1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’auto-silenciation (en anglais, The Silencing the Self Scale ou STSS) est un instrument psychométrique auto-rapporté de 31 items développé par Dana Crowley Jack au début des années 1990. Conçue initialement pour élucider l’étiologie des disparités de genre dans l’épidémiologie de la dépression majeure, l’échelle opérationnalise les schémas cognitifs interpersonnels par lesquels un individu réprime ses propres pensées, sentiments et besoins au sein des relations intimes pour préserver l’harmonie conjugale, éviter le rejet ou se conformer aux prescriptions normatives du rôle de genre féminin.
L’instrument est structuré autour de quatre dimensions théoriques et empiriques interdépendantes : (1) L’auto-silenciation (Silencing the Self), mesurant l’inhibition délibérée de la parole et de l’affirmation de soi lors des divergences affectives ; (2) Le soin conçu comme sacrifice de soi (Care as Self-Sacrifice), évaluant l’adhésion à l’impératif moral selon lequel aimer implique la négation de ses propres désirs au profit exclusif d’autrui ; (3) La perception de soi externalisée (Externalized Self-Perception), capturant la tendance à fonder son auto-évaluation et son estime de soi exclusivement sur le regard, l’approbation ou les réactions émotionnelles d’autrui ; et (4) Le soi divisé (Divided Self), reflétant l’expérience d’un clivage phénoménologique interne où une façade extérieure complaisante masque une colère, une aliénation ou un désarroi intérieurs profonds.
Les participants évaluent les 31 énoncés sur une échelle de type Likert à 5 points allant de 1 (« Fortement en désaccord ») à 5 (« Fortement en accord »). Les propriétés psychométriques de la STSS ont été validées au sein d’échantillons communautaires, cliniques et universitaires diversifiés, affichant une excellente consistance interne globale (coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,86 et 0,94) et une fidélité test-retest substantielle (r = 0,88 à 0,93). La validité convergente est démontrée par de fortes corrélations positives avec les scores de dépression (Inventaire de Dépression de Beck), l’anxiété sociale et les difficultés d’attachement anxieux.
2. Mots-clés / Keywords
Auto-silenciation, Silencing the Self Scale, STSS, Dana Crowley Jack, dépression féminine, théorie relationnelle-culturelle, schémas interpersonnels, sacrifice de soi, régulation émotionnelle, psychométrie clinique, soi divisé, rôles de genre.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par la chercheuse et psychologue clinicienne américaine :
- Dana Crowley Jack, Ed.D. — Professeure émérite au Fairhaven College of Interdisciplinary Studies de la Western Washington University (Bellingham, Washington, États-Unis). Ses recherches fondamentales portent sur la psychologie du développement des femmes, la psychopathologie interpersonnelle, la colère féminine et les déterminants socioculturels de la vulnérabilité dépressive. Contact institutionnel : Dana Crowley Jack Faculty Page.
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier de l’Échelle d’auto-silenciation est d’opérationnaliser et de quantifier une constellation cognitive et relationnelle spécifique : la propension systématique d’un individu à inhiber l’expression verbale et comportementale de ses sentiments réels, de sa colère, de ses opinions divergentes et de ses besoins subjectifs pour maintenir une relation intime ou pour se conformer aux stéréotypes culturels de la « bonne partenaire ». Historiquement, la psychiatrie et la psychologie clinique ont documenté une incidence de la dépression majeure deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Dana Crowley Jack a formulé l’hypothèse selon laquelle cette vulnérabilité accrue ne découle pas intrinsèquement d’une fragilité biologique, mais plutôt de directives culturelles internalisées dictant que la valeur, la moralité et la sécurité d’une femme dépendent de sa capacité à maintenir ses liens affectifs, même au détriment de son intégrité psychologique.
