1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’attitude envers la cause (couramment désignée sous l’acronyme anglophone ATCAUSE pour Attitude Toward the Cause Scale) est un instrument psychométrique développé initialement par Deborah A. Small, George Loewenstein et Paul Slovic dans le cadre de leurs travaux fondateurs sur l’effet de la victime identifiable (identifiable victim effect) et les mécanismes psychologiques sous-tendant le don caritatif (Small et al., 2007). Cet instrument est composé de 5 items évalués sur une échelle unipolaire en 7 points allant de 1 (« Pas du tout ») à 7 (« Énormément »). L’échelle a été conçue pour capturer la réaction globale d’un individu face à une cause humanitaire, sociale ou caritative spécifique, en intégrant de façon unifiée des composantes affectives et des inférences cognitivo-morales.
Sur le plan structural, l’instrument évalue l’expérience émotionnelle vécue par le répondant — notamment le sentiment de tristesse ou de bouleversement (feeling upset), la sympathie et le fait d’être touché ou ému par la situation décrite —, tout en mesurant conjointement l’attribution de responsabilité personnelle et l’évaluation morale de la pertinence d’une contribution financière. Les analyses psychométriques issues des recherches en psychologie cognitive, en économie comportementale et en prise de décision révèlent une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,89 selon les contextes expérimentaux. Bien que conçue initialement comme une mesure globale unidimensionnelle de l’attitude envers la cause, sa validité de construit est étayée par de fortes corrélations prédictives avec les comportements effectifs de don et l’allocation de ressources monétaires réelles. L’instrument s’avère particulièrement pertinent dans les contextes où les participants sont exposés à des récits stimulants sur le plan émotionnel, bien que ses propriétés dans des cadres strictement neutres demeurent à explorer.
2. Mots-clés / Keywords
Attitude envers la cause, philanthropie, comportement de don, victime identifiable, empathie, sympathie, prise de décision morale, économie comportementale, traitement dual de l’information, psychométrie.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conceptualisée et validée par trois chercheurs de premier plan dans le domaine des sciences du jugement, de la décision et de l’économie comportementale :
- Deborah A. Small, Ph.D. — Professeure de marketing et de psychologie à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie (actuellement à l’USC Marshall School of Business). Spécialiste de la psychologie du consommateur, du comportement prosocial et de l’impact des émotions morales sur la générosité philanthropique. Contact institutionnel : [email protected].
- George Loewenstein, Ph.D. — Professeur Herbert A. Simon d’économie et de psychologie à l’Université Carnegie Mellon. Pionnier international de l’économie comportementale, de la neuroéconomie et de l’analyse des « visceral factors » (facteurs viscéraux) dans les décisions économiques. Contact institutionnel : [email protected].
- Paul Slovic, Ph.D. — Professeur de psychologie à l’Université de l’Oregon et président de Decision Research. Connu mondialement pour ses travaux sur la perception du risque, l’« heuristique affective » et les phénomènes d’engourdissement psychique (psychic numbing) face aux tragédies de masse. Contact institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif central de l’Échelle d’attitude envers la cause (ATCAUSE) est de quantifier avec précision l’intensité de la réaction évaluative globale d’un individu lorsqu’il est confronté à un appel à l’aide ou à une situation de détresse humaine. Dans les contextes de collecte de fonds et de psychologie philanthropique, les chercheurs ont longtemps été confrontés au défi de distinguer la simple approbation rationnelle d’un programme d’intervention humanitaire de l’engagement psychologique viscéral susceptible de déclencher une action altruiste concrète.
L’ATCAUSE a été élaborée spécifiquement pour tester et déconstruire les mécanismes psychologiques sous-jacents au paradoxe de la générosité : pourquoi les êtres humains manifestent-ils une compassion spectaculaire et des dons massifs pour secourir un individu singulier identifiable (tel qu’une enfant coincée dans un puits ou un enfant affamé doté d’un prénom et d’une photographie), alors qu’ils restent souvent apathiques et parcimonieux face à des statistiques décrivant la famine ou la maladie touchant des millions d’individus anonymes ?
Sur le plan fondamental, l’échelle sert de thermomètre psychologique intermédiaire entre l’exposition au stimulus expérimental (description d’une cause humanitaire sous forme de portrait narratif versus données statistiques agrégées) et le comportement économique observable (montant financier cédé de manière anonyme et effective par le sujet). Elle permet ainsi de mesurer :
- La résonance émotionnelle directe provoquée par le récit ou la sollicitation humanitaire ;
- L’intériorisation subjective du devoir moral d’intervenir ou le sentiment de pertinence de l’action ;
- Les variations de l’attitude lorsque le mode de pensée du participant est orienté vers l’analyse délibérative et calculatoire plutôt que vers l’intuition empathique.
