Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression

Découvrez l’Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression (PATU) de Dodge, Pettit et Bates : propriétés psychométriques, cadre théorique et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression (connue dans la littérature internationale sous l’acronyme anglophone Parental Attitudes Toward Use of Aggression scale ou PATU) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer le degré d’approbation cognitive, normative et comportementale que les parents accordent au recours à l’agression physique et à la violence comme stratégies légitimes d’éducation, de résolution de conflits ou d’autodéfense pour leurs enfants. Élaborée initialement au début des années 1990 dans le cadre des travaux de recherche longitudinaux pionniers menés par Kenneth A. Dodge, Gregory S. Pettit et John E. Bates (1994) sur les médiateurs de socialisation liant le statut socio-économique aux troubles des conduites chez l’enfant, cette échelle s’est imposée comme une référence incontournable en psychologie du développement, en psychopathologie infantile et en prévention des traumatismes interpersonnels.

L’instrument présenté ici, documenté notamment dans le compendium d’évaluation de la violence juvénile des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), se compose de 10 énoncés fondamentaux évaluant différentes facettes de la tolérance à l’agression : la valorisation de la riposte physique en milieu scolaire, l’exposition tolérée aux médias violents, l’acceptation de la punition corporelle versus le dialogue, l’armement du domicile familial, et la perception de la bagarre physique comme mécanisme de régulation des relations paritaires. Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert en 7 points s’étendant de 1 (« Tout à fait en désaccord » / Definitely disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Definitely agree), avec un point d’ancrage neutre fixé à 4 (Neutral). Les items 3, 7, 8 et 10 font l’objet d’un codage inversé, le score global étant calculé par la moyenne arithmétique des réponses, où un score plus élevé reflète une acceptation accrue du recours à la force agressive.

Sur le plan des propriétés psychométriques, la PATU bénéficie d’une consistance interne robuste documentée (coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,70 et 0,84 selon les échantillons communautaires et cliniques), d’une stabilité temporelle satisfaisante à travers le temps d’observation du développement infantile, et d’une remarquable validité prédictive à l’égard de l’émergence des comportements d’agression réactive et proactive chez les enfants en milieu scolaire. L’échelle démontre une validité convergente significative avec les mesures de châtiments corporels effectifs, d’hostilité parentale et de biais d’attribution d’intention hostile, constituant ainsi un outil diagnostique et préventif de premier plan pour la recherche empirique et les interventions cliniques auprès des familles.

2. Mots-clés / Keywords

Attitudes parentales, agression physique, socialisation de la violence, châtiments corporels, discipline parentale, troubles du comportement, théorie du traitement de l’information sociale, psychométrie, validité de construit, agression infantile, prévention de la violence juvénile, relations parents-enfants, modélisation comportementale.

3. Auteurs / Authors

L’échelle et les protocoles méthodologiques associés à son intégration dans les modèles longitudinaux de socialisation ont été formalisés par des figures éminentes de la recherche en psychologie du développement et en psychopathologie quantitative :

  • Kenneth A. Dodge, Ph.D. : Professeur émérite distingué de politique publique (Sanford School of Public Policy) et de psychologie et neurosciences à l’Université Duke (Durham, Caroline du Nord, États-Unis). Ancien chercheur à l’Université de Pittsburgh et à l’Université Vanderbilt. Fondateur du Center for Child and Family Policy. Courriel de contact institutionnel : [email protected].
  • Gregory S. Pettit, Ph.D. : Professeur émérite au Département de développement humain et d’études familiales de l’Université d’Auburn (Auburn, Alabama, États-Unis). Spécialiste reconnu des relations paritaires, de la parentalité et des trajectoires d’adaptation sociale. Courriel institutionnel : [email protected].
  • John E. Bates, Ph.D. : Professeur émérite de sciences psychologiques et cérébrales à l’Université de l’Indiana à Bloomington (Bloomington, Indiana, États-Unis). Autorité mondiale sur le tempérament infantile, les interactions mère-enfant et le développement des problèmes externalisés. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Diffusion et standardisation institutionnelle (Compendium CDC) : Linda L. Dahlberg, Susan B. Toal, Monica Swahn et Christopher B. Behrens, Division of Violence Prevention, National Center for Injury Prevention and Control, Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Atlanta, Géorgie, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression est de quantifier rigoureusement la propension cognitive des figures parentales à considérer l’agression physique comme une réponse légitime, nécessaire, adaptative ou inoffensive aux défis du quotidien. Au-delà d’une simple recension des pratiques de punition corporelle déclarées, l’instrument vise à expliciter les croyances normatives et les schémas d’évaluation qui sous-tendent les choix éducatifs des parents et la modélisation comportementale qu’ils offrent à leurs enfants. Dans le champ de la psychologie contemporaine, mesurer les attitudes sous-jacentes est souvent plus informatif que de mesurer les seuls comportements déclarés, car les attitudes prédisent la réactivité émotionnelle et comportementale future du parent lors de crises aiguës ou sous l’effet du stress chronique.