Sur le plan de la recherche empirique, la STSS permet d’examiner comment l’auto-négation psychologique agit en tant que médiateur ou modérateur entre les normes patriarcales de genre, l’attachement insécurisant et diverses manifestations psychopathologiques, incluant non seulement les troubles de l’humeur, mais également les troubles du comportement alimentaire, la détresse somatoforme, la dysfonction sexuelle et le risque accru de victimisation dans le cadre de violences conjugales. Les chercheurs utilisent la STSS pour explorer les mécanismes de désynchronisation entre l’expérience affective interne et la performance relationnelle publique.
Dans la pratique clinique et psychothérapeutique, la STSS constitue un outil diagnostique et psychoéducatif inestimable. Elle permet aux thérapeutes de couples et cliniciens individuels de repérer les schémas d’abnégation relationnelle dysfonctionnels. L’administration de l’échelle aide les patients à identifier les croyances cognitives impératives sous-jacentes (telles que « Penser à mes besoins est un acte d’égoïsme destructeur » ou « Si je révèle mes désaccords, mon partenaire cessera de m’aimer »). L’outil offre une base concrète pour déconstruire l’aliénation de soi, restaurer l’assertivité saine, traiter les sentiments chroniques de culpabilité et rétablir une mutualité authentique au sein du couple.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de l’auto-silenciation est multidimensionnel et s’articule autour de quatre composantes dynamiques interdépendantes :
1. L’auto-silenciation proprement dite (Silencing the Self)
Cette dimension évalue l’inhibition comportementale et verbale active de ses pensées, sentiments et besoins dans les relations intimes, particulièrement lorsque l’individu anticipe qu’une divergence d’opinions pourrait générer un conflit, une réprobation ou une rupture du lien. Par exemple, l’item stipulant que l’on préfère taire ses sentiments lorsqu’ils risquent de provoquer un désaccord illustre la croyance selon laquelle l’expression ouverte de soi est dangereuse pour la viabilité du couple. L’individu sacrifie sa voix authentique au nom d’une paix de surface, réprimant notamment la colère, une émotion perçue comme destructrice du lien.
2. Le soin conçu comme sacrifice de soi (Care as Self-Sacrifice)
Cette composante explore l’adhésion cognitive à une définition sacrificielle de la sollicitude interpersonnelle. Sous l’influence de normes culturelles rigides, l’individu assimile le « prendre soin » à une obligation morale d’annihiler ses priorités au bénéfice exclusif de celles du partenaire. L’individu considère que le fait de reconnaître ses propres besoins comme légitimes relève d’un égoïsme condamnable. Cette distorsion morale engendre une asymétrie relationnelle systématique où la personne se sent coupable dès lors qu’elle investit son propre épanouissement personnel ou professionnel.
3. La perception de soi externalisée (Externalized Self-Perception)
Cette dimension mesure un mode d’auto-évaluation dépendant entièrement de critères et de regards extérieurs. L’individu s’évalue non pas à partir de ses valeurs ou repères internes, mais à travers la manière dont il perçoit que les autres le jugent et réagissent à son égard. L’estime de soi devient volatile et entièrement tributaire de l’approbation du partenaire ou de la conformité à des standards sociaux inatteignables. L’individu éprouve le sentiment de ne jamais être à la hauteur des exigences imposées, amplifiant l’angoisse de rejet et la honte chronique.
4. Le soi divisé (Divided Self)
Cette sous-échelle reflète l’expérience subjective aiguë d’une scission identitaire. L’individu fait l’expérience d’une rupture entre un « soi public » affable, compliant et accommodant, et un « soi privé » habité par une colère refoulée, un ressentiment profond et un sentiment d’aliénation. La personne a le sentiment de devoir jouer un rôle théâtral permanent pour mériter l’amour, ce qui entraîne la conviction angoissante que son partenaire ne connaît pas son identité réelle et ne l’aimerait pas si celle-ci venait à être dévoilée au grand jour.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’Échelle d’auto-silenciation s’ancre dans les fondements épistémologiques de la théorie relationnelle-culturelle (RCT), initiée par Jean Baker Miller et enrichie par Carol Gilligan au Stone Center du Wellesley College. Contrairement aux théories psychanalytiques et développementales classiques (telles que celles de Sigmund Freud ou d’Erik Erikson) qui posent la séparation, l’autonomie absolue et l’individuation comme les marqueurs ultimes de la maturité psychologique, la théorie relationnelle affirme que le développement humain optimal, en particulier chez les femmes, est orienté vers la connexion, l’empathie et la mutualité interpersonnelle.
