1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’auto-efficacité en counseling des addictions (Addiction Counseling Self-Efficacy Scale, ou ACSES), développée initialement par Tamera B. Murdock, Anne M. Wendler et J. E. Neilson en 2005, représente un instrument psychométrique de référence conçu pour mesurer le sentiment d’efficacité personnelle des intervenants et des conseillers cliniques œuvrant dans le domaine de la toxicomanie et des addictions comportementales. Ancré théoriquement dans la théorie sociale cognitive formulée par Albert Bandura, cet outil évalue la confiance qu’ont les professionnels de la relation d’aide en leur capacité à exécuter avec succès un ensemble diversifié de tâches cliniques complexes inhérentes au traitement des dépendances.
L’instrument se compose de 31 items articulés autour de cinq sous-échelles factorielles distinctes : (1) les compétences spécifiques en counseling des addictions (items 1, 8, 13, 14, 17, 18, 19, 25), (2) les compétences d’évaluation, de planification du traitement et d’orientation (items 10, 20, 21, 22, 24), (3) les compétences relatives aux troubles concomitants ou comorbidités psychiatriques (items 5, 7, 9, 12, 16, 28), (4) les compétences en counseling de groupe (items 6, 11, 15, 26, 27, 29), et (5) les compétences fondamentales de counseling (items 2, 3, 4, 23, 30, 31). Chaque item est évalué sur une échelle de réponse de type Likert en six points, graduée de 1 (« no confidence » / aucune confiance) à 6 (« absolute confidence » / confiance absolue).
Sur le plan métrologique, l’ACSES présente des propriétés psychométriques robustes. La cohérence interne de l’échelle totale est exceptionnellement élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,95 et 0,97 selon les échantillons étudiés, tandis que les coefficients des sous-échelles individuelles s’échelonnent entre 0,81 et 0,93. La validité de construit a été corroborée tant par des analyses factorielles exploratoires que confirmatoires, confirmant l’agencement multidimensionnel des compétences préconisées par les référentiels nationaux de formation (tels que le modèle TAP 21 de la SAMHSA). L’ACSES s’avère particulièrement utile dans les contextes de supervision clinique, d’évaluation des programmes universitaires en addictologie, de formation continue et de recherche appliquée sur le développement professionnel des soignants.
2. Mots-clés / Keywords
Auto-efficacité, counseling des addictions, toxicomanie, psychométrie, évaluation clinique, compétences thérapeutiques, troubles concomitants, dynamique de groupe, théorie sociale cognitive, Murdock, supervision clinique, fidélité test-retest, validité factorielle, alliance thérapeutique, prévention de la rechute.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs spécialisés en psychologie du counseling et en méthodologie de la recherche clinique :
- Tamera B. Murdock, Ph.D. : Professeure et chercheuse principale au Département de psychologie de l’Université du Missouri à Kansas City (University of Missouri–Kansas City, UMKC), reconnue pour ses travaux pionniers sur l’apprentissage social, la motivation académique et les déterminants psychologiques de l’auto-efficacité dans les professions de santé mentale.
- Anne M. Wendler, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse ayant consacré ses travaux doctoraux à l’extension métrologique et à la validation empirique approfondie de l’ACSES au sein de divers contextes institutionnels de prise en charge des addictions.
- J. E. Neilson, M.A. : Chercheur collaborateur au sein de l’Université du Missouri à Kansas City, spécialisé dans l’évaluation des interventions en toxicomanie et l’analyse statistique multidimensionnelle.
Les correspondances académiques relatives au développement initial de l’outil ont été historiquement dirigées vers le Département de psychologie de l’Université du Missouri–Kansas City, 5100 Rockhill Road, Kansas City, MO 64110, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
Contexte et justification clinique
Le traitement des troubles liés à l’usage de substances psychoactives constitue l’un des domaines les plus exigeants de la pratique psychothérapeutique contemporaine. Les professionnels de ce secteur sont confrontés à des défis cliniques singuliers, notamment des taux élevés d’ambivalence face au changement, des risques récurrents de rechute, une prévalence massive de traumatismes psychologiques sous-jacents, ainsi que des tableaux cliniques marqués par des troubles psychiatriques concomitants (double diagnostic). Face à une telle complexité, la simple possession de connaissances théoriques ne garantit pas qu’un intervenant se sente capable d’agir avec pertinence et constance sur le terrain.
