- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)
1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’Auto-Efficacité Générale (en anglais, General Self-Efficacy Scale ou GSE), initialement conçue en langue allemande sous le nom de Allgemeine Selbstwirksamkeitsskala par les psychologues Ralf Schwarzer et Matthias Jerusalem en 1979 (puis révisée et abrégée à 10 items en 1981 et formalisée en 1995), constitue l’un des instruments psychométriques les plus largement employés à l’échelle internationale pour évaluer les croyances globales d’un individu quant à sa capacité à surmonter les exigences difficiles de l’existence et à s’adapter aux situations imprévues.
Fondée sur le concept paradigmatique de sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy) théorisé par Albert Bandura dans le cadre de la théorie sociale cognitive, la GSE appréhende un sentiment de compétence universel et prospectif plutôt qu’une compétence restreinte à un domaine d’action circonscrit. L’instrument est composé de 10 items formulés de manière positive, administrés au moyen d’une échelle de réponse de type Likert à 4 points (allant de 1 = « Pas du tout vrai » à 4 = « Tout à fait vrai »). Le score global s’obtient par l’addition brute des réponses, générant une note totale variant de 10 à 40 points, où une note élevée reflète un sentiment élevé d’auto-efficacité générale.
Sur le plan métrologique, l’échelle a fait l’objet d’adaptations et de validations transculturelles dans plus de 33 pays, regroupant des échantillons normatifs de dizaines de milliers de participants. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires démontrent de manière quasi unanime une structure strictement unidimensionnelle. Les indices de cohérence interne s’avèrent remarquablement stables, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,75 et 0,91 selon les populations étudiées. La validité convergente et prédictive est attestée par des corrélations positives robustes avec l’optimisme dispositionnel, l’estime de soi, l’autorégulation et les comportements préventifs de santé, ainsi que par des corrélations négatives substantielles avec l’anxiété, la dépression, le stress perçu et l’épuisement professionnel (burnout).
2. Mots-clés / Keywords
Auto-efficacité générale, sentiment d’efficacité personnelle, Ralf Schwarzer, Matthias Jerusalem, Albert Bandura, théorie sociale cognitive, coping, résilience, adaptation au stress, psychométrie, évaluation psychologique, optimisme dispositionnel.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle d’Auto-Efficacité Générale a été conceptualisée et développée par deux chercheurs renommés en psychologie de la santé et psychologie différentielle :
- Prof. Dr. Ralf Schwarzer : Professeur émérite de psychologie à la Freie Universität Berlin (Allemagne) et professeur honoraire à la School of Psychology de l’Université de Sydney (Australie). Spécialiste mondialement reconnu de la psychologie de la santé, du changement de comportement (modèle HAPA) et des processus de résilience face au stress. Courriel institutionnel : [email protected].
- Prof. Dr. Matthias Jerusalem : Professeur de psychologie de l’éducation et de la santé à la Humboldt-Universität zu Berlin (Allemagne). Ses travaux portent principalement sur le sentiment d’efficacité personnelle chez les enseignants et les apprenants, la gestion du stress scolaire et le développement psychosocial chez les adolescents. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle d’Auto-Efficacité Générale (GSE) est de quantifier de manière standardisée et économique la croyance globale d’un individu en ses propres capacités d’adaptation et de maîtrise face à un large éventail de situations stressantes, nouvelles, complexes ou ambiguës. Contrairement aux mesures d’auto-efficacité spécifiques à une tâche (telles que l’efficacité auto-rapportée pour cesser de fumer, pratiquer une activité physique régulière ou réussir un examen de mathématiques), la GSE cible un construit dispositionnel large représentant une confiance fondamentale en sa propre agentivité (agency).
Applications en recherche scientifique
Dans le domaine de la recherche fondamentale et translationnelle, la GSE est utilisée comme variable indépendante, modératrice ou médiatrice dans des protocoles explorant :
- Les modèles de changement comportemental en santé : Elle s’intègre au sein du modèle Health Action Process Approach (HAPA) développé par Schwarzer, où l’auto-efficacité agit tant lors de la phase motivationnelle (formation de l’intention) que lors de la phase volitionnelle (planification et maintien du comportement).
