1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’auto-expression collégiale (en anglais, The College Self-Expression Scale ou CSES), élaborée par John P. Galassi, James S. DeLo, Merna Dee Galassi et Sheila Bastien en 1974, constitue l’un des instruments psychométriques pionniers et les plus rigoureux destinés à mesurer l’affirmation de soi (assertivité) chez les étudiants de l’enseignement supérieur. Conçue initialement dans le paradigme des thérapies comportementales et de l’entraînement aux compétences sociales, cette échelle auto-rapportée comprend 50 items évaluant les réponses comportementales, émotionnelles et cognitives d’un individu confronté à une variété étendue de situations interpersonnelles. Le répondant évalue la fréquence de ses comportements sur une échelle ordinale de type Likert en cinq points, allant de 0 (Almost always or always) à 4 (Never or rarely).
Le modèle sous-jacent de la CSES conceptualise l’expression de soi à travers trois dimensions comportementales majeures : l’affirmation positive (capacité à exprimer l’affection, l’approbation, les compliments et les sentiments chaleureux), l’affirmation négative (capacité à formuler des désaccords légitimes, exprimer la colère, refuser des requêtes déraisonnables et défendre ses droits) et l’abnégation ou effacement de soi (tendance à l’inhibition, aux excuses excessives et à la soumission pour éviter les conflits). Ces trois dimensions sont examinées à travers divers contextes relationnels impliquant des figures d’autorité (professeurs, parents), des pairs (camarades de chambre, amis), des partenaires romantiques et des inconnus ou prestataires de services.
Sur le plan psychométrique, la CSES présente d’excellentes qualités métrologiques. Les études initiales et les réplications ultérieures rapportent une stabilité temporelle remarquable (coefficient de fidélité test-retest oscillant entre r = 0,89 et 0,90 sur un intervalle de deux semaines), ainsi qu’une consistance interne élevée (coefficient alpha de Cronbach se situant généralement entre 0,88 et 0,94). La validité convergente et la validité discriminante sont solidement étayées par des corrélations significatives avec des mesures standardisées de la personnalité, de l’anxiété et de l’ajustement psychosocial. La CSES demeure un outil de référence incontournable tant pour l’évaluation clinique pré- et post-intervention dans le cadre d’ateliers d’affirmation de soi que pour la recherche empirique sur l’adaptation universitaire.
2. Mots-clés / Keywords
Affirmation de soi, assertivité, Échelle d’auto-expression collégiale, CSES, psychométrie, compétences sociales, thérapie comportementale, milieu universitaire, inhibition sociale, relations interpersonnelles, fidélité test-retest, validité de construit.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et standardisée par une équipe de chercheurs et praticiens en psychologie et en counseling :
- John P. Galassi, Ph.D. : Professeur émérite en psychologie de l’éducation et counseling à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (University of North Carolina at Chapel Hill, School of Education), États-Unis. Spécialiste reconnu des interventions comportementales, de l’évaluation clinique de l’assertivité et du counseling scolaire et universitaire.
- James S. DeLo, Ph.D. : Chercheur et psychologue affilié à la West Virginia University au moment des travaux fondateurs, expert dans le domaine du développement personnel et de l’adaptation psychologique des étudiants.
- Merna Dee Galassi, Ed.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse en counseling à la North Carolina Central University et en pratique privée, co-auteure de plusieurs ouvrages de référence sur l’entraînement à l’affirmation de soi (assertiveness training).
- Sheila Bastien, Ph.D. : Neuropsychologue et chercheuse clinicienne ayant contribué aux analyses psychométriques et à la validation empirique de l’instrument.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la College Self-Expression Scale est de fournir une mesure standardisée, sensible et écologiquement valide du niveau d’affirmation de soi chez les jeunes adultes évoluant dans l’environnement universitaire. Le passage à l’enseignement supérieur constitue une période charnière du développement psychosocial, caractérisée par une autonomisation progressive vis-à-vis du noyau familial, l’établissement de nouvelles relations d’intimité, la négociation de la cohabitation avec des pairs et la confrontation directe avec des figures d’autorité académiques ou administratives. Dans ce contexte, l’incapacité à exprimer adéquatement ses besoins, ses limites et ses émotions positives ou négatives peut générer une détresse psychologique substantielle, se traduisant par de l’isolement, de l’anxiété sociale, une baisse de l’estime de soi ou des conduites d’évitement délétères pour la réussite académique.
