Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte (ASRS) v1.1 – Liste de contrôle des symptômes

L’Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte (ASRS) v1.1 est un instrument psychométrique standardisé développé par l’OMS pour dépister et évaluer les symptômes actuels du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité chez l’adulte.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte (Adult ADHD Self-Report Scale, ASRS v1.1 Symptom Checklist) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation élaboré conjointement par le groupe de travail sur le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des chercheurs cliniciens de premier plan (Kessler et al., 2005 ; Adler et al., 2006). Conçu dans le cadre de l’initiative internationale d’enquêtes épidémiologiques en santé mentale (WHO World Mental Health Survey Initiative), cet instrument de 18 items a pour objectif de transposer les critères symptomatiques du DSM-IV-TR dans un cadre d’expression écologique et développemental adapté aux adultes.

L’échelle s’articule autour de deux dimensions fondamentales : le déficit attentionnel (inattention, 9 items) et l’hyperactivité-impulsivité (9 items). Les items évaluent la fréquence des manifestations au cours des six derniers mois sur une échelle ordinale en cinq points (0 = Jamais, 1 = Rarement, 2 = Parfois, 3 = Souvent, 4 = Très souvent). L’outil comprend une version courte de dépistage rapide (ASRS v1.1 Screener), composée de la Partie A (6 items hautement prédictifs), tandis que la Partie B comprend les 12 items complémentaires permettant une exploration sémiologique détaillée. La méthode de cotation repose préférentiellement sur un décompte dichotomique de seuils critiques catégoriels (zones grisées) plutôt que sur une simple somme arithmétique globale, bien qu’un score dimensionnel continu puisse également être calculé.

Sur le plan métrologique, l’ASRS v1.1 présente d’excellentes qualités : une consistance interne globale élevée (alpha de Cronbach compris entre 0,84 et 0,91 selon les échantillons cliniques et transculturels), une validité concourante robuste par rapport aux échelles administrées par un clinicien (r = 0,83), une sensibilité de 56,3 % couplée à une spécificité remarquable de 98,3 %, pour une précision diagnostique globale atteignant 97,9 % en population générale. L’instrument est aujourd’hui considéré à l’échelle internationale comme le test de dépistage de référence du TDAH adulte en pratique ambulatoire et en recherche épidémiologique.

2. Mots-clés / Keywords

TDAH adulte, ASRS v1.1, déficit attentionnel, hyperactivité, impulsivité, psychométrie, dépistage, Organisation mondiale de la Santé, validité diagnostique, consistance interne, DSM-IV, psychiatrie clinique.

3. Auteurs / Authors

L’ASRS v1.1 a été développée sous l’égide du groupe de travail de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur le TDAH adulte, en collaboration avec d’éminents psychiatres et épidémiologistes :

  • Ronald C. Kessler, Ph.D. : Département des politiques de santé (Department of Health Care Policy), Harvard Medical School, Boston, Massachusetts, États-Unis. Épidémiologiste psychiatrique principal de la WHO World Mental Health Survey Initiative.
  • Lenard A. Adler, M.D. : Département de psychiatrie et de neurologie infantile, NYU Grossman School of Medicine, New York University Langone Medical Center, New York, États-Unis. Directeur du programme de recherche sur le TDAH adulte.
  • Thomas Spencer, M.D. (décédé) : Unité de psychopharmacologie pédiatrique et psychiatrie de l’adulte, Massachusetts General Hospital, Harvard Medical School, Boston, États-Unis.
  • Stephen V. Faraone, Ph.D. : Départements de psychiatrie et des sciences du comportement, SUNY Upstate Medical University, Syracuse, New York, États-Unis. Expert mondial en génétique et épidémiologie du TDAH.
  • Joseph Biederman, M.D. (décédé) : Chef du service de psychopharmacologie clinique, Massachusetts General Hospital, Harvard Medical School, Boston, États-Unis. Pionnier mondial de la reconnaissance clinique du TDAH chez l’adulte.
  • T. Bedirhan Üstün, M.D. : Ancien coordinateur du département de santé mentale et de pharmacodépendance, Organisation mondiale de la Santé (OMS), Genève, Suisse.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier de l’ASRS v1.1 est de fournir une évaluation standardisée, valide, rapide et opérationnelle de la sémiologie actuelle du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité chez l’adulte. Historiquement considéré comme une pathologie neuropsychiatrique circonscrite à l’enfance et s’éteignant spontanément à l’adolescence, le TDAH a vu sa persistance à l’âge adulte démontrée par des cohortes longitudinales rigoureuses (Biederman et al., 2000 ; Kessler et al., 2005). Néanmoins, la transposabilité directe des critères du DSM-IV formulés pour les enfants se heurtait à un écueil clinique majeur : les manifestations comportementales infantiles (par exemple, « courir et grimper partout », « avoir du mal à jouer tranquillement ») se transforment à l’âge adulte en états d’agitation interne, d’impatience cognitive, d’éparpillement exécutif et de désorganisation professionnelle.

