Échelle de sentiment d’efficacité personnelle face aux agressions par les pairs (PA-CSES)

Découvrez l’Échelle de sentiment d’efficacité personnelle face aux agressions par les pairs (PA-CSES) développée par Singh et Bussey : cadre théorique, propriétés psychométriques, dimensions et items intégraux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de sentiment d’efficacité personnelle face aux agressions par les pairs (en anglais, Peer Aggression Coping Self-Efficacy Scale ou PA-CSES), élaborée par Parwinder Singh et Kay Bussey (2009, 2011), constitue un instrument psychométrique de référence destiné à évaluer les croyances d’efficacité personnelle des enfants et des adolescents lorsqu’ils sont confrontés à des situations de victimisation, de harcèlement scolaire ou d’agression par les pairs. Ancré dans la théorie sociale cognitive d’Albert Bandura, cet outil multidimensionnel mesure la capacité perçue d’un individu à déployer avec succès des stratégies cognitives, émotionnelles et comportementales pour atténuer ou neutraliser les conséquences néfastes de la victimation interpersonnelle.

L’instrument comprend un total de 44 items répartis en quatre sous-échelles distinctes : (1) l’auto-efficacité pour les comportements proactifs (Self-Efficacy for Proactive Behavior, 15 items), (2) l’auto-efficacité à éviter les comportements agressifs en représailles (Self-Efficacy for Avoiding Aggressive Behavior, 11 items), (3) l’auto-efficacité à éviter l’auto-culpabilisation (Self-Efficacy for Avoiding Self-Blame, 10 items), et (4) l’auto-efficacité au désengagement du rôle de victime (Self-Efficacy for Victim-Role Disengagement, 8 items). Les participants répondent au moyen d’une échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas bien du tout » / Not well at all) à 7 (« Très bien » / Very well).

Les études de validation psychométrique démontrent une consistance interne remarquable pour l’ensemble des sous-échelles, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,79 et 0,91. Les analyses factorielles confirmatoires appuient la structure à quatre facteurs interreliés. De surcroît, la validité de construit, prédictive et convergente est largement attestée : la PA-CSES permet d’expliquer les mécanismes médiateurs entre l’exposition à la victimation par les pairs et le développement de troubles internalisés (anxiété, dépression, retrait social) ou externalisés (comportements agressifs, perturbations des conduites). Cet instrument s’impose ainsi comme un dispositif incontournable pour la recherche en psychologie du développement et pour l’évaluation des programmes d’intervention en milieu scolaire.

2. Mots-clés / Keywords

Sentiment d’efficacité personnelle, agression par les pairs, harcèlement scolaire, victimation, stratégies d’adaptation, coping, théorie sociale cognitive, psychométrie, adolescence, régulation émotionnelle, auto-culpabilisation, psychologie du développement.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et validée par :

  • Dr. Parwinder Singh : Chercheur en psychologie du développement et psychologie de l’éducation, affilié au Département de psychologie de l’Université Macquarie (Macquarie University), Sydney, Nouvelle-Galles du Sud, Australie. Ses travaux portent principalement sur les processus d’adaptation sociocognitive, l’intimidation entre pairs et les mécanismes de résilience chez les jeunes.
  • Prof. Kay Bussey : Professeure émérite au Département de psychologie de l’Université Macquarie (Macquarie University), Sydney, Australie. Reconnue à l’échelle internationale pour ses contributions fondamentales à l’application de la théorie sociale cognitive au développement de l’enfant et de l’adolescent, aux conduites morales, au désengagement moral et aux dynamiques d’intimidation (bullying). Courriel de contact institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

Le phénomène de la victimation par les pairs en milieu scolaire et périscolaire constitue une préoccupation majeure de santé publique et de psychologie clinique infantile. Si de nombreuses recherches ont documenté la prévalence et les conséquences délétères du harcèlement sur le bien-être psychologique des jeunes, les variations individuelles dans les réponses adaptatives à ces agressions sont restées longtemps mal comprises. L’objectif fondamental de la création de la PA-CSES par Singh et Bussey (2009) était de combler un vide méthodologique et conceptuel : mesurer non pas simplement les comportements effectifs ou rétrospectifs de coping, mais la croyance subjective que possède l’adolescent en sa propre capacité à exécuter efficacement des stratégies d’adaptation face aux agressions répétées ou ponctuelles.