Sur le plan clinique, la CSES a été conçue pour répondre aux exigences méthodologiques de l’évaluation comportementale. Contrairement aux tests de personnalité globaux qui traitent les traits comme des entités monolithiques, la CSES adopte une perspective fonctionnelle et situationnelle. Elle permet au clinicien ou au conseiller d’orientation universitaire d’établir un diagnostic comportemental précis en identifiant :
- Les classes spécifiques de réponses déficitaires (difficulté à formuler un refus, incapacité à formuler un compliment, tendance excessive à s’excuser) ;
- Les cibles relationnelles problématiques (relations avec les parents, interactions avec le corps professoral, échanges avec les partenaires amoureux ou les prestataires commerciaux) ;
- L’évolution thérapeutique des patients participant à des programmes d’entraînement à l’affirmation de soi (assertive training), l’échelle servant d’indicateur objectif d’efficacité pré- et post-traitement.
Dans le domaine de la recherche, la CSES sert d’outil opérationnel pour investiguer les liens entre l’affirmation de soi et diverses variables psychosociales, telles que la détresse psychologique, la dépression, les stratégies de coping, la communication de couple, le leadership étudiant et la régulation du stress face aux exigences académiques.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par la CSES est l’affirmation de soi (assertiveness), définie dans la perspective comportementale comme la capacité d’un individu à exprimer ouvertement, honnêtement et de manière appropriée ses sentiments, opinions, droits et désirs, sans éprouver d’anxiété paralysante indue et sans empiéter sur les droits d’autrui. Galassi et ses collaborateurs (1974) ont enrichi cette définition en refusant de restreindre l’assertivité à la simple agressivité défensive ou à la revendication combative. Ils ont modélisé l’affirmation de soi comme un répertoire comportemental tripartite complexe, articulé autour de trois dimensions interdépendantes :
1. L’affirmation positive (Positive Assertiveness)
Cette dimension renvoie à l’aptitude à communiquer spontanément des états affectifs agréables, de la gratitude, de l’admiration et de la bienveillance. Dans la vie quotidienne, de nombreuses personnes inhibées ne rencontrent pas nécessairement de difficultés majeures pour protester, mais s’avèrent totalement incapables de complimenter autrui, d’exprimer des sentiments amoureux naissants ou de manifester de la fierté face à la réussite d’un pair. La CSES évalue cette facette au travers d’items mesurant la capacité à dire à un ami qu’on apprécie sa nouvelle tenue (Item 25), à manifester son affection envers les personnes chères (Item 20) ou à verbaliser son contentement face au succès d’un proche (Item 36).
2. L’affirmation négative (Negative Assertiveness)
L’affirmation négative englobe l’expression légitime de la désapprobation, du mécontentement, de l’irritation et de l’opposition, ainsi que la défense active de ses prérogatives personnelles lorsqu’elles sont menacées. Elle suppose de surmonter la peur du conflit ou du rejet social. Cette dimension couvre :
- Le refus d’exigences déraisonnables émanant de pairs (Item 27) ;
- La contestation d’erreurs commises à son détriment dans des transactions marchandes, comme exiger la monnaie exacte (Item 26) ou retourner un produit défectueux (Item 3) ;
- La confrontation directe face à des comportements intrusifs ou dérangeants, comme demander à un colocataire bruyant de baisser le volume pendant l’étude (Item 6) ou signifier à un individu au cinéma d’arrêter de frapper dans son siège (Item 41) ;
- La remise en question argumentée des propos d’une figure d’autorité, par exemple lorsqu’un professeur énonce une affirmation discutable en séminaire (Item 21).