Face au sous-diagnostic massif du TDAH à l’âge adulte et au coût sociosanitaire exorbitant des troubles associés non traités (accidents de la route, abus de substances psychoactives, ruptures conjugales, instabilité professionnelle, dépression récurrente), l’OMS a mandaté le développement d’un outil d’auto-évaluation accessible. L’ASRS a donc été spécifiquement rédigée pour contextualiser chaque symptôme dans la vie courante d’un adulte : les allusions à l’école et aux jeux ont été substituées par des situations professionnelles, des réunions, des tâches de gestion quotidienne ou la vie sociale.

En pratique clinique, l’ASRS v1.1 répond à une triple exigence :

  • Dépistage initial de première ligne : La version courte en 6 items (Partie A) permet aux médecins généralistes, psychiatres et psychologues d’identifier en moins de trois minutes les patients à haut risque nécessitant une orientation vers une consultation spécialisée.
  • Caractérisation phénotypique approfondie : L’administration de l’ensemble des 18 items permet au clinicien de cartographier la sévérité relative du versant inattentif par rapport au versant hyperactif-impulsif, éclairant le diagnostic différentiel et la planification thérapeutique.
  • Suivi longitudinal de l’efficacité thérapeutique : L’échelle sert de mesure itérative du changement pour évaluer la réponse clinique aux interventions pharmacologiques (psychostimulants, atomoxétine) et aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC).

Il importe de souligner que l’ASRS v1.1 est un outil de dépistage et d’évaluation symptomatique, et ne constitue en aucun cas un instrument diagnostique autonome. Le diagnostic formel de TDAH exige obligatoirement une anamnèse développementale confirmant la présence des symptômes dès l’enfance, la persistance pervasif dans au moins deux sphères de vie, et la démonstration d’un retentissement fonctionnel cliniquement significatif (critères d’altération fonctionnelle du DSM-IV et du DSM-5).

5. Construit psychologique / Construct

L’ASRS v1.1 opérationnalise le modèle nosologique bi-factoriel du TDAH tel que formalisé dans le DSM-IV-TR et maintenu dans le DSM-5. Le construit psychologique est structuré en deux dimensions majeures, déclinées en composantes exécutives et comportementales précises :

5.1. Le déficit attentionnel (Inattention / Dysfonctionnement exécutif)

Cette dimension regroupe 9 items (items 1, 2, 3, 4, 7, 8, 9, 10, 11) mesurant les failles du contrôle attentionnel endogène, de la mémoire de travail opérationnelle et de la flexibilité cognitive :

  • Incapacité à finaliser les tâches (Item 1) : Mesure le déficit de persévérance cognitive une fois la phase de nouveauté ou de défi stimulante passée. L’adulte peine à achever les détails finaux des projets professionnels ou personnels.
  • Difficultés d’organisation séquentielle (Item 2) : Évalue l’altération de la planification méthodique, de la hiérarchisation des priorités et de la structuration spatio-temporelle nécessaire à la conduite d’activités complexes.
  • Défaillances de la mémoire prospective (Item 3) : Concerne l’oubli fréquent des rendez-vous, des échéances administratives, des engagements personnels ou des obligations courantes.
  • Procrastination et évitement de l’effort mental soutenu (Item 4) : Traduit l’aversion marquée pour les tâches requérant un effort exécutif prolongé et continu, conduisant à des reports systématiques.
  • Erreurs d’inattention par négligence (Item 7) : Mesure les fautes commises par manque de vigilance lors d’activités perçues comme monotones, répétitives ou laborieuses.
  • Instabilité attentionnelle soutenue (Item 8) : Reflète l’incapacité à maintenir un niveau de concentration stable sur des documents, des rapports ou des tâches dénuées d’intérêt intrinsèque.
  • Attention divisée et écoute sélective involontaire (Item 9) : Met en lumière l’impression que la pensée s’évade même lorsque l’interlocuteur s’adresse directement au patient.
  • Pertes fréquentes d’objets (Item 10) : Indique une altération de l’attention environnementale immédiate, menant à l’égarement régulier de clés, téléphones, portefeuilles ou dossiers de travail.
  • Sensibilité accrue aux distracteurs externes (Item 11) : Évalue la vulnérabilité aux stimuli périphériques visuels, auditifs ou environnementaux, rompant le flux de la pensée.

