1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’attribution causale du vendeur – Entretien de vente réussi (en anglais, Salesperson Causal Attribution Scale – Successful Sales Call, ou SCAS-S) est un instrument psychométrique développé par Andrea L. Dixon, Rosann L. Spiro et Maqbul Jamil en 2001. Cet outil évalue la manière dont les professionnels de la vente commerciale interprètent, rationalisent et expliquent cognitivement l’issue favorable d’une interaction commerciale, spécifiquement lorsqu’une transaction ou une vente a été conclue avec succès. Fondée sur la théorie de l’attribution causale issue des travaux pionniers de Bernard Weiner, l’échelle opérationnalise les explications causales du succès à travers cinq dimensions fondamentales : l’Effort (cause interne, instable, contrôlable), la Capacité (cause interne, stable, contrôlable dans le contexte du développement des compétences), la Difficulté de la tâche (cause externe, stable, incontrôlable), la Stratégie (cause interne, instable, contrôlable) et la Chance (cause externe, instable, incontrôlable).
L’échelle comprend un total de 15 items, répartis rigoureusement à raison de 3 items par sous-dimension. Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert à 6 points à choix forcé, éliminant ainsi le point neutre central afin de contraindre le répondant à se positionner sur le degré d’accord ou de désaccord concernant l’attribution invoquée. Sur le plan psychométrique, la SCAS-S présente des propriétés robustes établies par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires. La cohérence interne de chaque sous-échelle démontre une fiabilité satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,86 selon les échantillons étudiés. La validité convergente et la validité discriminante ont été rigoureusement démontrées, attestant que les cinq dimensions représentent des construits empiriquement distincts tout en s’inscrivant dans un réseau nomologique cohérent reliant les attributions causales aux intentions comportementales subséquentes, à la motivation intrinsèque et à l’adaptation stratégique des vendeurs.
2. Mots-clés / Keywords
Attribution causale, psychologie de la vente, théorie de Weiner, succès commercial, motivation professionnelle, auto-efficacité, analyse factorielle, psychométrie, comportement organisationnel, intentions comportementales, effort commercial, stratégie de vente.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés en marketing, négociation commerciale et comportement organisationnel :
- Andrea L. Dixon, Ph.D. : Professeure titulaire de marketing et directrice exécutive du Center for Professional Selling à la Hankamer School of Business de l’Université Baylor (Waco, Texas, États-Unis). Ses recherches portent principalement sur la gestion des forces de vente, l’efficacité des vendeurs et les processus cognitifs dans les interactions B2B.
- Rosann L. Spiro, Ph.D. : Professeure émérite de marketing à la Kelley School of Business de l’Université de l’Indiana (Bloomington, Indiana, États-Unis). Autrice de référence dans le domaine de la vente adaptative (adaptive selling) et du leadership commercial.
- Maqbul Jamil, Ph.D. : Chercheur et consultant en modélisation quantitative et méthodologie d’enquête, affilié lors des travaux initiaux à des institutions académiques nord-américaines d’excellence et spécialisé dans la psychométrie appliquée au comportement du consommateur et du vendeur.
4. Objectif / Purpose
Dans les environnements professionnels hautement compétitifs, la performance commerciale n’est pas uniquement déterminée par les compétences techniques ou les conditions de marché objectives ; elle dépend intrinsèquement de la manière dont les individus traitent sur le plan cognitif les résultats de leurs actions passées. L’objectif fondamental de la SCAS-S est de quantifier avec précision les schémas explicatifs qu’un vendeur mobilise immédiatement après avoir réussi un entretien de vente, défini opérationnellement comme une rencontre ayant abouti à la signature d’un contrat ou à la conclusion effective d’une commande.
Sur le plan théorique, la compréhension des attributions causales post-succès répond à une lacune majeure de la littérature managériale. Historiquement, une grande partie de la recherche en psychologie du travail s’est focalisée sur l’échec commercial, cherchant à identifier comment les vendeurs gèrent le rejet et évitent l’impuissance acquise (learned helplessness). Toutefois, les travaux de Dixon, Spiro et Jamil (2001) ont démontré que les attributions formulées après un événement positif exercent un effet tout aussi déterminant, voire plus structurant, sur les comportements futurs. Selon qu’un vendeur attribue sa victoire à son talent inné, à une tactique ingénieuse, à un labeur acharné, à la docilité du client ou au hasard pur, ses intentions comportementales pour les cycles de vente suivants seront radicalement différentes.