3. L’abnégation et l’effacement de soi (Self-Denial)
Cette composante capture les comportements d’auto-inhibition, de capitulation et de soumission interpersonnelle par lesquels l’individu subordonne systématiquement ses besoins, sentiments et droits à ceux d’autrui. Les individus présentant un score élevé sur cette composante manifestent une propension excessive à s’excuser sans motif valable (Item 5), à éviter soigneusement tout froissement d’amour-propre chez les autres à leurs propres dépens (Item 12), ou à renoncer à s’asseoir à l’avant d’une salle lorsqu’ils arrivent en retard pour ne pas attirer l’attention (Item 39). L’abnégation reflète l’anxiété conditionnée face à la visibilité sociale et la culpabilité anticipée de déranger.
Croisement avec les cibles interpersonnelles
L’originalité conceptuelle de la CSES réside dans l’entrecroisement de ces trois dimensions avec la matrice des figures d’interaction typiques du jeune adulte :
- Les parents et la famille proche : Négocier son heure de rentrée (Item 46), annoncer un changement de filière universitaire (Item 4), ou exprimer un désaccord familial (Items 8, 13, 29) ;
- Les pairs et colocataires : Partage des tâches ménagères (Item 9), respect de la nourriture commune (Item 16), régulation des emprunts d’argent (Items 11, 37) ;
- Les partenaires amoureux ou potentiels : Rompre une relation devenue insatisfaisante (Item 2), initier une conversation lors d’une fête (Item 22), verbaliser ses sentiments intimes (Item 10) ;
- Les inconnus et figures d’autorité : Propriétaires refusant les réparations locatives (Item 45), serveurs au restaurant (Item 15), commis de magasin indélicats (Item 35).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La College Self-Expression Scale s’enracine directement dans l’âge d’or des thérapies comportementales des années 1960 et 1970, sous l’influence déterminante des théories de l’apprentissage et du conditionnement classique et opérant. Les fondements théoriques de l’instrument s’articulent principalement autour des travaux de Joseph Wolpe, d’Arnold A. Lazarus, ainsi que des conceptualisations contemporaines de Robert E. Alberti et Michael L. Emmons.
Le principe d’inhibition réciproque de Wolpe
Dans son ouvrage séminal Psychotherapy by Reciprocal Inhibition (1958), Joseph Wolpe a postulé que l’affirmation de soi et l’anxiété interpersonnelle sont des états physiologiques et psychologiques mutuellement incompatibles. Selon le principe d’inhibition réciproque, l’émission d’une réponse assertive vigoureuse inhibe l’activation du système nerveux sympathique associée à la peur ou à la timidité. Wolpe considérait l’inhibition non assertive comme le produit d’un conditionnement aversif antérieur : l’individu a appris à associer l’affirmation de ses désirs à la punition parentale ou au rejet social, développant ainsi des réponses conditionnées d’anxiété qui court-circuitent l’expression libre. Dans ce cadre, la CSES mesure précisément le degré auquel un individu parvient à neutraliser cette anxiété inhibitrice pour émettre les comportements adaptatifs requis.
L’approche multidimensionnelle de Lazarus
Arnold A. Lazarus (1971, 1973) a largement contribué à affiner le paradigme comportemental en distinguant quatre composantes opératoires de l’assertivité : la capacité à dire « non », la capacité à demander des faveurs ou à poser des exigences, la capacité à exprimer des émotions positives et négatives, et la capacité à initier, maintenir et clore des conversations. Les auteurs de la CSES ont explicitement intégré cette taxonomie lazarusienne pour construire leur banque d’items, veillant à ce que chaque composante fonctionnelle soit abondamment représentée dans des scénarios de vie réalistes.
Le paradigme des droits personnels d’Alberti et Emmons
Au début des années 1970, Alberti et Emmons (1970) ont popularisé le concept d’assertivité comme un droit fondamental de l’être humain à exister de manière égale à ses pairs (Your Perfect Right). Ils ont formalisé la distinction cruciale entre trois modes relationnels :
- Le comportement passif / non-assertif : L’individu s’efface, s’autocensure, laisse autrui choisir pour lui et accumule du ressentiment interne ;
- Le comportement agressif : L’individu impose ses exigences par la coercition, la violence verbale ou l’intimidation, violant les droits d’autrui ;
- Le comportement assertif : L’individu communique ses pensées et émotions de façon directe, calme et équitable, dans le respect mutuel.