- La psycho-neuro-immunologie et les réponses psychophysiologiques : Les chercheurs examinent comment un sentiment élevé d’auto-efficacité atténue la réactivité cardiovasculaire et l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (cortisol) face à des stresseurs aigus de laboratoire (par exemple, le Trier Social Stress Test).
- La psychologie transculturelle : L’échelle permet de comparer les niveaux d’agentivité perçue à travers différentes cultures (individualistes versus collectivistes) et d’analyser l’invariance de mesure à travers les langues et les contextes socio-économiques.
Applications cliniques et appliquées
En pratique clinique, organisationnelle et éducative, la GSE remplit plusieurs fonctions majeures :
- Évaluation diagnostique et prédictive : Mesurer la réserve de résilience psychologique d’un patient avant d’entamer une psychothérapie cognitive et comportementale (TCC) ou un protocole de réhabilitation médicale (réadaptation cardiaque, gestion des douleurs chroniques, suites d’accidents vasculaires cérébraux).
- Suivi de l’efficacité thérapeutique : L’instrument sert d’indicateur sensible de l’autonomisation (empowerment) et du rétablissement psychologique, permettant d’objectiver les progrès réalisés par les patients dans la réappropriation de leur capacité d’action.
- Psychologie du travail et des organisations : Identification des risques psychosociaux, prévention du syndrome d’épuisement professionnel (burnout), sélection et développement du leadership axés sur les compétences d’adaptation proactive.
- Psychologie scolaire et universitaire : Évaluation du risque de décrochage académique et mise en place de programmes de tutorat visant le renforcement du sentiment d’auto-efficacité scolaire.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la GSE est l’auto-efficacité générale (General Self-Efficacy). Ce concept renvoie à une disposition cognitive stable caractérisée par la conviction intime et globale qu’un individu possède les ressources internes nécessaires pour exécuter avec succès les comportements requis pour produire les résultats souhaités, même en présence d’obstacles majeurs ou d’événements imprévus.
Nature unidimensionnelle et opérationnalisation
Contrairement aux conceptions multidimensionnelles qui segmentent la personnalité en composantes indépendantes, la GSE a été délibérément élaborée comme un construit unidimensionnel cohérent. Bien que l’échelle soit unidimensionnelle sur le plan factoriel, ses items opérationnalisent plusieurs facettes phénoménologiques de l’agentivité humaine :
- La persistance face aux obstacles (Persévérance volitionnelle) : L’évaluation de la détermination à investir l’effort requis en dépit des difficultés initiales (ex. Item 1 : « I can always manage to solve difficult problems if I try hard enough » et Item 6 : « I can solve most problems if I invest the necessary effort »). Cette composante reflète la croyance selon laquelle l’effort est le déterminant principal du succès.
- L’affirmation stratégique face à l’opposition sociale (Affirmation d’objectifs) : La capacité perçue à maintenir son cap et à trouver des voies alternatives lorsque l’on fait face à une résistance interpersonnelle (ex. Item 2 : « If someone opposes me, I can find the means and ways to get what I want »).
- La clarté téléologique et la focalisation sur les buts (Auto-régulation) : L’aptitude à demeurer focalisé sur ses objectifs à long terme sans se laisser détourner par des distractions ou des revers temporaires (ex. Item 3 : « It is easy for me to stick to my aims and accomplish my goals »).
- L’adaptabilité aux événements imprévus et aux crises (Ingéniosité/Resourcefulness) : La confiance dans sa capacité à mobiliser spontanément des solutions cognitives et comportementales inédites face à des contextes changeants (ex. Item 4 : « I am confident that I could deal efficiently with unexpected events » et Item 5 : « Thanks to my resourcefulness, I know how to handle unforeseen situations »).
