1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’auto-évaluation de la psychopathie de Levenson (Levenson Self-Report Psychopathy Scale, ou LSRP) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine par Michael R. Levenson, Kent A. Kiehl et Cory M. Fitzpatrick en 1995. Ce questionnaire a été spécifiquement développé pour évaluer les traits de personnalité psychopathique au sein d’échantillons issus de la population générale et non institutionnalisée, comblant ainsi un fossé méthodologique historique où l’évaluation de la psychopathie était quasi exclusivement réservée aux contextes carcéraux et médico-légaux via des entretiens semi-structurés tels que la Psychopathy Checklist-Revised (PCL-R) de Robert Hare.
La LSRP se compose de 26 énoncés mesurés sur une échelle de type Likert en 4 ou 5 points (allant de 1 « Fortement en désaccord » à 5 « Fortement d’accord » selon les adaptations). L’instrument opérationnalise le modèle classique bipartite de Karpman (1941), scindant le construit en deux dimensions cliniques distinctes : la psychopathie primaire (16 items), caractérisée par un affect psychopathique marqué par le détachement émotionnel, l’absence d’empathie, l’égoïsme manipulateur, la malhonnêteté et le cynisme interpersonnel ; et la psychopathie secondaire (10 items), caractérisée par un mode de vie psychopathique marqué par l’impulsivité, l’instabilité comportementale, l’intolérance à la frustration, la propension à l’ennui et une réactivité émotionnelle hostile.
Sur le plan psychométrique, la LSRP démontre une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,85 pour la sous-échelle primaire, et entre 0,65 et 0,75 pour la sous-échelle secondaire. Les études factorielles confirmatoires ont parfois suggéré l’existence d’une structure sous-jacente à trois facteurs (égocentrisme/manipulation, insensibilité affective et impulsivité/comportement antisocial), affinant ainsi sa pertinence analytique. L’échelle est aujourd’hui l’un des outils de référence mondiale en psychologie légale, en psychopathologie quantitative, ainsi qu’en psychologie de la personnalité et des organisations, permettant d’étudier les manifestations infracliniques de la triade noire.
2. Mots-clés / Keywords
Psychopathie, Levenson Self-Report Psychopathy Scale, LSRP, psychopathie primaire, psychopathie secondaire, triade noire, évaluation psychométrique, personnalité antisociale, impulsivité, insensibilité émotionnelle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs en psychologie de la personnalité et en neurosciences cognitives :
- Michael R. Levenson, Ph.D. : Psychologue chercheur, associé au Département de psychologie de l’Université de Californie à Davis et à l’Université d’État de l’Oregon. Ses travaux se concentrent sur la personnalité adulte, le développement sociomoral et les modèles de déviance infraclinique. Courriel institutionnel : [email protected].
- Kent A. Kiehl, Ph.D. : Professeur de psychologie, de neurosciences et de droit à l’Université du Nouveau-Mexique et chercheur exécutif au Mind Research Network (Albuquerque, États-Unis). Sommité mondiale en neuro-imagerie de la psychopathie et des comportements criminels violents.
- Cory M. Fitzpatrick, B.A./M.S. : Chercheur associé ayant collaboré aux protocoles expérimentaux originaux et aux analyses statistiques préliminaires lors de la création de l’instrument en 1995.
4. Objectif / Purpose
Historiquement, l’évaluation de la psychopathie a été dominée par le paradigme médico-légal élaboré par Robert Hare avec la PCL-R. Bien que la PCL-R demeure la référence standard (« gold standard ») en milieu correctionnel et psychiatrique judiciaire, elle présente deux limites majeures : elle exige une formation clinique intensive, un entretien biographique exhaustif et l’accès à un dossier judiciaire institutionnel, ce qui la rend inopérante et inappropriée pour les études de masse au sein de la population générale non incarcérée. De plus, plusieurs théoriciens ont soutenu que la PCL-R surévalue les comportements antisociaux et criminels manifestes au détriment des traits de personnalité sous-jacents.