L’objectif fondamental de l’ACSES est de fournir une mesure standardisée, fiable et empiriquement fondée du sentiment d’auto-efficacité des professionnels du counseling en toxicomanie. L’auto-efficacité ne reflète pas directement le niveau d’aptitude technique brute ou le nombre d’années d’expérience, mais plutôt la conviction subjective de l’intervenant quant à ses capacités organisationnelles et exécutives pour mobiliser les ressources nécessaires à la conduite d’interventions thérapeutiques adaptées. En évaluant cette variable charnière, l’outil permet d’identifier précisément les domaines où les praticiens se sentent démunis ou, à l’inverse, pleinement confiants.
Applications dans la formation et la supervision clinique
Dans les contextes pédagogiques et d’encadrement clinique, l’ACSES remplit plusieurs fonctions stratégiques :
- Diagnostic des besoins formatifs : L’administration de l’échelle en début de cursus académique ou lors de l’intégration dans un centre de traitement permet aux superviseurs d’objectiver les lacunes perçues par les stagiaires (par exemple, un manque d’assurance face aux patients présentant une schizophrénie comorbide ou des difficultés à animer des groupes thérapeutiques interactifs).
- Mesure de l’impact pédagogique : Utilisée selon un devis pré-test/post-test, l’ACSES permet de quantifier les progrès psychologiques induits par les stages cliniques, les simulations avec patients standardisés et les ateliers de formation continue.
- Soutien à la supervision individualisée : En analysant le profil des scores sur les cinq sous-échelles, le superviseur peut orienter ses rétroactions réflexives et proposer des expériences de maîtrise guidée adaptées au profil de l’intervenant.
Applications en recherche et santé organisationnelle
Sur le plan de la recherche appliquée et de la gestion des ressources humaines en santé mentale, l’ACSES constitue un prédicteur robuste du bien-être au travail. Une faible auto-efficacité professionnelle est régulièrement associée au sentiment d’impuissance, à la détresse émotionnelle, au syndrome d’épuisement professionnel (burnout) et à un roulement élevé du personnel dans les structures d’addictologie. À l’inverse, un sentiment d’efficacité élevé prédit une plus grande persévérance face aux rechutes des patients, une meilleure adhésion aux guides de pratique clinique fondés sur les données probantes et une alliance thérapeutique de qualité supérieure.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’ACSES est l’auto-efficacité en counseling des addictions (Addiction Counseling Self-Efficacy). Il s’agit d’une conceptualisation multidimensionnelle et contextuellement spécifique de l’auto-efficacité, en contraste avec l’auto-efficacité généralisée. Murdock, Wendler et Neilson (2005) ont opérationnalisé ce construit en cinq dimensions complémentaires :
1. Compétences spécifiques en counseling des addictions (8 items)
Cette dimension englobe les habiletés techniques et psychoéducatives propres au champ de l’addictologie. Elle mesure la capacité du thérapeute à intervenir sur les processus cognitifs et comportementaux centraux de la dépendance. Les items explorent notamment l’aptitude à évaluer le stade de préparation au changement du patient (en accord avec le modèle transthéorique de Prochaska et DiClemente), à identifier et analyser les stimuli déclencheurs (triggers) de la consommation, à confronter de manière bienveillante mais ferme les comportements sabotant le rétablissement, à mobiliser l’entourage soutenant et à intégrer les groupes d’entraide communautaires (tels que les Alcooliques Anonymes, Narcotiques Anonymes ou Cocaïnomanes Anonymes).
2. Compétences d’évaluation, de planification du traitement et d’orientation (5 items)
Cette composante évalue la confiance du professionnel dans la gestion administrative, clinique et structurelle du suivi thérapeutique. Elle comprend la capacité à synthétiser des données diagnostiques standardisées pour élaborer un plan de traitement individualisé, à documenter de façon rigoureuse et concise les bilans d’évaluation, à investiguer les antécédents de prise en charge et les contraintes financières du patient, ainsi qu’à communiquer efficacement avec d’autres professionnels de la santé lors d’orientations interdisciplinaires.