- La régulation émotionnelle sous stress (Sérénité d’adaptation) : La préservation du calme intérieur découlant de la certitude de pouvoir compter sur ses propres compétences de coping (ex. Item 7 : « I can remain calm when facing difficulties because I can rely on my coping abilities »).
- La flexibilité cognitive et la génération de solutions (Résolution de problèmes) : L’aptitude perçue à générer de multiples alternatives d’action face à un problème bloquant (ex. Item 8 : « When I am confronted with a problem, I can usually find several solutions » et Item 9 : « If I am in trouble, I can usually think of a solution »).
- Le sentiment global de maîtrise globale (Maîtrise existentielle) : L’attitude générale d’ouverture et de confiance face à tout événement qui survient (ex. Item 10 : « I can usually handle whatever comes my way »).
Distinctions conceptuelles majeures
Pour appréhender rigoureusement le construit de la GSE, il est crucial de le distinguer de construits voisins :
- GSE vs. Estime de soi (Self-Esteem) : L’estime de soi (telle qu’évaluée par l’échelle de Rosenberg) représente un jugement évaluatif global de sa propre valeur en tant que personne (dimension affective et évaluative : « Je m’aime, j’ai de la valeur »). L’auto-efficacité générale est un jugement prospectif de compétence d’action (dimension cognitive et d’agentivité : « Je suis capable d’agir et de réussir »).
- GSE vs. Lieu de contrôle (Locus of Control) : Le lieu de contrôle interne (Julian Rotter) évalue la croyance générale selon laquelle les événements dépendent de ses propres actions plutôt que du destin ou de la chance. L’auto-efficacité générale va plus loin : un individu peut être convaincu qu’un examen dépend de ses compétences (locus interne), tout en doutant totalement d’avoir la capacité personnelle de maîtriser la matière (faible auto-efficacité).
- GSE vs. Optimisme dispositionnel : L’optimisme (Scheier & Carver, LOT-R) renvoie à l’attente globale que des choses favorables vont se produire, indépendamment de la source causale. L’auto-efficacité attribue explicitement la cause de cette issue positive à l’action compétente du soi.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement épistémologique de l’Échelle d’Auto-Efficacité Générale repose au confluent de la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura et de la psychologie différentielle du stress et du coping de Richard Lazarus.
La théorie sociale cognitive d’Albert Bandura
Dans son ouvrage séminal de 1977 intitulé « Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change », puis dans sa somme théorique de 1997 (Self-Efficacy: The Exercise of Control), Bandura a démontré que les croyances d’efficacité constituent le mécanisme central de l’agentivité humaine. Selon Bandura, ces croyances influencent :
- Les choix comportementaux (les individus évitent les activités perçues comme dépassant leurs capacités et s’engagent dans celles qu’ils s’estiment capables de maîtriser) ;
- La quantité d’effort investi et la persévérance accordée face aux obstacles ;
- Les schémas de pensée (pensées orientées vers la tâche versus auto-dépréciation et rumination) ;
- Les réactions émotionnelles et le niveau de détresse psychologique éprouvé lors de confrontations stressantes.
Bandura identifie quatre sources fondamentales forgeant le sentiment d’efficacité :
- Les expériences de maîtrise active (Mastery experiences) : Succès antérieurs obtenus par un effort soutenu (la source la plus puissante) ;
- L’apprentissage par observation vicariante (Vicarious experiences) : Observation de pairs similaires surmontant avec succès des épreuves ;
- La persuasion verbale et sociale : Encouragements et rétroactions positives de mentors ou pairs crédibles ;
- Les états physiologiques et affectifs : Interprétation somatique de l’anxiété (considérée comme un stimulant mobilisateur plutôt que comme le signe d’un échec imminent).
