Échelle d’auto-efficacité générale de Sherer (SGSES)

Découvrez l’Échelle d’auto-efficacité générale de Sherer (SGSES) : analyse psychométrique complète, cadre théorique sociocognitif de Bandura, cotation et items authentiques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle d’auto-efficacité générale de Sherer (Sherer General Self-Efficacy Scale, SGSES), élaborée initialement sous l’appellation de Self-Efficacy Scale par Mark Sherer et ses collaborateurs en 1982, constitue l’un des instruments psychométriques pionniers conçus pour opérationnaliser le construit d’sentiment d’efficacité personnelle développé par Albert Bandura, indépendamment d’un domaine comportemental restreint. Alors que les premières formulations théoriques de l’efficacité personnelle postulaient une spécificité contextuelle étroite, Sherer et al. ont proposé que les expériences individuelles de succès et d’échec convergent pour former un ensemble d’attentes généralisées quant à sa propre capacité à initier et maintenir des conduites adaptées face à l’adversité.

L’instrument complet comprend 30 énoncés auto-rapportés, parmi lesquels 23 items constituent les sous-échelles d’évaluation clinique et psychométrique proprement dites, tandis que 7 items servent de leurres (filler items) afin de réduire les biais de désirabilité sociale et les tendances d’acquiescement. L’analyse factorielle originale isole deux dimensions distinctes : la sous-échelle d’auto-efficacité générale (General Self-Efficacy, 17 items) et la sous-échelle d’auto-efficacité sociale (Social Self-Efficacy, 6 items). Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree).

Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une consistance interne robuste, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,84 et 0,86 pour la sous-échelle générale, et entre 0,71 et 0,73 pour la composante sociale. La validité de construit et la validité convergente ont été rigoureusement attestées par des corrélations significatives avec le lieu de contrôle interne (Locus of Control de Rotter), l’estime de soi de Rosenberg, ainsi que des associations négatives avec l’anxiété, la dépression et l’aliénation psychologique. Utilisée tant en psychologie clinique, en psychologie de la santé qu’en milieu organisationnel, la SGSES demeure une référence historique et contemporaine incontournable pour quantifier la résilience perçue et les attentes de compétence comportementale.

2. Mots-clés

Auto-efficacité générale, sentiment d’efficacité personnelle, Sherer, psychométrie, Albert Bandura, efficacité sociale, évaluation psychologique, attentes de résultat, résilience, validité de construit, persévérance comportementale.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs américains rattachés au département de psychologie de l’Université d’Auburn (Auburn University, Alabama, États-Unis) et de l’Université d’État de Floride :

  • Mark Sherer, Ph.D., ABPP-CN : Psychologue clinicien et neuropsychologue de renommée internationale, chercheur principal lors de l’élaboration de l’échelle, affilié ultérieurement au TIRR Memorial Hermann et au Baylor College of Medicine (Houston, Texas).
  • James E. Maddux, Ph.D. : Professeur émérite au département de psychologie de l’Université George Mason (Fairfax, Virginie), expert mondial des théories de l’efficacité personnelle et de la psychologie clinique positive.
  • Brenda Mercandante, M.S. : Chercheuse en psychologie clinique, Université d’Auburn.
  • Steven Prentice-Dunn, Ph.D. : Professeur de psychologie, Université d’Alabama, spécialiste des dynamiques d’autorégulation et des théories de la motivation protectrice.
  • Bert Jacobs, Ph.D. : Chercheur associé en sciences du comportement, Université d’Auburn.
  • Ronald W. Rogers, Ph.D. : Professeur de psychologie à l’Université d’Alabama, auteur de référence de la théorie de la motivation à se protéger (Protection Motivation Theory).
  • Cynthia H. Adams, Ph.D. : Chercheuse collaboratrice ayant participé avec Mark Sherer aux études subséquentes de validation de construit en 1983.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Sherer General Self-Efficacy Scale est de mesurer les attentes globales de compétence et de persévérance d’un individu en dehors de contextes spécifiques à une tâche unique. Dans le modèle initial de Bandura (1977), le sentiment d’efficacité personnelle était conceptualisé comme une variable éminemment spécifique à une situation (par exemple, la croyance d’un phobique en sa capacité à toucher un serpent ou la certitude d’un fumeur quant à son aptitude à résister à une cigarette). Toutefois, Sherer et ses collègues ont émis l’hypothèse clinique et empirique selon laquelle des antécédents répétés de succès ou d’échecs à travers une multitude de domaines de vie cristallisent une disposition psychologique plus stable : un sentiment d’auto-efficacité générale.