5.2. L’hyperactivité et l’impulsivité

Cette seconde dimension regroupe également 9 items (items 5, 6, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18), se décomposant cliniquement en deux sous-facettes intrinsèquement corrélées :

  • Composante hyperactive motrice et neurovégétative : Chez l’adulte, l’agitation motrice primaire laisse place à un inconfort kinesthésique interne. Cela s’exprime par le besoin de remuer les mains ou les pieds en position assise prolongée (Item 5), un sentiment de tension interne permanente « comme si l’on était poussé par un moteur » (Item 6), l’incapacité à rester assis lors de réunions de travail ou au cinéma (Item 12), une sensation générale d’agitation et d’impatience motrice (Item 13), et une grande difficulté à se détendre ou à profiter des temps de repos (Item 14).
  • Composante impulsive verbale et relationnelle : Elle mesure le déficit d’inhibition comportementale immédiate. Cela se manifeste par un débit verbal excessif dans les contextes sociaux ordinaires (Item 15), la tendance irrépressible à terminer les phrases d’autrui sans laisser l’interlocuteur conclure (Item 16), l’intolérance à l’attente et l’incapacité à attendre son tour dans des situations courantes (Item 17), et l’intrusion impulsive dans les conversations ou les activités d’autrui lorsqu’ils sont occupés (Item 18).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’ASRS s’ancre au confluent de deux grands modèles neurobiologiques et neuropsychologiques contemporains du fonctionnement exécutif et de l’autorégulation.

6.1. Le modèle unifié de l’inhibition comportementale de Russell Barkley

Le cadre théorique prédominant sous-jacent à la sémiologie de l’ASRS est le modèle d’autorégulation comportementale développé par le Professeur Russell Barkley (Barkley, 1997). Selon cette théorie, le TDAH n’est pas un simple trouble de l’attention périphérique, mais une pathologie développementale de l’inhibition comportementale. Barkley postule que le déficit primaire de l’inhibition motrice et cognitive perturbe en cascade quatre fonctions exécutives neuropsychologiques indispensables à l’autorégulation :

  • La mémoire de travail non-verbale : Permettant la rétention des représentations mentales des événements passés afin d’orienter le comportement futur (altérée dans les items 1, 3 et 10).
  • La mémoire de travail verbale (internalisation du langage) : Fondement de la réflexion réflexive, des consignes internes et de l’autocorrection (altérée dans les items 4, 15 et 16).
  • L’autorégulation de l’affect, de la motivation et de l’éveil (arousal) : Permettant d’initier et de maintenir l’effort face à des tâches dénuées de récompense immédiate (items 4, 7, 8 et 14).
  • La reconstitution (analyse et synthèse comportementale) : Capacité à décomposer des séquences d’action complexes pour en élaborer de nouvelles en vue d’objectifs lointains (items 1 et 2).

L’ASRS v1.1 opérationnalise précisément ce basculement : chez l’adulte, les déficits d’inhibition se manifestent non plus par des comportements bruyants d’écolier, mais par des micro-ruptures relationnelles et exécutives constantes.