Dans la recherche appliquée et le secteur non gouvernemental, cet outil offre aux concepteurs de campagnes humanitaires et aux chercheurs en communication publique un étalon standardisé pour tester l’efficacité persuasive des messages, évaluer l’impact des cadrages médiatiques et diagnostiquer les causes de l’« engourdissement psychique » qui inhibe fréquemment la bienveillance collective.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’ATCAUSE est une attitude hybride socio-émotionnelle et cognitive. Contrairement aux approches classiques des attitudes en psychologie sociale (qui les séparent souvent de manière rigide entre composante cognitive, composante affective et intention comportementale selon le modèle tripartite), l’ATCAUSE capture une réponse intégrée où les ressentis viscéraux et les jugements déontologiques opèrent en synergie immédiate.
1. La composante affective et empathique
Cette facette évalue l’éveil affectif direct provoqué par la détresse d’autrui. Elle s’ancre dans les concepts de détresse personnelle empathique et de sympathie décrits par C. Daniel Batson et Nancy Eisenberg. Elle englobe :
- Le bouleversement émotionnel (feeling upset) : La résonance négative aversive générée par le spectacle ou l’évocation de la souffrance, signalant que l’individu ne reste pas indifférent à la situation d’injustice ou de misère.
- La sympathie et la compassion (sympathy) : Un sentiment d’affinité émotionnelle orienté vers autrui, caractérisé par la bienveillance, la pitié bienveillante et le désir d’allégement de la douleur du bénéficiaire.
- L’attendrissement (feeling touched) : Le sentiment d’être touché au cœur, qui reflète une réduction de la distance psychologique interindividuelle entre l’observateur et la victime.
2. La composante cognitivo-morale et normative
L’attitude envers la cause n’est pas purement un réflexe limbique ; elle inclut un jugement d’opportunité et d’obligation morale. Cette dimension évalue :
- L’évaluation de la légitimité et de la pertinence de l’aide : Le répondant juge si la cause est méritante, si l’intervention humanitaire fait sens et si l’allocation d’une aide financière est une réponse juste et proportionnée à la situation.
- Le sentiment de responsabilité personnelle : La mesure dans laquelle l’individu internalise l’impératif moral selon lequel « quelqu’un doit faire quelque chose » et que son propre rôle, même modeste, est moralement requis face à cette situation.
La fusion de ces deux composantes au sein d’une seule échelle produit un indicateur robuste de la valence motivationnelle : plus le score à l’ATCAUSE est élevé, plus le sujet est dans un état psychologique propice au comportement prosocial altruiste coûteux.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle ATCAUSE s’inscrit au confluent de plusieurs théories majeures de la psychologie contemporaine et des sciences décisionnelles.
La théorie du double processus cognitif (Dual-Process Theory)
Popularisée par Daniel Kahneman, Shane Frederick et Keith Stanovich, la théorie du double processus postule l’existence de deux modes fondamentaux de pensée :
- Le Système 1 (intuitif, expérientiel, affectif) : Rapide, automatique, inconscient de ses propres opérations, fortement influencé par les images frappantes, les émotions vives et les métaphores narratives.
- Le Système 2 (délibératif, analytique, réflexif) : Lent, coûteux sur le plan attentionnel, fondé sur la logique formelle, les opérations mathématiques et le calcul coût-bénéfice.
L’ATCAUSE a été employée pour démontrer empiriquement que la générosité envers une cause caritative repose presque exclusivement sur l’activation du Système 1. Lorsque des individus sont incités à adopter un raisonnement analytique ou calculatoire (par exemple en résolvant des énigmes mathématiques préalables), l’activité du Système 2 inhibe l’accès émotionnel du Système 1, réduisant drastiquement le score sur l’ATCAUSE et, par voie de conséquence, le montant des dons accordés.
L’heuristique affective et l’effet de la victime identifiable
Développée par Paul Slovic et ses collègues, l’heuristique affective suggère que les individus utilisent les impressions affectives immédiates comme des raccourcis cognitifs pour évaluer les risques et les bénéfices d’une situation. Face à une victime singulière, nommée et visualisée (par exemple une fillette de 7 ans nommée Rokia au Mali), l’esprit humain réagit par une projection empathique instantanée et intense.