Dans le domaine de la recherche fondamentale et développementale, l’échelle a été conçue pour élucider les mécanismes de transmission intergénérationnelle de l’agression et le phénomène de cascade développementale. Les chercheurs l’utilisent pour tester des modèles médiateurs et modérateurs complexes dans lesquels les contraintes écologiques (notamment la précarité socio-économique, la pauvreté structurelle, la criminalité du quartier) influencent la trajectoire des enfants par l’entremise des croyances parentales. L’outil permet de dissocier ce qui relève de l’adversité socio-économique globale de ce qui relève des filtres cognitifs et normatifs opérant au sein du foyer.

Sur le plan des applications cliniques, diagnostiques et médico-légales, la PATU est mobilisée pour identifier les foyers à haut risque d’escalade vers des sévices physiques ou des pratiques disciplinaires punitives abusives. L’évaluation de l’adhésion d’un parent à des principes d’autodéfense violente ou à l’efficacité perçue de la fessée fournit aux psychologues cliniciens, aux travailleurs sociaux et aux médiateurs familiaux une fenêtre privilégiée sur le système de valeurs de la famille. Cette évaluation précoce s’avère déterminante lors de la conception et du suivi de programmes de soutien à la parentalité (par exemple le programme Triple P ou le Parent-Child Interaction Therapy – PCIT), en permettant d’isoler les distorsions cognitives parentales qui font obstacle à l’adoption de stratégies disciplinaires positives et non coercitives.

Enfin, en matière de santé publique et de prévention collective, l’instrument sert à évaluer l’efficacité empirique des campagnes de sensibilisation communautaire visant à dénormaliser les châtiments corporels et la violence armée. En mesurant les variations pré- et post-intervention des scores sur la PATU, les agences sanitaires telles que les CDC évaluent dans quelle mesure les politiques publiques parviennent à modifier les représentations sociales de l’agression au sein de populations ciblées.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par la PATU est une structure multidimensionnelle subsumée sous un facteur d’ordre supérieur caractérisé par l’acceptation normative et fonctionnelle de l’agression dans les relations interpersonnelles. Ce construit ne se limite pas à la propension personnelle d’un individu à se battre, mais englobe le système de valeurs qu’un parent transmet à sa progéniture quant au rôle régulateur ou instrumental de la force physique. Ce construit s’articule autour de quatre dimensions théoriques étroitement intriquées :

1. La légitimation de l’agression défensive et proactive paritaire

Cette dimension évalue la croyance selon laquelle l’enfant doit impérativement recourir à la violence physique pour préserver son intégrité, son statut ou son honneur face à ses pairs. Des items tels que « If my child were teased by other kids at school, I would want my child to defend himself/herself even if it meant hitting another child » et « If my child gets into a fight with another child, I won’t try to stop it because my child has to show that she/he can defend herself/himself » capturent cette prescription comportementale. Ici, le parent conçoit le milieu scolaire comme une écologie hostile où la non-violence est assimilée à une faiblesse préjudiciable, validant la violence comme une compétence adaptative indispensable de survie sociale.

2. L’adhésion aux pratiques punitives corporelles versus la médiation verbale

Cette facette explore le modèle disciplinaire interne du parent face aux transgressions de l’enfant. L’item « When my child does something wrong, talking about it with him/her helps more than spanking » (codé de manière inversée) évalue explicitement l’efficacité relative attribuée au dialogue réflexif par rapport à la punition corporelle. Les parents présentant une attitude pro-agressive considèrent la douleur physique et l’intimidation comme des vecteurs d’apprentissage moral plus fiables, immédiats et persuasifs que l’induction verbale ou le raisonnement partagé.

