Échelle d’attitude envers l’amélioration de la performance (PEAS)

L’Échelle d’attitude envers l’amélioration de la performance (PEAS) est un instrument psychométrique de 17 items développé par Andrea Petróczi pour évaluer les attitudes explicites des athlètes face au dopage et à l’éthique sportive. Découvrez sa structure, ses propriétés psychométriques et ses applications.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’attitude envers l’amélioration de la performance (en anglais, Performance Enhancement Attitude Scale ou PEAS) constitue l’un des instruments psychométriques les plus largement diffusés et validés pour l’évaluation empirique des attitudes explicites à l’égard du dopage et de l’amélioration pharmacologique de la performance dans le domaine sportif. Développée initialement par la professeure Andrea Petróczi dans le cadre de ses travaux doctoraux au début des années 2000, puis consolidée à travers une série de publications majeures (Petróczi, 2006, 2007 ; Petróczi & Aidman, 2009), la version de référence comprend 17 items auto-administrés évaluant le degré de tolérance, d’acceptation morale et de rationalisation du recours aux substances dopantes.

L’échelle repose sur un format de réponse de type Likert en six points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 6 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree), délibérément conçu sans point médian neutre afin de contraindre les répondants à se positionner sur une thématique socialement sensible. Bien que plusieurs structures dimensionnelles aient été explorées dans la littérature psychométrique, la PEAS est majoritairement conceptualisée et utilisée comme un instrument unidimensionnel, fournissant un score composite d’attitude globale permissive envers le dopage oscillant entre 17 et 102 points.

Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach s’échelonnant habituellement entre 0,71 et 0,91 à travers divers échantillons d’athlètes de haut niveau, de compétiteurs amateurs et d’étudiants-athlètes à l’échelle internationale. Sa validité de construit, sa validité convergente avec les mesures d’orientation sportive, de désengagement moral et d’intentions comportementales, ainsi que sa pertinence pour évaluer l’impact des interventions préventives de l’Agence mondiale antidopage (AMA), en font un standard incontournable de la recherche en psychologie du sport.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’attitude envers l’amélioration de la performance, PEAS, dopage sportif, attitude explicite, psychométrie, psychologie du sport, substances améliorant la performance, tricherie sportive, Andrea Petróczi, désengagement moral, éthique sportive, comportement à risque.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu, développé et validé principalement par :

  • Andrea Petróczi, PhD, professeure en santé publique et sciences du sport à la School of Life Sciences, Pharmacy and Chemistry de l’Université de Kingston (Londres, Royaume-Uni). Spécialiste mondialement reconnue des sciences comportementales appliquées à l’antidopage et consultante auprès de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Courriel institutionnel : [email protected].
  • Eugene Aidman, PhD, chercheur principal au sein du Defence Science and Technology Group (Department of Defence, Australie) et professeur honoraire à l’Université d’Adélaïde (Australie). Collaborateur méthodologique sur la consolidation psychométrique et l’analyse des propriétés de l’échelle.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Performance Enhancement Attitude Scale (PEAS) est de fournir une mesure standardisée, quantitative et reproductible des attitudes explicites des individus à l’égard des pratiques de dopage et de l’usage de substances visant l’amélioration de la performance athlétique. Dans le champ de la psychologie du sport, l’évaluation du comportement dopant se heurte à des contraintes méthodologiques majeures, notamment le caractère illicite, clandestin et moralement proscrit de ces pratiques. Mesurer directement la prévalence du dopage par auto-déclaration engendre d’importants biais de désirabilité sociale, conduisant à une sous-estimation substantielle du phénomène. La PEAS a été précisément élaborée pour contourner en partie ces verrous en mesurant non pas l’aveu d’une transgression passée, mais le système attitudinal et évaluatif sous-jacent qui prédispose ou légitime une telle transgression.

