1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’auto-efficacité en counseling multiculturel – Formulaire de diversité raciale (Multicultural Counseling Self-Efficacy Scale – Racial Diversity Form, ou MCSE-RD) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par Hung-Bin Sheu et Robert W. Lent en 2005 (publié en 2007) pour mesurer le sentiment d’efficacité personnelle des professionnels de la santé mentale et des conseillers en formation lorsqu’ils travaillent auprès d’une patientèle racialement et culturellement diversifiée. Fondée sur la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura et les modèles tridimensionnels de compétences multiculturelles (Sue et al., 1992), l’échelle capture la confiance spécifique d’un praticien dans sa capacité à mobiliser des compétences cliniques adaptées en présence de disparités raciales et de dynamiques transculturelles complexes.
Dans sa forme finale validée, la MCSE-RD est composée de 37 items (dérivés d’un ensemble exploratoire initial de 60 items) répartis au sein de trois dimensions corrélées de premier ordre : l’Intervention multiculturelle (24 items), l’Évaluation multiculturelle (6 items) et la Gestion de séance en counseling multiculturel (7 items). Les répondants indiquent leur degré de certitude quant à l’exécution efficace de chaque tâche clinique sur une échelle de type Likert en 10 points allant de 0 (« No Confidence at all » / Aucune confiance) à 9 (« Complete Confidence » / Confiance absolue), les valeurs médianes (2 à 5) représentant une confiance modérée (« Some Confidence »).
Les analyses psychométriques initiales et de réplication démontrent des qualités métrologiques exceptionnelles. La cohérence interne est particulièrement robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,92 et 0,98 pour les trois sous-échelles, et atteignant 0,98 pour l’échelle globale. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent un modèle hiérarchique composé de trois facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général d’auto-efficacité multiculturelle. La validité de construit est étayée par des corrélations convergentes significatives avec d’autres échelles de compétences multiculturelles, les attentes d’efficacité générale en counseling et les expériences de formation multiculturelle, tout en maintenant une validité discriminante appropriée face au biais de désirabilité sociale.
2. Mots-clés / Keywords
Auto-efficacité, counseling multiculturel, compétences transculturelles, diversité raciale, psychométrie, relation thérapeutique, évaluation psychologique, théorie sociale cognitive, impasse interculturelle, contre-transfert racial.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et formalisée par des chercheurs éminents en psychologie du conseil (Counseling Psychology) :
- Hung-Bin Sheu, Ph.D. : Professeur associé au Département de psychologie du conseil et de l’orientation à l’Université d’État de l’Arizona (Arizona State University) et anciennement affilié à l’Université du Maryland (University of Maryland, College Park). Spécialiste renommé de la psychométrie appliquée, du counseling de carrière interculturel et de l’adaptation des minorités raciales et ethniques. Courriel académique institutionnel : [email protected].
- Robert W. Lent, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie du counseling, de l’éducation et de l’orientation de l’Université du Maryland, College Park. Théoricien majeur de la théorie sociale cognitive appliquée aux trajectoires de carrière et à l’auto-efficacité professionnelle (Social Cognitive Career Theory, SCCT), co-auteur de multiples instruments de mesure psychométrique reconnus à l’échelle internationale.
- Marybeth Rigali-Oiler, Ph.D. : Chercheuse et clinicienne affiliée à l’Université d’État de l’Arizona, collaboratrice sur les études structurales confirmatoires et les modélisations en équations structurelles de l’instrument.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la MCSE-RD est d’évaluer de manière rigoureuse, standardisée et empirique la croyance d’un thérapeute ou d’un stagiaire en psychologie en sa capacité personnelle à orchestrer et exécuter avec succès un éventail défini de comportements cliniques thérapeutiques face à des clients issus de minorités raciales ou de contextes ethnoculturels divergents de celui du praticien. Alors que les échelles traditionnelles de compétences multiculturelles (telles que le Multicultural Awareness-Knowledge-Skills Survey [MAKSS] ou le Multicultural Counseling Inventory [MCI]) évaluent fréquemment des connaissances déclaratives abstraites ou des attitudes générales, la MCSE-RD a été spécifiquement conceptualisée pour opérationnaliser la composante d’auto-efficacité comportementale et procédurale préconisée par Albert Bandura, en ancrant chaque énoncé dans un contexte temporel immédiat et pragmatique (« how confident are you that you could do the following tasks effectively over the next week? »).