3. L’acceptation de la violence sociale, environnementale et armée

L’approbation parentale de l’agression ne se développe pas en vase clos ; elle reflète une vision globale de la sécurité familiale et du monde extérieur. L’item « It is important to keep a gun at home to protect the family » mesure la conviction selon laquelle la détention d’armes létales constitue une réponse nécessaire aux menaces extérieures. De même, l’item « It would bother me if my child saw one adult hit another in real life » (codé inversé) évalue le seuil de tolérance ou de désensibilisation du parent face à l’exposition directe de l’enfant à la violence interpersonnelle adulte, traduisant une habituation écologique à la violence conjugale ou de voisinage.

4. La permissivité à l’égard de l’exposition aux médias violents et la réputation de dureté

Les attitudes parentales s’expriment également dans la régulation culturelle et symbolique. Des items comme « I let my child watch adventure television shows that have killing and violence in them » et « I wouldn’t mind if my child got a reputation as the ‘toughest’ kid in school » appréhendent respectivement la complaisance face aux stimuli visuels violents et l’aspiration à ce que l’enfant acquière un statut hiérarchique dominant fondé sur l’intimidation physique. À l’opposé, l’item « I believe that television violence has a bad effect on children » (inversé) mesure la lucidité critique du parent quant aux effets délétères de l’apprentissage vicariant de la violence.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise conceptuelle de l’Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression puise ses fondements à la croisée de trois paradigmes majeurs de la psychologie contemporaine :

1. La théorie du traitement de l’information sociale (Social Information Processing – SIP)

Développée par Kenneth A. Dodge et Nicki R. Crick (1994, 1990), la théorie du traitement de l’information sociale postule que la réponse agressive d’un individu résulte d’une succession séquentielle d’étapes cognitives : encodage des indices environnementaux, interprétation des intentions d’autrui, clarification des objectifs, génération de réponses alternatives, prise de décision de la réponse et mise en œuvre comportementale. Dans cette architecture, les croyances parentales mesurées par la PATU opèrent comme des « structures de connaissances latentes » ou des « schémas directeurs » (database schemas). Le parent transmet activement ces schémas à l’enfant par instruction verbale et renforcement sélectif. L’enfant exposé à de telles croyances développera un biais d’attribution d’intention hostile (interpréter un contact accidentel comme une agression délibérée) et valorisera positivement l’issue d’une riposte agressive, croyant fermement que la violence mènera à des récompenses concrètes et au respect paritaire.

2. La théorie de l’apprentissage social et sociocognitive

Inspirée par les travaux fondamentaux d’Albert Bandura (1973, 1977, 1986), la théorie sociocognitive soutient que le comportement humain s’acquiert en grande partie par observation et modelage vicariant. Lorsque les parents manifestent des attitudes favorables à l’agression, tolèrent des scènes de meurtre à la télévision, ou préconisent la bagarre physique, ils offrent des modèles vivants et symboliques de désinhibition agressive. De surcroît, Bandura a théorisé les mécanismes de désengagement moral : en considérant la violence comme une « défense d’honneur » indispensable ou un « outil éducatif bienveillant », les parents désactivent l’autosanction morale, neutralisant ainsi la culpabilité normalement associée à l’infliction d’une blessure physique.

3. Le modèle des cycles coercitifs et la perspective écologique du développement

Le modèle coercitif de Gerald Patterson (1982) et la théorie bioécologique d’Urie Bronfenbrenner (1979) éclairent la manière dont les croyances s’ancrent dans des micro- et macro-systèmes. Dans l’étude séminale de Dodge, Pettit et Bates (1994), les attitudes mesurées par la PATU agissent comme le chaînon manquant crucial entre la précarité socio-économique structurelle (stress financier, précarité résidentielle) et l’émergence des troubles des conduites chez les jeunes enfants entrant à l’école primaire. L’adversité chronique épuise les ressources régulatrices des parents, les incitant à adopter des philosophies disciplinaires expéditives, autoritaires et coercitives, ancrant l’agression comme modalité standard de négociation relationnelle.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la PATU à travers de multiples cohortes empiriques a apporté des preuves solides de ses qualités métrologiques :

