Échelle d’attitude envers l’argent (MAS)

L’Échelle d’attitude envers l’argent (Money Attitude Scale, MAS) de Yamauchi et Templer (1982) est l’instrument de référence mesurant les dimensions symboliques et affectives de l’argent : Pouvoir-Prestige, Rétention-Temps, Méfiance et Anxiété.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle d’attitude envers l’argent (Money Attitude Scale, ou MAS), développée initialement par Kent T. Yamauchi et Donald I. Templer en 1982, constitue le premier instrument psychométrique standardisé conçu pour opérationnaliser et quantifier les significations symboliques, motivationnelles et affectives que les individus attribuent à la monnaie. Historiquement, la recherche économique appréhendait l’argent selon une perspective strictement rationnelle et utilitariste, le réduisant à un médium d’échange neutre. En rupture avec cette vision instrumentale, la MAS conceptualise l’argent comme un vecteur psychologique complexe saturé de projections inconscientes, d’enjeux identitaires et de régulations émotionnelles.

L’instrument original se compose de 29 énoncés auto-rapportés évaluant quatre dimensions factorielles stables : le Pouvoir–Prestige (Power–Prestige, 9 items), la Rétention–Temps (Retention–Time, 7 items), la Méfiance (Distrust, 7 items) et l’Anxiété (Anxiety, 6 items). Certaines adaptations ultérieures dans le champ du comportement du consommateur (notamment Roberts et Sepulveda) isolent une cinquième facette mineure, la Qualité (Quality, 2 items), mesurant l’utilisation du prix comme indicateur direct d’excellence fonctionnelle ou statutaire. Les participants répondent au moyen d’une échelle de fréquence de type Likert en 7 points allant de 1 (« Jamais ») à 7 (« Toujours »), bien qu’une version en 5 points d’accord soit fréquemment mobilisée dans la littérature appliquée.

Sur le plan métrologique, la MAS démontre une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,68 et 0,86 selon les sous-échelles et les populations étudiées, ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle sur des intervalles de plusieurs semaines. Sa structure factorielle a été confirmée auprès d’échantillons variés en psychologie sociale, en psychiatrie financière et en marketing comportemental. L’échelle prédit de manière robuste des comportements économiques critiques tels que l’endettement pathologique, les achats compulsifs, la thésaurisation, la recherche compulsive de remises et la vulnérabilité au stress financier.

2. Mots-clés

Attitudes envers l’argent, Money Attitude Scale, psychologie financière, comportement du consommateur, pouvoir et prestige, rétention financière, anxiété économique, méfiance marchande, matérialisme, psychométrie financière.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et validée par les chercheurs américains Kent T. Yamauchi et Donald I. Templer :

  • Kent T. Yamauchi, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, rattaché lors du développement de l’échelle au Département de Psychologie de la California School of Professional Psychology (Fresno, Californie, États-Unis). Ses travaux portent principalement sur l’intersection de la psychologie de la personnalité, de l’évaluation psychométrique et des dynamiques socio-économiques individuelles.
  • Donald I. Templer, Ph.D. (1938–2018) : Professeur émérite de psychologie à la California School of Professional Psychology (Alliant International University). Auteur prolifique internationalement reconnu pour ses contributions majeures en psychométrie clinique, notamment pour le développement de la Death Anxiety Scale (DAS), Templer a consacré une part significative de ses recherches à l’évaluation quantitative des peurs existentielles et des conduites affectives complexes.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Money Attitude Scale est de fournir une mesure standardisée, multidimensionnelle et psychométriquement rigoureuse des attitudes, croyances et dispositions affectives associées à l’argent. Avant la parution des travaux de Yamauchi et Templer en 1982, la recherche sur les conduites économiques était largement dominée par les modèles de la théorie du choix rationnel, qui postulaient que l’argent possédait une valeur strictement objective et fonctionnelle définie par sa liquidité et son pouvoir d’achat. La MAS a été conçue pour combler un vide méthodologique flagrant : l’absence d’outils empiriques capables de capturer les distorsions cognitives, les significations symboliques et les charges émotionnelles que les individus projettent sur leurs ressources financières.