Dans les contextes académiques et pédagogiques, la MCSE-RD remplit un rôle diagnostique et formatif crucial. Elle permet aux directeurs de programmes doctoraux, aux superviseurs cliniques et aux formateurs universitaires d’évaluer l’impact des modules d’enseignement multiculturel, des stages cliniques en milieux diversifiés et des ateliers de sensibilisation raciale. L’identification précise des sous-domaines où les stagiaires manifestent des déficits d’auto-efficacité (par exemple, la gestion des impasses relationnelles causées par des micro-agressions ou l’utilisation d’outils d’évaluation psychologique affranchis de biais culturels) offre l’opportunité de calibrer des interventions supervisées ciblées.
Sur le plan de la recherche scientifique, l’échelle fournit un vecteur opérationnel pour tester des modèles structurels complexes, notamment la modélisation sociale cognitive de la performance clinique. Elle permet d’élucider comment l’auto-efficacité en counseling multiculturel interagit avec les traits de personnalité du thérapeute, l’empathie ethnoculturelle, l’anxiété de performance, l’alliance de travail perçue et, in fine, l’adhésion du patient et l’issue thérapeutique (clinical outcomes). De plus, l’accent mis spécifiquement sur la diversité raciale (Racial Diversity Form) permet de dissocier les dynamiques de pouvoir historiques, le racisme institutionnel et le contre-transfert racial des autres facettes plus larges de la diversité culturelle (comme l’âge, l’orientation sexuelle ou l’affiliation religieuse).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la MCSE-RD est l’auto-efficacité en counseling multiculturel axée sur la diversité raciale. Il est articulé autour de trois sous-domaines psychologiques interdépendants qui reflètent les exigences écologiques de la pratique psychothérapeutique :
1. Intervention multiculturelle (Multicultural Intervention)
Ce domaine comprend 24 items et représente le noyau thérapeutique actif de l’instrument. Il quantifie la confiance du thérapeute dans sa capacité à adapter ses stratégies d’intervention aux réalités sociopolitiques et raciales de son client. Ce construit englobe la capacité à :
- Reconnaître, assumer et réparer les impasses thérapeutiques transculturelles (cross-cultural impasses) induites par des maladresses verbales, des ruptures d’alliance ou des incompréhensions culturelles (ex. item 4 : admettre et accepter la responsabilité lorsque le thérapeute a provoqué l’impasse).
- Gérer le contre-transfert racial et les biais inconscients (ex. item 2 : contrôler sa propre sur-identification ou son évitement défensif basé sur la race du client).
- Intégrer les facteurs contextuels tels que le racisme systémique, l’acculturation et l’identité raciale dans la conceptualisation de cas et la clarification des croyances inadaptées (items 3, 8 et 9).
- Aborder de front les disparités de pouvoir au sein de la dyade thérapeutique avec un client marginalisé (item 20).
- Mobiliser les ressources familiales, spirituelles et communautaires autochtones pour soutenir les objectifs thérapeutiques (items 13, 19 et 23).
2. Évaluation multiculturelle (Multicultural Assessment)
Composée de 6 items, cette sous-échelle opérationnalise l’auto-efficacité psychodiagnostique et évaluative. Elle jauge l’assurance du praticien à administrer, interpréter et adapter des protocoles d’évaluation clinique standardisés et non standardisés sans commettre d’erreurs d’attribution pathologique induites par des biais normatifs. Le clinicien évalue son aptitude à :
- Diagnostiquer et traiter les syndromes liés à la culture (culture-bound syndromes selon les classifications nosographiques comme le DSM-IV/DSM-5, tels que le brain fag, le nervios ou l’attaque de nerfs ; items 25 et 26).
- Interpréter des tests standardisés de personnalité et d’intérêts (ex. MMPI-2, Strong Interest Inventory) en tenant compte des normes de standardisation et des biais culturels sous-jacents (item 27).
- Mettre en œuvre des méthodologies projectives ou non standardisées (jeux de rôle, métaphores, tri de cartes) congruentes avec le mode d’expression du client (item 29).
- Mener un examen de l’état mental (Mental Status Examination) exempt de distorsions ethnocentriques (item 30).