3. Compétences relatives aux troubles concomitants (6 items)
Les problématiques de comorbidité psychiatrique (double diagnostic) représentent l’un des motifs majeurs de déstabilisation des équipes soignantes. Cette sous-échelle mesure l’auto-efficacité perçue pour dépister et prendre en charge de manière intégrée des patients présentant conjointement un trouble de l’usage de substances et une autre pathologie mentale majeure : troubles anxieux, troubles de l’humeur (dépression unipolaire, trouble bipolaire), traumatismes psychologiques et état de stress post-traumatique (ESPT), troubles de la personnalité (tels que l’état limite ou la personnalité antisociale) et troubles psychotiques chroniques (schizophrénie).
4. Compétences en counseling de groupe (6 items)
Le cadre de groupe étant le format d’intervention prédominant dans les structures de réadaptation en toxicomanie, cette dimension mesure la capacité du conseiller à concevoir, instaurer et modérer un groupe thérapeutique. Elle évalue l’aptitude à sélectionner les participants appropriés, à instaurer un climat de confiance mutuelle et de cohésion de groupe, à analyser les dynamiques interpersonnelles sous-jacentes, à encourager les interactions directes et les rétroactions constructives entre membres, ainsi qu’à réagir de manière spontanée et flexible face aux imprévus de la dynamique collective.
5. Compétences fondamentales de counseling (6 items)
Inspirée des travaux humanistes et rogériens, cette dimension évalue les compétences relationnelles transversales universelles nécessaires à l’établissement d’une alliance de travail féconde. Elle inclut l’écoute active, la démonstration authentique d’empathie, le maintien d’une posture inconditionnellement respectueuse et exempte de jugement moral, la transmission d’une sollicitude bienveillante envers chaque individu et la co-création d’un espace thérapeutique sécurisant où le patient se sent profondément compris.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La Théorie Sociale Cognitive d’Albert Bandura
Le fondement épistémologique de l’ACSES repose directement sur la théorie sociale cognitive formulée par Albert Bandura (1977, 1986, 1997). Selon ce paradigme, les comportements humains, les facteurs cognitifs et environnementaux interagissent dans un modèle de déterminisme réciproque triadique. Au cœur de ce système se trouve le mécanisme d’auto-efficacité (self-efficacy), défini comme le jugement qu’une personne porte sur ses capacités à organiser et à exécuter les cours d’action requis pour produire des niveaux donnés de performance.
Bandura postule que les croyances d’efficacité personnelle déterminent la quantité d’effort que les individus déploient, le temps pendant lequel ils persévèrent face aux obstacles et leur résilience émotionnelle devant l’échec ou la rechute d’un patient. Dans le contexte de l’addictologie, où les progrès cliniques sont fréquemment non linéaires et émaillés de ruptures de parcours, un niveau élevé d’auto-efficacité est indispensable pour prévenir le désengagement thérapeutique et le cynisme professionnel.
Les croyances mesurées par l’ACSES se construisent à partir de quatre sources d’information fondamentales :
- Les expériences de maîtrise active (performances passées) : Les réussites antérieures dans la conduite d’interventions renforcent le sentiment d’efficacité, tandis que les échecs non analysés l’affaiblissent.
- L’apprentissage vicariant (modélisation) : L’observation de pairs ou de superviseurs expérimentés gérant avec succès des situations complexes (comme une confrontation de groupe ou une crise liée à un double diagnostic).
- La persuasion verbale : Les encouragements, les rétroactions constructives et les conseils formulés par les superviseurs cliniques lors des séances de supervision.
- Les états physiologiques et émotionnels : L’interprétation des réactions d’anxiété ou de tension physique avant une séance clinique comme un défi stimulant plutôt que comme un indice d’incompétence.
Le modèle de l’auto-efficacité en counseling (Counseling Self-Efficacy – CSE)
Durant les décennies 1980 et 1990, des chercheurs comme Larson et Daniels (1998) ou Lent, Hill et Hoffman (2003) ont transposé les principes banduriens à la psychothérapie en formulant le concept de Counseling Self-Efficacy (CSE). Bien que des échelles génériques comme la Counseling Self-Estimate Scale (COSE ; Larson et al., 1992) aient été développées, elles ont rapidement montré leurs limites lorsqu’appliquées aux spécificités du traitement des dépendances.