D’un point de vue clinique et préventif, l’échelle permet de :

  • Identifier les profils de vulnérabilité : Certains élèves victimisés développent un sentiment d’impuissance acquise, s’attribuant la faute de l’agression ou recourant à une agressivité réactive qui aggrave le cycle de violence. La PA-CSES identifie avec précision les domaines spécifiques de déficit d’auto-efficacité (par exemple, incapacité à juguler la rancœur ou propension à l’auto-accusation).
  • Évaluer les interventions socio-émotionnelles : Les programmes de prévention du harcèlement (tels que le programme KiVa ou les approches basées sur le développement des compétences psychosociales) visent souvent à accroître le répertoire comportemental des élèves. L’administration pré- et post-intervention de la PA-CSES permet de mesurer les gains réels en matière d’agentivité personnelle et de confiance adaptative.
  • Distinguer les formes adaptatives de coping : L’outil ne postule pas une réponse unique universelle. Il permet de discriminer la recherche de soutien social et l’affirmation de soi (comportements proactifs) de la régulation de l’affect colérique (évitement de l’agression en retour) et de la restructuration cognitive (lutte contre l’auto-culpabilisation et détachement émotionnel).

Sur le plan de la recherche, la PA-CSES offre un cadre rigoureux pour tester des modèles de médiation et de modération. Dans leur étude séminale de 2011, Singh et Bussey ont ainsi démontré que le sentiment d’efficacité personnelle face aux agressions médie la relation entre l’intensité de la victimation et l’inadaptation psychologique ultérieure (dépression, anxiété généralisée, baisse de l’estime de soi). Autrement dit, l’impact destructeur de la victimation est considérablement amorti lorsque l’adolescent maintient une forte croyance en ses capacités de gestion adaptative du conflit.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit opérationnalisé par la PA-CSES est multidimensionnel et repose sur quatre piliers conceptuels fondamentaux, chacun reflétant un domaine distinct d’auto-régulation face à l’hostilité interpersonnelle :

1. Auto-efficacité pour les comportements proactifs (Self-Efficacy for Proactive Behavior)

Cette dimension évalue la confiance de l’adolescent dans sa capacité à mobiliser activement des ressources constructives, directes et non violentes pour faire face à l’agresseur ou à la situation d’agression. Elle englobe :

  • La mobilisation du soutien social : La propension et la capacité perçue à solliciter l’aide d’amis, de membres de la famille ou de figures d’autorité comme les enseignants (ex. « Ask a friend for advice », « Talk to the teacher about it »).
  • L’affirmation de soi assertive et calme : La capacité à signifier clairement à l’agresseur son refus de la situation sans entrer dans une escalade agressive, notamment par l’usage de messages centrés sur le « Je » (ex. « Give the kid picking on you an “I” message », « In a clear and strong voice tell them that you don’t like what they are doing »).
  • La résolution proactive de problèmes : L’élaboration de plans d’action et la recherche de solutions constructives pour rétablir une dynamique relationnelle saine ou prévenir la récidive (ex. « Try and think of different ways to fix it »).

2. Auto-efficacité à éviter les comportements agressifs (Self-Efficacy for Avoiding Aggressive Behavior)

Cette sous-échelle mesure la capacité perçue à inhiber les impulsions vengeresses et les réactions agressives hostiles (physiques ou verbales) consécutives à une provocation. Dans les dynamiques de victimation, les « victimes provocatrices » ou les adolescents répondant par une agressivité réactive courent un risque décuplé de marginalisation prolongée et de détresse psychologique. Cette dimension cible :

  • Le contrôle des impulsions comportementales : Éviter d’insulter, de crier, de frapper ou de briser des objets sous le coup de la colère (ex. « Stop yourself from swearing out loud », « Avoid getting mad and throwing or hitting something »).
  • La régulation des ruminations hostiles : Prévenir les fantasmes de représailles et le désir de nuire en retour à l’agresseur (ex. « Avoid thinking about getting even with the kid », « Keep from imagining bad things happened to the kid »).
  • Le pardon et l’abandon de la rancune : La capacité psychologique à ne pas s’enfermer dans l’amertume ou la recherche de vengeance indirecte (ex. « Avoid holding a grudge against them »).