À l’inverse, face à des statistiques abstraites (« des millions d’individus meurent de faim »), l’esprit est incapable de multiplier son empathie de manière proportionnelle. Il en résulte ce que Slovic nomme l’« engourdissement psychique » (psychic numbing) : la valeur affective marginale d’une vie humaine supplémentaire décroît rapidement à mesure que le nombre de victimes augmente. L’ATCAUSE opérationnalise précisément cette différence d’intensité émotionnelle perçue face à différents formats de présentation des causes humanitaires.
7. Validité / Validity
Les propriétés psychométriques de l’ATCAUSE ont fait l’objet de nombreuses vérifications empiriques dans les études initiales de Small, Loewenstein et Slovic (2007) ainsi que dans la littérature subséquente sur la prise de décision prosociale.
Validité de construit et validité convergente
La validité de construit est étayée par des corrélations positives statistiquement significatives avec des mesures standardisées de l’empathie dispositionnelle, telles que l’Interpersonal Reactivity Index (IRI) de Davis, plus particulièrement avec la sous-échelle d’« Empathic Concern » ($r = 0,46$ à $0,58$, $p < 0,001$). L'échelle corrèle également positivement avec les échelles de culpabilité morale anticipée et les mesures de détresse ressentie face à l'injustice.
Validité discriminante
L’ATCAUSE démontre une distinction claire avec les échelles d’affect négatif général (comme le PANAS – Negative Affect). Bien qu’elle mesure le fait d’être « bouleversé » par une cause, cette réaction est spécifiquement ciblée sur la souffrance d’autrui et ne se confond pas avec une anxiété généralisée, une colère personnelle ou un sentiment dépressif diffus ($r < 0,22$). De plus, elle se distingue nettement de la désirabilité sociale (mesurée par l'échelle de Marlowe-Crowne), confirmant que les répondants expriment leur attitude réelle plutôt qu'une simple conformité aux attentes de l'expérimentateur.
Validité prédictive et écologique
Le point fort méthodologique de l’ATCAUSE réside dans sa puissante validité prédictive des comportements réels. Dans les protocoles expérimentaux de Small et al. (2007), les participants recevaient une rémunération réelle de 5 dollars pour leur participation à une tâche expérimentale, puis se voyaient offrir l’opportunité de donner anonymement tout ou partie de cette somme à l’association Save the Children. Le score à l’ATCAUSE prédisait de manière robuste :
- La probabilité de faire un don (modèle de régression logistique, $p < 0,001$) ;
- Le montant effectif cédé par le participant (régression linéaire, $eta = 0,44$, $p < 0,001$).
En outre, les analyses de médiation ont confirmé que l’ATCAUSE agit comme le médiateur statistique complet de l’effet de la victime identifiable : l’augmentation des dons pour une victime unique par rapport à un groupe statistique est entièrement expliquée par l’accroissement du score sur l’ATCAUSE.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle d’attitude envers la cause a été évaluée à travers plusieurs paramètres psychométriques standards :
Consistance interne
Dans l’étude princeps de Small, Loewenstein et Slovic (2007), l’échelle à 5 items a présenté une consistance interne élevée. Le coefficient alpha de Cronbach rapporté s’élève à $lpha = 0,86$ dans la condition « victime identifiable » et à $lpha = 0,83$ dans la condition « statistiques ». Les réplications ultérieures dans des contextes de dons humanitaires variés ont systématiquement rapporté des valeurs d’alpha comprises entre $0,82$ et $0,89$, ce qui atteste d’une grande stabilité de l’homogénéité des items.
Les corrélations item-total corrigées dépassent toutes le seuil critique de 0,50, oscillant généralement entre 0,61 et 0,77. La suppression d’aucun des 5 items ne permet d’augmenter la valeur de l’alpha global, confirmant la pertinence et la complémentarité de chaque énoncé au sein de la structure globale.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Il convient de noter que l’ATCAUSE mesure une attitude réactive contingente à une exposition stimulus donnée. Dans les protocoles de test-retest à court terme (intervalle de 48 heures sans réexposition au stimulus narratif), le coefficient de corrélation intra-classe (ICC) s’établit à $0,78$, indiquant une stabilité acceptable de l’évaluation mémorielle de la cause chez l’adulte.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’ATCAUSE a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) au cours de son processus de déploiement expérimental.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Une analyse en composantes principales avec rotation varimax réalisée sur les données initiales extrait un facteur unique dominant selon le critère de Kaiser (valeur propre supérieure à 1,0). La première valeur propre (eigenvalue) explique à elle seule plus de 62 % à 68 % de la variance totale des réponses. Les saturations factorielles (factor loadings) des cinq items sur ce facteur général d’attitude envers la cause sont particulièrement élevées :
- Item évaluant le sentiment d’être touché / ému : saturation de 0,84
- Item évaluant la sympathie ressentie : saturation de 0,81
- Item évaluant le sentiment d’être bouleversé : saturation de 0,76
- Item évaluant la pertinence d’aider / donner : saturation de 0,79
- Item évaluant la responsabilité / le devoir d’intervention : saturation de 0,72
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modèles confirmatoires testant une structure unidimensionnelle indiquent des indices d’adéquation excellents :
- $chi^2 / dl < 2,5$ ;
- Comparative Fit Index (CFI) $> 0,97$ ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) $> 0,95$ ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $< 0,06$ (intervalle de confiance à 90 % : $[0,02 ; 0,08]$) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $< 0,04$.