Dans le domaine de la recherche fondamentale, la MAS permet de décortiquer les antécédents dispositionnels des décisions économiques. Elle sert d’instrument pivot pour explorer comment des traits de personnalité sous-jacents (tels que le névrosisme, l’extraversion ou l’amabilité du modèle des Big Five) s’articulent avec la culture de consommation pour façonner les choix d’épargne, la tolérance au risque et les préférences de marque. En psychologie sociale et économique, l’échelle est mobilisée pour analyser les représentations de la stratification sociale, la comparaison descendante et ascendante, ainsi que la transmission intergénérationnelle des scripts financiers familiaux.

Sur le plan des applications cliniques et de conseil psychologique, la MAS est employée dans le diagnostic et la remédiation des troubles financiers comportementaux. La thérapie financière et le conseil conjugal utilisent régulièrement ses scores factoriels pour identifier les sources de conflits de couple liés à la gestion budgétaire. Par exemple, une asymétrie marquée au sein d’un couple entre un partenaire scoring haut en Pouvoir–Prestige et un conjoint centré sur la Rétention–Temps engendre des tensions prédictibles sur les dépenses somptuaires versus la constitution d’un fonds d’urgence. De surcroît, l’échelle permet de dépister les manifestations précoces de comportements compulsifs, tels que l’oniomanie (achats compulsifs), le jeu pathologique ou la thésaurisation compulsive (financial hoarding), où l’argent cesse d’être un moyen de subsistance pour devenir un anxiolytique ou une prothèse narcissique.

Enfin, en gestion de patrimoine et marketing comportemental, l’outil éclaire les profils d’investisseurs et de consommateurs. Les planificateurs financiers s’appuient sur les sous-échelles pour ajuster leur communication : un client présentant une forte dimension d’Anxiété et de Méfiance nécessitera une transparence accrue sur les mécanismes de tarification et des garanties de sécurité plus robustes, tandis qu’un profil orienté Pouvoir–Prestige sera plus réceptif à des opportunités d’investissement exclusives valorisant le statut social.

5. Construit psychologique

La MAS repose sur une conceptualisation multidimensionnelle de l’argent en tant que symbole social et régulateur intrapsychique. Yamauchi et Templer ont identifié quatre dimensions cardinales, complétées dans certains travaux appliqués par une dimension auxiliaire :

Pouvoir–Prestige (Power–Prestige)

Cette dimension capture l’utilisation de l’argent comme instrument d’influence interpersonnelle, de domination sociale et de valorisation statutaire. Les individus obtenant des scores élevés sur cet axe perçoivent la réussite financière comme le critère ultime de la valeur humaine. L’argent n’est pas simplement accumulé pour sa sécurité intrinsèque, mais dépensé de manière visible afin de susciter l’admiration, le respect ou l’envie d’autrui (consommation ostentatoire théorisée par Thorstein Veblen). Un individu avec un score élevé déclarera volontiers qu’il achète des objets de luxe principalement pour impressionner son entourage, qu’il accorde davantage de déférence aux personnes fortunées et qu’il utilise ses ressources pour amener autrui à se conformer à ses désirs.

Rétention–Temps (Retention–Time)

La Rétention–Temps reflète une orientation temporelle prospective axée sur la planification rigoureuse, la prévoyance et le contrôle systématique des flux financiers. Cette facette mesure l’aptitude à différer la gratification immédiate au profit de la sécurité future. Les personnes se situant haut sur cette échelle tiennent un registre minutieux de leurs dépenses, établissent des budgets prévisionnels stricts, alimentent régulièrement des comptes d’épargne et anticipent activement leur retraite ou d’éventuelles urgences économiques. Bien qu’adaptative sur le plan de la stabilité matérielle, une rétention excessive peut confiner à la rigidité psychologique, à l’avarice et à une incapacité névrotique à jouir du moment présent.

Méfiance (Distrust)

Cette sous-échelle évalue un état de vigilance exacerbée, de scepticisme et d’appréhension dans les transactions commerciales et les échanges économiques interpersonnels. Les sujets présentant un score élevé manifestent une méfiance chronique envers les vendeurs et les prestataires de services, craignant constamment d’être trompés, surfacturés ou manipulés. Sur le plan comportemental, ils vérifient scrupuleusement leurs factures et le rendu de monnaie, contestent agressivement les écarts de prix, traquent inlassablement les soldes et hésitent longuement avant d’engager des dépenses, y compris pour des biens de première nécessité. Cette dimension intègre également des distorsions cognitives liant automatiquement le coût à la qualité perçue dans ses formulations étendues.