3. Auto-efficacité à éviter l’auto-culpabilisation (Self-Efficacy for Avoiding Self-Blame)

L’attribution causale interne et stable de la victimation (« C’est de ma faute », « Il y a quelque chose d’anormal chez moi ») constitue l’un des prédicteurs les plus puissants de la dépression et du désespoir chez les victimes d’intimidation. Cette sous-échelle évalue la capacité de l’individu à contrer activement ces pensées dysfonctionnelles et à refuser l’intériorisation de la responsabilité de l’agression :

  • Le rejet de la culpabilité personnelle : Bloquer les pensées selon lesquelles la victime est l’unique responsable des actes commis par autrui (ex. « Avoid thinking, I am the one to blame for this »).
  • Le rejet de la dévalorisation de soi : Lutter contre les pensées infériorisantes liées à l’apparence physique ou aux compétences individuelles (ex. « Keep from thinking, I get picked on because I’m not as good as them », « Avoid thinking, I get picked on because of the way I look »).
  • Le refus de l’auto-stigmatisation : Freiner l’impression d’être fondamentalement défaillant ou intrinsèquement une cible facile (ex. « Avoid thinking, there must be something about me that makes them pick on me »).

4. Auto-efficacité au désengagement du rôle de victime (Self-Efficacy for Victim-Role Disengagement)

Cette quatrième dimension concerne les mécanismes cognitifs permettant de neutraliser l’impact symbolique des agressions verbales et relationnelles. Elle mesure la compétence à relativiser le jugement d’autrui, à préserver son intégrité identitaire et à ne pas laisser les agressions définir l’estime de soi :

  • La dépersonnalisation de l’attaque : Recontextualiser l’hostilité comme étant le reflet des problèmes de l’agresseur plutôt que de ses propres défauts (ex. « Stop yourself from taking it personally by thinking, it’s not about me it’s their own stuff »).
  • La réaffirmation des ancrages sociaux et personnels positifs : Maintenir la conscience de ses compétences alternatives et de son réseau amical soutenant (ex. « Avoid taking it personally by thinking it doesn’t bother me because I have other friends », « …I know I am good at lots of other things »).
  • L’atténuation de l’anxiété évaluative : Cesser de s’inquiéter démesurément du qu’en-dira-t-on ou du statut social accordé par des pairs malveillants (ex. « Stop yourself from worrying about other people thinking badly about you »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La PA-CSES prend racine au cœur de la théorie sociale cognitive formulée par Albert Bandura (1986, 1997). Selon cette approche, l’être humain n’est ni un simple récepteur passif des stimulations de son environnement ni le jouet de déterminismes internes inconscients ; il est un agent actif doté de capacités d’anticipation, d’autoréflexion et d’autorégulation.

Le concept d’auto-efficacité (Self-Efficacy)

Le sentiment d’efficacité personnelle correspond à la croyance d’un individu en sa capacité à organiser et exécuter avec succès les séquences d’actions nécessaires pour atteindre des performances déterminées. Bandura a rigoureusement insisté sur le fait que l’auto-efficacité n’est ni un trait de personnalité global (comme l’estime de soi), ni une simple attente de résultat. Il s’agit d’un jugement contextuel et spécifique à un domaine de fonctionnement donné. Par conséquent, mesurer l’auto-efficacité face aux agressions par les pairs nécessite des items formulés de manière ciblée, interrogeant directement la difficulté perçue (« Jusqu’à quel point pouvez-vous… » / « How well can you… ») face à des stresseurs relationnels précis.