L’objectif fondamental de la Levenson Self-Report Psychopathy Scale (LSRP) est de remédier à ces contraintes en proposant un questionnaire d’auto-évaluation standardisé, économique et robuste, capable de mesurer les traits psychopathiques chez des individus sans casier judiciaire ni antécédents de violences institutionnalisées. Levenson et ses collaborateurs (1995) ont postulé que les dimensions de la psychopathie ne sont pas des entités catégorielles strictement pathologiques, mais des traits de personnalité distribués de manière continue le long d’un continuum au sein de la population humaine.
Dans la recherche contemporaine, la LSRP remplit plusieurs rôles essentiels :
- Étude de la psychopathie « réussie » ou infraclinique : Elle permet d’examiner comment des individus dotés de traits de psychopathie primaire (faible anxiété, charme superficiel, impitoyabilité, audace) peuvent s’insérer avec succès dans des environnements compétitifs tels que la haute finance, la politique, le monde des affaires ou la chirurgie sans s’engager dans des trajectoires délinquantes manifestes.
- Investigation des corrélats affectifs et neurocognitifs : La LSRP est largement mobilisée dans les protocoles d’économie comportementale (jeux de l’ultimatum, dilemmes du prisonnier) et d’électrophysiologie pour mesurer comment l’insensibilité émotionnelle ou l’impulsivité affectent la prise de risque, l’aversion à la perte et le traitement de la punition.
- Recherche différentielle sur la triade noire : Elle sert de mesure d’ancrage pour analyser les convergences et divergences entre psychopathie, machiavélisme et narcissisme dans des populations universitaires et professionnelles.
- Dépistage et évaluation clinique préliminaire : Bien que non destinée au diagnostic médico-légal formel, elle offre aux cliniciens un aperçu rapide des attitudes interpersonnelles d’exploitation et de l’instabilité comportementale chez des patients consultants en ambulatoire pour des problématiques relationnelles ou d’addiction.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la LSRP repose sur une modélisation bidimensionnelle classique de la personnalité psychopathique, dérivée des conceptualisations de Karpman (1941) et enrichie par la littérature contemporaine en psychométrie :
5.1. La psychopathie primaire (Primary Psychopathy)
La sous-échelle de psychopathie primaire comprend 16 items destinés à évaluer l’inclination à exploiter autrui, l’absence de remords, l’insensibilité affective et une vision égoïste et darwinienne des relations interpersonnelles. Ce construit renvoie au noyau dur décrit par Hervey Cleckley (1941) dans The Mask of Sanity :
- Philosophie de vie prédatrice et égocentrique : Les items reflètent la conviction que la société est régie par la loi du plus fort et que les personnes naïves méritent d’être dupées (ex. item 1 : « Success is based on survival of the fittest; I am not concerned about the losers » ; item 13 : « People who are stupid enough to get ripped off usually deserve it »).
- Manipulation interpersonnelle instrumentale : L’individu admet utiliser le mensonge et la manipulation affective comme des outils légitimes pour parvenir à ses fins financières ou de pouvoir (ex. item 17 : « I tell other people what they want to hear so that they will do what I want them to do » ; item 23 : « I enjoy manipulating other people’s feelings »).
- Déficit d’empathie et absence de culpabilité : Les items inversés et directs mesurent l’imperméabilité à la détresse d’autrui et le rejet de l’inconfort moral lié à l’injustice (ex. item 19 : « I would be upset if my success came at someone else’s expense » ; item 24 : « I feel bad if my words or actions cause someone else to feel emotional pain »).
- Cynisme affectif : Le dédain envers les liens d’attachement profonds (ex. item 20 : « Love is overrated »).
D’un point de vue structural, la psychopathie primaire est caractérisée par un niveau extrêmement bas d’agréabilité (antagonisme marqué) et un niveau bas de névrosisme (stabilité émotionnelle, absence de vulnérabilité anxieuse).