6.2. Le modèle des réseaux neurocognitifs et de l’effort attentionnel

Sur le plan neuro-anatomique et fonctionnel, l’instrument s’aligne sur les découvertes de la psychiatrie cognitive mettant en jeu des anomalies structurelles et fonctionnelles des circuits fronto-striataux, dorsolatéraux préfrontaux et cingulaires antérieurs. L’échelle reflète les fluctuations métaboliques de la neurotransmission dopaminergique et noradrénergique. Les items 6, 11 et 13 traduisent notamment une incapacité du réseau exécutif central à réguler l’activité du Réseau du Mode par Défaut (Default Mode Network – DMN), entraînant des intrusions mentales permanentes, une dérive de l’attention et une dispersion sensorielle face aux bruits d’ambiance.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité de l’ASRS v1.1 ont été établies à travers de vastes études internationales en population générale et en milieu psychiatrique ambulatoire.

7.1. Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été garantie dès sa conception par le collège d’experts de l’OMS. Chaque item correspond point par point à l’un des 18 critères diagnostiques du DSM-IV-TR. Les reformulations adultes ont fait l’objet de tests cognitifs approfondis auprès de panels de patients et de cliniciens afin d’assurer que chaque énoncé reflète fidèlement la réalité professionnelle et relationnelle adulte sans dénaturer la spécificité psychopathologique originale.

7.2. Validité de construit et validité prédictive (Étude princeps de Kessler et al., 2005)

Dans l’étude fondatrice de Kessler et ses collaborateurs (2005), menée auprès d’un sous-échantillon communautaire représentatif de la population américaine (N = 154) ayant subi des entretiens cliniques structurés approfondis (SCID administré par des cliniciens chevronnés), les performances de dépistage de l’ASRS ont été rigoureusement quantifiées :

  • Sensibilité : 56,3 % pour le seuil d’alerte standard.
  • Spécificité : 98,3 %, témoignant d’un taux de faux positifs remarquablement faible.
  • Précision de classification globale (Total Classification Accuracy) : 97,9 %.
  • Coefficient d’accord de concordance (Kappa de Cohen) : κ = 0,58, indiquant un accord modéré à substantiel au-delà du hasard entre l’auto-questionnaire et l’évaluation diagnostique clinique par entretien.
  • Aire sous la courbe ROC (AUC) : La modélisation logistique a démontré une aire sous la courbe supérieure à 0,90 pour la sélection des 6 items de la Partie A, confirmant leur supériorité psychométrique par rapport à l’addition aveugle des 18 items.

7.3. Validité concourante et convergente (Adler et al., 2006 ; Kessler et al., 2007)

Dans une cohorte clinique de patients adultes diagnostiqués avec un TDAH (N = 60), Adler et al. (2006) ont démontré une validité concourante exceptionnelle avec les échelles de cotation administrées par un clinicien (notamment l’échelle ADHD Rating Scale pour adultes), avec un coefficient de corrélation de Pearson de r = 0,83 (p < 0,001).

Par la suite, une large étude de validation croisée menée sur un échantillon représentatif de 668 membres d’un plan d’assurance de santé américain (Kessler et al., 2007) a confirmé la robustesse de l’instrument pour prédire le statut diagnostique clinique, tant pour la cotation continue que pour la méthode de décompte dichotomique.

7.4. Validité transculturelle

L’instrument a démontré des qualités convergentes solides dans ses nombreuses adaptations linguistiques :

  • Version chinoise / taïwanaise (Yeh et al., 2008) : Corrélations concourantes variant de 0,37 à 0,66 avec d’autres mesures de psychopathologie et de retentissement fonctionnel.
  • Version coréenne (Kim, Lee, & Joung, 2013) : Validité discriminante démontrée entre des groupes de patients TDAH avérés et des témoins sains.
  • Populations spécifiques avec comorbidités : L’étude de Dakwar et al. (2012) a confirmé la pertinence et l’exactitude de dépistage de l’ASRS chez les patients consultant pour des troubles liés à l’usage de substances psychoactives. De même, Hines et al. (2012) ont validé son applicabilité en médecine de famille et soins primaires.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’ASRS v1.1 a été testée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle (test-retest).