Le modèle transactionnel du stress et du coping

L’échelle intègre également les principes du modèle transactionnel du coping développé par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon ce modèle, l’impact émotionnel d’un stresseur dépend de l’évaluation primaire (la menace perçue) et de l’évaluation secondaire (l’évaluation des ressources disponibles pour faire face). L’auto-efficacité agit comme un déterminant central de l’évaluation secondaire : un adolescent convaincu de ses capacités à mobiliser de l’aide et à gérer son calme n’évaluera pas une provocation comme une catastrophe insurmontable, mais comme un défi relationnel maîtrisable.

Mécanismes de protection et désengagement du rôle de victime

Les travaux de Bandura sur le désengagement moral ont mis en évidence comment les agresseurs justifient leurs méfaits ; en miroir, Singh et Bussey ont conceptualisé le désengagement du rôle de victime comme un processus protecteur où la cible refuse de s’incorporer dans le script identitaire de la victime impuissante. En désactivant les schémas d’auto-culpabilisation décrits par Janoff-Bulman (notamment la culpabilisation du caractère), l’adolescent maintient son sentiment de valeur personnelle en dépit d’un environnement hostile.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la PA-CSES ont été documentées au travers de plusieurs études empiriques menées auprès de larges cohortes d’adolescents (Singh & Bussey, 2009, 2011) :

Validité de contenu et d’apparence

L’élaboration initiale des items s’est appuyée sur des entretiens qualitatifs approfondis avec des adolescents et des experts en psychologie de l’éducation. Les situations retenues reflètent l’éventail réel des défis vécus par les élèves victimes d’agressions verbales, physiques, relationnelles et indirectes (moqueries, exclusion, rumeurs), assurant ainsi une excellente représentativité du contenu mesuré.

Validité de construit et convergente

La validité convergente est démontrée par des corrélations hautement significatives et cohérentes avec des construits théoriquement apparentés :

  • Les scores élevés à la sous-échelle d’auto-efficacité pour les comportements proactifs corrèlent positivement avec les stratégies de recherche d’aide formelle et informelle, l’assertivité générale et le soutien social perçu ($r = 0,42$ à $0,58$, $p < 0,001$).
  • L’auto-efficacité à éviter les comportements agressifs présente des corrélations négatives robustes avec l’agressivité réactive, la colère dispositionnelle et les conduites d’extériorisation ($r = -0,36$ à $-0,52$, $p < 0,001$).
  • L’auto-efficacité à éviter l’auto-culpabilisation et le désengagement du rôle de victime corrèlent négativement de manière très prononcée avec l’anxiété sociale, les symptômes dépressifs et les ruminations dépressives ($r = -0,40$ à $-0,61$, $p < 0,001$).

Validité discriminante

La PA-CSES se distingue nettement de l’estime de soi globale (mesurée par exemple via l’échelle de Rosenberg) et du sentiment général d’auto-efficacité (Sherer et al.). Bien que corrélée modérément à ces mesures globales ($r \approx 0,30$ à $0,40$), la PA-CSES démontre une part de variance unique substantielle lorsqu’il s’agit de prédire l’adaptation spécifique en contexte scolaire hostile.

Validité prédictive et modèles de médiation

Dans l’étude longitudinale de Singh et Bussey (2011), les modèles d’équations structurelles (SEM) ont confirmé que le sentiment d’auto-efficacité médiatise l’effet de la victimation sur la dépression et l’anxiété. Même en contrôlant les niveaux initiaux de détresse psychologique, une faible auto-efficacité face aux agressions prédit significativement l’aggravation de l’inadaptation psychologique à un an d’intervalle.