Dans les applications de recherche fondamentale et appliquée, la PEAS répond à plusieurs finalités déterminantes :

  • Identification des profils psychologiques à risque : L’échelle permet de détecter les athlètes, jeunes espoirs ou sportifs récréatifs présentant une tolérance normative ou une banalisation cognitive du dopage, constituant ainsi un prédicteur intermédiaire de la propension au dopage avant même le passage à l’acte.
  • Modélisation prédictive des conduites de dopage : Intégrée au sein de modèles socio-cognitifs complexes — tels que la théorie du comportement planifié ou le modèle de cycle de vie de l’amélioration de la performance (Petróczi, 2013) —, la PEAS sert de variable explicative pivot reliant les valeurs individuelles, la pression de l’environnement social et les intentions comportementales d’utilisation de substances illicites.
  • Évaluation de programmes éducatifs et préventifs : Dans le cadre des politiques publiques déployées par les fédérations sportives et les agences nationales antidopage (ex. l’Agence française de lutte contre le dopage ou l’AMA), la PEAS est largement exploitée dans des devis pré-test / post-test pour mesurer l’efficacité des modules de sensibilisation éthique et des campagnes d’intégrité sportive.
  • Comparaisons transculturelles et inter-disciplines : L’outil offre un cadre normatif permettant de cartographier la perméabilité culturelle au dopage selon les disciplines sportives (sports d’endurance vs sports de force vs sports collectifs), les niveaux compétitifs (amateurs, semi-professionnels, élite olympique) et les aires géographiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par la PEAS correspond à l’attitude explicite envers le dopage, définie comme une disposition évaluative globale, cognitivement accessible et verbalisable, reflétant le degré de faveur, d’acceptation morale, d’utilitarisme ou d’inévitabilité attribué par un individu aux substances et méthodes améliorant artificiellement la performance.

Dans la formulation théorique originale de Petróczi (2002, 2007), cette attitude explicite est envisagée comme un continuum unidimensionnel s’étendant d’une posture d’intransigeance éthique stricte (rejet catégorique du dopage, attachement aux valeurs du fair-play et respect absolu des règles) à une posture de permissivité et de banalisation instrumentale (adhésion à l’idée que le dopage est nécessaire pour être compétitif, inévitable et équivalent aux technologies matérielles). Bien que le modèle factoriel standard retienne une structure globale à un facteur, les 17 items de la PEAS articulent plusieurs facettes cognitives et croyances normatives sous-jacentes :

Nécessité perçue et fatalisme compétitif

Cette composante exprime la croyance selon laquelle l’accès au très haut niveau est impossible sans assistance pharmacologique. Les athlètes adhérant à cette perspective perçoivent le sport d’élite comme intrinsèquement corrompu ou tellement exigeant physiologiquement que le dopage devient une condition sine qua non de compétitivité (ex. Item 1 : « Doping is necessary to be competitive » ; Item 11 : « Doping is an unavoidable part of the competitive sport »).

Normalisation sociale et diffusion de responsabilité

Cette dimension s’appuie sur le mécanisme de conformité perçue : l’individu rationalise l’usage de substances en postulant que l’ensemble des concurrents y a recours, ce qui annulerait la notion de tricherie ou d’injustice (ex. Item 2 : « Doping is not cheating since everyone does it » ; Item 5 : « Athletes in my sport are pressured to take performance-enhancing drugs »).

Légitimation fonctionnelle et récupération médicale

Les croyances associées postulent que l’usage de substances pharmacologiques est un outil légitime pour surmonter les aléas inhérents à la carrière sportive, notamment les blessures sévères ou les pertes de temps associées aux périodes d’arrêt forcé (ex. Item 3 : « Athletes often lose time due to injuries and drugs can help to make up the lost time »).

Relativisme éthique et équivalence technologique

Cette composante reflète une vision instrumentaliste de la performance où seule compte la finalité du résultat, indépendamment des moyens mobilisés pour y parvenir. Elle assimile les substances pharmacologiques illégales à de simples innovations techniques comparables aux perches en fibre de verre, aux combinaisons hydrophobes ou aux chambres hypoxiques simulant l’altitude (ex. Item 4 : « Only the quality of performance should matter, not the way athletes achieve it » ; Item 13 : « There is no difference between drugs, fiberglass poles, and speedy swimsuits… »).

Dédramatisation des risques sanitaires et critique médiatique

Les items de ce registre mesurent la tendance à minimiser la gravité des effets secondaires du dopage sur la santé physique et mentale, tout en accusant les médias d’exagérer l’ampleur du problème et de stigmatiser injustement les sportifs (ex. Item 8 : « The risks related to doping are exaggerated » ; Item 15 : « The media blows the doping issue out of proportion » ; Item 16 : « Health problems related to rigorous training and injuries are just as bad as from doping »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conception de la PEAS s’enracine principalement dans la Théorie du comportement planifié (Theory of Planned Behavior, TPB) formulée par Icek Ajzen (1991), elle-même issue de la Théorie de l’action raisonnée de Fishbein et Ajzen (1975). Selon ce cadre théorique de référence en psychologie sociale, l’adoption d’un comportement délibéré (tel que la consommation de produits dopants) est immédiatement déterminée par l’intention comportementale, laquelle est conjointement prédite par trois construits majeurs :

  • L’attitude envers le comportement : l’évaluation globale positive ou négative que l’individu porte sur le fait de se doper ;
  • La norme subjective : la pression sociale perçue provenant des pairs, entraîneurs, médecins ou de la famille ;
  • Le contrôle comportemental perçu : l’évaluation subjective de la facilité ou de la difficulté logistique, financière ou technique à se procurer et administrer les substances.