Anxiété (Anxiety)

L’Anxiété financière traduit la charge affective négative, l’inquiétude diffuse et la rumination obsessionnelle déclenchées par l’état des finances personnelles. L’argent est ici vécu comme une source permanente de détresse psychologique et d’insécurité existentielle, indépendamment du niveau de revenu réel objectif. Les répondants à haut score éprouvent des manifestations somatiques et psychiques de stress dès lors qu’ils manquent de liquidités ou qu’ils anticipent l’avenir. Ils sont hantés par la perspective de manquer de ressources pour subvenir à leurs besoins futurs ou pour acquérir ce qu’ils désirent, ce qui peut paralyser leur prise de décision économique ou, paradoxalement, déclencher des épisodes de dépenses compulsives destinées à apaiser temporairement leur angoisse.

Qualité (Quality – sous-échelle secondaire)

Bien qu’intégrée à la dimension Méfiance dans la matrice factorielle originale de 1982, plusieurs recherches ultérieures (notamment en analyse du comportement d’achat) ont individualisé une micro-dimension de Qualité composée de 2 items (items 18 et 19 ou items spécifiques selon les versions). Elle mesure la croyance selon laquelle le prix constitue un signal direct et infaillible de supériorité intrinsèque du produit (« le plus cher est nécessairement le meilleur »), orientant préférentiellement les choix vers les segments de marché haut de gamme.

6. Cadre théorique

L’élaboration de la MAS s’enracine dans la convergence de plusieurs courants majeurs des sciences humaines et sociales : la psychanalyse, la sociologie critique de la modernité et l’économie comportementale émergente.

Sur le plan psychodynamique, Yamauchi et Templer se sont appuyés sur les intuitions fondatrices de Sigmund Freud et de ses continuateurs (tels que Karl Abraham et Sandor Ferenczi) concernant le « caractère anal ». Selon cette perspective, les attitudes d’épargne compulsive, d’ordre financier méticuleux et d’avarice trouvent leur origine dans les dynamiques de rétention et de contrôle développées durant le stade sadique-anal de l’enfance. Yamauchi et Templer ont cherché à opérationnaliser ces notions cliniques sous une forme psychométrique mesurable, ce qui transparaît explicitement dans la dimension Rétention–Temps. De même, les théorisations d’Alfred Adler sur la volonté de puissance et la compensation du sentiment d’infériorité éclairent directement la dimension Pouvoir–Prestige, où l’accumulation pécuniaire fait office de bouclier contre l’insécurité de l’ego.

Sur le versant sociologique, les travaux de Georg Simmel exposés dans Philosophie de l’argent (1900) ont constitué un socle conceptuel déterminant. Simmel a démontré comment la monétarisation généralisée transforme les relations qualitatives entre les êtres en relations quantitatives abstraites, favorisant le calcul rationnel froid tout en exacerbant l’aliénation et la méfiance interindividuelle. Parallèlement, la théorie de la classe de loisir de Thorstein Veblen (1899) fournit le cadre interprétatif de la consommation ostentatoire, selon lequel l’étalage public de la richesse sert d’arme de compétition hiérarchique dans les sociétés industrielles avancées.

Enfin, la MAS s’inscrit en rupture avec l’hypothèse de l’Homo economicus parfaitement rationnel. En anticipant l’essor de la finance comportementale formalisée plus tard par Daniel Kahneman et Amos Tversky, Yamauchi et Templer ont posé comme axiome que les décisions monétaires sont guidées par des heuristiques affectives, des peurs archaïques et des motivations symboliques inconscientes. L’argent y est appréhendé non comme un simple actif comptable fongible, mais comme un « équivalent psychologique universel » capable de canaliser des désirs d’amour, de sécurité, de liberté et de souveraineté.