3. Gestion de séance en counseling multiculturel (Multicultural Counseling Session Management)
Regroupant 7 items, cette dimension cible les compétences génériques et spécifiques nécessaires pour structurer, réguler et clore le processus thérapeutique avec des clients qui ne sont pas familiers avec les normes du modèle médical ou psychologique occidental. Les compétences évaluées incluent :
- La régulation du cadre et le maintien de la focalisation de la séance face à des clients novices vis-à-vis de la psychothérapie institutionnelle (item 34).
- L’encouragement de la participation active et de l’agentivité du client dans un cadre égalitaire (item 31).
- La navigation sensible dans les étapes de terminaison de la thérapie, en intégrant notamment les rituels ou modes culturellement spécifiques de séparation et d’adieu (items 33, 35, 36 et 37).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La MCSE-RD s’inscrit à l’intersection de deux courants paradigmatiques majeurs de la psychologie contemporaine : la théorie sociale cognitive (Bandura, 1986, 1997) et le mouvement tripartite des compétences multiculturelles (Sue, Arredondo, & McDavis, 1992 ; Sue et al., 1982).
Selon le paradigme de l’auto-efficacité formalisé par Albert Bandura, les croyances d’efficacité personnelle constituent le médiateur proximal le plus déterminant de la motivation humaine, des schémas de pensée affectifs et de la performance comportementale. Bandura postule que l’auto-efficacité ne doit pas être traitée comme un trait de personnalité global décontextualisé (comme l’estime de soi), mais comme un jugement métacognitif dynamique propre à un domaine d’action circonscrit. En psychologie de la relation d’aide, Robert W. Lent et ses collègues ont étendu ces principes à l’auto-efficacité en counseling (Counseling Self-Efficacy [CSE]), démontrant que les praticiens qui possèdent une auto-efficacité robuste s’engagent plus volontiers dans des tâches cliniques exigeantes, persévèrent plus longtemps face aux impasses relationnelles et manifestent une moindre anxiété cognitive.
Parallèlement, le modèle de Sue et al. (1992) a structuré la compétence multiculturelle autour de trois composantes :
- La conscience de soi culturelle (la reconnaissance par le clinicien de ses propres valeurs, postulats implicites et préjugés raciaux) ;
- Les connaissances multiculturelles (la compréhension sociohistorique du vécu des groupes opprimés, des modèles de développement de l’identité raciale et des barrières institutionnelles) ;
- Les habiletés cliniques (la capacité opérationnelle à délivrer des interventions adaptées).
Hung-Bin Sheu a identifié une lacune théorique et empirique majeure dans les instruments de première génération : la plupart mesuraient la perception que les praticiens avaient de leurs compétences ou de leurs connaissances théoriques abstraites, ce qui favorisait une forte contamination par la désirabilité sociale et une corrélation médiocre avec les comportements cliniques effectifs observés en séance. En appliquant rigoureusement les directives méthodologiques de Bandura (2006) relatives à la construction des échelles d’efficacité (formulation axée sur le « pouvoir faire » [can do] plutôt que sur le « vouloir faire » ou « savoir faire » théorique), la MCSE-RD contextualise l’action clinique face à la diversité raciale, fournissant ainsi un cadre robuste pour prédire l’adhésion thérapeutique et la réduction de l’attrition prématurée des minorités raciales en soins de santé mentale.
7. Validité / Validity
Les études de validation menées par Sheu (2005), Sheu et Lent (2007), ainsi que Sheu, Rigali-Oiler et Lent (2012) ont établi la validité de la MCSE-RD à travers une série d’investigations empiriques rigoureuses :
Validité de contenu
La matrice initiale de 60 items a été élaborée à partir d’une recension exhaustive des écrits sur les compétences multiculturelles et d’incidents critiques en supervision clinique. Un panel d’experts nationaux en counseling multiculturel a examiné chaque énoncé pour en vérifier la clarté linguistique, la pertinence conceptuelle face aux minorités raciales et la conformité avec la syntaxe de mesure de l’auto-efficacité bandurienne. Les items jugés ambigus ou redondants ont été éliminés ou reformulés avant l’administration empirique.
Validité convergente et concurrente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations positives, statistiquement significatives et d’ampleur modérée à forte avec les mesures établies de compétence multiculturelle et d’auto-efficacité générale en relation d’aide :
- Corrélations substantielles avec le Counseling Self-Estimate Inventory (COSE ; Larson et al., 1992), attestant que l’auto-efficacité multiculturelle partage une variance commune avec l’auto-efficacité thérapeutique globale tout en conservant sa spécificité (valeurs typiques de $r$ situées entre 0,45 et 0,62).