Dans ce modèle, la PEAS opérationnalise spécifiquement le premier pilier : l’attitude globale envers l’acte de dopage. Les recherches ont toutefois mis en évidence que dans le domaine des conduites transgressives, l’attitude n’agit pas de manière purement rationnelle. Pour enrichir cette modélisation, Petróczi a intégré des éléments issus de la Théorie socio-cognitive du désengagement moral d’Albert Bandura (1991, 2002). Le désengagement moral décrit les mécanismes psychosociaux par lesquels les individus s’auto-autorisent à transgresser des principes éthiques sans éprouver de culpabilité auto-sanctionnatrice : la justification morale (le dopage pour faire vivre sa famille), la comparaison avantageuse (les autres font pire), la diffusion de responsabilité (« tout le monde le fait ») et la minimisation des conséquences néfastes (« les risques sont exagérés »). Ces mécanismes cognitifs sont omniprésents dans la formulation des items de la PEAS (notamment les items 2, 7, 8 et 16).

Enfin, Petróczi (2013) a par la suite articulé la PEAS au sein d’un cadre conceptuel intégratif spécifiquement adapté au sport : le Life-Cycle Model of Performance Enhancement (LCMPE). Ce modèle conceptualise le recours aux aides ergogéniques comme un processus dynamique et cumulatif traversant différentes étapes (de l’usage licite de compléments alimentaires nutritionnels vers le dopage avéré). Dans le LCMPE, l’attitude mesurée par la PEAS agit comme un filtre de vulnérabilité cognitif déterminant si un athlète confronté à un événement critique (plateau de performance, blessure, perte de sponsor) choisira ou non de franchir le seuil de la transgression pharmacologique.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la PEAS a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques rigoureuses publiées dans des revues internationales à comité de lecture.

Validité de construit

La validité de construit de la PEAS a été confirmée à travers l’étude des corrélations théoriquement attendues avec divers construits psychologiques et comportementaux. Les travaux de Petróczi (2007) portant sur un échantillon diversifié d’athlètes ont démontré que les scores à la PEAS étaient significativement et positivement corrélés avec l’orientation vers la victoire (« win orientation ») et l’ego-orientation (mesurée via le TEOSQ de Duda & Nicholls), tandis qu’ils présentaient des corrélations négatives ou nulles avec l’orientation vers la tâche (« task orientation ») et l’esprit sportif.

Validité convergente et prédictive

La capacité de la PEAS à discriminer les utilisateurs réels de produits dopants des non-utilisateurs a été solidement documentée. Dans les travaux fondateurs de Petróczi (2007), les athlètes ayant déclaré un usage antérieur ou actuel de substances dopantes obtenaient des scores moyens à la PEAS significativement plus élevés ($M = 65,72$, $SD = 13,87$) que les athlètes n’ayant jamais consommé de telles substances ($M = 40,32$, $SD = 12,54$, $p < 0,001$). De surcroît, la PEAS prédit positivement l’intention auto-rapportée d’utiliser des produits dopants dans des scénarios futurs hypothétiques ($r = 0,45$ à $0,62$, $p < 0,001$).

Validité discriminante et question des attitudes implicites

Un axe de recherche fondamental dirigé par Petróczi et collaborateurs (Petróczi et al., 2008, 2011) a examiné la validité discriminante de la PEAS par rapport aux mesures d’attitudes implicites évaluées via le Test d’association implicite (Implicit Association Test, IAT). Les corrélations entre la PEAS (attitude explicite) et le D-score de l’IAT spécifique au dopage se sont révélées faibles à modérées ($r pprox 0,15$ à $0,25$). Cette divergence attendue confirme que la PEAS mesure spécifiquement les processus cognitifs réflexifs, conscients et déclaratifs, distincts des associations automatiques non conscientes captées par l’IAT, tout en demeurant complémentaire à ces dernières.