8.1. Consistance interne

Les indices de consistance interne se situent à des niveaux psychométriques hautement satisfaisants :

  • Dans la cohorte clinique princeps d’Adler et al. (2006), le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 18 items a atteint α = 0,84.
  • Dans l’étude de validation croisée de Kessler et al. (2007) portant sur 668 participants, la consistance interne de la version courte de dépistage en 6 items s’est établie entre α = 0,63 et α = 0,72, ce qui est considéré comme optimal pour une échelle aussi brève (les coefficients alpha étant mathématiquement dépendants du nombre restreint d’items).
  • Dans la validation taïwanaise de Yeh et al. (2008), l’alpha de Cronbach des sous-échelles oscillait entre 0,83 et 0,91.
  • La sous-échelle « Inattention » présente généralement une consistance interne légèrement supérieure (α ≈ 0,85–0,89) à celle de l’« Hyperactivité-Impulsivité » (α ≈ 0,79–0,84), reflétant une plus grande homogénéité sémiologique des plaintes exécutives chez l’adulte.

8.2. Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

Dans l’évaluation de Kessler et al. (2007), la corrélation test-retest à intervalle de plusieurs semaines a produit des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) compris entre 0,58 et 0,77. Cette stabilité confirme que l’ASRS mesure bien des traits comportementaux stables caractéristiques d’un trouble neurodéveloppemental persistant, tout en demeurant sensible aux modulations symptomatiques induites par un traitement efficace.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations factorielles de l’ASRS v1.1 ont été conduites par des méthodes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

9.1. Structure bi-factorielle classique

La plupart des études empiriques confirment une structure à deux facteurs orthogonaux ou modérément corrélés (r ≈ 0,55 à 0,65), reproduisant fidèlement l’organisation nosologique du DSM :

  • Facteur 1 : Inattention / Désorganisation cognitive : Saturé de manière univoque par les items 1, 2, 3, 4, 7, 8, 9, 10 et 11. Les saturations factorielles de ces items dépassent régulièrement 0,55, l’item 8 (« difficulté à soutenir l’attention ») et l’item 2 (« difficultés d’organisation ») présentant les saturations les plus élevées (> 0,70).
  • Facteur 2 : Hyperactivité motrice et Impulsivité verbale : Saturé par les items 5, 6, 12, 13, 14, 15, 16, 17 et 18. Les saturations s’échelonnent entre 0,48 et 0,74, l’item 6 (« se sentir poussé par un moteur ») et l’item 13 (« sentiment de fébrilité ou d’agitation ») constituant le noyau dur du facteur hyperactif adulte.

9.2. Analyse empirique et sélection de l’ASRS Screener (Partie A)

L’un des apports majeurs de Kessler et al. (2005) réside dans l’utilisation de modèles de régression logistique par étapes et d’arbres de décision pour extraire les items possédant la plus forte valeur d’information diagnostique. Contrairement à une croyance intuitive qui aurait sélectionné les 3 items les plus saturés de chaque facteur, l’analyse empirique a démontré que :