Dana Crowley Jack a étendu cette perspective en analysant le paradoxe tragique vécu par de nombreuses femmes : alors qu’elles sont motivées par un besoin sain de connexion intime, le patriarcat et la socialisation genrée leur enseignent que pour mériter et conserver cette connexion, elles doivent s’effacer. La société impose des prescriptions normatives assimilant la féminité vertueuse à la passivité, à la complaisance et à l’abnégation. Les femmes internalisent ces impératifs sous forme d’un « observateur moral interne » impitoyable qui censure toute affirmation de soi assertive, en étiquetant la colère et la revendication d’espace personnel comme des fautes morales répréhensibles.
Ce processus théorique met en lumière une perte progressive du sentiment d’agentivité. Lorsque l’individu s’interdit d’exprimer ses affects et d’agir selon sa propre volonté, il glisse vers ce que Martin Seligman nomme l’impuissance apprise. Sur le plan cognitif (en résonance avec la théorie cognitive de la dépression d’Aaron Beck), l’auto-silenciation installe une triade cognitive négative où le soi est perçu comme intrinsèquement déficient ou encombrant, le contexte relationnel comme rigide et conditionnel, et l’avenir comme une impasse d’épuisement émotionnel. Ainsi, l’auto-silenciation représente une tentative d’adaptation désespérée visant à sécuriser l’attachement affectif, mais qui produit paradoxalement l’isolement psychologique, l’inauthenticité relationnelle et, in fine, un effondrement dépressif clinique.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la STSS a fait l’objet d’investigations approfondies à travers le monde :
- Validité convergente : La STSS montre des corrélations positives robustes et systématiques avec les instruments mesurant la symptomatologie dépressive. Dans l’étude inaugurale de Jack et Dill (1992), les corrélations avec le Beck Depression Inventory (BDI) s’élevaient à r = 0,56 chez des étudiantes universitaires, r = 0,51 chez des mères hébergées en foyer d’urgence, et r = 0,77 chez des femmes recrutées en clinique externe de santé mentale. Des corrélations positives substantielles ont également été démontrées avec l’affect négatif, l’anxiété de séparation, la dépendance interpersonnelle et les schémas d’attachement insécurisant anxieux-préoccupé.
- Validité discriminante : L’échelle montre des corrélations négatives significatives avec les mesures d’estime de soi globale (Échelle d’estime de soi de Rosenberg, r = -0,48 à -0,62), d’affirmation de soi (assertivité) et d’autonomie personnelle. De plus, la STSS se distingue nettement des mesures de simple désirabilité sociale, prouvant que les scores ne résultent pas uniquement d’une tentative de projection d’une image favorable.
- Validité prédictive : Les recherches longitudinales démontrent que des scores élevés à la STSS prédisent l’apparition ultérieure d’épisodes dépressifs majeurs, la récidive dépressive chez des patientes en rémission, ainsi que des marqueurs de risque somatique accrus, tels que l’affaiblissement de la réponse immunitaire et l’augmentation des marqueurs d’inflammation chronique liés au stress interpersonnel réprimé.
- Validité transculturelle : Bien que formulée à l’origine au sein de la culture nord-américaine, la STSS a été traduite et validée dans de nombreuses langues et contextes culturels, incluant des pays européens, asiatiques et moyen-orientaux. Les études révèlent que si les scores moyens varient en fonction des normes sociétales collectivistes ou individualistes, le lien fonctionnel entre auto-silenciation et détresse psychologique demeure universel.