Dans le domaine des applications pratiques et de la recherche translationnelle, la SCAS-S poursuit plusieurs finalités :
- Diagnostic managérial et coaching commercial : Identifier les biais cognitifs contre-productifs chez les commerciaux. Par exemple, un vendeur qui attribue systématiquement ses réussites à la chance ou à la facilité de la tâche risque de développer un faible sentiment d’auto-efficacité personnelle et une faible propension à persévérer face à des prospects exigeants.
- Prédiction des intentions comportementales : L’échelle permet de prédire si le vendeur cherchera à modifier ses tactiques de vente (vente adaptative), à intensifier ses efforts de prospection, ou s’il s’installera dans une routine complaisante.
- Conception de programmes de formation : L’outil sert d’indicateur pré- et post-intervention pour évaluer si les formations au réentraînement attributionnel (attributional retraining) parviennent à orienter les attributions vers des causes internes et contrôlables (effort et stratégie), favorisant la résilience et l’apprentissage continu.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la SCAS-S est la structure multidimensionnelle de l’attribution causale du succès commercial. S’appuyant sur les dimensions taxonomiques universelles de la causalité perçue formulées par Weiner — à savoir le locus de causalité (interne vs externe), la stabilité temporelle (stable vs instable) et la contrôlabilité (contrôlable vs incontrôlable) —, Dixon et al. (2001) ont contextualisé ces dimensions dans le domaine de la négociation commerciale en identifiant cinq sous-construits spécifiques :
1. L’Effort (Cause interne / instable / contrôlable)
Cette sous-échelle évalue la mesure dans laquelle le commercial attribue la conclusion de la vente à l’énergie, au travail préparatoire, au temps consacré et à l’intensité de son engagement opérationnel au cours de l’interaction. L’effort est par essence dynamique et révisable : un commercial peut décider d’intensifier ou de relâcher ses efforts lors de la prochaine opportunité. L’attribution à l’effort est un moteur fondamental de la motivation intrinsèque car elle lie directement la récompense au volume de travail consenti.
2. La Capacité ou Habileté (Cause interne / relativement stable / contrôlable au sens professionnel)
Dans le cadre théorique originel de Weiner en milieu académique, l’aptitude est souvent classée comme stable et incontrôlable (liée au quotient intellectuel ou au talent inné). Cependant, dans le modèle de vente professionnelle de Dixon et al., la capacité commerciale (sales ability) est conceptualisée comme un ensemble de compétences, d’expertise et de savoir-faire que le vendeur a développés et sur lesquels il exerce une maîtrise cognitive. Attribuer le succès à sa propre compétence renforce l’estime de soi professionnelle, l’autorité perçue et le sentiment de compétence personnelle.
3. La Stratégie (Cause interne / instable / contrôlable)
L’introduction explicite de la dimension « Stratégie » constitue l’une des contributions majeures de Dixon, Spiro et Jamil. Distincte de l’effort quantitatif brut, la stratégie reflète l’approche qualitative, le choix délibéré d’un plan d’action, l’adaptation du discours aux besoins du prospect et le déploiement d’arguments ciblés. Étant interne, instable (susceptible de varier d’un client à l’autre) et hautement contrôlable, l’attribution stratégique favorise la réflexivité métacognitive et l’adoption d’un comportement de vente adaptatif.
4. La Difficulté de la tâche (Cause externe / stable / incontrôlable)
Cette dimension mesure la perception selon laquelle la vente a été conclue en raison des caractéristiques intrinsèques du prospect, de la réputation de l’entreprise ou de la simplicité du produit vendu. Le commercial perçoit que le succès était inévitable ou particulièrement aisé en raison de conditions extérieures constantes. Une attribution prédominante à la faible difficulté de la tâche peut minimiser le mérite personnel perçu et conduire à une sous-estimation des efforts nécessaires lors de futures négociations plus ardues.