  • Les items 1 à 4 (inattention/dysfonctionnement exécutif) et les items 5 et 6 (hyperactivité motrice) prédisent à eux seuls l’immense majorité de la variance clinique de la pathologie.
  • Cette sélection de 6 items (Partie A) surpasse l’échelle complète de 18 items en termes d’aire sous la courbe (ROC AUC), en réduisant le bruit de mesure et la redondance associés aux questions de bavardage ou d’erreurs d’étourderie.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel de l’instrument : Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS) v1.1 Symptom Checklist (Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte v1.1).
  • Auteurs : Ronald C. Kessler, Ph.D., Lenard A. Adler, M.D., et al., en collaboration avec le groupe de travail sur le TDAH de l’Organisation mondiale de la Santé.
  • Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou numérique administrable sur ordinateur, tablette ou smartphone.
  • Population cible : Adultes (18 ans et plus). Validé également chez les adolescents de 13 à 17 ans (Adler et al., 2012).
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes pour la liste complète des 18 items ; moins de 3 minutes pour la version courte de dépistage (Partie A, 6 items).
  • Nombre d’items : 18 items au total, scindés en :
    • Partie A (ASRS v1.1 Screener) : Items 1 à 6 (outils de dépistage prédictif prioritaire).
    • Partie B : Items 7 à 18 (items complémentaires d’évaluation de la sévérité et de la variété sémiologique).
  • Échelle de réponse (Format ordinale en 5 points) :
    • 0 = Never (Jamais)
    • 1 = Rarely (Rarement)
    • 2 = Sometimes (Parfois)
    • 3 = Often (Souvent)
    • 4 = Very often (Très souvent)
  • Période de référence : Les manifestations survenues au cours des six derniers mois.
  • Règles de cotation et d’interprétation :
    • Méthode préconisée par l’OMS (Décompte des cases grisées / Dichotomique) : La méthode standard ne se base pas sur l’addition brute des points mais sur le franchissement de seuils de fréquence critique spécifiques par item. Pour chaque item, la réponse est dite « positive » si elle coche la case située dans la zone grisée :
      • Items 1, 2, 3 : Positif si la réponse est « Parfois », « Souvent » ou « Très souvent ».
      • Items 4, 5, 6 : Positif uniquement si la réponse est « Souvent » ou « Très souvent ».
    • Seuil de dépistage (Partie A) : Si le répondant obtient 4 réponses positives ou plus dans les cases grisées de la Partie A (items 1 à 6), le test est considéré comme positif, révélant une très forte probabilité clinique de TDAH justifiant une évaluation neuropsychiatrique spécialisée complète.
    • Décompte global (Liste complète) : Si le total des cases grisées positives sur l’ensemble des 18 items est égal ou supérieur à 9, une exploration diagnostique approfondie est hautement recommandée.
    • Cotation dimensionnelle continue alternative : Les cliniciens et chercheurs peuvent attribuer de 0 à 4 points à chaque modalité de réponse pour calculer un score d’inattention (items 1-4, 7-11 ; total de 0 à 36) et un score d’hyperactivité-impulsivité (items 5-6, 12-18 ; total de 0 à 36), produisant un score global continu de 0 à 72 points.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2005 (Kessler et al., Psychological Medicine).
  • Propriété intellectuelle et Copyright : © World Health Organization (OMS / WHO). Tous droits réservés. Développé en collaboration avec la Harvard Medical School et l’Université de New York (NYU).
  • Tarifs et conditions d’accès : L’instrument est dans le domaine public sous licence libre d’accès pour un usage clinique et de recherche non commerciale. Aucun honoraire ni droit d’auteur n’est exigé pour télécharger, imprimer ou intégrer l’échelle dans un cadre médical ou universitaire.
  • Disponibilité officielle : Le formulaire PDF original et standardisé de l’OMS est disponible en libre téléchargement sur de nombreuses plateformes académiques et associatives de référence, telles que l’ADDA (Attention Deficit Disorder Association : add.org).
  • Utilisation commerciale : Toute incorporation dans un logiciel propriétaire commercial, une application payante ou une étude parrainée par l’industrie pharmaceutique requiert une autorisation écrite préalable formelle auprès du département de documentation de l’OMS.

12. Références / References

Les publications scientifiques de référence étayant les données psychométriques, la conception et la validation de l’échelle sont répertoriées ci-dessous en style APA (7e édition) :