Murdock et ses collaborateurs ont comblé cette lacune en alignant les composantes de l’ACSES sur les référentiels professionnels américains établis par la Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA), notamment le document programmatique Technical Assistance Publication Series 21 (TAP 21), intitulé Addiction Counseling Competencies. Ce croisement théorique assure que les construits évalués par l’ACSES correspondent aux pratiques cliniques contemporaines fondées sur des preuves.
7. Validité / Validity
Validité de contenu
La validité de contenu de l’ACSES a été établie dès sa phase initiale de développement. Les concepteurs ont formulé une banque d’items préliminaire en s’appuyant rigoureusement sur le référentiel national des compétences professionnelles TAP 21 de la SAMHSA et sur une revue extensive de la littérature en addictologie. Ce pool initial a ensuite été soumis à un comité d’experts composé de cliniciens chevronnés, de superviseurs agréés et d’universitaires spécialisés dans le traitement de la toxicomanie. Ces spécialistes ont évalué la clarté, la représentativité et la pertinence de chaque item, permettant d’éliminer les énoncés redondants ou ambigus et d’aboutir aux 31 items définitifs.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures connexes établies :
- Corrélation avec l’auto-efficacité générale en counseling : Les scores totaux de l’ACSES présentent une corrélation positive élevée à modérée ($r \approx 0{,}65$ à $0{,}78$, $p < 0{,}001$) avec l’échelle COSE (Counseling Self-Estimate Scale de Larson et al.), confirmant que l’outil capte les compétences de base du counseling tout en y ajoutant une variance spécifique aux addictions.
- Corrélation avec le niveau d’expérience clinique : Des corrélations significatives ont été observées entre les scores de l’ACSES et le nombre d’heures de pratique clinique supervisée en toxicomanie ($r \approx 0{,}35$ à $0{,}48$), le niveau d’études spécialisées et les années d’exercice dans le domaine de la dépendance.
- Corrélation avec les évaluations de superviseurs : Dans les travaux de Wendler (2007, 2008), les scores d’auto-efficacité déclarés par les stagiaires étaient corrélés positivement avec les notes d’évaluation de la compétence globale attribuées par leurs superviseurs de stage ($r \approx 0{,}38$, $p < 0{,}01$).
Validité discriminante
L’ACSES a démontré une excellente différenciation par rapport à des construits psychologiques distincts :
- Les corrélations avec les échelles de désirabilité sociale (telle que l’échelle de Marlow-Crowne) se sont révélées très faibles et non significatives ($r < 0{,}15$), confirmant que les répondants ne gonflent pas artificiellement leurs scores par souci de conformisme social.
- L’ACSES se distingue nettement de l’estime de soi globale (mesurée par l’échelle de Rosenberg, avec des corrélations modérées de l’ordre de $r \approx 0{,}20$ à $0{,}28$), démontrant qu’il mesure une perception de compétence contextuelle ciblée et non un simple trait d’auto-évaluation personnelle favorable.
Validité de critère et sensibilité au changement
Les études longitudinales de Wendler (2007) ont mis en évidence la forte sensibilité de l’instrument aux apprentissages expérientiels : les scores totaux et les scores des sous-échelles augmentent de manière substantielle et statistiquement significative ($p < 0{,}001$, avec des tailles d’effet de type $d$ de Cohen souvent supérieures à $0{,}80$) à la suite de cours spécialisés en addictologie et de stages pratiques d’intervention.
8. Fidélité / Reliability
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les analyses de consistance interne démontrent une homogénéité remarquable de l’instrument. Dans l’étude princeps de Murdock, Wendler et Neilson (2005) menée auprès de professionnels et d’étudiants en formation :
- Échelle globale ACSES (31 items) : $\alpha = 0{,}95$ à $0{,}97$.
- Sous-échelle 1 : Compétences spécifiques en counseling des addictions (8 items) : $\alpha = 0{,}89$.
- Sous-échelle 2 : Évaluation, planification du traitement et orientation (5 items) : $\alpha = 0{,}82$.
- Sous-échelle 3 : Compétences relatives aux troubles concomitants (6 items) : $\alpha = 0{,}91$.
- Sous-échelle 4 : Compétences en counseling de groupe (6 items) : $\alpha = 0{,}88$.