- Corrélations significatives avec les sous-échelles de compétences du Multicultural Awareness-Knowledge-Skills Survey (MAKSS ; D’Andrea et al., 1991) et du Multicultural Counseling Inventory (MCI ; Sodowsky et al., 1994), avec des coefficients de corrélation allant de $r = 0,51$ à $r = 0,70$ ($p < 0,001$).
- Relations positives notables avec le nombre de cours suivis en counseling multiculturel, les heures d’expérience clinique auprès de clients racisés, et les séances de supervision consacrées aux questions de diversité ($r$ oscillant entre 0,30 et 0,48).
Validité discriminante
La MCSE-RD a démontré une excellente validité discriminante face à la désirabilité sociale, évaluée via l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (Marlowe-Crowne Social Desirability Scale). Les corrélations observées se sont révélées systématiquement non significatives ou négligeables ($r < 0,15$), ce qui représente une avancée psychométrique notable par rapport aux échelles antérieures souvent critiquées pour leur vulnérabilité au biais d'auto-présentation favorable.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de la MCSE-RD se révèlent exceptionnellement robustes à travers les différents échantillons d’étudiants de maîtrise, de doctorat et de psychologues cliniciens en exercice :
Cohérence interne
Dans l’étude princeps de Sheu et Lent (2007), les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach, $\alpha$) calculés sur l’échantillon de validation se sont établis à des niveaux d’excellence psychométrique rarement égalés dans la littérature clinique :
- Intervention multiculturelle (24 items) : $\alpha = 0,98$
- Évaluation multiculturelle (6 items) : $\alpha = 0,92$
- Gestion de séance en counseling multiculturel (7 items) : $\alpha = 0,94$
- Score total de la MCSE-RD (37 items) : $\alpha = 0,98$
Dans l’étude ultérieure de Sheu, Rigali-Oiler et Lent (2012), ces coefficients sont demeurés remarquablement stables, oscillant entre 0,91 et 0,97 pour les sous-échelles et atteignant 0,98 pour le score global, confirmant l’homogénéité des construits sans révéler de redondance excessive délétère (coefficients d’inter-corrélation d’items optimaux).
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest a été administrée sur un intervalle temporel de deux à trois semaines auprès d’un sous-échantillon de conseillers en formation sans intervention pédagogique intermédiaire. Les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et de Pearson se sont échelonnés entre $r = 0,82$ et $r = 0,89$ pour les trois dimensions, et $r = 0,87$ pour le score total, dénotant une excellente stabilité temporelle tout en maintenant la sensibilité nécessaire pour détecter les gains d’apprentissage consécutifs à des formations spécialisées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le raffinement structural de l’instrument a fait l’objet d’une démarche psychométrique en deux étapes : une phase exploratoire suivie d’une validation confirmatoire rigoureuse.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
À partir du bassin initial de 60 items administré à des stagiaires en psychologie, une analyse factorielle d’axe principal avec rotation oblique (Promax) a été mise en œuvre en raison de l’interdépendance théorique attendue entre les dimensions de compétences. Le critère d’éboulis de Cattell, l’analyse parallèle de Horn et la valeur propre supérieure à 1,0 ont convergé vers l’extraction de trois facteurs majeurs expliquant la majorité de la variance commune.
Les critères d’exclusion d’items étaient stricts : élimination de tout item affichant une saturation factorielle principale inférieure à 0,50 ou une saturation croisée supérieure à 0,30 sur un facteur secondaire. Ce processus a conduit à l’élimination de 23 items redondants ou statistiquement instables, réduisant l’échelle définitive à 37 items d’une netteté factorielle remarquable.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Dans l’étude structurelle de Sheu, Rigali-Oiler et Lent (2012), une analyse factorielle confirmatoire (AFC) par modélisation en équations structurelles (estimations par le maximum de vraisemblance) a été conduite pour tester plusieurs configurations concurrentes :
- Modèle 1 : Unidimensionnel (tous les items saturent sur un facteur global d’auto-efficacité) ;
- Modèle 2 : Trois facteurs orthogonaux (indépendants) ;
- Modèle 3 : Trois facteurs corrélés (Intervention, Évaluation, Gestion de séance) ;
- Modèle 4 : Modèle hiérarchique de second ordre (un facteur supérieur d’auto-efficacité multiculturelle chapeautant les trois facteurs de premier ordre).