8. Fidélité / Reliability

Les indicateurs de fidélité de l’instrument témoignent d’une stabilité et d’une homogénéité psychométrique exemplaires à travers les différents échantillons d’adolescents étudiés (notamment dans la tranche d’âge de 11 à 17 ans) :

Consistance interne

Les analyses de cohérence interne calculées à partir de l’alpha de Cronbach ($\alpha$) rapportent des valeurs largement supérieures aux seuils conventionnels de 0,70 ou 0,80 préconisés en psychométrie :

  • Auto-efficacité pour les comportements proactifs (15 items) : $\alpha = 0,89$ à $0,91$.
  • Auto-efficacité à éviter les comportements agressifs (11 items) : $\alpha = 0,86$ à $0,88$.
  • Auto-efficacité à éviter l’auto-culpabilisation (10 items) : $\alpha = 0,87$ à $0,90$.
  • Auto-efficacité au désengagement du rôle de victime (8 items) : $\alpha = 0,79$ à $0,83$.
  • Échelle globale (44 items) : $\alpha = 0,93$ à $0,95$.

De plus, les corrélations item-total corrigées se situent systématiquement au-dessus de 0,40, attestant qu’aucun item n’introduit de variance parasite ou d’ambiguïté interprétative.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Dans les cohortes réévaluées à un intervalle de 4 à 6 semaines en l’absence d’intervention ciblée, les coefficients de corrélation test-retest ($r_{tt}$) oscillent entre $0,74$ et $0,83$, démontrant que les croyances d’auto-efficacité mesurées présentent une stabilité relative adéquate caractéristique d’une attitude consolidée, tout en restant suffisamment sensibles aux interventions psycho-éducatives.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de la PA-CSES a fait l’objet d’investigations statistiques rigoureuses combinant analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de conception (Singh & Bussey, 2009), une extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin) a été appliquée sur l’ensemble des items expérimentaux. Les critères de sédimentation de Cattell et les valeurs propres supérieures à 1,0 (critère de Kaiser) ont clairement isolé une solution à quatre facteurs majeurs expliquant une part prépondérante de la variance totale (plus de 52 %). Chaque item s’est avéré saturer fortement sur son facteur d’appartenance théorique (saturations factorielles $\lambda > 0,45$), sans saturation croisée majeure (cross-loadings $< 0,25$).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Une AFC menée sur un échantillon indépendant d’adolescents a comparé plusieurs structures compétitives : un modèle unidimensionnel (facteur général unique d’auto-efficacité), un modèle à deux facteurs (stratégies comportementales vs cognitives), et le modèle théorique à quatre facteurs corrélés.

Les indices d’ajustement ont sans équivoque confirmé la supériorité du modèle à quatre dimensions :

  • $\chi^2 / \text{ddl}$ : $< 2,5$, indiquant un ajustement très satisfaisant compte tenu de la taille d'échantillon.
  • CFI (Comparative Fit Index) : $> 0,93$, excédant le seuil d’adéquation habituel de $0,90$.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : $> 0,92$.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : $< 0,05$ (intervalle de confiance à 90 % : $[0,042 ; 0,056]$), traduisant une excellente parcimonie et une faible erreur résiduelle.
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : $< 0,06$.

Les corrélations inter-facteurs se sont révélées modérées à substantielles (variant de $r = 0,28$ à $r = 0,54$), démontrant que si ces sous-dimensions partagent un tronc commun d’agentivité sociocognitive, elles représentent des processus fonctionnellement non redondants.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques opérationnelles de la PA-CSES sont les suivantes :