Applications en psychologie clinique et psychopathologie

En pratique clinique, la SGSES s’avère un instrument de choix pour évaluer les ressources d’adaptation du patient au seuil d’une prise en charge thérapeutique. Un niveau affaibli d’auto-efficacité générale est fréquemment associé à l’impuissance apprise (learned helplessness), à des schémas d’évitement cognitivo-comportemental, ainsi qu’à une vulnérabilité accrue aux épisodes dépressifs majeurs et aux troubles anxieux. En mesurant l’efficacité générale avant, pendant et après une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), les cliniciens disposent d’un indicateur quantitatif direct du renforcement de l’agentivité personnelle du patient et de sa propension à surmonter les obstacles sans rechute.

Applications en santé et réadaptation

Dans les champs de la psychologie de la santé, de la médecine physique et de la neuropsychologie de réadaptation — domaine d’expertise de Mark Sherer —, l’échelle permet de prédire l’adhésion thérapeutique, la reprise des rôles sociaux et le retour à l’emploi à la suite d’un traumatisme crânien, d’un accident vasculaire cérébral ou d’une pathologie chronique invalidante. Les individus possédant un score élevé à la SGSES mobilisent des stratégies de coping centrées sur le problème, maintiennent une assiduité rigoureuse aux protocoles d’exercices physiques et manifestent un pronostic fonctionnel significativement plus favorable.

Applications organisationnelles et éducatives

Dans les domaines de l’orientation professionnelle et de la psychologie du travail, l’échelle sert à évaluer la résistance au stress, la proactivité, la prise d’initiative entrepreneuriale et l’adaptabilité face aux transitions de carrière. En éducation supérieure, elle offre aux conseillers pédagogiques une mesure robuste de la résilience académique et de la probabilité de persévérance des étudiants confrontés à des difficultés d’apprentissage initiales.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique mesuré par l’instrument repose sur la dialectique entre l’effort consenti, la persévérance face à l’échec et la gestion des exigences sociales. Sherer et al. (1982) ont opérationnalisé le construit sous forme de deux dimensions factorielles distinctes, complétées par des énoncés de neutralisation.

1. L’Auto-efficacité générale (General Self-Efficacy – 17 items)

Cette dimension centrale évalue la conviction profonde de l’individu qu’il possède les capacités nécessaires pour mener à bien des actions requises, surmonter des barrières imprévues et poursuivre ses objectifs jusqu’à leur achèvement, indépendamment du domaine précis d’action. Ce construit se subdivise conceptuellement en trois facettes dynamiques :

  • L’initiation de l’action et la proactivité : La capacité à démarrer une tâche sans procrastination ni hésitation excessive (ex. item 16 : « When I decide to do something, I go right to work on it »). À l’inverse, l’incapacité à se mettre au travail reflète une entrave initiale à l’auto-efficacité (ex. item 3 : « One of my problems is that I cannot get down to work when I should »).
  • L’effort et l’engagement continu : L’intensité de la mobilisation des ressources personnelles lorsque la tâche s’avère complexe ou rébarbative (ex. item 15 : « When I have something unpleasant to do, I stick with it until I finish it »).
  • La persistance face à l’échec et à l’adversité : La capacité à considérer l’échec non comme une condamnation de sa valeur intrinsèque, mais comme un signal incitant à redoubler d’efforts (ex. item 4 : « If I can’t do a job the first time, I keep trying until I can » ; item 23 : « Failure just makes me try harder »). À l’opposé, l’abandon précoce constitue le marqueur saillant d’une faible efficacité (ex. item 29 : « I give up easily »).