5.2. La psychopathie secondaire (Secondary Psychopathy)
La sous-échelle de psychopathie secondaire regroupe 10 items et cible l’expression comportementale de l’instabilité, de l’impulsivité, de la dysrégulation émotionnelle et d’un mode de vie désorganisé :
- Impulsivité et absence de planification : L’incapacité à différer la gratification et le manque de prospective à long terme (ex. item 8 : « I don’t plan anything very far in advance » ; item 14 : « Before I do anything, I carefully consider the possible consequences » [inversé]).
- Intolérance à la monotonie et propension à l’ennui : Le besoin constant de stimulations nouvelles et l’abandon rapide des tâches entamées (ex. item 4 : « I am often bored » ; item 10 : « I quickly lose interest in tasks I start »).
- Réactivité émotionnelle explosive et externalisation du blâme : Tendance à éprouver des accès de colère incontrôlés et à attribuer ses échecs répétés à l’incompréhension de l’entourage (ex. item 12 : « Most of my problems are due to the fact that other people just don’t understand me » ; item 18 : « When I get frustrated, I often ‘let off steam’ by blowing my top »).
- Récidive de conduites problématiques : Tendance à répéter les mêmes erreurs sans apprendre de l’expérience punitive (ex. item 2 : « I find myself in the same kinds of trouble, time after time »).
Contrairement à la dimension primaire, la psychopathie secondaire est fortement associée à un névrosisme élevé (anxiété, dépression, impulsivité de détresse) et à une très faible conscienciosité, reflétant une véritable vulnérabilité psychopathologique associée aux conduites antisociales réactives.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la LSRP s’inscrit au carrefour de plusieurs cadres théoriques majeurs de la psychopathologie de la personnalité :
6.1. La distinction duale de Benjamin Karpman (1941)
Le fondement épistémologique direct de Levenson et ses collègues est la taxonomie de Benjamin Karpman. Karpman postulait l’existence de deux formes phénotypiquement similaires dans leurs conséquences sociales destructrices, mais étologiquement opposées :
- Le psychopathe primaire (« idiopathique ») : Il souffre d’un déficit constitutionnel, affectif et génétique inné. Cet individu ne ressent ni remords, ni anxiété, ni culpabilité véritable. Son comportement antisocial découle d’un calcul froid et d’un manque d’inhibition émotionnelle face à la punition (théorie du déficit d’inhibition comportementale de Gray).
- Le psychopathe secondaire (« symptomatique ») : Ses comportements déviants et antisociaux résultent d’un conflit névrotique interne, d’un traumatisme développemental, d’une hyper-réactivité affective ou d’une perturbation de l’attachement. Il éprouve une anxiété intense, une mauvaise gestion de la colère et s’engage dans des actes impulsifs pour calmer un malaise psychologique profond.
6.2. Le modèle triarchique de Patrick, Fowles et Krueger
Dans la théorie moderne de la psychopathie, le modèle triarchique (Patrick et al., 2009) propose trois piliers : l’audace (boldness), la méchanceté/insensibilité (meanness) et la désinhibition (disinhibition). Dans cette perspective, la LSRP capture avec une grande précision la méchanceté (par sa sous-échelle primaire) et la désinhibition (par sa sous-échelle secondaire). Bien que l’audace y soit moins directement représentée que dans des outils comme la Triarchic Psychopathy Measure (TriPM), la composante primaire de la LSRP reflète le versant agressif et dominateur de cette audace.
6.3. Le modèle des Cinq Facteurs (Big Five)
Sur le plan structural lexical, les travaux de Miller, Lynam et Widiger ont démontré que la psychopathie peut être comprise comme une constellation extrême des traits normaux du Big Five. La psychopathie primaire de Levenson est caractérisée par un antagonisme massif (très faible Agréabilité : tromperie, dureté, égocentrisme), tandis que la psychopathie secondaire combine ce même antagonisme à une désinhibition sévère (faible Conscienciosité : irresponsabilité, témérité) et un Névrosisme élevé (hostilité et instabilité émotionnelle).