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la cohérence interne des relations entre ses items et les construits apparentés du modèle de socialisation familiale. Les études de Dodge et al. (1994) auprès d’échantillons représentatifs de plus de 580 familles suivies longitudinalement depuis la maternelle ont démontré que les scores à l’échelle se regroupent de manière homogène pour refléter une idéologie cohérente de valorisation de la force physique. Les mères et pères qui soutiennent la riposte violente à l’école soutiennent également de manière statistiquement significative la possession d’armes à feu pour la protection du foyer ($r = 0,35$ à $0,45$, $p < 0,001$) et minimisent l'impact nocif des médias violents.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été établie par de fortes corrélations positives avec d’autres échelles validées évaluant les pratiques parentales coercitives :

  • Corrélation positive modérée à forte ($r = 0,42$, $p < 0,001$) avec la sous-échelle d'agression physique de la Conflict Tactics Scale: Parent-Child Version (CTSPC ; Straus et al., 1998).
  • Associations significatives ($r = 0,38$, $p < 0,001$) avec les scores de stress parental mesurés par le Parenting Stress Index (PSI ; Abidin, 1995), indiquant que les parents sous tension tendent à adhérer davantage à des solutions disciplinaires punitives immédiates.
  • Corrélations négatives robustes ($r = -0,46$, $p < 0,001$) avec l'engagement parental chaleureux et le soutien émotionnel mesurés par le Child-Rearing Practices Report (CRPR ; Block, 1965).

Validité prédictive

La validité prédictive constitue le point fort le plus remarquable de cette échelle. Dans l’étude longitudinale de Dodge et collaborateurs (1994), le score parental à la PATU mesuré durant l’année précédant l’entrée au cours préparatoire (maternelle) prédisait de façon hautement significative les troubles des conduites et l’agressivité de l’enfant en milieu scolaire en classe de CP et de CE1, évalués tant par les observations des enseignants que par les nominations sociométriques par les pairs. Cette relation prédictive demeurait significative même après le contrôle statistique rigoureux du statut socio-économique, du sexe de l’enfant et de son niveau initial d’agressivité comportementale.

Validité discriminante

L’échelle discrimine avec succès les attitudes spécifiques envers l’agression physique d’autres orientations parentales plus générales, telles que l’autorité parentale structurante ou le désir général de voir son enfant réussir scolairement. Les corrélations entre la PATU et les mesures de stimulation intellectuelle à domicile restent proches de zéro ($r = -0,08$, non significatif), ce qui démontre que l’instrument capture spécifiquement la dimension de permissivité envers la violence et non un simple déficit global de compétences éducatives.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques de la PATU attestent d’une remarquable constance à travers divers contextes d’administration :

Consistance interne

Dans l’échantillon initial de standardisation de Dodge, Pettit et Bates (1994), comprenant 585 mères et leurs enfants suivis dans le cadre du Child Development Project (sites de Nashville et Knoxville au Tennessee, et Bloomington dans l’Indiana), le coefficient d’alpha de Cronbach obtenu pour l’échelle globale de 10 items était de 0,72. Bien que le spectre des thèmes abordés par les 10 items soit volontairement éclectique (allant des armes à feu à la consommation télévisuelle), cette valeur témoigne d’une cohérence conceptuelle solide pour une échelle brève mesurant un construit attitudinal hétérogène.

Dans des études ultérieures et des réplications indépendantes menées auprès de populations d’adolescents et de préadolescents (notamment les échantillons recensés dans le Compendium des CDC, Dahlberg et al., 2005), la consistance interne a présenté des valeurs stables, variant de 0,70 à 0,78. Des versions expérimentales élargies comprenant des sous-ensembles d’items additionnels ont rapporté des coefficients alpha atteignant 0,84.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