5. La Chance (Cause externe / instable / incontrôlable)
Cette sous-échelle quantifie l’attribution du succès à des circonstances fortuites, à des aléas favorables, au timing imprévu ou à des forces du destin totalement indépendantes de l’influence du commercial (ex. : « Le client cherchait exactement notre produit ce matin-là »). Bien que protectrice en cas d’échec, l’attribution du succès à la chance est psychologiquement dysfonctionnelle chez un commercial : elle génère un sentiment d’incertitude quant à la reproductibilité de la performance et inhibe le développement d’un locus de contrôle interne.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La base théorique sous-jacente à la SCAS-S s’ancre dans la théorie de l’attribution, issue des fondations posées par Fritz Heider (1958) dans son ouvrage séminal The Psychology of Interpersonal Relations, puis développée par Julian Rotter (1966) à travers le concept de locus de contrôle, avant d’être formalisée de manière systématique par Bernard Weiner (1985, 1986).
Weiner a postulé que les individus sont des « scientifiques naïfs » qui cherchent perpétuellement à comprendre les causes de leurs réussites et de leurs échecs, en particulier lorsque l’issue d’une situation est importante, inattendue ou chargée d’affects. Selon le modèle cognitif-motivationnel-émotionnel de Weiner, l’attribution causale retenue détermine les réactions affectives immédiates (ex. : fierté, gratitude, indifférence) et façonne les attentes subjectives quant aux probabilités de succès futur (théorie de l’espérance-valeur). Ces attentes et affects régissent à leur tour le comportement ultérieur, conditionnant l’intensité de l’effort, la persévérance face aux obstacles et le choix des tâches.
Dans les années 1980, plusieurs chercheurs en marketing ont tenté d’appliquer le paradigme de Weiner aux forces de vente (notamment Teas & McElroy, 1986 ; Sujan, 1986). Cependant, ces premières adaptations souffraient de limitations conceptuelles : elles reprenaient mécaniquement la distinction classique quadridimensionnelle de Weiner (effort, habileté, difficulté de la tâche, chance) sans intégrer les spécificités de la négociation moderne. Harish Sujan (1986) avait mis en lumière la nécessité cruciale de dissocier le « travail acharné » (working hard) du « travail intelligent » (working smart). Travailler dur renvoie à l’effort brut, tandis que travailler intelligemment renvoie à l’élaboration et au réajustement de stratégies cognitives adaptées.
Dixon, Spiro et Jamil (2001) ont intégré cette distinction fondamentale pour construire un modèle théorique enrichi. Dans leur cadre théorique, l’issue de l’entretien de vente (le succès) déclenche un processus d’évaluation cognitive secondaire. Lorsque le succès est attribué à des facteurs internes et contrôlables (Effort et Stratégie), le modèle postule une augmentation de l’auto-efficacité spécifique et des intentions de reconduire des tactiques sophistiquées. À l’inverse, si le succès est attribué à des causes externes ou incontrôlables (Difficulté faible de la tâche, Chance), le système cognitif n’enregistre aucun apprentissage comportemental opérant, ce qui peut compromettre la performance à long terme de l’organisation.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle SCAS-S a été démontrée à travers un protocole empirique rigoureux décrit dans la publication originale de Dixon, Spiro et Jamil (2001), combinant plusieurs cohortes de commerciaux issus de multiples secteurs industriels et tertiaires (B2B, services financiers, biens d’équipement).
Validité de contenu et d’apparence
La génération initiale des items a reposé sur une revue exhaustive de la littérature en psychologie sociale et en vente, complétée par des entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de vendeurs professionnels et de directeurs commerciaux. Une grille d’experts a ensuite évalué la pertinence, la clarté et l’adéquation conceptuelle de chaque énoncé vis-à-vis des dimensions de Weiner et de Sujan. Les énoncés ambigus ou présentant une redondance de surface ont été éliminés pour aboutir à un ensemble épuré de 3 items par dimension.