L’extension théorique vers l’auto-efficacité « générale » par Schwarzer et Jerusalem
Si Bandura préconisait initialement une approche strictement spécifique au domaine (mesurant l’auto-efficacité pour des contextes extrêmement ciblés), Ralf Schwarzer et Matthias Jerusalem ont proposé que, par le cumul d’expériences de maîtrise répétées à travers divers domaines de vie, les individus développent un sentiment généralisé et synthétique de compétence personnelle. Cette auto-efficacité générale agit comme une méta-croyance de résilience, mobilisée particulièrement lorsque l’individu fait face à des situations inédites (où aucune expérience préalable spécifique n’existe pour guider l’évaluation).
Intégration au modèle transactionnel du stress de Lazarus et Folkman
Dans le paradigme transactionnel du stress (Lazarus & Folkman, 1984), le stress résulte d’une discordance perçue entre les exigences environnementales et les ressources personnelles disponibles. L’auto-efficacité générale intervient de manière déterminante lors de l’évaluation secondaire (secondary appraisal) : l’individu évaluant ses ressources d’adaptation comme largement suffisantes transforme une menace potentielle en un défi stimulant (challenge), adoptant préférentiellement des stratégies de coping centrées sur le problème plutôt que des stratégies dysfonctionnelles d’évitement ou de déni.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la GSE a été documentée à travers des centaines d’études empiriques publiées dans les revues internationales de psychologie et de psychiatrie les plus exigeantes.
Validité convergente
La validité convergente de la GSE est étayée par des corrélations statistiquement significatives et congruentes avec la théorie :
- Optimisme dispositionnel (LOT-R) : Corrélations positives robustes comprises entre r = 0,45 et r = 0,65 (Schwarzer & Jerusalem, 1995 ; Luszczynska et al., 2005).
- Estime de soi globale (Rosenberg Self-Esteem Scale) : Corrélations positives modérées à fortes comprises entre r = 0,50 et r = 0,68, confirmant que la confiance en ses capacités partage une variance commune avec l’auto-évaluation affective sans s’y confondre.
- Espoir et optimisme appris (Snyder’s Hope Scale) : Corrélations de l’ordre de r = 0,55 à r = 0,70 avec les dimensions de volonté (agency) et de planification des voies d’action (pathways).
- Résilience psychologique (CD-RISC, BRS) : Associations positives très fortes variant de r = 0,58 à r = 0,72.
Validité discriminante
La validité discriminante est attestée par des corrélations négatives systématiques et théoriquement attendues avec des construits de détresse affective :
- Anxiété-trait et anxiété d’évaluation (STAI) : Corrélations négatives substantielles variant entre r = -0,40 et r = -0,60.
- Symptomatologie dépressive (BDI, CES-D) : Corrélations négatives robustes comprises entre r = -0,35 et r = -0,55.
- Stress perçu (PSS-10 de Cohen) : Corrélations négatives de l’ordre de r = -0,45 à r = -0,58.
- Névrosisme / Instabilité émotionnelle (Big Five / NEO-PI-R) : Corrélations négatives modérées à fortes (r = -0,38 à -0,52), tandis que des corrélations positives sont observées avec la Conscienciosité (r = 0,40 à 0,52) et l’Extraversion (r = 0,35 à 0,48).
Validité prédictive et longitudinale
Des protocoles longitudinaux ont démontré la valeur prédictive incrémentielle de la GSE :
- Santé physique et observance thérapeutique : Luszczynska, Gutiérrez-Doña et Schwarzer (2005) ont montré, sur des cohortes multi-pays, que des scores élevés à la GSE prédisaient l’engagement soutenu dans des régimes nutritionnels sains, l’observance médicamenteuse et la pratique d’exercice physique régulier sur des périodes de 6 à 12 mois, au-delà des variables sociodémographiques.
- Réhabilitation cardiaque : Prédiction significative d’une reprise plus rapide de l’activité professionnelle et d’une diminution des réadmissions hospitalières chez les patients post-infarctus.
- Performance au travail et prévention de l’épuisement : Prédiction négative du score d’épuisement émotionnel du Maslach Burnout Inventory (MBI) à 1 an d’intervalle chez les soignants et les enseignants.
