at the new school.
  39. I usually do what my friends want.
  40. I tell others when I have new or different ideas or opinions.
  41. I usually agree with people when they tell me I can’t do something.
  42. I tell people when they have hurt my feelings.
  43. I can make my own decisions.
  44. Trying hard at school doesn’t do me much good.
  45. I can get what I want by working hard.
  46. It is no use to keep trying because that won’t change things.
  47. I have the ability to do the job I want.
  48. I don’t know how to make friends.
  49. I am able to work with others.
  50. I do not make good choices.
  51. If I have the ability, I will be able to get the job I want.
  52. I will have a hard time making new friends.
  53. I will be able to work with others if I need to.
  54. My choices will not be honored.
  55. I do not feel ashamed of any of my emotions
  56. I feel free to be angry at people I care for.
  57. I can show my feelings even
  58. I can like people even if I don’t agree with them.
  59. I am afraid of doing things wrong.
  60. It is better to be yourself than to be popular.
  61. I am loved because I give love.
  62. I know what I do best.
  63. I don’t accept my own limitations.
  64. I feel I cannot do many things.
  65. I like myself.
  66. I am not an important person.
  67. I know how to make up for my limitations.
  68. Other people like me.
  69. I am confident in my abilities.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle d’autodétermination de l’Arc. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-autodetermination-arc-wehmeyer/
Looti, Mohammed. “Échelle d’autodétermination de l’Arc.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-autodetermination-arc-wehmeyer/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’autodétermination de l’Arc.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-autodetermination-arc-wehmeyer/.