8. Fidélité / Reliability
Les études empiriques confirment la haute fiabilité et la consistance métrique de l’instrument :
- Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Dans les cohortes de validation originales de Jack et Dill (1992), le coefficient alpha global de l’échelle complète atteignait 0,86 chez les étudiantes universitaires, 0,89 chez les femmes consultant en clinique et 0,94 chez les femmes enceintes issues d’échantillons communautaires. Les sous-échelles individuelles présentent des niveaux de consistance interne acceptables à très satisfaisants : l’auto-silenciation (α variant de 0,78 à 0,86), le soin comme sacrifice de soi (α variant de 0,69 à 0,82), la perception externalisée (α variant de 0,71 à 0,81) et le soi divisé (α variant de 0,73 à 0,84).
- Fidélité test-retest : Lors d’évaluations temporelles menées à des intervalles de deux à quatre semaines chez des participantes non cliniques, le coefficient de corrélation intraclasse a oscillé entre r = 0,88 et r = 0,93 pour le score global, témoignant d’une stabilité temporelle remarquable des schémas cognitifs mesurés en l’absence d’intervention thérapeutique ciblée.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la STSS a fait l’objet de nombreuses vérifications méthodologiques par analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) :
Dans l’analyse factorielle exploratoire princeps utilisant une rotation varimax et oblimin, Jack et Dill (1992) ont identifié quatre facteurs distincts possédant des valeurs propres supérieures à 1,0, expliquant une part substantielle de la variance totale des réponses (approximativement 41 % à 48 % de la variance selon les échantillons). Les saturations factorielles des items sur leurs facteurs assignés respectifs étaient majoritairement supérieures à 0,40, attestant d’une définition opérationnelle robuste des dimensions.
Des études confirmatoires ultérieures menées par des équipes internationales ont corroboré l’adéquation d’un modèle hiérarchique à quatre facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général d’auto-silenciation de second ordre. Les indices d’ajustement structurel rapportés dans la littérature moderne sont solides (par exemple, Comparative Fit Index [CFI] > 0,90 ; Tucker-Lewis Index [TLI] > 0,89 ; Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] ≤ 0,058). Bien que certains items présentent parfois des saturations croisées mineures entre la sous-échelle d’auto-silenciation et celle du soi divisé en raison de leur proximité conceptuelle, la structure quadri-factorielle standard demeure le modèle de référence universellement admis pour l’interprétation sous-dimensionnelle.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté d’évaluation cognitive et relationnelle.
- Nombre total d’items : 31 items d’affirmation.
- Format de réponse (Échelle de Likert à 5 points) :
- 1 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
- 2 = Somewhat disagree (Plutôt en désaccord)
- 3 = Neither agree nor disagree (Ni en accord ni en désaccord)
- 4 = Somewhat agree (Plutôt en accord)
- 5 = Strongly agree (Fortement en accord)
- Items inversés (Reverse-scored items) : Les items 1, 8, 11, 15 et 21 doivent faire l’objet d’une inversion de cotation avant le calcul des sous-scores et du score total (la règle de transformation numérique est : 1 = 5, 2 = 4, 3 = 3, 4 = 2, 5 = 1).
- Composition des sous-échelles :
- 1. Silencing the Self (Auto-silenciation) : Items 2, 6, 10, 13, 16, 23, 27, 29, 31 (9 items).
- 2. Care as Self-Sacrifice (Le soin comme sacrifice de soi) : Items 3, 4, 7, 9, 14, 18, 21, 24, 28 (9 items).
- 3. Externalized Self-Perception (Perception de soi externalisée) : Items 5, 11, 12, 17, 22, 26 (6 items).
- 4. Divided Self (Le soi divisé) : Items 1, 8, 15, 19, 20, 25, 30 (7 items).
- Calcul du score global et interprétation : Le score total correspond à la somme arithmétique de l’ensemble des 31 items (après inversion des items concernés). Les scores s’échelonnent de 31 à 155. Un score élevé reflète un niveau sévère d’auto-silenciation, d’effacement personnel et de vulnérabilité psychopathologique interpersonnelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1991 (première publication formelle par Dana Crowley Jack dans son ouvrage de référence Silencing the Self: Women and Depression chez Harvard University Press, suivie de l’article de validation psychométrique en 1992).