La CSES a été opérationnalisée précisément pour discriminer le pôle de l’assertivité optimale du pôle de la passivité et de l’abnégation, sans encourager l’agressivité antisociale.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la College Self-Expression Scale a fait l’objet de nombreuses vérifications empiriques depuis sa parution initiale en 1974, attestant de sa robustesse méthodologique.
Validité de contenu (Content Validity)
La validité de contenu a été garantie lors de la création de l’outil par un processus systématique de génération d’items basé sur l’observation clinique et le recueil de témoignages d’étudiants universitaires confrontés à des blocages interpersonnels. Les 50 items finaux ont été sélectionnés à partir d’un ensemble plus vaste après analyse par des juges experts (thérapeutes comportementaux), confirmant que l’éventail des situations couvre de manière représentative les domaines fonctionnels de l’affirmation positive, de l’affirmation négative et de l’abnégation.
Validité convergente (Convergent Validity)
Galassi et al. (1974) ont administré la CSES conjointement avec plusieurs instruments psychométriques validés auprès d’un échantillon de 264 étudiants :
- Adjective Check List (ACL) de Gough et Heilbrun : Des corrélations significatives et cohérentes ont été démontrées avec plusieurs échelles de l’ACL. Le score total de la CSES corrèle positivement avec l’échelle d’Ajustement personnel (Personal Adjustment, r = 0,33, p < 0,001), de Dominance (r = 0,55, p < 0,001) et d’Autonomie (r = 0,37, p < 0,001). Inversement, des corrélations négatives robustes sont observées avec l’échelle d’Abaissement / Soumission (Abasement, r = -0,48, p < 0,001), de Déférence (Deference, r = -0,44, p < 0,001) et de Secourance / Dépendance (Succorance, r = -0,42, p < 0,001).
- Échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS) : Une corrélation négative substantielle (r = -0,49 à -0,53, p < 0,001) a été mise en évidence entre la CSES et la TMAS, corroborant directement l’hypothèse de Wolpe selon laquelle une faible assertivité s’accompagne d’un niveau élevé d’anxiété chronique.
- Rathus Assertiveness Schedule (RAS) : Les études comparatives ultérieures ont montré une corrélation convergente forte entre la CSES et l’échelle d’assertivité de Rathus (r = 0,72 à 0,78), attestant que les deux instruments appréhendent le même construit central, bien que la CSES offre une granularité situationnelle nettement supérieure pour le milieu collégial et universitaire.
Validité discriminante et différentielle
Des recherches ont comparé les scores obtenus à la CSES entre des populations tout-venant et des groupes d’étudiants sollicitant une aide psychologique pour timidité sévère, inhibition ou phobie sociale. Les groupes cliniques obtiennent des scores moyens significativement inférieurs à ceux des groupes non cliniques (différence statistiquement significative à p < 0,001). De plus, l’instrument ne corrèle pas ou très faiblement avec les mesures d’intelligence générale ou de désirabilité sociale non interpersonnelle.
Sensibilité au changement (Validité prédictive / de critère)
La CSES démontre une sensibilité remarquable aux interventions thérapeutiques. De multiples essais cliniques contrôlés évaluant des programmes d’entraînement à l’affirmation de soi (durant de 4 à 8 semaines) ont objectivé des augmentations significatives et cliniquement pertinentes des scores post-test au sein des groupes expérimentaux comparés aux groupes témoins sur liste d’attente, avec des tailles d’effet généralement élevées (d de Cohen supérieur à 0,80).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité métrologique de la College Self-Expression Scale a été amplement démontrée à travers différentes méthodes d’estimation empirique :
Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)
Dans l’étude princeps de Galassi et al. (1974), la fidélité test-retest a été évaluée auprès d’un groupe d’étudiants n’ayant reçu aucune intervention thérapeutique sur un intervalle de deux semaines :
- Pour l’échantillon masculin, le coefficient de corrélation test-retest s’élevait à r = 0,89 (p < 0,001) ;
- Pour l’échantillon féminin, le coefficient était de r = 0,90 (p < 0,001) ;
- Pour l’échantillon global combiné, la corrélation globale atteignait r = 0,89.