Validité transculturelle

L’échelle a été traduite et validée dans de nombreuses langues et contextes culturels, incluant des versions adaptées en espagnol (Morente-Sánchez et al., 2014), en grec (Barkoukis et al., 2013), en persan (Manouchehri & Tojari, 2013 ; Soltanabadi et al., 2014) et en chinois. Ces travaux ont corroboré la transférabilité transculturelle du construit, bien que certains ajustements du nombre d’items aient parfois été recommandés pour optimiser les indices d’ajustement selon les spécificités linguistiques locales.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de la PEAS a été attestée par des indices de consistance interne et de stabilité temporelle particulièrement consistants à travers la littérature internationale.

Consistance interne

Dans la revue psychométrique exhaustive conduite par Petróczi et Aidman (2009), la cohérence interne de la version en 17 items de la PEAS a affiché des valeurs de l’alpha de Cronbach ($lpha$) s’étendant de 0,71 à 0,91 à travers une multitude de cohortes indépendantes (athlètes d’élite, sportifs universitaires, culturistes, sportifs récréatifs) :

  • Dans l’étude princeps de Petróczi (2007) ($N = 678$), l’alpha de Cronbach atteignait 0,89, témoignant d’une excellente homogénéité des items.
  • Dans les travaux d’adaptation persane conduits par Manouchehri et Tojari (2013), la fiabilité interne rapportée était de $lpha = 0,84$, et Soltanabadi et al. (2014) ont mesuré un coefficient de $lpha = 0,86$ auprès d’athlètes iraniens de sports d’équipe.
  • Dans des études ciblant des sportifs adolescents et de jeunes adultes au Royaume-Uni (Nicholls et al., 2017), l’alpha oscillait entre 0,78 et 0,85.

Les indices de fiabilité composite (McDonald’s $\omega$) calculés dans des modélisations plus récentes confirment ces niveaux d’excellence, se situant systématiquement au-dessus du seuil standard de 0,80 préconisé par la communauté psychométrique.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été évaluée sur des intervalles variant de 2 à 4 semaines en condition de stabilité écologique (sans intervention éducative intermédiaire). Les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et de corrélation de Pearson rapportés dans la littérature oscillent typiquement entre $r = 0,76$ et $r = 0,88$, attestant d’une stabilité temporelle remarquable du système attitudinal mesuré, conforme à la nature théorique d’une attitude conçue comme un trait cognitif relativement stable plutôt que comme un état émotionnel transitoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’histoire de la structure factorielle de la PEAS reflète l’évolution des standards méthodologiques en psychométrie sportive depuis le début des années 2000.

Développement initial et analyse factorielle exploratoire (AFE)

Le pool initial développé par Petróczi (2002) comprenait 22 items générés à partir d’entretiens qualitatifs, de revues de la littérature et d’avis d’experts. Lors des premières analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par analyse en composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Oblimin), Petróczi a identifié un facteur dominant expliquant une part prépondérante de la variance totale. Cinq items présentant des saturations factorielles croisées ambiguës, des communautés trop faibles (< 0,30) ou une redondance sémantique excessive ont été éliminés, aboutissant à la structure canonique à 17 items.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC) et modèle unidimensionnel

Dans l’étude de Petróczi et Aidman (2009), une analyse factorielle confirmatoire a été conduite pour tester formellement le modèle unidimensionnel. Les résultats ont confirmé l’adéquation globale d’une structure à facteur unique de second ordre, avec des saturations factorielles standardisées comprises majoritairement entre 0,38 et 0,76. Les indices d’ajustement rapportés dans les études de référence respectent les critères standards usuels :

  • $\chi^2 / ext{ddl} < 3,0$
  • CFI (Comparative Fit Index) : compris entre 0,90 et 0,95
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : compris entre 0,88 et 0,93
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : compris entre 0,045 et 0,068 (avec intervalle de confiance à 90 % satisfaisant)
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : compris entre 0,042 et 0,059

Débats structurels et formes abrégées

Bien que l’unidimensionnalité de la PEAS à 17 items soit largement acceptée et préconisée pour le calcul du score composite global, certains chercheurs ont relevé des hétérogénéités sur quelques items spécifiques :

  • Items relatifs aux drogues récréatives : Les items 6, 10 et 12 abordent spécifiquement les drogues récréatives (recreational drugs) plutôt que les substances améliorant directement la performance (stéroïdes, EPO). Plusieurs analyses factorielles ont montré que ces items tendent parfois à se regrouper sur un facteur résiduel secondaire ou affichent des saturations plus faibles sur le facteur principal de dopage sportif.
  • Item 9 : L’énoncé portant sur l’absence de plan de carrière alternatif pour les athlètes (« Athletes have no alternative career choices, but sport ») présente fréquemment la saturation la plus faible du modèle (souvent entre 0,25 et 0,35).