- Propriété intellectuelle et Copyright : © Copyright 1991, Dana Crowley Jack. Tous droits réservés.
- Politique d’utilisation et permissions : L’échelle est mise à la disposition gratuite des chercheurs, cliniciens et étudiants universitaires pour des finalités exclusives de recherche non commerciale et d’enseignement académique. Toute utilisation commerciale, adaptation logicielle propriétaire ou diffusion publique à grande échelle requiert l’autorisation préalable expresse de l’auteure.
- Source institutionnelle : Pour toute consultation relative aux autorisations ou aux travaux originaux : Western Washington University – STSS Resources.
12. Références / References
Ci-dessous les publications fondamentales au format standard APA (7e édition) :
- Ali, A., & Toner, B. B. (2001). Symptoms of depression among women: A test of the self-silencing theory. Sex Roles, 44(9-10), 619-632. https://doi.org/10.1023/A:1012282208077
- Cramer, K. M., & Thoms, N. (2003). Factor structure of the Silencing the Self Scale. Personality and Individual Differences, 35(3), 525-535. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(02)00216-7
- Jack, D. C. (1991). Silencing the self: Women and depression. Harvard University Press. https://www.hup.harvard.edu/books/9780674808362
- Jack, D. C., & Dill, D. (1992). The Silencing the Self Scale: Schemas of intimacy associated with depression in women. Psychology of Women Quarterly, 16(1), 97-106. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1992.tb00242.x
- Remen, A. L., Chambless, D. L., & Steketee, G. (2002). Factor architecture of the Silencing the Self Scale: A confirmatory evaluation. Journal of Clinical Psychology, 58(8), 985-996. https://doi.org/10.1002/jclp.10059
- Whiffen, V. E., Foot, M. L., & Thompson, J. M. (2007). Self-silencing mediates the link between marital dissatisfaction and depression. Journal of Social and Personal Relationships, 24(6), 993-1006. https://doi.org/10.1177/0265407507084193
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
5-point Likert scale: 1 = Strongly disagree, 2 = Somewhat disagree, 3 = Neither agree nor disagree, 4 = Somewhat agree, 5 = Strongly agree
Items:
- I think it is best to put myself first because no one else will look out for me.
- I don’t speak my feelings in an intimate relationship when I know they will cause disagreement.
- Caring means putting the other person’s needs in front of my own.
- Considering my needs to be as important as those of the people I love is selfish.
- I cannot judge how good I am by how someone else behaves towards me.
- I find it is harder to be myself when I am in a close relationship than when I am on my own.
- I tend to judge my value by how other people see me and react to me.
- In an intimate relationship my partner’s needs are more important than my own.
- When my partner’s needs and my own conflict, I try to find a compromise.
- When my partner’s needs and feelings change, I feel responsible.
- I feel that in order to be a good partner I have to give up a lot of myself.
- I never seem to measure up to the standards I set for myself.
- Instead of getting angry, I usually feel like I’m being selfish.
- I feel that my partner would not like me if I were really myself.
- When it comes to any important decision, I try to look at what I want first.
- When my partner and I disagree, I feel like I’m being selfish.
- I find it difficult to speak up when my feelings are hurt.
- I often feel that who I am is not good enough for my partner.
- In a relationship, I often feel I have to keep certain feelings to myself.
- When I’m in a relationship, I feel like I have to put on a show to be loved.
- I feel comfortable expressing anger in an intimate relationship.
- I feel that what happens to my partner is more important than what happens to me.
- I don’t express my anger to my partner because it might ruin our relationship.
- I feel like who I am with my partner is the ‘real’ me.
- I often don’t speak out because I don’t know what I really think or feel.
- I feel that my partner’s needs are more important than my own.
- In order to please my partner, I often act differently from the way I feel.
- When I speak my mind in an intimate relationship, I usually feel guilty afterward.
- I feel that my partner does not see or know the real me.
- When my partner is angry or upset, I try to act cheerful to make things better.
- I feel guilty when I am doing things for myself.