7. Validité / Validity
Les qualités psychométriques de la LSRP ont fait l’objet de nombreuses validations empiriques dans le monde entier, tant sur des échantillons d’étudiants que sur des populations professionnelles et communautaires.
7.1. Validité de construit et convergente
Dans l’étude princeps de Levenson et al. (1995), les scores de l’échelle ont été corrélés avec des mesures d’anxiété, de comportement antisocial auto-rapporté et de sensibilité aux récompenses :
- La psychopathie primaire est fortement corrélée de manière positive avec l’antagonisme interpersonnel, le machiavélisme (mesuré par le Mach-IV, r > 0,60), la recherche de dominance sociale, le narcissisme d’exploitation et la faible empathie dispositionnelle (IRI de Davis). Elle montre des corrélations nulles ou négatives avec l’anxiété-trait, attestant du sang-froid et du détachement décrits chez les psychopathes primaires.
- La psychopathie secondaire est significativement corrélée avec le névrosisme, les échelles de dépression, l’impulsivité motrice et attentionnelle (Barratt Impulsiveness Scale, BIS-11), les conduites addictives et les antécédents d’arrestations ou de bagarres (r variant de 0,35 à 0,55).
7.2. Validité discriminante
Des travaux cruciaux menés par Gaughan, Miller et Pryor (2008) ainsi que par Martin Sellbom (2011) ont confirmé que les deux facteurs de la LSRP possèdent des patrons de corrélations distincts face aux troubles de la personnalité du DSM :
- Le facteur primaire est spécifiquement lié aux traits de la personnalité narcissique, à l’absence de détresse psychologique et à des performances économiques agressives dans les paradigmes de négociation.
- Le facteur secondaire est fortement corrélé aux traits de la personnalité borderline, à la délinquance générale et au trouble de la personnalité antisociale avec dérégulation émotionnelle.
7.3. Analyses taxométriques
Une question théorique centrale est de savoir si la psychopathie constitue un type discontinu (taxon) ou une dimension continue. L’analyse taxométrique menée par Walters, Brinkley, Magaletta et Diamond (2008) sur la LSRP a conclu que les scores reflètent une structure dimensionnelle latente. Cela valide pleinement l’utilisation de la LSRP pour mesurer des gradations quantitatives de traits psychopathiques dans la population générale sans imposer de seuil catégoriel artificiel.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de la LSRP a été quantifiée à travers de nombreuses études transculturelles (notamment en anglais, français, espagnol et allemand) :
8.1. Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Omega de McDonald)
- Échelle globale (26 items) : Présente une cohérence interne élevée, avec un coefficient α se situant généralement entre 0,82 et 0,88.
- Sous-échelle de psychopathie primaire (16 items) : Fait preuve d’une excellente consistance interne, avec des valeurs d’α allant de 0,80 à 0,86 selon les échantillons (étudiants universitaires, adultes en milieu professionnel).
- Sous-échelle de psychopathie secondaire (10 items) : Affiche une cohérence interne modérée à satisfaisante, avec des coefficients d’α fluctuant entre 0,63 et 0,74. Cette fidélité légèrement plus faible est classique pour cette sous-échelle et s’explique par l’hétérogénéité des facettes qu’elle englobe (ennui, réactivité impulsive, victimisation perçue).
8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les études examinant la fidélité test-retest sur des intervalles de 4 à 8 semaines rapportent des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et des corrélations de Pearson stables :
- Facteur primaire : r = 0,80 à 0,85, indiquant une grande stabilité des attitudes manipulatrices et cyniques dans le temps.
- Facteur secondaire : r = 0,72 à 0,78, montrant une stabilité temporelle satisfaisante malgré la nature fluctuante de certains affects négatifs.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la LSRP a fait l’objet de vifs débats méthodologiques et d’investigations approfondies depuis sa publication originale.