Conséquemment, des versions abrégées ont été proposées dans la littérature, notamment une version à 8 items (PEAS-8 ; Morente-Sánchez et al., 2014 ; Nicholls et al., 2017) ou une version à 11 items, qui éliminent les énoncés portant sur les drogues récréatives pour ne conserver que le noyau dur du dopage améliorant la performance. Néanmoins, la version intégrale à 17 items demeure la version princeps standardisée la plus citée et la plus répliquée.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration et la cotation de la PEAS répondent à des règles méthodologiques précises garantissant la standardisation de la passation :

  • Type de passation : Auto-questionnaire individuel sur support papier ou électronique (passation en ligne via plateformes sécurisées type Qualtrics ou LimeSurvey).
  • Population cible : Athlètes de compétition (niveau départemental à international), sportifs récréatifs, étudiants en sciences du sport (STAPS), entraîneurs et personnel d’encadrement sportif. Utilisable dès l’adolescence (à partir de 14-15 ans avec consignes adaptées).
  • Nombre total d’items : 17 propositions déclaratives rédigées à la forme affirmative.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 6 points ordonnés, sans ancrage neutre intermédiaire :
    • 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Légèrement en désaccord (Slightly disagree)
    • 4 = Légèrement d’accord (Slightly agree)
    • 5 = D’accord (Agree)
    • 6 = Fortement d’accord (Strongly agree)
  • Durée de passation : Environ 5 à 8 minutes.
  • Procédure de cotation :
    • L’ensemble des 17 items est orienté positivement dans le sens d’une tolérance au dopage. Il n’y a aucun item inversé (aucun reverse-scored item).
    • Le score total s’obtient par la somme arithmétique directe des 17 réponses numériques individuelles : $\text{Score PEAS} = \sum_{i=1}^{17} \text{Item}_i$.
    • L’étendue théorique du score total varie de 17 à 102 points.
    • Un score moyen par item (somme divisée par 17, variant de 1,00 à 6,00) peut également être calculé pour faciliter la comparaison entre versions de longueurs différentes.
  • Interprétation des scores :
    • Scores bas (17 à 34) : Attitude rigoureusement opposée au dopage ; forte adhésion aux valeurs d’intégrité et rejet inconditionnel des substances.
    • Scores modérés (35 à 55) : Attitude modérée ou ambivalente ; rejet de principe mais sensibilité possible à certaines justifications conjoncturelles (blessures, pression des pairs).
    • Scores élevés (56 à 102) : Attitude permissive, banalisante et favorable au dopage ; perception du dopage comme un outil inévitable, justifié et nécessaire à la performance de haut niveau (profil hautement vulnérable au passage à l’acte).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 2002 (thèse doctorale d’Andrea Petróczi) ; publications de standardisation en 2006, 2007 et 2009.
  • Statut des droits d’auteur : Droits académiques détenus par Andrea Petróczi et les éditeurs scientifiques associés (Elsevier / BioMed Central).
  • Tarification et accessibilité : L’échelle est disponible en libre accès (Open Access) à des fins de recherche académique, scientifique et pédagogique non commerciale. Aucune redevance financière ni redevance d’utilisation n’est exigée pour son emploi dans des mémoires universitaires, des thèses ou des projets de recherche subventionnés à but non lucratif.
  • Modalités d’autorisation : Les chercheurs souhaitant employer la PEAS sont encouragés à citer formellement les publications de référence de Petróczi (2007) et Petróczi & Aidman (2009). Toute adaptation commerciale, intégration dans des logiciels propriétaires ou utilisation lucrative requiert l’autorisation écrite préalable expresse de l’auteure principale.