Validité convergente
La validité convergente a été confirmée à l’aide de modèles d’équations structurelles (SEM). Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) des 15 items sur leurs dimensions théoriques respectives se sont toutes révélées statistiquement significatives ($p < 0,001$) et supérieures au seuil conventionnel de 0,60, la grande majorité dépassant 0,70. La variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) pour chaque sous-échelle dépasse le seuil critique de 0,50 recommandé par Fornell et Larcker, confirmant que la variance capturée par les construits est supérieure à la variance due à l’erreur de mesure.
Validité discriminante
La distinction empirique entre les cinq dimensions a été validée selon le critère de Fornell-Larcker : pour chaque sous-échelle, la racine carrée de l’AVE est strictement supérieure aux corrélations inter-facteurs observées avec toutes les autres dimensions. De plus, des tests de comparaison de modèles ont démontré qu’un modèle à cinq facteurs corrélés présente un ajustement significativement meilleur aux données empiriques qu’un modèle à facteurs combinés (par exemple, fusionner l’Effort et la Stratégie dégrade substantiellement le $\chi^2$ du modèle, $\Delta\chi^2, p < 0,001$).
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique a été établie en examinant les relations structurelles entre les dimensions de la SCAS-S et les intentions comportementales ultérieures des vendeurs. Conformément aux hypothèses théoriques :
- L’attribution du succès à la Stratégie prédit positivement et significativement les intentions d’adopter des comportements de vente adaptative ($eta pprox 0,35$, $p < 0,01$) et la planification d’objectifs ambitieux.
- L’attribution à l’Effort est fortement corrélée aux intentions d’intensifier le travail de prospection futur.
- L’attribution à la Chance ou à la Faible difficulté de la tâche présente des corrélations négatives ou non significatives avec l’intention d’auto-perfectionnement et la persévérance commerciale.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de la SCAS-S a été conduite à travers l’estimation de la cohérence interne et la fiabilité composite des cinq sous-échelles dans plusieurs échantillons indépendants.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’étude princeps menée auprès de vendeurs professionnels par Dixon et al. (2001), les coefficients alpha de Cronbach ($lpha$) ont affiché des valeurs conformes aux standards psychométriques les plus exigeants pour des échelles courtes (composées de 3 items par dimension) :
- Sous-échelle Effort : $lpha = 0,82$ à $0,86$
- Sous-échelle Capacité : $lpha = 0,78$ à $0,83$
- Sous-échelle Stratégie : $lpha = 0,77$ à $0,82$
- Sous-échelle Difficulté de la tâche : $lpha = 0,72$ à $0,76$
- Sous-échelle Chance : $lpha = 0,75$ à $0,80$
Toutes les dimensions franchissent largement le seuil d’acceptabilité conventionnel de 0,70 établi par Nunnally, démontrant une homogénéité interne remarquable sans souffrir de redondance excessive entre les formulations.
Fiabilité composite (Rhô de Jöreskog)
Les indices de fiabilité composite (Composite Reliability, CR), calculés dans le cadre des analyses factorielles confirmatoires, oscillent entre 0,74 et 0,87 pour l’ensemble des dimensions. Ces valeurs confirment que les trois indicateurs empiriques de chaque construit partagent une part substantielle de variance vraie.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Par nature conceptuelle, l’attribution causale est sensible au contexte d’un entretien de vente spécifique. Néanmoins, lorsque des mesures répétées ont été administrées pour tester la stabilité du style attributionnel global des vendeurs face à des scénarios de succès comparables, les coefficients de corrélation test-retest à un intervalle de quatre semaines ont varié entre 0,65 et 0,74, attestant d’une stabilité modérée à forte caractéristique des schémas cognitifs dispositionnels.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de la SCAS-S a été vérifiée par une démarche séquentielle combinant l’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases préliminaires de développement sur un échantillon d’étalonnage, une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin, justifiée par les corrélations théoriques attendues entre dimensions internes) a été appliquée aux 15 items. Les critères de sélection factorielle — valeur propre supérieure à 1 (critère de Kaiser) et examen du diagramme d’éboulis de Cattell — ont convergé sans ambiguïté vers une structure à cinq facteurs distincts.