9.1. Le modèle original à deux facteurs
Dans l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) inaugurale de Levenson, Kiehl et Fitzpatrick (1995) utilisant une rotation oblique, deux facteurs distincts ont émergé avec des valeurs propres supérieures à 1 :
- Le Facteur 1 (Psychopathie primaire), regroupant 16 items avec des saturations factorielles dominantes (> 0,35) portant sur le cynisme moral, l’égoïsme et la manipulation interpersonnelle.
- Le Facteur 2 (Psychopathie secondaire), regroupant 10 items avec des saturations saturant sur l’impulsivité, l’instabilité des buts et les réactions de colère.
- La corrélation inter-facteurs rapportée oscillait entre r = 0,30 et r = 0,45, confirmant que bien que distincts, ces deux processus partagent une variance commune liée à la déviance comportementale.
9.2. Modèles alternatifs à trois facteurs
Des analyses factorielles confirmatoires (AFC) ultérieures menées par Brinkley et al. (2001) et Sellbom (2011) ont montré que le modèle original à deux facteurs présentait parfois des indices d’ajustement marginaux (RMSEA > 0,08, CFI < 0,90). Ces chercheurs ont mis en évidence qu’une décomposition en trois facteurs offrait un meilleur ajustement aux données :
- Égocentrisme / Manipulation (Egocentricity) : Composé des items évaluant le profit personnel aux dépens des autres et la tromperie calculée.
- Insensibilité affective (Callousness) : Composé des items mesurant l’absence de remords, l’indifférence à la douleur d’autrui et la dévalorisation de l’amour.
- Comportement antisocial / Impulsivité (Antisocial/Impulsive lifestyle) : Regroupant les items de dysrégulation comportementale et de colère.
Malgré la validité statistique de ce modèle trifactoriel, la division classique à deux dimensions demeure la plus universellement utilisée dans la recherche expérimentale et translationnelle en raison de sa simplicité et de sa correspondance directe avec la littérature théorique historique.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée en ligne.
- Nombre total d’items : 26 items rédigés à la première personne du singulier.
- Sous-échelles :
- Psychopathie primaire : 16 items (items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 22, 23, 24, 25, 26).
- Psychopathie secondaire : 10 items (items 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20).
- Format de réponse (échelle Likert en 5 points) :
- (1) = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
- (2) = Disagree (En désaccord)
- (3) = Neither agree nor disagree (Ni en désaccord ni d’accord)
- (4) = Agree (D’accord)
- (5) = Strongly agree (Fortement d’accord)
Note : Certaines versions publiées utilisent une échelle en 4 points (sans point neutre : 1 = Strongly disagree à 4 = Strongly agree). La version originale standard présentée ici utilise l’ancrage en 5 points.
- Cotation et recodage des items inversés :
- Les items rédigés de manière prosociale ou réfléchie doivent impérativement être inversés avant le calcul des scores totaux : 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, et 5 devient 1.
- Items inversés pour la psychopathie primaire : items 19, 22, 24, 25 et 26.
- Items inversés pour la psychopathie secondaire : items 6 et 14.
- Calcul des scores :
- Score de psychopathie primaire : Somme (ou moyenne) des 16 items correspondants après inversion (étendue de 16 à 80 sur une échelle en 5 points).
- Score de psychopathie secondaire : Somme (ou moyenne) des 10 items correspondants après inversion (étendue de 10 à 50 sur une échelle en 5 points).
- Score total de psychopathie : Somme de tous les 26 items (étendue de 26 à 130).
- Temps moyen de passation : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de parution initiale : 1995 (publication dans le Journal of Personality and Social Psychology).
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’échelle est un instrument académique ouvert (open access / open science) destiné à la recherche scientifique et à l’usage pédagogique sans frais d’acquisition de licence. Les auteurs ont mis l’échelle à disposition du public scientifique sous réserve de citer convenablement l’article source de 1995.