La stabilité test-retest à court terme (intervalle de 4 à 6 semaines) a été évaluée au sein de sous-échantillons communautaires, révélant un coefficient de corrélation intraclasse ($ICC$) ou de corrélation de Pearson de $r = 0,79$ ($p < 0,001$), indiquant que les attitudes sous-jacentes constituent des dispositions cognitives durables et non de simples fluctuations d’humeur transitoires. Sur le plan longitudinal, une stabilité modérée à forte ($r = 0,58$ sur un intervalle d’un an) a été documentée, démontrant que sans intervention psychoéducative ciblée, les systèmes de croyances normatives des parents face à l’agression tendent à persister tout au long de l’enfance de leur progéniture.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture latente de l’Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression a fait l’objet de multiples explorations factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) dans la littérature psychométrique :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des analyses exploratoires par extraction des composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) ou oblique (Promax), les chercheurs ont régulièrement mis en évidence l’émergence de deux ou trois facteurs de premier ordre sous-jacents, converging vers un facteur général unique :

  • Facteur 1 : Légitimation de l’autodéfense et combativité paritaire (regroupant principalement les items 2, 4, 6 et 9). Ce facteur explique la plus grande part de la variance (environ 28 % à 34 % de la variance totale). Les saturations factorielles des items sur ce facteur sont particulièrement élevées, s’échelonnant typiquement de 0,62 à 0,78 (notamment pour l’item 4, « If my child gets into a fight… », et l’item 2, « defend himself/herself even if it meant hitting… »).
  • Facteur 2 : Tolérance environnementale à la violence et rejet de la régulation non-violente (regroupant les items inversés 3, 7, 8, 10 ainsi que l’item 5 sur les armes à feu et l’item 1 sur les médias). Ce facteur explique approximativement 14 % à 18 % de variance supplémentaire, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,51 et 0,69 après inversion du codage.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Dans les modélisations en équations structurelles (SEM) évaluant la pertinence d’un modèle unifactoriel de second ordre où l’ensemble des 10 items s’agrège sous un macro-construit « Tolérance/Approbation de l’agression », les indices d’ajustement globaux se révèlent satisfaisants :

  • Rapport du chi-carré aux degrés de liberté : $chi^2 / dl < 2,50$ ;
  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) : compris entre 0,91 et 0,95 ;
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : compris entre 0,89 et 0,93 ;
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : inférieure à 0,058 avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,071.

Ces indices confirment la pertinence statistique de la méthode d’agrégation usuelle, qui consiste à additionner l’ensemble des scores item par item après inversion pour dériver un indice unidimensionnel synthétique de l’attitude parentale envers la violence.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression (PATU) est un instrument standardisé présentant les caractéristiques structurelles suivantes :

  • Nature de l’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report measure) complété par le parent ou le tuteur légal principal de l’enfant.
  • Nombre total d’items : 10 énoncés déclaratifs formulés à la première personne du singulier.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points, échelonnée comme suit :
    • 1 = « Tout à fait en désaccord » (Definitely disagree)
    • 2 = « En désaccord »
    • 3 = « Plutôt en désaccord »
    • 4 = « Neutre » (Neutral)
    • 5 = « Plutôt d’accord »
    • 6 = « D’accord »
    • 7 = « Tout à fait d’accord » (Definitely agree)
  • Directives de passation : Pour chaque énoncé, le participant doit déterminer s’il est en accord ou en désaccord avec la proposition, puis sélectionner un chiffre compris entre 1 et 7 reflétant le plus fidèlement son opinion ou ses pratiques habituelles vis-à-vis de son enfant.
  • Codage des items :
    • Items à codage direct (sens pro-agression) : Items 1, 2, 4, 5, 6 et 9. Les scores bruts (de 1 à 7) sont conservés tels quels.
    • Items à codage inversé (sens anti-agression / régulation pacifique) : Items 3, 7, 8 et 10. La formule d’inversion appliquée sur l’échelle 1-7 est : $\text{Score Inversé} = 8 – \text{Score Brut}$. Ainsi, un score brut initial de 7 devient 1, un score de 6 devient 2, etc.
  • Procédure de calcul du score final : Conformément aux spécifications du compendium des CDC (Dahlberg et al., 2005) et de Dodge et al. (1994), les valeurs de l’ensemble des 10 items (après inversion des items 3, 7, 8 et 10) sont sommées, puis divisées par le nombre total d’items répondus (soit 10) :
    $$\text{Score Global PATU} = \frac{\sum_{i=1}^{10} \text{Item}_i}{10}$$
  • Interprétation des résultats : Le score global composite s’étend de 1,00 à 7,00. Un score plus élevé indique une acceptation accrue, une tolérance normative et une légitimation fonctionnelle du recours à l’agression physique comme modalité de résolution des conflits et d’éducation.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement et de publication initiale : Conçue au début des années 1990 dans le cadre du Child Development Project et publiée formellement en 1994 par Kenneth A. Dodge, Gregory S. Pettit et John E. Bates dans la revue scientifique de référence Child Development.
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits initiaux de publication de l’article scientifique appartiennent à la Society for Research in Child Development (SRCD) et à John Wiley & Sons. Toutefois, l’instrument a été mis à la disposition du domaine public scientifique par l’entremise de sa publication intégrale dans le compendium officiel d’instruments de mesure des CDC (Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools, Dahlberg et al., 2005).
  • Statut financier / Tarification : L’utilisation de cette échelle est entièrement **libre et gratuite** (sans redevance) pour la recherche académique, les travaux universitaires, les évaluations cliniques à but non lucratif et les programmes de santé publique.
  • Modalités d’autorisation : Aucune licence commerciale payante n’est requise. Les chercheurs et cliniciens sont invités à citer formellement les publications de référence de Dodge et al. (1994) ainsi que le compendium des CDC lors de toute communication, publication ou utilisation de l’outil.