12. Références / References

  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Bandura, A. (1991). Social cognitive theory of moral thought and action. In W. M. Kurtines & J. L. Gewirtz (Eds.), Handbook of moral behavior and development (Vol. 1, pp. 45–103). Lawrence Erlbaum Associates.
  • Barkoukis, V., Lazuras, L., Tsorbatzoudis, H., & Rodafinos, A. (2013). Motivational and social cognitive predictors of doping intentions in elite sports: An examination of the reasoned action approach. Substance Use & Misuse, 48(9), 679–686. https://doi.org/10.3109/10826084.2013.787099
  • Manouchehri, J., & Tojari, F. (2013). Development and validation of instruments to measure doping attitudes and doping beliefs. European Journal of Experimental Biology, 3(2), 183–186.
  • Morente-Sánchez, J., Mateo-March, M., & Zabala, M. (2014). Cross-cultural adaptation and validation of the Performance Enhancement Attitude Scale (PEAS) in Spanish athletes. Journal of Sports Sciences, 32(20), 1940–1953. https://doi.org/10.1080/02640414.2014.939247
  • Nicholls, A. R., Madigan, D. J., & Levy, A. R. (2017). A confirmatory factor analysis of the Performance Enhancement Attitude Scale for adult and adolescent athletes. Performance Enhancement & Health, 5(4), 154–159. https://doi.org/10.1016/j.peh.2017.08.001
  • Petróczi, A. (2002). Doping in sport: A study of performance enhancement attitude, moral disengagement and behavioral intentions [Doctoral dissertation, University of Northern Colorado].
  • Petróczi, A. (2006). Measuring attitude toward doping: Further evidence for the psychometric properties of the Performance Enhancement Attitude Scale. In 14th Congress of the European Association for Sport Management (pp. 1–4). Nicosia, Cyprus.
  • Petróczi, A. (2007). Attitudes and doping: a structural equation analysis of the relationship between athletes’ attitudes, sport orientation and doping behavior. Substance Abuse Treatment, Prevention, and Policy, 2, Article 34. https://doi.org/10.1186/1747-597X-2-34
  • Petróczi, A. (2013). The doping mindset—Part I: Implications of the refinery model on athlete socialization into doping. Performance Enhancement & Health, 2(4), 153–162. https://doi.org/10.1016/j.peh.2014.06.001
  • Petróczi, A., & Aidman, E. (2009). Measuring explicit attitude toward doping: Review of the psychometric properties of the Performance Enhancement Attitude Scale. Psychology of Sport and Exercise, 10(3), 390–396. https://doi.org/10.1016/j.psychsport.2008.11.001
  • Petróczi, A., Aidman, E., & Nepusz, T. (2008). Measuring implicit and explicit attitudes toward doping: Further evidence for the validity of the implicit association test. Psychology of Sport and Exercise, 9(4), 411–426. https://doi.org/10.1016/j.psychsport.2007.06.003
  • Soltanabadi, S., Tojari, F., & Manouchehri, J. (2014). Validity and reliability of measurement instrument of Doping Attitudes and Doping behavior in Iranian professional athletes team of team sports. Indian Journal of Fundamental and Applied Life Sciences, 4(S4), 280–286.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Doping is necessary to be competitive.
2

Doping is not cheating since everyone does it.
3

Athletes often lose time due to injuries and drugs can help to make up the lost time.
4

Only the quality of performance should matter‚ not the way athletes achieve it.
5

Athletes in my sport are pressured to take performance-enhancing drugs.
6

Athletes‚ who take recreational drugs‚ use them because they help them in sport situations.
7

Athletes should not feel guilty about breaking the rules and taking performance-enhancing drugs.
8

The risks related to doping are exaggerated.
9

Athletes have no alternative career choices‚ but sport.
10

Recreational drugs give the motivation to train and compete at the highest level. [Recreational drugs assist in motivating athletes to train and compete at the highest level.]
11

Doping is an unavoidable part of the competitive sport.
12

Recreational drugs help to overcome boredom during training. [Recreational drugs help to overcome boredom outside of competition]
13

There is no difference between drugs‚ fiberglass poles‚ and speedy swimsuits that are all used to enhance performance. [There is no difference between drugs and the technical equipment that can be used to enhance performance (e.g. hypoxic altitude simulating environments)]
14

Media should talk less about doping.
15

The media blows the doping issue out of proportion.
16

Health problems related to rigorous training and injuries are just as bad as from doping. [Health problems related to rigorous training and injuries are just as bad doping side effects.]
17

Legalizing performance enhancements would be beneficial for sports.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle d’attitude envers l’amélioration de la performance (PEAS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitude-amelioration-performance-peas/
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitude envers l’amélioration de la performance (PEAS).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitude-amelioration-performance-peas/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’attitude envers l’amélioration de la performance (PEAS).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-attitude-amelioration-performance-peas/.