  • Type de passation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (format papier-crayon ou administration numérique informatisée).
  • Population cible : Enfants et adolescents (approximativement de 10 à 18 ans ; classes de cycle 3, collège et lycée).
  • Nombre total d’items : 44 items répartis en 4 sous-échelles :
    • Sous-échelle I : Auto-efficacité pour les comportements proactifs (15 items)
    • Sous-échelle II : Auto-efficacité à éviter les comportements agressifs (11 items)
    • Sous-échelle III : Auto-efficacité à éviter l’auto-culpabilisation (10 items)
    • Sous-échelle IV : Auto-efficacité au désengagement du rôle de victime (8 items)
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points, cotée de 1 à 7 :
    • 1 = Pas bien du tout (Not well at all)
    • 2 = Très peu
    • 3 = Un peu
    • 4 = Moyennement
    • 5 = Assez bien
    • 6 = Bien
    • 7 = Très bien (Very Well)
  • Temps de complétion : Environ 10 à 15 minutes en passation individuelle ou collective.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Tous les items sont rédigés de manière positive par rapport à l’efficacité du contrôle (un score de 7 traduit une capacité maximale à résister à l’auto-culpabilisation, à freiner la vengeance ou à demander de l’aide). Aucun item n’exige d’inversion numérique préalable.
    • Un score moyen ou un score total est calculé pour chaque sous-échelle en sommant les réponses correspondantes et en les divisant par le nombre d’items de la dimension concernée (score moyen oscillant entre 1,00 et 7,00).
    • Un score global d’auto-efficacité face aux agressions peut être obtenu par la moyenne des 44 items.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Les données réglementaires relatives à l’utilisation de l’instrument sont résumées ci-dessous :

  • Année de conception originale : 2009 (première validation dans le British Journal of Developmental Psychology) ; réédition et extensions méthodologiques en 2011 et 2013.
  • Droits d’auteur : © 2009 Parwinder Singh & Kay Bussey ; The British Psychological Society / John Wiley & Sons Ltd. Reproduction clinique et théorique autorisée dans les anthologies d’évaluation basées sur les forces (ex. Springer, 2013).
  • Tarifs et conditions d’accès : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche académique, scientifique et institutionnelle non commerciale. Aucune redevance n’est perçue pour son administration dans le cadre d’études universitaires ou de projets de recherche doctorale.
  • Permissions d’utilisation et adaptations : Les chercheurs souhaitant administrer l’échelle, la traduire dans une langue étrangère ou l’adapter à un protocole clinique spécifique sont tenus de citer rigoureusement les publications originales des auteurs (Singh & Bussey, 2009, 2011) et, le cas échéant, de formuler une demande de courtoisie auprès du Professeur Kay Bussey. Toute exploitation à des fins lucratives ou commerciales nécessite un accord formel écrit des détenteurs des droits.

12. Références / References

Les références bibliographiques princeps régissant l’échelle et son ancrage théorique incluent :

  • Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company. https://psycnet.apa.org/record/1997-08589-000
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Simmons, C. A., & Lehmann, P. (Eds.). (2013). Tools for strengths-based assessment and evaluation. Springer Publishing Company, pp. 490–493. https://doi.org/10.1891/9780826197825
  • Singh, P., & Bussey, K. (2009). The development of a Peer Aggression Coping Self-Efficacy Scale for adolescents. British Journal of Developmental Psychology, 27(4), 971–992. https://doi.org/10.1348/026151008X398474
  • Singh, P., & Bussey, K. (2011). Peer victimization and psychological maladjustment: The mediating role of coping self-efficacy. Journal of Research on Adolescence, 21(2), 420–433. https://doi.org/10.1111/j.1532-7795.2010.00680.x

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Ask a friend for advice
2

Talk to someone about how it made you feel
3

Get help from a friend
4

Get help from a family member
5

Try and think of different ways to fix it
6

Ask a family member for advice
7

Give the kid picking on you an “I” message (e.g.‚ I don’t like you doing that)
8

Try extra hard to keep it from happening again
9

In a clear and strong voice tell them that you don’t like what they are doing
10

Talk to the teacher about it
11

Change something about yourself so you can deal with the situation better
12

Make a plan to get along with the kid who was picking on you
13

Say something to stick up for yourself
14

In a calm and pleasant manner‚ tell the kid to stop
15

Take some time to cool off before responding
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Échelle de sentiment d’efficacité personnelle face aux agressions par les pairs (PA-CSES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-efficacite-agression-pairs-pa-cses/
Looti, Mohammed. “Échelle de sentiment d’efficacité personnelle face aux agressions par les pairs (PA-CSES).” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-efficacite-agression-pairs-pa-cses/.
Looti, Mohammed. “Échelle de sentiment d’efficacité personnelle face aux agressions par les pairs (PA-CSES).” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-auto-efficacite-agression-pairs-pa-cses/.