L’ensemble de ces cinq facteurs expliquait plus de 64 % de la variance totale des scores. Chaque item présentait une saturation primaire élevée sur son facteur assigné (valeurs comprises entre 0,65 et 0,88) et des saturations croisées (cross-loadings) négligeables sur les autres facteurs (systématiquement inférieures à 0,25), confirmant une structure factorielle particulièrement simple et propre.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
L’AFC a été menée sur un échantillon de validation croisée de vendeurs afin de tester l’adéquation formelle du modèle théorique à 5 facteurs obliques. Les indices d’ajustement global obtenus par Dixon et al. (2001) ont démontré une excellente adéquation aux données empiriques :
- Chi-deux normalisé : $\chi^2 / df = 1,48$ (nettement inférieur au seuil critique de 3,0 voire 2,0).
- CFI (Comparative Fit Index) : $0,96$ (supérieur au critère d’excellence de 0,95).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : $0,95$.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : $0,042$ (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,028 et 0,056, largement en dessous du seuil de 0,06).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : $0,045$ (inférieur à 0,08).
Les modèles concurrents alternatifs — notamment un modèle unidimensionnel global, un modèle bidimensionnel opposant causes internes et causes externes, ou un modèle à quatre facteurs regroupant effort et stratégie — ont tous affiché des indices d’ajustement significativement dégradés (par exemple, CFI < 0,80 pour le modèle unidimensionnel). Ces résultats confirment empiriquement la pertinence de séparer l’effort de la stratégie dans le cadre de la psychologie de la performance commerciale.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé auto-administré, structuré comme suit :
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory) post-interaction.
- Contexte d’administration : L’instrument est administré immédiatement après la conclusion d’un entretien de vente réussi, ou en demandant au participant de se remémorer de manière vivide un entretien de vente récemment conclu avec succès.
- Nombre d’items : 15 items au total.
- Structure des sous-échelles : 5 sous-échelles comportant chacune exactement 3 items :
- Sous-échelle Effort (3 items)
- Sous-échelle Capacité (3 items)
- Sous-échelle Stratégie (3 items)
- Sous-échelle Difficulté de la tâche (3 items)
- Sous-échelle Chance (3 items)
- Format de réponse : Échelle de Likert à 6 points à choix forcé (forced-choice) sans point médian neutre :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
- 2 = Pas d’accord (Disagree)
- 3 = Plutôt pas d’accord (Slightly Disagree)
- 4 = Plutôt d’accord (Slightly Agree)
- 5 = D’accord (Agree)
- 6 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
- Cotation et calcul des scores :
- Aucun item n’est inversé ; la formulation des énoncés est directement congruente avec le sens de la sous-dimension.
- Pour chaque sous-échelle, le score brut est calculé par la somme des 3 items (score de 3 à 18) ou par la moyenne arithmétique des 3 items (score moyen de 1,0 à 6,0).
- Un score élevé sur une dimension indique que le vendeur attribue préférentiellement la cause de sa réussite à ce facteur spécifique.
- Les scores peuvent être analysés de manière profilée (profil attributionnel individuel) pour caractériser l’orientation cognitive dominante du vendeur.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2001.
- Propriété intellectuelle et Copyright : L’échelle et l’article princeps sont protégés par le droit d’auteur de l’American Marketing Association (AMA) et des auteurs originaux (Andrea L. Dixon, Rosann L. Spiro, Maqbul Jamil).
- Accès pour la recherche académique : L’utilisation de l’instrument dans le cadre de recherches universitaires, de thèses ou de travaux d’enseignement à but non lucratif est généralement autorisée à titre gracieux, sous réserve de citer scrupuleusement la source originale publiée dans le Journal of Marketing.
- Tarifs et utilisations commerciales : Toute utilisation commerciale, intégration dans des plateformes logicielles de recrutement, outils d’évaluation RH payants ou programmes de formation d’entreprise requiert une autorisation écrite préalable formelle et le versement éventuel de redevances auprès du centre de gestion des droits de l’AMA (Copyright Clearance Center).