Les résultats statistiques ont clairement infirmé les modèles unidimensionnel et orthogonal, tout en démontrant un ajustement empirique supérieur pour le modèle à trois facteurs corrélés et le modèle hiérarchique de second ordre. Les indices d’ajustement structurel pour ces modèles ont satisfait aux seuils méthodologiques conventionnels les plus stricts :
- $chi^2/dl < 2,5$
- Comparative Fit Index (CFI) $ge 0,95$
- Tucker-Lewis Index (TLI) $ge 0,94$
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le 0,055$ (avec un intervalle de confiance à 90 % étroit)
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $le 0,045$
Toutes les saturations factorielles standardisées ($lambda$) des 37 items sur leurs dimensions respectives se sont avérées statistiquement significatives ($p < 0,001$), la majorité oscillant entre 0,72 et 0,91.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Multicultural Counseling Self-Efficacy Scale – Racial Diversity Form (MCSE-RD).
- Nom traduit : Échelle d’auto-efficacité en counseling multiculturel – Formulaire de diversité raciale.
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation métacognitive (self-report inventory).
- Nombre total d’items : 37 items dans la forme finale validée (issue d’un pool expérimental initial de 60 items).
- Structure sous-dimensionnelle :
- Sous-échelle 1 : Multicultural Intervention (Intervention multiculturelle) — Items 1 à 24 (24 items)
- Sous-échelle 2 : Multicultural Assessment (Évaluation multiculturelle) — Items 25 à 30 (6 items)
- Sous-échelle 3 : Multicultural Counseling Session Management (Gestion de séance en counseling multiculturel) — Items 31 à 37 (7 items)
- Consigne d’administration : « When working with a client who is racially different from yourself, how confident are you that you could do the following tasks effectively over the next week? » (Lorsque vous travaillez avec un client qui est racialement différent de vous-même, à quel point êtes-vous confiant(e) dans votre capacité à effectuer les tâches suivantes avec efficacité au cours de la semaine à venir ?)
- Échelle de cotation / Format de réponse : Échelle ordinale de certitude en 10 points (de 0 à 9) :
0= No Confidence at all (Aucune confiance)2, 3, 4, 5= Some Confidence (Confiance modérée / partielle)6, 7, 8, 9= Complete Confidence (Confiance absolue / totale)
- Modalités de calcul des scores :
- Les scores de chaque sous-échelle s’obtiennent en calculant la moyenne arithmétique ou la somme brute des items assignés à la dimension.
- Un score global d’auto-efficacité multiculturelle s’obtient en faisant la moyenne ou la somme de l’ensemble des 37 items.
- Aucun item n’est inversé (tous les énoncés sont orientés positivement en direction de la compétence perçue).
- Des scores élevés reflètent un sentiment robuste d’efficacité personnelle et une confiance supérieure dans la prise en charge de dyades thérapeutiques racialement diversifiées.
- Durée d’administration : Approximativement 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 2005 (Thèse de maîtrise, Université du Maryland).
- Année de publication princeps validée : 2007 (dans la revue Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training de l’American Psychological Association).
- Statut du droit d’auteur : Le test et ses publications scientifiques sont protégés par le droit d’auteur de l’American Psychological Association (APA) et des auteurs originaux (Hung-Bin Sheu et Robert W. Lent).
- Tarification et accès : L’instrument est mis gratuitement à la disposition des étudiants, des chercheurs et des enseignants-chercheurs pour une utilisation purement académique et non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources. Le mémoire original et le texte complet de l’échelle sont accessibles en libre accès institutionnel via le dépôt numérique de l’Université du Maryland (Digital Repository at the University of Maryland – DRUM).
- Utilisation commerciale et clinique institutionnelle : Toute intégration de l’échelle au sein d’une plateforme d’évaluation commerciale payante, de logiciels propriétaires de santé numérique ou de programmes d’accréditation professionnelle payants nécessite l’autorisation expresse des auteurs et des détenteurs des droits de reproduction de l’APA.
12. Références / References
Les sources scientifiques et psychométriques suivantes constituent le socle d’évaluation et de validation de la MCSE-RD :
- Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman.