  • Adler, L. A., Faraone, S. V., Sarawate, C., Spencer, T., & Kessler, R. C. (2012). Utility of the Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS) v1.1 in adolescents. Journal of Child and Adolescent Psychopharmacology, 22(4), 287-293. https://doi.org/10.1089/cap.2011.0076
  • Adler, L. A., Spencer, T., Faraone, S. V., Kessler, R. C., Howes, M. J., Biederman, J., & Secnik, K. (2006). Validity of pilot Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS) to rate adult ADHD symptoms. Annals of Clinical Psychiatry, 18(3), 145-148. https://doi.org/10.1080/10401230600801077
  • Barkley, R. A. (1997). Behavioral inhibition, sustained attention, and executive functions: Constructing a unifying theory of ADHD. Psychological Bulletin, 121(1), 65-94. https://doi.org/10.1037/0033-2909.121.1.65
  • Biederman, J., Mick, E., & Faraone, S. V. (2000). Age-dependent decline of symptoms of attention deficit hyperactivity disorder: Impact of remission definition and symptom type. American Journal of Psychiatry, 157(5), 816-818. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.157.5.816
  • Dakwar, E., Mahony, M. A., Pavlicova, M., Glass, M. A., Brooks, M. D., Mariani, J. J., & Levin, F. R. (2012). The utility of attention-deficit/hyperactivity disorder screening instruments in individuals seeking treatment for substance use disorders. The Journal of Clinical Psychiatry, 73(11), e1372-e1378. https://doi.org/10.4088/JCP.12m07833
  • Herrmann, M. J., Saathoff, C., Schreppel, T. J., Ehlis, A. C., Scheuerpflug, P., Pauli, P., & Fallgatter, A. J. (2009). The effect of ADHD symptoms on performance monitoring in a non-clinical population. Psychiatry Research, 169(2), 144-148. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2008.06.015
  • Hines, J. L., King, T. S., & Curry, W. J. (2012). The adult ADHD self-report scale for screening for adult attention deficit-hyperactivity disorder (ADHD). The Journal of the American Board of Family Medicine, 25(6), 847-853. https://doi.org/10.3122/jabfm.2012.06.110296
  • Kessler, R. C., Adler, L. A., Ames, M., Demler, O., Faraone, S. V., Hiripi, E., Howes, M. J., Jin, R., Secnik, K., Spencer, T., Üstün, T. B., & Walters, E. E. (2005). The World Health Organization Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS): A short screening scale for use in the general population. Psychological Medicine, 35(2), 245-256. https://doi.org/10.1017/S0033291704002892
  • Kessler, R. C., Adler, L. A., Gruber, M. J., Sarawate, C. A., Spencer, T., & Van Brunt, D. L. (2007). Validity of the World Health Organization Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS) Screener in a representative sample of health plan members. International Journal of Methods in Psychiatric Research, 16(2), 52-65. https://doi.org/10.1002/mpr.208
  • Kim, J. H., Lee, E. H., & Joung, Y. S. (2013). The WHO Adult ADHD Self-Report Scale: Reliability and validity of the Korean version. Psychiatry Investigation, 10(1), 41-46. https://doi.org/10.4306/pi.2013.10.1.41
  • Reuter, M., Kirsch, P., & Hennig, J. (2006). Inferring candidate genes for attention deficit hyperactivity disorder (ADHD) assessed by the World Health Organization Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS). Journal of Neural Transmission, 113(7), 929-938. https://doi.org/10.1007/s00702-005-0376-7
  • Yeh, C. B., Gau, S. S. F., Kessler, R. C., & Wu, Y. Y. (2008). Psychometric properties of the Chinese version of the adult ADHD Self-Report Scale. International Journal of Methods in Psychiatric Research, 17(1), 45-54. https://doi.org/10.1002/mpr.241

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 5-point frequency scale: 0 = Never, 1 = Rarely, 2 = Sometimes, 3 = Often, 4 = Very often

Part A

  1. How often do you have trouble wrapping up the final details of a project, once the challenging parts have been done?
  2. How often do you have difficulty getting things in order when you have to do a task that requires organization?
  3. How often do you have problems remembering appointments or obligations?
  4. When you have a task that requires a lot of thought, how often do you avoid or delay getting started?
  5. How often do you fidget or squirm with your hands or feet when you have to sit down for a long time?
  6. How often do you feel overly active and compelled to do things, like you were driven by a motor?

Part B

  1. How often do you make careless mistakes when you have to work on a boring or difficult project?
  2. How often do you have difficulty keeping your attention when you are doing boring or repetitive work?
  3. How often do you have difficulty concentrating on what people say to you, even when they are speaking to you directly?
  4. How often do you misplace or have difficulty finding things at home or at work?
  5. How often are you distracted by activity or noise around you?
  6. How often do you leave your seat in meetings or other situations in which you are expected to remain seated?
  7. How often do you feel restless or fidgety?
  8. How often do you have difficulty unwinding and relaxing when you have time to yourself?
  9. How often do you find yourself talking too much when you are in social situations?
  10. When you’re in a conversation, how often do you find yourself finishing the sentences of the people you are talking to, before they can finish them themselves?
  11. How often do you have difficulty waiting your turn in situations when turn taking is required?
  12. How often do you interrupt others when they are busy?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte (ASRS) v1.1 – Liste de contrôle des symptômes. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-evaluation-tdah-adulte-asrs-v1-1-2/
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte (ASRS) v1.1 – Liste de contrôle des symptômes.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-evaluation-tdah-adulte-asrs-v1-1-2/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-évaluation du TDAH chez l’adulte (ASRS) v1.1 – Liste de contrôle des symptômes.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-evaluation-tdah-adulte-asrs-v1-1-2/.