- Tarifs : Gratuit pour une utilisation non commerciale et académique. Il n’existe pas de kit de test commercialisé ni de redevance par passation.
- Restrictions cliniques : La LSRP n’est pas un outil de diagnostic médico-légal homologué pour la prise de décision judiciaire (telle que la détermination de la peine ou la libération conditionnelle) et ne doit jamais se substituer à une évaluation clinique complète basée sur des sources d’information collatérales fiables.
12. Références / References
- Brinkley, C. A., Schmitt, W. A., Smith, S. S., & Newman, J. P. (2001). Construct validation of a self-report psychopathy scale: Investigating strength and limitations in an incarcerated population. Journal of Personality Assessment, 77(3), 476–504. https://doi.org/10.1207/S15327752JPA7703_09
- Cleckley, H. (1941). The mask of sanity: An attempt to clarify some issues about the so-called psychopathic personality. C. V. Mosby.
- Gaughan, J. D., Miller, J. D., Pryor, L. R., & Lynam, D. R. (2008). The Levenson Self-Report Psychopathy Scale: An examination of the personality traits and disorders associated with the LSRP factors. Assessment, 15(4), 450–463. https://doi.org/10.1177/1073191108316888
- Karpman, B. (1941). On the need of separating psychopathy into two distinct clinical types: The symptomatic and the idiopathic. Journal of Criminal Psychopathology, 3, 112–128.
- Levenson, M. R., Kiehl, K. A., & Fitzpatrick, C. M. (1995). Assessing psychopathic attributes in a noninstitutionalized population. Journal of Personality and Social Psychology, 68(1), 151–158. https://doi.org/10.1037/0022-3514.68.1.151
- Patrick, C. J., Fowles, D. C., & Krueger, R. F. (2009). Triarchic conceptualization of psychopathy: Developmental origins of disinhibition, boldness, and meanness. Development and Psychopathology, 21(3), 913–938. https://doi.org/10.1017/S0954579409000492
- Sellbom, M. (2011). Elaborating on the construct validity of the Levenson Self-Report Psychopathy scale in incarcerated and non-incarcerated samples. Law and Human Behavior, 35(6), 440–451. https://doi.org/10.1007/s10979-010-9249-x
- Walters, G. D., Brinkley, C. A., Magaletta, P. R., & Diamond, P. M. (2008). Taxometric analysis of the Levenson Self-Report Psychopathy scale. Journal of Personality Assessment, 90(5), 491–498. https://doi.org/10.1080/00223890802248828
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale:
(1) Strongly disagree
(2) Disagree
(3) Neither agree nor disagree
(4) Agree
(5) Strongly agree
- Success is based on survival of the fittest; I am not concerned about the losers.
- I find myself in the same kinds of trouble, time after time.
- For me, what’s right is whatever I can get away with.
- I am often bored.
- In today’s world, I feel justified in doing anything I can get away with to succeed.
- I find that I am able to pursue one goal for a long time.
- My main purpose in life is getting as many goodies as I can.
- I don’t plan anything very far in advance.
- Making a lot of money is my most important goal.
- I quickly lose interest in tasks I start.
- I let others worry about higher values; my main concern is with the bottom line.
- Most of my problems are due to the fact that other people just don’t understand me.
- People who are stupid enough to get ripped off usually deserve it.
- Before I do anything, I carefully consider the possible consequences.
- Looking out for myself is my top priority.
- I have been in a lot of shouting matches with other people.
- I tell other people what they want to hear so that they will do what I want them to do.
- When I get frustrated, I often « let off steam » by blowing my top.
- I would be upset if my success came at someone else’s expense.
- Love is overrated.
- I often admire a really clever scam.
- I make a point of trying not to hurt others in pursuit of my goals.
- I enjoy manipulating other people’s feelings.
- I feel bad if my words or actions cause someone else to feel emotional pain.
- Even if I were trying very hard to sell something, I wouldn’t lie about it.
- Cheating is not justified because it is unfair to others.