7. Validité

La validité psychométrique de la MAS a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques attestant de sa robustesse à travers différents contextes culturels et démographiques :

Validité de construit et validité convergente

Dans l’étude princeps de Yamauchi et Templer (1982), la validité de construit a été documentée en corrélant les sous-échelles de la MAS avec des instruments de personnalité établis :

  • La dimension Pouvoir–Prestige a montré des corrélations positives significatives avec l’échelle de statut et de dominance du California Psychological Inventory (CPI) ainsi qu’avec des mesures d’extraversion et de besoin de réussite ostensible. Des études ultérieures (ex. Roberts & Sepulveda, 1999) ont mis en évidence une corrélation élevée (r = 0,45 à 0,60, p < 0,001) entre cette dimension et l’échelle de matérialisme de Richins et Dawson.
  • La dimension Rétention–Temps s’est avérée corrélée positivement avec le trait de méticulosité/conscienciosité et négativement avec les conduites impulsives. Elle prédit significativement la propension effective à détenir des comptes d’épargne bloqués et la planification successorale.
  • La dimension Méfiance corrèle avec des indices d’introversion défensive, de cynisme interpersonnel et de vigilance paranoïde mesurés par le MMPI.
  • La dimension Anxiété a présenté une corrélation substantielle avec l’échelle d’anxiété manifeste de Taylor (TMAS) et la State-Trait Anxiety Inventory (STAI), confirmant qu’elle capture une vulnérabilité affective générale projetée sur la sphère financière.

Validité discriminante

Les analyses corrélationnelles inter-facteurs révèlent généralement des corrélations faibles à modérées entre les sous-échelles de la MAS (coefficients r compris entre 0,10 et 0,35), démontrant que les quatre dimensions mesurent des facettes conceptuellement distinctes de l’attitude envers l’argent. Par ailleurs, des travaux comparant des échantillons d’acheteurs compulsifs cliniques à des consommateurs témoins ont montré que les acheteurs compulsifs obtiennent des scores significativement plus élevés sur les échelles Pouvoir–Prestige et Anxiété, mais notablement plus faibles en Rétention–Temps, confirmant l’excellente validité discriminante du profil factoriel.

Validité prédictive

La MAS prédit de multiples comportements financiers écologiques : le volume des dettes non garanties sur cartes de crédit, la fréquence des comportements de comparaison des prix, le recours excessif aux coupons de réduction (associé à la Méfiance) et la sensibilité aux messages publicitaires valorisant le prestige social.

8. Fidélité

Les études de reproductibilité et de cohérence interne de la Money Attitude Scale ont démontré des qualités psychométriques satisfaisantes pour l’ensemble des dimensions principales :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon normatif initial de Yamauchi et Templer (N = 300 étudiants et adultes de la population générale), les coefficients alpha de Cronbach obtenus pour les quatre facteurs étaient les suivants :

  • Pouvoir–Prestige (9 items) : α = 0,80
  • Rétention–Temps (7 items) : α = 0,78
  • Méfiance (7 items) : α = 0,69
  • Anxiété (6 items) : α = 0,69

Des réplications ultérieures menées auprès d’échantillons de consommateurs plus vastes et diversifiés (notamment Medina et al., 1996 ; Roberts & Sepulveda, 1999) ont rapporté des coefficients de cohérence interne comparables, variant entre 0,72 et 0,86 pour le Pouvoir–Prestige, entre 0,70 et 0,82 pour la Rétention–Temps, et entre 0,68 et 0,76 pour l’Anxiété. En revanche, lorsque la micro-dimension de Qualité (2 items) est extraite séparément, son coefficient alpha demeure modeste (souvent situé entre 0,50 et 0,62), ce qui incite les méthodologistes à interpréter cette sous-échelle avec circonspection en raison du nombre réduit d’indicateurs.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Yamauchi et Templer (1982) ont évalué la stabilité test-retest auprès d’un sous-échantillon réexaminé à un intervalle de 5 à 6 semaines. Les coefficients de corrélation de Pearson se sont révélés élevés et statistiquement significatifs :

  • Pouvoir–Prestige : r = 0,88 (p < 0,001)
  • Rétention–Temps : r = 0,95 (p < 0,001)
  • Méfiance : r = 0,87 (p < 0,001)
  • Anxiété : r = 0,88 (p < 0,001)

Ces indices remarquables indiquent que les attitudes évaluées par la MAS ne constituent pas de simples humeurs passagères influencées par des fluctuations budgétaires quotidiennes, mais reflètent de véritables traits dispositionnels durables de la personnalité économique.