8. Fidélité / Reliability
Les qualités métrologiques de l’Échelle d’Auto-Efficacité Générale en matière de fidélité et de précision de mesure se situent aux standards les plus élevés de la psychométrie contemporaine.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Oméga de McDonald)
Dans l’immense méta-analyse et étude transculturelle menée par Scholz, Doña, Sud et Schwarzer (2002) portant sur 19 120 participants issus de 25 pays, le coefficient alpha de Cronbach global s’est élevé à 0,86. Les valeurs nationales variaient dans une fourchette étroite allant de 0,75 (au Japon) à 0,91 (au Costa Rica), la vaste majorité des pays affichant des coefficients compris entre 0,82 et 0,89 :
- Allemagne : $\alpha = 0,87$ ;
- France : $\alpha = 0,84$ ;
- États-Unis / Canada anglophone : $\alpha = 0,88$ ;
- Espagne : $\alpha = 0,86$ ;
- Chine (Hong Kong) : $\alpha = 0,83$ ;
- Pologne : $\alpha = 0,87$.
Le coefficient Oméga de McDonald ($\omega_t$), calculé dans des études récentes pour surmonter les limitations du modèle tau-équivalent, confirme cette excellente fidélité avec des valeurs excédant couramment 0,88.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest a été évaluée sur divers intervalles temporels, confirmant le caractère dispositionnel stable mais modérément sensible aux interventions thérapeutiques de l’auto-efficacité :
- À 1 an d’intervalle : coefficients de corrélation test-retest compris entre $r_{tt} = 0,55$ et $r_{tt} = 0,67$ dans des populations d’enseignants et d’étudiants ;
- À 2 ans d’intervalle : $r_{tt} = 0,47$ à $0,63$ ;
- Sur un court intervalle (2 à 4 semaines, sans intervention) : coefficients de stabilité oscillant entre $r_{tt} = 0,78$ et $r_{tt} = 0,88$.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la GSE a fait l’objet de multiples investigations par Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC), complétées par des analyses en Théorie de Réponse aux Items (TRI).
Structure unidimensionnelle confirmée
Dès les travaux initiaux de Schwarzer et Jerusalem (1995) et dans toutes les réplications transculturelles majeures (notamment Scherbaum et al., 2006 ; Scholz et al., 2002), l’AFE met invariablement en évidence un seul facteur dominant présentant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à 1 (représentant typiquement entre 42 % et 55 % de la variance totale expliquée), sans qu’un second facteur ne vienne franchir le seuil du test du coude de Cattell (scree plot).
Modélisation par équations structurelles (AFC)
Les modèles d’analyse factorielle confirmatoire testant l’unidimensionnalité stricte révèlent d’excellents indices d’adéquation aux données à travers différents groupes d’âge, de genre et de nationalité :
- Chi-deux normé : $\chi^2 / dl < 3,0$ ;
- Comparative Fit Index (CFI) : valeurs fréquemment comprises entre 0,95 et 0,99 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) : valeurs situées entre 0,94 et 0,98 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : valeurs comprises entre 0,035 et 0,058 (IC 90 % [0,028 ; 0,065]) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : valeurs généralement < 0,040.
Saturations factorielles des items (Factor Loadings)
Toutes les saturations factorielles standardisées ($lambda$) sont statistiquement significatives ($p < 0,001$) et dépassent largement le seuil conventionnel de 0,40, la plupart se situant entre 0,55 et 0,78. Les items 1, 4, 6 et 10 figurent régulièrement parmi les items affichant les saturations les plus élevées, illustrant leur rôle central d’indicateurs de l’agentivité adaptative.