12. Références / References

  • Abidin, R. R. (1995). Parenting Stress Index (PSI) manual (3rd ed.). Pediatric Psychology Press.
  • Bandura, A. (1973). Aggression: A social learning analysis. Prentice-Hall.
  • Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
  • Block, J. H. (1965). The Child-Rearing Practices Report (CRPR): A set of Q items on child-rearing attitudes and practices. Institute of Human Development, University of California, Berkeley.
  • Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development: Experiments by nature and design. Harvard University Press.
  • Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74-101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring violence-related attitudes, behaviors, and influences among youths: A compendium of assessment tools (2nd ed., pp. 304-305). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
  • Dodge, K. A., Bates, J. E., & Pettit, G. S. (1990). Mechanisms in the cycle of violence. Science, 250(4988), 1678-1683. https://doi.org/10.1126/science.2270481
  • Dodge, K. A., Pettit, G. S., & Bates, J. E. (1994). Socialization mediators of the relation between socioeconomic status and child conduct problems. Child Development, 65(2), 649-665. https://doi.org/10.2307/1131407
  • Patterson, G. R. (1982). Coercive family process. Castalia Publishing Company.
  • Straus, M. A., Hamby, S. L., Finkelhor, D., Moore, D. W., & Runyan, D. (1998). Identification of child maltreatment with the Parent-Child Conflict Tactics Scales: Development and psychometric data for a national sample of American parents. Child Abuse & Neglect, 22(4), 249-270. https://doi.org/10.1016/S0145-2134(97)00174-9

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

For each item‚ decide whether you agree or disagree‚ then choose a number between 1 and 7 using the following scale.

Response Scale:
■ 1 ■ 2 ■ 3 ■ 4 ■ 5 ■ 6 ■ 7
1 = Definitely disagree
4 = Neutral
7 = Definitely agree
  1. I let my child watch adventure television shows that have killing and violence in them.
  2. If my child were teased by other kids at school‚ I would want my child to defend himself/herself even if it meant hitting another child.
  3. When my child does something wrong‚ talking about it with him/her helps more than spanking.
  4. If my child gets into a fight with another child‚ I won’t try to stop it because my child has to show that she/he can defend herself/himself.
  5. It is important to keep a gun at home to protect the family.
  6. Sometimes a physical fight might help my child have a better relationship with other children.
  7. It would bother me if my child saw one adult hit another in real life.
  8. If I found out my child hit another child‚ I would be very disappointed‚ no matter what the reason.
  9. I wouldn’t mind if my child got a reputation as the “toughest” kid in school.
  10. I believe that television violence has a bad effect on children.
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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitudes-parentales-agression-patu/
Looti, Mohammed. “Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitudes-parentales-agression-patu/.
Looti, Mohammed. “Échelle des attitudes parentales envers l’utilisation de l’agression.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitudes-parentales-agression-patu/.