- Bandura, A. (2006). Guide for constructing self-efficacy scales. In F. Pajares & T. Urdan (Eds.), Self-efficacy beliefs of adolescents (Vol. 5, pp. 307–337). Information Age Publishing.
- D’Andrea, M., Daniels, J., & Heck, R. (1991). Evaluating the impact of multicultural counseling training. Journal of Counseling & Development, 70(1), 143–150. https://doi.org/10.1002/j.1556-6676.1991.tb01576.x
- Larson, L. M., Suzuki, L. A., Gillespie, K. N., Potenza, M. T., Bechtel, M. A., & Toulouse, A. L. (1992). Development and validation of the Counseling Self-Estimate Inventory. Journal of Counseling Psychology, 39(1), 105–120. https://doi.org/10.1037/0022-0167.39.1.105
- Sheu, H.-B. (2005). Development and initial validation of the Multicultural Counseling Self-Efficacy Scale – Racial Diversity Form (Master’s thesis, University of Maryland, College Park). Digital Repository at the University of Maryland (DRUM). http://drum.lib.umd.edu/bitstream/1903/2337/1/umi-umd-2186.pdf
- Sheu, H.-B., & Lent, R. W. (2007). Development and initial validation of the Multicultural Counseling Self-Efficacy Scale–Racial Diversity Form. Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training, 44(1), 30–45. https://doi.org/10.1037/0033-3204.44.1.30
- Sheu, H.-B., Rigali-Oiler, M., & Lent, R. W. (2012). Multicultural Counseling Self-Efficacy Scale – Racial Diversity Form: Factor structure and test of a social cognitive model. Psychotherapy Research, 22(5), 527–542. https://doi.org/10.1080/10503307.2012.683465
- Sodowsky, G. R., Taffe, R. C., Gutkin, T. B., & Wise, S. L. (1994). Development of the Multicultural Counseling Inventory: A self-report measure of multicultural competencies. Journal of Counseling Psychology, 41(2), 137–148. https://doi.org/10.1037/0022-0167.41.2.137
- Sue, D. W., Arredondo, P., & McDavis, R. J. (1992). Multicultural counseling competencies and standards: A call to the profession. Journal of Counseling & Development, 70(4), 477–486. https://doi.org/10.1002/j.1556-6676.1992.tb01642.x
- Sue, D. W., Bernier, J. E., Durran, A., Feinberg, L., Pedersen, P., Smith, E. J., & Vasquez-Nuttall, E. (1982). Position paper: Cross-cultural counseling competencies. The Counseling Psychologist, 10(2), 45–52. https://doi.org/10.1177/0011000082102008
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
0 = No Confidence at all , 2, 3, 4, 5 = Some Confidence, 6, 7, 8, 9 = Complete Confidence
Administration Prompt:
When working with a client who is racially different from yourself‚ how confident are you that you could do the following tasks effectively over the next week?
- Multicultural Intervention
- Manage your own racially or culturally based countertransference toward the client (e.g.‚ over identification with the client because of his or her race).
- Help the client to clarify how cultural factors (e.g.‚ racism‚ acculturation‚ racial identity) may relate to her or his maladaptive beliefs and conflicted feelings.
- Admit and accept responsibility when you‚ as the counselor‚ have initiated the cross-cultural impasse.
- Encourage the client to express his or her negative feelings resulting from cross-cultural misunderstanding or impasses.
- Assess the salience and meaningfulness of culture/race in the client’s life.
- Resolve misunderstanding with the client that stems from differences in culturally based style of communication (e.g.‚ acquiescence versus confrontation).
- Help the client to identify how cultural factors (e.g.‚ racism‚ acculturation‚ racial identity) may relate to his or her maladaptive relational patterns.
- Take into account multicultural constructs (e.g.‚ acculturation‚ racial identity) when conceptualizing the client’s presenting problems.
- Manage your own anxiety due to cross-cultural impasses that arise in the session.
- Respond in a therapeutic way when the client challenges your multicultural counseling competency.
- Assess relevant cultural factors (e.g.‚ the client’s acculturation level‚ racial identity‚ cultural values and beliefs).
- Help the client to set counseling goals that take into account expectations from her or his family.
- Openly discuss cultural differences and similarities between the client and yourself.
- Address issues of cultural mistrust in ways that can improve the therapeutic relationship.
- Help the client to develop culturally appropriate ways to deal with systems (e.g.‚ school‚ community) that affect him or her.