2. L’Auto-efficacité sociale (Social Self-Efficacy – 6 items)

La seconde dimension mesure la perception de compétence dans les relations interpersonnelles, l’aisance lors de situations sociales inédites et la confiance en sa capacité à nouer de nouvelles amitiés et à s’affirmer auprès d’autrui. Les individus dotés d’une haute efficacité sociale prennent l’initiative du contact au lieu d’attendre passivement (ex. item 10 : « If I see someone I would like to meet, I go to that person instead of waiting for him or her to come to me ») et ne se découragent pas lorsque leur interlocuteur se montre initialement distant ou difficile d’accès (ex. item 19 : « When I’m trying to become friends with someone who seems uninterested at first, I don’t give up very easily »). Les scores faibles indiquent une anxiété sociale d’interaction, une inhibition comportementale et une tendance à l’isolement (ex. item 6 : « It is difficult for me to make new friends » ; item 24 : « I do not handle myself well in social gatherings »).

3. Les items neutres ou leurres (Filler Items – 7 items)

Ces 7 items (items 1, 5, 9, 13, 17, 21, 25) portent sur des préférences de loisirs (jardinage, cuisine, sciences, équitation) ou des croyances d’ordre général. Ils ne sont pas comptabilisés dans le calcul des scores d’auto-efficacité. Leur rôle méthodologique est d’éviter que le sujet ne décèle trop ouvertement le dessein univoque du questionnaire, limitant ainsi la désirabilité sociale et la cohérence artificielle des réponses.

6. Cadre théorique

L’échelle s’ancre directement dans la théorie sociocognitive (Social Cognitive Theory) formulée par Albert Bandura en 1977. Au cœur de ce cadre conceptuel se trouve le principe du déterminisme réciproque triadique, selon lequel le fonctionnement humain résulte d’une interaction dynamique et permanente entre des facteurs personnels (cognitifs, affectifs et biologiques), les comportements émis et les influences environnementales.

Attentes d’efficacité versus attentes de résultat

Bandura a formalisé une distinction cardinale entre :

  • Les attentes de résultat (outcome expectancies) : La croyance qu’un comportement donné conduira à certains résultats (par exemple : « Faire 30 minutes de rééducation par jour favorise la récupération motrice »).
  • Les attentes d’efficacité (efficacy expectations) : La conviction intime que l’on possède personnellement la capacité d’exécuter avec succès le comportement requis (par exemple : « Je suis capable de maintenir cette routine quotidienne d’exercices malgré la douleur et la fatigue »).

L’échelle de Sherer opérationnalise exclusivement les attentes d’efficacité personnelle. Selon le modèle théorique, ces attentes gouvernent l’initiation des comportements d’adaptation, le niveau d’énergie déployé face aux contraintes et la durée pendant laquelle un individu soutiendra l’effort en présence d’expériences aversives ou d’échecs répétés.

Les sources de l’efficacité personnelle et leur généralisation

D’après Bandura, le sentiment d’efficacité s’alimente à partir de quatre sources d’information principales :

  1. Les expériences de maîtrise active (mastery experiences) : Les succès passés constituent la source la plus puissante d’auto-efficacité, tandis que les échecs cuisants l’érodent.
  2. L’apprentissage par procuration ou modelage social (vicarious experiences) : L’observation de pairs surmontant des difficultés analogues.
  3. La persuasion verbale ou sociale : Les encouragements et jugements évaluatifs positifs reçus de figures de référence.
  4. Les états physiologiques et émotionnels : L’interprétation des réactions somatiques (tachycardie, anxiété, fatigue) comme un signe d’incompétence ou au contraire comme une activation normale face au défi.

L’innovation théorique introduite par Sherer et ses collègues réside dans le postulat d’une généralisation cognitive transversale. Alors que Bandura préconisait de mesurer l’auto-efficacité au plus près d’une tâche cible pour maximiser la prédiction comportementale, Sherer et al. ont démontré que l’agrégation de multiples expériences de maîtrise engendre un noyau de croyance transcendant les frontières situationnelles. Cette orientation rapproche le construit de notions voisines telles que le Locus de contrôle interne de Julian Rotter (1966) et le concept d’agentivité humaine globale.

7. Validité

La validité psychométrique de la SGSES a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques depuis sa publication originelle.