Ces indices extrêmement élevés attestent d’une excellente stabilité temporelle du trait mesuré en l’absence de manipulation expérimentale, écartant le risque d’une fluctuation aléatoire des scores d’une séance à l’autre.
Consistance interne
Les calculs de consistance interne démontrent une homogénéité remarquable de l’instrument. Le coefficient alpha de Cronbach global rapporté dans la littérature varie entre 0,88 et 0,94 selon les cohortes universitaires étudiées. La fidélité par division moitié-moitié (split-half reliability), corrigée par la formule de Spearman-Brown, a révélé des valeurs oscillant entre 0,87 et 0,91. Les corrélations item-total corrigées demeurent positives et statistiquement significatives pour l’ensemble des 50 énoncés, la grande majorité se situant au-delà du seuil conventionnel de 0,30.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la CSES a fait l’objet de plusieurs investigations par analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) afin de clarifier son organisation latente.
Structure globale unidimensionnelle vs multidimensionnelle
Bien que Galassi et ses collaborateurs aient initialement conçu l’échelle autour de trois grands piliers conceptuels (affirmation positive, affirmation négative, abnégation), l’analyse des composantes principales avec rotation varimax réalisée sur les données initiales a révélé la présence d’un facteur général prépondérant d’auto-expression / assertivité générale qui capte une proportion substantielle de la variance totale expliquée. Ce facteur général légitime pleinement l’utilisation d’un score total composite pour situer le niveau global d’assertivité de l’individu.
Facteurs de premier ordre identifiés
Néanmoins, les solutions factorielles multifactorielles extraient systématiquement plusieurs sous-facteurs interprétables de premier ordre, reflétant la nature situationnelle de l’assertivité :
- Facteur 1 : Refus et confrontation active (Défense de ses droits) — Regroupe les items relatifs à l’affirmation de soi face à des prestataires ou des pairs (ex. : Item 3, Item 15, Item 26, Item 27, Item 41, Item 45). Saturations factorielles couramment comprises entre 0,45 et 0,68.
- Facteur 2 : Expression des émotions chaleureuses et positives — Saturé par les items mesurant les compliments, l’affection et l’approbation (ex. : Item 7, Item 20, Item 25, Item 31, Item 36). Saturations oscillant entre 0,50 et 0,72.
- Facteur 3 : Affirmation face aux figures d’autorité et aux parents — Comprend les items mesurant la capacité à contester ou négocier avec les parents et les professeurs (ex. : Item 4, Item 8, Item 13, Item 21, Item 29, Item 46). Saturations entre 0,42 et 0,65.
- Facteur 4 : Anxiété de visibilité sociale et prise d’initiative — Saturé par les items d’évitement de contacts sociaux ou de prise de parole en public (ex. : Item 22, Item 33, Item 39, Item 43, Item 50). Saturations entre 0,40 et 0,61.
- Facteur 5 : Abnégation et sur-adaptation — Chargé par les énoncés reflétant le scrupule excessif, la peur de blesser et l’excuse systématique (ex. : Item 5, Item 12, Item 24, Item 28). Saturations entre 0,38 et 0,59.
Les modélisations en équations structurelles modernes tendent à confirmer la pertinence d’un modèle hiérarchique bi-factoriel, au sein duquel chaque item se charge à la fois sur le facteur général d’assertivité et sur son facteur situationnel spécifique.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : The College Self-Expression Scale (CSES) / Échelle d’auto-expression collégiale.
- Format d’administration : Questionnaire auto-rapporté sur support papier-crayon ou format informatisé/en ligne.