- Help the client to develop new and more adaptive behaviors that are consistent with his or her cultural background.
- Repair cross-cultural impasses that arise due to problems in the use or timing of particular skills (e.g.‚ introduce the topic of race into therapy when the client is not ready to discuss).
- Help the client to utilize family/community resources to reach her or his goals.
- Deal with power-related disparities (i.e.‚ counselor power versus client powerlessness) with a client who has experienced racism or discrimination.
- Take into account cultural explanations of the client’s presenting issues in case conceptualization.
- Where appropriate‚ help the client to explore racism or discrimination in relation to his or her presenting issues.
- Take into account the impact that family may have on the client in case conceptualization.
- Deliver treatment to a client who prefers a different counseling style (i.e.‚ directive versus non-directive).
- Treat culture-bound syndromes (DSM-IV) for racially diverse clients (e.g.‚ brain fag‚ neurasthenia‚ nervios‚ ghost sickness).
- Assess culture-bound syndromes (DSM-IV) for racially diverse clients (e.g.‚ brain fag‚ neurasthenia‚ nervios‚ ghost sickness).
- Interpret standardized tests (e.g.‚ MMPI-2‚ Strong Interest Inventory) in ways sensitive to cultural differences.
- select culturally appropriate assessment tools according to the client’s cultural background.
- Use non-standardized methods or procedures (e.g.‚ card sort‚ guided fantasy) to assess the client’s concerns in a culturally sensitive way.
- Conduct a mental status examination in a culturally sensitive way.
- Encourage the client to take an active role in counseling.
- Evaluate counseling progress in an on-going fashion.
- Respond effectively to the client’s feelings related to termination (e.g.‚ sadness‚ feeling of loss‚ pride‚ relief).
- Keep sessions on track and focused with a client who is not familiar with the counseling process.
- Assess the client’s readiness for termination.
- Help the client to articulate what she or he has learned from counseling during the termination process.
- Identify and integrate the client’s culturally specific way of saying goodbye in the termination process.
- Respond to the client’s transference in a culturally sensitive way.
- Repair cross-cultural impasses that arise due to problems in the use or timing of particular skills (e.g.‚ introduce the topic of race into therapy when the client is not ready to discuss).
- Conduct a mental status examination in a culturally sensitive way.
- Help the client to set counseling goals that are consistent with his or her cultural values.
- Help the client to develop culturally appropriate ways to deal with systems (e.g.‚ school‚ community) that affect him or her.
- Manage your own anxiety due to cross-cultural impasses that arise in the session.
- Respond with the most appropriate counseling skill when therapy stalls as a result of culture.
- Assess culture-bound syndromes (DSM-IV) for racially diverse clients (e.g.‚ brain fag‚ neurasthenia‚ nervios‚ ghost sickness).
- Help the client to set counseling goals that take into account expectations from her or his family.
- Help the client to identify how cultural factors (e.g.‚ racism‚ acculturation‚ racial identity) may relate to his or her maladaptive relational patterns.
- Manage your own racially or culturally based countertransference toward the client (e.g.‚ over identification with the client because of his or her race).
- Encourage the client to express his or her negative feelings resulting from cross-cultural misunderstanding or impasses.
- Assess the salience and meaningfulness of culture/race in the client’s life.
- Take into account multicultural constructs (e.g.‚ acculturation‚ racial identity) when conceptualizing the client’s presenting problems.
- Help the client to clarify how cultural factors (e.g.‚ racism‚ acculturation‚ racial identity) may relate to her or his maladaptive beliefs and conflicted feelings.
- Respond in a therapeutic way when the client challenges your multicultural counseling competency.
- Admit and accept responsibility when you‚ as the counselor‚ have initiated the cross-cultural impasse.
- Help the client to develop new and more adaptive behaviors that are consistent with his or her cultural background.
- Resolve misunderstanding with the client that stems from differences in culturally based style of communication (e.g.‚ acquiescence versus
- Remain flexible and accepting in resolving cross cultural strains or impasses.
- Treat culture-bound syndromes (DSM-IV) for racially diverse clients (e.g.‚ brain fag‚ neurasthenia‚ nervios‚ ghost sickness).
- Help the client to utilize family/community resources to reach her or his goals.
- Deliver treatment to a client who prefers a different counseling style (i.e.‚ directive versus nondirective).