Validité de construit et convergente

Dans l’étude princeps de Sherer et al. (1982), menée auprès d’un échantillon initial de 376 étudiants universitaires, la validité convergente a été démontrée par des corrélations substantielles et théoriquement cohérentes avec plusieurs instruments de référence :

  • Lieu de contrôle (I-E Scale de Rotter) : Une corrélation négative significative (r = -0,28 à -0,34, p < 0,001) a été observée entre la sous-échelle générale et le score d’externalité de Rotter, confirmant que les personnes ayant une forte auto-efficacité s’attribuent la causalité de leurs succès plutôt que de l’assigner à la chance ou au destin.
  • Estime de soi (Rosenberg Self-Esteem Scale) : Des corrélations positives remarquablement élevées (r = 0,51 à 0,57, p < 0,001) ont corroboré le lien étroit entre l’appréciation globale de sa valeur personnelle et le sentiment de compétence comportementale.
  • Compétence interpersonnelle : La sous-échelle d’auto-efficacité sociale a corrélé positivement avec des mesures de sociabilité et négativement avec l’inhibition sociale et la timidité (r = -0,44).

Validité discriminante

Dans une étude de réplication et d’extension menée par Sherer et Adams (1983) auprès de 101 patients psychiatriques externes et participants en milieu clinique, les scores de la SGSES ont montré des corrélations négatives robustes avec les échelles de détresse psychologique du MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory), notamment l’anxiété manifeste (Taylor Manifest Anxiety Scale, r = -0,54) et les échelles de dépression (r = -0,48), tout en se distinguant nettement des traits rigides de pathologie caractérielle, démontrant ainsi une validité discriminante satisfaisante vis-à-vis des troubles sévères de la personnalité.

Validité prédictive et de critère

Sherer et al. (1982) ont soumis l’instrument à une validation de critère en évaluant le comportement réel de participants dans une tâche expérimentale de résolution de problèmes complexes sans issue (problèmes insolubles). Les sujets présentant des scores élevés à l’échelle d’auto-efficacité générale ont persisté de manière significativement plus longue dans la tâche et ont manifesté une moindre résignation comparés à leurs pairs aux scores faibles. De surcroît, les recherches longitudinales conduites en réadaptation professionnelle (Sherer et al., 1983) ont révélé que la SGSES prédisait avec succès le taux de réinsertion sur le marché de l’emploi et l’achèvement des cursus de formation professionnelle chez des personnes ayant subi des accidents du travail.

8. Fidélité

Les études psychométriques successives attestent d’une excellente fidélité, tant en termes d’homogénéité interne que de stabilité temporelle.

Consistance interne

Dans l’échantillon de dérivation de Sherer et al. (1982, N = 376), le coefficient alpha de Cronbach obtenu était de :

  • Sous-échelle d’auto-efficacité générale (17 items) : α = 0,86.
  • Sous-échelle d’auto-efficacité sociale (6 items) : α = 0,71.

Ces estimations ont été répliquées de façon particulièrement constante dans la littérature internationale. Syed Sohail Imam (2007) a analysé les propriétés de la SGSES sur un large échantillon d’étudiants (N = 405) et a retrouvé un alpha de 0,85 pour la sous-échelle générale et de 0,72 pour la sous-échelle sociale. Woodruff et Cashman (1993) ont rapporté un coefficient alpha global de 0,88 pour l’ensemble des 23 items cotés.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été documentée sur divers intervalles :

  • À un intervalle de 3 à 4 semaines, les corrélations test-retest oscillent entre r = 0,74 et r = 0,82 pour la dimension générale, démontrant que le construit possède la stabilité attendue d’une disposition cognitive générale tout en conservant une certaine sensibilité au changement thérapeutique.
  • L’étude d’Imam (2007) a rapporté un coefficient de corrélation intraclasse test-retest à 6 semaines de 0,79 (p < 0,001) pour la sous-échelle générale et de 0,68 pour la sous-échelle sociale, confirmant la pérennité temporelle des auto-évaluations dans des conditions de vie stables.

9. Analyse factorielle

L’architecture dimensionnelle de la SGSES a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.