- Population cible : Étudiants de l’enseignement supérieur, jeunes adultes (approximativement de 17 à 25 ans).
- Durée moyenne de passation : 12 à 18 minutes.
- Nombre total d’items : 50 items.
- Format de réponse : Échelle ordinale en 5 points :
0 = Almost always or always (Presque toujours ou toujours)
1 = Usually (Habituellement)
2 = Sometimes (Parfois)
3 = Seldom (Rarement)
4 = Never or rarely (Jamais ou rarement) - Modalités de cotation et de calcul des scores :
- Items inversés (Reverse scored) : 29 items au total font l’objet d’un recodage inversé avant sommation : items 3, 6, 8, 9, 11, 13, 15, 16, 19, 20, 21, 22, 23, 25, 26, 27, 29, 30, 31, 35, 36, 40, 41, 42, 43, 45, 46, 48 et 49. Pour ces items, la règle de conversion est : 0 devient 4, 1 devient 3, 2 reste 2, 3 devient 1, et 4 devient 0.
- Items cotés directement : 21 items sont cotés directement selon la valeur numérique brute attribuée par le sujet : items 1, 2, 4, 5, 7, 10, 12, 14, 17, 18, 24, 28, 32, 33, 34, 37, 38, 39, 44, 47 et 50.
- Score total : Obtenu par la somme des 50 items après inversion. L’étendue théorique des scores varie de 0 à 200. Un score plus élevé reflète un niveau d’assertivité et d’affirmation de soi plus développé, tandis qu’un score faible indique une tendance marquée à l’inhibition, à l’abnégation et à la passivité interpersonnelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 1974.
- Propriété intellectuelle et droits : L’article séminal a été publié dans la revue scientifique Behavior Therapy par l’Association for Advancement of Behavior Therapy (aujourd’hui Association for Behavioral and Cognitive Therapies – ABCT), éditée par Elsevier.
- Statut d’accès et gratuité : Dans le cadre de la recherche académique fondamentale et de la pratique clinique universitaire à but non lucratif, l’échelle est largement accessible et reproductible selon les critères de l’usage loyal (fair use), à condition de citer rigoureusement la publication originale de Galassi et al. (1974).
- Tarifs : Aucun coût de licence commerciale n’est requis pour une utilisation scientifique ou pédagogique standard. Les adaptations commerciales ou intégrations dans des progiciels propriétaires requièrent l’accord préalable des ayants droit ou de l’éditeur scientifique d’origine.
12. Références / References
Les références ci-dessous constituent le socle bibliographique fondamental de l’échelle selon les normes APA (7e édition) :
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- Dawley, H. H., Jr., & Wenrich, W. W. (1976). Achieving assertive behavior: A guide to assertive training. Brooks/Cole Publishing Company.
- Galassi, J. P., DeLo, J. S., Galassi, M. D., & Bastien, S. (1974). The College Self-Expression Scale: A measure of assertiveness. Behavior Therapy, 5(2), 165–171. https://doi.org/10.1016/S0005-7894(74)80132-7
- Galassi, J. P., & Galassi, M. D. (1977). Assert yourself! How to be your own person. Human Sciences Press.
- Galassi, M. D., & Galassi, J. P. (1978). Assertion: A critical review of assessment procedures and instruments. Behavior Therapy, 9(1), 16–29. https://doi.org/10.1016/S0005-7894(78)80050-6
- Gough, H. G., & Heilbrun, A. B., Jr. (1965). The Adjective Check List manual. Consulting Psychologists Press.
- Lazarus, A. A. (1971). Behavior therapy and beyond. McGraw-Hill.
- Rathus, S. A. (1973). A 30-item schedule for assessing assertive behavior. Behavior Therapy, 4(3), 398–406. https://doi.org/10.1016/S0005-7894(73)80120-5
- Taylor, J. A. (1953). A personality scale of manifest anxiety. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 48(2), 285–290. https://doi.org/10.1037/h0056264
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- Wolpe, J. (1958). Psychotherapy by reciprocal inhibition. Stanford University Press.