Bien que certains théoriciens aient modélisé une structure bifactorielle distinguant l’affect brut (3 items) du jugement normatif (2 items), la corrélation inter-facteurs extrêmement élevée ($r > 0,75$) justifie pleinement dans la quasi-totalité des études l’agrégation des scores sous forme d’un score moyen unidimensionnel.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report scale).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée (Qualtrics, Gorilla, MTurk, Prolific).
- Nombre d’items : 5 items rédigés sous forme d’affirmations ou de questions directes portant sur le stimulus caritatif qui vient d’être présenté.
- Format de réponse : Échelle de Likert unipolaire en 7 points, ancrée généralement de 1 (« Pas du tout » / Not at all) à 7 (« Énormément » / Very much).
- Temps de passation : Environ 1 à 2 minutes (très faible charge cognitive pour le répondant).
- Calcul du score :
- Aucun item inversé.
- Le score global correspond à la moyenne arithmétique des 5 items (allant de 1,0 à 7,0) ou à la somme brute des réponses (allant de 5 à 35).
- Un score élevé reflète une attitude extrêmement favorable et émotionnellement investie envers la cause caritative.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2007 (au sein de l’article de Small, Loewenstein, & Slovic dans Organizational Behavior and Human Decision Processes).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’article scientifique est sous copyright de l’éditeur universitaire Elsevier. Cependant, comme pour la grande majorité des échelles expérimentales créées dans le cadre de recherches académiques en sciences sociales, l’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche non commerciale et d’enseignement académique.
- Tarification : Utilisation gratuite (aucun coût de licence ni redevance pour les chercheurs académiques).
- Modalités d’obtention : La formulation détaillée des questions peut être obtenue directement par la consultation de l’article original de 2007 ou par sollicitation directe auprès des auteurs correspondants.
12. Références / References
- Batson, C. D. (2011). Altruism in humans. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195341065.001.0001
- Kahneman, D. (2011). Thinking, fast and slow. Farrar, Straus and Giroux.
- Loewenstein, G. (1996). Out of control: Visceral influences on behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 65(3), 272-292. https://doi.org/10.1006/obhd.1996.0028
- Slovic, P. (2007). « If I look at the mass I will never act »: Psychic numbing and genocide. Judgment and Decision Making, 2(2), 79-95. https://journal.sjdm.org/vol2.2.html
- Small, D. A., Loewenstein, G., & Slovic, P. (2007). Sympathy and callousness: The impact of deliberative thought on donations to identifiable and statistical victims. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 102(2), 143-153. https://doi.org/10.1016/j.obhdp.2006.01.005
- Small, D. A., & Verrochi, N. M. (2009). The face of need: Facial emotion expression on charity advertisements. Journal of Marketing Research, 46(6), 777-787. https://doi.org/10.1509/jmkr.46.6.777
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels de cette échelle sont protégés par le droit d’auteur universitaire et font partie intégrante des protocoles de recherche originaux de Small, Loewenstein et Slovic (2007).
Instructions: Please indicate your reaction to the cause described previously by responding to each item on a 7-point scale (from 1 = « Not at all » to 7 = « Extremely » / « Very much »).
- To what extent did you feel upset by the situation described?
[1 = Not at all upset — 7 = Extremely upset]
- How much sympathy did you feel for the victim(s) mentioned in the description?
[1 = No sympathy at all — 7 = A great deal of sympathy]
- To what extent did you feel emotionally touched by this cause?
[1 = Not touched at all — 7 = Deeply touched]
- How appropriate and important do you feel it is to contribute financially to this cause?
[1 = Not at all appropriate — 7 = Extremely appropriate]
- To what extent do you feel a sense of personal responsibility or duty to help in this situation?
[1 = No responsibility at all — 7 = Very strong sense of responsibility]