Analyse factorielle exploratoire princeps (Sherer et al., 1982)

Les 30 items initiaux ont été soumis à une analyse en composantes principales avec rotation varimax. Les critères d’extraction (valeurs propres supérieures à 1,0 et examen du graphique d’éboulis de Cattell) ont fait émerger deux facteurs distincts expliquant une part prépondérante de la variance :

  • Facteur I (Auto-efficacité générale) : Ce facteur rend compte de 26,5 % de la variance totale. Les 17 items saturant sur ce facteur affichent des poids factoriels compris entre 0,38 et 0,67. Ils traduisent la volonté d’accomplissement, la ténacité face aux revers et la confiance générale en ses compétences d’exécution.
  • Facteur II (Auto-efficacité sociale) : Ce facteur explique 8,5 % de la variance. Les 6 items qui s’y rattachent possèdent des saturations situées entre 0,39 et 0,69, ciblant exclusivement l’aisance et l’initiative dans les contextes relationnels interpersonnels.
  • Les 7 items restants ont présenté des saturations faibles (< 0,30) ou diffuses sur plusieurs axes non interprétables, confirmant leur rôle d’items neutres ou leurres.

Analyses factorielles confirmatoires et modèles concurrents

Plusieurs recherches métrologiques indépendantes (notamment Woodruff & Cashman, 1993 ; Bosscher & Smit, 1998 ; Imam, 2007) ont examiné l’adéquation du modèle bi-factoriel de Sherer au moyen d’analyses factorielles confirmatoires :

  • Bosscher et Smit (1998) ont proposé une division alternative de la sous-échelle générale en trois facteurs d’ordre premier : Initiative (initier des actions), Effort (soutenir le travail) et Persévérance (résister au découragement face aux obstacles).
  • Néanmoins, les études de modélisation par équations structurales (AFC) corroborent la supériorité d’un modèle hiérarchique de second ordre, où les sous-dimensions d’effort et d’initiative se subordonnent à un facteur général d’efficacité personnelle de niveau supérieur (indices d’ajustement satisfaisants : RMSEA ≤ 0,058 ; CFI ≥ 0,92 ; TLI ≥ 0,91).

10. Instrument de mesure

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-rapporté).
  • Population cible : Adolescents et adultes (à partir de 16 ans) en population générale, clinique, organisationnelle ou étudiante.
  • Nombre total d’items : 30 items (23 items cotés pour l’évaluation de l’efficacité personnelle + 7 items neutres/leurres non cotés).
  • Sous-échelles :
    • Sous-échelle d’auto-efficacité générale (General Self-Efficacy Subscale) : 17 items.
    • Sous-échelle d’auto-efficacité sociale (Social Self-Efficacy Subscale) : 6 items.
    • Items leurres (Filler items) : 7 items (items 1, 5, 9, 13, 17, 21, 25).
  • Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
    • 2 = Modérément en désaccord (Disagree)
    • 3 = Neutre / Indécis (Neither agree nor disagree)
    • 4 = Modérément d’accord (Agree)
    • 5 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Règles de cotation et inversion :
    • Pour obtenir le score, les items formulés négativement doivent être préalablement inversés (recodage : 1 → 5, 2 → 4, 3 → 3, 4 → 2, 5 → 1).
    • Items inversés de l’échelle générale : 3, 7, 8, 11, 12, 18, 20, 22, 26, 29, 30.
    • Items non inversés (formulés positivement) de l’échelle générale : 2, 4, 15, 16, 23, 27.
    • Items inversés de l’échelle sociale : 6, 14, 24.
    • Items non inversés de l’échelle sociale : 10, 19, 28.
  • Interprétation des scores :
    • Score d’auto-efficacité générale (17 items) : s’étend de 17 à 85 points. Un score élevé reflète un sentiment vigoureux d’efficacité personnelle, une tolérance élevée aux difficultés et une faible propension à la démission comportementale.
    • Score d’auto-efficacité sociale (6 items) : s’étend de 6 à 30 points. Un score élevé traduit une aisance relationnelle et une capacité affirmée à initier et consolider des relations interpersonnelles.
    • Score total combiné (23 items) : s’étend de 23 à 115 points.
  • Durée d’administration : Environ 5 à 10 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1982 (article séminal publié dans Psychological Reports).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’instrument a été publié dans le domaine académique par Mark Sherer et ses coauteurs au sein de la revue Psychological Reports. L’échelle est disponible pour la recherche scientifique et l’usage clinique non commercial sans frais de licence, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence de Sherer et al. (1982) et Sherer et Adams (1983).
  • Tarifs : Gratuit pour une utilisation universitaire, éducative et de recherche fondamentale. Toute adaptation commerciale intégrée à des progiciels d’évaluation de personnel ou de diagnostic d’entreprise nécessite une autorisation formelle auprès des ayants droit ou de l’éditeur de la revue source.