9. Analyse factorielle

Le processus de développement de la MAS a fait appel à des analyses factorielles rigoureuses dès sa phase inaugurale en 1982 :

Analyse factorielle exploratoire (AFE) originale

À partir d’un ensemble initial de 62 items générés sur la base d’entretiens cliniques et de revues de la littérature psychanalytique et sociologique, Yamauchi et Templer ont administré le questionnaire à 300 participants. Une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation varimax a été exécutée. Les critères d’extraction (valeurs propres supérieures à 1,0 et inspection du diagramme d’éboulis de Cattell) ont conduit à retenir une solution à 4 facteurs principaux expliquant une part prépondérante de la variance totale :

  • Facteur 1 (Rétention–Temps) : Expliquait la plus grande proportion de variance commune, avec des saturations factorielles élevées (allant de 0,52 à 0,76) pour les items relatifs à la budgétisation, à l’épargne d’urgence et à la prévoyance pour la vieillesse.
  • Facteur 2 (Pouvoir–Prestige) : Se caractérisait par des saturations fortes (0,48 à 0,74) pour les énoncés portant sur l’achat d’objets destinés à impressionner les pairs et la vénération du statut de la richesse.
  • Facteur 3 (Méfiance) : Regroupait des items saturant entre 0,40 et 0,68 concernant le contrôle scrupuleux des prix, la vérification du rendu de monnaie et le soupçon d’arnaque de la part des vendeurs.
  • Facteur 4 (Anxiété) : Présentait des saturations comprises entre 0,45 et 0,71 pour les items traduisant une nervosité, une peur de manquer et une détresse psychologique face aux contraintes financières.

Les items ne présentant pas une saturation minimale de 0,40 sur leur facteur cible ou démontrant des saturations croisées substantielles (> 0,35) sur plusieurs facteurs ont été éliminés, aboutissant à la structure épurée en 29 énoncés.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC) et débats structuraux

Les réévaluations méthodologiques ultérieures (telles que celles de Burgess, 2005, ou Engelberg & Sjöberg, 2006) ont globalement confirmé la robustesse de l’adéquation du modèle tétafactoriel (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,90 ; TLI > 0,89). Toutefois, certains auteurs dans le secteur du marketing (Roberts & Sepulveda, 1999) ont proposé une structure en 5 facteurs en séparant les items 18 et 19 de la dimension Méfiance pour former le facteur autonome de « Qualité » (croyance prix-qualité). Bien que cette solution pentafactorielle améliore marginalement certains indices d’ajustement local dans des contextes de consommation pure, la configuration originale à 4 facteurs demeure la plus universellement reconnue et répliquée dans la littérature internationale.

10. Instrument de mesure

  • Nom de l’instrument : Money Attitude Scale (MAS) [Échelle d’attitude envers l’argent].
  • Auteurs : Kent T. Yamauchi et Donald I. Templer (1982).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Nombre d’items : 29 items.
  • Sous-échelles :
    • Pouvoir–Prestige (Power–Prestige) : 9 items (items 1 à 9).
    • Rétention–Temps (Retention–Time) : 7 items (items 10 à 16).
    • Méfiance (Distrust) : 7 items (items 17 à 23) [certaines adaptations séparent les items 18-19 sous le facteur « Qualité »].
    • Anxiété (Anxiety) : 6 items (items 24 à 29).
  • Format et échelle de réponse : 7-point Likert scale (1 = Never, 2 = Very seldom, 3 = Seldom, 4 = Neither seldom nor often, 5 = Often, 6 = Very often, 7 = Always; also commonly administered with a 5-point Likert scale).
  • Cotation et calcul des scores : Aucun item inversé dans la version standard originale. Les scores de chaque sous-échelle s’obtiennent par la sommation directe ou la moyenne arithmétique des items composants. Des moyennes distinctes par facteur sont préconisées pour préserver la métrique d’origine et faciliter les comparaisons inter-échelles.
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

La Money Attitude Scale a été initialement publiée en 1982 dans le Journal of Personality Assessment. Conformément aux usages académiques régissant les instruments créés dans le cadre de recherches universitaires publiques :

  • Statut des droits et gratuité : L’échelle relève du domaine de la recherche académique sans but lucratif. Elle peut être consultée et utilisée gratuitement par les chercheurs, psychologues, psychiatres et étudiants universitaires pour des travaux scientifiques non commerciaux, sous réserve d’une citation bibliographique formelle de l’article princeps de Yamauchi et Templer (1982).
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’échelle au sein de logiciels propriétaires, de plateformes de recrutement payantes ou d’outils de conseil financier commercial requiert l’autorisation préalable des détenteurs des droits d’auteur de la revue d’origine (Taylor & Francis / Society for Personality Assessment).
  • Licence : Utilisation académique libre avec attribution d’auteur obligatoire (format standard APA).