- Coordonnées des titulaires : Les demandes d’autorisation formelle peuvent être adressées aux auteurs via le Center for Professional Selling de l’Université Baylor ou directement au service des publications de l’American Marketing Association.
12. Références / References
- Dixon, A. L., Spiro, R. L., & Jamil, M. (2001). Successful and unsuccessful sales calls: Measuring salesperson attributions and behavioral intentions. Journal of Marketing, 65(3), 64–78. https://doi.org/10.1509/jmkg.65.3.64.18330
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Heider, F. (1958). The psychology of interpersonal relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
- Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
- Sujan, H. (1986). Smarter versus harder: An exploratory attributional analysis of salespeople’s motivation. Journal of Marketing Research, 23(1), 41–49. https://doi.org/10.1177/002224378602300105
- Teas, R. K., & McElroy, J. C. (1986). Causal attributions and salespersons’ satisfaction and expectancy estimates. Journal of Marketing Research, 23(1), 75–86. https://doi.org/10.1177/002224378602300108
- Weiner, B. (1985). An attributional theory of achievement motivation and emotion. Psychological Review, 92(4), 548–573. https://doi.org/10.1037/0033-295X.92.4.548
- Weiner, B. (1986). An attributional theory of motivation and emotion. Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-1-4612-4948-1
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels composant l’instrument Salesperson Causal Attribution Scale – Successful Sales Call (SCAS-S) sont protégés par le droit d’auteur (copyright © 2001, American Marketing Association) et ne peuvent être reproduits intégralement dans le domaine public ouvert.
L’inventaire complet comprend 15 items mesurant les cinq attributions causales du succès à travers une échelle de réponse en 6 points. Les énoncés originaux sont structurés autour des dimensions suivantes :
Structure des sous-dimensions et organisation des items
- Effort (3 items) : Évalue l’attribution du succès à l’intensité du travail, à l’énergie consacrée et à la préparation méticuleuse déployée par le commercial.
- Échelle de réponse : 1 = Strongly Disagree à 6 = Strongly Agree
- Exemple indicatif de libellé : L’issue favorable de cette vente s’explique par la quantité considérable d’efforts et de travail acharné que j’ai fournis.
- Ability / Capacité (3 items) : Évalue l’attribution du succès aux compétences professionnelles, au talent personnel et à l’expertise commerciale globale.
- Échelle de réponse : 1 = Strongly Disagree à 6 = Strongly Agree
- Exemple indicatif de libellé : J’ai conclu cette vente parce que je possède des aptitudes et un savoir-faire commercial solides pour ce type d’interaction.
- Strategy / Stratégie (3 items) : Évalue l’attribution du succès au choix délibéré d’un plan d’action pertinent, d’arguments ciblés et d’une approche qualitative adaptée au prospect.
- Échelle de réponse : 1 = Strongly Disagree à 6 = Strongly Agree
- Exemple indicatif de libellé : Cette vente a abouti parce que j’ai adopté la bonne approche stratégique et adapté judicieusement ma présentation au client.
- Task Difficulty / Difficulté de la tâche (3 items) : Évalue l’attribution du succès à des facteurs externes facilitants, tels que la simplicité de conclusion auprès de ce prospect ou l’évidence du besoin.
- Échelle de réponse : 1 = Strongly Disagree à 6 = Strongly Agree
- Exemple indicatif de libellé : Il a été facile de remporter cette commande car les circonstances et les exigences de ce client rendaient la tâche particulièrement aisée.
- Luck / Chance (3 items) : Évalue l’attribution du succès au hasard, à la coïncidence opportune ou à des aléas extérieurs indépendants du commercial.
- Échelle de réponse : 1 = Strongly Disagree à 6 = Strongly Agree
- Exemple indicatif de libellé : J’ai eu un coup de chance exceptionnel et le bon timing pour conclure cette transaction positivement.
Pour consulter le libellé officiel exhaustif et textuel des 15 items anglais originaux, les chercheurs et praticiens sont invités à se référer directement à la publication source de Dixon, Spiro et Jamil (2001) parue dans le Journal of Marketing.