12. Références

Les publications fondatrices et études psychométriques de validation ci-dessous régissent l’usage scientifique de la SGSES :

  • Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
  • Bosscher, R. J., & Smit, J. H. (1998). Confirmatory factor analysis of the General Self-Efficacy Scale. Behaviour Research and Therapy, 36(3), 339–343. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(98)00025-4
  • Hamill, S. K. (2003). Resilience and self-efficacy: The importance of efficacy beliefs and coping mechanisms in resilient adolescents. Colgate University Journal of the Sciences, 35, 115–146.
  • Imam, S. S. (2007). Sherer et al. General Self-Efficacy Scale: Dimensionality, internal consistency, and temporal stability. Proceedings of the Redesigning Pedagogy: Culture, Knowledge and Understanding Conference, Singapore.
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Sherer, M., & Adams, C. H. (1983). Construct validation of the Self-Efficacy Scale. Psychological Reports, 53(3), 899–902. https://doi.org/10.2466/pr0.1983.53.3.899
  • Sherer, M., Maddux, J. E., Mercandante, B., Prentice-Dunn, S., Jacobs, B., & Rogers, R. W. (1982). The Self-Efficacy Scale: Construction and validation. Psychological Reports, 51(2), 663–671. https://doi.org/10.2466/pr0.1982.51.2.663
  • Woodruff, S. L., & Cashman, J. F. (1993). Task, domain, and general self-efficacy: A reexamination of the Self-Efficacy Scale. Psychological Reports, 72(2), 423–432. https://doi.org/10.2466/pr0.1993.72.2.423

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: Strongly disagree (1) to strongly agree (5)

  1. I like to grow house plants.
  2. When I make plans‚ I am certain I can make them work.
  3. One of my problems is that I cannot get down to work when I should.
  4. If I can’t do a job the first time‚ I keep trying until I can.
  5. Heredity plays the major role in determining one’s personality.
  6. It is difficult for me to make new friends.
  7. When I set important goals for myself‚ I rarely achieve them.
  8. I give up on things before completing them.
  9. I like to cook.
  10. If I see someone I would like to meet‚ I go to that person instead of waiting for him orher to come to me.
  11. I avoid facing difficulties.
  12. If something looks too complicated‚ I will not even bother to try it.
  13. There is some good in everybody.
  14. If I meet someone interesting who is very hard to make friends with‚ I’ll soon stoptrying to make friends with that person.
  15. When I have something unpleasant to do‚ I stick with it until I finish it.
  16. When I decide to do something‚ I go right to work on it.
  17. I like science.
  18. When trying to learn something new‚ I soon give up if I am not initially successful.
  19. When I’m trying to become friends with someone who seems uninterested at first‚ Idon’t give up very easily.
  20. When unexpected problems occur‚ I don’t handle them well.
  21. If I were an artist‚ I would like to draw children.
  22. I avoid trying to learn new things when they look too difficult for me.
  23. Failure just makes me try harder.
  24. I do not handle myself well in social gatherings.
  25. I very much like to ride horses.
  26. I feel insecure about my ability to do things.
  27. I am a self-reliant person.
  28. I have acquired my friends through my personal abilities at making friends.
  29. I give up easily.
  30. I do not seem capable of dealing with most problems that come up in my life.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle d’auto-efficacité générale de Sherer (SGSES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-efficacite-generale-sherer-sgses/
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité générale de Sherer (SGSES).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-efficacite-generale-sherer-sgses/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’auto-efficacité générale de Sherer (SGSES).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-efficacite-generale-sherer-sgses/.