12. Références

Les publications fondatrices et les études méthodologiques majeures relatives à la MAS incluent :

  • Burgess, S. M. (2005). The importance and meaning of markets: Do attitudes toward money influence consumers’ perceptions of the marketplace? Advances in Consumer Research, 32(1), 392–398.
  • Engelberg, E., & Sjöberg, L. (2006). Money attitudes and emotional intelligence. Journal of Applied Social Psychology, 36(8), 2027–2047. https://doi.org/10.1111/j.0021-9029.2006.00092.x
  • Furnham, A. (1984). Many sides of the coin: The psychology of money usage. Personality and Individual Differences, 5(5), 501–509. https://doi.org/10.1016/0191-8869(84)90025-4
  • Medina, J. F., Saegert, J., & Gresham, A. (1996). Comparison of Mexican-American and Anglo-American attitudes toward money. Journal of Consumer Affairs, 30(1), 124–145. https://doi.org/10.1111/j.1745-6606.1996.tb00729.x
  • Richins, M. L., & Dawson, S. (1992). A consumer values orientation for materialism and its measurement: Scale development and validation. Journal of Consumer Research, 19(3), 303–316. https://doi.org/10.1086/209304
  • Roberts, J. A., & Sepulveda, C. J. (1999). Demographics and money attitudes: A test of Yamauchi and Templer’s (1982) money attitude scale in Mexico. Journal of Consumer Marketing, 16(1), 19–35. https://doi.org/10.1108/07363769910250741
  • Simmel, G. (1900). Philosophie des Geldes. Duncker & Humblot. (Édition française : Philosophie de l’argent, Presses Universitaires de France, 1987).
  • Yamauchi, K. T., & Templer, D. I. (1982). The development of a money attitude scale. Journal of Personality Assessment, 46(5), 522–528. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4605_14

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
7-point Likert scale (1 = Never, 2 = Very seldom, 3 = Seldom, 4 = Neither seldom nor often, 5 = Often, 6 = Very often, 7 = Always; also commonly administered with a 5-point Likert scale)

Scale Items:

  1. I use money to influence other people to do things for me.
  2. I must admit that I purchase things because I know they will impress others.
  3. I behave as if money were the ultimate symbol of success.
  4. I find that I show more respect to people with more money than I have.
  5. I own nicer things than most of my friends.
  6. I must admit that I sometimes brag about how much money I make.
  7. I seem to find that I show more respect to those who have money than to those who don’t.
  8. I buy top-of-the-line products because it gives me status.
  9. People that know me think I am wealthy.
  10. I put money aside on a regular basis for the future.
  11. I do financial planning for the future.
  12. I keep track of how much money I have and where it goes.
  13. I save now to prepare for my old age.
  14. I maintain a financial reserve for emergencies.
  15. I have money in savings accounts for the future.
  16. I follow a careful financial budget.
  17. I argue when I think I am being overcharged.
  18. I am very hesitant about spending money even on necessities.
  19. I automatically assume that higher priced items are of superior quality.
  20. When buying things, I look for sales and bargains.
  21. I am suspicious of people who are trying to sell me things.
  22. I complain when I am not given the right change.
  23. I check the prices of things very carefully before buying.
  24. It bothers me when I discover that I could have gotten something for less elsewhere.
  25. I worry that I will not be financially secure in the future.
  26. I am nervous when I don’t have enough money.
  27. I worry about how much money I have in savings.
  28. When I don’t have enough money, I get anxious.
  29. I worry about being able to afford the things that I want.
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Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle d’attitude envers l’argent (MAS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitude-envers-argent-mas/
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitude envers l’argent (MAS).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitude-envers-argent-mas/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitude envers l’argent (MAS).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitude-envers-argent-mas/.