Invariance de mesure transculturelle et d’échantillonnage
Les tests d’invariance de mesure multigroupes (Multigroup Confirmatory Factor Analysis – MGCFA) démontrent l’invariance configural (même structure à un facteur dans tous les pays) et l’invariance métrique (poids factoriels équivalents entre les cultures et selon le genre). Une invariance scalaire partielle a été établie dans de nombreux sous-groupes linguistiques, autorisant la comparaison directe des moyennes observées entre pays de structures linguistiques comparables.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Échelle d’Auto-Efficacité Générale se présente sous une forme standardisée, concise et facile d’utilisation :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (auto-évaluation individuelle ou collective, sur support papier-crayon ou numérique).
- Nombre total d’items : 10 items affirmatifs courts.
- Format des réponses : Échelle de type Likert à 4 points :
- 1 = Not at all true (Pas du tout vrai)
- 2 = Hardly true (À peine vrai)
- 3 = Moderately true (Moyennement vrai)
- 4 = Exactly true (Tout à fait vrai)
- Durée moyenne d’administration : 2 à 4 minutes.
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Tous les 10 items sont formulés positivement et cotés de 1 à 4.
- Aucun item inversé : il n’est requis aucune inversion de score.
- Calcul du score total : Somme directe des réponses fournies aux 10 items ($Score = \sum_{i=1}^{10} Item_i$).
- Étendue des scores : Le score global est compris entre 10 et 40 points.
- Score moyen alternatif : Il est également possible de calculer la moyenne des items (Score divisé par 10), produisant un indice variant de 1,0 à 4,0.
- Interprétation des scores : Plus le score total est élevé, plus le niveau d’auto-efficacité générale perçue est grand. Des normes internationales (Schwarzer & Jerusalem) situent typiquement la moyenne populationnelle autour de 29 à 30 points ($ET \approx 5,0$). Un score inférieur à 25 indique généralement une auto-efficacité faible nécessitant une attention clinique ou un renforcement ciblé.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de création originale : 1979 (version allemande à 20 items par Jerusalem & Schwarzer) ; version abrégée révisée à 10 items créée en 1981 ; publication officielle de référence internationale en langue anglaise en 1995.
- Statut des droits d’auteur et permissions : Les auteurs Ralf Schwarzer et Matthias Jerusalem ont placé l’échelle dans le domaine public pour la recherche scientifique et l’enseignement académique non commercial. L’utilisation de l’instrument est gratuite sans qu’une autorisation écrite formelle ne soit requise pour les projets de recherche universitaire ou d’évaluation clinique non lucrative, à condition de citer fidèlement la source originale.
- Utilisation commerciale : Toute incorporation dans des plateformes logicielles commerciales, des outils de sélection RH payants ou des programmes de consultation lucrative nécessite de vérifier les conditions auprès des détenteurs de droits ou de leurs ayants droit institutionnels.
12. Références / References
- Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Luszczynska, A., Gutiérrez-Doña, B., & Schwarzer, R. (2005). General self-efficacy in various domains of human functioning: Evidence from five countries. International Journal of Psychology, 40(2), 80–89. https://doi.org/10.1080/00207590444000041
- Luszczynska, A., Scholz, U., & Schwarzer, R. (2005). The General Self-Efficacy Scale: Multicultural validation studies. The Journal of Psychology, 139(5), 439–457. https://doi.org/10.3200/JRLP.139.5.439-457
- Scherbaum, C. A., Cohen-Charash, Y., & Kern, M. J. (2006). Measuring general self-efficacy: A comparison of three popular generalized self-efficacy scales. Educational and Psychological Measurement, 66(6), 1047–1063. https://doi.org/10.1177/0013164406288171
- Scholz, U., Doña, B. G., Sud, S., & Schwarzer, R. (2002). Is general self-efficacy a universal construct? Psychometric findings from 25 countries. European Journal of Psychological Assessment, 18(3), 242–251. https://doi.org/10.1027/1015-5759.18.3.242
- Schwarzer, R., & Jerusalem, M. (1995). Generalized Self-Efficacy scale. In J. Weinman, S. Wright, & M. Johnston (Eds.), Measures in health psychology: A user’s portfolio. Causal and control beliefs (pp. 35–37). NFER-NELSON.