- Sous-échelle 5 : Compétences fondamentales de counseling (6 items) : $\alpha = 0{,}86$.
Les travaux subséquents de Wendler (2007, 2008) ont systématiquement répliqué ces indices d’homogénéité avec des coefficients alpha oscillant entre 0,81 et 0,93 pour l’ensemble des dimensions factorielles.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle de l’instrument a été vérifiée auprès de cohortes d’étudiants n’ayant pas reçu de formation clinique supplémentaire sur des intervalles de deux à quatre semaines. Le coefficient de corrélation test-retest ($r$) pour l’échelle globale s’élève à $0{,}85$ ($p < 0{,}001$), et les corrélations pour les sous-échelles individuelles s’échelonnent entre $0{,}78$ et $0{,}86$. Ces données attestent que l’ACSES capte une disposition d’évaluation stable tout en demeurant perméable aux véritables gains formatifs.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Dans l’étude de conception initiale (Murdock et al., 2005), une analyse factorielle exploratoire a été menée sur un échantillon diversifié de conseillers en toxicomanie et de stagiaires. La méthode d’extraction en composantes principales et l’analyse en facteurs communs ont été couplées à une rotation oblique (Promax), justifiée par l’intercorrélation théorique attendue entre les différentes facettes de la compétence clinique.
Le nombre de facteurs à retenir a été déterminé par la convergence de plusieurs critères psychométriques : la règle des valeurs propres supérieures à 1 (critère de Kaiser), l’examen du graphique des éboulis de Cattell (scree test) et l’analyse parallèle de Horn. Cette démarche a nettement mis en évidence une structure à cinq facteurs expliquant une proportion substantielle de la variance totale (approximativement 62 %).
Les saturations factorielles (factor loadings) pour l’ensemble des items retenus étaient robustes, oscillant entre 0,45 et 0,84 sur leur facteur assigné, sans saturation croisée majeure (la plupart des saturations secondaires demeurant sous le seuil de 0,30). La distribution s’est structurée comme suit :
- Facteur 1 (Compétences spécifiques) : Les items 1, 8, 13, 14, 17, 18, 19 et 25 présentaient des saturations comprises entre 0,48 et 0,79.
- Facteur 2 (Évaluation et orientation) : Les items 10, 20, 21, 22 et 24 présentaient des saturations entre 0,52 et 0,81.
- Facteur 3 (Troubles concomitants) : Les items 5, 7, 9, 12, 16 et 28 présentaient des saturations particulièrement fortes, de 0,62 à 0,84, formant un agrégat très homogène autour du double diagnostic.
- Facteur 4 (Counseling de groupe) : Les items 6, 11, 15, 26, 27 et 29 affichaient des saturations situées entre 0,55 et 0,80.
- Facteur 5 (Compétences de base) : Les items 2, 3, 4, 23, 30 et 31 présentaient des saturations variant de 0,51 à 0,76.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
La confirmation de cette structure a été réalisée par Wendler (2007) à l’aide de l’analyse factorielle confirmatoire sur un nouvel échantillon indépendant. Les modèles testés ont comparé une structure unidimensionnelle, un modèle à cinq facteurs orthogonaux et le modèle théorique à cinq facteurs corrélés. Les indices d’ajustement ont apporté un soutien empirique manifeste au modèle à cinq facteurs corrélés :
- $\chi^2 / dl < 2{,}1$
- Comparative Fit Index (CFI) = 0,94
- Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,93
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,052 (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,044 et 0,060)
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,049
Ces indices confirment l’excellence de l’ajustement structural aux données réelles et la pertinence de calculer des scores distincts pour chaque sous-échelle plutôt qu’uniquement un score global indifférencié.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Addiction Counseling Self-Efficacy Scale (ACSES).
- Nom français : Échelle d’auto-efficacité en counseling des addictions.
- Typologie d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (évaluation quantitative de l’auto-efficacité perçue).
- Population cible : Conseillers en toxicomanie, psychologues cliniciens, travailleurs sociaux, infirmiers en psychiatrie/addictologie, étudiants de cycle supérieur et stagiaires intervenant dans les dépendances.
- Nombre total d’items : 31 énoncés rédigés à la première personne ou sous forme de tâches infinitives.
- Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert en six points :
- 1 = No confidence (Aucune confiance)
- 2 = Very little confidence (Très peu de confiance)
- 3 = Some confidence (Une certaine confiance)
- 4 = Moderate confidence (Confiance modérée)
- 5 = A lot of confidence (Beaucoup de confiance)
- 6 = Absolute confidence (Confiance absolue)
- Calcul des scores :
- Score global ACSES : Somme arithmétique de l’ensemble des 31 items (plage théorique de 31 à 186) ou moyenne générale (plage de 1,00 à 6,00).
- Sous-échelle 1 (Compétences spécifiques en addiction) : Moyenne des items 1, 8, 13, 14, 17, 18, 19 et 25 (8 items).
- Sous-échelle 2 (Évaluation, planification et orientation) : Moyenne des items 10, 20, 21, 22 et 24 (5 items).
- Sous-échelle 3 (Troubles concomitants) : Moyenne des items 5, 7, 9, 12, 16 et 28 (6 items).
- Sous-échelle 4 (Counseling de groupe) : Moyenne des items 6, 11, 15, 26, 27 et 29 (6 items).
- Sous-échelle 5 (Compétences fondamentales de counseling) : Moyenne des items 2, 3, 4, 23, 30 et 31 (6 items).
- Durée d’administration : Environ 8 à 12 minutes.
- Cotation inversée : Aucun item n’est formulé de manière inversée ; tous les énoncés sont orientés positivement vers la confiance.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2005.
- Statut du droit d’auteur (Copyright) : Détenu initialement par Elsevier Inc. pour l’article paru dans le Journal of Substance Abuse Treatment (2005), ainsi que par les auteurs Murdock, Wendler et Neilson.
- Tarifs d’utilisation : L’ACSES est accessible gratuitement à des fins de recherche universitaire, d’enseignement académique et d’évaluation pédagogique non commerciale. L’utilisation clinique ou commerciale au sein de plateformes privées payantes peut nécessiter l’accord formel des titulaires des droits.
- Procédure d’autorisation : Les chercheurs et praticiens souhaitant utiliser l’échelle sont autorisés à reproduire les items pour des études académiques sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Murdock et al. (2005) ou l’ouvrage de référence de Simmons et Lehmann (2013).
12. Références / References
Les publications fondatrices et validations associées à l’ACSES comprennent les références suivantes :
- Bandura, A. (1977). Self-efficacy: Toward a unifying theory of behavioral change. Psychological Review, 84(2), 191–215. https://doi.org/10.1037/0033-295X.84.2.191
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
- Larson, L. M., & Daniels, J. A. (1998). Review of the counseling self-efficacy literature. The Counseling Psychologist, 26(2), 179–218. https://doi.org/10.1177/0011000098262001
- Larson, L. M., Suzuki, L. A., Gillespie, K. N., Potenza, M. T., Bechtel, M. A., & Toulouse, A. L. (1992). Development and validation of the Counseling Self-Estimate Scale. Journal of Counseling Psychology, 39(1), 105–120. https://doi.org/10.1037/0022-0167.39.1.105
- Murdock, T. B., Wendler, A. M., & Neilson, J. E. (2005). Addiction Counseling Self-Efficacy Scale (ACSES): Development and initial validation. Journal of Substance Abuse Treatment, 29(1), 55–64. https://doi.org/10.1016/j.jsat.2005.04.001
- Murdock, T. B., Wendler, A. M., & Neilson, J. E. (2013). Addiction Counseling Self-Efficacy Scale. In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for Strengths-Based Assessment and Evaluation (pp. 292–294). Springer Publishing Company. https://doi.org/10.1891/9780826107572
- Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA). (2006). Addiction Counseling Competencies: The Knowledge, Skills, and Attitudes of Professional Practice (Technical Assistance Publication Series TAP 21, HHS Publication No. SMA 08-4171). U.S. Department of Health and Human Services.
- Wendler, A. M. (2007). Validation of the Addiction Counseling Self-Efficacy Scale (ACSES) (Publication No. 3280868) [Doctoral dissertation, University of Missouri-Kansas City]. ProQuest Dissertations Publishing.
- Wendler, A. M. (2008). Validation of the Addiction Counseling Self-Efficacy Scale (ACSES). Dissertation Abstracts International: Section B: The Sciences and Engineering, 68(9-B), 6343.